Paris, aventure olfactive de tous les jours

Tu vois, lecteur, je suis rentrée sur Paris depuis jeudi. Quand je suis rentrée, j’étais non fumeuse depuis 17 jours, déjà. Là, j’en suis à 22 jours, malgré deux « ruptures » en une semaine. Mais bordel, ce serait trop con de céder surtout que j’ai économisé 75 euros, déjà.

 Girl kicking a cigarette butt

Alors, quand on arrête de fumer, il se passe un phénomène annoncé dans tous les livres et sur tous les sites sur l’arrêt du tabac : on retrouve le goût et l’odeur. Ca peut paraître génial et moi, j’étais un peu contente, au départ. Arrivée jeudi, j’ai pris le taxi. Vendredi, je suis pas trop sortie à part pour ravitailler mon frigo tellement vide que ça en était indécent. Samedi, me voici de retour au centre de Paris pour une réunion puis pour un thé avec miss Drusilla. Et, depuis, je m’en rends compte que j’ai bien retrouvé mon odorat et, curieusement, je suis pas sûre que ce soit une qualité super appréciable, un odorat développé, au centre de Paris. J’avais déjà remarqué que le métro puait mais cette odeur d’œuf pourri m’assaille un peu n’importe quand dans les rues. Si bien qu’au début, je regardais les gens qui m’entouraient d’un regard inquisiteur, pour tenter de voir lequel d’entre eux avaient pété. Oui, je te rappelle que nous sommes en période de gastro et quand les gens ont les intestins dérangés, ça ne sent pas bon du tout quand ils dégazent. Je pense que je tiens là la phrase la plus poétique écrite sur ce blog depuis sa création. Etonnée que tant de gens pètent, j’ai fini par comprendre : non, c’est juste l’odeur habituelle de Paris mais elle m’agressait moins avant.

 

Hier, je suis allée à la Poste de mon bled chercher un colis, un splendide borsalino qui me va trop bien. Il me faut un imper qui va avec, maintenant parce que ma doudoune noire, elle me tient super chaud mais ça fait bizarre avec le chapeau. D’un autre côté, je m’en fous. Je fais que ce que je veux, comme la super rebelle que je suis. Donc hier, alors que je m’approche de la dite Poste super moche avec des employés super ternes et super mous (je hais viscéralement cette Poste, c’est pas juste que je suis affectée à celle-là alors qu’un proche voisin, lui, a le droit à la super belle nouvelle Poste où tout est tout neuf), une odeur m’agresse littéralement les narines. Ca pique, ça pue : la pisse de chien. Mais bordel, c’est un chien de la taille d’une vache qui s’est lâché ou quoi ? Ah oui, non, c’est vrai, c’est mon nouvel odorat. Ok, alors en fait, c’est plutôt merdique comme nouveau pouvoir.

 

Quoi qu’il en soit, ça fait trois, quatre jours que je prends conscience à quel point le tabac pouvait me priver de certains sens. Bon, idéalement, l’odorat, j’aurais préféré le retrouver en respirant le parfum d’un homme au creux de son cou plutôt que l’odeur d’égout et de pisse mais peut-être que c’est un peu ma punition pour avoir fumé si longtemps (enfin, longtemps, j’ai fumé à peu près trois ans de façon régulière). Ca fait un an et demi que je m’habitue plus ou moins à l’odeur parisienne mais là, en fait, il faut que je recommence de zéro. Déjà que je sentais la station Châtelet arriver, là, je pourrai plus jamais la rater, celle-là. Et puis je parle égouts et pisse mais n’oublions pas la pollution. L’autre jour, j’étais donc dans la rue à l’angle de la rue de la Roquette et de la rue du Faubourg St Antoine et j’ai plissé le nez. Oh bordel, y a une voiture qui pue grave dans le coin. Ah non, en fait, c’est pas « une » voiture, c’est la pollution tout court. Alors je peux pas dire que je savais pas que Paris n’était pas pollué : quand on est à la Défense, on voit bien le nuage de plomb qui s’élève et qui grise le ciel. Mais en plus quand on la sent, on se demande à partir de quand il va falloir sortir le masque à oxygène.

 

Alors, maintenant, quand je me baladerai avec un non fumeur non parisien qui se balade à mes côtés et s’exclament : « bon sang, Paris, ça pue ! », je lui répondrait pas : « je sais mais on s’habitue », je dirai : « Ca, c’est peu de le dire ! ». Si j’étais d’une totale mauvaise foi, je pourrais me servir de cette pestilence pour reprendre mon tabagisme, pour protéger mon petit nez mais, outre le fait que je refuse de céder à l’envie parce que je peux le faire, je repense à ces doux moments où je plongeais mon petit nez tout mignon dans le cou d’un homme et que je respirais son parfum à plein nez. Surtout que comme ma vie est toujours un éternel recommencement qui doit beaucoup amuser certaines instances supérieures, j’ai réussi à sortir avec deux mecs qui avaient exactement le même parfum. Pas un CK one ou je ne sais quel parfum hyper répandu. Nan, un truc bien inconnu… Mais n’empêche que dès que je reconnais cette odeur, je suis émue. Et maintenant, je serai encore plus disposée à la sentir.

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30 réflexions sur “Paris, aventure olfactive de tous les jours

  1. Moi je ne fume pas ms je vis ds un environnement de fumeur très confirmés dc parfois je crois que certaines odeurs je les sens plus…dc tu verra à force les odeurs les plus commune on les oublie…lol

  2. J’arrête pas de le dire que Paris ça pue !! Bon cela étant dit Bravo pour ces 22 jours sans clopes !! Et bonne année 2007 … Non je ne suis pas du tout en retard, la nouvelle année on peut la souhaiter quand on veut madame.

  3. Paris ne sent pas trop mauvais en comparaison a certaines grandes villes comme Barcelone ou Bangkok mais c’est clair, dés que l’on s’eloigne de quelques kilometres de Paris, on aprecie l’air pur!La montagne ca vous gagne 😉

  4. « Je pense que je tiens là la phrase la plus poétique écrite sur ce blog depuis sa création »

    Je m’arréptais à le préciser… 😉
    Bonne chance dans ta lute : il faut tenir !

    Meuh !!

  5. Ninacholson dans Wolf à Paris ! 🙂
    Putain ça « sent » vrai ce que tu dis ! J’avais profité de quelques vacances il y a 4 ans pour arrêter de fumer et ça m’a réussit ! mais de retour sur Paris c’était i-n-s-u-p-p-o-r-t-a-b-l-e ! je me rappelle de l’odeur de gaz des 206, du plastoc des taxis, de l’odeur cadavérique du métro, RER, je pouvais sentir un SDF à 300 mètres, j’avais envie de vomir tellement les responsables clientèles de la poste puaient le parfum-poison ! j’ai même du me séparer de mon parfum Kenzo que mon nouveau nez avait jugé trop pipi ! et le pire c’est l’odeur de Ragnagnas en sale de réunions ou dans les ascenseurs ! 🙂

  6. Un trés trés bon livre, pas mal adapté au ciné, sur les odeurs et leur pouvoir : ‘Le parfum, histoire d’un meurtrier’ de Patrice Süskind. C’est possible qu’aprés avoir lu le bouquin tu sois encore plus sensible aux effluves parisiennes en particulier, mais plus de sensibilité c’est aussi plus de sensualité… à méditer.
    Bises et bonne année au blog des vingtemaires.

  7. le pire c’est de tomber sur un débouchage de fosse septique…ça relance le glamour (remarque, pas mal aussi la réference aux ragnagnas, Em’z, je pense que tu marques des points glam’ là)

  8. En effet, je compatit !! Mon évier est bouché et ça « embaume  » toute ma chambre !! j’invite plus d’amis jusqu’à ce que j’arrive à devisser cette putain de vis à la con !!

  9. C’est vrai que l’odeur de Châtelet, elle est mythique.
    Cela dit, Paris, ça dépend des quartiers. Généralement, vaut mieux traîner vers l’ouest et tout de suite, ça va mieux niveau odeur (selon le voeux principe du vent qui va vers l’est, donc qui chasse les odeurs par là et que donc les quartiers riches s’installent là où ça pue pas).

  10. éhé voila! t’as pu qu’a renifler pour le prochain! 😉
    Blague à part, désolé pour tes 2ruptures. Mais n’en profites pas comme tu dis pour retomber dans le tabagisme! 75€ d’economisé , tu vas pouvoir te l’acheter ton imper! et avec un peu de chance en cadeau, ils t’offriront peut être un masque à gaz! 😉

  11. pis la tu n’en es qu’au debut, maintenant tu vas attaquer la periode allergies, crises d’eternuements…
    si tu as de la chance elles passeront, sinon tu vas les trainer toute ta vie 🙂 bon courage…

  12. Les Yvelines ce n’est pas la campagne, alors t’arretes avec ça! (on sent que c’est un sujet qui me tient à coeur!) C’est vrai qu’une fois passé un certain point il y a beaucoup de champs mais bon c’est quand meme la grande couronne 😉

  13. si si si nina, tu dois retravailler! partir au safari olfactif chaque jour comme une chasseresse! tu vas t’y habituer et y prendre gout! c’est ça Paris aussi, puisque tu refuse de bouger 😉

  14. Je connais un remède miracle pour arrêter de fumer.
    Il faut répéter jusqu’à obtention de l’effet désiré :
    « Le tabac, c’est tabou !
    On en viendra tous à bout !
    Le tabac, c’est tabou !
    On en viendra tous à bout !
    … etc »

  15. je profite de ce post pour insulter les mecs qui mettent encore « Fahreinehit » et qui pensent que c’est cool et les nanas qui mettent « J’adore » en pensant que ça donne de la classe! Putain ce que ça daube!
    et les caractères anti-spam c’est vraiment casse couilles nina 😉

  16. Quand ca pue, j eme casse , surtout en societe
    a cheval vues les circonstances : PATACLOP-PATACLOP-PATACLOP PATACLOP PATACLOP PATACLOP PATACLOP

    Bravo pour cette victoire

    Felix

  17. La clope ca coute cher, ca ruine la santé, ça pue, ça fait les dents jaunes et ca fait chier les autres à un point difficilement imaginable. Ca c’était le coup de gueule gratuit du non-fumeur.

    Donc ca me fait plaisir que tu lâches cette merde, même si c’est pour affronter d’autres contrariétés… ^^

  18. Yeah! le Borsalino couture, tu l’as eu !!!! Grosse enchere ?

    Pour ce quie est de l’odorat, bin, je connais le même probleme avec un nez qui sent tout et de tres tres loin. Un odorat quasi entrainé sur les bonnes bouteilles de vin et autres odeurs subtiles. Du coup, je ne te raconte même pas à quel point les parfums trop fleuris gnangnan, trop poudrés pouffiasse ( bref quasiment tous les parfums vendus chez Sephora) me font tourner de l’oeil, en plus de l’enorme mal de crane que je récolte au passage. Jean baptiste grenouille, on m’appelle. Cest vrai que les roux sentent tres bons…Une delicieuse odeur boisée…J’adore.

  19. dis c’est quoi le super logiciel qui dit combien t’economise et tout que tu as sur ton ordi ? c’est pour le filer à lola qui arrete elle aussi de fumer.

  20. félicitations! tu tiens le bon bout. J’ai arrêté 2 fois de fumer dont une pendant 2 ans…. Et je fume encore… mais relativement peu… le tout concilié avec un peu de sport à mon rythme et je déculpabilise suffisament pour ne pas avoir encore arrêté de nouveau. Mais toi, ne reprend pas; tu es dans le vrai et sans artifices.

  21. Et puis bon, même moi qui habite en lisiere de forêt dans une jolie banlieue, ça sent pas bon du tout. Ces cons n’ont rien trouvé de mieux que de detruire le centre equestre pour y construire des batiments pseudos bourgeois en contreplaqué. Du coup c’est tout plein de bagnoles maintenant, et je ne vois plus aucun herisson traversant ma residence. Ca pue, bon dieu ce que ça pue.

  22. génial cet article, j’ai bien ri en le lisant.

    Moi ça fait 3 jours, toutes mes tentatives s’étaient soldées par un échec avant les 24 premières heures. Là, ça va. ça faisait longtemps que je pensais à m’arrêter, peut-être un an. Je n’ai absolument pas envie de reprendre. Je sais que dans la pièce où je suis actuellement il y a des clopes mais je n’ai même pas envie d’en allumer, pas envie de sentir cette odeur infecte, qui souille les vêtements et l’haleine. Pas envie de toucher à ces tiges qui me font tousser comme un vieillard à 24 ans, pas envie de me retrouver dépendante une fois encore, ni d’être essouflée en arrivant chez moi uniquement pour avoir monté quelques marches. Pas envie d’avoir les rides qui se creusent, des problèmes de circulation, de concentration ou autre.

    Le tabac c’est tabou on en viendra tous à bout.

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