Courrier des cœurs, réponse à Pepzone

Cette semaine, Pepzone nous a soumis la question suivante : « Est-ce que la drague par les blogs marche, et comment draguer sur un blog sans passer pour un troll ? »



La cellule Love and sex des vingtenaires s’est donc réunie et voilà ce qui a été dit :

Diane : La question peut être ambigue.  D’un certain point de vue, si tu me demandes est ce que la drague sur les blogs marche, je te réponds bien sûr que oui, et très bien, pour la simple et bonne raison que la drague, c’est apparaître au meilleur de soi même aux yeux de l’autre, enjoliver et sublimer un peu sa petite personne
pour attirer l’intérêt de l’autre. Alors si on ajoute à cela

1/le fait qu’on ait moultes et moultes cibles potentielles sur le net via le blog, et du coup plus de chance d’en choper une ou plusieurs à qui l’on puisse potentiellement plaire

2/ainsi que le fait que la toile et la virtualité de la chose ajoutent une bonne dose de mystère (à quoi il/elle ressemble? rhhaaaaa c’est sûr il/elle est le sosie de Jude Law/monica bellucci…) qui est, on le sait, un élément sacrément dopant de la séduction. [NB: je ne résiste pas à vous faire part de mon formidable et très révélateur lapsus orthographique, j’avais marqué « dupant » à la place de « dopant »… ça en dit long…]

..eh bien oui, le blog, c’est une fourmillière à drague. Après, si la question est « est ce que ça marche » dans le sens de « est ce que ça mène à quelque chose de vrai et de tangible » ..alors là, euh…… je dirais que tout de suite les statistiques chutent brutalement.

Vu que, forcément, on n’est jamais le même sur la toile qu’en vrai. (+je vous épargne toute la question de l’alchimie interactive et physique blablabla…) Bref c’est possible, mais à mon humble avis beauuuucoup plus rare.  D’autant plus que, comme tu le dis, vu que le net est un très bon moyen de rester anonyme, voire de ne pas
assumer ses actes (tout abject et aussi stupide que ridicule troll qui fait rien qu’à embêter Nina est en droit de se sentir visé), les gens ont tendance du coup à se méfier davantage.

Pour résumer: tout dépend de ce que tu attends de ta drague blogesque.

Lucie : Ma réponse sera brève puisque j’ai pas trop l’habitude de draguer sur des blogs…y’a pas de photos! et on a beau blablater sur la beauté intérieure, ça ne fait pas tout non plus!!! en outre, ma capacité innée à tomber sur des psychopathes me pousse à me méfier de ce type de drague…je sais, je ne suis pas une fille très
roots…

alors bon, je ne sais absolument pas comment éviter le syndrôme du troll…

Mais une petite note positive quand même: la drague par blog semble fonctionner relativement bien…

Nina : Alors, une petite révélation : le blog, en fait, c’est comme la vie. En gros, l’art d’une séduction réussie passe par la subtilité et le jeu. Quand je reçois un mail « c’est quand qu’on baise » ou « je suis partant pour un plan cul » d’un parfait inconnu, il est évident que le parfait inconnu se prendra une fin de non recevoir. Même pas une réponse. Je ne suis pas open cuisses, moi. Surtout que ça se voit que je ne traverse pas une disette sexuelle de plusieurs années donc si y a pas les formes, forcément… Donc humour, subtilité, se faire remarquer positivement. Ben comme dans la vie. Il ne faut pas avoir peur de la concurrence parce qu’en fait, elle est purement fantasmée. Si un jeu de flirt se déroule de temps en temps dans les comms, dans les faits, ça s’arrête là.

Allez, un petit conseil de derrière les fagots : en général, pour choper de la bloggeuse, vaut mieux avoir un blog soi même, ça permet de savoir à
qui on a à faire. Après, ce n’est pas garanti que ça marche mais de mon expérience, ça peut.

Bobby : Bien entendu, la blogosphère est un espace de drague comme un autre ! Parfois, la simple phrase « on se verra en réel » me sort par les orifices nasaux, parce que le virtuel n’est pas tangible, certes, mais il reste réel quand même. Quand on parle à quelqu’un sur msn, quelqu’un qu’on a pu rencontrer au détour d’un blog par
exemple, que ce soit un autre commentateur (rare, à mon avis) ou un blogueur (plus fréquent), on échange pas uniquement des flux de données informatiques, mais bel et bien des émotions, des sentiments, des pensées, bref, des morceaux de soi. Et l’écran n’est en rien un bouclier (même si, ok, il suffit de faire -bloquer-supprimer- pour achever une conversation, ce qui, dans un bar, est nettement plus difficile), contrairement à ce que l’on aimerait croire.
Pour ce qui est de la drague en elle-même, maintenant. Je pense que si t’es pas un troll, y a peu de raison pour qu’on croie que tu en es un, sauf si tu t’exprimes dans la langue des trolls (en gros, si tu es un boulet, mais ça, ça marche pas non plus « en vrai », donc les règles sont assez similaires). Si vraiment tu as peur de ne pas être pris au sérieux, évite de laisser un lien vers ton blog ou ton site, mais n’oublie pas de laisser ton mail (oui, tu peux ne pas t’exprimer comme un boulet, mais en être un dans l’âme, comme moi par exemple). Le coup de la drague, ouverte, par commentaire, peut avoir un effet de provocation assez sympa, mais si tu es timide, n’oublie pas qu’il est toujours possible de contacter l’auteur du blog en privé. Montre que tu connais ce qu’il/elle fait, que tu t’y intéresse, que tu veux absolument le/la rencontrer (oui, tu peux jouer les groupies, les blogueurs adorent ça…). Et puis faut se lancer, je trouve ça assez chouette de s’éprendre de quelqu’un pour l’humour ou la créativité qu’il/elle manifeste à travers son blog.

Lucas : Je rappelle à l’aimable assistance que l’auteur de ces lignes ne se prends point pour de l’excrement et qu’au delà de son égo surdimensionné (n’aurait-il que l’égo..?) il est, là encore, un connaisseur de la chose. En effet, les plus fervents lecteurs, ceux là même sui se levent en pleine nuit pour voir si l’article du lendemain est déjà en ligne et se faire dzinguer par la patronne suite à un abus de
« Preums », ceux là donc se rappelleront de la session de 10 semaines pendant laquelle 13 candidates se sont battues, griffées, lacérées et lapidées pour les beaux yeux du Lucas. Un Singulier-Pluriel que ça s’appelait…
Draguer sur un blog ne marche pas. On passe au mieux pour un mec rigolo si on fait des blagues drooooles, au pire pour un gros lourd si on a un Humour de Merde©2008, Lucas ®TM.

La subtilité qui est de mise laisse entrevoir un travail de longue haleine à moins de démontrer des qualités de lover impenitent aussi preste que fugace. Le blog ne se prete pas à la drague mais bel et bien à la séduction, belle et bien. Les blogueuses ne sont pas là pour qu’on les chauffent mais pour qu’on les acclame de manière
hysteriques en lachant 30s la truelle dont on se sert pour construire un temple à leur culte. Là encore, le bon goût, la classe, l’allant, le panache sont des accessoires qui vont permettre à Dudule de passer du statut de lourdingue à celui de Don Juan.

 Dernière chose : les gens qui font moins d’un mètre soixante dix sept ne doivent pas jouer avec certaines graciles naiades qui peuplent la colonne de droite. Comment ça je cafte ?

Si toi aussi, t’as une question essentielle, pertinente ou non, à nous poser, surtout n’hésite pas à te manifester ici ou en mail, c’est comme tu sens !

Les allumeurs

On utilise rarement ce mot au masculin et pourtant, sache-le lecteur (et surtout lectrice), l’allumeur existe, j’en ai rencontrés. Et je te jure qu’il n’y a rien de plus gonflant ! Surtout que je n’en vois pas bien l’intérêt mais essayons d’analyser ça ensemble.

Qu’est-ce qu’un allumeur ? Un individu de sexe masculin qui s’amuse à chauffer une nana puis à l’éteindre, à la chauffer puis à l’éteindre, trouvant toujours une bonne excuse pour se défiler. Car les allumeurs que j’ai croisés me promettaient des nuits de folie à base de « je vais te faire vivre tes trucs, jamais t’avais eu droit à ça ». Mmmmmmmm, alléchant ! Sauf que moi, je suis un peu comme St Thomas : c’est pas tout de se vanter, faut prouver qu’on est à la hauteur, coco. Parce qu’à vous entendre, vous êtes aussi bien montés que Rocco et vous utilisez votre engin comme personne…

Bon, le jeu de séduction commence entre l’allumeur et sa proie (souvent moi, j’ai l’impression). Alors comment ça se passe ? C’est très simple. L’allumeur ferre sa proie et une fois qu’elle a mordu, il recule. Je vous fais un dialogue type :
« T’es trop belle, trop sexy, trop attirante…
– Super, on se voit demain ?
– Ah non, demain, je peux pas, j’ai piscine. »
Bon, ça peut arriver mais si à chaque fois que je propose de se voir, monsieur a un empêchement, je finis par me poser des questions, forcément. Non parce que j’ai parfois quelques moments d’absence, on dira, mais je suis quand même pas conne et au bout d’un certain temps, je me dis que le mec se fout de ma gueule. Sauf que j’ai un petit peu d’expérience quand même donc je sais très bien leur foutre leur nez dans leur merde. Donc en gros, je les laisse faire, genre, je rentre dans leur jeu et quand ça ne m’amuse plus, je le casse. En gros, je le laisse faire mon apologie puis je m’arrange pour le mettre en position de me faire une proposition indécente genre « ah, si j’étais là, je te ferais ça » et là, je place le « ben, viens ». Evidemment, l’allumeur dira non. Et puis quoi encore ? Donc, je me prends un non, quelle surprise ! Ok, alors, maintenant, explique-moi pourquoi tu te défiles TOUJOURS mon gars. Ce qui est fantastique avec les allumeurs, c’est que le problème vient jamais de vous mais d’eux : « c’est pas toi, c’est moi ». Peur de moi (mouahahahah !), peur de pas plaire, peur de pas être à la hauteur, peur, peur, peur… Ah ben oui, ça, à force de se vanter, il faut assurer. Donc là, je lâche plus, je pousse l’argumentation jusqu’au bout. En gros, je souligne l’absurdité de la situation : tu me veux, tu peux m’avoir mais tu recules, donc tu ne me veux pas vraiment. Et bien, tant pis, je m’en vais, tu as raté ta chance et viens pas pleurer après. Oui parce que l’allumeur, il vous considère un peu comme sa chose : je ne t’aurai pas mais personne ne t’aura. Et ta sœur, elle bat le beurre ? Donc en général, si le monsieur saisit pas sa chance, je l’envoie vite paître car je ne suis pas un jouet, je suis un être humain.

Bon, maintenant que nous avons présenté le cas, essayons d’analyser un peu tout ça. Moi, j’ai une théorie. En fait, j’en ai même deux. Alors, déjà, que personne ne me dise qu’il fait ça par gentillesse, genre « non mais il sait que tu lui plais et ce n’est pas réciproque mais il ne veut pas de blesser ». Non, dans ce cas, la vraie gentillesse serait de dire honnêtement à la demoiselle qu’on ne partage pas ses sentiments plutôt que de la laisser espérer en vain. Là, les allumeurs sont clairement égoïstes. Premier cas : l’allumeur aime avoir ses fans. Une baisse de confiance en soi ? Ah mais, c’est vrai, machine est folle de moi, allons l’allumer un peu pour tester la puissance de son amour. Oups, elle s’emballe, je vais lui dire que je dois partir chez le dentiste. Un salaud ? Ah ouais, carrément. Cas n°2 : on lui plaît mais le souci, c’est qu’on est pas la seule sur le coup et, à la limite, l’allumeur préfère l’autre. Donc le voilà pris entre une femme qui lui plaît et une femme à qui il plaît. Logiquement, il va tenter sa chance avec la première mais s’il se prend un vent, pas de panique ! Miss n°2 est là ! Il faut donc la maintenir à température le temps que les choses se fassent (ou non) avec miss n°1. Salaud ? Oui, aussi.

Suis-je trop dure ? Non, je pense pas. Qu’on ait peur de faire le « grand saut », je le comprends. Ça m’est déjà arrivé aussi. Sauf que sortir des excuses toujours bidon (j’ose même pas vous faire la liste de celles qu’on m’a données), c’est pas net, net… Mais ce qui m’énerve le plus, dans cette histoire, c’est le manque d’honnêteté. A chaque fois, j’ai laissé la porte ouverte au monsieur, je lui ai même dit plusieurs fois de le dire si je lui plaisais pas, histoire de faire gagner du temps à tout le monde. Non parce que je montrais clairement mon intérêt aux messieurs, c’était pas juste un jeu de flirt avec un qui est à fond les ballons et l’autre qui ne comprend pas, pas du tout. Donc, ils savent parfaitement quels sentiment j’ai à leur égard et ils en jouent. Franchement, je préfère un bon râteau qu’à ça. Parce que mine de rien, sur le coup, c’est plaisant ce jeu de séduction mais quand on se rend compte que c’est du vent, non seulement on se sent rejetée mais en plus, on se rend compte qu’on nous prend pour une conne. Idéal pour l’ego, ça, garanti 100% déprime. Et puis en plus, on a tendance à pas voir de suite le jeu de ces vicieux allumeurs… Heureusement, moi, j’ai des amis…