Marine teste pour vous : le thésard en sciences sociales

Par Marine

Qui dit TSS (Thésard en Sciences Sociales, donc) dit pauvre et savant. L’exact opposé du Golden Boy. Pourquoi en Sciences Sociales? Parce que… depuis quand les rats de laboratoire ont-ils une vie sexuelle? Non franchement, ça se saurait. (Pardon pour nos amis mathématiciens qui nous lisent, ils sont, j’en suis sûre, très nombreux, des bisous)
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La mise en bouche.
Le TSS étant un crevard, tu peux un peu le trouver n’importe où, et pas seulement aux soirées étudiantes (dieu merci). Alors : vernissage d’expo, magasin de fringues, resto japonais entre potes, pub, boîte, soirées privées chez des amis (le TSS est d’ailleurs un accessoire assez fréquent Golden Boy, en revanche, l’inverse est assez peu vérifié, allez savoir pourquoi), mais aussi train, aire d’autoroute, blogs, facebook, forêt, en train de nourrir des poules, et enfin l’inévitable bibliothèque. Pour ma part, j’ai rencontré mon TSS dans le 3e cas de figure, le resto (japonais).
Comment attirer l’attention du TSS sur toi? Très simple. Un peu comme le Golden Boy, il fonctionne au strass et paillettes, sauf que c’est pas le même strass, pas les mêmes paillettes. Pour lui, tu dois irradier d’intelligence, de bagout, de conversation (et même s’il te trouve conne, il te trouvera de la personnalité, c’est suffisant pour l’exciter). Quand il lance un sujet de conversation, rebondit, soit pour abonder dans son sens, le plus souvent, il sera flatté, soit pour creuser un peu, et ouvrir sur un autre sujet, qui te correspond mieux, dans lequel tu es plus spécialisée (même
si c’est les tarifs de la french manucure, l’essentiel est qu’il voie que tu es calée dans un domaine). Parfois, sois en désaccord, ça crée du débat, de la conversation. Une règle d’or, valable ici encore plus qu’avec tout le reste de la gent masculine : l’eye-contact. Le TSS est en général chaud bouillant comme une baraque à frites, il fonctionne à l’eye-contact, et n’attendra pas plus d’autres avances de ta part qu’il ne t’en fera. Si tout va bien, l’eye-contact sera suivi dès que vous serez suffisamment isolés d’un « mouth-contact », si vous me passez l’expression.

Les points positifs
– il a de la conversation, il a toujours une opinion sur tout. Quel que soit le sujet sur lequel tu l’entreprend, le TSS saura te répondre en réfléchissant et pas machinalement.
– il est curieux (franchement, sinon, il ferait pas une thèse), donc à l’écoute de tes attentes,
– il est cultivé, ce qui évite l’écueil fâcheux du « Kikoo » en début de mail, ou de la phrase choc de type « tu me fais chaviré, j’arêtes pas de pensé à toi ». En somme, il gère son orthographe, et peut même te parler de tel poème auquel tu lui fais penser plutôt qu’un baratin à deux balles pour te lever. Ce qui ne le rend pas vieux jeu pour autant, je rappelle qu’il est curieux, il est donc ouvert à toute proposition.
– c’est un super coup : honnêtement, il mène une vie d’étudiant alcoolique qui sort tout le temps, alors que tous ses amis sont déjà cadres, et tout le monde sait que dans ce milieu, faut coucher pour réussir… il a de la pratique. Et comme il est curieux, et qu’il apprend vite… je te laisse faire l’addition, ça vaut le détour. Et comme le TSS n’a pas forcément d’emploi du temps fixe, il n’a rien contre le concept de la journée au lit « repos-causette-baise », et contre l’idée de tester toutes les combinaisons possibles de cette trilogie (causette-repos-baise/baise-repos-causette/repos-baise-repos/baise-causette-baise/baise-baise-baise et j’en passe…)
– il mène une vie d’étudiant alcoolique depuis trop longtemps finalement : le cas échéant, il n’aura pas peur de l’engagement.

Les points négatifs
– il est pauvre. Il voudra bien  t’inviter, mais si c’est pas cher. Mais la plupart du temps, il te parlera amoureusement de Simone de Beauvoir, et vous partagerez l’addition. Ne t’attends pas à atterrir dans un palace quand il te dit « viens chez moi », tu navigueras entre les canettes de bière de ses colocs, la PS2 jonchée sur le sol (la Wii? ouais c’est cool, mais j ‘ai pas les moyens, je vais chez mon pote qui bosse dans la finance), les bouquins ouverts traînant un peu partout… Vous dormirez sur un matelas à même le sol. Mais les colocs sont pas chiants (eux-mêmes sont TSS)
des fois que tu sois un peu bruyante pendant l’acte.
– il est pauvre, et il vit au-dessus de ses moyens. Méfiance, les problèmes financiers, ça peut tuer un couple. Dès le début, mets les limites. Et puis le côté chien fou qui regarde pas plus loin que le bout de son nez, ça peut devenir lassant.
– s’il est thésard en sciences sociales, c’est qu’il est dépressif, d’une manière ou d’une autre. Il faut vouloir le partager avec sa psy, et accepter qu’une tierce personne lui permette de verbaliser votre histoire (en même temps, toi, tu as tes copines, alors bon)
– il a de la conversation mais il fait chieeeeer. Il a un avis sur tout, il a surtout un avis, comme dirait l’artiste. Parfois, ça peut confiner au mépris, si tu connais pas cette référence pourtant « juste évidente ». Franchement, il y a suffisamment de points d’achoppement dans un couple, ça fait un peu mal de trouver en plus à s’engueuler sur la place de la pensée bourdieusienne dans la gestion des rapports sociaux actuels. (en même temps, on peut reconnaître que  plus d’engueulades = plus de réconciliations = plus d’effusions de sentiments et plus de réconciliations
sur l’oreiller)

Le SAV 
Le TSS est un ex formidable, un des mieux sur le marché
– il n’a pas peur du « revenez-y » si jamais tu n’as personne et lui non plus… après faut savoir gérer, c’est sûr
– il n’est pas rancunier, et ne sera jamais (trop) fâché si tu lui envoies un mail d’insultes ou même ton poing dans la gueule (il ne sait que trop à quel point nos cultures occidentales post-modernes influent sur nos comportements sociaux)
– qui voudra toujours boire un café avec toi (du moment qu’additions séparées, ceci cela), te conseiller sur tes futures histoires de mecs (il demandera peut-être même conseil à sa psy pour toi), aller à une expo, ou à un concert. Bref, c’est comme le pote homo, sauf que là, c’est ton ex. Pour lui « on reste amis » signifie vraiment « on reste amis » et pas seulement « dégage poufiasse ».

La liste de la fille qui arrive (logique)

Oui, moi, je suis sauvage comme un poney (oui, c’est pas de moi, je sais), je quitte un taf pour enchaîner de suite avec le nouveau, même pas peur. Mais en vrai, j’aurais bien voulu des vacances ! 

– Suite à l’achat compulsif d’une PS2 (oui, la 2, pas la 3) et de Final Fantasy X (oui, le X, pas le XII), je passe nettement moins de temps sur le net. Mais bon, je dois sauver Spira de l’atroce monstre Sin et en plus, je suis secrètement amoureuse de maître Seymour que je pressens être un méchant. Et Lulu réveille mes instincts lesbiens… Ou goths. Tout est
question de priorité dans la vie. 

– Changer sans transition de boulot, c’est dur. Par exemple, je dois gérer la modération du forum de TMF. Sauf que j’ai un peu gardé les réflexes de mon ancien taf, là où Big
Entreprise modérait le moindre bout de têtons. Alors, forcément, quand je vois un sujet sur la sodomie et un autre sur la double pénétration, je suis un peu tentée de modérer. Mais non, bienvenue dans un nouveau monde de liberté ! D’ailleurs pour mon premier jour, un monsieur m’a envoyé un message, utilisant l’alerte à la modération, pour m’expliquer ce que sa femme faisait avec un gode ceinture. Heu… 

– Ouais, je connais les prénoms des filles de la bande, ça y est !  

– Nina est le fruit d’une technologie très avancée, elle est équipé d’un GPS interne. Sauf que des fois (souvent), il doit pas capter le réseau. Exemple : lundi, je pars déjeuner avec mes collègues, je suis bêtement en discutant un peu avec Lena. Après le déj, je décide de faire une petite course et maintenant, à moi de retrouver le bureau. Ben à l’arrivée, j’ai juste fait un mini détour… Mais j’ai eu un peu peur. Sinon, mardi, mise en pilote automatique, du coup, j’ai pris le RER en sens inverse. Je me disais qu’il y avait beaucoup de monde, je
comprends mieux ! 

– Même sur ma bimbo, j’ai un chat anorexique, même pas 2 kg. Ce doit être la fatalité ! 

– Mardi soir, coup de fil à Alex (oui, des fois, j’appelle les gens, vous imaginez pas l’effort que c’est, j’aime pas ça, sauf pour ma maman mais c’est une habitude) « le taf, ça va ? La famille ? Bah, te reste plus qu’à trouver un mec ! Mais je m’en fais pas pour toi à ce sujet ! ». Oooooooooh, c’est trop gentil, ça. Moi non plus, en fait, mais c’est surtout parce qu’en ce moment, je suis plus occupée à commencer comme il faut mon nouveau taf et à sauver Spira. Pendant que je lui parle, Kenya prend un de ses coups de flip à se la jouer boule de flipper miaulante dans mon appart « Ah, ben j’entends que ton chat n’a pas changé ! ». Je suis toujours émue devant l’amour qu’ils se portent mutuellement, ces deux là ! 

– Je suis un boulet de compétition. Semaine dernière, M. le RH de TGGP m’appelle « oui, début du taf lundi, visite médicale mercredi ! ». Damn it, j’aime pas les visites médicales. Mardi soir, vers tard, opération « l’est où mon carnet de santé ? ». Echouée. Mission « l’est où ma crème dépilatoire vu que je suis célibataire abstinente donc poilue ? » Echouée. Donc mercredi, je me pose devant le centre médical, poilue et sans carnet de santé, je me sens pas fière du tout. Tiens, c’est fermé ? 15h. Bon, j’attends. A 15H12, je me casse, youhou ! Je retourne au bureau, Alix me suggère de les appeler donc je récupère ma convoc et vérifie… Ah ben en fait, mon rendez-vous était bien à 15h, mais le mardi ! C’te honte ! Heureusement, Simon m’a rassurée, je suis pas la première à qui ça arrive, ouf ! Mais le RH, il m’avait dit mercredi, je l’ai cru, moi !

– Discussion MSNique Vicky/Nina : « (moi) Miom, je mange un ananas ! – Ca donne des aphtes – Oui mais c’est trop bon – Tu crois que je m’inquiète du retard de mon frère et sa chérie, là ? – Ils devaient pas arriver à 22h30 ? – Non, 20h30 – J’avais compris 22h30 – Attends, je vais voir. Ah oui, on dirait que t’as raison – Aaaaaaaaaaah, j’ai la bouche qui pique ! ». Donc voilà, après l’allergie à la figue, il semblerait que ce soit maintenant l’ananas puisque j’avais la langue qui piquait atrocement, l’impression qu’elle enflait, était cramée comme après avoir bu une boisson trop chaude. Non mais il n’est pas question que je sois allergique à l’ananas ! En fait ma maman m’a rassurée, paraît que c’est normal, ça le lui fait tout le temps. Mouais, c’est ça ! 

– Comment faire circuler de fausses rumeurs par Nina. Etape 1, connectez vous à facebook. Etape 2, constatez que votre presque frère Yohann et sa copine « ended their
relationship ». Etape 3, shoppinez avec Alice et commencez par « Alors, Yohann et sa copine, ils ont rompu ? ». Là, Alice paniquée va chercher les infos et vous attendez
les explications : en fait, ils n’ont pas rompu, c’est juste que Yohann ne voulait pas que ses collègues, inscrits aussi sur facebook, voient avec qui il était. Tout simplement !

– La vidéo de la semaine, pas de la musique, on rigole, plutôt ! Si vous aimez Rémi Gaillard, d’autres vidéos là

Pourquoi manger chez soi quand on peut piquer dans l’assiette ?

Depuis quelques temps, avec Vicky, on squatte les soirées VIP et/ou prout prout. Jeudi, nous sommes donc à la soirée Geekette avec Sony, Kenzo et je sais plus qui comme marques présentes. On dépose nos manteaux et on va au bar. Je veux du champagne, des tas de coupes à moitié pleines sont abandonnées ça et là. Tout sourire, j’aborde le serveur qui nous annonce la terrible vérité : champagne, il n’y en a plus. Non mais quelle bande de crevards !

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Bon, comme tu es brillant lecteur, t’as compris que je voulais parler des piques-assiettes, des taxeurs, profiteurs et autres. Retour en arrière, en juillet 2005. Clara (une cops
journaliste ancienne vingtenaire) m’invite au Grand Palais pour une expo, elle a eu des entrées à son taf. Au menu, visite du Palais mais surtout buffet. Celui-ci ouvrait à 20h et à 19h45, les gens se pressent tout autour. 20h, ouverture dudit buffet et là, c’est la folie : les gens se ruent sur les cacahuètes et les biscuits apéros (rien de sophistiqué), les gens prennent même les coupelles destinées à mettre les noyaux d’olive pour les remplir à rabord de bouffe. Avec Clara, on prend une coupe et deux Bretzels et on file à l’autre bout de la pièce, atterrée : on se croirait en pleine guerre, genre y a plus de bouffe.

 

C’est incroyable comme dès qu’il y a manger et à boire gratuitement, les gens perdent le sens de la mesure. Personnellement, quand je vais à ce genre de soirée, mon but n’est pas
de boire et manger au max pour profiter à fond de la gratuité de ces mets. Surtout des cacahuètes. Je prends une coupe de champagne et si je n’ai plus soif, je vais pas en prendre une autre juste pour le style. De la même façon, je remplis pas mes poches de bouffe. Et pourquoi pas prendre un doggy bag tant qu’on y est ? Ouais, c’est gratuit mais soyons raisonnables, tout de même. Ce qui est d’autant plus fascinant, c’est qu’en général, on invite pas des RMIstes à ce genre de soirée, c’est toujours un certain gratin : des influents, des journalistes, des bloggeurs (oui, paraît qu’on est des influenceurs. J’ai tellement de badges de Buzz Paradise que je vais finir par en faire la collection). Donc des gens qui ont des salaires plutôt sympas, pour la plupart. Et plus ils ont de tune, plus ils tapent dans le buffet. Bon, faut avouer que de soirées en soirées, ils doivent avoir un frigo aussi vide que la tête d’Eve Angeli. Donc du coup, ils sont accueillis et nourris. Mais qui les empêche de manger raisonnablement à ces buffets et de manger ensuite chez eux. Surtout que les petits fours et cacahuètes, c’est pas bon pour la ligne.

 

Le top du top des gratteurs, ce sont les stars. Une soirée, un nouveau mobile, ordi portable, parfum, fringues de marque… Ca dépend qui organise la soirée. Alors, oui, pour la
marque, c’est un coup marketing bien vu, voir une star (ou à peu près) en photo dans Voici avec le dernier Sony Ericsson ou Nokia ou Sagem, ça fait de la pub. « Moi, je suis hype comme Lindsay Lohan, j’ai un téléphone de la même marque ! ». De la même façon, le buzz des soirées bloggeurs est pas mal. Par exemple, hier, je vous ai dit que j’avais gagné un walkman vidéo Sony Ericsson, j’ai chopé plein de produits de beauté Kenzo que je vais forcément tester, j’ai joué à Singstar sur PS2 et c’était marrant et j’ai des catalogues des marques présentes à la soirée. Mais si les marques, je comprends leur intérêt, pour les stars, ça paraît parfois déplacé. Ces gens là gagnent plus en un film ou en un CD que nous en une vie et ils courent après ce genre de soirées pour bouffer à l’œil et se ramasser plein de cadeaux gratos. Bon, ok, certaines redistribuent aux amis mais quand même. Si j’ai souvent remarqué que l’argent rend souvent radin (plus t’en as, plus t’économises), j’ai l’impression que plus on est aisé, plus on joue les piques-assiettes. Bien sûr que c’est toujours agréable ce genre de soirées, toute cette bouffe et cet alcool sont là pour qu’on les consomme, oui. Mais tout est question de proportion. Je trouve ça super impoli de se gaver à ce genre de soirées. Par ailleurs, ce n’est pas rare que ces personnes se rendent
dans ses soirées précisément pour s’en foutre plein la panse, le reste compte peu. Honnêtement, vous enlevez l’open buffet et bar de ce type d’happening, je suis sûre que la liste des participants est divisé par deux. J’avoue que perso, je découvre en arrivant que c’est nourriture et boisson comprise, vu que c’est pas ce qui me motive en premier. Jeudi, je savais même pas qu’il y avait des trucs à gagner, hihi.

 

Bref, les piques assiettes sont des parasites sociaux de type aisé. Bien sûr, on me fera remarquer à raison qu’ils ne coûtent rien à la société puisque ce sont des entreprises
qui organisent ce genre de soirée donc techniquement, y a pas de mal. Si ce n’est peut-être une certaine indécence. Si moi, j’arrive à me payer un steack, j’ai du mal à croire que eux,
non.