Le nouveau champ des possibles amoureux

Par Audrey

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Sortir d’une rupture subie, ça vous met un peu les neurones au ralenti. Tu es tellement dans le vif, ton coeur éclaté en mille morceaux prend tellement toute la place que tu ne réalises pas alors qu’en sortant d’une relation que tu souhaitais totalement monogame, le champ des possibles amoureux s’ouvre soudain.

« J’ai le droit de draguer sans une once de culpabilité »
Un samedi soir ordinaire, un garçon a pris mon numéro. Hébétée, je lui dictais les 10 chiffres magiques, légèrement paniquée à l’idée que je n’avais pas le contrôle de la situation. Le contrôle de quoi précisément ? C’est à dire que je n’étais pas sûre d’être prête. Même si je savais que mon ex, trop occupé à sauter sa nouvelle poulette, ne reviendrait plus, j’avais encore du mal à envisager une nouvelle relation avec un autre homme. Lente, vous avez dit ?

Et puis, le lundi matin, à la machine à café, j’ai réalisé que cette nouvelle liberté n’était pas si mal. Alors que j’attendais que la machine remplisse un gobelet plastique d’un brouet sombre ressemblant vaguement à du café dans un vombrissement d’enfer, je sentis une présence derrière moi. Indifférente, je jetais un oeil par dessus mon épaule quand je reconnus la silhouette athlétique de Maxime, le directeur artistique. Je le salue poliment quand il lance la conversation « alors, ton week-end ? ». En lui répondant, je remarque soudain pourquoi la plupart des filles parlent de lui comme le fantasme absolu : oui, Maxime est séduisant avec ses yeux clairs qui pétillent, son nez droit et sa petite fossette au menton. Et là, mes neurones connectent enfin : j’ai le droit de le draguer. Je suis célibataire et si je veux, je peux tenter le coup sans une once de culpabilité. En voilà une perspective excitante.

De retour à mon poste, j’ouvre mon Facebook et fais défiler mes contacts pour dresser la liste des éventuels candidats à mon éveil amoureux. Adrien, pas mal, mettons le de côté. François ? Ah non, il est maqué depuis trois mois et ne cesse de poster des photos de son couple. Julien ? Ah non, c’est mort, c’est un copain de Benoît. Je ne suis plus très au fait de ce qui est correct ou pas en temps de rupture mais draguer un pote de son ex me paraît être une mauvaise idée quoi qu’il en soit.

« Je chope un rencard et j’hyperventile »
Toute excitée par ma liste, je n’entends pas mon mobile qui vibre dans mon sac. Ce n’est donc que quelques instants plus tard que je découvre ce message « Hello, c’est Valentin, on s’est croisés au bar samedi soir ! Ca va ? ». Après quelques échanges de textos polis mais peu intéressants, la question tombe enfin : « on va se boire un verre vendredi soir ? Ca te dit ? ». Je suis au bord du vide, un, deux, trois… « Ouais ok ». J’ai sauté, l’élastique est en train de se tendre. Va-t-il craquer ou me permettre de ne pas me fracasser au sol.

En résumé : j’ai un rencard. Le premier rendez-vous avec un homo sapiens sapiens de l’ère post Benoît. Ok, faut que je convoque mon conseil de guerre avant vendredi histoire de calmer mon hyperventilation. SMS aux filles « SOS, j’ai un rencard ! Faut qu’on se voit, viiiiite ». Le champ des possibles amoureux, c’est excitant mais ça file vite le vertige.

 

PS : Je progresse, niveau illustration ! Sinon, j’avais pondu ces 2 versions là :

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Mais cette dernière perd trop le côté un peu BD, non ?

La médisance est une manipulation

Débutons cet article par un aveu : je peux être une belle langue de pute. Parfois, je suis saoulée et celui ou celle qui a provoqué cette fatigue va en prendre pour son grade. Dans son dos la plupart du temps, oui. C’est mal ? Ca dépend.
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Pour moi, la médisance a toujours été une sorte de soupape. Mise en situation pour expliquer le machin. Imaginons que je sois super copine avec Louise, une fille dont j’apprécie énormément la compagnie. Oui mais voilà, Louise a un travers qui m’agace ou a réagi de façon qui me paraît incongrue. Bref, ça gratte un peu. Nous avons face à nous deux solutions : vider son sac ou se contenir. Evidemment, si le problème empoisonne nos relations, il faut parler mais parfois, on sait que ce n’est rien, une petite tracasserie qui n’a pas d’importance, qui nous paraît chiante parce qu’on n’est de mauvaise humeur. Pas la peine d’en chier une pendule à 13 coups mais on a besoin d’en parler histoire d’évacuer donc plutôt que de provoquer un drame, on vide son sac auprès d’une tierce personne. On parle puis on oublie. Parfois, ça m’amuse de médire juste pour brosser des portraits un peu au vitriol de personnes de mon entourage. Parfois, je médis car j’ai peur d’exploser à la figure de quelqu’un qui ne le mérite pas forcément ou que j’ai peur de blesser.
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Mais chez certains, la médisance est une stratégie. Premier effet évident de la médisance : descendre quelqu’un. On va mettre un peu en situation. Vous venez d’arriver dans une nouvelle boîte, vous voilà à la machine à café, escorté par Carole, votre collègue qui a l’air drôlement sympa. Mais a-t-elle tourné le dos qu’on vient vous prévenir. On pouvant être un homme ou une femme, j’ai entendu pas mal de saloperies de la part de mec, la médisance n’est pas typiquement féminine. Donc mettons que le médisant ou la médisante soit Alex(andre ou andra). A peine Carole s’éloigne-t-elle de vous, donc, qu’Alex débarque « tu sais, Carole, tu devrais te méfier car [truc à la con] ». L’avertissement peut parfois être sincère mais de façon générale, on est assez grands pour constater rapidement que Carole est pas seule dans sa tête, si tel est le problème. Mais peut-être qu’Alex n’a pour seul but que de démonter Carole car ils sont en concurrence pour un poste, par exemple, et ça sape méchamment par derrière pour prendre l’ascendant. Ou il y a eu un truc entre Alex et Carole, ils/elles ne se parlent plus et, même si vous en avez franchement rien à foutre, vous êtes censé devoir choisir un camp.
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Mais il y a dans la médisance un 2ème effet Kiss Kool, plus pervers : on vous manipule. Pas tellement pour détester Carole finalement mais plutôt pour aimer Alex. Ah cet-te Alex, quelle crème ! Il/elle me fait vachement confiance, tu vois, il/elle me prévient des gens dont je dois me méfier, on devient amis et on se confie nos amitiés… et surtout nos inimitiés. Qu’est-ce qu’on s’est marrés l’autre jour en se foutant de la tronche de cette pauvre Carole. Car oui, la médisance reste un lien social, un « nous contre les autres cons ». Les médisances sont enrobées pour passer pour des confidences, pour des marques de confiance. On dézingue tout en prenant l’autre sous notre influence. Manipulation basique mais au fond, les amitiés se construisent aussi grâce à des « ennemis » communs. Le manipulateur observera qui vous aimez et surtout qui vous agace et attaquera là. « Tu l’aimes pas Carole ? Ohlala mais moi non plus ! Viens, prenons un café et vidons notre sac ». Et puis, plus on convainc l’autre qu’on sait choisir les bonnes personnes, ou non, plus il sera facile d’influencer. La médisance ne serait alors qu’une sorte de pied dans la porte, une première marche dans la manipulation.
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Je parle du monde du travail mais ça arrive aussi dans la vie privée. Parce que des fois, des gens ont besoin de se construire une sorte de harem amical dont ils sont le roi ou la reine, un harem construit sur la détestation de ceux qui ne sont pas admis dans le cercle pour diverses raisons. D’ailleurs, le jour où vous commencez à soupirer devant tant de méchanceté idiote, rassurez-vous, c’est sur vous que ça va commencer à persifler dès que vous aurez le dos tourné. Je vous jure, ça existe, ça m’est arrivé. Mais à un moment, quand on n’a que des médisances à se dire, une alarme finit par s’allumer dans mon cerveau : soit tu n’as rien à me dire, soit tu cherches à m’endormir pour mieux m’influencer. Quoi qu’il en soit, rien de bon pour moi.

Le linguiste était presque parfait de David Carkeet

Après l’Everest Ulysse, j’avais besoin d’un peu de légèreté. En novembre, lorsque je descends pour le baptême de mon neveu adoré, je trouve un livre posé en évidence dans ma chambre chez mes parents « le linguiste était presque parfait » de David Carkeet . Tiens, si ma maman m’a laissé ça là, c’est qu’elle doit penser que je vais aimer.

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Ma mère, elle a le don de vous donner envie de lire « ahlala, je l’ai pas aimé ce livre, je l’ai même pas fini mais je suis sûre qu’il va te plaire vu que tu lis des trucs bizarres ». Ah ok. Donc le pitch : Jeremy Cook est linguiste dans un centre qui étudie de très jeunes enfants laissés là en crèche. Un journaliste vient faire un tour pour voir comment ça se passe, Jeremy lui fait gentiment faire le tour mais cette journée somme toute normale dérape : le lendemain matin, on retrouve le corps d’un membre de l’Institut dans le bureau de Jeremy. Le journaliste a, quant à lui, disparu. Démarre alors une double enquête pour Jeremy : savoir qui a tué son collègue (et l’a gentiment déposé dans son bureau) et surtout pourquoi la petite nouvelle, évidemment bonnasse, a dit à la machine à café qu’il était un vrai trou du cul alors qu’il la connait même pas (mais qu’il lui montrerait bien son phallus).

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Les 250 premières pages sont assez jouissives, entre polar et théories linguistiques et sociales. Jeremy mène son enquête tout en papotant avec le roublard inspecteur qui se la joue très Columbo (j’ose avancer que ce personnage est d’ailleurs directement inspiré de notre inspecteur à imper), il pose des questions un peu anodines à Jeremy, lui soumet des hypothèses un peu tordues pour tenter de le faire sortir du bois. Notre sympathique linguiste récupère grâce à la femme de son collègue mort le travail de ce dernier qui bossait sur l’inimitié totale, l’anti ami par excellence. Jeremy découvre alors un tableau des amitiés et inimitiés de son entreprise : tout le monde aime notre héros…sauf son « meilleur ami du boulot », justement, qui semble être plutôt neutre par rapport à lui, tout le monde déteste un mec qui aime tout le monde et tout le monde déteste le patron.

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Et puis soudain, tu sais pas pourquoi, accident industriel. Davis Carkeet avait-il un train à prendre ? Je sai spas mais niveau fin bâclée, il fait fort. En 30 pages, on découvre qui est l’assassin (le salopard de l’histoire, sans aucune surprise), Jeremy se tape la petite nouvelle bonnasse. Même si Jeremy démasque le tueur grâce aux idiomes d’un enfant de deux ans s’exprimant en onomatopées (technique intéressante ceci étant dit), ça tombe franchement comme une cheveu sur la soupe « allez, voilà, c’est lui le tueur, circulez, y a plus rien à voir ». Je. Pour vous situer le niveau de la fin, revenons à l’histoire de la bonnasse qui traite Jeremy de trou du cul, voici le dénouement [spoiler mais sans aucune importante] « ah mais je parlais pas de toi mais du cuistot (the cook) d’un resto, ohlala ohoh, quel quiproquo ». Voilà, voilà…

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Bref, 250 pages sur 300 de très chouette, c’est déjà pas mal. Mais autant une fin géniale peut sauver un livre moyen, autant l’inverse ne se vérifie pas… hélas. Au moins, ça m’a permis de me laver la tête d’Ulysse, c’est déjà ça de gagné !

Radio potins

Je vous l’ai dit hier, y a 10 jours, j’étais en séminaire. Soirée dansante, on s’amuse, on rigole, ça se frotte un peu. Sauf qu’il y a frotti frotta mignon et frotti frotta “heu… Prenez une chambre, là…”. Alors forcément, quand les corps s’effleurent de façon suspecte, radio potins se met en marche.

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Déjà, vendredi soir, en retournant dans ma chambre à 2h30, je retrouve Caroline aka collègue chouchoute avec qui on analyse régulièrement ce qu’il se passe dans l’agence. Je prends une douche rapide puis on décortique. “Ohlala, X et Y, c’était chaud, t’as vu ? Et Z et W, ils sont ensemble, non ? Ils se cachent pas de toute façon !”. Lundi à la cantine, radio Potins repart à fond les ballons pour les absents du séminaire. Bilan : on a deux couples officiels dans l’agence, des suspicions d’attouchements dans le secret des chambres d’hôtel, quelques suspicions assez délirantes et très certainement fausses. Peu importe le vrai du faux, je vais pas investiguer non plus (surtout que ce ne sont pas des personnes particulièrement proches de moi. Voire des “heu… bidule ? Non, je vois pas du tout qui c’est… Aaaaah lui! Ah si, si, je pensais juste qu’il s’appelait Machin”. Je suis parfois un peu nulle au jeu du qui est qui). Si je ne suis pas directement impliquée, je me fiche un peu de ce qu’il se passe dans la chambre à coucher des employés de ma boîte. Mais il n’en reste pas moins que la rumeur, le potin, reste vraiment un liant social des plus intéressants.

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J’ai fréquenté plusieurs boîtes dans ma longue carrière (ouais, j’ai passé les 6 ans, pif paf !) et Dieu seul sait que les rumeurs sont un composant essentiel des relations entre collègues. Pas seulement pour les histoires de fesses, d’ailleurs, on aime se parler de qui a dit du mal de qui, qui est sur la sellette… Je me souviens de la terrible histoire de la gifle chez TGGP. Une femme arrivée peu de temps avant a été licenciée en période d’essai. Rien de bien incroyable en soi sauf qu’il se disait que son licenciement était lié à une altercation avec l’éditrice de TMF et qu’il y aurait même eu tentative de gifle sur l’employée désormais indésirable. Evidemment, la rumeur a gonflé, la baffe était devenue réelle. J’ai eu enfin le fin mot de l’histoire par l’éditrice censément agressée qui nia l’histoire de la baffe (mais l’altercation au sujet d’une place de parking était, elle, bien réelle. Un emploi tient parfois à peu de choses). On se partage les rumeurs échangés à voix basse à la cantine, à la pause clope ou à la machine à café, penchés les uns vers les autres tels des conspirateurs. Parce que savoir (ou penser savoir), c’est le pouvoir. C’est montrer qu’on est bien placés, qu’on connaît les bonnes personnes.

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Puis je suis pas dégueulasse en captage de trucs. En fait, je suis redoutable. Planquée derrière mon écran, isolée du monde par mes écouteurs, on ne se méfie pas de moi. Sauf que parfois, mes écouteurs ne diffusent aucune musique et mes lunettes me permettent de bien voir. Je remarque les malaises ou les regards de connivence. Je cerne les approximations dans les discours, les procrastinateurs agitant des bras pour mimer la suractivité, ceux qui utilisent l’agressivité ou une autorité excessive pour masquer un manque de confiance en leur capacité. Ceux qui sont curieusement très proches et ceux qui ne le sont soudainement plus.

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Et ça papote. Tu crois que… Noooooon ! Evidemment, ça tourne surtout autour des histoires de fesses qui font ricaner à la cantine. Parce que tu comprends, Bidule, il est peut-être marié mais t’as vu comment il reluque Machine ? T’as vu comme ils se sont pas quittés durant la soirée du CE ? Ca veut bien dire ce que ça veut dire hin hin hin ! Souvent, Radio Potin imagine des histoires qui n’existent pas et je dirais “heureusement”. Si toutes les coucheries supposées étaient bien réelles, on n’aurait plus le temps de bosser dans cette boîte !

La liste de la fille qui a les cheveux rouges

Des fois, la teinture maison, ça fait pas ce que tu attendais.

– Il se passe de vrais drames dans ma boîte. Par exemple, mercredi, nous avions le Noël des enfants. Mais drame ! Une semaine avant, quelqu’un a volé les affaires du Père Noël stoquées dans le local du CE, ne restait que le manteau. A l’arrivée, j’ai pas su si on avait rendu les affaires manquantes ou si quelqu’un en avait prêté mais je me pose une question : qui irait voler ce genre de trucs ?

– Visite chez mon osthéo qui s’extasie : “c’est fou comme votre corps a changé depuis votre première visite ici” (en mai). Voilà, je suis officiellement toute retapée et j’ai même des petites astuces pour réparer mon dos en cas de nécessité car j’ai une foutue cambrure naturelle.

– Le technicien informatique a voulu m’installer un nouveau pc, j’ai dit “plutôt en début d’après-midi”. C’était y a 10 jours. Je dois donc relancer l’opé “un nouvel ordinateur”.

– Je travaille dans une boîte vraiment très joueuse. Pour Noël, ils nous organisent une soirée… Dans un ancien club échangiste qui a conservé son décor d’origine. Je me demande s’ils vont nous distribuer des capotes à l’entrée…

– Va falloir un jour que j’explique aux hommes que quand je dis “non, j’ai pas envie”, c’est pas pour qu’ils insistent…

– Depuis que je suis rou-rousse; le séducteur quinqua de la plongée se souvient de mon existence…

– “Mais sinon, tes cheveux là, c’est fait exprès ou tu t’es ratée ?

– Par contre, cette couleur cartonne chez les plus de 50 ans, donc… Et chez les moins de 6 ans. Mercredi, Noël des enfants, donc. Une collègue vient avec sa petite fille qui a 5 ans. A un moment, elles viennent toutes les deux me voir : “Voilà, c’est Nina, tu voulais la voir.” Hein ? La petite voulait me voir ? Mais pourquoi ? Réponse le lendemain dans la bouche de mon directeur de pôle : “Oh ben t’as cartonné avec les petits hier, ils ont adoré tes cheveux, la fille de Collègue voulait à tout prix venir te voir”. Supeeeeeeeeeeer !

– Maintenant, je maîtrise la maille envers et je suis très fière de moi. D’ailleurs si tu tricotes et que tu as envie de faire une bonne action, clique ici : http://www.larcenette.fr/2011/et-si-vous-tricotiez-utile/

– En ce moment, je ne suis pas sereine, ma grand-mère s’éteint petit à petit donc je passe mes journées à attendre LE coup de fil. Alors forcément, quand mon réveil se déclenche à 1h30 alors qu’il est réglé à 8h10, je panique un peu. Bon, ma grand-mère étant toujours là, la seule explication plausible est : micro coupure d’électricité. Mais ça m’a bien fait flipper.

– Conversation entre collègues : Lui : “T’as pas trop un prénom porté par des gens célèbres” Moi : “Dès que je trouve mon domaine de prédilection, je deviens célèbre “ Lui : “Le porno ?”. Ils mettent quoi dans la machine à café ?

Voilà, une quinzaine qui sent le souffre et les cheveux rouges, quoi.

Le drame des sapins de Noël en entreprise

La semaine dernière, j’ai travaillé. Peu, 2 jours. Petite ambiance post apocalyptique avec, au max, un employé sur 3 à son poste. Pour vus dire, quand je suis arrivée jeudi matin à 9h20 (parce que j’avais dormi chez Vicky qui travaille tôt), c’est limite si j’ai pas été percutée par une botte de foin roulant par là. Mais surtout j’ai été accueillie par le sapin de Noël. Ou plutôt ce qu’il en reste.

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Jeudi soir, rendez-vous pro dans une boîte qui n’est pas mienne. En attendant mon rendez-vous, je zieute leur sapin. C’est marrant, on dirait le même que nous : en rouge et blanc, il fait la gueule et pas qu’un peu. et j’ai trouvé ça triste. Il y a bien sûr l’explication de l’air chaud en boîte qui le fait lentement s’étioler alors que le sapin familial chez moi était encore tout pimpant quand je l’ai quitté mais je m’en fous de l’explication physique, en fait, c’est pas de ça dont j’ai envie de parler. Non, en fait, je trouve la déprime de ce sapin très symptomatique de cette période étrange qu’est Noël dans une entreprise.

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Déjà, je précise donc que mon entreprise ne ferme pas entre Noël et le Nouvel an comm vous pouviez vous en douter, je suis pas allée bosser par philantropie. Mais la masse salariale a considérablement diminué. Quand je suis revenue jeudi, nous étions 3 sur notre bloc sur les 8 employés. 4 étaient donc en congés et une en maladie. On pouvait aller à la
machine à café sans faire la queue, idem aux toilettes, on recevait au mieux un mail par heure, le calme régnait dans l’open space. Une vie un peu au ralenti, comme si nous étions tous victimes de l’hibernation malgré la chaleur tropicale qui règne dans le bureau. Et après, je m’étonne d’être malade tout l’hiver. Mais peu importe, nous ne sommes pas là pour débattre de la température ambiante en open space. Puis ça me change de l’an dernier où j’enfilais mon sweat de gym par dessus mon pull tellement je mourrais de froid. Bref, je disais donc vie ralentie. Et le sapin, il fait pareil, il décline en même temps que l’activité de la boîte, laissant un étrange sentiment de lendemain amer.

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Revenons au vendredi 17 décembre. C’est le Noël des enfants. A 17h, ça crie, ça piaille, ça court, le sapin étincelle, entouré d’une ribambelle de cadeaux et d’un beau Père Noël, rouge et barbu comme il faut. Pendant que les petits déballent et que l’un d’entre eux vient me montrer son cadeau dont je n’ai toujours pas compris le nom, les grands avalent petits fours et champagne en devisant gaiement. Pour une part d’entre nous, dans quelques minutes, ce sont les vacances. Tant pis pour les dossiers qui traînent, à 18h, après une ou deux coupes de champagne, c’est la désertion. On se revoit en 2011, hein ! 18h, extinction des feux dans une certaine euphorie, dans un grand bruit festif. Pendant 15 jours, les survivants pianoteront mollement sur leur clavier, se disant que ce soir, à 17h, ils seront partis vu que personne ne vérifie leurs allers et venues. La vie sociale de l’open space s’étiole, personne ne parle vraiment, tout le monde a en tête ses derniers achats de Noël ou son réveillon. Ah tiens, un mail ! Ah non, c’est une réponse automatique m’informant que mon interlocuteur est en congés et reviendra en 2011. Si personne ne me répond, autant partir.

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Je trouve que la déprime du sapin est assez symptomatique de cette non vie durant ces 15 jours, successifs à une ambiance festive où tout le monde est clinquant, de bonne humeur. On peut ne pas aimer les fêtes de fin d’années, le champagne fait toujours son petit effet. Et je trouve que ça fout le cafard. Rentrer de vacances alors qu’on n’en a pas envie pour trouver un sapin qui fait la gueule, vestige d’une époque très proche où les vacances étaient encore à venir et non pas derrière nous. Les lendemains de fête ont toujours la même gueule : l’euphorie passée, ne reste que le ménage à faire et la gueule de bois, l’envie d’y retourner encore parce qu’on ne veut pas croire que c’est déjà fini et celle de se noyer dans un verre d’aspirine. De se dire qu’on retourne déjà au boulot dans 2 jours, qu’on sera accueilli par un sapin qui fait la gueule avec ses guirlandes pendantes, ses boules qui menacent à chaque seconde de s’écraser en mille morceaux quelques mètres plus bas, retenues de justesse par une branche molle à l’agonie et je ne vous parle même pas des épines ni de la bonne odeur de sapin partie avec l’humeur de la fête.


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03 janvier, ambiance gueule de bois.

C’est quand qu’on va où ?

Allez, les amis, c’est parti, on a décidé que cette année, on partait en vacances, youpi ! Mais là, faut répondre à trois questions essentielles :

– où

– quand

– comment 

Aujourd’hui, penchons nous sur le quand qui semble être la question la plus facile à résoudre mais ERREUR ! A partir du moment où tu quittes les études, le choix des vacances devient une lutte de tous les instants. Et quand t’es chômeur, tu pars pas ou avec l’angoisse de partir au mauvais moment.

Juillet et août : un butin de 9 semaines à se partager et personne ne va se faire de cadeaux, autant le dire. Pour te ramener du café de la machine, t’aider à réparer l’imprimante qui ne marche jamais, répondre à ton téléphone, il y aura toujours quelqu’un (enfin, normalement) mais pour céder un jour de vacances, là, il ne faut pas y compter. L’attribution des vacances se fait selon une logique de priorité, un peu comme les places dans le bus : plus t’es jeune, valide et pas enceinte, moins tu as de chances de t’asseoir. Et bien
les vacances, c’est pareil : moins t’as d’ancienneté et d’enfants, moins t’as ton mot à dire dans le partage des congés. D’ailleurs, si tu n’as ni enfant ni mari, tes vacances, tu les prends en septembre ce qui, depuis quelques années, est quand même le mois le plus agréable de l’année, même s’il fait nuit plus tôt qu’en juillet. 

Cette année, je devais combattre avec Simon et Ioulia. Dans l’ordre hiérarchique : Simon puis Ioulia et moi à égalité. En fait, comme j’ai le statut cadre, normalement, je suis avant Ioulia mais mon statut, il ne sert pas à grand-chose, juste à faire joli. Simon posant la semaine de fin juillet et la première d’août, Ioulia et moi devons nous partager la fin du butin. Je prends les semaines du 07 et 14 juillet, Ioulia du 21 et du 28. Donc si t’as bien suivi, y en a une qui se retrouve seule la semaine du 28 au taf… Heureusement
qu’on a une stagiaire, ça va être drôle à deux. Mais à l’arrivée, tout le monde a les vacances qu’il voulait, youpi ! 

Mais si j’ai de la chance, ce n’est pas le cas de tout le monde. En général, dès que vous ouvrez la bouche sur le sujet, ça fuse : « non mais avec mes enfants, tu comprends… », « on veut réserver à tel endroit et c’est vraiment cette semaine qui coûte le moins cher… », « oui mais on va chez ses parents et c’est le seul moment où toute la famille peut y être, surtout que c’est l’anniversaire de pépé ». Pour peu que certains aient la bonne idée de se marier, ce qui arrive souvent en été ou, pire, d’accoucher, c’est carrément un casse tête chinois. Alors on peut jouer au « m’en fous, je ne ferai aucune concession » mais vu qu’on continue à travailler avec ces personnes le reste
de l’année, mieux vaut faire quelques concessions. Sinon, pour Noël, vous pouvez vous brosser. 

Donc, si vous avez une date de vacances très précise à prendre, commencer à en parler dès janvier pour être sûr de l’avoir. Après, chacun ses préférences. Je suis juillettiste depuis ma plus tendre enfance, sans doute parce qu’en août, il y a décidément trop de monde et le monde, j’en mange suffisamment à Paris pour pas en plus le retrouver à la plage. A moins bien sûr de choisir une destination peu prisée en été. 

Demain, on verra donc où on peut partir en vacances.

PS : N’oublie pas de m’envoyer ta lose de vacances à nina.bartoldi(a)gmail.com !

La liste de la fille qui keuf keuf atchoum sniiiiiiiirffffffff

Petite semaine puisque j’ai été malade depuis mercredi et j’ai passé mon temps libre à dormir ou à peu près.

– Me voilà donc enrhumée/anginée. En gros, j’éternue et je tousse, je crache mes poumons, mon nez est tout écorché, la joie, quoi. Comme je suis en tout début de CDI et qu’en plus, mon collègue de l’animation est en vacances, hors de question de pas aller bosser. Donc jeudi, en arrivant, je m’arrête au supermarché m’acheter du miel et du lait et c’est parti. Au boulot, ils sont catastrophés par ma voix, Romain me dit même de rentrer mais non, je reste fidèle au poste. N’empêche que j’ai une théorie sur les hommes et les femmes face à la maladie. Les femmes jouent toujours les infirmières avec leur homme malade alors que les mecs fuient les femmes malades vitesse grand V. Par exemple, vendredi, mes 3 « amants potentiellement recyclables », Semi-Russe, Gabriel et Nabil sont en ligne. Seul Semi-Russe vient me parler mais quand il voit qu’il n’y aura pas brouette, il se recasse aussi sec. Merci les mecs, moi aussi, je vous
aime.

– Donc me voici brune… prune. Au départ, j’avais prévu un châtain mais mes cheveux sont cons, ils réagissent jamais comme on s’y attend. Soit les couleurs prennent pas du tout,soit elles prennent trop bien. Donc me voici brune, j’achète du maquillage en fonction.  Bilan : ça change rien, j’ai juste eu droit à un compliment d’un de mes collègues qui dit que ça fait ressortir mes yeux. Sinon, mon nouveau surnom au boulot, c’est MissGothdu9*.


– J’aime bien ma boss, je la trouve plutôt cool, même si elle a pas passé une semaine super sympa. Lundi, réunion hebdo, on liste les bugs à régler en priorité (des fois, il arrive même qu’ils soient corrigés). Au milieu, son téléphone sonne « coucou mon papounet ! ». Mortel !

– Mes collègues me font marrer. Vendredi, on mange au bar/resto d’à côté. On discute et là, Romain sort une phrase hallucinante : « Non mais t’as quand même moins de chance de te faire faucher par un mirage en ULM que d’avoir un accident de voiture ». J’adore. Ensuite, fin du repas, on va jouer aux fléchettes. Oui, même moi, qui n’ai pas mes lunettes et suis légèrement fiévreuse donc je vois un peu en triple. Pour savoir dans quel ordre on joue, on envoie les fléchettes sur la cible, celui qui fait le plus grand score commence. Normalement, c’est Philippe, moi, Romain, Gonzague et les deux derniers mais là, une solide tractation débute entre les deu messieurs et finalement, Philippe et Romain échangent leurs places. C’était donc vachement utile de lancer une fléchette pour déterminer les places !

– Cette semaine, la RATP/SNCF m’a foutu la paix. Du coup, une semaine sans lose n’étant pas envisageable, la machine à café s’est chargée du dossier. Mardi matin, après une folle nuit chez Gabriel, il me pose dans le RER et c’est parti pour 30 mn de RER puis presque autant de métro. Je commence à somnoler donc sortir à ma station, je vais au supermarché voisin où y a une machine à café comme celle que l’on trouve dans toutes les facs. Je mets mes pièces, commande un capuccino et attends. Là, je vois que le gobelet se remplit, se remplit, se remplit. Putain, ça déborde ! Elle est con cette machine ou quoi ? Je récupère mon café, le gobelet est plein à rabord donc j’en renverse forcément un peu sur mes doigts, ça brûle ! J’essaie d’en boire un peu pou pouvoir marcher avec mon gobelet (oui, je dois aller au boulot quand même). En chemin, je me prends l’averse de ma vie donc mon cappucino, il est plus que dilué. Tout ça pour ça !

– Lundi soir, concert privé avec mon boulot organisé pour les gamins de ma plate forme ado. J’ai un badge « staff », trop la sse-cla. Bonne soirée avec les djeunz qui sont très sympas mais un peu timide au départ. Par contre, c’est le bal des « je m’incruste ». Le concert est à la base organisé pour les gamins, ils sont 46, il y a près de 300 personnes. De l’agence, il y a Claude, Jason et Nina, ma boss. Quelques autres avec qui je bosse de loin en loin. Mais surtout des tapeurs qui ont vu l’occasion d’aller à un concert avec open bar gratuit et qui pousse le vice à gueuler après les gamins qui s’amusent. Ca m’énerve ! Surtout que moi, j’ai pas pu venir accompagnée.

– Conversation téléphonique avec ma mère hier, elle me tient au courant des derniers potins. La semaine dernière, elle est allée à l’Ile de Ré avec mon papa et qui c’est qu’elle croise ? Ségolène Royal avec ses enfants et… son nouveau compagnon ! Un député-maire des Côtes d’Or. Sauras-tu retrouver qui c’est ?

– Mon nouveau pote Tchèque m’a montré des photos de leur soirée de Noël, je commence à mettre des visages sur mes collègues tchèques. Par contre, y avait une photo d’une revue porno pleine de zizis, je me demande quelle réputation je vais avoir moi, maintenant ! Sinon dans la série « les bloggeurs sont des psychopathes », certains d’entre eux ont trouvé l’adresse de l’agence et se proposent de venir foutre le bordel. Youpi…

– en attendant, j’ai posé une question chez les Ra7or et ils ont éludé ma question (je sens que j’ai attaqué un dossier, hum,
sensible) alors messieurs, c’est à vous.
Alors, quand une fille se caresse pendant que vous la brouettez, vous pensez :
– « merde, je suis un mauvais coup, elle doit se faire du bien toute seule »
– « waaaah, elle sait quoi faire pour prendre son pied, cool! »
– « elle a des morpions pour se frotter comme ça? »

Paris Dernière

Dans le paysage audiovisuel français, on a de tout (et n’importe quoi). Des émissions racoleuses, des émissions intellectuelles, des émissions musicales… Et puis il y a Paris Dernière, émission ô combien étrange qui ne ressemble absolument à rien de connu. Ca pourrait être un compliment mais non, ça ne l’est pas.
paris-derniere 

Cette émission existe depuis X années puisque j’en avais entendu parler dans Perso, à l’époque, quand j’étais en première année de fac, donc il y a 6 ou 7 ans. Le concept me paraissait intéressant : un gars se promène dans Paris, caméra au poing, et nous livre la vie de la capitale by night. Car s’il y a bien une chose que j’ai appris depuis que je vis ici, c’est que Paris ne dort jamais tout à fait. Le gars, c’est Frédéric Taddéï que j’avais vu dans Nulle Part Ailleurs aux côtés de Jérôme Bonaldi, soit. Mais bon, dans mon studio d’étudiante, j’avais pas le câble ni la freebox donc je ne pouvais voir ce soit-disant petit bijou d’originalité.

 

Il y a quelques temps, je suis passée chez free et là, j’ai découvert ce petit bijou… Ben ça pue la tocaille achetée aux vendeurs ambulants de la Tour Eiffel. En gros, l’émission a deux temps : d’abord, on nous présente les artistes underground de Paris, toujours « délicieusement subversifs », que les bobos snobs adooooorent tant. Genre on va à une soirée où un artiste vous cuisine du foie humain et tout le monde gobe ça avec délectation en s’extasiant sur l’esprit créatif dudit artiste. Je veux pas dire mais Hannibal Lecter a fait mieux. Et puis le foie d’animal, c’est déjà suffisamment dégueulasse pour pas que j’aille manger du foie humain. Donc voilà, M. Taddéï se promène dans la rue et rencontre des artistes parfois inconnus, parfois connus. Et M. Taddéï est profondément crétin. Nous avons tous dans notre entourage un mec (ou une nana) qui se la joue culturée genre je connais tout sur tout. Vous lui parlez d’un truc et il fait : « ah oui, je vois tout à fait. Moi, tu vois, je pense que… ». Sauf qu’il tombe complètement à côté de la plaque et vous le regardez d’un air navré : « Non, c’est pas ça du tout. » Je me souviens notamment d’une fois où il coince Michel Boujenah dans un resto. L’autre, il vient de se taper une représentation théâtrale, il veut bouffer tranquille et voilà Taddéï et ses caméras (oui parce qu’il a pas qu’une DV, il est suivi par une équipe) qui viennent s’installer à sa table. Bon, pour ceux qui ne connaissent pas Boujenah, ce monsieur est juif et il a fait une pièce sur le sujet et là, il tient un discours sur les origines, je ne sais plus quoi mais bon, en gros, c’est l’homme est homme avant d’avoir une nationalité.

Taddéï : ouais, ouais, t’as raison !
Boujenah : Et Taddéï, c’est quoi ? Italien
Taddéï : Ah non, c’est florentin ! »

Ah t’as tout compris à l’universalisme de l’homme que l’autre a mis trois plombes à t’expliquer, c’est bien.

Bon, des fois, y a des endroits sympas genre des petits bars, des petits restos ou des galeries mais bon, les trois quarts du temps, c’est atrocement bobo. De toute façon, faut pas se leurrer, Paris Dernière, c’est surtout fait pour montrer du cul. En effet, la deuxième partie montre en général du cul. Des anonymes qui baisent dans la rue ou des chauds du sexe qui croisent comme par hasard la route de M. Taddéï. Non parce que le Frédéric, lui, il se balade et hop, il croise un couple qui se rend chez le roi de la capote (véridique) donc il les accompagne. Curieusement, moi, quand je me promène dans la rue, à Paris, la nuit, la seule chose qu’on me demande, ce sont des clopes (ou des fois mes faveurs mais je réponds pas). Une fois aussi, M. Taddéï a croisé des gens en plein acte sexuel appuyés sur une Megan Scenic en pleine rue pour un « porno amateur qu’on mettra en ligne ». Il y a donc une bonne femme en pleine levrette et là,

interview :

« Vous faites quoi, là ?
– On baise (t’es con ou quoi ?)
– Ah mais vous faites quoi dans la vie ?
– Je suis comptable.

– Et dans votre entreprise, ils le savent que vous faites ça ?

– Mmmm, peut-être ! »

Oui, je la vois tout à fait, la Sylvie, arriver le lundi et expliquer à la machine à café qu’elle s’est faite troncher dans la rue par plein de gens très excités par la présence de caméras qui ne sont pas les leurs puisqu’en pleine interview, une bonne femme est venue lui lécher la tronche. Mais le plus merveilleux, c’est que la bonne femme parlait avec une voix tout à fait normale… Vous remplacez « je baise » par « je viens d’acheter mon pain » et la conversation n’aurait pas été différente. Curieusement, moi, en pleine levrette, j’ai du mal à soutenir une conversation… Enfin, j’ai jamais essayé mais je pense que ça aurait donné un « hmmmm oh oui, ahah, je baise, ahah, oh oui ! ». De la même façon, on a assisté à un strip tease intégral d’une pauvre fille en boîte, genre « je suis torride, je suis exhib », sauf que personne ne la regardait, c’est triste, hein ?

 

Une fois, aussi, scène très amusante, à mon goût. M. Taddéï tombe sur une écrivaine dans une boîte échangiste, je n’ai pas vu son nom à la fille (Eliette Abecassis ?). A un moment, il l’entraîne dans la backroom, on voit des gens qui baisent et la fille qui se la joue trop rebelle, elle se met à caresser une statue en exaltant les formes de la dite sculpture. Ah ouais, c’est sûr, j’irais dans une backroom, je m’extasierais sur la déco, moi aussi. Je suis une écrivaine subversive folle de sexe, je vais dans les backrooms et je caresse des statues,
mmm ! Donc, voilà, moi, je trouve ça très drôle. Autre grand moment : la scène dans la boîte SM avec une bonne femme d’au moins 60 balais torse nue qui balade son soumis avec une laisse avant de l’enfermer dans une cage pour qu’il lui lèche les bottes. Et bien une femme de 60 balais torse nue, ça fait peur. Sinon, nous avons eu aussi droit à une scène de partouze dans un appart,
j’ai pas compris comment on est arrivés là mais ce fut assez curieux de voir cinq ou six mecs totalement à poil ou juste le froc baissé (pas ridicule du tout, tiens), ramper sur une nana.

 

La semaine dernière, l’émission s’est finie par un « spectacle » trash donc hypra top tendance mais franchement, j’ai pas compris l’intérêt. Un mec à poil hurle des insanités et saute sur scène une poupée gonflable avec une bite en latex (la sienne sort de son carcan de temps en temps et il bande pas donc faut accessoiriser la chose). Bon au début, le mec, il a une sorte de couche. A un moment, il se frotte le bout, renifle ses doigts et se met à hurler dans un micro : « mon prépuce sent le fromage de chèvre ! ». Bon après, il décapite sa poupée gonflable qui meurt pas donc il la sodomise mais beurk, y a des défections et il fait manger ça à la tête de la poupée. Et là, on saisit toute l’essence de Paris
Dernière : sous prétexte d’être subversif et trash, on nous fait bouffer de la merde.

 

Ceci étant, y a quand même une chose de bien dans cette émission : la musique. Bon, ça fait très compil lounge mais c’est précisément ce que j’aime. Il existe des compils, d’ailleurs, je vous les conseille. La musique est gérée par Béatrice Ardisson, surtout connue pour être l’épouse de Thierry qui apparaît parfois dans 93, faubourg St Honoré. Globalement, je la trouve chiante, trop « mon mari est fantastique », mais elle arrive à sauver une émission du marasme complet. Bravo, Béatrice !