Le féminisme doit-il exclure les hommes ?

Pour ceux qui ne seraient pas au courant, aujourd’hui, c’est la journée contre la violence faite aux femmes qui se décline sous plusieurs angles avec notamment la journée de la jupe initiée par Ni putes ni soumises qui revendique le droit de porter une jupe sans être traitée de tous les noms. J’en suis, j’ai une jupe, je suis morte de froid. J’ai lu par ailleurs des articles sur le sujet, je vous invite à lire celui de Galliane que j’ai trouvé pas mal du tout. J’en ai lu de très mauvais par contre, j’ai été pas mal déçue par certaines plumes devenues salement aigries sur le sujet.
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Parallèlement, nous avons une pétition sur le site contre le viol. Ca ne consiste pas à dire « je suis contre le viol » parce que ça ne servirait à rien sinon (un peu comme les groupes « je suis pas raciste » sur FB que je trouve profondément creux) mais revendiquer une vraie prise en charge des victimes, un procès en assise pour les coupables, de meilleures formations pour les personnels soignants… Le site se base sur un slogan « la honte doit changer de camp ». Il est vrai qu’il existe de très nombreux cas où la victime développe un sentiment de culpabilité à base de « je lui ai fait confiance », « je suis allée chez lui », « j’étais habillée trop provocant », « je ne me suis pas assez défendue », sans parler des cas où la femme a eu un orgasme. Oui, ça arrive, c’est pas pour autant que ce n’est pas traumatique pour elle. Ok pour la baseline et même si le site est tournée vers les femmes, si la pétition portait quelques fruits, les hommes victimes de viols pourraient également en bénéficier.
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Et puis il y a ça : la marche de nuit féministe et non-mixte du samedi 27 novembre. Là par contre, je m’interroge. Pourquoi non mixte ? C’est quoi ce bordel ? Elles ont peur que les mecs viennent pour tenter de nous draguer ? Parce que la cause féministe ne concerne que les femmes et que les mecs s’en battent les couilles (limite au sens propre) ? On ne doit pas connaître les mêmes mecs alors. Oui, un mec vit moins souvent que nous (dire pas du tout serait un mensonge) les tentatives de drague très très lourdes, à la limite de l’agressivité, se font moins peloter dans le métro au gré des mouvements de foule. Bien que quand le métro est bondé, il est difficile de savoir si certains errements sont volontaires ou non. Mais c’est pas la question. Oui, je veux bien que les femmes soient plus victimes que bourreaux mais je ne comprends quand même pas pourquoi les hommes sont exclus de ce mouvement et même ça me choque. C’est pour ça que le féminisme tel que celui là me file des boutons et que je préfère me déclarer « égalitariste ». Même si un mec ne se fera pas forcément traiter de pétasse car il refuse de s’arrêter pour discuter avec un inconnu à une heure du mat alors qu’il est attendu chez sa tendre moitié (oui, c’est du vécu). Mais je ne pense pas qu’il faille être équipée d’ovaires pour comprendre à quel point c’est pénible.
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On est au XXIe siècle, les meufs, il serait temps de comprendre que le mâle n’est pas nécessairement notre ennemi et qu’il serait plus intéressant pour tout le monde de marcher main dans la main et se soutenir plutôt que de s’exclure. Je ne comprends pas quelles sont les raisons qui poussent les femmes à exclure les hommes de leur marche. J’aimerais bien savoir. Car j’en connais des hommes (au pluriel) qui se sentent également concernés, qui sont atterrés quand on leur raconte que oui, on se fait interpeller, siffler, mater de façon parfois gênante, insulter parce qu’on se prend pour des pétasses et qu’on ne répond pas aux sollicitations. Y a qu’à lire les comms sur cet article pour avoir une idée de l’ampleur du truc. Ah pardon, mec, je savais pas que le fait d’être dans la rue impliquait forcément que j’étais dispo pour a) t’écouter réciter ton laïus sur mon père qu’est un voleur car il a pris toutes les étoiles dans le ciel pour les mettre dans mes yeux (traiter mon père de voleur, tu commences bien), que j’ai fait tomber un truc, ah, ton coeur et autres banalités du genre b) me dire que ouais, je suis folle de toi, allons copuler gaiement ensemble car justement, je n’ai rien à faire. Et mettre une jupe ne veut pas dire que je suis en chasse, ça veut surtout dire que je suis coquette et que j’aime bien sourire à mon reflet dans la glace. Ca, un mec peut le comprendre alors forcément,les faits plus graves… Et puis vous vous êtes pas dit que certains hommes aussi en ont marre de ce comportement déplacé ? Qu’eux aussi ont le droit d’élever leur voix contre la violence des hommes faites aux femmes, ces femmes qui peuvent être leur compagne, leur mère, leur soeur, leur amie… ? Pourquoi leur interdire de participer ? Pourquoi leur interdire de dire qu’eux aussi, ils trouvent ça intolérable ? Depuis quand le militantisme doit être genré pour être pertinent ?
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Avez-vous manifesté pour protester contre le sort des Palestiniens ? Si tel est le cas, j’espère que vous êtes Palestienne, sinon, selon votre propre logique, vous n’avez rien à en dire. Et quand je parle de la Palestine, je peux parler de l’Irak ou du Tibet. Doit-on être exclu d’un combat juste parce que la génétique ne nous met pas directement dans le panier des concernés ? 

Je laisse la question ouverte.
PS : Et les travestis, ils sont pas admis ?

Livré avec indignation

Avant, je lisais  les journaux et débattait de l’actu avec mes amis. Aujourd’hui, plus produit : je travaille sur des forums et là, je lis les
considérations politiques des uns et des autres, de tous bords et milieux, toutes opinions politiques et c’est enrichissant… ou fatigant. Quoi qu’il en soit, le Français (mais sans doute pas que) a une capacité d’indignation assez épatante. Surtout quand les médias poussent à ça.

Récemment la France s’est émue et indignée : les JO vont avoir lieu à Pékin, quel scandale, ce pays ne respecte pas les droits de l’homme, c’est ignoble. Bon, alors, déjà, j’ai une question : pourquoi personne ne s’est indigné y a 6 ans ? J’ai l’impression que soudain, les gens atterrissent : de quo-a ?? C’est la Chine qui organise les JO d’été ? Mais c’est un scandale ! Bravo, je pense qu’on a là la palme de la réactivité. Félicitations. Bon, il y a des gens qui n’ont pas attendu que la cause devienne médiatique donc populaire, je me souviens que mon cousin avait une bannière contre ces JO sur son site dès le début des années 2000, quelques autres aussi. Mais quand même, j’ai un peu l’impression qu’il y a eu un gros atterrissage depuis 3 ou 4 mois et ça me fait lever les yeux au ciel. On mélange joyeusement tout : et les droits de l’homme, les gens exploités, le Tibet. D’ailleurs, il faut l’indépendance du Tibet et le dalaï lama, il est trop cool. Comme disait Jean-Luc Mélenchon : « les gens ne se rendent pas compte que l’indépendance du Tibet est réclamée par des
prêtres extrémistes. Vous voudriez être gouvernés par eux ? ». Alors soyons bien clairs : je ne remets pas en cause ce qu’il se passe en Chine en matière de non respect des droits de l’homme et compagnie. Ce qui me désespère, c’est que les gens attendent que les journaux parlent d’un sujet pour, soudain, s’indigner, sans forcément chercher plus loin que les infos qu’on leur donne. Ceci étant dit, je pense qu’on a été « victime » du même procédé en Chine avec leur Jeanne d’Arc = prostituée et « free corsica »

Je parle de cet exemple là car c’est le plus récent mais c’est pas vraiment nouveau. Souvenez vous, le tsunami. Quand le drame s’est déroulé, les dons ont été particulièrement massifs, l’émotion très vive. Jusque là, tout va bien. Mais une fois l’événement dé médiatisé, plus personne ne s’est préoccupé des pays dévastés par le tsunami. On a parfois quelques reportages sur le sujet mais si on faisait un appel au don aujourd’hui, ça ne donnerait pas grand-chose, à moins d’une grande soirée avec les stars, celles où on appelle à notre générosité.

Je suis toujours assez admirative de cette capacité à s’indigner sur commande. D’un côté, c’est rassurant, ça veut dire que les gens ne sont pas encore assez blasés pour réagir sur certains sujets. Mais de l’autre, j’ai de plus en plus la sensation de moutons qui vont là où les caméras tournent. La Chine a eu les JO vers 2000 ou 2001, ça n’a pas choqué les foules. De même, c’est pas vraiment nouveau les violations des droits de l’homme. Sans doute que le fait que la Chine fasse partie du G20 et qu’on signe des accords commerciaux avec eux a calmé les envies de dénoncer ce genre de choses, on préférait parler des progrès de la Chine et de son développement économique. Peu importe, à la limite. Mais ce qui me plaît moins, ce sont ces mobilisations qui ne sont que ponctuelles et superficielles. Par exemple, le SIDA : à une époque, on avait droit à de nombreuses campagnes sur le sujet, de la prévention en veux-tu, en voilà. Puis les campagnes se sont un peu espacées, les gens ont compris que la trithérapie était un vaccin qui guérit du SIDA et du coup, ça n’a pas raté : recrudescence du nombre de contaminés et des maladies vénériennes en général.

Alors que faire ? On peut accuser les médias de tous les maux mais arrive aussi un moment où les médias ne peuvent pas être responsables de nous, de nos opinions, de nos comportements. Quand les campagnes sont trop récurrentes, on se plaint du battage. C’est bon, on le sait, arrêtez de nous materner. Mais dès que la prévention se relâche, les gens aussi. Le sida, c’est pour les autres, on va se passer de capotes. Et la chaude-pisse, hein ? On n’en meurt pas mais c’est pas très agréable, à ce que j’ai cru comprendre. Peut-être
qu’il faudrait éduquer les gens à voir au-delà de leur écran de télé et à faire fonctionner leur neurone plutôt qu’on leur donne les préconisations d’une vie saine.

Où trouver l’homme ? Episode 9 : au bar lounge

(Hé, figure toi que cet article est une blagounette. En vrai, je cherche pas le prince charmant et je vais même plus au bar, en fait… J’ai la vie sociale d’une marmotte en plein hiver)

A la recherche du prince charmant

Après réflexion avec moi-même et avec toi, lecteur qui a plus de bon sens que moi, j’ai réglé le souci de ma compagnie, je débarque dans le bar avec deux copines maquées. Comme ça, à trois, on est pas assez nombreuse pour dissuader les charmeurs potentiels. Première mission : choisir une table en vue, histoire qu’on puisse un peu se faire remarquer. Ben oui, si on est dans un coin tout sombre, comment qu’un prince charmant pourrait me voir ? Bon, heureusement, une table sympa et en pleine lumière est libre, youpi.

Maintenant que nous sommes assises, va falloir choisir sa consommation. La bière, j’ai déjà expliqué que je n’aimais pas ça donc je vais prendre un cocktail plutôt mais là, va falloir pas trop se tromper. Je pourrais prendre du champagne mais ça fait pétassista… Un cocktail mais pas trop gros histoire de ne pas passer pour une alcoolique et pour ne pas parler trop fort après un verre. Déjà qu’avant, je suis pas toujours la plus discrète du monde. Oui, le but est certes de me faire repérer par un mec séduisant et tout mais si je parle
comme une pocharde avec la conversation qui va avec (exemple, lundi soir : « ohlala, ce mec, je lui aurais trop bouffé le cul ! » pile quand le serveur se penche à notre table), je pense que je peux me griller pas mal de coup. Bon, votons pour un cosmo, même si ça fait tragiquement Sex and the city.

Maintenant que le décor est posé, travaillons nos attitudes. Rire mais pas glousser ou s’esclaffer, avoir des gestes gracieux, envoyer ses cheveux dans tous les sens mais pas trop quand même pour ne pas passer pour une pintade finie. Soyons raffinée. Je regarde autour de moi pour voir un peu ce qu’il y a de bien, histoire de commencer à échanger quelques regards avec un beau jeune homme. Il paraît que c’est toujours la femme qui initie le jeu de séduction alors j’initie, j’initie. Enfin, si je trouve une cible, sachant qu’en plus, ma myopie ne me permet pas d’être hyper sélective non plus, vu que j’y vois rien. Bon, aucune cible verrouillée pour le moment, on va boire un peu entre copines en attendant de nouveaux arrivants.

Evidemment, les gens arrivent mais je vois pas toujours leur tête et je suis obligée de demander l’avis de mes amies « il est bien, lui ? –
Bof ! ». Ah mince, j’ai oublié un point capital dans mon choix d’amis : contrôler leur goût en matière de mecs. Je connais certes leur petit ami mais difficile de voir sur un mec si on a globalement les mêmes goûts. Non parce que s’il le faut, le mec « bof », moi, je l’aurais trouvé canonissime. Peut-être que c’était l’homme de ma vie mais suite à une différence de goût entre mes copines à bonne vue et moi, je l’ai laissé passer. Rah, faut penser à tout ! La prochaine fois, je leur montrerai les photos de tous mes exs officiels et officieux pour
qu’elles situent un peu ce qu’il me faut. Enfin, pour ceux dont j’ai la photo. Et pas la photo de leur pénis même si avec certains, je pourrais passer pour une petite chanceuse. Donc voilà, je montre les photos et surtout celles des plus beaux de mes exs histoire d’être sûre qu’elles ont bien compris. Alors le brun ténébreux, oui, avec les yeux verts, oui. La taille, je m’en fiche mais faut qu’il soit un peu bien habillé, quand même. Genre avec un pantalon à sa taille.

 

Le bar se remplit et il y a de plus en plus de brouhaha. On est obligés de parler plus fort et les tables voisines (où viendra peut-être ma cible quand j’en aurai trouvé une) sont susceptibles d’entendre ce que l’on dit donc amenons la conversation aux sommets pour passer pour une fille intelligente. Paraît que c’est pas forcément une bonne idée mais moi, je préfère. Donc on y va « vous en pensez quoi du parcours de la flamme olympique à Paris ? ». Hop, parlons actu, Tibet, droit de l’homme… Sauf qu’inévitablement, la conversation dérape et on finit toujours par parler sexe et fanfreluches diverses et variées. Ok, c’est jouissif ce genre de conversation mais pour la séduction, je suis pas sûre…

Bon, il ne se passe rien dans le bar et j’ai des fourmis dans les pâtes. Il va falloir bouger. La semaine prochaine, je pratiquerai donc le smirting pour draguer.