Noël, ce truc que tu vois jamais venir

Chaque année, la même histoire. D’abord novembre, les anniversaire de ma soeur, mon père et Anne qui sonnent comme un léger avertissement à mon oreille : Noël approche, gère les cadeaux au plus vite. Puis nous voilà déjà au Black Friday vers la fin novembre et soudain, sans que je comprenne pourquoi, me voici dans le train direction le sud avec un ou deux cadeaux manquants, des paquets à faire et surtout, surtout, l’angoisse qu’un des cadeaux commandés ne soit pas arrivé parce que le centre de tri de mon bled aime faire grève peu de jours avant Noël.

Le bocal de Noël

Enfant, Noël me rendait extatique. Le sapin et ses guirlandes lumineuses, la crèche, les vacances, les cadeaux, le quatuor gagnant. Faire le sapin et la crèche était une de mes occupations préférées. Je m’arrête un peu sur la crèche car c’est une vraie institution chez nous. En fait, l’histoire commence lors mon premier Noël, ma marraine avait offert à mes parents quelques santons “Carbonel”. Petit à petit, la crèche s’est étoffée : mon papa avait construit une maison-étable puis on a acheté quelques éléments dans un village près de Perpignan : une nouvelle étable en “pierre”, un pont, un puit, une autre maison… Puis une année, ma mère a acheté deux petites dalles de béton aggloméré que l’on a taillées avec ma soeur pour créer des espèces de falaises à plateau. On a buriné tout un dimanche après-midi et résultat, j’ai eu mal au poignet pendant 2 jours. Bref, la crèche, chez nous, c’est bien plus une institution qu’un symbole religieux, un terrain de jeu fantastique pour ma soeur et moi quand nous étions plus jeunes.

La crèche de Noël avec les santons Carbonel
C’est pas la nôtre mais y a de l’idée

Mais le temps est assassin et mon esprit de Noël en prend chaque année un coup. Peut-être parce qu’il fait 15° en décembre et que j’apprécie même pas mon traditionnel vin chaud censé me réchauffer vu que j’ai pas froid ! Peut-être parce que la semaine avant Noël est la pire quand tu bosses : trois milles réunions, des bouclages de dossiers aux petites heures de la nuit, de la fatigue et des crises de nerfs à tous les étages. Autant vous dire que quand vous dormez moins de 10h en trois jours, l’esprit de Noël devient vite un concept fumeux et lointain.

Fatigue de fin d'année

Et que dire des vacances de Noël ? Je les attends avec impatience avec la douce promesse de siestes et grasses mat’. Sauf qu’en vrai, non, pas tant que ça. D’abord, tu as la course aux derniers cadeaux et leur emballage, une activité dans laquelle je n’ai jamais réussi à briller, essayant de déployer quelques astuces pour cacher la misère du paquet. Puis tu entres dans le marathon bouffe et familles : tu manges, tu manges, tu bois, tu bois, tu vas de maison en maison faire des bisous à tes proches, apporter quelques cadeaux, manger, manger, boire, boire. Si on rajoute à ça ma bonne habitude de choper un rhume ou une crise de foie, c’est un peu râpé pour le repos. Sans parler que depuis, j’ai gagné un neveu (et une nièce mais elle est encore dans sa période “je dors, je mange, je végète”) qui aime très fort sa tatie. En somme : quand Saturnin est debout, tout repos devient impossible vu que je suis son jouet préféré.

Saturnin joue dans la forêt, une photo sans retouches dont je suis très fière
Je suis super fière de cette photo (sans retouches)

Mais pourtant, j’aime Noël quand même. je m’en fous que ce soit une fête commerciale, je m’en fous des histoires de crèche ou pas, je m’en fous de la fatigue et de prendre 3 kg en 5 jours. Noël reste une jolie parenthèse dans ma vie où je me fais cajoler chez mes parents, où je vois ma famille, où on rigole, où on se ravit de faire plaisir à ses proches. Et où on boit du champagne devant la cheminée (enfin, la cheminée, ça devient salement optionnel). Mais cette année, quand même, gros bémol : quasi une semaine sans Victor, ça me chagrine un peu.

35

Si je m’en réfère à ma carte d’identité, ça y est, j’ai 35 ans aujourd’hui. Oh waouhou déjà ! Mais hier encore, j’étais cette fraîche jeune fille de 25 ans, débarquant pleine de rêve sur Paris… 35 ans. 30+5 ou pire… 40-5. Tic tac tic tac.
35
Je n’aurais pas cru mais si : j’ai la crise de la trente cinquaine. Je ne pensais pas que ça existait mais figurez-vous que si, du moins pour moi. Alors que je m’étais sentie forte et sereine pour mes 30 ans en mode « hihi, 30 ans, c’est cool, je sais qui je suis lalala », à 35 ans, c’est plus compliqué. Pourtant, ma vie roule encore mieux qu’à mes 30 ans. Le jour de mes 30 ans, je me suis éveillée pour rejoindre un boulot que je haïssais, passant tout mon temps libre à mailer des CV pour me tirer de là au plus vite. A mes côtés, mon petit ami du moment, un garçon aussi charmant que dysfonctionnel qui n’aurait jamais m’offrir plus que la place de maîtresse officielle bien qu’il n’en ai pas réellement conscience (ou ne veuille pas l’admettre). A 35 ans, je fête mes 7 mois dans cette boîte où tous les espoirs me semblent permis, où je cartonne et où je joue enfin le jeu de l’entreprise, espérant aussi gagner la branche que je vise : les études (oui, je sais, avant, j’avais dit stratège digitale, laissez-moi changer d’avis). Mon chéri est bien plus fonctionnel que celui de l’époque, on vit une relation cool, tendre et épanouissante qui nous fait du bien à tous les 2, tout va bien. Côté amitié, j’ai des piliers solides et je le sais, dans ma famille, tout va bien, ma soeur voyant à nouveau son ventre s’arrondir. Mais je vous en reparlerai. Bref, tout va bien. Alors c’est quoi cette crise ? C’est la crise du sens.
sens-vie
Je ne veux plus perdre de temps en conneries, en fait. Ca s’articule autour de plusieurs axes. Le premier est personnel : je veux savoir qui je suis. Enfin pas tant qui je suis (je le sais) mais ce que je peux faire. Je ne finirai pas ma vie dans le marketing, c’est un acquis pour moi. Parce que si je m’éclate à raconter des histoires, à arriver à répondre à la problématique client en mettant les bonnes pièces dans le bon ordre, ça n’aide personne. Je veux dire si demain, on arrêtait tous de faire du marketing, ça ne léserait pas grand monde in fine, ma contribution à la société étant aujourd’hui résumée à payer mes impôts et à consommer. Ca fait une bien belle jambe à ceux qui ont eu moins de chance que moi dans la vie. Ca tourne depuis janvier, j’arrive toujours pas à trouver mon engagement et j’ai envisagé un temps à finir ma vie marketing pour devenir… instit. Pourquoi pas mais en fait, je me rends compte de deux choses : ce qui me motive avant tout, c’est l’idée de passer le concours et ensuite, les enfants, à part mon neveu, je suis pas sûre d’avoir une grande patience avec eux. Je me suis imaginée masseuse Shiatsu aussi pour aider… les riches. A 60 € le massage, c’est pas le smicard qui va profiter de la détente accordée par mes doigts de fée (au moins). Bref, ça mouline, ça mouline.
Labyrinthe-pelouse
Autre point que je trouve encore plus intéressant : ma volonté de décaper mon entourage, façon Monica. Je m’explique : je veux de la sérénité partout. J’en ai marre des parasites de la vie, ces gens pas forcément méchants en soi mais que t’as pas envie de voir car ils sont toujours négatifs ou qu’ils ont une addiction qui fausse leurs rapports aux autres. En gros, ils ne m’apportent rien. Je ne parle pas de gens qui sont à un moment T dans une situation qui les rend triste et déprimés voire dépressifs, je ne rêve pas de vivre au milieu des Bisounours non plus mais il y a cette catégorie de gens, ceux qui sont toujours bourrés/camés/en chasse en soirée et qui finissent par en être ultra lourd. Ceux qui vont passer le moment où vous allez vous voir à se plaindre, plaindre, plaindre sans même se demander 30 secondes si vous, ça va. Des gens toxiques, quoi. Ca, c’est fini. Je veux des gens qui m’apportent quelque chose : à minima un bon moment (sauf cas où la vie a été pute avec eux, bien sûr, je ne dis pas que je tournerai le dos à mes amis le jour où ils auront un pet de travers), mais aussi des connaissances, qui touchent leur bille dans des univers que je connais pas ou mal.
happy friends in summertime
C’est un peu compliqué à expliquer, ça fait limite amitié intéressée mais c’est vrai que j’ai envie de gens « meilleurs » que moi qui me poussent en avant, m’encouragent à lever le point et avancer vers mes objectifs, qui me nourrissent de leurs savoirs et m’invitent à partager avec eux mes compétences, qu’on s’apportent mutuellement des choses. Ca vient finalement avec le fait que je n’ai plus envie de me bourrer la gueule à en vomir aux soirées, que je préfère une soirée cool à siroter du vin en refaisant le monde que des soirées défonce à dire de la merde dont on se souviendra pas parce qu’on n’était plus en état d’enregistrer.
dites-adieu-a-la-gueule-de-bois-grace-a-cette-nouvelle-pilule-miracle-qui-reduit-le-taux-d-alcool-dans-le-sang
Bref, 35 ans, c’est l’âge de l’intelligence et de la sérénité. Deal with it !

Hier encore, j’avais 33 ans

En fait, non, hier, j’en avais déjà 34 mais j’avais la flemme d’écrire alors prenons une légère liberté par rapport aux faits et puis j’ai pas trouvé mieux comme titre.

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Voilà, un nouvelle année, ma 35e en ce bas monde. J’attendais pas mal de mes 33 ans vu que c’est un chiffre impair et qu’en plus, y a plein de trois et j’aime bien les 3 (et les 6, les 7 et les 9. Quine !). Donc 33 ans devait être l’âge de ma réussite incroyable. Et bien pas trop. En fait, ce fut un peu l’année du peinard même si j’ai été souvent débordée, en flirt permanent avec le burn out, dès que je pouvais en milieu aquatique. Niveau privé, j’ai envie d’applaudir ma belle stabilité amicale. Pour le reste, quelques mecs, des biens (un ou deux) mais pas mal de connards quand même, des manipulateurs, menteurs, arnaqueurs, sans doute pervers narcissiques pour au moins deux d’entre eux. Mais aucun dommage de mon côté. Une éventuelle blessure d’ego récemment mais rien qui ne puisse m’abattre. Tout ça n’a pas tant d’importance.

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Mais pour mes 33 ans (et pas que), il s’est passé un truc qui me révulse et j’ai décidé que pour mes 34 ans, ça n’allait pas se passer comme ça. Je me suis fait baiser la gueule et pas qu’un peu. Donc voilà, pendant 33 ans, j’ai été la gentille bonne élève polie et disciplinée. Et bien, révélation : c’est pas la bonne stratégie. Pas du tout. Pendant que tu t’appliques à faire tes devoirs en souriant, ça manipule, ça tracte et tu restes sur le bord de la route. La gentillesse, je la réserve désormais pour un cercle très fermé. Pour le reste, je sais pas encore comment je vais gérer mais c’est bon, j’ai bien compris la leçon. Ca, c’est ma résolution 34 ans : sortir les griffes et pas juste pour patasser ma couche avant de m’endormir (cette métaphore est une honte).

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En conséquence de quoi, je considère que 34 ans sera l’âge de moi. MOI. Pour de vrai, je veux dire. Je deviens mon principal centre d’intérêt. Toujours plus de piscine, du temps pour moi. Fini les nocturnes, fini le « oui, oui ». Je dis oui que si j’ai envie, je me fiche d' »être serviable », de « faire plaisir », de « pas faire de vagues ». Après tout, pourquoi faire ? Pour plaire à des gens qui n’existent même pas dans ma vie ? Pour éviter des coups ou des insultes (réels ou psychologiques, voyez l’idée ?). On ne peut pas plaire à tout le monde, même en étant la plus grosse bonne poire du monde donc fuck. Je dis non. Non non non. Comme dirait mon neveu.

Saturnin

Alors, qu’est-ce qu’on peut me souhaiter pour mon anniversaire ? De devenir la meuf qui compte et pas juste la « gentille » de service. Et des sous aussi parce que j’ai plein d’envies de voyage mais j’ai pas trop les moyens là de suite.

Happy B day me !

Dis 33

Samedi, mon compteur personnel prenait un an de plus. Me voici à 33 ans. Mais je m’en fous, j’ai toujours l’air d’en avoir 25. Mais un anniversaire, ça compte non ?

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Ben non. Enfin, plus comme avant. Avant, mon anniversaire était une date clé pour reprendre des résolutions perdues de vue depuis janvier. L’an dernier, mon anniversaire est arrivé peu après l’annonce de la grossesse de ma soeur donc autant dire que je m’en foutais un peu. Cette année, j’ai un peu repris ma vie en main des début mars en arrêtant de fumer (pas une clope depuis le 04 mars) ET en faisant un régime basé sur un équilibre alimentaire. Oui les 2 en même temps, je suis folle. Donc bon, niveau résolution, je n’ai plus grand chose à ajouter.

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Ensuite, c’est l’occasion de faire le bilan. A l’image de l’année 2012, mes 32 ans ont été de véritables montagnes russes. Ça a bien continué jusqu’à aujourd’hui ! Non mais pour vous situer le truc, prenons la journée du 24 janvier : le même jour, je perds ma carte bleue, je me troue la jambe dans le métro mais j’apprends une très bonne nouvelle. Du coup, je ris ou je pleure ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Et la lose a frappé fort le jour même de mon anniversaire. Laissez moi vous raconter… Comme si vous aviez le choix.

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Samedi, lever tôt (8h30, c’est très tôt pour un samedi) pour aller chez l’infirmière qui me dit que je suis en fin de cicatrisation, youpi ! Bref profitant de ma matinée, je vais à la laverie (je suis tellement débordée en ce moment que j’ai pas le temps d’appeler un plombier… Sans mauvais jeu de mot). Je reviens, j’ouvre la porte et là, énorme bruit d’eau chez moi. Mon Dieu ! Que se passe-t-il ? En fait la fixation du pommeau de douche s’est arrachée, faisant tomber ce dernier qui, dans sa chute, a allumé le mitigeur à pleine eau… Je suis rentrée, la baignoire était à 3/4 pleine quand même…

photo (1)

(Non ma baignoire n’est pas sale, c’est l’email qui est cramé)

33 ans, l’année du WTF ?

PS : J’avais tellement de beaux cheveux petite…

La semaine de 8 jours

Discussion entre collègues lors d’une pause, Salima nous expose sa théorie de la semaine des 8 jours et je trouve ça tellement génial que j’ai décidé d’en faire un article pour promouvoir cette théorie. Ouais, je fréquente des gens intelligents, moi. Voici donc la théorie :
– une semaine travaillée de 4 jours, c’est la course, on doit faire en 4 jours ce qu’on fait en temps normal en 5. Donc la semaine 4 jours travaillés ne colle pas. Et prendre un 4/5e, ça fait des sous en moins.
– un week-end de 2 jours passe trop vite. Trois jours permettraient de 1/ passer un jour à ne rien faire d’autre que de se reposer, 2/ sortir faire la fête et 3/ faire son ménage et son administratif.

5+3 = 8, le chiffre magique d’une vie équilibrée. Voilà, voilà, c’est ça qui me la que dans ma vie, ce 8e jour pour se reposer. Moi, je le crois pas que Dieu a créé le monde en 7 jours, on nous a caché le 8e jour, celui où, pour se donner du courage avant de terminer son oeuvre, il est allé faire la fête. Non mais je vous résume mes trois premiers week-ends de décembre :
– week-end 1 : AG de la plongée puis anniversaire de Loxy_more. Couchée 3h, ménage le lendemain.
– week-end 2 : osthéo à midi, shopping-balade avec Anna, soirée anniversaire d’Isa Rousse, couchée à 3h du mat chez Anaïs. Lever 13h, papote jusqu’à 17h30, retour chez moi vers 18h30.
-week-end 3 : soirée de la plongée le vendredi soir, nuit chez Anna, brunchounet chez elle, petit shopping avec elle, courses du week-end puis retour chez moi vers 18h. Dimanche ménage, visite d’un pote de 16h30 à 19h.

Et là, je te pose la question : c’est quand que je :
– écris pour le blog
– travaille sur des projets annexes
– me mets à la couture
– tricote
– avance dans mon roman.

Bon, j’ai peut-être trop de projets persos… Mais avec la semaine de 8 jours, je pourrais me permettre d’avoir tous ces loisirs et l’argent de mes 5 jours de travail. Imaginez comme nous serions heureux dans cette configuration. Après 5 jours de dur labeur, trois jours, trois jours entiers pour récupérer, faire des choses, profiter de ceux que l’on aime. C’est tellement évident que c’est la solution.

Alors unissons nous camarades. Prenons nous la main et réclamons d’une seule et même voix la création de ce 8e jour que nous appellerions Neptedi par exemple. Là, on a une ouverture, on court tête la première vers l’effondrement de notre système actuel alors c’est le moment idéal pour agir, proposer notre idée, attendre que tout s’écroule et en faire u axe de notre recontruction. J’y crois, nous pouvons avoir une vie équilibrée entre travail et vie privée ! Oui ! Rejoignez-nous ! Levez-vous et dites oui au Neptedi !

Non mais sérieux, depuis que Salima m’a suggéré cette idée, je trouve tellement que c’est la solution rêvée pour sortir de ma perpétuelle frustration de ne pas avoir de temps que j’ai envie ce croire qu’on appliquera ça un jour. Un jour de mon vivant de préférence.

Bon, je crée la page Facebook de l’idée, vous êtes chauds ?

 

Liste de la fille qui a un calendrier de l’Avent

J’en avais jamais trop eu, c’est un collègue qui nous l’a offert. Tout ça pour dire que je cours tête baissée vers Noël en espérant glisser en 2012 sans plus de dommages, j’en ai eu assez, merci.

– Petite soirée anniversaire, je m’habille un peu sex des fois que (raté, tous les célibataires avaient un vagin et une préférence pour les mâles quoi qu’il en soit), j’enfile mes chaussures à talons pas mises depuis longtemps. Arrivée chez ma pote, je finis par les virer tellement j’ai mal. Il faut savoir que depuis mon accident, mon pied gauche s’est un peu affaissé de n’avoir pas marché pendant quelques semaines donc les talons, je supporte plus. Retour vers 1h du matin, le seul train qui part me laisse à une gare à 15 mn à pied de chez moi. Bien. Je le prends, je commence à marcher dans la rue pour rejoindre chez moi. Au comble de la douleur, je finis par enlever mes bottines. Je remercie le ciel d’avoir eu la présence d’esprit de mettre des chaussettes en plus de mes collants.


– Tirage de cartes par ma copine Anna : je vais rencontrer le big Love et être tellement heureuse que ça va créer plein de jalousies mais attention, M. va être muté. Rah mais même dans les tirages de cartes, ma vie est compliquée !


– PC du bureau, on m’a invitée à en réclamer un via le service de maintenance informatique. J’ai donc ouvert un ticket… Il a été fermé en résolu alors que j’ai toujours ma rougne. Bon ben je vais le rouvrir.

– Des fois, dans la vie, tu as le choix. Comme celui de balancer le mail d’une personne pour qui tu n’as aucune estime sans le lire et lui laisser l’illusion qu’elle a eu le dernier mot. Ou alors, tu le lis, tu t’énerves et tu t’enfonces dans un débat sans fond. Pour avoir testé plusieurs fois la première solution, je vous la conseille.


– Il y a 15 jours, j’ai commandé un parfum sur Marionnaud (parce que sur Sephora, ils ne font pas cette marque online), on m’annonce qu’il sera livré dans deux ou trois jours. Au bout d’une semaine, je n’ai toujours rien reçu donc je vérifie sur le site et là, je lis à propos de ma commande “reçue-complète”. Je heu quoi ? Je le confesse, j’ai parfum un peu cher, 80 € le flacon donc forcément, je commence un peu à m’énerver sur leur site et les réseaux sociaux et au bout de 15 jours, révélation : en fait, mon colis était abandonné quelque part dans l’entrepôt. Je sais pas pourquoi je m’obstine à commander quoi que ce soit sur Internet vu que je tombe toujours sur le colis oublié dans un recoin.


– Des fois, tu décides d’être honnête et tu cherches à télécharger des séries en VO sur iTunes pour les regarder sur ton iPad. Sauf qu’en fait, le catalogue est riquiqui, je voulais Spartacus et Borgias, moi… Alors, bon, je fais quoi ? Je télécharge ?

– Il m’arrive toujours de folles aventures. Par exemple, vendredi dernier, j’ai un rendez-vous client avec Lise. Elle m’appelle pour me prévenir qu’elle sera en retard et m’encourage à monter chez le client avant elle. Sauf que pas de bol, la boîte est au 5e et on m’annonce l’ascenseur en panne. Bon ben je vais monter à pied. Sauf qu’évidemment, arrivé au 5e, je me retrouve face à une porte close. Je toque à la porte, rien… Bon… Je vais donc envoyer un mail à la cliente. Le temps que je l’écrive, Lise me rappelle “je suis arrivée, il marche l’ascenseur”. Oui seul le plafonnier ne marchait pas… On dira que 5 étages à pied, c’est bon pour mon genou.

– Je suis une délinquante. J’ai pris une place dans un idtgv mais ma gare n’est officiellement pas desservie. Le train s’y arrête mais je n’ai pas le droit de descendre. Je vais le faire quand même. Je demande au contrôleur qui me dit “si vous vous faites contrôler à la descente, c’est 35 € d’amende”. Bon, je vais tenter. Et je suis descendue sans encombre.

– Au retour, par contre, je me fais choper par un contrôleur beaucoup moins compréhensif qui m’aboie dessus. Forcément, je lui réponds sur le même ton en lui faisant remarquer que le train s’arrêtant en gare, je ne vois pas bien où est le problème. Comme il continue de s’énerver, je lui réponds qu’il est obtus. “Ne m’insultez pas mademoiselle!”. C’est pas une insulte mais c’est ma faute aussi, faudrait que j’utilise des mots plus simples… Ceci étant dit 35 € parce que je ne respecte pas le trajet initial (mon trajet est moins long que si je partais de Toulouse), ils se touchent grave à la SNCF.

Ma vie est foooolle… Non, en ce moment, c’est un peu calme plat et ça fait du bien en fait.

La soirée qui ressemble à rien

Samedi, j’étais de sortie. Isabelle la rousse organisait une petite fête chez elle plus ou moins pour son anniversaire mais plus tellement vu qu’il était en novembre. Plusieurs membre du clan des 7 étaient là : Isabelle la brune (y avait aussi Isabelle la châtain à la soirée), Alice, Isabelle la Rousse et moi, les trois autres n’étant pas dispo. Une soirée qui tombait à pic vu que ces dernières semaines m’ont bien éreintées sans oublier que samedi, ça aurait fait un an avec l’Amoureux. J’étais donc de charmante humeur, j’ai même failli en pleurer sous la douche. Mais j’ai bloqué, ce qui est un peu con car je crains de me mettre à pleurer pour une connerie après.

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Je retrouve Alice à Châtelet et c’est parti pour un trajet pour la campagne transilienne : rer, bus et une petite marche d’une dizaine de minutes. Le bout du monde. Pendant le trajet, on parle de nos marasmes respectifs (elle s’est retrouvée célibataire deux jours après moi, ça crée des liens) mais je n’ai qu’un mot d’ordre : passer une bonne soirée. Et je vais être servie, ce qui suit fut un grand moment de surréalisme. En chemin, nous nous disions « oh mais ça va être une soirée sympa mais calme, personne ne va se mettre la tête à l’envers ». La vie devrait m’apprendre de ne plus prononcer des sentences sur l’avenir, il suffit que je dise « ceci sera » ou « ceci ne sera pas » pour que l’inverse arrive. Mon pouvoir est fascinant. Donc on arrive sur place, Isa la rousse est encore sous la douche donc on accueille les nouveaux arrivants, deux frères, Arthur et Fabien. Petit à petit, les gens arrivent, un gros convoi de gens de la plongée avec deux Philippe (oui, 3 Isa, 2 Philippe, on se marre), Isa la châtain et Laure. On commence à s’installer pour boire et tartiner des toasts en discutant, Philippe le blond me taquine sur mon étalage de rillettes (j’en mets pas assez) et semble flatté que je l’ai déjà vu à la plongée. En fait, je me suis rendue compte plus tard que je le confondais avec un autre mec. Au fur et à mesure des discussions, je me retrouve à discuter avec Fabien, un des deux frères et j’entends bien que ça jase autour de nous, qu’on nous prend en photo. Oui, euh, ok… J’ai bien noté que le monsieur me trouvait très sympa mais j’ai un peu été claire sur la situation : moi avoir le cœur brisé, merci. 

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Changements de place au gré des excursions sur le balcon pour fumer, Philippe le blond passe à un moment et me parle avec les mains sur mon ventre ( ??) mais je ne fais guère attention. Retour à l’intérieur et je me retrouve à parler au frère de Fabien, Arthur, qui a décidé que j’étais trèèèès à son goût : « Han, t’es belle, t’as des yeux magnifiques, des très beau seins et un beau petit cul ». Le tout à prononcer avec une voix pâteuse, bien sûr. Il m’explique qu’il veut qu’on se voie samedi prochain (pas possible, je suis prise pour de vrai), il me colle un smack, j’arrive à esquiver le suivant. Au bout de 15 mn de « t’es belle, j’ai envie de toi, t’as trop des beaux seins et un beau petit cul », j’arrive à m’échapper. Retour sur le balcon avec Fabien, une fille, Marie, nous rejoint et nous parle de Philippe le blond qui lui a roulé une pelle alors qu’il lui avait mis un vent y a 6 mois (faudra que je vous parle de sa théorie de l’épilation, assez vrai) et d’Arthur qui lui a dit qu’elle avait « un très beau petit cul » et un discours très semblable à celui auquel j’ai eu droit. Là, Isa la brune qu’est ma chouchoute du groupe et qui m’a beaucoup soutenue (ou supporté, je sais pas bien) ces derniers temps arrive et vient me parler de la St Valentin « tu fais quoi lundi ? » « Ben rien ! » « Ah mais la St Valentin, ça sert à s’envoyer en l’air quand on est célibataire ! ». Apprendre à Isa à ne pas dire ce genre de choses devant un garçon que je trouve bien trop sympa pour en faire un sex buddy. Ahahah… Ben, je vais rentrer moi.

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Retour à l’intérieur, on se pose sur le canapé avec Isa la brune, elle me montre les photos de la soirée où Arthur et Philippe le blond essaient de rouler des pelles à tout le monde. D’ailleurs, tiens, Philippe attrape Isa la châtain et lui viole les amygdales. Ah ok. Laure nous rejoint, Philippe commence à se désaper et finit par sauter à poil au milieu du salon. Ah ok.  Je vais retourner dehors avec Fabien, tiens. Dehors, on retrouve Arkan, acteur, qui joue dans une grande série fleuve française (devine laquelle), on discute tous les trois quand Isa la brune arrive pour me dire qu’on doit intervenir car Alice est en train de cajôler Nicolas son ex qui dort et que c’est pas bien. D’ordinaire, je suis l’élite des interventions « Alice » mais là, non, elle décide d’agir seule. On reprend notre conversation et c’est Philippe qui intervient, il arrive torse nu, le pantalon défait et la ceinture ruinée (on avait retrouvé la boucle à nos pieds) et très chaud, il finit par carrément se foutre à poil.


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« Bah ça te fait quoi ? me demande-t-il.

– Heu, rien… »

Donc on continue de tous discuter tranquillement, lui les couilles et la bite à l’air mais il finit par se rhabiller. Isa vient me chercher pour me dire qu’on s’en va. Tout le monde rentre dans la pièce puisqu’on lance la vague des départs. Philippe m’attrape et me roule une grosse pelle baveuse. Heu oui…ok. Je m’en dépatouille, commence à dire au revoir, Isa m’indique qu’Alice pleure donc je vais la voir pour la consoler un peu et quand je me relève pour rejoindre mon convoi, Philippe me resaute dessus « Hé mais tu m’as même pas fait un bisou !». Si mais j’ai pas le temps de protester que j’ai droit à un nouveau service de soupe de langue. Ouéééé…


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Fin de soirée, retour à la maison. Pourquoi je vous raconte ça, outre le fait que c’était un peu du grand n’importe quoi. Parce que, curieusement, cette soirée m’a un peu montré quelques univers des possibles. Ca fait du bien de se sentir intéressante et séduisante. Je parle pas d’Arthur et Philippe mais plus de Fabien même si je sais qu’à cette heure-ci, j’ai pas envie d’une relation de quelque nature que ce soit. Mais ça fait du bien de se dire que quand je retournerai sur les chemins de la conquête, non seulement je suis un « produit »
intéressant (même si  je pense avoir perdu des points quand j’ai eu une langue étrangère au fond de la gorge) mais qu’en plus, des rencontres, c’est pas si dur d’en faire. 

Attend-on trop des fêtes ?

Je le disais l’autre jour, je n’aime pas vraiment le mois de décembre mais j’ai de bonnes raisons pour. Sauf que qui dit décembre dit Noël et nouvel an donc ça me console. Pourtant, on peut légitimement se demander : est-ce que je n’attends pas trop de ces fêtes ? Et quand je dis « je », je devrais dire « la plupart d’entre nous ».


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Il y a quelques jours, on m’a confié une dure mission au boulot : trouver sur nos forums des personnes ayant un budget serré ou étant seules à Noël. Si pour les premières, j’ai eu du mal (on était plus dans l’étalage de cadeaux), pour les seconds, j’ai trouvé et ça flingue bien le moral. Jusqu’à lire cette sentence bien vraie : « non mais on attend trop des fêtes ». Ben ouais.

 

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Il existe quelques dates qui nous permettent de mesurer un peu notre intégration à la société. J’en dirais deux : notre anniversaire et les fêtes. Oui, bon, les fêtes, y a deux dates, Noël et Nouvel An. Selon les convenances, ces fêtes ne doivent en aucun cas se passer seul sous peine de passer pour l’asocial de service. De fait, si mon anniversaire ne représente pas forcément grand-chose (je ne le fête pas forcément le jour J) et qu’un Nouvel An seule, j’ai survécu même si c’était dû à une grippe pourrie, Noël, c’est trop « famille » pour moi pour imaginer le passer seule. Chaque année, j’en attends la sérénité que peut m’apporter ma famille, du repos, du calme même si en l’espèce, à bien y réfléchir, ce sont les pires vacances de l’année vu qu’on les passe à courir pour faire les derniers cadeaux. Quoi que cette année, mes vacances étant un peu décalées, j’ai pas eu ce souci là. Donc cette année, les vacances sont, pour l’heure, un véritable havre de repos parce que bordel, je l’ai bien mérité.

 

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Au-delà de mon cas particulier, il faut avouer qu’on met bien la pression sur les fêtes de fin d’années. Avez-vous fait vos cadeaux ? Le repas est-il prêt ? Et votre tenue ? Faut-il inviter les beaux-parents ? Noël, dans sa famille ou dans la vôtre ? Bref, quel que soit l’angle attaqué, hors de question de parler de la solitude pendant les fêtes, ce n’est pas envisageable. De façon générale, les médias ont du mal avec le concept de solitude, de « sans famille ». Noël et le Nouvel An sont des dates festives, tu fais la fête en collectivité et puis c’est tout. Mange des bûches, du foie gras, des huîtres, du saumon… Sois généreux avec ton prochain, oublie les conflits qui t’opposent à ta famille parce qu’à Noël, tout le monde s’aime-euuuh !

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Alors évidemment, avec tout ce matraquage, difficile de ne pas avoir de grosses pressions sur les épaules. Comme à la St Valentin où les célibataires sont stigmatisés mais là, c’est pire. Parce que le célibat, ça concerne plein de monde mais les sans familles, ce n’est pas censé exister, ça se peut pas ! Tu as forcément des parents, des enfants, une belle-famille, des cousins à la rigueur mais être seul, non, ça ne se peut point. Ou alors, t’es vieux, la solitude des vieux, ça passe mieux. Ce qui nous fait tout un tas de gens qui culpabilisent de ne pas inviter tel ou tel membre de la famille que l’on n’apprécie pas du tout, de devoir aller dans la famille du conjoint plutôt que la leur ou imposer au conjoint de ne pas passer les fêtes dans sa famille pour la passer dans la nôtre… Sans parler de la pression des cadeaux. Dis moi ce que tu m’offres, je te dirai qui je suis pour toi.


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Pourtant la question est : quelle importance de rater les fêtes ? Quand j’ai dû passer le réveillon toute seule pour cause de grippe, sur le coup, ça m’a complètement déprimée mais finalement, est-ce que ça a changé quelque chose ? Non. Ce n’est qu’une date, une soirée. Pour le coup, là, ça ne renvoyait pas à ma solitude mais à ma santé précaire. Pourtant, j’ai la sensation que les réveillons se font de plus en plus en petit comité. Mes parents sont ravis de ne rien faire cette année, ma sœur et moi le faisons chacune en petit comité, elle avec son futur mari et ses amis, moi avec quelques amis, sans même mon amoureux mais je n’avais même pas pensé que ça puisse poser problème avant de découvrir la pression des fêtes. On se fera un petit truc tranquille après. Finalement, je la gère pas si mal cette pression de ce point de vue. Mais laissez moi passer Noël hors de ma famille nucléaire et là, je serai sans appel : l’année a été à l’image de ce Noël : pourri. Oui, condamner toute une année pour un jour, c’est excessif mais je suis comme ça, moi.


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Peut-être qu’un jour, on apprendra à dédramatiser, à se détacher de la pression médiatique attachée à ces fêtes. En attendant, cette année, mon Noël fut joyeux même si je crois que mon iPhone, plongé dans l’eau glacée de mes toilettes par inadvertance (ne le rangez jamais dans la poche arrière du jean) est en train de me quitter, je crois. Enfin, tout marche sauf qu’il ne capte par intermittence et encore, la 3g, il connaît plus. Supeeeeeer, je sens que ça va me coûter bonbon cette histoire. Mais à chaque Noël sa petite anecdote fâcheuse, cette année, elle est bien légère, ouf !

1…2…3…29…30 !

Et voilà, qui l’eut cru ? J’ai trente ans. Je me souviens quand je disais que ce blog n’existerait certainement plus, je m’étais trompée, il est toujours là, mais différent. Mais ne parlons pas du blog, c’est MON anniversaire, pas le sien.

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Alors, avoir 30 ans, ça ressemble à quoi ? Pour le moment à pas grand-chose. Je ne suis pas en train de pleurer de désespoir, j’étais même d’humeur particulièrement primesautière ce matin, le sourire aux lèvres, à tel point que je me suis ramassée tous les 20 minutes, métro et direct matin à la sortie du métro. Oui, les 3 plus encore un petit catalogue promo de je sais pas quoi. Mais bon, je ne suis pas sûre que ce soit directement lié à mon anniversaire, ça, plus à la nuit que je venais de passer et qui était… absolument parfaite pour faire le saut dans la trentaine.

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30 ans, donc. Je me disais il y a peu que c’était plutôt un âge confortable, un changement de décennie serein, par rapport aux 20 ans. Quand j’avais 20 ans, j’étais étudiante donc pas grand-chose en soit, je ne savais pas encore bien qui j’étais et ce que je voulais. Evidemment, c’est un peu facile de dire ça 10 ans après, sur le coup, je devais pas y penser mais voilà, je trouve que je viens de terminer la décennie la plus compliquée de la vie, celle du passage entre l’enfance et l’âge adulte. Même si on fait la fête et qu’on s’amuse, il faut tout construire. Là, à 30 ans, je fais toujours la fête mais je la fais avec mon argent… Ce qui devrait me rendre légèrement plus raisonnable au vu des efforts fournis pour le gagner, le dit argent mais arrive toujours un moment où la situation m’échappe et la CB se tend trop facilement. Mais là n’est point la question.

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Ces derniers temps, j’ai l’impression d’avoir appris à mieux me connaître et donc à mieux m’accepter, dans mes qualités (bon, elles, j’ai jamais eu du mal à les accepter) et dans mes défauts. J’ai enfin réalisé que je n’étais pas wonder woman et qu’on pouvait parfois trébucher sans que le monde ne s’écroule. Que mon hypersensibilité, ce n’était pas la peine de la cacher derrière une carapace parce que tout le monde la voit très bien et que je suis bien la seule à faire comme si elle n’existait pas. De toute façon, ce n’est pas une tare d’être hypersensible, ça peut même être une qualité. Par exemple, je suis sûre que ça ferait de moi une très bonne psy . Bon, ok, je suis loin d’être psy mais j’aurais sans doute pu, qui sait ?

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Par contre, si y a un truc qui n’est pas drôle à la trentaine et qui me fait une transition parfaite avec le paragraphe précédent, c’est le rétrécissement de l’horizon des possibles. A 20 ans, je pouvais m’imaginer devenir pas mal de choses. Enfin, je savais déjà que je ne serais jamais médecin mais dans la voie qui était alors mienne, je pouvais m’imaginer journaliste ou prof voire autre chose. Aujourd’hui, j’ai un métier (un que je n’imaginais pas faire à 20 ans vu que ça n’existait pas vraiment à l’époque), je suis établie. Ca pourrait me faire déprimer mais quelque part, ce petit socle de stabilité fait quand même plaisir et permet de construire autre chose, d’avancer sans trop s’angoisser sur les lendemains obscurs. Cette année, j’ai aussi appris qu’il était important d’équilibrer vie privée et vie professionnelle car sans ça, point de salut.


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Donc voilà, j’ai 30 ans, ça y est. L’horloge biologique reste au calme, je ne me sens pas vieille, « en retard » sur un plan logique de vie. Et du coup, va falloir faire la fête !

 

Anticiper la rencontre avec la famille

Samedi 07 novembre, nous avons fêté avec la famille Parmentier l’anniversaire de mon papa, 60 ans tout rond. Je sais qu’il peut paraître étrange de fêter l’anniversaire de M. Bartoldi avec sa belle-famille plutôt qu’avec la sienne mais en vrai, la famille Bartoldi n’ayant rien d’italien, on peut dire que les liens qui nous unissent sont plus que détendus. En somme, je n’ai pas vu mes cousins depuis 6 ans (presque 7) et si Facebook n’existait pas, je n’aurais aucune idée d’à quoi ils ressemblent à l’heure actuelle.


Je m’égare, ça commence bien. Donc grand gueuleton au restaurant, j’ai d’ailleurs mangé un émincé d’huîtres, j’ai donc rempli une de mes résolutions 2009 (je ne me souviens pas des autres, faut que je regarde). Première vraie réunion de famille depuis le décès de ma grand-mère et malgré quelques absents, ce fut génial. Mais il y avait un petit nouveau : Pierre, nouveau compagnon de ma cousine aînée Lucie… Qui a beaucoup mangé. Mais elle a aussi bu donc ma sœur pense qu’elle n’est pas enceinte. Donc la conversation va bon train et inévitablement sortent les casseroles de Lucie dont la fameuse fois où elle a fait faire tous les magasins à ma pauvre mère pendant un après-midi pour une paire de chaussures pour finalement choisir celles qu’elle avait vu dans le premier magasin. Ahahah, on rigole. Et c’est là que j’ai eu une révélation : avant de présenter un mec à ma famille, va falloir baliser le terrain.



Heureusement pour moi, des deux filles Bartoldi, une a plus de casseroles que l’autre et je fus l’enfant à peu près sage de service. D’ailleurs, je ne pensais pas vraiment avoir de casseroles jusqu’à ce que ma mère, qui venait donc de raconter l’histoire des chaussures de Lucie et des culottes d’Alice, décida de raconter une histoire m’impliquant, l’histoire du pyjama à l’école. Je vous la raconte pour le plaisir, elle n’est pas bien méchante. Quand j’étais en primaire, je m’habillais seule le matin tandis que mon père s’occupait de ma sœur. Déjà petite, j’étais pas trop trop du matin bien que je me souviens que quand j’étais au collège, les deux premières années, j’habitais à 15 mn à pied donc je me levais seule et je partais
à 7h30 alors que la famille dormait encore. Aujourd’hui, ça m’épate quand j’y pense. Bref, en ce temps là, j’allais pas encore à pied au collège, je m’habillais néanmoins seule pendant que mon père habillait ma sœur. Et un matin, dans un grand élan d’étourderie, j’ai oublié d’enlever le haut de mon pyjama sur lequel j’ai enfilé ma salopette. Le pyjama était noir et gris avec de grosses rayures horizontales et la salopette bleu et blanche avec de fines rayures verticales. Quand ma mère est venue me chercher à l’école, elle a failli m’abandonner sur place. N’empêche que j’ai un
souvenir ému de ce pyjama ou plutôt chemise de nuit car elle avait appartenu à mon papa et j’adorais dormir dedans.


Du coup, faut que je dresse la liste des trucs potentiellement honteux qui ne manqueront pas de ressortir après le premier verre de champagne. Alors je note : j’étais nulle en tennis, j’étais le désespoir du prof. J’étais tellement nulle que j’ai quand même réussi à coincer une balle su la poutre du terrain couvert en voulant faire une volée…. J’avoue que je n’aime pas bien cette réputation là surtout que depuis, j’ai fait des progrès en sport même si je n’y vais pas souvent à mon goût… Y a quelques petites conneries de jeunesse dont je ne suis pas fière non plus et que ma mère ne semble pas bien décidée à oublier. Grrrr !


Et mon ex ? Ah ben oui, tiens, mon ex ! Je l’ai ramené pendant quelques années chez mes parents, est-ce que je dois anticiper aussi le fait qu’on pourrait potentiellement en parler ? Le champagne et le vin, ça délie les langues, je vous rappelle. Ca veut dire qu’il va falloir que je parle de mon ex à mon nouveau pour désamorcer d’éventuelles conversations gênantes…


Tout à coup, je mesure à quel point la présentation à la famille est un point stressant dans la vie.