On se retrouve au métro, j’ai un grand manteau bleu

Petit aparté dans ma série sur les sites de rencontre qui touche peu à peu à sa fin. Récemment, je me suis retrouvée plusieurs fois à attendre des amis au métro et le petit bal que j’ai observé (enfin, je crois) m’a donné envie d’écrire ce petite article sur le pré moment T : quand l’un des deux est bien arrivé et qu’il attend l’autre, plein d’interrogation : va-t-il/elle me plaire ? Est-ce que la soirée va bien se passer ? Mais surtout, la question majeure : va-t-on se reconnaître ?

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Un soir, il y a quelques jours, j’attends un pote sur la place St Michel. Alors que j’étais légèrement saoulée de devoir attendre entre deux groupes de hip hop et un mec qui jette en l’air des jouets fluorescents pour touristes (mais bon sang que ceux qui achètent ça se dénoncent), je vois un mec s’approcher de moi et me fixer, chercher mon regard, interrogatif… Non, jeune homme, je ne suis pas ton date, je sais qui j’attends, moi. Je continue d’attendre, je vois une paire de personnes se saluer, je ressens un étrange malaise entre eux : une bise faite de loin, une discussion où aucun n’ose se regarder, des corps qui gesticulent dans le malaise. Etrange. Mon pote finit par arriver et nous quittons la place alors que le garçon qui cherchait mon regard continue de tourner, de scruter et d’attendre.

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Alors tout ça n’est qu’interprétation, bien sûr. Un autre soir, j’attendais une copine que j’attendis longtemps essentiellement car a) nous n’étions pas en train de nous attendre à la même station de métro (ça complique de suite) et b) je n’avais pas son numéro, je devais passer par Victor qui transmettait les informations, un peu compliqué. En attendant, je bouquinais tranquille au dehors, jetant un oeil sur mes voisins d’attente. Je vois notamment un joli garçon et une idée folle me vient : et si je faisais genre d’attendre quelqu’un et que j’allais lui adresser la parole en mode “Heu… Jérôme ?”. Et alors, il tomberait fou d’amour, nous nous envolerions ensemble et tout et tout. Je pouffe un peu mais soyons sérieux : Jérôme, ou peu importe son prénom, attend une personne et moi, j’en attends même deux…

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Pour être honnête, ça m’est déjà arrivé d’aller voir une personne et de lui demander si elle était la personne que j’attendais. Je parle pas forcément de rencards, d’ailleurs, je croise aussi des gens avec qui j’ai échangé sur le web pour des raisons plus professionnelles et que je dois rencontrer de visu pour concrétiser quelque chose. Tu as toujours ce regard flottant, tu dévisages la foule à la recherche de la personne qui devrait être celle que tu attends, tu en vois une, seule, qui semble guetter alors tu te lances “Pardon, tu es Florence ?” “Heu…non”. Et, évidemment, là, t’as toujours l’air un peu con.

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Alors, à force de rencontres avec des gens dont je ne connais pas le visage en vrai, j’ai développé quelques techniques :

  • choisir une station de métro où il n’y a qu’une sortie ou éventuellement une station dont vous connaissez les sorties. Non parce que si vous vous contentez d’un “on se retrouve au métro République”, je pense que vous allez passer la soirée à tenter de retrouver votre date (à Répu, on donne rendez-vous devant Habitat, déjà).
  • Ne pas trafiquer son téléphone. C’est ainsi que j’ai collé un petit vent à Victor la première fois qu’on s’est vus. Je jouais à un truc un peu con sur mon téléphone, un genre de casse-tête, je lève vaguement les yeux, vois un jeune homme qui me regarde un peu… et rebaisse les yeux. Deux minutes après, je percute… heu, le jeune homme, là, ce serait pas légèrement le gars que je dois voir ? Ah oui, tiens…A la limite, un livre, c’est mieux. Même si je peux coller des vents avec des livres aussi, je l’ai fait à Tatiana y a pas si longtemps
  • Porter une fringue visible. Un manteau, une écharpe, un sac, ce que vous voulez mais le look total noir, gris ou beige, c’est déjà compliquer la tâche, je vous le dis de suite.
  • Arriver en avance et envoyer un sms à l’autre pour lui dire où vous trouver. Comme ça, si y en a un qui doit avoir l’air con à interpeller des inconnus, ce ne sera pas vous.

 

Maintenant, quand vous attendrez quelqu’un devant une station de métro, vous saurez quoi faire : guetter ceux qui attendent peut-être leur premier date.

Amour toxique

J’ai lu y a quelques semaines La vie sexuelle des super héros. Quand j’étais en Égypte, dans un désert à la chaleur caressante et à la lumière enveloppante… Rah j’ai un cafard là ! Je disais quel j’avais donc lu ce livre sur je suis loin d’avoir adoré mais j’y ai trouvé un petit os à ronger : l’amour qui rend dingue et qui te pourrit tout.
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Dans La vie sexuelle des super héros, Mister Fantastic tombe fou amoureux d’une jeune femme et se retrouve embarqué dans ce genre de relation toxique, tellement obsédante que plus rien ne compte, plus rien n’existe. Il néglige sa famille, ses amis, son travail, viré parano et passe son temps à se questionner sur cette relation . Ça sur 150 pages, je vous cache pas que j’ai eu plusieurs fois envie de prendre mon élan et de lui coller une énorme tarte dans la gueule. Pourtant, qui n’a pas vécu ce genre de relation qui vous empoisonne littéralement la vie, la tête, qui fait sortir une partie de votre personnalité peu plaisante ?

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L’amour rend distrait dans un premier temps, un petit tour de magie des hormones, je suppose. Comme dirait la chanson « je ne pense qu’à toi, je bosse plus, je fous rien« . Combien de fois en réunion ou devant mon Pc mon esprit est parti vagabonder dans de doux draps retrouver les bras accueillants de mon aimé. Mais jusque là, rien de bien préoccupant. Évidemment, cette distraction amoureuse n’est pas forcément la meilleure alliée de votre rentabilité et on n’est pas à l’abri d’une boulette mais si on reste un minimum attentif, cet état amoureux est une douce balade sur les sentiers de la vie, pas un chemin de croix.

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Mais l’amour peut parfois être une belle saloperie qui va tout flinguer. Parfois parce que vous êtes tombés sur un connard ultime genre pervers narcissique ou autre psychopathe aimant par dessus tout briser menu sa proie. Mais parfois, c’est juste parce que ça sent pas la belle histoire. Parce que le mec est un connard tout court. Les princes et princesses charmantes* n’existent pas, faudrait s’en rendre un peu compte. Avec de la chance, on tombe sur un camarade de vie bien agréable qui nous rendra notre tendre amour. Avec pas de chance…

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Sauf que parfois, on n’a pas senti le truc venir et on se laisse piéger. On tombe amoureux de l’autre, on lui prête mille qualités et le petit vélo démarre « je suis pas assez bien pour lui/elle ». C’est même le ressort préféré des pervers narcissiques : si cet-te enfoiré-e réussit bien son travail de sape, à la fin, c’est limite si vous n’êtes pas censé le/la remercier d’avoir même daigné poser le regard sur vous et vous avez teeeeeeeellement de chance qu’il/elle vive désormais à vos crochets, pillant vos maigres économies tel un parasite de la société qu’il est (tout en vous parlant des millions qu’il a à la banque mais que vous ne verrez jamais car ils n’existent pas). Parfois, votre douce moitié ne fait rien pour vous rendre malheureux, l’amour toxique peut parfois prendre naissance tout simplement dans le cœur de celui qui se dévalorise. Parce qu’il a mis l’autre sur un piédestal et se ronge les sangs à penser qu’il finira forcément par le/la perdre.

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Alors l’autre devient l’obsession. On guette tous les signes qui prouvent qu’il/elle va nous quitter pour mieux. Paranoïa qui nous ronge, qui bouffe l’autre aussi, obligé de subir nos questions, nos doutes, nos peurs… Fatalement, cette attitude précipite ce que nous craignons le plus : la rupture. Parce que personne ne veut vivre dans un climat délétère, personne ne peut supporter ça. Et si ça vous pourrit la vie, est-ce vraiment la peine de s’entêter ?

*si, j’ai droit de décliner charmant au féminin, maintenant.