Anticiper la rencontre avec la famille

Samedi 07 novembre, nous avons fêté avec la famille Parmentier l’anniversaire de mon papa, 60 ans tout rond. Je sais qu’il peut paraître étrange de fêter l’anniversaire de M. Bartoldi avec sa belle-famille plutôt qu’avec la sienne mais en vrai, la famille Bartoldi n’ayant rien d’italien, on peut dire que les liens qui nous unissent sont plus que détendus. En somme, je n’ai pas vu mes cousins depuis 6 ans (presque 7) et si Facebook n’existait pas, je n’aurais aucune idée d’à quoi ils ressemblent à l’heure actuelle.


Je m’égare, ça commence bien. Donc grand gueuleton au restaurant, j’ai d’ailleurs mangé un émincé d’huîtres, j’ai donc rempli une de mes résolutions 2009 (je ne me souviens pas des autres, faut que je regarde). Première vraie réunion de famille depuis le décès de ma grand-mère et malgré quelques absents, ce fut génial. Mais il y avait un petit nouveau : Pierre, nouveau compagnon de ma cousine aînée Lucie… Qui a beaucoup mangé. Mais elle a aussi bu donc ma sœur pense qu’elle n’est pas enceinte. Donc la conversation va bon train et inévitablement sortent les casseroles de Lucie dont la fameuse fois où elle a fait faire tous les magasins à ma pauvre mère pendant un après-midi pour une paire de chaussures pour finalement choisir celles qu’elle avait vu dans le premier magasin. Ahahah, on rigole. Et c’est là que j’ai eu une révélation : avant de présenter un mec à ma famille, va falloir baliser le terrain.



Heureusement pour moi, des deux filles Bartoldi, une a plus de casseroles que l’autre et je fus l’enfant à peu près sage de service. D’ailleurs, je ne pensais pas vraiment avoir de casseroles jusqu’à ce que ma mère, qui venait donc de raconter l’histoire des chaussures de Lucie et des culottes d’Alice, décida de raconter une histoire m’impliquant, l’histoire du pyjama à l’école. Je vous la raconte pour le plaisir, elle n’est pas bien méchante. Quand j’étais en primaire, je m’habillais seule le matin tandis que mon père s’occupait de ma sœur. Déjà petite, j’étais pas trop trop du matin bien que je me souviens que quand j’étais au collège, les deux premières années, j’habitais à 15 mn à pied donc je me levais seule et je partais
à 7h30 alors que la famille dormait encore. Aujourd’hui, ça m’épate quand j’y pense. Bref, en ce temps là, j’allais pas encore à pied au collège, je m’habillais néanmoins seule pendant que mon père habillait ma sœur. Et un matin, dans un grand élan d’étourderie, j’ai oublié d’enlever le haut de mon pyjama sur lequel j’ai enfilé ma salopette. Le pyjama était noir et gris avec de grosses rayures horizontales et la salopette bleu et blanche avec de fines rayures verticales. Quand ma mère est venue me chercher à l’école, elle a failli m’abandonner sur place. N’empêche que j’ai un
souvenir ému de ce pyjama ou plutôt chemise de nuit car elle avait appartenu à mon papa et j’adorais dormir dedans.


Du coup, faut que je dresse la liste des trucs potentiellement honteux qui ne manqueront pas de ressortir après le premier verre de champagne. Alors je note : j’étais nulle en tennis, j’étais le désespoir du prof. J’étais tellement nulle que j’ai quand même réussi à coincer une balle su la poutre du terrain couvert en voulant faire une volée…. J’avoue que je n’aime pas bien cette réputation là surtout que depuis, j’ai fait des progrès en sport même si je n’y vais pas souvent à mon goût… Y a quelques petites conneries de jeunesse dont je ne suis pas fière non plus et que ma mère ne semble pas bien décidée à oublier. Grrrr !


Et mon ex ? Ah ben oui, tiens, mon ex ! Je l’ai ramené pendant quelques années chez mes parents, est-ce que je dois anticiper aussi le fait qu’on pourrait potentiellement en parler ? Le champagne et le vin, ça délie les langues, je vous rappelle. Ca veut dire qu’il va falloir que je parle de mon ex à mon nouveau pour désamorcer d’éventuelles conversations gênantes…


Tout à coup, je mesure à quel point la présentation à la famille est un point stressant dans la vie.

Courrier des cœurs, réponse à Philou

Cette semaine, Philou nous a posé la question suivante : 

« Bon c’est Philou le presque 50, depuis Varsovie ou je rame avec ce P… de clavier qwerty de l’hotel. Déjà si je suis a Varsovie, au lieu de copuler dignement avec ma chérie en ce samedi soir, c’est que je me suis fait larguer comme ça, ya 2 semaines, après 2 ans de parfait amour, pour déphasage soi disant … Bon, on était tous deux du même âge, un gosse de 18 ans tous les deux, qui allait justement dans le supérieur donc en théorie moins de contraintes, 80 km a parcourir pour se voir, et passé pas mal d’étapes (la belle famille, les amis, les vacances en commun, etc) bref même si il y avait tassement par rapport au début très hot et très passionnel, je n’imaginais pas interrompre ainsi une belle histoire … Au bout d’1 semaine après, j’ai tenté un dernier message que Alfred De Musset il aurait pas écrit mieux ! J’ai eu droit à je cite: j’ai passe d’agréables moments avec toi… Qu’en pensez vous ? (à part que c’est bien râpé) Dois je recommencer la quête de l’âme sœur parce que là, je commence à fatiguer … »

La cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie, voici ce que nous en pensons.

Enzo : Que je lise entre les lignes : 50ans, un fils de 18ans, en couple, non marié (cf *) avec une femme de 50ans qui a aussi un fils de 18ans (lequel va dans le supérieur, les deux ?). Ou il faut lire 20ans de parfait amour au lieu de 2ans, auquel cas c’est un seul fils de 18ans ? En même temps si la fin se gère en trois semaines, j’aurais tendance à privilégier le premier cas, que je vais prendre comme base. 50 ans, un fils d’une première union, une histoire de 2ans qui se finit. Combien d’histoires avant ? La question n’est pas « dois-je recommencer la quête de l’âme soeur » mais « faut-il encore croire à l’âme soeur » ! La quête de l’âme soeur, non. La quête d’une compagne, pourquoi pas si vous (à 50ans, j’ai tendance naturellement à vouvoyer) n’êtes pas fatigué des inconvénients, et puis les hommes vivent plus longtemps en couple que seul.

*: utilisation de ‘chéri’ au lieu de ‘femme’ et histoire de 2ans à un âge de 50ans

Tatiana : Moi je pige pas bien la question. Il veut savoir si c’est vraiment fini avec elle ou il veut savoir s’il a une chance de rencontrer quelqu’un avec qui ça dure ?

Keira : Vu le nombres de potes de mon père qui trouvent l’amour, je crois que l’espoir n’est pas mort, loin de là.En plus, avec
le gosse en moins, ça va faciliter les choses.Donc… le marché est ouvert, foncez ! ^^

Petite Cervoise : 50 ans, un grand enfant qui est indépendant, promesses de sexe débridé, passion… bon, s’il n’y avait pas Varsovie, le style décousu et « Philou », je dirais « Viens te consoler dans les bras de Petite Cervoise ». (prière d’envoyer un relevé bancaire pour information, on pourra peut être s’arranger)

Nina : Bon, je vais sans doute faire ma cynique mais voilà, moi, l’âme sœur, je n’y crois pas et je n’y ai jamais cru. Dans cette histoire, j’ai l’impression que ce qui te plaisait le plus chez cette compagne, c’est le nombre de vos points communs. Ca me paraît un peu léger. A part l’âge, les enfants, le sexe, aviez-vous des passions communes ? Je crois que le problème est que tu cherches trop un idéal. Il n’y pas si longtemps, tu parlais de ton divorce, cette femme n’a-t-elle pas eu peur d’être la roue de secours ? Celle qui se retrouve à la place de l’épouse partie ? Si tu te mets la pression de l’âme sœur à chaque fois, tu ne t’en sortiras pas. Vis les choses avec plus de légèreté,
sans parler d’étapes ou autres. Laisse faire les choses. Cette femme avait déjà vécu une situation matrimoniale, il est probable qu’elle n’ait pas eu envie de remettre ça, tout simplement.

Voilà, si toi aussi, derrière ton écran, tu veux nous poser une question, tu l’envoies soit ici en comm, soit par mail (nina.bartoldi[a]gmail.com), soit facebook ou twitter si tu peux le faire en moins de 140 caractères.

Meet the parents

Par Jane

Aujourd’hui, on fait un saut dans le temps. Après avoir eu votre lot de liaisons foireuses (si si, c’est pour ça que vous venez, regardez bien le titre du blog) monté votre homme idéal en kit, trouvé un toute option, vécu de parfaits débuts « tout le monde il est beau même la vie elle est belle » et s’être dit que celui-là, on ne le lâche plus avant de l’avoir traîné devant le combo maire-curé (ou seulement le maire pour les non-croyants) et lui avoir fait une bonne dizaine d’enfants pour sceller votre amour et des revenus corrects avec les allocations familiales, arrive le grand moment : « Chéri d’Amour que j’aime de tout mon cœur, mes parents nous invitent le week-end prochain » ou si c’est lui qui attaque « Mon petit chou en sucre adoré, mes parents veulent te rencontrer »

Voilà, c’est dit, on ne peut plus reculer. Il va falloir rencontrer la belle-famille. Et accessoirement faire bonne impression. Ou que l’élu de votre cœur fasse bonne impression. Et merde.

J’ai été officiellement présentée deux fois à une hypothétique belle-famille. Non non, je ne me suis pas retrouvée célibataire suite à cela.

– Première présentation : Après 6 mois de parfait amour, on m’annonce que je suis invitée le week-end suivant. Ah bon, c’est obligatoire ? Ah, ok, oui, ils veulent me connaître. Si je dis que moi pas, ça fait trop malpoli ? Si je me casse accidentellement la jambe, ça va paraître suspect ? 1h de trajet et 10 clopes plus tard, je fais de la résistance :

« Je suis trop morte de trouille pour sortir de la voiture, vas-y sans moi, je chope un bus jusqu’à la gare »

« Ne sois pas ridicule, ils savent qu’on est là, ils ont vu la voiture, ils savent que tu viens, alors maintenant t’arrête et tu descends. Tout de suite. »

« Si je viens, tu feras ma vaisselle pendant une semaine pour me féliciter de l’exploit ? »

« Maintenant tu sors de cette voiture »

Me voilà donc face à la belle-famille, avec le frangin chiant qui est venu spécialement pour voir l’animal étrange que je suis : « Alors comme ça, tu redoubles ton année, tu comptes la valider cette fois-ci ? » Ne rien répondre, il a 2 de QI de toute façon, ça ne sert à rien… Un an et demi plus tard, j’étais toujours aussi silencieuse et discrète quand je me retrouvais là-bas, toujours peur de dire quelque chose de travers et que frangin chiant me tombe dessus. Du coup, tout le monde m’aimait bien, vu que je n’étais pas chiante.

– Seconde présentation : Toujours aux alentours des 6 mois (ça me porte la poisse) je suis invitée à passer 10 jours (ouai, carrément, soyons fous !) dans la nouvelle belle-famille. Après un trop long trajet en voiture, encore rallongé par le fait qu’on se perd royalement à quelques kilomètres de l’arrivée. Je fume en conduisant, je râle en fumant, et je conduis lentement histoire de reculer le moment tant redouté. A l’arrivée, belle-maman me serre dans ses bras et éclate de rire tellement je tremble. Je ne trouve pas ça drôle du tout, alors je continue à trembler en fumant une clope. Un an plus tard, je suis officiellement adoptée par la tribu. Mais comme je me fais larguer méchamment, ça ne sert à rien. Ex-belle-maman m’a appelé dernièrement pour prendre de mes nouvelles et me dire que son fils n’est qu’un con, que je lui manque et qu’elle ne veut même pas rencontrer la nouvelle. J’étais totalement d’accord avec elle. Et j’avoue qu’elle me manque un peu mon ex-belle-famille, encore plus folle que la mienne !

Donc, je passe bien avec les beaux parents, vu que je suis polie, gentille, que j’aide à mettre le couvert et débarrasser la table, et que je trouve que leur fils est toujours le plus merveilleux du monde. En plus, j’évite de mettre des mini-jupes et des décolletés. Et je souris même aux blagues pas drôles (un an et demi à supporter le frangin tyrannique, ça aide à relativiser) Mais le moment le plus difficile, c’est la rencontre avec ma famille.

Ma famille, ce sont des gens fabuleux, mais un peu à la masse. Mon père considère que j’aurais dû rester avec mon premier ex parce que c’était quelqu’un de bien. Ma mère considère que personne ne sera jamais assez bien pour sa fille. Mon frère s’en fout mais adore venir asticoter le nouveau venu. Et malgré le fait que je ne leur ai présenté que 2 personnes, on a réussi à me demander « Tu vas tous nous les présenter ou quoi ? » Ca met à l’aise.

Les présentations chez mes parents, c’est toujours de la science-fiction : je stresse tellement que c’est contagieux, donc si le jeune homme était zen, ben c’est foutu. Ensuite je fais le tour des sujets à aborder et à ne pas aborder (on ne sait jamais, un qui voudrait parler de politique, il est peut-être suicidaire) un rappel des bonnes manières à table (il y a des trucs qui ne passent pas à la maison, mais il est fortement conseillé de couper la parole si on veut en placer une) et un rapide relooking (« Chéri d’amouuuuuuuuuuuuuuur j’adore ton look, mais sois wild aujourd’hui, mets une chemise à la place de ton t-shirt à trous, je te promets de t’offrir une nuit inoubliable en remerciement de ce petit sacrifice ») Au final, mon père se sert 2 whisky et devient un moulin à parole, ma mère est muette comme une carpe et se ferme comme une huître (ça met à l’aise, c’est dingue !) et mon frère teste l’humour par quelques petits cassages bien choisis. La routine.

Alors je me demande : Faut-il s’obstiner à présenter qui que ce soit à ma famille de cas irrécupérables ? Ai-je vraiment besoin de leur approbation pour vivre ma vie ? (jusque là, la réponse est non) Est-il possible d’en trouver un bien, de le garder, et de s’arranger pour qu’il ne croise jamais mes parents sans que ça paraisse suspect ? Suis-je la seule dans ce cas ???