La fin d’un fantasme

Les hommes, les hommes. Je les aime, je les déteste, je les désire et je soupire. Ils peuplent ma vie et mes nuits, mes rêves où leurs doigts experts et curieux explorent en douceur les pores de ma peau frémissante.

caresses

Bon voilà, j’avais envie de faire du pseudo littéraire digne d’un Guillaume Musso, voire d’un Harlequin. Mais allons vers le sujet même de l’article sinon je vais vous perdre avant même d’avoir écrit un mot sur la question. Donc les fantasmes. Il y a des hommes, je les croise et ils me font vibrer la culotte : le fantasme ou le crush. Je le veux. Je le veux, je le veux, je le veux ! Je lui trouve toutes les qualités physiques et mentales. Beau, drôle, intelligent, est-cela donc possible ? Le problème, c’est que si l’amour rend aveugle, le fantasme rend en plus sourde et conne. Parce que tout ce qu’on ne sait pas sur l’autre, on l’imagine, on le façonne à l’image de ce que l’on voudrait. Sauf que… Craque-t-on sur l’homme réel ou pour l’image qu’on en a. Oui, la réponse est facile : on craque pour l’image.

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Mais le fantasme est facétieux et inconstant. Cet homme qui occupe nos rêves et nous entretient dans un état semi amoureux que l’on aime bien, au bout d’un moment, il lasse. Parce que bon, c’est bien gentil de s’imaginer le garçon en prince charmant mais au bout d’un moment, on percute que si ça avance pas maintenant, ça n’avancera jamais et qu’il est temps de laisser tomber. Et là, c’est le drame. Les œillères tombent et le prétendant prince charmant (malgré lui) devient le roi des beaufs.

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Mise en situation (parce que j’aime bien) : un beau jour, ou peut-être une nuit, je croise la route de Samuel, un beau brun à l’œil pétillant et au sourire ravageur. Gniiiiii, il est mignon ! Il ouvre la bouche, il a une voix qui te ruine la culotte et en plus, il est drôle, cultivé. Dès que nous sommes invités aux mêmes soirées, je fais péter les shorts et les décolletés outrageants, je me maquille et me coiffe avec soin. Bref, je suis en chasse, option papillons dans le ventre, j’ai la sensation de peser 800g et d’échapper à la gravité. Ah que c’est bon ! Mais le feu du fantasme est bien plus dur à nourrir que celui de l’amour. Je ne vois Samuel que de temps en temps et j’arrive pas bien à comprendre ce qu’il me veut. Tour à tour taquin et indifférent, tu veux, tu veux pas ? Oui ? Non ? Pffff.

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Samuel me lasse et là, l’image idyllique commence à se fissurer. Il n’est pas si beau finalement. Il a vraiment un rire de merde. Il se la joue intelligent mais sorti de ses deux ou trois sujet de prédilection, il a rien à dire ! Et puis son obsession pour les jupes est si fatigante… Oui, elle est jolie la fille en jupe mais bon… Les shorts, c’est mieux d’abord !* Et oui, Jennifer Lawrence est canon mais il est pas obligé d’en parler en permanence à grand renfort de commentaires graveleux sur son cul… Je veux dire, des crushs people, j’en ai des tas, je passe pas mon temps à dire “non mais le cul d’Henry Cavill quand il chope la fille de Buckingham dans les Tudors, j’en ai bousillé ma culotte !”. En fait, moins vous le désirez, plus ses défauts vous explosent à la figure. Et le désir finit parfois par se tourner en dédain.

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C’est assez étrange en un sens de dédaigner un mec qui ne fut pour nous qu’un amusement, une passade mentale (parce que dans les faits, il ne sait rien passé). Pourquoi un rejet si violent pour un homme qui n’a pas compté ? La déception certes mais… Peut-être est-ce juste parce que cet homme là, on n’est pas sorti avec donc ne perdure aucune tendresse. Ni aucun orgueil. Non parce que dénigrer son ex, ça nous fait quand même toujours un peu passer pour une dinde. “Non mais il était tellement trop con ce mec, nan mais j’te jure, ohlala !” “Bah pourquoi t’es sortie avec alors ?” (sous entendu “putain ta gueule”). Alors que le crush, on peut limite se sentir fière d’avoir arrêté les frais avant d’avoir entamé quoi que ce soit. Même s’il n’y avait peut-être rien à entamer. Ou alors, et c’est sans doute là, la clé, il nous a ruiné notre image parfaite, le petit cinéma qu’on se faisait dans la tête et ça, ça fait chier quand même.

science+des+reves

C’est toujours un peu triste, la fin d’un fantasme, on se retrouve obligé de jouer avec l’image d’une célébrité dans nos rêves érotico-amoureux et bon… Henry Cavill peut être aussi canon qu’il veut, il reste pas super crédible dans le rôle du vrai fantasme car, soyons clairs, je ne le rencontrerai jamais. Heureusement, les fantasmes vont et viennent. A quelques jours du retour du beau temps (si !), nul doute que je vais encore m’en dégoter un.

* En vrai, je préfère les shorts par praticité mais je suis pas opposée aux jupes !

Lâcher les armes ?

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’amour sans forcément parler de choses tendres lalala. En l’occurrence, parlons un peu du lâcher prise, du renoncement à l’armure, la carapace…

Au début d’une histoire d’amour, on est toujours un peu étourdis, on a du mal à croire à tant de bonheur. Mais comment ai-je pu vivre XX années sans cet être merveilleux, mon âme sœur ? Oui mais voilà, les années passent, l’expérience se fait et celle-ci nous rappelle vicieusement que les contes de fées se terminent parfois tragiquement. Enfin, tragiquement, par une rupture, n’exagérons rien.

Le début d’une histoire d’amour est souvent une étrange bataille entre le cœur et la raison. Le premier hurle que là, c’est pas juste une passade, c’est peut-être même the only one avec qui on aura une petite Heloise et un petit Vitia (j’insiste) et on coulera des jours heureux dans une jolie maison avec jardin sous le regard serein d’une Kenya qui aura enfin passé sa période chaton hystérique (elle a 8 ans et ne l’a toujours pas intégré). Mais la raison, elle, elle te dit qu’à écouter le cœur, on en est déjà au 3ème ou 4ème only one et qu’à l’arrivée, y a pas de descendance, de maison avec jardin, seule reste l’excitee Kenya. Bref, la raison n’aime pas panser le cœur et lève les yeux au ciel dès que celui-ci s’emballe.

Prudence est mère de sûreté et un tiens vaut toujours mieux que deux tu l’auras. Au début d’une relation, forcément que l’autre est juste parfait, comme une paire de chaussures sur mesure mais la raison, elle tique sur deux, trois détails qui puent alors que le cœur chante la vie en faisant la roue.

Puis pof, des fois, la raison avait raison, justement, le cœur pleure des larmes de sang et on est parti dans une complainte de merde « non mais chuis trop conne d’y avoir cru, j’ai plus 16 ans, merde, les princes charmants n’existent pas, je me ferai plus avoir ». Blablabla.

Venez ici, mon cœur et ma raison, tatie Nina veut vous parler. Oui, une rupture, ça blesse, ça énerve, ce n’est jamais serein. Sauf que. D’une part, un échec amoureux ne signifie pas que toutes tes relations finiront en eau de boudin. Si on prend mes parents, ce couple pioupiou, ils ont connu des ruptures avant de se connaître aussi. Et puis, oserais-tu faire payer le mec qui va arriver ensuite et qui aurait pu être ton only one si t’avais pas fermé les portes des le départ pour ne pas trop souffrir le jour de la rupture ? À ce niveau là, entre direct au couvent, c’est encore le plus sûr.

Être amoureux ne protège pas d’un éventuel échec. À dire vrai, on ne peut jamais savoir. Mais à choisir, préfères tu une relation semi satisfaisante qui te fera quand même du mal à la rupture ou profiter à fond et en chier quoi qu’il arrive à la rupture ? Plus j’avance dans la vie et plus je constate une chose : les histoires les plus difficiles à digérer sont celles où tu as la sensation de n’avoir pas tout vécu. Moi, en tout cas, la prochaine fois, j’essaierai de déposer les armes d’entrée de jeu.

Courrier des cœurs, réponse à Angie

Cette semaine, Angie nous a posé la question suivante : «Dans mon groupe d’amis, nous sommes plusieurs dont une amie très proche
qu’on appellera S. et son ex, C. Ils sont restés longtemps ensemble, un peu plus d’un an et demi, c’est fini depuis 8 ou 9 mois mais il restent amis. Depuis quelques temps (mais après leur rupture), je me suis rapprochée de C. sans arrière pensées. Sauf que maintenant, je commence à penser à lui en tant qu’homme et pas en tant qu’ex de mon amie et il m’a avoué avoir du mal à garder mes distances avec moi. Je sais que S. ne supporterait pas qu’on sorte ensemble. Dois-je me sacrifier pour mon amie? 
» 


La cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie, voici ce que nous en pensons.

Enzo : « Dois-je me sacrifier pour mon amie? » Non, vu la situation, tu dois choisir entre les deux ! Une amie ou un éventuel (ça
pourrait très bien être un coup rapide pour cause d’incompatibilité sexuelle) petit copain (qui n’est pas un prince charmant vu qu’ils ont rompus après être resté longtemps ensemble) !

Tatiana : Et bien moi je crois que tu devrais en parler avec ton amie. Parce que si c’est vraiment fini entre et qu’elle ne ressent rien pour lui, normalement elle ne devrait pas voir d’inconvénients à ce que tu sortes avec lui. Sinon c’est que c’est une garce égoiste. Si elle a encore des sentiments pour lui alors là tu as plusieurs option : tu es une bonne amie et tu ne touches pas à ce mec, tu es une mauvaise amie et tu touches à ce mec. Après tu peux avoir des circonstances atténuantes en fonction de si tu as des sentiments pour ce garçon ou si c’est juste physique. Mais quoiqu’il arrive la franchise prime donc parles-en à ton amie.

Jane : Du moment qu’ils ne sont plus ensemble… Quels droits à ton amie sur son ex? On est d’accord, aucun. Si rester amie avec
lui après la rupture est juste un moyen de contrôler ses relations, j’ai comme envie de dire que c’est pas cool. Et que ça ne te regarde pas. ils ne sont plus ensemble, vous vous sentez attiré, ton amie n’a pas son mot à dire dans cette histoire. Reste juste à le lui expliquer de manière diplomatique si tu ne veux pas t’en faire une ennemie. Après, t’as pas non plus choisi la situation la plus simple.

Et j’ai tendance à penser (à jeun) que les exs des copines c’est un peu no way, rien qu’à penser au fait qu’il y a eu rapport intime
et qu’il pourrait y avoir comparaison.

Mais comme je dois frôler les 2 grammes (à 17h, limite j’ai honte) je suis de bonne humeur, donc je te dis: fonce!

Lucas : Dans 5 ans elle sera sortie de ta vie ou tu vas la croiser de nouveau et elle ne t’en voudra plus. Donc lance toi. C’est
n’importe quoi ton idée de sacrifice. Faut arrêter de monter en neige un truc banal et qui arrive tous les jours.

Ella Sykes : Personnellement, je vivrais avec lui ce que je dois vivre. Je ne chercherais pas à faire quoique ce soit non plus,
les choses se feront si elles doivent se faire. Puis, une fois consommée, il faut considérer la tournure de la situation : Si c’est une relation sérieuse, il sera toujours temps de lui en parler, si ce n’est qu’une attirance passagère, il n’y a aucune raison de la perturber avec cela. Il faudra te mettre d’accord, alors, avec le jeune homme de façon à ce que cela demeure un secret.

Bref, pense à toi, et ton bien-être.

Keira : Ta meilleure amie n’est plus avec ce jeune homme.

Ca fait 9 mois.

C’est un temps largement suffisant pour qu’elle se soit adaptée à la situation.

Donc : tu sors avec lui. Et ensuite tu préviens ton amie. 

Si tu le fais dans l’autre sens ça va être culpabilisation à 200% suite à sa réaction (qui ne sera pas tout de suite positive) et tu
n’osera pas le faire.

Tandis que là, si une fois la chose faite, tu lui expliques de façon hyper diplomatique et honnête ce qu’il s’est passé et ce que tu
ressens, elle va peut-être avoir un léger pincement mais ça disparaîtra très rapidement. Et tu aura le beurre, l’argent du beurre et le cul du crémier. La classe.

Diane : Si c’est une très bonne amie, je te conseille d’y réfléchir à deux fois avant d’aller fricoter avec son ex.  Et même
si tu sortais avec lui, elle resterait tjrs son ex, et bonjour les comparaisons… Nononon, les ex, c’est tout pourri.et ça serait tout de même dommage de gacher une belle amitié pour ça se trouve un petit flirt….enfin moi j »dis ça hein…

Petite Cervoise : Nooooooooooooooooooooon !!! sauf si ton amie t’est très chère, évidemment.
Mais après, il faut être open-minded. Si ils s’entendent bien, elle n’accueillera certes pas la nouvelle en criant « champagne! », mais elle doit aussi comprendre que le passé est révolu.

Evidemment, si cette chose m’arrivait, je ne serais pas sure de bien réagir… mais tout dépend du contexte de la rupture.

Nina : Moui alors tout ça est bien compliqué. La question est : C. te plaît-il indépendamment du fait qu’il est un peu le fruit interdit ? Le côté « je l’aime mais je ne peux pas », c’est follement romantique mais faut voir si tu es prête à assumer tout ce qui en découle. Ceci étant, si tu penses que tes sentiments et les siens sont sincères, je pense que la solution du « vivez votre histoire dans votre coin pour commencer, vous verrez après » est la meilleure. Si votre histoire ne doit pas durer, comme ça, ça évitera de blesser S. Si votre histoire dépasse les premiers temps, vous pourrez vous afficher car ce sera plus qu’une passade. Au fond, la seule question que tu dois
te poser, c’est si tu es capable de gérer les conséquences de cette relation.

Voilà, si toi aussi, tu as une question love and sex à poser à notre cellule, lance toi, nous sommes tout ouïe !

Courrier des cœurs : réponse à Nathalie

Cette semaine, Nathalie nous a posé la question suivante : « J’ai eu une liaison avec un mec déjà en couple pendant 6 mois et là, ça fait un mois que j’ai plus de nouvelles, disparu du jour au lendemain, sans même un mot. Je sais qu’il n’est pas mort. Alors je voudrais me venger mais je sais pas comment. J’ai gardé tous nos mails, textos et tout et j’ai failli les envoyer à sa copine mais je trouve que c’est petit joueur. D’autres idées? »



La cellule love and sex s’est réunie et voici ce que nous en avons pensé

Lucas : Ouhai vas-y bousille-lui la gueule à c’pov mec !

Pour le coup de la copine effectivement c’est trop facile. Surtout qu’elle va croire que tu voulais la pourrir elle aussi là où tu ne voulais toucher que le fautif. T’as bien sûr des solutions basiques comme aller lui bousiller sa caisse/la porte de son appart (s’il ne vit pas en couple) mais si j’étais toi j’attendrai quand même quelques temps. Si ça se trouve ton ressentiment sera estompé dans quelques jours. T’étais bien au courant que ce mec était en couple et que tu n’étais qu’une toquade, une passade, ni vue ni connue. A toi d’assumer ce rang. Le fait de vouloir te venger n’a de logique que si le bonhomme t’avait promis de quitter sa copine pour toi… Dans ce cas là, tu peux mettre la purée et envoyer des lettres à lui et à sa copine. Une par jour « Machin
est infidèle » pour semer le doute ds leur couple (purée j’ai vraiment des idées de gros sadique, c’est dingue)

Marine : D’autant plus de gros sadique, Lucas, que ça fera plus de la peine à la fille, qui pour le coup n’avait rien demandé et n’a rien fait, qu’au mec. Ce serait une méchanceté gratuite contre elle.

Lucas : Je suis une ordure, mais c’est vrai que ma réponse manifestait bien ce malaise… A quoi bon faire souffrir une innocente…

Tatiana : Moi je vois même pas pourquoi tu veux te venger. Tu t’es engagée dans la relation en connaissance de cause. Bon faire le mort c’est clair que c’est pas du tout classe, mais de là à se venger… Moi je suis pas très vengeance en fait donc je vais pas pouvoir t’aider.

Summer : Je suis complètement d’accord avec Tatiana. Pour le coup tu savais qu’il était en couple. si au bout de 6 mois il a continué à jouer double jeu c’est que manifestement tu n’étais pas l’élue. Je comprendrais que tu veuilles te venger s’il ne t’avait rien dit ou s’il t’avait promis de la quitter mais là franchement je n’arrive
pas à trouver une quelconque légitimité.

Enzo : Vengeance car il n’a plus donné signe de vie depuis un mois ? Tu fais ça aussi avec les hommes célibataires qui te font ça ? Et avec tes ami(e)s ? Et les possibles employeurs quand tu recherches du boulot ? Je pense que tout cela ne lui donnerait que trop d’importance. Laisse tomber et ignore-le superbement s’il revient (la vengeance est un plat qui se mange froid et tout et tout) !

Nina : En effet, prévenir la copine, c’est petit joueur. La pauvre fille n’y est pour rien (à moins d’être la reine des sadiques) donc on la laisse où elle est, hors de l’histoire. Pour le reste, c’est clair que c’est un pauvre type, comme il en existe parfois (mais pas tous, vous énervez pas les hommes). Alors soit tu lui envoies un texto où tu l’agonises d’insultes qui te défoulera, soit je peux te fournir des déjections félines à lui envoyer par colis (je recycle)… soit tu laisses tomber. Au bout d’un mois, est-ce
réellement la peine de s’énerver encore ?

Voilà, si toi zossi tu as une question love and sex à nous poser, nous y répondrons avec toute la conscience et le sérieux qui est le nôtre. Ahem…

Société de consommation des corps

Situation type d’une vingtenaire ordinaire. Vous êtes dans un café ou ailleurs pour un papotage en règle avec un(e) ami(e) qui vous raconte sa dernière
mésaventure amoureuse : « alors, tu vois, on passe une super soirée, il me couvre de compliments et tout et le lendemain, plus de nouvelles. Il m’a bloquée sur MSN ce con ! ». Des fois, c’est vous qui racontez cette histoire. Ca marche aussi avec les femmes, hein « elle a pris mon numéro, elle ne s’en est jamais servi alors qu’on avait passé une nuit si torride ! ». Là surgit la systématique explication « tu sais, j’ai l’impression qu’aujourd’hui, on prend, on use et on jette, c’est comme ça ! ».

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Et nous revoici en plein dans le complexe du « nous, de nos 20 ans, on a tout inventé au sexe ». Le délire du « c’est nouveau comme comportement » me fait lever les yeux au ciel. Je me souviens avoir lu un blog il y a très longtemps (je me souviens pas du nom donc pas de lien) d’un gars qui parlait de la baise facile
dans les années 80. Par exemple, il raconte l’histoire d’une nana qu’il croise aux toilettes d’un resto et ils s’enfilent joyeusement. Réel ou fictif, c’est pas la question mais cet écrit révèle bien la facilité de baiser à l’époque où le SIDA n’existait pas, de façon officielle et reconnue du moins. Les années 70, juste après mai 68, le mouvement hippie, faites l’amour pas la guerre, Woodstock… IL me semble que la jouissance des corps était très à la mode aussi. Et que penser de Don Juan et Sade, pour ne citer que des exemples connus, collectionneurs compulsifs de conquêtes ?

Une fois de plus, je dirais qu’on n’a rien inventé en matière d’amour et qu’il faut arrêter de se désespérer de cette époque qui pousse aux amours consommables et vite consommées. Meetic simplifie la chope ? Parce que vous pensiez sincèrement qu’avant meetic, il n’y avait pas le minitel ? Avant le minitel les petites annonces ? Des lieux de rencontre pour fast love ? Des individus qui disparaissent une fois leur coup tiré ? Bien sûr, d’un point de vue juridique, il est plus facile de se séparer qu’avant, la procédure de divorce se simplifie d’années en années mais en déduire qu’aujourd’hui, on se sépare plus facilement de ce conjoint devenu boulet est pour moi une erreur. Ce n’est pas une question d’époque, au fond, c’est une question de caractères. IL y a les hommes d’une seule femme et les femmes d’un seul homme et ceux qui, comme dirait ma mère, « naviguent ».

C’est dans tous les domaines pareils. Qui ne connaît pas, de près ou de loin, quelqu’un qui aligne les petits boulots car il démissionne à la première épreuve ?  Lâcheté ? Sans doute un peu même si ça ne doit pas être facile à vivre non plus.

Je parle caractère mais c’est aussi parfois une question de passade. Y a des moments où on veut aucune chaîne et dès que l’autre fait mine de
s’attacher, on disparaît. Parce qu’au moment M, on ne se sent pas capable de tenter le couple. Lâche, sans doute toujours, mais c’est pas tellement la question. Puis c’est aussi une question de lieu et de milieu : les grandes villes favorisent les rencontres et les attitudes consuméristes (même si ce n’est pas non plus une obligation). Les longues études poussent souvent à n’envisager la vie privée qu’une fois les études terminées, donc plus tard que ceux qui ont fait des études courtes et travaillent déjà. A l’arrivée, qui est concerné par cette volonté consumériste des corps ? Souvent les « intellectuels », les jet setteurs, bref, ceux qui prennent la parole et semblent donc être porteur d’une tendance, d’un mouvement. Mais qui a la vie d’une Catherine M. ou même d’un Frédéric Beigbeder en dehors d’un certain milieu qui est en effet très visible mais pas forcément représentatif ? Je vous pose la question. Maintenant, dès qu’on se plaint du connard (connasse) qui ne nous a pas rappelé, on nous répond, fataliste : « bah, oui, tu sais, aujourd’hui, les gens baisent et puis basta, c’est tellement facile… ». Et bien, je suis contre ce fatalisme, moi. Ce n’est pas la société qui veut ça mais l’abruti(e) qui s’en est allé sans demander son reste. Nous ne sommes pas forcément condamnés à des vies amoureuses en puzzle, c’est avant tout une question de chance et de contexte. Mais ce serait bien que tout le monde comprenne bien que le fait de ne pas parler de mariage au petit
déjeuner après une folle nuit de sexe n’est pas un accord tacite pour ne plus jamais se parler. Peut-être faut-il inventer ses propres codes amoureux pour faire comprendre à l’autre que même si on lui promet pas l’amour pour la vie dès le premier petit déjeuner, on aimerait bien partager un bout de chemin ensemble. En général, je demande quand on se revoit. Si on me répond « j sais
pas, on en reparle »,veuillez comprendre « non mais c’est bon, on a passé une nuit ensemble, ça suffit. Tu vas où là ? ». Au lieu de dire un bête « non, on en reste là » mais c’est sans doute pas très poli.

Bref, je pense pas qu’il y ait plus de sexe consumériste qu’avant, vraiment pas. Je pense juste qu’avec les blogs et tout ça, on peut tous en parler,
que certains en ont fait leur fond de commerce et que ça donne cette impression là. Mais ce n’est pas parce que blogueur X dit qu’il baise à tout va que c’est forcément représentatif de quoi que ce soit. Déjà que c’est même pas sûr que ce soit représentatif de sa sexualité à lui…

La drague dans la rue

Long débat depuis la création de ce blog, la drague dans la rue est-elle à encourager ou à proscrire ? En tant que vingtenaire « potable » (copyright NWH), voilà pourquoi la drague dans la rue est pénible à supporter.
 
Hop!
Posons le décor. Un jour comme un autre, mettons en été. Il fait beau et il fait chaud, j’ai donc rangé ma burqa au placard et j’ai enfilé ma tenue fétiche de l’été, à savoir une robe bleue assez courte avec un décolleté carré. Ok, elle est sexy, cette robe, elle a même traumatisé Gauthier qui se souvient très bien du soutien-gorge que je portais la première fois qu’il
l’a vue mais pas du tout de la couleur de la robe. Mais je ne me suis pas habillée comme ça pour séduire, juste parce qu’en été, sortir le moins couverte possible me rend la vie plus agréable. Je chemine donc. Soudain, un individu de sexe masculin décide que je suis à son goût et fond sur moi tel un aigle sur sa proie et me sort une phrase hautement poétique… ou non. Du « t’as de beaux yeux » ou « que vous êtes belle, mademoiselle » au terrible « t’as des beaux seins » ou l’atroce « t’es bonne ». Les deux premiers gagneront un « merci » accompagné d’un sourire, les deux autres, soit je les ignore, soit je leur jette un regard noir.
 
Parfois, l’homme se contente de ce compliment, il gagne un sourire (ou pas) et tout le monde est content. Mais le dragueur lourd rode et parfois, tape l’incruste. « Hé, tu veux pas boire un verre ? » Alors, messieurs, en général quand je marche dans la rue (en plus, je marche vite), c’est que je suis là pour me rendre d’un point A à un point B, pas pour
aller boire un verre, surtout avec un inconnu total qui est entré dans ma sphère depuis une demi-minute. Je me souviens d’un matin gris dans la ville rose, je quittais le métro pour aller prendre le bus. A l’époque, j’avais une sorte de besace dont l’anse passait entre les seins, faisant un étrange effet push up. Trois mètres après avoir quitté le métro, un mec m’accoste.
« Salut, t’es mignonne, où tu vas ? (en gros)
– Je vais prendre le bus pour bosser.
– Tu veux pas qu’on prenne un café ?
– Non, je vais bosser, là… »
Je croyais que l’amour rendait aveugle, pas sourd. Pour me débarrasser d’un lourdingue, je parle de mon « fiancé » (réel ou inventé, selon le moment de ma vie) et là, ce qui m’horripile au possible, c’est cette réponse qui accompagne cette excuse (parfois) : « c’est pas grave, je suis pas jaloux ». Sous-entendu : on s’en tape de ton copain, tu peux coucher avec moi quand même. Alors, voilà, si j’ai envie d’une passade, je ne vais pas attendre qu’un mec dans la rue me donne l’autorisation et puis je le trouve gonflé : « je ne suis pas jaloux ». Il ne manquerait plus que ça, tiens ! Il veut pas que je lui file l’adresse de mon mec pour qu’il lui pète la gueule, aussi ?
 
Souvent, un simple non ou la volonté de signifier au monsieur qu’on est pressée ne suffit pas. Donc quand le relou s’accroche, je sors ma panoplie de garce (et voilà la phrase qui va faire exploser les comms et me faire détester par les lecteurs mâles). Tu veux pas me lâcher ? Ok, je cède, je te file un rendez-vous auquel je n’irai pas, un numéro de téléphone qui n’est pas le mien (c’est là que je me dis que j’aurais dû garder les numéros de téléphone de  Benoît, qu’on rigole un peu), une adresse mail fausse (oups, j’ai oublié une lettre dans mon nom de famille, c’est idiot). Des fois, je m’invente même un prénom. Je n’aime pas faire ça, franchement, mais y a des cas extrêmes où on n’a pas le choix. Sauf qu’évidemment, je recroise toujours les messieurs en question. Dans mon bled natal, alors que j’avais 16 ans, j’avais filé rencard à un gars qui rôdait toujours autour du lycée et, évidemment, j’y suis pas allée. Quelques jours plus tard, je me balade en ville avec ma maman et là, le gars apparaît en face de moi. Panique totale, surtout que le mec est plutôt du genre pas très aryen et ma mère plutôt du genre raciste… Mais bon, heureusement, le monsieur m’a pas vue.
 
Outre le fait que je n’ai pas que ça à faire de me faire draguer quand je suis dans la rue, 99 fois sur 100, le mec qui s’adresse à moi en aurait fait autant pour n’importe quelle fille « potable » qui passait par là. D’ailleurs, certains sont particulièrement doués : une fille passe, hop, ils se prennent un vent et attaquent de suite la suivante. Certains
enchaînent si vite qu’on les voit se prendre un vent et hop, ils se tournent et s’en prennent à nous. Quand j’étais adolescente, je m’étais faite draguer par un lourdingue qui s’appelait Nino. « Ah, Nino, Nina, on était faits pour se rencontrer ! Comme t’es trop belle, j’suis amoureux ! ». Ah ? Bon, à l’époque, j’avais pas un succès fou auprès des hommes (j’avais un look : mon t-shirt me sert de tente) mais c’est pas pour autant que j’ai cédé. Et j’ai bien fait : ce gars a dragué la moitié des jeunes filles de 15 à 25 ans de mon bled.
 
Alors là, les hommes vont s’indigner : « et alors, y a une limite sur les filles à draguer ? ». Le problème de la drague, c’est qu’on a la sensation qu’il faut un rendement. Un mec qui est posé à la sortie du métro, par exemple, et qui reluque toutes les nanas, je vais avoir la sensation que le seul but du jeune homme est de se trouver une compagne pour la nuit (ou pour la semaine), peu importe laquelle, du moment qu’elle ressemble plus ou moins à quelque chose. De plus, la drague n’a rien d’exaltant : aucun jeu de séduction, rien, le prédateur s’abat sur sa proie, si ça marche, tant mieux, sinon, tant pis. Et puis peu importe qui je suis, ce que je fais, ce que j’aime, ce que je pense… Seul l’emballage compte. Du coup, je
mets de moins en moins de jupes quand je sors car, systématiquement, ça attire les dragueurs en manque, n’importe quelle fille vous le dira. N’ai-je pas le droit de me faire belle ET d’avoir la paix ? Je ne m’habille pas comme ça pour attirer les hommes, juste pour me faire plaisir ou pour plaire à mon homme.
 
Personnellement, je ne me vois pas draguer un homme dans la rue. Il m’arrive parfois (souvent) de croiser des hommes hautement désirables mais je ne vois pas l’intérêt de les aborder. Au mieux, je joue au jeu du regard (je te regarde, je me détourne, je te regarde…) et ça me suffit amplement. Parfois, si nous descendons au même arrêt de métro, je m’amuse à rester dans son sillage le temps qu’il reste sur mon chemin mais je n’ai pas besoin de plus. Le physique est certes alléchant mais que sais-je de lui ? Une enveloppe ne suffit pas, j’aime bien quand il y a une certaine complicité. Et puis, ce monsieur n’a peut-être pas le temps de se faire draguer, peut-être va-t-il travailler ou rentre-t-il chez lui ? Ou pire, il va rejoindre sa maîtresse pour une brouette crapuleuse.
 
En somme, je pense que la séduction est un art, la drague un vulgaire avatar qui m’insupporte. Il y a un temps et un lieu pour séduire et je ne pense pas que la rue, alors que je chemine vers un but précis, soit particulièrement indiqué. Un cœur, on le gagne, on n’essaie pas de l’arracher de force.