Analyse littéraire

Par Lucas(Dédicace à feu la classe de Terminale L, 1998, Lycée Richelieu et à Diane)

Dans un commentaire composé, vous analyserez le document ci-joint (Annexe 1) et ses enjeux, de manière ordonnée et structurée.

Depuis la nuit des temps (1), les artistes de variété ont su s’inspirer de la vie quotidienne afin de traduire, dans leurs créations, toute la diversité des émotions et des caractères humains. La preuve nous en est donnée avec le texte de cette chanson, publiée en 1990, qui nous interpelle de manière béante, sur la problématique inhérente des relations ambivalentes entre individus issus de classes socioprofessionnelles bigarrées. Dans une première partie, nous étudierons le début et, dans une seconde partie, la suite et la fin.

Un amour fulgurant.

L’auteur amorce son propos en nous prenant à partie d’un « moi », cinglant et malpoli, qui donne le ton à toute l’œuvre et suggère habilement l’intensité de l’émotion qu’il va nous communiquer. Il convient d’ailleurs de remarquer à quel point l’immersion est immédiate et la dissension bien suggérée grâce à l’utilisation d’une antiphrase subtilement amenée (« Moi je » (…) « toi tu »). Dans
toute l’œuvre, le rythme enlevé (phrase affirmative, concision de l’octosyllabe) n’est pas dénaturé par l’usage d’un vocabulaire soutenu : il trouve, au contraire, un adjuvant dans le champ lexical (« tu crèches », « meuf », « squatt ») afin de favoriser ladite immersion chez le lecteur.

Pour autant, ils convient de remarquer la justification facile (la fatalité) qui est mise en avant pour expliquer la rencontre entre les deux protagonistes, laquelle s’appuie néanmoins sur une vérité élémentaire, la mixité sociale évidente et facilement vérifiable par tout badaud, au sortir de la station Chatelet-Les Halles, un samedi après midi.Dans la droite ligne des contes pour enfants et des productions hollywoodiennes, l’auteur joue sur la notion d’amour impossible entre classes sociales trop différentes. On retrouve, bien entendu, un thème largement exploité auparavant (« Les bal des Lazes » de Michel Polnareff, « Pauvre Petite Fille Riche » de Claude François, entre autres). Il met ainsi en avant la rigueur et le manque d’ouverture entre les différentes catégories socio-professionnelles et, peut-être, les difficultés de l’éducation nationale à donner à chacun sa chance. On est ici à l’opposé du livre « E= MC² mon amour » où les deux héros, issus de différentes CSP, sont transcendés par leur surdouisme commun(d’aucuns diront, « leur surdouade »). Ce choix manichéen de l’auteur est affirmé, par la suite, dans les deux vers qui évoquent des employées de conditions modestes, caissière à Prisunic et employée aux PTT.

Le refrain se veut surement une métaphore de la maladresse du héros, celle qui l’empêche d’exprimer ses sentiments naissants avec clarté (« c’est toi que je t’aime ») et évoque sans aucun doute la réalité syntaxique de certains.  En ce qui concerne ledit héros, toute son impulsivité contenue se manifeste avec l’intensité des voix et une hyperbole, sentencieuse et finale : « vachement beaucoup ».

Un dénouement plein d’espoir

La référence à Jacques Brel, qui ouvre la seconde strophe, n’est certainement pas fortuite. En effet, en citant explicitement la chanson « Ne me quitte pas » ( » Je t’inventerai un domaine, Où l’amour sera roi » comparable à « Je ferai un domaine, Où l’amour sera roi, ») l’auteur suggère habilement, par une ellipse, la suite de la chanson initiale : « …où l’amour sera loi, Où tu seras reine ».  Pour autant, en donnant à son amour l’apparence d’un chemin de croix,  grâce à une accumulation d’épreuves (« je bosserai toute la semaine », « et que même si il le faut », entre autres) l’auteur évoque la cruelle fatalité qui semble guetter le héros. Néanmoins, il autorise, une fois de plus, une immersion du lecteur grâce à des références choisies qui résonnent en chacun de nous (« Ikea », « chez Sabatier », « chez Foucault »).

Le dernier couplet est des plus évocateurs. L’intensité du phrasé, avec une stichomythie en 3 voix, régies par une parataxe des plus éloquentes, donne une force incommensurable à ces quelques vers. Cette accumulation finale permet une amplification, simple et épurée, tout en renforçant le coté dramatique de l’intrigue. Ce dénouement en pirouette laisse l’auditeur transi face au mystère insoluble et pernicieux qui se résume en une question épurée : « va-t-il la serrer ? »

On peut trouver un indice dans le fait que les interprètes concluent leur chanson en reprenant, une dernière fois, le refrain, une tierce au dessus de la tessiture initiale mais sans en changer un seul mot, ce qui évoque bien l’aspect immuable des barrières sociales. Cela suggère, sans coups férir, la détresse finale du protagoniste mais aussi le cri d’une voix dans la nuit. C’est bien entendu une référence à Clamence dans « La Chute » d’Albert Camus ; Clamence qui prend conscience de sa fatuité après avoir entendu un cri (celui de la société), un soir, sur un pont, dans la nuit noire, dans la nuit noire et obscure, obscure et sombre…

Conclusion :

Satyre sociale qui évoque le gouffre entre la France d’en bas et la population privilégiée des beaux quartiers, cette chanson reprend le thème ancestral et pérenne de l’amour impossible (« Hélène » de Roch Voisine, « J’la croise tous les matins » de Johnny Halliday) avec une intensité et une rythmique idoine, tout en nous rappelant que le rock est avant tout la musique de la rébellion. Une belle leçon à tirer, sans aucun doute.

 


Annexe 1 :


 

 

(1) Depuis la nuit des temps : expression numéro 1 au top 50 des introductions bateau, honnies par les professeurs intègres depuis… la nuit des
temps.

Parce que la vie a besoin d’une B.O.

Par Enzo 

« Some dance to remember, some dance to forget » En paraphrasant « Hotel California », on pourrait dire que certains écoutent de la musique pour se

rappeler, d’autres pour oublier… Pourquoi peut-on avoir besoin de musique lorsque l’on ressent certaines choses ? Peut-être pour mettre une mélodie sur des émotions, comme l’on peut mettre
des mots sur des impressions. Une forme vaine de transcription physique d’un ressenti intérieur.

Il existe le terme romanesque, pour une vie « comme dans les romans ». Il manque le terme « filmesque » ou « cinesque » pour s’adapter à nos générations. La vie a besoin d’une bande son. Pour la sublimer peut-être, pour l’accompagner sûrement. Car la musique peut nous toucher si fort quand elle est liée a des évenements, des personnes ou des sentiments… Elle est le déclic, le moyen ou même renforcement mnémotechnique.

Musique pour se remonter le moral ? C’est le cercle vertueux. Je suis plutôt dans le cercle vicieux pour ma part. Musique pour accompagner, pour amplifier, pour sublimer la tristesse… Que les associations soit fait au gré du contexte (situations, personnes) ou plus intentionnelles (films), le résultat est le même. Un véritable chien de Pavlov.

Ma playlist s’intitule « Sick Sad World », et vous ?

Courrier des cœurs, réponse à Pepzone

Cette semaine, Pepzone nous a soumis la question suivante : « Est-ce que la drague par les blogs marche, et comment draguer sur un blog sans passer pour un troll ? »



La cellule Love and sex des vingtenaires s’est donc réunie et voilà ce qui a été dit :

Diane : La question peut être ambigue.  D’un certain point de vue, si tu me demandes est ce que la drague sur les blogs marche, je te réponds bien sûr que oui, et très bien, pour la simple et bonne raison que la drague, c’est apparaître au meilleur de soi même aux yeux de l’autre, enjoliver et sublimer un peu sa petite personne
pour attirer l’intérêt de l’autre. Alors si on ajoute à cela

1/le fait qu’on ait moultes et moultes cibles potentielles sur le net via le blog, et du coup plus de chance d’en choper une ou plusieurs à qui l’on puisse potentiellement plaire

2/ainsi que le fait que la toile et la virtualité de la chose ajoutent une bonne dose de mystère (à quoi il/elle ressemble? rhhaaaaa c’est sûr il/elle est le sosie de Jude Law/monica bellucci…) qui est, on le sait, un élément sacrément dopant de la séduction. [NB: je ne résiste pas à vous faire part de mon formidable et très révélateur lapsus orthographique, j’avais marqué « dupant » à la place de « dopant »… ça en dit long…]

..eh bien oui, le blog, c’est une fourmillière à drague. Après, si la question est « est ce que ça marche » dans le sens de « est ce que ça mène à quelque chose de vrai et de tangible » ..alors là, euh…… je dirais que tout de suite les statistiques chutent brutalement.

Vu que, forcément, on n’est jamais le même sur la toile qu’en vrai. (+je vous épargne toute la question de l’alchimie interactive et physique blablabla…) Bref c’est possible, mais à mon humble avis beauuuucoup plus rare.  D’autant plus que, comme tu le dis, vu que le net est un très bon moyen de rester anonyme, voire de ne pas
assumer ses actes (tout abject et aussi stupide que ridicule troll qui fait rien qu’à embêter Nina est en droit de se sentir visé), les gens ont tendance du coup à se méfier davantage.

Pour résumer: tout dépend de ce que tu attends de ta drague blogesque.

Lucie : Ma réponse sera brève puisque j’ai pas trop l’habitude de draguer sur des blogs…y’a pas de photos! et on a beau blablater sur la beauté intérieure, ça ne fait pas tout non plus!!! en outre, ma capacité innée à tomber sur des psychopathes me pousse à me méfier de ce type de drague…je sais, je ne suis pas une fille très
roots…

alors bon, je ne sais absolument pas comment éviter le syndrôme du troll…

Mais une petite note positive quand même: la drague par blog semble fonctionner relativement bien…

Nina : Alors, une petite révélation : le blog, en fait, c’est comme la vie. En gros, l’art d’une séduction réussie passe par la subtilité et le jeu. Quand je reçois un mail « c’est quand qu’on baise » ou « je suis partant pour un plan cul » d’un parfait inconnu, il est évident que le parfait inconnu se prendra une fin de non recevoir. Même pas une réponse. Je ne suis pas open cuisses, moi. Surtout que ça se voit que je ne traverse pas une disette sexuelle de plusieurs années donc si y a pas les formes, forcément… Donc humour, subtilité, se faire remarquer positivement. Ben comme dans la vie. Il ne faut pas avoir peur de la concurrence parce qu’en fait, elle est purement fantasmée. Si un jeu de flirt se déroule de temps en temps dans les comms, dans les faits, ça s’arrête là.

Allez, un petit conseil de derrière les fagots : en général, pour choper de la bloggeuse, vaut mieux avoir un blog soi même, ça permet de savoir à
qui on a à faire. Après, ce n’est pas garanti que ça marche mais de mon expérience, ça peut.

Bobby : Bien entendu, la blogosphère est un espace de drague comme un autre ! Parfois, la simple phrase « on se verra en réel » me sort par les orifices nasaux, parce que le virtuel n’est pas tangible, certes, mais il reste réel quand même. Quand on parle à quelqu’un sur msn, quelqu’un qu’on a pu rencontrer au détour d’un blog par
exemple, que ce soit un autre commentateur (rare, à mon avis) ou un blogueur (plus fréquent), on échange pas uniquement des flux de données informatiques, mais bel et bien des émotions, des sentiments, des pensées, bref, des morceaux de soi. Et l’écran n’est en rien un bouclier (même si, ok, il suffit de faire -bloquer-supprimer- pour achever une conversation, ce qui, dans un bar, est nettement plus difficile), contrairement à ce que l’on aimerait croire.
Pour ce qui est de la drague en elle-même, maintenant. Je pense que si t’es pas un troll, y a peu de raison pour qu’on croie que tu en es un, sauf si tu t’exprimes dans la langue des trolls (en gros, si tu es un boulet, mais ça, ça marche pas non plus « en vrai », donc les règles sont assez similaires). Si vraiment tu as peur de ne pas être pris au sérieux, évite de laisser un lien vers ton blog ou ton site, mais n’oublie pas de laisser ton mail (oui, tu peux ne pas t’exprimer comme un boulet, mais en être un dans l’âme, comme moi par exemple). Le coup de la drague, ouverte, par commentaire, peut avoir un effet de provocation assez sympa, mais si tu es timide, n’oublie pas qu’il est toujours possible de contacter l’auteur du blog en privé. Montre que tu connais ce qu’il/elle fait, que tu t’y intéresse, que tu veux absolument le/la rencontrer (oui, tu peux jouer les groupies, les blogueurs adorent ça…). Et puis faut se lancer, je trouve ça assez chouette de s’éprendre de quelqu’un pour l’humour ou la créativité qu’il/elle manifeste à travers son blog.

Lucas : Je rappelle à l’aimable assistance que l’auteur de ces lignes ne se prends point pour de l’excrement et qu’au delà de son égo surdimensionné (n’aurait-il que l’égo..?) il est, là encore, un connaisseur de la chose. En effet, les plus fervents lecteurs, ceux là même sui se levent en pleine nuit pour voir si l’article du lendemain est déjà en ligne et se faire dzinguer par la patronne suite à un abus de
« Preums », ceux là donc se rappelleront de la session de 10 semaines pendant laquelle 13 candidates se sont battues, griffées, lacérées et lapidées pour les beaux yeux du Lucas. Un Singulier-Pluriel que ça s’appelait…
Draguer sur un blog ne marche pas. On passe au mieux pour un mec rigolo si on fait des blagues drooooles, au pire pour un gros lourd si on a un Humour de Merde©2008, Lucas ®TM.

La subtilité qui est de mise laisse entrevoir un travail de longue haleine à moins de démontrer des qualités de lover impenitent aussi preste que fugace. Le blog ne se prete pas à la drague mais bel et bien à la séduction, belle et bien. Les blogueuses ne sont pas là pour qu’on les chauffent mais pour qu’on les acclame de manière
hysteriques en lachant 30s la truelle dont on se sert pour construire un temple à leur culte. Là encore, le bon goût, la classe, l’allant, le panache sont des accessoires qui vont permettre à Dudule de passer du statut de lourdingue à celui de Don Juan.

 Dernière chose : les gens qui font moins d’un mètre soixante dix sept ne doivent pas jouer avec certaines graciles naiades qui peuplent la colonne de droite. Comment ça je cafte ?

Si toi aussi, t’as une question essentielle, pertinente ou non, à nous poser, surtout n’hésite pas à te manifester ici ou en mail, c’est comme tu sens !