Je ne suis pas une oie, bordel!

Par Diane

Vingtenaires, vingtenairettes: je suis un tantinet énervée.

Je passe une année difficile, je prépare des concours, je n’ai pas cette année une vie sociale particulièrement déjantée, (et c’est un euphémisme) par conséquent, quand je sors,  je le fais dans une perspective de détente absolue, de purifiage de cerveau et d’aération de l’esprit.

Or, avant hier soir, il se trouve que je suis allée au cinéma, chose que je n’avais pas faite depuis un certain temps. Alors déja, quand on arrive et qu’on voit qu’une place de cinéma chez gaumont, c’est à 10 euros 20, y’a de quoi calmer son homme, et encore plus sa vingtenairette étudiante fauchée. Monsieur Gaumont n’a manifestement pas compris le principe de la crise, et pourtant c’est pas faute d’avoir à chaque bon dieu de foutue seconde qui passe non pas un, non pas deux, mais une bonne multitude de rappels radio/télé/journaux/zapping/magazines/gens dans le métro qui ne manquent pas de nous flanquer à coups de massue médiatique dans la tête que oui, c’est la crise, oui, c’est la déchéance totale et absolue, même que les américains ils se retrouvent dans la rue et que nous ça devrait pas tarder et que ça va en s’empirant de jour en jour, ça s’empire, et pas que l’argent sale. (mouahaha)

Ensuite, on voit que tiens, c’est moins cher avec une carte imaginaire, ahhhh ça va ptêtre servir à quelque chose finalement d’être une étudiante sans avenir (de lettres, je précise, hein). Et puis on arrive en bas, là où les monsieurs gaumont ils vérifient ton billet, et ils me demandent ma carte imaginaire, et je leur tends, et là, là bien sûr…: « ah bah y’a un problème là mademoiselle parce que normalement avec la carte imaginaire ils donnent une carte ‘bons plans’ et il faut montrer la carte bons plans pour pouvoir bénéficier de la réduction carte imaginaire… » -Silence-. « euhhh jeune homme arrêtez moi si je me trompe mais s’ils donnent la carte bons plans avec la carte imaginaire et que je suis en mesure de vous montrer ma carte imaginaire avec ma petite photo dessus qu’on voit bien que c’est moi même si bon, elle date de trois ou quatre ans mais je n’ai pas tellement changée que ça non plus soyez polis hein, eh bien il me semble que logiquement même si je n’ai pas ici tout de suite la carte bons plans qu’ils m’ont donné avec, cela signifie que j’en suis détentrice théorique non?  » … « euhhh il faut montrer la carte bons plans mademoiselle…, et si vous l’avez pas il faut remonter pour payer le supplément ». Passablement énervée, je lui jette donc mon regard le plus noir et retourne en haut payer ce fucking supplément (et non, je ne lui ai pas mis mon petit poing dans sa grande gueule et lui disant « dégage microbe tu m’gonfles ») et vais donc m’asseoir un chouilla fulminante au fond de ma (petite) salle de cinéma obscure.

Et là, là, commence la séance pub/bandes annonces. Je sais pas vous, mais moi j’ai toujours adoré la séance pub bandes annonces. Déja, parce que les pubs c’était jamais les mêmes qu’à la télé, et y’en avait juste deux ou trois, et toujours pour des glaces ou du chocolat. Et là, devant mes yeux hagards et ma tension qui commençait à sérieusement monter, j’ai assisté à un phénomène qui m’a vraiment, mais vraiment mise hors de moi.Non seulement il n’y a eu presque que des pubs et une seule bande annonce, mais en plus, en plus, en plus (oui, je répète trois fois tellement c’est énorme et scandaleux)…..ils ont passés les mêmes. Si. La même bande annonce pour ce putain de nouveau Disney qui a l’air à chier  (le pauvre Walt doit pleurer dans sa tombe), deux fois, à 2 minutes de décalage. Et la même pub pour HP non pas une, ni deux, ni même trois, mais QUATRE FOIS, bordel de bordel de merde à la con! Oui je sais, ce n’est pas nouveau, même si c’est relativement récent, leur campagnes de pub où le principe est de nous rentrer dans la tête à coup de marteau piqueur et d’inlassables répétitions leurs minables petits slogans qu’accompagne une pathétique petite mélodie (ça rentre bien, les mélodies, dans la mémoire): « mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! » Et je ne sais pas vous, mais moi ,la première fois que j’ai vu ça à la télé, j’ai eu le stupide et naturel réflexe de me dire « tiens, y’a un bug là » de même que dans ma salle de cinéma, au retour de la bande annonce du disney pourri, je me suis retournée vers le projectionniste en pensant « bah alors billy, tu t’es planté, t’as remis la même bobine là! ». Et puis la pub HP est revenue, et revenue encore, et j’ai regardé le visage des gens derrière moi, et ils avaient même pas l’air étonnés, ils regardaient l’écran, c’est tout. Et là je me dis mais jusqu’à où ça va aller? Est ce qu’on se rend compte à quel point ce matraquage télévisuel et médiatique fait de nous des petits cobayes consommateurs soit, ça c’est pas nouveau, mais surtout nous prend pour des cons? Non mais franchement vous allez pas me dire que ça marche non plus!

Vous n’allez pas me dire (sil vous plait ne me dites pas) que vous, entendre : mercurochrome le pansement des héros!mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! » ça vous donne envie d’aller acheter  ces putains de pansements de mmmeeeerrrrddde, et pas plutot d’étrangler le concepteur de la pub et même le gosse qui est dedans avec ces pansements merdiques! (et leur faire bouffer la boite tiens, tant qu’on y est)

Non mais franchement, le disney  là, je m’étais déja rendu compte qu’il avait l’air pourri la première fois, c’est pas en en remettant une couche que ça va me faire changer d’avis, bien au contraire! Qu’il y ait de la pub, soit, nous sommes des consommateurs, c’est la loi du marché blablabla d’accord, mais pitié qu’on arrête de nous gaver comme des oies (qu’on est pas, bordel! cf titre) jusqu’à nous faire péter le bide et les neurones pour pouvoir nous ouvrir et nous bouffer tranquillement avec un délicieux chianti sur l’autel du temple boursouflé de la consommation où des publicitaires ignares et incontinents, trempant dans leur sauce d’auto-satisfaction fétide, se lèchent leurs mains sales  et leur orgueil rempli de merde en se félicitant entre eux à coups de chiffres imbéciles d’être les maîtres d’un monde sans âme et sans vie où l’homme méritant est celui qui parade sur la première marche du podium médiatique pour avoir remporté la médaille d’or de l’accroche-connards!! Bref, je suis énervée.

La drague dans la rue

Long débat depuis la création de ce blog, la drague dans la rue est-elle à encourager ou à proscrire ? En tant que vingtenaire « potable » (copyright NWH), voilà pourquoi la drague dans la rue est pénible à supporter.
 
Hop!
Posons le décor. Un jour comme un autre, mettons en été. Il fait beau et il fait chaud, j’ai donc rangé ma burqa au placard et j’ai enfilé ma tenue fétiche de l’été, à savoir une robe bleue assez courte avec un décolleté carré. Ok, elle est sexy, cette robe, elle a même traumatisé Gauthier qui se souvient très bien du soutien-gorge que je portais la première fois qu’il
l’a vue mais pas du tout de la couleur de la robe. Mais je ne me suis pas habillée comme ça pour séduire, juste parce qu’en été, sortir le moins couverte possible me rend la vie plus agréable. Je chemine donc. Soudain, un individu de sexe masculin décide que je suis à son goût et fond sur moi tel un aigle sur sa proie et me sort une phrase hautement poétique… ou non. Du « t’as de beaux yeux » ou « que vous êtes belle, mademoiselle » au terrible « t’as des beaux seins » ou l’atroce « t’es bonne ». Les deux premiers gagneront un « merci » accompagné d’un sourire, les deux autres, soit je les ignore, soit je leur jette un regard noir.
 
Parfois, l’homme se contente de ce compliment, il gagne un sourire (ou pas) et tout le monde est content. Mais le dragueur lourd rode et parfois, tape l’incruste. « Hé, tu veux pas boire un verre ? » Alors, messieurs, en général quand je marche dans la rue (en plus, je marche vite), c’est que je suis là pour me rendre d’un point A à un point B, pas pour
aller boire un verre, surtout avec un inconnu total qui est entré dans ma sphère depuis une demi-minute. Je me souviens d’un matin gris dans la ville rose, je quittais le métro pour aller prendre le bus. A l’époque, j’avais une sorte de besace dont l’anse passait entre les seins, faisant un étrange effet push up. Trois mètres après avoir quitté le métro, un mec m’accoste.
« Salut, t’es mignonne, où tu vas ? (en gros)
– Je vais prendre le bus pour bosser.
– Tu veux pas qu’on prenne un café ?
– Non, je vais bosser, là… »
Je croyais que l’amour rendait aveugle, pas sourd. Pour me débarrasser d’un lourdingue, je parle de mon « fiancé » (réel ou inventé, selon le moment de ma vie) et là, ce qui m’horripile au possible, c’est cette réponse qui accompagne cette excuse (parfois) : « c’est pas grave, je suis pas jaloux ». Sous-entendu : on s’en tape de ton copain, tu peux coucher avec moi quand même. Alors, voilà, si j’ai envie d’une passade, je ne vais pas attendre qu’un mec dans la rue me donne l’autorisation et puis je le trouve gonflé : « je ne suis pas jaloux ». Il ne manquerait plus que ça, tiens ! Il veut pas que je lui file l’adresse de mon mec pour qu’il lui pète la gueule, aussi ?
 
Souvent, un simple non ou la volonté de signifier au monsieur qu’on est pressée ne suffit pas. Donc quand le relou s’accroche, je sors ma panoplie de garce (et voilà la phrase qui va faire exploser les comms et me faire détester par les lecteurs mâles). Tu veux pas me lâcher ? Ok, je cède, je te file un rendez-vous auquel je n’irai pas, un numéro de téléphone qui n’est pas le mien (c’est là que je me dis que j’aurais dû garder les numéros de téléphone de  Benoît, qu’on rigole un peu), une adresse mail fausse (oups, j’ai oublié une lettre dans mon nom de famille, c’est idiot). Des fois, je m’invente même un prénom. Je n’aime pas faire ça, franchement, mais y a des cas extrêmes où on n’a pas le choix. Sauf qu’évidemment, je recroise toujours les messieurs en question. Dans mon bled natal, alors que j’avais 16 ans, j’avais filé rencard à un gars qui rôdait toujours autour du lycée et, évidemment, j’y suis pas allée. Quelques jours plus tard, je me balade en ville avec ma maman et là, le gars apparaît en face de moi. Panique totale, surtout que le mec est plutôt du genre pas très aryen et ma mère plutôt du genre raciste… Mais bon, heureusement, le monsieur m’a pas vue.
 
Outre le fait que je n’ai pas que ça à faire de me faire draguer quand je suis dans la rue, 99 fois sur 100, le mec qui s’adresse à moi en aurait fait autant pour n’importe quelle fille « potable » qui passait par là. D’ailleurs, certains sont particulièrement doués : une fille passe, hop, ils se prennent un vent et attaquent de suite la suivante. Certains
enchaînent si vite qu’on les voit se prendre un vent et hop, ils se tournent et s’en prennent à nous. Quand j’étais adolescente, je m’étais faite draguer par un lourdingue qui s’appelait Nino. « Ah, Nino, Nina, on était faits pour se rencontrer ! Comme t’es trop belle, j’suis amoureux ! ». Ah ? Bon, à l’époque, j’avais pas un succès fou auprès des hommes (j’avais un look : mon t-shirt me sert de tente) mais c’est pas pour autant que j’ai cédé. Et j’ai bien fait : ce gars a dragué la moitié des jeunes filles de 15 à 25 ans de mon bled.
 
Alors là, les hommes vont s’indigner : « et alors, y a une limite sur les filles à draguer ? ». Le problème de la drague, c’est qu’on a la sensation qu’il faut un rendement. Un mec qui est posé à la sortie du métro, par exemple, et qui reluque toutes les nanas, je vais avoir la sensation que le seul but du jeune homme est de se trouver une compagne pour la nuit (ou pour la semaine), peu importe laquelle, du moment qu’elle ressemble plus ou moins à quelque chose. De plus, la drague n’a rien d’exaltant : aucun jeu de séduction, rien, le prédateur s’abat sur sa proie, si ça marche, tant mieux, sinon, tant pis. Et puis peu importe qui je suis, ce que je fais, ce que j’aime, ce que je pense… Seul l’emballage compte. Du coup, je
mets de moins en moins de jupes quand je sors car, systématiquement, ça attire les dragueurs en manque, n’importe quelle fille vous le dira. N’ai-je pas le droit de me faire belle ET d’avoir la paix ? Je ne m’habille pas comme ça pour attirer les hommes, juste pour me faire plaisir ou pour plaire à mon homme.
 
Personnellement, je ne me vois pas draguer un homme dans la rue. Il m’arrive parfois (souvent) de croiser des hommes hautement désirables mais je ne vois pas l’intérêt de les aborder. Au mieux, je joue au jeu du regard (je te regarde, je me détourne, je te regarde…) et ça me suffit amplement. Parfois, si nous descendons au même arrêt de métro, je m’amuse à rester dans son sillage le temps qu’il reste sur mon chemin mais je n’ai pas besoin de plus. Le physique est certes alléchant mais que sais-je de lui ? Une enveloppe ne suffit pas, j’aime bien quand il y a une certaine complicité. Et puis, ce monsieur n’a peut-être pas le temps de se faire draguer, peut-être va-t-il travailler ou rentre-t-il chez lui ? Ou pire, il va rejoindre sa maîtresse pour une brouette crapuleuse.
 
En somme, je pense que la séduction est un art, la drague un vulgaire avatar qui m’insupporte. Il y a un temps et un lieu pour séduire et je ne pense pas que la rue, alors que je chemine vers un but précis, soit particulièrement indiqué. Un cœur, on le gagne, on n’essaie pas de l’arracher de force.