The Amazing Spider-Man de Marc Webb

Des fois dans la vie, t’es un peu claquée mentalement parlant et quand on te propose d’aller mater un bon blockbuster bien crétin, tu dis « ouiiiiiiii ! ». Nous voici donc posés devant the Amazing Spider-man, numéro 2 d’une trilogie dont je n’avais pas vu le 1 mais c’est pas grave, j’avais vu que le 1er de la trilogie avec Tobey McGuire donc l’un dans l’autre, je devrais m’en sortir. Victor m’ayant prévenu de la relative qualité du premier et le charisme d’huître d’Andrew Garfield, j’étais prête… enfin, le croyais-je. Du coup, je vous spoile le barda, histoire de vous faire gagner 1h30 de votre vie.

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On commence par une scène en avion. Je vous préviens de suite, les scénaristes de ce film ne sont pas aussi calés que moi en Mayday dangers dans le ciel donc ça donne de suite n’importe quoi. Papa et Maman Parker ont abandonné leur rejeton pour fuir la méchante grosse corporation, Oscorp,  qui veut leur peau car ils ont fait de grandes découvertes scientifiques dangereuses. Ils sont dans l’avion en disant « ohlala, on risque de mourir à tout moment. » Avion, on parle de mort imminente, ça pue. Prise d’une envie subite, Maman Parker va faire un petit pipi alors que le copilote sort du cockpit et fait des ronds de jambe à Papa Parker mais quand le copilote va se laver les mains, papa Parker voit du sang dessus. Ohlala non, c’est un tueur. Pourquoi le copilote s’est lavé les mains entre deux meurtres, l’histoire ne le dira pas. Bref, bagarre, quand soudain, le corps mort du pilote s’effondre sur les commandes, tu sais pas bien pourquoi. Donc l’avion commence à avoir un plan de vol direction le sol, le copilote tire, touche Maman Parker au bide puis un hublot, celui-ci pète et on sait tous qu’un avion qui a un trou, c’est un avion en dépressurisation et apparemment, quand ça dépressurise, ça arrache la porte (ah ?) qui va péter direct dans le moteur. Ca prend feu, le copilote est tué, la maman va pas super bien mais c’est pas grave vu que l’avion finit logiquement par se crasher. Woké.

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Quelques années plus tard, c’est le jour des diplômes ! Tandis que Gwen Stacy, major de promo fait son discours, Peter Parker, aka Spider-man, s’occupe gentiment de terroristes qui ont piqué un blindé avec des trucs super explosifs dedans. Ouais, maintenant, y a plus une scène d’ouverture qui pète mais deux. Spider-Man bondit dans tous les sens en donnant dans la vanne facile (mais ok, il est tout jeunot) tandis que Gwen parle d’avenir mais tout va bien ! Spider-Man arrête les méchants en sauvant un pauvre type noir planté en plein milieu qui a failli se faire renverser parce que manifestement, baliser les rues de Manhattan pour pas se faire renverser, c’est pas très clair pour notre ami black. Spider-man le sauve et fait « hey, c’est quoi ton nom ? Max ? Ouais, Max, t’es mon pote, surveille la ville pour moi, je continue de poursuivre le méchant Russe, salut! ». Notons au passage qu’on baigne dans le non-sens. Ok, on a bieeeeeen compris que Spider-man était facétieux mais à quel moment tu t’arrêtes taper la causette à un quadra-quinqua en lui parlant comme à un débile profond ? Breeeef. Spider-man accidente le camion mais rien n’explose et hop, les méchants sont arrêtés et Peter arrive pile à temps pour récupérer son diplôme sur l’oeil humide de sa tante et de Gwen, sa petite copine.

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Mais voilà, y a un os. Dans le premier opus, le papa de Gwen est mort en se mettant en danger à cause de Spider-man (à peu près, je l’ai pas vu, je rappelle) et du coup, Peter ne veut pas que sa belle blonde subisse le même sort donc il décide de rompre, merci, au revoir. Mais il est tellement tout triste et, du coup, il se préoccupe soudain d’une sacoche ayant appartenu à ses parents et essaie de comprendre le merdier qu’il y a dedans. On s’occupe comme on peut. Mais il perd pas trop Gwen des yeux quand même. Ou comment foirer sa rupture en beauté. Dans tout ce micmac, on découvre que Max, le Noir qui a pas trop noté qu’il y avait des terroristes en ville, est un énorme loser qui se croit trop pote avec Spidey et c’est son anniversaire alors il s’invente une soirée démentielle. Il travaille dans la grosse grosse entreprise qui a fait tuer Papa et Maman Parker et comme de par hasard, qui croise-t-il dans l’ascenseur ? Gwen qui entame un boulot d’été par là. C’est trop unbelievable le hasard. Pendant ce temps, le meilleur ami de Peter, Harry Osborn, revient en ville pour assister à la mort de son père, victime d’une terrible maladie qui l’a rendu un peu vert. Pas de bol, c’est une maladie génétique et pas de bol encore, ça a commencé pile à l’âge qu’a Harry. Toutes ces coïncidences me donnent le vertige. Bref, Harry et Peter se retrouvent et vont parler de tout et surtout de rien en jetant des cailloux dans la rivière. Je vous épargnerai le récit des scènes de vie quotidienne de Peter chez sa tante même si le dialogue de nos deux joyeux drilles autour des slips à laver de Peter est fascinante. Imaginez le prix de la scène, faire jouer deux acteurs pour un truc de 2 mn qui parle de slip. Même pas une vanne sur une substance blanche qui colle dans les vieux slibards cracras de Spider-Man. Mais bon, ça va, on a BIEN compris que Tantine, elle captait pas que Peter, c’était Spider-Man.
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Bon, c’est pas tout ça mais il est temps de sortir les méchants de l’histoire. Retournons à Max le loseur. On se doutait bien qu’il allait servir un peu vu que 1/ il a parlé à Gwen et que 2/ il est joué par Jamie Foxx. Un peu comme dans les New York police machin, quand tu vois un acteur un peu connu dedans, tu sais que c’est lui le méchant. Notre ami Max est consigné au boulot le soir de son anniversaire alors qu’il avait bien parlé de sa fête imaginaire. En voulant aller resserrer une vis ou à peu près au dessus d’un énorme aquarium plein de gigantesques anguilles électriques, il se viande et crzzzzzz crzzzzz Max, merci au revoir.
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Pendant ce temps, toujours, Harry se dit que du sang de Spider-Man, ça l’empêcherait de virer vert comme son père et demande à Peter de le contacter car vu les photos trop incroyables que Peter prend de l’homme araignée, c’est trop grillé qu’il le connaît.
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Mais Peter a mieux à faire qu’un don du sang car il a rendez-vous entre potes (ahah) avec Gwen qui lui annonce qu’elle va peut-être partir vivre en Angleterre donc ils se roulent des pelles sous les arbres. Rester trop pote avec son ex, ça marche jamais, depuis le temps que je le dis… Mais alors qu’il tâtouille gentiment les amygdales de Gwen, sa super ouïe capte du bruit et il plante sa meuf pour aller voir car sa super intuition lui dit que ça chie en centre ville. Nous voici effectivement à Times Square où on retrouve notre ami Max qui n’est finalement pas mort mais qui va pas super bien non plus vu qu’il est devenu un bonhomme électrique et qu’il est un peu paumé. Hop, la police a déjà placé des barrière de sécurité derrière lesquelles s’agglutinent des tas de badauds. Alors passons sur la promptitude des forces de police à ériger un périmètre de sécurité mais pardon mais moi, on me dit qu’il y a un mec pas net et qu’il faut pas s’approcher, je reste pas connement derrière une petite barrière. Je dois avoir un instinct de survie surdéveloppé, allez savoir. Bref, Spidey débarque avec Gwen sur ses talons (elle doit aussi avoir des super pouvoirs vu qu’elle a pu se déplacer aussi vite que son super héros mais passons). Là, Max est tout perdu et elle capte de suite qui il est (alors qu’il est un peu passé de Noir à bleu luminescent mais un mec qu’on croise dans un ascenseur, ça s’oublie pas, apparemment). Spidey finit par remettre quand il l’a croisé aussi et tente de l’amadouer mais un flic décide de tirer (ils feraient mieux de gérer leurs barrières) et ça énerve Max qui devient alors super méchant avec une maîtrise impeccable de ses pouvoirs, il absorbe l’électricité et malmène un peu Spider-Man. Parenthèse : j’ai pas mal aimé le thème d’Electro, puisque tel est désormais son nom. Sauf que qu’est-ce qui fait mauvais ménage avec l’électricité ? L’eau. Ni un ni deux, les pompiers débarquent et t’arrosent tout ça (avec de l’eau alors que la mousse aurait été plus indiquée, je dis ça, je dis rien). Electro est embarqué, merci, au revoir.
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Fin de l’histoire ? Que nenni ! Harry n’est pas revenu en ville juste pour nous offrir une scène avec son père vert mourant, nan nan ! Il découvre avec horreur que lui aussi est atteint de maladie, il a une grosse tache verte dans le cou apparue spontanément. Mmmm, sa maladie semble bien plus fulgurante que celle de son père mais passons. Il reçoit alors la visite de Spider-Man qui lui dit que non, il ne lui donnera pas son sang parce que ça peut être dangereux, ça énerve un peu notre ami Harry qui va dans la grosse grosse entreprise qu’il a hérité de son père. Sa secrétaire lui file deux, trois tuyaux sur les recherches de son père, il commence à s’exciter sur la table ordinateur et ouvre au hasard trois fichiers dans la multitude mais il a un bol de malade : trois trucs qui vont lui servir par la suite. Juste avant d’être expulsé du bureau par un des membres du comité directeur qui a réussi à prendre le pouvoir pour dégager le gamin, il découvre où est stoqué le sang d’araignée. Comme sa maladie doit inclure un trouble de l’attention, il ne se souvient pas de l’avertissement de Spider-Man et s’injecte du venin d’araignée et commence à un peu mourir mais heureusement, parmi les trois fiches consultées, il y avait celle de la super armure placée juste derrière. Hop, il fonce dedans et paf, devient le Bouffon Vert. Oui, j’avoue que j’ai pas tout saisi l’enchaînement des faits mais voilà.
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Pour se venger de Spider-Man, Harry va donc délivrer Electro. Electro qui a un joli corps électrique qu’il peut donc dissoudre et reformer à volonté pour naviguer dans le réseau électrique qu’il connaît par coeur puisqu’il l’a conçu. Mais ce qui est fascinant, c’est qu’en se rematérialisant, Electro se replace automatiquement les électrodes que lui avaient mises les scientifiques et un petit boxer du plus bel effet. Oui bon, pourquoi pas, on peut avoir un corps électrique et rester pudique.
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Pendant ce temps, Gwen et Peter trafiquent des trucs. Lui découvre le secret de son père (il avait découvert un vaccin à la maladie du papa Osborn à base de venin d’araignée mais je ne me souviens pas pourquoi il l’a finalement détruit, je devais être occupée à autre chose) mais en fait, ce n’est pas particulièrement intéressant. Il revoit Gwen, ils se roulent des pelles mais elle est finalement prise en Angleterre et va partir. Alors qu’elle est dans le taxi, il la rattrape mais ohlala, il se passe d’étranges choses à la centrale électrique donc Peter veut aller voir et Gwen veut le rejoindre mais il lui dit « Nan, c’est trop dangereux, tu pourrais mourir, souviens-toi la promesse que j’ai fait à ton père mourant, jamais je ne mettrai ta vie en danger ». Quelle insistance… Comme elle est têtue, il te lui gicle une toile d’araignée pour l’attacher au coffre du taxi et part sauver le monde. Enfin, à minima New York. C’est la panique dans toute la ville, y a plus d’électricité nulle part et surtout pas aux aéroports. Manque de bol, une contrôleuse à la mémoire remarquable a noté que deux avions allaient se percuter si on leur disait pas de changer de trajectoire mais comment faire sans électricité ? Je répète ma réflexion sur la méconnaissance de Mayday dangers dans le ciel parce que les avions sont équipés d’alarmes de proximité mais faisons comme si.
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Gwen étant vraiment une chieuse, elle saisit un ciseau à ongles qu’elle avait opportunément à portée et se défait de la toile d’araignée. Alors pardon mais avec sa toile, Peter il peut choper des véhicules, attacher des méchants vraiment méchants mais l’autre, elle te découpe ça au ciseau à ongles. Je. Bon, ni un ni deux, elle se téléporte et se retrouve à la centrale électrique où Spidey se bat avec Electro qui se gave de l’énergie environnante pour mettre sa race à notre pauvre héros. Mais tout va bien, Gwen va agir, elle fonce dans la centrale et va appuyer sur le gros bouton rouge qui coupe tout. Oui, la centrale électrique s’éteint en appuyant sur un gros bouton rouge. Je ne commenterai même pas. Spider-Man fait court-circuiter Electro, fin du méchant méchant. Les contrôleurs aériens reprennent la main juste à temps, les avions font un super looping pour s’éviter et tout le monde applaudit. Oui parce qu’apparemment, les passagers avaient compris la situation et apparemment, les avions de ligne, ça se pilote comme des avions de chasse, easy. Super, on va pouvoir rentrer.
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Ah non, y a le Bouffon Vert, du coup. A peine Electro a-t-il émis sa dernière étincelle que le voilà qui débarque et commence à tenir un grand discours à Spider-Man comme quoi, c’est vraiment trop un connard de pas l’avoir aidé. Apparemment, son trouble de l’attention lui a fait oublier que quand il s’est injecté du venin d’araignée, ça s’est pas super bien passé. Gwen débarque sur ces entrefaites et là, le Bouffon Vert capte donc que Spidey n’est autre que son copain Peter et ça le rend encore plus énervé car c’est son ami qui lui a refusé son aide. Ni un ni deux, il enlève Gwen qui restait sagement plantée là, il la balance deux ou trois fois de sa super armure qui vole mais Spider-Man récupère deux ou trois fois sa copine et finit par la déposer dans une horloge de la centrale électrique (pourquoi pas) sur d’immenses rouages pour la petite scène steampunk. Baston entre le Bouffon et Spider-Man, Gwen est balancée par dessus bord mais un petit coup de toile et hop, la voilà suspendue par le vide. Mais le bouffon vert parvient à prendre la toile dans un rouage et elle finit coupée. Spidey re balance un coup de toile pour la rattraper mais la chute est vertigineuse et la belle meurt. Alors point interprétation : avec Victor, on n’est pas sûrs : lui dit qu’elle a touché le sol, moi j’ai pas l’impression. Selon le comics, sa nuque est brisée dans la péripétie. Bref, elle meurt, un léger filet de sang s’échappe de son nez pour qu’on pige bien. Un jour, on fera une thèse sur ce sang nasal qui symbolise la mort (non parce que sinon, je meurs 10 fois chaque été, moi)(quoi que souvent, ça sort par la bouche).

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Peter, ayant trahi la promesse faite à un mourant (et ça, ça craint), range donc son costume. Mais voilà-t-il pas qu’un jour, le méchant russe du tout début refait des siennes. En effet, Harry Bouffon, qui avait été interné mais libéré par un mystérieux mec à chapeau, a eu la bonne idée de lui filer une armure histoire de mettre un peu d’animation en ville. Hop les barrières mais un gosse de 6 ans déguisé en Spider-Man passe les dites barrières pour affronter le gros méchant en armure. Point éducation : j’espère que l’enfant a été retiré à sa mère par la suite car je vois pas trop l’intérêt pédagogique d’amener son gosse là où on sait que ça va saigner. Bref. Le petit fait « ah, je vais t’arrêter gros méchant », le gros méchant qui est quand même un peu bonne pâte rentre dans le jeu, la mère crie « oh non mon fils, mon bébéééééé ! » (fallait y penser légèrement avant…). Et hop, Spider-Man re débarque miraculeusement, tape la discute 5 mn avec le petit pendant que le gros méchant a dû aller se griller une clope, je suppose. Non parce que le mec est quand même super fair : alors qu’il va tenter de tuer l’homme araignée deux minutes plus tard et que c’est quand même un vil méchant, il lui tire pas dessus quand l’autre est inattentif. Classe. Bref, bagarre à coup de missiles (mais les gens restent à regarder : « oh la belle [voiture de flics] bleue [qui vient d’exploser à 2 mètres de nous, ça gère !]). Spidey lui règle son compte mais désormais, on le sait : Harry va pas se laisser faire. Et c’est pas tout car à la toute fin, le mystérieux mec au chapeau retourne dans le labo secret et va voir le corps cryogénisé de papa Osborn pour le réveiller. Ohlolo, vivement le 3…

De quoi vais-je mourir aujourd’hui ?

S’il y a une chose qui m’insupporte au possible, c’est le catastrophisme ambiant surtout en matière de santé. En ce moment, avec la grippe porcine… Euh, grippe A, pardon, on déguste : attention, on va tous crever, y a déjà des gens qui meurent et le virus se propage partout, c’est la fin du moooooooooonde !


Remettons les choses dans leur contexte. Nous avons 11263 cas confirmés dans le monde pour 89 morts certifiées. Notre bonne vieille grippe, celle qu’on estime anodine et qui nous rend bien malade touche 2.5 millions de Français par an en moyenne et tue entre 100 et 1500 personnes. Alors pardon messieurs dames de l’OMS mais vous n’avez pas un peu exagéré ? Je comprends que l’arrivée d’une nouvelle maladie vous fasse flipper mais l’histoire nous a déjà appris que s’inquiéter à ce point n’ était pas forcément nécessaire. Souvenez vous du SRAS, la maladie dont on devait tous mourir ou à peu près et qui finalement s’est arrêtée comme elle a commencé. Bref, comme disait mon père : « une grippe mondiale qui touche 10 000 personnes et en tue 50, faut arrêter de s’exciter ».


Alors oui, ok, faut bien surveiller cette nouvelle mutation du H1N1 puisque une de ses variantes a provoqué la grippe espagnole de 1918-19 tuant 30 millions de personnes (Wikipedia est mon ami, bien sûr). Sauf que là, je suis fatiguée par ce catastrophisme, surtout qu’on a les vaccins et on en a bien plus qu’il n’y aura de malades alors c’est bon, lâchons un peu la pression.



De toute façon, il faut bien mourir un jour et je crois que mourir d’une grippe en une semaine chrono, ce sera toujours mieux que les milliers de cancers qu’on me promet. Je résume. Je fume et je vis dans une ville polluée : possibles cancers des poumons et de la peau, de toute la tuyauterie respiratoire… Même si j’en suis actuellement à 3-4 cigarettes par jour. Non, je ne veux pas arrêter. Ensuite, j’utilise des produits de beauté à base de paraben qui va sans doute me coller un cancer du sein. Faudra au passage m’expliquer comment une crème pour le visage peut me filer un cancer du sein, ça me fascine. Idem pour mon déo, d’ailleurs, cancer du sein. Je suppose que dans quelques temps, on va me dire que je vais aussi développer des cancers de la peau. Je consomme de l’aspartame, en quantité très réduites mais voilà, cancer, cancer, cancer. Ah et j’oubliais, téléphone, wifi : tumeurs au cerveau. Oui, au
pluriel, tumeurs parce qu’au boulot, on a tous des portables et on bosse en wifi, mon cerveau va se cloquer de partout.


Ah tiens, parlons bouffe. J’ai mangé au RU pendant l’histoire de la vache folle, ça m’étonnerait que j’ai pas attrapé Creutzfeld-Jacob. Mais avec le temps d’incubation, faut attendre un peu. Puis je mange des produits laitiers, du poulet, des légumes qui sont peut-être des OGM… Bon, bref, il paraît évident que je vais mourir d’un cancer ou d’une horrible maladie donc à tout prendre, une grippe, ça ira plus vite et ça fera moins mal.


Evidemment, je me planque derrière le cynisme et on va me dire qu’on ne peut pas rigoler de la santé, blablablabla. Oui, ok, mais le cancer a toujours existé, c’est une façon qu’a notre corps de nous faire partir parce que hého, nous ne sommes pas éternels. Mangez tous les fruits et légumes que vous voulez loin de la pollution des hommes et des vaches (bon courage), sans aucune onde à proximité… Certains cancers sont héréditaires donc c’est même pas sûr qu’on y échappe. Il y a plus de cancers qu’avant ? Certainement car ils sont dépistés plus tôt. Perso, je ne doute pas d’y avoir droit un jour : ma grand-mère paternelle en a développé un au sein (peu de chance que je l’attrape néanmoins), ma grand-mère maternelle est morte d’un cancer généralisé, mon grand-père maternel est indirectement mort de polypes dans les intestins, polypes dont ont hérité ses filles. Et je suis sûre que je n’ai rien d’un cas exceptionnel.

Le grand-père de Guillaume 1er vient de mourir d’un cancer généralisé fulgurant, exactement comme ma grand-mère. Mais il approchait des 90 ans et il avait fumé comme un pompier la majorité de sa vie, ce n’est même pas ce qui l’a tué.



En fait, j’en ai marre. On nous fait tellement flipper avec tout ce qui nous entoure qui va nous tuer que je finis par ne plus rien prendre au sérieux, d’autant que tous les jours, on nous sort des études qui prouvent tout et leur contraire. Tiens, prenons cette histoire d’étude scientifique qui prouverait que l’utilisation de la capote favorise la transmission du SIDA. En fait, les résultats de l’étude démontraient en gros que grâce à la capote, on a moins peur du sida et que parfois, ça casse et que du coup, là, on peut choper le
SIDA. Forcément, si je monte pas dans une voiture, j’aurai moins de chances de mourir d’un accident de la route.



Bref, je veux bien qu’on me prévienne que je vais mourir de tous les cancers et grippes qui existent. Seulement je crois aussi qu’il faudrait arrêter de s’alarmer pour un rien et faire du sensationnalisme sur le sujet. Je crois qu’arrive un moment où scientifiques et journalistes doivent aussi prendre du recul au lieu de nous jeter à la figure les conclusions d’une étude (en attendant la preuve du contraire dans l’étude suivante).  De toute façon, on mourra tous de quelque chose…

Livré avec indignation

Avant, je lisais  les journaux et débattait de l’actu avec mes amis. Aujourd’hui, plus produit : je travaille sur des forums et là, je lis les
considérations politiques des uns et des autres, de tous bords et milieux, toutes opinions politiques et c’est enrichissant… ou fatigant. Quoi qu’il en soit, le Français (mais sans doute pas que) a une capacité d’indignation assez épatante. Surtout quand les médias poussent à ça.

Récemment la France s’est émue et indignée : les JO vont avoir lieu à Pékin, quel scandale, ce pays ne respecte pas les droits de l’homme, c’est ignoble. Bon, alors, déjà, j’ai une question : pourquoi personne ne s’est indigné y a 6 ans ? J’ai l’impression que soudain, les gens atterrissent : de quo-a ?? C’est la Chine qui organise les JO d’été ? Mais c’est un scandale ! Bravo, je pense qu’on a là la palme de la réactivité. Félicitations. Bon, il y a des gens qui n’ont pas attendu que la cause devienne médiatique donc populaire, je me souviens que mon cousin avait une bannière contre ces JO sur son site dès le début des années 2000, quelques autres aussi. Mais quand même, j’ai un peu l’impression qu’il y a eu un gros atterrissage depuis 3 ou 4 mois et ça me fait lever les yeux au ciel. On mélange joyeusement tout : et les droits de l’homme, les gens exploités, le Tibet. D’ailleurs, il faut l’indépendance du Tibet et le dalaï lama, il est trop cool. Comme disait Jean-Luc Mélenchon : « les gens ne se rendent pas compte que l’indépendance du Tibet est réclamée par des
prêtres extrémistes. Vous voudriez être gouvernés par eux ? ». Alors soyons bien clairs : je ne remets pas en cause ce qu’il se passe en Chine en matière de non respect des droits de l’homme et compagnie. Ce qui me désespère, c’est que les gens attendent que les journaux parlent d’un sujet pour, soudain, s’indigner, sans forcément chercher plus loin que les infos qu’on leur donne. Ceci étant dit, je pense qu’on a été « victime » du même procédé en Chine avec leur Jeanne d’Arc = prostituée et « free corsica »

Je parle de cet exemple là car c’est le plus récent mais c’est pas vraiment nouveau. Souvenez vous, le tsunami. Quand le drame s’est déroulé, les dons ont été particulièrement massifs, l’émotion très vive. Jusque là, tout va bien. Mais une fois l’événement dé médiatisé, plus personne ne s’est préoccupé des pays dévastés par le tsunami. On a parfois quelques reportages sur le sujet mais si on faisait un appel au don aujourd’hui, ça ne donnerait pas grand-chose, à moins d’une grande soirée avec les stars, celles où on appelle à notre générosité.

Je suis toujours assez admirative de cette capacité à s’indigner sur commande. D’un côté, c’est rassurant, ça veut dire que les gens ne sont pas encore assez blasés pour réagir sur certains sujets. Mais de l’autre, j’ai de plus en plus la sensation de moutons qui vont là où les caméras tournent. La Chine a eu les JO vers 2000 ou 2001, ça n’a pas choqué les foules. De même, c’est pas vraiment nouveau les violations des droits de l’homme. Sans doute que le fait que la Chine fasse partie du G20 et qu’on signe des accords commerciaux avec eux a calmé les envies de dénoncer ce genre de choses, on préférait parler des progrès de la Chine et de son développement économique. Peu importe, à la limite. Mais ce qui me plaît moins, ce sont ces mobilisations qui ne sont que ponctuelles et superficielles. Par exemple, le SIDA : à une époque, on avait droit à de nombreuses campagnes sur le sujet, de la prévention en veux-tu, en voilà. Puis les campagnes se sont un peu espacées, les gens ont compris que la trithérapie était un vaccin qui guérit du SIDA et du coup, ça n’a pas raté : recrudescence du nombre de contaminés et des maladies vénériennes en général.

Alors que faire ? On peut accuser les médias de tous les maux mais arrive aussi un moment où les médias ne peuvent pas être responsables de nous, de nos opinions, de nos comportements. Quand les campagnes sont trop récurrentes, on se plaint du battage. C’est bon, on le sait, arrêtez de nous materner. Mais dès que la prévention se relâche, les gens aussi. Le sida, c’est pour les autres, on va se passer de capotes. Et la chaude-pisse, hein ? On n’en meurt pas mais c’est pas très agréable, à ce que j’ai cru comprendre. Peut-être
qu’il faudrait éduquer les gens à voir au-delà de leur écran de télé et à faire fonctionner leur neurone plutôt qu’on leur donne les préconisations d’une vie saine.