Mes loisirs sont…

J’ai moult fois sur ces pages comparé recherche d’amour et recherche d’emploi mais franchement, avouons que c’est peu ou prou le même combat : séduire pour obtenir ce que l’on souhaite (un job ou une charmante personne). Et souvent, il va falloir que j’explique quels sont mes loisirs…

mes loisirs sont chanter sous la douche

Nombreux sont les sites de rencontre qui vous demandent quels sont vos loisirs. T’es plutôt theâtre ou cinéma ? Concert acoustique en petit comité ou show géant à l’américaine au stade de France ? Tu cours ou tu nages ? Des loisirs, on en a tous potentiellement plein. Potentiellement. Sauf qu’il y en a de plus avouables que d’autres. Genre aller mater d’obscurs films dans des cinémas d’art et d’essais : bien. Mater religieusement les Mystères de l’amour le dimanche soir en répandant des tweets sur le sujet sur les Internets tout en sirotant un coca zéro : ça le fait moins. Dire qu’on fait du jogging ou de la natation : bien, donne une image saine de soi. Sauf qu’à un moment, vous risquez de rencontrer quelqu’un, la base d’un site de rencontre, et si vous êtes au bord de la syncope rien qu’en montant 10 marches, votre date risque de capter que la dernière fois que vous avez couru, vous aviez 14 ans.

essoufflee

Et puis après tout, pourquoi mentir ? Oui c’est plus attractif d’être fan de Kundera que de Kardashian même si l’un n’empêche techniquement pas l’autre. Je crois. Mais à un moment, faut savoir ce que l’on veut. Si on n’est là que pour choper des coups d’un soir, ça va. Mais imaginons que vous fassiez une rencontre waouh! Genre la personne que vous rêvez de présenter à vos amis, votre famille ou votre chat. Sauf que vous lui avez raconté aaaaadorer la nouvelle vague coréenne alors que vous ne captez que dalle mais ça faisait croire à l’autre que vous avez un point en commun de plus. À cause de votre mensonge, vous allez réellement devenir expert de la nouvelle vague coréenne. Vous n’en demandiez pas tant en fait… Autant sur le CV, ça passe : au pire, vous aurez deux questions sur le sujet en entretien mais votre boss ne vous amènera jamais au cinéma pour entretenir votre passion des films tchèques post communistes. Enfin, à priori…

communisme

Finalement, les loisirs, c’est comme les mensurations, on peut enjoliver un peu mais de façon subtile. Et dessinez un portrait cohérent avec vos envies. Si vous ne supportez pas les pantouflard-e-s, ne vous présentez pas comme un amateur de soirées lecture au coin du feu enroulé dans un plaid par exemple… Et puis si y a bien un point où il est essentiel de s’assumer, c’est bien celui des loisirs. Vous avez honte de pas lire ? Y a toujours une librairie dans le coin… Vous n’aimez pas lire ? C’est votre droit et ce n’est pas dramatique. Rappelez-vous : vous n’êtes pas en entretien d’embauche…

TOUT VITE = TOUT BIEN?

Par DianeC’est les mains moites d’émotion et le coeur tout palpitonnant de solennelle fébrilité que je me mets à mon clavier. Ceux qui fréquentent les commentaires des vingtenaires m’auront peut-être vu sérieusement parasiter la chose ces derniers temps et, comme tout bon parasite qui se respecte, je passe au niveau supérieur et j’ai été cordialement invitée à venir parasiter par la grande porte.

Mon premier article sera un article de vieille aigrie nostalgico-réactionnaire no future fuck le système. (chouette, hein?)
Parce que, voyez vous, je me disais l’autre fois lors d’une de ces brillantes et spirituelles réflexions existentielles qui enflamment régulièrement mon moi intérieur, que décidémment, nous vivons vraiment dans une ère du zapping. Il apparaît comme une impérieuse nécessité aujourd’hui d’avoir absolument tout, tout de suite, tout vite. (d’où le titre, vous suivez?) On a envie d’un truc, pouf internet, pouf je commande, pouf je reçois. (ce qui ne veut pas dire que j’ai commandé sur internet une péripatéticienne siliconnée pour autant, pervers libidineux que vous êtes). Tout ce qui concerne le processus d’attente de la chose que l’on désire et qui fait d’ailleurs qu’on va l’apprécier davantage une fois qu’on l’a, ça disparaît. Et ça nous crée une génération de frustrés, habitués à avoir tout tout de suite, et quand il s’avère que ce n’est pas possible criant au scandale international et devenant tout rouge colère comme un gamin à qui on a
dit qu’il fallait attendre noel avant d’avoir son costume de zorro.
D’ailleurs, en parlant de mourtards, je regardais dimanche dernier « Ripostes » qui avait pour sujet « l’école », et y’avait Finkelkraut qui tout énervé de pas pouvoir faire des phrases de plus de 5 minutes sans être interrompu par le présentateur, s’agitait sur sa chaise en arguant que la merdasse qui apparemment habite les écoles aujourd’hui est due en partie à une grosse et significative baisse de la capacité de concentration des susdits moutards. Baisse qui, selon lui (et que je trouve pertinente, comme explication, d’ailleurs) est due principalement à
cette frénésie du toutousuite, et notamment aux ordinateurs et à internet, qui il est bien vrai sont par excellence un lieu de zapping frénétique et constant. Sur internet, on reste rarement plus de 5 minutes sur un site à lire un article quelconque, on clique, on clique, on clique ,on reclique et on surclique en survolant 15478 infos au lieu d’en bien intégrer une. Après, ça a ses
avantages, mais quand même pas mal d’inconvénients. Ce pourquoi monsieur Finkelkraut (petite parenthèse récréative: vous avez jamais remarqué qu’ une notifiable quantité de philosophes avaient tous des noms à coucher dehors? Finkelkraut, comte-spomville, kierkegaard, heidegger, nietzsche… comme si, pour être « in » dans le milieu philosophique, fallait être imprononçable) nous
conseillait de virer les ordis des écoles et de revenir à nos bons vieux bouquins, où on se concentre sur un truc à la fois.
De plus, pour causer actualité, un ami encore plus réac que moi me disait récemment que ça l’énervait beaucoup ce nouveau principe qui faisait que, dès que quelque chose clochait dans un couple, beaucoup prenait le réflexe automatique du divorce. (bon, après, cécilia, on peut pas la blâmer, hein, quand même) « Qwwwwaaa?? tu n’es pas un être totalement parfait et cadrant
entièrement à mes critères d’exigence relationnelle?Puf, peu me chaut, je divorce et jvais chercher ailleurs, tiens. » En gros mon ami prenait le parti de dire que, choisir de se marier, c’est prendre une option sur un paquet d’emmerdes, certes, mais que c’est ça la vie, et que grimper sur les obstacles et leur niquer la gueule était quand même bien plus intéressant que les contourner par faiblesse et oisiveté. Comme disait ce même Finkerkraut (il est pas con ce mec), les gens ont tendance aujourd’hui à vouloir que des avantages en s’indignant profondément qu’on leur impose quelques inconvénients: les parents veulent plus d’autorité à l’école mais ne veulent pas le faire chez eux, les gens veulent plus de rigueur morale et d’intégrité pour les autres mais pas pour
eux (« ouiii je suis pouuuur , il faut absolument sauver la planèèète!….hein? ah nan, je trie pas mes déchets, j’ai pas la place de mettre deux poubelles chez moi »)
Et ce zapping, cette apothéose du superficiel se constate aussi bien sûr dans tout ce qui est « site de rencontres », où on fait littérallement son marché de viande humaine, on trie, on classe, on sélectionne et on zappe en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
Bref, tout ça pour dire que la technologie, ok c’est bien, c’est pratique, mais faudrait voir à pas oublier au passage cette chose molle et circonvolutionnée qui flotte béatement dans notre boite cranienne, que je trouve que ce principe de perpétuel zapping a tendance à scléroser sévère. En gros, trop de choix tue le choix, et surtout la réflexion et le cheminement intérieur qui mène au choix.Et  des fois, il faut bien l’avouer, ça me fout limite la nausée, pour ne pas dire la gerbe. Sic transit gloria mundi…..burps.