Pourquoi il ne faut pas acheter de tenues bleues aux bébés filles

De toute façon, ça n’existe pas.

Je l’ai évoqué récemment, ma cousine est maman. Je suis grande cousine pour la 7e fois mais cette naissance là est la plus importante du lot puisque c’est le premier de ma famille la plus proche. C’est donc logiquement que je suis descendue voir la petite crevette pour célébrer la vie. Surtout qu’à coté, ma dernière grand-mère est en train de mourir donc il était nécessaire de compenser car un pouponage en règle.


Veille de mon week-end, je file dans une boutique pour bébés conseillée par Hana, ma collègue deux fois maman. Vendredi midi, j’y cours, j’y vole, retenant bien la leçon number one : prends pas de fringues taille naissance, ils ne le gardent que très peu et y a même des bébés qui ne rentrent pas dedans. Sauf que j’avais pas pensé qu’Emma devrait encore être dans le ventre de sa mère à l’heure actuelle, d’où le doux sobriquet de crevette (elle arrive aux 3 kg, ouais !). Je rentre et là, stupeur : bleu pour les garçons, rose pour les filles. Avec quelques dégradés dans les parmes et violets pour les unes, tout un camaïeu de bleus pour les autres. Alors je n’ai pas d’avis tranchés sur les histoires d’imposer ou non des vêtements genrés aux enfants vu que j’en ai pas mais quand même… Le bleu, c’est une belle couleur ! Je zieute un peu et les imprimés ne me laissent pas de marge de manoeuvre. Je vais quand même pas offrir une grenouillère bleue où il est marqué « je suis le roi » à ma petite cousine… Je me rabats donc sur une grenouillère violette, un bonnet violet (TELLEMENT adorable) et deux t-shirt violets/gris et gris/rose. Pas de fuchsia. C’est pas que j’aime pas, au contraire, mais la cousine a fait du beige son uniforme alors bon… J’ai failli craquer pour une petite robe en laine blanche mais je me suis ravisée. De çe que je sais, un bébé, ça régurgite.


Je passe en caisse en m’interrogeant au passage sur la mode enfantine que je trouve trop « adulte ». Genre le short à noeud, ils l’auraient fait à ma taille, je l’aurais pris. Et je ne vais pas trop polémiquer sur le manteau en fourrure pour mini-pouce qui me rend littéralement hystérique. Le manteau de fourrure, c’est pour les vieilles. Je ne vois tellement pas un enfant avec ça sur le dos… Bref. En rentrant au bureau, je me dis que je vais tout plaquer et créer ma marque de fringues qui propose aussi du bleu aux filles et du rose aux garçons, bordel. Mais bon, rassurez-vous, j’ai tous les jours des idées fantaisistes comme ça mais en vrai, je vais rien plaquer du tout.


Je vois bébé Emma, je la prends même dans mes bras (j’ai une photo qui le prouve), je fais des « hiiiiiii » devant ses toutes petites menottes trop mimiiiiiiis, je craque quand elle se met à bailler et je plisse le nez devant tant de mignonnerie. Du coup, mercredi, en allant acheter une ampoule au Monoprix (une histoire fascinante), je passe au rayon bébé et voit des babygros bleus sans inscriptions genrées dessus. Bon, si j’en prenais un ? C’est là que m’est revenu une anecdote racontée par ma cousine.
Là tu m’imagines la tête penchée, les yeux regardant en haut à gauche, l’index droit posé sur mon menton puis tu fais un effet de vague sur ma figure avec une musique de harpe pour lancer le flashback.


Ma cousine tient Emma dans ses bras, la petite est vêtue d’une grenouillère blanche à liserés roses. « Et là, y a une infirmière qui rentre dans ma chambre, Emma était habillée comme aujourd’hui, on voit bien le rose quand même ! Et là, elle me demande si c’est un petit garçon ! » Indignation et stupéfaction de la jeune maman. Bon, entre nous soit dit, il me parait clair qu’Emma est une fille mais je le savais dès le départ et je vois pas assez de bébés pour vous affirmer qu’on discerne facilement les garçons des filles. Tiens, ça va être mon nouveau jeu dans le métro, ça.

Fin du flash back, retour au Monoprix, je délaisse le babygros bleu, estourbie par cette incroyable compréhension des choses qui fut la mienne tout à coup. En fait, si on habille les filles en rose et les garçons en bleu, c’est pas pour les « genrer », si j’ose dire ou pour les enfermer dès le départ dans des stéréotypes. Non. C’est tout simplement pour indiquer aux adultes le sexe du bébé et éviter de froisser la susceptibilité des jeunes mamans.

Par contre, j’ai pas encore compris pourquoi le vert était banni… Mais je crois que je suis une des seules filles au monde à raffoler de cette couleur alors qu’elle ne me va pas forcément très bien… Mais bon, quand je serai forte en couture (quand j’aurai commencé déjà), j’achèterai un babygros bleu et j’y ajouterai un gros noeud joli. Comme ça, on comprendra que c’est une fille et je lui apprendrai dès le biberon à ne pas se laisser enfermer par les diktats de la mode.

Moi, je veux me marier et pas par convention

Allez, cette semaine, je fais dans le familialo-matrimonial, youhou ! Alors quel est ce titre énigmatique ? Toi, Nina, tu veux te marier maintenant ? C’est à cause des robes de mariée de ta soeur que ta mère a laissé pendre dans ta chambre ? Que nenni. Cette phrase a été prononcée par Loxy quand nous étions à Venise. Ce à quoi j’ai répondu “c’est dramatique, tu es obligée de préciser pourquoi tu veux te marier, je trouve ça triste.”


Loxy n’est pas en cause dans cette histoire, j’ai juste été choquée de voir que désormais, faut se justifier d’avoir envie d’un mariage, d’une famille conventionnelle ou je ne sais quoi. Mais si les gens ont envie du tryptique maison-gosses-labrador, où est le problème ? Personne n’en meurt, il n’y a rien de mal à ça. Oui, ce n’est pas précisément ce que je souhaite pour ma petite personne mais qui suis-je pour juger ceux qui auraient envie d’autre chose ? Qui êtes-vous pour dire que ceux qui veulent se marier sont forcément influencés par les normes judéo-chrétiennes alors que vous, vous n’êtes influencés par rien. Ah mais laissez-moi rire. Comme j’aime à le dire, l’anticonformisme n’est qu’un autre conformisme.


Déjà, j’en ai un peu marre de cet argument des normes judéo-chrétiennes. Arrive un moment où il faut aussi reconnaître que nous avons chacun un caractère et que certaines choses nous attirent avec ou sans ces foutues normes. Est-il à ce point incompréhensible que deux êtres qui s’aiment aient envie de s’unir de façon on ne peut plus officielle au cours d’une cérémonie, religieuse ou non, qui n’est pas bâclée dans un coin d’un tribunal et ont envie de fêter leur amour avec leur entourage ? Franchement, qui est dans le vrai ou dans le faux ? Personne car l’envie de se marier ou non n’est pas une question de valeur morale (parfois si) mais d’envie avant tout. C’est pour ça que je suis à fond pour le mariage gay : parce que chacun a le droit de faire ce qu’il veut. Je ne suis pas attirée par le mariage de façon personnelle mais soyons honnêtes, ce n’est pas parce que je ne suis pas influencée par les normes judéo-chrétiennes de mes fesses. Non, c’est juste que je préfère investir l’argent du mariage dans d’autres choses et que ça me paraît une galère sans nom à organiser. Mais ce n’est que MON avis. Un peu comme les avis politiques : on croit toujours que celui qui n’est pas d’accord avec nous est influencé par les médias. Comme si on ne pouvait pas être en accord de façon intime avec des théories de droite ou de gauche. Même d’extrême-droite, la xénophobie n’est pas le fruit des médias, faut arrêter de se rassurer avec ça. Le rejet voire la haine de l’autre, ça reste un sentiment humain.


Au fond, cette bien pensance athée m’amuse car elle est finalement identique à la bien pensance à laquelle elle est censée s’opposer. Expliquez-moi en toute sincérité pourquoi la morale judéo-chrétienne n’a pas le droit de nous imposer une norme alors que la bien pensance athée (je dis athée mais c’est pas vraiment le bon mot, je n’en trouve pas d’autre) tente de nous en imposer une autre. Est-il à ce point impossible de concevoir que chacun fait ce qu’il veut ? Si je prends ma soeur, en terme de normes judéo-chrétiennes, elle a quand même vécu 6 ans avec son mec avant de l’épouser et je sais bien que parfois dans l’intimité de leur chambre, ils ont commis le péché de chair. Mais voilà, le mec de ma soeur est pompier professionnel, un métier où il risque malgré tout sa vie et si un jour ma soeur doit se retrouver veuve, mieux vaut qu’elle soit mariée avec lui que pacsé. Mais j’espère de tout mon coeur que ça n’arrivera pas, bien entendu. Puis le mariage reste toujours plus intéressant que le pacs quoi qu’il en soit. D’ailleurs, je suis un peu étonnée que les anti mariage se ruent sur le pacs. Finalement, c’est moins lourd comme chaîne mais c’est une chaîne quand même, non ? Du coup, c’est quoi qu’on dénigre dans le mariage ? La robe blanche et le prêtre ? Hmmmm… Hello, ça n’a rien d’obligatoire. Si un jour je devais dire oui (parce que je ne dis plus “jamais” par superstition), j’ai envie d’une cérémonie païenne dans une vieille forêt avec des arbres tous tordus, de la mousse et un quatuor à cordes.


Bref, la question n’est pas là. La question est qu’aujourd’hui, t’es obligée de spontanément justifier tes choix y compris à une personne qui n’a rien dit. En l’occurence moi pour revenir à l’essence de cet article. Oui, le mariage, ça ne me parle pas, ça n’empêche pas que je suis heureuse pour ceux des autres, que j’ai presque pleuré quand ma soeur a annoncé le sien, que je suis ravie d’aller à celui de ma copine Lena au printemps et à celui de Yohann mon presque frère à l’automne. Et que pour moi, le seul truc intolérable dans les mariages… Ce sont les powerpoints de plus de 2 mn.

Ah non, j’ai perdu mon horloge biologique

(et mon badge pour la cantine aussi mais ce dernier, j’aimerais vraiment le retrouver)

Ces derniers temps, ma vie tourne autour des grossesses et naissances de gens plus ou moins proches de toi. C’est pas compliqué, entre novembre et mai 2012, 9 enfants ont ou vont débarquer dans mon entourage proche. 9 ! 3 sont déjà nés dont le même jour. C’est à dire que dimanche 13, 100% de mes cousines ont accouché (j’en ai que 2, le 3e enfant est celui de Ioulia). Et sur mon Facebook fleurissent les photos de nourrissons fraîchement démoulés, de “bienvenu dans la vie petit(e)”. Bref, le taux de natalité autour de moi fait des bonds. Effet crise ou pas, j’en sais rien mais du coup, ça me renvoie à ma propre fertilité.


J’ai 31 ans et, oui, j’ai un désir d’enfant. Mais un désir d’enfant dans mon entourage, pas un à moi. Hé non, 31 ans et pas envie d’être maman, c’est comme ça et je peux très bien l’expliquer. D’ailleurs, je le fais.
– Dans ma tête, j’ai toujours 25 ans.


– Comme je dis souvent (enfin, j’ai mis cette phrase au point y a 3 semaines mais je la ressors tous les jours) “c’est pas que je veux pas devenir mère, c’est qu’aucun enfant ne voudrait de moi comme mère”. Ben oui, je pense qu’à l’heure actuelle, je serais une mère calamiteuse, du moins loin de ce que j’ai envie d’être comme maman. De un, je ne suis pas disponible en terme de temps (et un enfant, ça en prend un peu quand même). De 2, j’ai plein de choses à faire avant de me reproduire et si je les fais pas, je serai frustrée, je ferai malgré moi subir le poids de cette frustration à mon enfant et nous finirons tous deux en analyse.


– J’ai pas de mec. Et un stérilet. Alors oui, le premier n’est pas nécessaire, un géniteur suffit si je ne voulais n’avoir qu’un enfant et pas une famille. Mais bon, si tu veux, j’ai un peu envie de savoir avec qui je fais un gosse et le temps que je le séduise, que je l’amadoue, que je le VIH-teste… Ben voilà, si demain je veux un gosse, ça n’arrivera pas de suite. Et je te parle même pas du fait qu’il faille rarement tirer un seul coup pour que ça arrive (ça ne marche que quand t’as pas envie d’un gosse en général). Bref, rien que de l’écrire, ça me fatigue. Et oui, pour le stérilet, ça, ça s’enlève facilement.


– Un enfant, c’est un investissement. Tu vois, j’ai eu le choix : faire un enfant ou partir en Thaïlande. Bon ben je décolle le 23 février (hiiiiiiiii !). Et je dis ça mais un enfant, surtout le premier, ça coûte bien plus cher qu’un séjour en Thaïlande. Rien qu’entre le berceau, la poussette, la poche kangourou, le parc, le babycook, les jouets, les fringues… En plus, je me connais, je suis une foutue acheteuse compulsive donc lâche-moi dans un magasin de fringues pour bébés et tu vas voir le massacre. De 1, je vais pousser des cris suraigus à la limite des ultrasons devant des tenues “krokro mignonnes hiiiiiiiii” et je vais tout acheter. Déjà, là, je dois aller jouer un peu avec le feu et aller acheter un petit truc pour ma nouvelle petite cousine, je te dis pas… Je suis folle.


– Je suis en fait très loin de l’image d’une mère correcte à mes yeux. Je reviens au deuxième point, oui, cette argumentation part à vau-l-eau mais on s’en fout, c’est pas une dissertation non plus. Bref, je disais, je suis pas une bonne mère potentielle à mes yeux. C’est à dire que moi, comme je l’ai déjà dit, j’ai eu une enfance très heureuse avec des parents à qui je n’ai pas grand chose à reprocher in fine. Mon principal problème dans la vie, c’est que ma famille est trop parfaite, hé oui. Du coup, j’estime que ma future progéniture doit avoir la chance de bénéficier d’un environnement aussi douillet et heureux que fut le mien. Enfin, je suis pas responsable des aléas de la vie, ok, il se peut que le papa et moi ne restions pas ensemble pour toujours sans que ça soit un drame mais j’ai envie qu’au départ, les conditions soient favorables à l’épanouissement d’un enfant. Oui, j’ose le dire, pour moi, faut deux parents pour élever bien un enfant essentiellement car il me faut quelqu’un pour canaliser mes angoisses et mon gêne « potentielle mère étouffante ». C’est à dire que seule, mon enfant n’aura même pas le droit de se mettre debout, il pourrait tomber et se faire mal, quoi ! Et là, j’y suis juste pas du tout. Je le vis très bien au demeurant, l’image de la maman que j’ai ne coïncide juste pas avec ce que je suis aujourd’hui, ce sera une moi de dans quelques années ou une moi qui n’existera jamais, peu importe.

– je suis curieuse, oui, j’ai parfois la curiosité de connaître les joies de la grossesse (beaucoup moins celles de l’enfantement) pour savoir ce que ça fait. Mais ma curiosité est de courte durée en général, elle ne durera jamais neuf mois. Et puis expérimenter la grossesse, je veux bien mais on se retrouve quand même avec un bébé ensuite et faut le gérer. Et même si je suis curieuse de certains trucs de la maternité, j’en prends à minima pour 20 ans (oui, je suis très optimiste) et euh… Ben non, merci.

Alors continuez à faire des enfants, je serai ravie de jouer avec et pouponner un peu. Mais ça me suffira, merci.

La formidable hypocrisie du droit à l’adoption

Aujourd’hui, je souhaite vous raconter une histoire triste qui me fout sacrément les nerfs, l’histoire de mon cousin Philippe. Philippe a un petit ami depuis près de 10 ans, Thomas. Après quelques turpitudes amoureuses qui n’ont rien à voir avec mon propos, ils achètent un appartement ensemble et décident de tenter l’impossible : adopter un enfant.

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Evidemment, ils ne peuvent pas adopter en tant que couple, c’est Thomas qui fait la demande à son nom seul. Ils se sont préparés, ce ne fut pas simple, il a fallu effacer toute trace de mon cousin de la vie de son compagnon. Psychologiquement éprouvant, je vous laisse imaginer. En fin de compte, Thomas obtient le droit à l’adoption. Victoire ? Non leurre. De fait, il n’a le droit d’adopter que dans certaines zones (Asie, Amérique latine, je crois) et, attention l’entourloupe : que des enfants de moins de 5 ans. Or dans ces zones, ils refusent de laisser un enfant de moins de 8 ans se faire adopter par un homme seul. Ils ont demandé une dérogation mais en vain. En somme, le droit à l’adoption de Thomas n’a aucune valeur.

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Vous ne connaissez pas Thomas et Philippe, moi si. Surtout Philippe, nous étions très proches enfants. Il n’y a pas homme plus doux et plus dévoué aux autres, un imaginatif très drôle. Souvent, je me dis que si j’avais été un homme, j’aurais été Philippe. Ce couple était prêt à accueillir un enfant, le sortir de l’orphelinat dans lequel il croupit pour lui offrir une chance d’avoir une vie meilleure. Oh, Philippe est conscient que la perfection n’est pas de ce monde et que rien ne garantit qu’ils auraient été des parents idéaux mais ils auraient fait du mieux qu’ils peuvent. Un enfant a été privé de la chance de démarrer sa vie ailleurs que dans un orphelinat, un couple a été privé d’un enfant à qui il aurait donné le meilleur d’eux pour tenter de le rendre heureux. 3 malheureux et tout ça pour quoi ? Parce qu’on n’a même pas le courage de se dire qu’un homme, qu’il soit célibataire ou en couple avec un autre homme, peut faire un bon père. Pas même un père
tout court.

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Ca m’écoeure. Déjà, je ne supporte plus l’argument “non mais un enfant, ça a besoin d’un père et d’une mère”. Alors quoi, on fusille toutes les femmes enceintes qui n’ont pas de père à leurs côtés ? Dès qu’un enfant perd l’un de ses parents, on l’arrache à celui restant pour le foutre dans un camp en attendant qu’une famille avec un papa et une maman le prenne en charge ? Les enfants ont besoin de référents masculins et féminins pour bien grandir. Après tout, admettons que ce soit vrai, pourquoi pas ? Je ne sais pas vous mais dans mon enfance, j’ai eu certes un papa et une maman mais j’ai eu aussi des taties, des tontons, un papy et des mamies, j’ai même eu un babysitter mâle (c’est pas si courant). Autour de moi des petits garçons et des petites filles. Je n’ai pas manqué de référents sexués, mon papa n’était pas le seul homme autour de moi. Et malgré une famille type, j’étais un vrai petit mec à jouer aux petites voitures, au soldat, à être la chef de gang au CE2 (groupe où il n’y avait que des garçons et c’est moi qui avait la place du milieu au fond du bus), à avoir les cheveux courts et jamais de jupe. D’après ce que j’ai lu sur certaines études genrées sur les comportements enfantins, j’aurais dû devenir lesbienne (ce qui démontre la connerie de ces études). Et bien non, jusqu’à présent, je suis hétéro. Et on ne peut pas dire que ma famille ait été très en phase avec le modèle type papa-maman si on considère que mon père ne bricole absolument pas, qu’il cuisine et nous préparait les repas le soir quand ma maman travaillait et que l’autorité, ça a toujours été ma maman. Côté patriarche autoritaire, mon père a été complètement à côté de la plaque. Et après ? Et après rien. Si le modèle familial avait un quelconque impact sur nos choix amoureux, faudra m’expliquer pourquoi ma soeur et moi sommes autant aux antipodes sur la question. Et si un couple gay adopte un enfant qui devient à son tour gay
(déjà on ne sait toujours pas si les préférences sont de l’ordre de l’inné ou de l’acquis et je souhaite sincèrement qu’on ne le découvre jamais), où est le problème ?

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Pour rappel, être homosexuel n’est pas un crime. Etre homosexuel ne signifie pas être incapable d’élever et d’aimer un enfant du mieux que l’on peut. Etre homosexuel ne signifie certainement pas qu’en présence d’un petit garçon, les choses vont finir par déraper. Etre élevé par une famille “différente” n’est pas synonyme de malheur.

Pensez-y.

Anticiper la rencontre avec la famille

Samedi 07 novembre, nous avons fêté avec la famille Parmentier l’anniversaire de mon papa, 60 ans tout rond. Je sais qu’il peut paraître étrange de fêter l’anniversaire de M. Bartoldi avec sa belle-famille plutôt qu’avec la sienne mais en vrai, la famille Bartoldi n’ayant rien d’italien, on peut dire que les liens qui nous unissent sont plus que détendus. En somme, je n’ai pas vu mes cousins depuis 6 ans (presque 7) et si Facebook n’existait pas, je n’aurais aucune idée d’à quoi ils ressemblent à l’heure actuelle.


Je m’égare, ça commence bien. Donc grand gueuleton au restaurant, j’ai d’ailleurs mangé un émincé d’huîtres, j’ai donc rempli une de mes résolutions 2009 (je ne me souviens pas des autres, faut que je regarde). Première vraie réunion de famille depuis le décès de ma grand-mère et malgré quelques absents, ce fut génial. Mais il y avait un petit nouveau : Pierre, nouveau compagnon de ma cousine aînée Lucie… Qui a beaucoup mangé. Mais elle a aussi bu donc ma sœur pense qu’elle n’est pas enceinte. Donc la conversation va bon train et inévitablement sortent les casseroles de Lucie dont la fameuse fois où elle a fait faire tous les magasins à ma pauvre mère pendant un après-midi pour une paire de chaussures pour finalement choisir celles qu’elle avait vu dans le premier magasin. Ahahah, on rigole. Et c’est là que j’ai eu une révélation : avant de présenter un mec à ma famille, va falloir baliser le terrain.



Heureusement pour moi, des deux filles Bartoldi, une a plus de casseroles que l’autre et je fus l’enfant à peu près sage de service. D’ailleurs, je ne pensais pas vraiment avoir de casseroles jusqu’à ce que ma mère, qui venait donc de raconter l’histoire des chaussures de Lucie et des culottes d’Alice, décida de raconter une histoire m’impliquant, l’histoire du pyjama à l’école. Je vous la raconte pour le plaisir, elle n’est pas bien méchante. Quand j’étais en primaire, je m’habillais seule le matin tandis que mon père s’occupait de ma sœur. Déjà petite, j’étais pas trop trop du matin bien que je me souviens que quand j’étais au collège, les deux premières années, j’habitais à 15 mn à pied donc je me levais seule et je partais
à 7h30 alors que la famille dormait encore. Aujourd’hui, ça m’épate quand j’y pense. Bref, en ce temps là, j’allais pas encore à pied au collège, je m’habillais néanmoins seule pendant que mon père habillait ma sœur. Et un matin, dans un grand élan d’étourderie, j’ai oublié d’enlever le haut de mon pyjama sur lequel j’ai enfilé ma salopette. Le pyjama était noir et gris avec de grosses rayures horizontales et la salopette bleu et blanche avec de fines rayures verticales. Quand ma mère est venue me chercher à l’école, elle a failli m’abandonner sur place. N’empêche que j’ai un
souvenir ému de ce pyjama ou plutôt chemise de nuit car elle avait appartenu à mon papa et j’adorais dormir dedans.


Du coup, faut que je dresse la liste des trucs potentiellement honteux qui ne manqueront pas de ressortir après le premier verre de champagne. Alors je note : j’étais nulle en tennis, j’étais le désespoir du prof. J’étais tellement nulle que j’ai quand même réussi à coincer une balle su la poutre du terrain couvert en voulant faire une volée…. J’avoue que je n’aime pas bien cette réputation là surtout que depuis, j’ai fait des progrès en sport même si je n’y vais pas souvent à mon goût… Y a quelques petites conneries de jeunesse dont je ne suis pas fière non plus et que ma mère ne semble pas bien décidée à oublier. Grrrr !


Et mon ex ? Ah ben oui, tiens, mon ex ! Je l’ai ramené pendant quelques années chez mes parents, est-ce que je dois anticiper aussi le fait qu’on pourrait potentiellement en parler ? Le champagne et le vin, ça délie les langues, je vous rappelle. Ca veut dire qu’il va falloir que je parle de mon ex à mon nouveau pour désamorcer d’éventuelles conversations gênantes…


Tout à coup, je mesure à quel point la présentation à la famille est un point stressant dans la vie.