Je veux bien payer…mais en fait non

Ces derniers temps, mon moi mesquin et moqueur jubile. En cause ? L’incroyable hypocrisie des web citoyens qui veulent bien sortir leur porte monnaie en théorie mais hurlent au vol au moment de passer à la caisse.

au-voleur

Au milieu de mes icônes iPhone il y en a une verte qui ressemble au logo flux rss : Spotify. Tous les mois, je paie 10 € pour écouter des dizaines de milliers de titre selon mes envies. Acheter le dernier CD de X ou Y ? Non, je l’écoute sur Spotify chez moi sur mon pc ou sur mon iPhone. Je ne vole personne, j’ai payé pour ça. Or Spotify était gratuit jusqu’à récemment (tu te tapais de la pub toutes les 3 ou 4 chansons, la fille qui fait la voix de Jennifer Love Hewitt venait se doigter pour ton plus grand déplaisir « Haaaaan spotifyyyy! ») mais
désormais, la version gratuite est bridée à 10h d’écoute gratuite.

ecoute-baladeur

Branle-bas chez les internautes qui crient au scandaaaaale, au vol, proclament la mort de Spotify et tous sur Deezer ! Sauf que quelques jours plus tard, Deezer a suivi le même processus. Re scandaaaaale ! Comment va-t-on écouter de la musique gratos ? Je vous suggère YouTube ou, soyons audacieux, un truc de folie qui s’appelle la radio. Ah mais la radio y a de la pub et tu choisis pas ce qu’il y passe. Ouais ben moi je voudrais faire 1m70, on peut pas toujours tout avoir dans la vie.

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Mais ce qui me fait rire à m’en taper les cuisses, c’est que ceux qui hurlent au scandale sont les mêmes qui au début d’Hadopi clamaient, la main sur le cœur : moi, ça me gênerait pas de payer un forfait pour télécharger comme ça tout le monde sera content. Alors ouiiii, la musique sur Spotify/Deezer est en streaming mais tu vois, j’ai en permanence sur moi 500 titres rangés dans différentes playlists. Une chanson ne me plait plus ? Je l’efface, je la récupère quand je veux. Je ressens le besoin impérieux d’écouter une chanson que je n’ai pas sur la playlist ? Clic clic c’est fait. Oui, il m’arrive d’avoir le désir très violent d’écouter une chanson. Je découvre un artiste qui a l’air bien ? Clic clic je récupère sa production. Si finalement je n’aime pas, je ne sauvegarde rien dans ma playlist. Oui, les catalogues ne sont pas complets, il y a quelques chansons absentes mais je peux les charger dans la bibliothèque via mon pc. En gros, c’est comme un iPod que je retrouve sur tous les ordis que j’utilise. Pratique quand on est un peu tête en l’air comme moi et qu’il nous arrive d’oublier notre iPod. Avoir sa musique est une condition de survie indispensable en open Space.*

bureaux open space

Je crois qu’on a un peu oublié que le web n’était pas un self service où tout est gratuit. Les 10h d’écoute gratuite permettent de découvrir de nouveaux artistes quoi qu’il en soit. Après, écouter toute la musique qui nous plait pour 9.99 € par mois, moins que le prix d’un CD comme l’a souligné un twitterer dont je n’ai pas retenu le pseudo, franchement c’est pas cher payé. Surtout qu’il y a des gens dont c’est quand même un peu le métier de faire de la musique et qui ont besoin d’un salaire. Vous prendriez un pain sans payer votre boulangère. Alors oui, certains s’en foutent scandaleusement plein les fouilles, c’est un autre débat, mais je trouve bien plus scandaleux de payer 14€ un CD avec une ou deux chansons potables que 10 € pour me faire plaisir et écouter ce que j’aime. Ou me laisser aller à la serendipité pour découvrir de nouveaux artistes.

lise

* sauf qu’à mon nouveau boulot, j’ai pas les droits admin sur mon pc donc pas de Spotify

PS au cas où : cet article ne sert pas de débat Spotify vs Deezer au fait. Je ne suis pas actionnaire chez Spotify.

Où trouver l’homme ? Episode 33 : chez l’opticien

(Lecteur, je te rappelle que ce qui suit est une fiction bien qu’il serait plus que temps que je me bouge le popotin pour que ça devienne une réalité, mes lunettes sont tordues)

A la recherche du prince charmant

L’inconvénient quand on cherche l’homme et qu’on est myope, c’est qu’on a du mal à identifier des cibles potentielles. Il était donc temps de me prendre en main et de changer mes lunettes. Quitte à mettre quelque chose sur mon visage, autant que ça m’embellisse. Après avoir fait révisé mes yeux par l’ophtalmo qui a dit que je devrais venir un peu plus
souvent qu’une fois tous les 4 ans (ahem), me voici chez un opticien pour choisir quelle paire m’ira à ravir.


La première fois que j’ai acheté des lunettes, c’était terrible, je ne savais pas quoi prendre. Là, je sais déjà ce que je ne veux plus mais pas pour autant ce dont j’ai vraiment envie. Ceci étant dit, il vaut mieux car parfois, je pars faire du shopping avec une idée tellement précise que je ne veux rien d’autre et qu’in fine, je n’achète rien ou par dépit car mon idée précise n’existe pas dans la tête des créateurs de boutiques de fringues à pas très grand prix. A la limite, je peux trouver pile ce qui me fait rêver dans certaines vitrines mais le logo Chanel ou autres marques hors de prix me fait partir en pleurant.


Me voici dans la boutique, je suis posée devant le portant à lunettes, l’air dubitatif. Y a pas foule en ce petit matin. Un vendeur finit par s’approcher de moi et me demande s’il peut m’aider, je lui fais un petit topo de la situation. Me sentant un peu obligée de prendre une décision, je montre une paire de lunettes que j’aimerais essayer. Le vendeur s’en saisit et, me faisant face, la pose délicatement sur mon nez, rangeant au passage mes cheveux derrière mes oreilles tout en me regardant intensément. Troublée, je suis. Surtout qu’il est mignonnet le petit opticien avec ses lunettes montures fines et son rasage de pas très près.


Tiens, je vais finalement essayer d’autres montures, celles là ne me vont pas tip top. Et c’est reparti pour le contact capillaire. J’adore qu’un homme me touche les cheveux, ils sont si beaux, si soyeux en plus (faut dire que j’en prends très grand soin). Non, celles là non plus. Celles-ci ? Non, non, j’hésite, j’hésite. A la 6e paire, il finit par prendre les choses en main et se la jouant visagiste me propose des montures qui ne peuvent que me séduire.


A la dixième paire, j’ai compris que je suis allée trop loin. Quand ai-je dépassé la ligne blanche exactement, je ne sais mais là, l’opticien, je le sens plus du tout impliqué dans le caressage de mes cheveux soyeux. Limite, si j’essaie une paire de plus, je sens qu’il va me les tirer pour m’apprendre la vie. Bon, ok, je vais donc prendre la paire qui me sied le plus dans toutes celles que j’ai essayées soit à peu près les premières. C’est moi ou il y a eu comme un éclair d’énervement dans les yeux de mon beau brun binoclard quand je suis revenu à mes premiers choix. Attention ma fille, tu t’es savonnée la planche toute seule, il va falloir rattraper le coup.


Je reviens quelques jours plus tard pour récupérer mes lunettes. J’ai maquillé mes yeux avec grand soin pour bien qu’il remarque à quel point ils sont bleus, grands et profonds. J’ai aussi fait tous les masques et gommages de rigueur vu qu’il va voir mon visage de près. Nous voici face à face à nouveau, je tends le visage pour qu’il y pose la paire de lunettes désormais à ma vue pour régler les branches. J’entrouve légèrement les lèvres pour faire la fille jeune et désirable, je le laisse tripoter mes cheveux avec délectation. Ca va ? Oui ? Bon, ça vous fera 158 euros, merci de régler en caisse.


A peine ai-je eu le temps de dégainer ma carte bleue qu’il est déjà en train de faire le coup des lunettes à une autre femme qui a au moins 20 ans de plus que moi. Pffff. Non mais passer ma vie avec un mec qui passe sa journée à glisser des mèches féminines derrière les oreilles, ce n’est pas possible. Dommage, un opticien, c’est pratique pour  les ristournes sur les lunettes.