Si je m’en réfère à ma carte d’identité, ça y est, j’ai 35 ans aujourd’hui. Oh waouhou déjà ! Mais hier encore, j’étais cette fraîche jeune fille de 25 ans, débarquant pleine de rêve sur Paris… 35 ans. 30+5 ou pire… 40-5. Tic tac tic tac.

Je n’aurais pas cru mais si : j’ai la crise de la trente cinquaine. Je ne pensais pas que ça existait mais figurez-vous que si, du moins pour moi. Alors que je m’étais sentie forte et sereine pour mes 30 ans en mode « hihi, 30 ans, c’est cool, je sais qui je suis lalala », à 35 ans, c’est plus compliqué. Pourtant, ma vie roule encore mieux qu’à mes 30 ans. Le jour de mes 30 ans, je me suis éveillée pour rejoindre un boulot que je haïssais, passant tout mon temps libre à mailer des CV pour me tirer de là au plus vite. A mes côtés, mon petit ami du moment, un garçon aussi charmant que dysfonctionnel qui n’aurait jamais m’offrir plus que la place de maîtresse officielle bien qu’il n’en ai pas réellement conscience (ou ne veuille pas l’admettre). A 35 ans, je fête mes 7 mois dans cette boîte où tous les espoirs me semblent permis, où je cartonne et où je joue enfin le jeu de l’entreprise, espérant aussi gagner la branche que je vise : les études (oui, je sais, avant, j’avais dit stratège digitale, laissez-moi changer d’avis). Mon chéri est bien plus fonctionnel que celui de l’époque, on vit une relation cool, tendre et épanouissante qui nous fait du bien à tous les 2, tout va bien. Côté amitié, j’ai des piliers solides et je le sais, dans ma famille, tout va bien, ma soeur voyant à nouveau son ventre s’arrondir. Mais je vous en reparlerai. Bref, tout va bien. Alors c’est quoi cette crise ? C’est la crise du sens.

Je ne veux plus perdre de temps en conneries, en fait. Ca s’articule autour de plusieurs axes. Le premier est personnel : je veux savoir qui je suis. Enfin pas tant qui je suis (je le sais) mais ce que je peux faire. Je ne finirai pas ma vie dans le marketing, c’est un acquis pour moi. Parce que si je m’éclate à raconter des histoires, à arriver à répondre à la problématique client en mettant les bonnes pièces dans le bon ordre, ça n’aide personne. Je veux dire si demain, on arrêtait tous de faire du marketing, ça ne léserait pas grand monde in fine, ma contribution à la société étant aujourd’hui résumée à payer mes impôts et à consommer. Ca fait une bien belle jambe à ceux qui ont eu moins de chance que moi dans la vie. Ca tourne depuis janvier, j’arrive toujours pas à trouver mon engagement et j’ai envisagé un temps à finir ma vie marketing pour devenir… instit. Pourquoi pas mais en fait, je me rends compte de deux choses : ce qui me motive avant tout, c’est l’idée de passer le concours et ensuite, les enfants, à part mon neveu, je suis pas sûre d’avoir une grande patience avec eux. Je me suis imaginée masseuse Shiatsu aussi pour aider… les riches. A 60 € le massage, c’est pas le smicard qui va profiter de la détente accordée par mes doigts de fée (au moins). Bref, ça mouline, ça mouline.

Autre point que je trouve encore plus intéressant : ma volonté de décaper mon entourage, façon Monica. Je m’explique : je veux de la sérénité partout. J’en ai marre des parasites de la vie, ces gens pas forcément méchants en soi mais que t’as pas envie de voir car ils sont toujours négatifs ou qu’ils ont une addiction qui fausse leurs rapports aux autres. En gros, ils ne m’apportent rien. Je ne parle pas de gens qui sont à un moment T dans une situation qui les rend triste et déprimés voire dépressifs, je ne rêve pas de vivre au milieu des Bisounours non plus mais il y a cette catégorie de gens, ceux qui sont toujours bourrés/camés/en chasse en soirée et qui finissent par en être ultra lourd. Ceux qui vont passer le moment où vous allez vous voir à se plaindre, plaindre, plaindre sans même se demander 30 secondes si vous, ça va. Des gens toxiques, quoi. Ca, c’est fini. Je veux des gens qui m’apportent quelque chose : à minima un bon moment (sauf cas où la vie a été pute avec eux, bien sûr, je ne dis pas que je tournerai le dos à mes amis le jour où ils auront un pet de travers), mais aussi des connaissances, qui touchent leur bille dans des univers que je connais pas ou mal.

C’est un peu compliqué à expliquer, ça fait limite amitié intéressée mais c’est vrai que j’ai envie de gens « meilleurs » que moi qui me poussent en avant, m’encouragent à lever le point et avancer vers mes objectifs, qui me nourrissent de leurs savoirs et m’invitent à partager avec eux mes compétences, qu’on s’apportent mutuellement des choses. Ca vient finalement avec le fait que je n’ai plus envie de me bourrer la gueule à en vomir aux soirées, que je préfère une soirée cool à siroter du vin en refaisant le monde que des soirées défonce à dire de la merde dont on se souviendra pas parce qu’on n’était plus en état d’enregistrer.

Bref, 35 ans, c’est l’âge de l’intelligence et de la sérénité. Deal with it !
Étiquette : passer un concours
L’Hippopotame et le Rhinocéros
Bon, cette semaine j’aurais a-do-ré vous donner toutes mes différences et tous ces défauts qui sont autant de chances mais voila Nina elle a dit tu m’fais un papier considérations générales. Du coup, comme je suis frustré de ne pas pouvoir vous raconter ma life, je vais vous faire un article de mec complètement aigri. C’est vachement bien car ça me donne une caution morale de ouf. Je peux trasher autant que je veux, de toute façon les gens diront « – Purée, Lucas il a trashé trop de gens dans son article. – Oui mais c’est parce qu’il était aigriiiiii« . Trop cool, non ?
Donc pour revenir à nos moutons, cette semaine on avait le choix entre les études, le boulot ou l’amuuuur. Avec un mauvais esprit de malade je me suis dit, méprisant : il y aura bien un gros blaireau de concurrent qui va nous faire un article sur l’amuuuuur. J’ai donc choisi de me rabattre sur les études pour vous parler (très rapidement) de cette institution sympathique que sont les Grandes Ecoles de Commerce. En la matière je m’y connais un peu vu que j’ai passé 5 ans à la fac avant d’aller me perdre dans la concupiscence graveleuse des écoles. Comment ça je prends parti ?
T’es gentil t’es mignon mais tu pues.
Alors bien sur je vous vois déjà venir avec vos cohortes de clichés sur les écoles de commerce et je dois vous dire que c’est trèèèèèèès mal de partir comme ça avec des préjugés faciles du style « en école de commerce, on boit, on ne fout rien, et on achète son diplôme ». Non, franchement ce n’est pas sympa de colporter des choses pareilles. En plus c’est presque pas vrai.
Commençons par l’alcool et les soirées. A raison d’une soirée BDE par semaine, la fête n’est plus un exutoire mais une institution. Un peu comme la tise. Pour beaucoup d’étudiants, l’alcool n’est plus un moyen mais une fin. But du jeu : se mettre une grosse race. Du coup, je passe un peu pour le gros rabat joie de service avec mes bayleys grenadine. Bah oui, pour moi l’alcool, c’est un cintre qui permet de déposer ma timidité au vestiaire, me désinhiber, choper une nana et pouvoir faire picoti picota all night long. Pas vous ? Et bien, pour un élève de première année, l’alcool n’est pas un instrument mais un jeu équivalent à « devine qui a la plus grosse teub ». Quelque part c’est assez symptomatique du gel post pubère qu’ont connu les élèves en entrant en prépa (et qui fondent alors en école après deux années de stérilité monastique). Oui bien sur je force le trait, mais pour peu que vous discutiez avec eux vous verrez que je ne suis pas si loin de la vérité… Heureusement les comportements évoluent avec le temps.
Allez viens, je t’emmène au vent…
Quand on intègre en admission parallèle mon programme Grande Ecole (c’est d’un prétentieux…), on passe 3 mois à rattraper toute la première année. Du coup, pendant 3 mois il faut bosser comme un chacal. Seulement voila, arrivé en janvier, on bascule officiellement en 2eme année avec un choix de « cours à la carte ». Autant vous dire qu’on peut, dès lors, se construire un cursus de glande interstellaire comme on peut en chier un max sur des cours exigeants en volume et en qualité des rendus.
Quelque part, c’est un peu comme à la fac, pour un TD d’une heure et demi en fisca : vous pouvez ainsi préparer la séance et vous inonder de sens et de joie à la BU pendant 9 heures. Mais vous pouvez aussi arriver comme un touriste sans avoir ouvert le fascicule. D’un autre coté, je vous dis que j’en ai chié pendant les 3 mois de rattrapage mais une copine en 3eme cycle DJCE a fait exactement mon programme en 2 mois chrono. Du coup la question se pose : les écoles de commerce sont elles plus performantes que la fac ? Eh bien quite à ce que mes camarades de cours me piquent les yeux avec des épingles rouillées, je dois dire : PAS DU TOUT !
Je suis intimement persuadé qu’un bon DESS (M2…) en Gestion des Nems est beaucoup plus formateur q’un cursus Gestion des Nems dans une école de commerce (même celles du Top 5) et ce pour plusieurs raisons :
– d’abord parce que la fac c’est l’école de la débrouillardise. On n’a pas de prof sur le dos pour nous faire bosser, pas d’administration qui nous prend par la main. On doit travailler de manière autonome et on a du temps à coté pour travailler et découvrir la « vraie vie ». A ce titre, les CVs des jeunes qui arrivent de prépa sont d’un vide étourdissant… Ils ont perdu deux ans à gagner un vernis culturel foireux. Pour moi la fac, forme plus les esprits et les responsabilise dix fois plus.
– Ensuite la fac c’est quand même une certaine mixité sociale (certes relative) qu’on retrouve beaucoup moins en école mais qui permettrait à certains élèves issus des meilleurs lycées de banlieues chics de ne pas avoir une conception faussée du monde. Mais si je commence dans ce jeu là je vais devenir encore plus aigri…
– Enfin, même si le système de sélection est plus sournois, la fac est tout de même dure… dans certaines filières. Le but ultime est d’intégrer un bon DEA ou un bon DESS (M2…) et pour cela il faut avoir un bon dossier. Du coup, l’écrémage se fait tout seul, sans concours. Seuls les meilleurs atteignent les bons 3eme cycles. Et là, la charge de boulot peut être particulièrement intense.
Where all the good people go…
Au final, on peut avoir un étudiant qui a fait un DESS de malade, qui est un technicien hors pair en son domaine et qui aura du mal à trouver un boulot parce que sa formation n’est pas valorisée. On en arrive au dernier cliché sur les écoles de commerce à savoir l’achat du diplôme. En fait, en école on achète pas son diplôme, on achète un annuaire et un accès à un réseau. Un réseau d’anciens, un réseau d’entreprises recruteuses. C’est un système qui me fait gerber ; un système lénifiant, qui n’incite pas à prendre des risques, encore moins à innover et créer. Les boites viennent à l’école pour des rencontres avec les étudiants et au final c’est en moyenne 65% de la promo qui est embauchée dans les deux mois qui PRECEDENT le diplôme. « oh oui j’ai trop envie de venir travailler chez vous à Clermont Ferrand, d’ailleurs mon papa il roule en Michelin, la vulcanisation des pneus, le caoutchouc c’est chou, allez soyez cool, embauchez moi ».
Le suçage de boules généralisé pendant la fameuse semaine entreprise est un truc qui filerait la nausée à toute personne un peu intègre. Des légions d’étudiants sortent de là avec un job (et un tube de vaseline à la main). L’archétype, c’est le jeune diplômé, 23 ans, qui va commencer en auditeur junior chez PriceWaterHouse Coopers ou en marketing opérationnel chez Kraft Food. Perso, ce n’est pas vraiment le genre de truc qui me fait bander au réveil mais il se peut que j’aie des goûts de merde. Notre jeune diplômé est quant à lui ravi. Il va intégrer la boite, il va sûrement y retrouver des gens qui ont le même profil que lui, le même cursus, la même conception de la vie et ils riront tous ensemble des mêmes blagues à deux balles à la cantine à midi. Le genre de mecs si on les payait en coups de lattes il mériteraient trois ou quatre SMIC.
Je pourrais enchaîner encore sur le sujet mais je préférerais avoir votre avis sur la question. Surtout que j’ai volontairement laissé quelques zones d’ombres et amorcé quelques polémiques (trop) faciles. C’est donc à vous mais avant de partir, je vais vous laisser avec un truc rigolo. C’était il y a 4 mois, je me suis pointé avec ma camera vidéo au Palais Brongniart à Paris (la Bourse) où avait lieu un salon de recrutement, sobrement intitulé « Salon des Hauts Potentiels ». J’y suis donc allé pour interviewer les gens et leur poser la question suivante « En quoi êtes-vous un haut potentiel ? » Et bah vous me croirez si vous voulez mais une seule personne n’a pas répondu « Parce que j’ai un Bac + 5 » . Sic transit gloria mundi…
Génération Tanguy
Mardi 20h50, j’abandonne tout et pose mes fesses devant la télé. Au menu, « Tanguy », du génial Etienne Chatilliez. Faut avouer que j’adore ce réalisateur, il est superbement cynique (sauf que lui, on ne le traite jamais d’aigri, alors que moi…). Pour ceux qui n’ont pas vu le film, très rapide résumé : Tanguy, 28 ans, vit toujours chez ses parents et ceux-ci essaient de s’en débarrasser. Forcément, avec Gauthier, ça nous inspire. Moi, je me pose une question : sommes-nous la génération Tanguy?

17 ans, un matin d’hiver, mon cul est lourdement posé sur ma chaise, mon corps avachi sur mon bureau, je griffonne sur la table parce qu’il n’y a
plus de place dans la marge (c’est très mal de dégrader le matériel que m’a prêté l’école, ne fais pas comme moi, lecteur), je soupire : j’ai pas envie d’avoir mon bac. Parce qu’avoir mon bac, c’est partir de chez moi, c’est vivre SEULE, c’est devenir un peu responsable. Non, moi, je veux rester chez papa-maman, avec quelqu’un qui me conduit en voiture quand j’en ai besoin, qui me
lave mon linge, me fait la bouffe (mais me range plus la chambre, faut pas déconner). Je commence à évoquer prudemment la question avec mes parents : je peux très bien faire l’aller-retour entre la fac et leur maison, ça leur fera des économies : « Non, après, tu seras fatiguée, le soir, et tu seras chiante ! ». Moi aussi, je vous aime.
plus de place dans la marge (c’est très mal de dégrader le matériel que m’a prêté l’école, ne fais pas comme moi, lecteur), je soupire : j’ai pas envie d’avoir mon bac. Parce qu’avoir mon bac, c’est partir de chez moi, c’est vivre SEULE, c’est devenir un peu responsable. Non, moi, je veux rester chez papa-maman, avec quelqu’un qui me conduit en voiture quand j’en ai besoin, qui me
lave mon linge, me fait la bouffe (mais me range plus la chambre, faut pas déconner). Je commence à évoquer prudemment la question avec mes parents : je peux très bien faire l’aller-retour entre la fac et leur maison, ça leur fera des économies : « Non, après, tu seras fatiguée, le soir, et tu seras chiante ! ». Moi aussi, je vous aime.
18 ans, un soir d’automne, je passe la première soirée dans mon appart, seule… Je mange je sais plus quoi devant la télé, je passe la soirée à m’épiler devant Urgences. Je déteste vivre seule, surtout que j’ai pas de téléphone (ni fixe, ni portable, à l’époque), pas d’Internet, je suis coupée du monde, de ma maman…L’indépendance, y a pas à dire, ça pue. Puis j’ai découvert que vivre seule, c’est manger ce que je veux (ça, c’est pas forcément le bon point, d’un autre côté), c’est sortir si on veut, c’est passer la nuit au tel avec mon mec parisien à discuter et même plus (et sécher le cours le lendemain matin parce que je pouvais pas être à la fac à 8h30 après une folle nuit d’amour téléphonique), c’est écouter ma musique et chanter à tue-tête, c’est avoir un chat, c’est dormir avec son mec et faire plein de cochonneries dans toutes les pièces de mon appart (ok, dans un studio, c’est vite vu, mais bon…). Bref, vivre sans papa-maman, on apprend mais c’est quand même pas mal aussi.
Avec Gauthier, après le film, on s’est imaginés repartir vivre chez nos parents DEFINITIVEMENT. Lecteur, je pense que tu t’es rendu compte que j’aimais beaucoup mes parents, que j’aime rentrer et les voir, me faire dorloter par maman, écouter les jeux de mots de mon papa (récemment, il a appris le mot sudoku, ça l’amuse énormément genre : « tête au nord, sudoku », « aux toilettes, c’est normal que tu joues au sudoku »…), j’aime quand on se retrouve tous à table : papa, maman, Alice, Johann, Anthony, parfois la copine de Yohann (mais il en change souvent), moi, on s’échange nos vieux souvenirs, on rit, c’est merveilleux. Mais vivre chez eux, non. L’été 2004, j’ai vécu chez eux pendant trois mois, je travaillais dans ma ville natale. Un peu avant la fin des vacances, mes parents m’ont abandonnée une semaine et je revivais : enfin la solitude, enfin le calme, enfin pas de débats politiques à table, ouf ! Car mes parents, je les aime mais je peux plus vivre avec eux.
Mais si je ne vis plus chez eux, je dépends toujours d’eux et quelque part, ça me rend malade. J’ai 25 ans, presque 26, comment se fait-ce que je sois pas encore indépendante ? Mes parents ont les moyens de m’entretenir, encore, mais ça me gêne. Le mois dernier, en pleine crise, j’ai dit à Gauthier : « j’en ai marre de
coûter du fric à mes parents, je rentre à la maison !
coûter du fric à mes parents, je rentre à la maison !
– Mais Nina, t’es conne ou quoi ? Tu as la chance d’avoir tes parents qui peuvent t’aider, ne fous pas tout en l’air. S’il ne peuvent plus t’assumer, ils te le diront. »
Certes mais moi, j’ai envie que les sous que je dépense soient les miens. Cette année, déjà, j’ai eu 25 ans, je vis à Paris et je découvre les joies de l’administration : assedic, ANPE, mon père m’a annoncé que je n’étais plus sur sa mutuelle (merci de me le dire, heureusement que je vais jamais chez le docteur). Maintenant, mes parents sont loin et je dois gérer tout un tas de trucs et franchement, ça ne me plaît pas du tout. Plus jeune, je pensais à la vie « adulte » et je me demandais comment on pouvait gérer. Bon, pour l’argent, maintenant, je sais (enfin, euh…), j’ai appris, mais comment on fait sa déclaration d’impôts ? A qui on s’adresse ? On l’envoie où ? Je prends quoi comme mutuelle ? Je m’assure où et pour quoi ? Mais Seigneur, que c’est chiant ! Heureusement, mes parents peuvent m’aider parce qu’à l’école, on n’apprend pas ce genre de choses.
Sommes-nous la génération Tanguy ? Techniquement, on fait des études plus longues que nos parents. A 21 ans, ma mère avait une profession et un
salaire, elle était infirmière… Maintenant, combien de jeunes filles ont ce métier à cet âge-là ? Honnêtement, je n’en sais rien mais pas tant que ça, le temps qu’elle fasse leur prépa, qu’elles passent (et aient) leur concours puis l’école infirmière… Bon voilà. Si j’avais suivi le chemin que je m’étais fixée, j’aurais été diplômée à 23 ans, avec ou sans emploi à la clé. Bien sûr, dès le départ, j’ai choisi des études littéraires donc longues mais j’ai pu aller jusqu’au bout de mes rêves, grâce à mes parents. J’en connais qui m’auraient prié de faire un BTS compta et de pas faire chier mon monde avec mes bac+4 et bac+5 qui ne servent à rien. Mais aujourd’hui, la plupart des métiers réclament des études longues : si on peut quitter le nid assez tôt, on a du mal à se défaire de la dépendance financière.
salaire, elle était infirmière… Maintenant, combien de jeunes filles ont ce métier à cet âge-là ? Honnêtement, je n’en sais rien mais pas tant que ça, le temps qu’elle fasse leur prépa, qu’elles passent (et aient) leur concours puis l’école infirmière… Bon voilà. Si j’avais suivi le chemin que je m’étais fixée, j’aurais été diplômée à 23 ans, avec ou sans emploi à la clé. Bien sûr, dès le départ, j’ai choisi des études littéraires donc longues mais j’ai pu aller jusqu’au bout de mes rêves, grâce à mes parents. J’en connais qui m’auraient prié de faire un BTS compta et de pas faire chier mon monde avec mes bac+4 et bac+5 qui ne servent à rien. Mais aujourd’hui, la plupart des métiers réclament des études longues : si on peut quitter le nid assez tôt, on a du mal à se défaire de la dépendance financière.
Parce qu’au fond, être dépendant de ses parents, c’est quand même confortable. Dans Tanguy, certes très caricatural, mais quand même, le jeune homme
a un peu la vie dont on rêverait tous : on fait ce qu’on veut sans être responsable de rien. Je n’ai pas d’horaires, je ramène mes conquêtes at home, mais ce n’est pas moi qui gère la bouffe, qui fait la lessive ou le ménage etc. J’avoue que le week-end dernier, j’ai apprécié de ne pas avoir à me soucier du repas, de pouvoir dormir le matin parce que mon père a donné à manger
à Kenya en se levant, j’ai même pas à changer la caisse vu qu’elle fait ses besoins dehors. Bon, évidemment, je peux pas dormir jusqu’à 14h du matin, je dois respecter certaines horaires, mettre un peu la main à la pâte car mon père rentre du boulot et qu’il doit manger vite avant de repartir mais ce sont quand même les vacances.
a un peu la vie dont on rêverait tous : on fait ce qu’on veut sans être responsable de rien. Je n’ai pas d’horaires, je ramène mes conquêtes at home, mais ce n’est pas moi qui gère la bouffe, qui fait la lessive ou le ménage etc. J’avoue que le week-end dernier, j’ai apprécié de ne pas avoir à me soucier du repas, de pouvoir dormir le matin parce que mon père a donné à manger
à Kenya en se levant, j’ai même pas à changer la caisse vu qu’elle fait ses besoins dehors. Bon, évidemment, je peux pas dormir jusqu’à 14h du matin, je dois respecter certaines horaires, mettre un peu la main à la pâte car mon père rentre du boulot et qu’il doit manger vite avant de repartir mais ce sont quand même les vacances.
Vraiment, quand je compare ma vie avec celles de mes parents, j’ai parfois la sensation que notre génération s’est infantilisée. Dans mon entourage,
Anne et Lucie sont entrées l’an dernier dans la vie active à presque 24 ans et c’étaient les premières du groupe. Guillaume 1er est toujours dépendant de ses parents à près de 30 ans… Dans ma promo, ils ont tous repris leurs études. On ne s’en sort pas ! Bien sûr, les études, c’est génial, c’est facile : partiels à telle date, on passe au niveau supérieur ou on redouble, on lit (ou pas) les livres de la bibliographie… Tout est pré mâché, même si on découvre les joies de l’administration. Par exemple, en licence, le mec qui m’a fait mon emploi du temps a fait n’importe quoi et je me suis retrouvé avec 3 cours en même temps ! Pas deux, trois ! Ben j’ai eu mon année du premier coup, na ! Mais globalement, les soucis de fac ne sont que des piqûres de moustique comparé à la « vraie vie », si j’ose dire. Arrive à un moment où il faut sauter le pas. Je l’ai fait et franchement, j’aimerais parfois retourner en arrière retrouver ma gentille vie d’étudiante. Mais j’avance, je ne retournerai pas à la fac (ou plus tard, quand mes parents ne seront plus contraints à me donner de l’argent).
Anne et Lucie sont entrées l’an dernier dans la vie active à presque 24 ans et c’étaient les premières du groupe. Guillaume 1er est toujours dépendant de ses parents à près de 30 ans… Dans ma promo, ils ont tous repris leurs études. On ne s’en sort pas ! Bien sûr, les études, c’est génial, c’est facile : partiels à telle date, on passe au niveau supérieur ou on redouble, on lit (ou pas) les livres de la bibliographie… Tout est pré mâché, même si on découvre les joies de l’administration. Par exemple, en licence, le mec qui m’a fait mon emploi du temps a fait n’importe quoi et je me suis retrouvé avec 3 cours en même temps ! Pas deux, trois ! Ben j’ai eu mon année du premier coup, na ! Mais globalement, les soucis de fac ne sont que des piqûres de moustique comparé à la « vraie vie », si j’ose dire. Arrive à un moment où il faut sauter le pas. Je l’ai fait et franchement, j’aimerais parfois retourner en arrière retrouver ma gentille vie d’étudiante. Mais j’avance, je ne retournerai pas à la fac (ou plus tard, quand mes parents ne seront plus contraints à me donner de l’argent).
Est-ce le mal de notre génération de quitter aussi tard le nid familial ? Je ne sais pas mais si la logique de l’enfant roi très en vogue actuellement se poursuit, je pense que mes gosses ne quitteront pas mon giron avant leur trente ans…