Le front russe de Jean-Claude Lalumière

Errant au milieu des rayons de la FNAC, mes yeux traînent joyeusement sur les livres. Oui, je suis en pleine fièvre acheteuse, j’ai besoin de nouveaux livres. Besoin, non, envie. Oh tiens, un titre m’accroche l’oeil : le front russe. Et hop, direct dans mon panier.

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Le front russe ne parle pas vraiment de Russie, en fait. Non. C’est l’histoire d’un jeune fonctionnaire qui se retrouve nommé au Quai d’Orsay. Mais comble de malchance, il fait chuter une huile du service qui l’envoie direct dans le pire bureau parisien, celui des pays en voie de création / Section Europe de l’Est et Sibérie. Le placard miteux. Notre héros se retrouve donc dans une cellule de 6 personnes avec un chef se croyant toujours en guerre, une secrétaire fabriquant (mal) ses vêtements elle-même, une autre plutôt jolie, un collègue très appliqué mais très limité et un informaticien s’inventant des voyages à travers le monde.

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A peine arrivé, notre protagoniste décide de remuer un peu les choses. Il ramasse la jolie secrétaire et commence à bien se faire voir du Quai d’Orsay, obtient quelques missions qui ne se passent pas toujours très bien mais il passe entre les gouttes. Jusqu’à une mission en Georgie. Là, je commence à grimacer. Le roman était bien sympathique jusque là mais cette histoire de Géorgie me fait furieusement penser à”Nos amis les journalistes” de François Reynaert, livre que j’ai adoré. Mais la mission en Georgie ne dure que quelques dizaines de pages et notre ami retourne en France où la voie royale s’ouvre à lui… jusqu’à la chute.

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Et là, ce livre justifie parfaitement mon credo : toujours finir un livre car la fin peut en changer la perception. Là, c’est la dernière phrase qui vous explose à la figure et transforme ce petit roman rieur en incroyable vision pessimiste de la vie et agite sous notre nez la vacuité de l’existence. Une phrase. Soudain, le livre gagne tant de profondeur qu’on a presque l’impression que ce qu’on a lu jusque là, les quelques 208 pages dévorées avec plaisir, n’étaient en fait qu’un prélude à cette phrase. Cette phrase que je ne vous dévoilerai pas, zavez qu’à lire le livre. Parce que les 208 premières pages mélangent une gentille satire du fonctionnariat (cf la lutte de notre héros pour faire évacuer le cadavre d’un pigeon échoué sous sa fenêtre), les portraits des personnages dignes d’un film de Chatilliez, quelques anecdotes amusantes. Parce que la dernière phrase est une véritable gifle qui te fait refermer le livre pour y réfléchir un peu. Et c’est assez rare pour un roman…

 

Les enfants de la pub

La semaine dernière, je vous parlais de la scandaleuse pub adopteunmec, je me dis que tiens, je vais poursuivre dans cette voie. Donc sans transition aucune, je voudrais parler des enfants dans les pubs. Parce que je les déteste.


Déjà dans les séries télé, la plupart des gosses sont chiants, particulièrement les petits malins fayots. Quand j’étais plus jeune et que je déjeunais chez mes parents en compagnie de mon père et de ma soeur, celle-ci nous imposait l’insupportable docteur Quinn, femme médecin. Parmi les personnages caricaturaux et agaçants, un cristallisait toute ma haine et mon envie de vomir mon déjeuner : Bryan le petit fayot. Passons sur sa tronche improbable (oui, ok, ça joue, je trouve le gosse de Susan et Mike dans Desperate Housewives krokro mignon alors qu’il faut avouer que ce gamin est un handicapé social), pour se consacrer à ce qui constitue 98% de ses dialogues : »je t’aime ma maman, j’aime mes frères et soeur et l’indien que t’as épousé et ma maîtresse, les poneys, les étoiles dans le ciel et les canards. Tiens regarde, j’ai eu une bonne note et je t’ai dessiné un cheval, comme celui du faux Indien avec qui tu forniques ! ». Naaaaaaaa mais que quelqu’un gifle ce petit fayot de mes deux (ovaires, bien entendu).


Dans la publicité, c’est un monde rempli de Bryan mais de Bryan pervers. Du genre « je suis un enfant mignon et intelligent, j’en profite pour faire des conneries mais mes parents ne diront rien car je suis justement trop mignon et intelligent. D’ailleurs, toi même devant ton écran tu fais des « ooooh » devant ma trombine, j’ai le pouvoir. ». L’enfant roi dans toute sa splendeur.


Je ne saurais dire quand ça a commencé, j’ai pas le temps de faire des recherches, mais j’ai identifié deux coupables potentiels :
– Antoine, le bébé krokro mignon qui pisse sur le canapé devant sa mère extatique.
– le petit garçon binoclard-mais-mignon qui apprend à son père qu’il n’est pas tolérable de répondre à son accès de curiosité. « Papa, comment on fait les bébés ? » À ce propos, si je daigne me reproduire, je compte abandonner mes enfants durant la période des « mamaaaaan, pourquoi… » parce que rien que d’y penser, je trouve ça profondément chiant. Alors qu’en bonne tatie, quand mon neveu posera ce genre de questions, je répondrai « tu demanderas à maman ». Au top la tatie ! Et je clos cette navrante parenthèse sur mes talents innés en terme d’éducation et vous renvoyant vers la parodie des Nuls parce qu’un peu de rire ne fait jamais de mal.

Bref. Depuis, des gamins krokro mignons qui cachent derrière leur bouille adorable des monstres d’insolence voire de sadisme dominateur (pléonasme ?) pullulent. Regardez ce bébé pervers qui torture son père en refusant de dire « papa » et qui finalement sort le mot magique pour couvrir sa connerie en désignant son père. Et tout le monde fait « rooooooh, huhuhu ! ». Et le gosse s’en sort peinard pendant que papa nettoie. Et que dire de cette gamine qui tyrannise sa famille pour les forcer à manger des knackis à 10h du matin ? Si c’est pas de la perversion ça ?   Je finirais en dernier exemple sur la sale gamine qui sévit actuellement dans la pub Carrefour. Et vas-y que je cours dans tous les sens et vas-y que je fous tous les stylos par terre sous le regard admiratif et approbateur de ma mère et du M. Auchan qui touche un smic pour ramasser mon bordel mais c’est pas grave, je demande avec ma moue de fille trop mignonne si y a un prix sur ce stylo 4 couleurs en faisant 3 avec mes doigts et si je peux choisir mes couleurs et tout le monde rit. Une petite fille de 5/6 ans qui fait un 3 avec les doigts en disant 4, elle est pas mignonne mais demeurée mais tout le monde rit niaisement.


Bref, j’aime pas les pubs avec les gosses, ils sont toujours mal élevés comme le gamin qui traite ses parents de débiles dans la pub Kinder « elles sont pas très originales les cloches » (en même temps, les chiens ne font pas des chats, le gamin qui joue encore aux cloches de Pâques à 12 ans, pardon hein…), en train de faire des sales coups et de se foutre des parents et de leur autorité,  sous les applaudissements de tous, parents compris.

Finalement, seule une mère a compris le jeu de ces sales mioches : la bonne femme de la pub pour une lessive que je retrouve pas avec une gamine qui se transforme en démon. Même si son « espèce de petits démons » me fait pressentir un infanticide imminent.

Petit éloge de la fessée

Pour une fois que l’actualité prête un peu à sourire, je m’y engouffre la tête la première. Faudra aussi que je vous parle de cette histoire de signaler les photos retouchées, ça m’inspire un peu. Mais bon, aujourd’hui, je vous parle de ce nouveau débat de société qui fait trembler la France et nous plonge dans un suspense insoutenable : va-t-on interdire la fessée ? Oh nooooooooon !


 Evidemment, quand on est gosse, on n’aime pas bien ça la fessée. Bien que j’ai été une enfant très sage (si, si), je m’en suis ramassée quelques unes mais toujours méritées, il faut bien l’avouer. Depuis, j’ai sombré dans le cercle vicieux de la délinquance et de la violence, forcément. J’ai une violente envie de frapper les gens et surtout les enfants. J’ai toujours trouvé ridicule cette lutte contre la fessée, arrive un moment où les gens pourraient un peu se mêler de leurs fesses, justement. Une fessée n’a jamais tué personne. Mais j’y pense, si la fessée est interdite, la gifle, on peut toujours ou pas ?


 De façon plus ludique, il est amusant de constater que la punition détestée des enfants fait toujours sourire voire pouffer les adultes. Parce qu’en grandissant, la fessée devient incontestablement un rite sexuel. Qu’on l’utilise ou pas, si je vous parle fessée, qui pensera d’abord à la punition pour les enfants ? Hormis ceux qui ont le nez dans les couches, j’entends. Il est vrai que dans mon univers où les enfants n’apparaissent parfois qu’en périphérie, la fessée ne peut difficilement prendre la dimension d’un châtiment corporel pour enfant pas sage. Il s’agit plus d’un jeu érotique, d’une blague un peu potache à base de « si t’es pas sage, tu auras la fessée ! – Oh ouiiiiiii ! ». Alors forcément, quand on m’explique qu’on veut interdire la fessée, je m’indigne. Ah, c’est pour les petits enfants ? Ouais mais quand même, de quoi se mêle-t-on ?


 S’il est vrai que la loi concerne pour l’heure le sévice corporel envers les enfants (enfin, je crois), il n’empêche que cette petite incursion dans la vie privée des gens m’interpelle quand même un peu. Pourrait-on un jour être inculpé pour fessée prohibée, même entre adultes consentants ? Quand on voit qu’aux Etats-Unis, certains Etats interdisent certaines pratiques sexuelles, n’est-on pas un peu en train d’ouvrir une boîte de Pandore ? Bah oui, par exemple, au Texas, la sodomie est interdite. J’exagère sans doute, je vais peut-être un peu loin mais je me méfie. Imaginons que je donne ou recoive une fessée bien sonore, suivie d’un cri bien caractéristique. Si mes voisins, importunés par le bruit, décident d’appeler la police, mon partenaire et moi pourrons-nous être inculpés pour fessée prohibée ? A partir de quel âge une fessée serait-elle autorisée ? C’est vrai ça, faudra-t-il attendre la majorité sexuelle (15 ans à l’heure actuelle) pour avoir le droit de donner ou de recevoir une bonne grosse fessée des familles ? Et si on cravache, ça compte comme une fessée ou pas ?


 Bref, je ris de cette histoire parce qu’au fond, je trouve qu’il y a quand même bien plus urgent à régler qu’une histoire de fessée, d’autant que les pédiatres eux-mêmes ne sont pas d’accord. Alors bref, laissons les parents gérer l’éducation de leurs gosses comme ils le souhaitent et fessons-nous en toute tranquillité.

Et pour célébrer la fessée, une vidéo top (allez direct à 2.30)