Où trouver l’homme ? Episode 33 : chez l’opticien

(Lecteur, je te rappelle que ce qui suit est une fiction bien qu’il serait plus que temps que je me bouge le popotin pour que ça devienne une réalité, mes lunettes sont tordues)

A la recherche du prince charmant

L’inconvénient quand on cherche l’homme et qu’on est myope, c’est qu’on a du mal à identifier des cibles potentielles. Il était donc temps de me prendre en main et de changer mes lunettes. Quitte à mettre quelque chose sur mon visage, autant que ça m’embellisse. Après avoir fait révisé mes yeux par l’ophtalmo qui a dit que je devrais venir un peu plus
souvent qu’une fois tous les 4 ans (ahem), me voici chez un opticien pour choisir quelle paire m’ira à ravir.


La première fois que j’ai acheté des lunettes, c’était terrible, je ne savais pas quoi prendre. Là, je sais déjà ce que je ne veux plus mais pas pour autant ce dont j’ai vraiment envie. Ceci étant dit, il vaut mieux car parfois, je pars faire du shopping avec une idée tellement précise que je ne veux rien d’autre et qu’in fine, je n’achète rien ou par dépit car mon idée précise n’existe pas dans la tête des créateurs de boutiques de fringues à pas très grand prix. A la limite, je peux trouver pile ce qui me fait rêver dans certaines vitrines mais le logo Chanel ou autres marques hors de prix me fait partir en pleurant.


Me voici dans la boutique, je suis posée devant le portant à lunettes, l’air dubitatif. Y a pas foule en ce petit matin. Un vendeur finit par s’approcher de moi et me demande s’il peut m’aider, je lui fais un petit topo de la situation. Me sentant un peu obligée de prendre une décision, je montre une paire de lunettes que j’aimerais essayer. Le vendeur s’en saisit et, me faisant face, la pose délicatement sur mon nez, rangeant au passage mes cheveux derrière mes oreilles tout en me regardant intensément. Troublée, je suis. Surtout qu’il est mignonnet le petit opticien avec ses lunettes montures fines et son rasage de pas très près.


Tiens, je vais finalement essayer d’autres montures, celles là ne me vont pas tip top. Et c’est reparti pour le contact capillaire. J’adore qu’un homme me touche les cheveux, ils sont si beaux, si soyeux en plus (faut dire que j’en prends très grand soin). Non, celles là non plus. Celles-ci ? Non, non, j’hésite, j’hésite. A la 6e paire, il finit par prendre les choses en main et se la jouant visagiste me propose des montures qui ne peuvent que me séduire.


A la dixième paire, j’ai compris que je suis allée trop loin. Quand ai-je dépassé la ligne blanche exactement, je ne sais mais là, l’opticien, je le sens plus du tout impliqué dans le caressage de mes cheveux soyeux. Limite, si j’essaie une paire de plus, je sens qu’il va me les tirer pour m’apprendre la vie. Bon, ok, je vais donc prendre la paire qui me sied le plus dans toutes celles que j’ai essayées soit à peu près les premières. C’est moi ou il y a eu comme un éclair d’énervement dans les yeux de mon beau brun binoclard quand je suis revenu à mes premiers choix. Attention ma fille, tu t’es savonnée la planche toute seule, il va falloir rattraper le coup.


Je reviens quelques jours plus tard pour récupérer mes lunettes. J’ai maquillé mes yeux avec grand soin pour bien qu’il remarque à quel point ils sont bleus, grands et profonds. J’ai aussi fait tous les masques et gommages de rigueur vu qu’il va voir mon visage de près. Nous voici face à face à nouveau, je tends le visage pour qu’il y pose la paire de lunettes désormais à ma vue pour régler les branches. J’entrouve légèrement les lèvres pour faire la fille jeune et désirable, je le laisse tripoter mes cheveux avec délectation. Ca va ? Oui ? Bon, ça vous fera 158 euros, merci de régler en caisse.


A peine ai-je eu le temps de dégainer ma carte bleue qu’il est déjà en train de faire le coup des lunettes à une autre femme qui a au moins 20 ans de plus que moi. Pffff. Non mais passer ma vie avec un mec qui passe sa journée à glisser des mèches féminines derrière les oreilles, ce n’est pas possible. Dommage, un opticien, c’est pratique pour  les ristournes sur les lunettes.

Pour le plaisir des yeux

L’autre jour, je discutais avec Lilvirgo sur MSN. La demoiselle venait me féliciter pour mon CDD et je lui explique que je suis d’autant plus contente que je vais bosser dans le bureau du DRH le plus choupinou qu’il m’ait été donné de rencontrer (certes, j’en ai rencontré peu). Mais je précise : je ne m’emballe pas, je ne compte absolument pas tenter quoi que ce soit avec cet homme. Il va juste devenir mon plan M.

 beau-mec

Qu’est-ce que le plan M (© Lilvirgo) ? M, c’est pour miam. Un plan M, c’est un gars que l’on trouve super choupinou et qu’on mate sans espoir de plus. En discutant, nous nous sommes rendues compte que nous avions la même façon d’agir. Quand nous allons en cours ou pour travailler, nous choisissons un jeune homme délicieusement miam miam que nous allons pouvoir mater à loisir, le plan M (comme miam ou mate, toujours © Lilvirgo). J’avoue que célibataire ou en couple, j’ai toujours eu mon plan M. En première année de fac, j’en avais un dans chaque cours, quasiment (hého, j’étais célibataire, à l’époque) sans compter les profs. J’en avais deux particulièrement choupinous. D’abord Cédric, sorti tout droit d’un boys band avec ses t-shirt moulant délicatement ses pectoraux et laissant échapper deux bras bien musclées, son jean blanc qui permet d’entrevoir son boxer bleu marine dessous. Il avait le cheveux soyeux, mmmm ! (enfin, ils avaient l’air soyeux, j’ai jamais touché). Je me souviens, au premier semestre, vous aviez la brochettes des nanas de la classe au premier rang. Au second semestre, notre délicieux thésard a été remplacé par son vilain directeur de thèse, normalement en charge de cours et, là, la brochette de nanas (y compris moi) a curieusement disparu de la classe. Il y avait ensuite Pierre, le fils caché de Steve McQueen aux yeux plus bleus que le ciel azuré et au petit cul qui ne demandait qu’à être mordu. Ce qui était génial avec ce prof, c’est qu’il faisait tout le temps tomber sa craie et se penchait donc pour la ramasser, miam ! En plus, il m’avait à la bonne, lui, il m’a dit un jour : « vous êtes une des meilleures élèves que j’ai eue, je ne vous oublierai pas ! ». Aaaaaaaaaaah ! Putain, ça, ça fait plaisir.

Bon, comme en première année, j’ai eu plein de beaux profs et de beaux camarades, le sort s’est vengé et je me suis ensuite retrouvée en cours qu’avec des vilains pas beaux et des profs de l’âge de mon grand-père même pas gentils. Enfin, si, y en avait des sympas mais rien ne pouvant entrer dans la catégorie plan M. Quoi qu’en deuxième année, il y avait l’inconnu du mercredi matin, une histoire débile. Le mercredi matin, donc, j’avais cours avec une connasse finie qui nous avait pris en grippe, Gauthier et moi. Juste avant d’aller en cours, je croisais donc ce beau gosse qui restait dehors, juste devant nos fenêtres quelques instants de plus et je matais jusqu’à ce qu’il aille en cours. Après la rupture avec Pierre, je décidais de le passer en plan M et plus si affinités, j’avais un plan : un matin, j’ai « oublié » ma montre pour lui demander l’heure… Oui, j’étais vraiment TRES nulle en drague à l’époque. Sauf que l’inconnu n’est jamais plus venu.
 

 En sciences po, par contre, dès le départ, je repère un magnifique brun aux yeux de braise et à la peau diaphane, Guillaume qu’il s’appelait (évidemment). Comme je suis très forte, au bout d’un mois, je me retrouve à faire un exposé avec lui, on s’installe à un café avec un coca… Et là, il me rote littéralement à la gueule et ne s’excuse qu’après avoir remarqué que je le regarde, atterrée. Bon, tu dégages de la catégorie plan M, toi !

Le plan M n’a pour but, au départ, de nous motiver à aller bosser ou en cours. Nous n’attendons rien d’eux, si ce n’est d’être présents et beaux, disposés à se laisser mater. Nous ne leur adresserons peut-être jamais la parole mais ce n’est pas le but, au fond. C’est juste que d’aller en cours de sociologie de l’administration, ce n’est motivant que s’il y a un choupinou à regarder. Même quand on est en couple parce que je suis désolée, y a pas de mal à se faire du bien aux yeux. Après tout, c’est comme admirer un paysage ou regarder les étoiles. Quand la nature fait si bien les choses, autant en profiter. Après, rassurez-vous, Guillaume 1er était un pro du matage même pas discret donc pas la peine de me dire en comm : « t’es une garce, imagine si ton mec avait fait pareil. » Il faisait pareil, justement, et je m’en moquais. Regarder n’est pas toucher et je ne m’imaginais pas du tout en train de faire des brouettes
ou autre chose avec mes plans M.

 

Mais parfois, un plan M peut devenir en plan M et plus si affinités. Exemple : Bertrand. Il est choupinou, il est choupinou… Merde, il me fait totalement craquer, j’ai envie de conclure, zut de zut. Bon, finalement, vu que je suis nulle en drague, je crois qu’il n’a jamais compris qu’il était un plan M et plus si affinités, tant pis. Ce fut tout de même très agréable de le regarder droit dans ses yeux bleus-verts-gris pendant quelques mois. Sinon, autre plan M et plus si affinités : Ludovic, mon collègue lors de mon stage rugby. La première fois que je l’ai vu, il m’a pas marqué plus que ça, soyons honnête. Mais comme nous fumions tous les deux, on se retrouvait souvent en pause clope en même temps, à discuter sur le balcon du 5e étage et je me suis dit qu’il était quand même drôlement choupinou. Grand, brun, mince, un visage d’ange, miam ! Donc le jeu consistait à caler mes pauses clopes sur les siennes, très amusant. Mais le soir de la finale du TOP 16, c’était l’occasion de conclure, ou pas… En fait, cette soirée m’a permis de mesurer la timidité limite maladive du jeune homme. A un moment, je le rejoins au bar pour commander une boisson (oui, j’avais un bracelet magique me permettant d’avoir accès illimité au bar, je vous dis pas…). Et là, je me dois de prendre les choses en main car il ose pas interpeller le barman, donc je prends la commande pour les deux. Plus tard, dans la soirée, je me retrouve avec Bastien, le pigiste du week-end bien choupinou aussi (mais je le voyais jamais donc pas un plan M) et Ludovic nous annonce qu’il va chercher une bière au bar et Bastien me fait : « tu vas voir, il va revenir les mains vides. » Cinq minutes plus tard, Ludovic revient les mains vides, tout dépité, on rigole. « Oui mais y a le joueur, là, il m’a viré du bar en disant que c’était sa place, quel connard. » Comme j’ai soif, je l’accompagne pour prendre sa commande mais y a plus de bière donc il prend un coca. A la fin, on se fait sortir de la boîte parce que c’est 7h et que ça ferme donc le joyeux trio embarque Zoé et on va se prendre un petit déj dans le coin. Mais la journée ne fait que commencer : Ludovic, Zoé et moi devons partir sur Toulouse pour un match. Donc je rentre viteuf chez moi récupérer mes affaires et je rejoins mes deux amis à l’aéroport où on prend un café dégueulasse. On est rejoint par une quatrième acolyte et on prend l’avion. Pour une fois, j’ai pas eu peur du tout, sans doute parce que je commençais à ressentir les effets de la nuit et je m’inquiète un peu : le match que je dois couvrir est à… 17 heures.

 

On arrive au stade Ernest Wallon, on va manger avec le staff du stade et voilà que le petit Ludovic nous fait un malaise vagal. C’est-à-dire que son visage légèrement hâlé devient plus blanc que le mien (un exploit) donc on s’inquiète un peu, je lui dis de s’allonger et de lever les jambes, la meilleure façon de lutter contre un malaise vagal. Oui, je sais ça parce qu’il m’est déjà arrivé d’en faire. Le plus ridicule : ma sœur se fait opérer des dents de sagesse, j’appelle dans l’après-midi de l’opération pour annoncer à ma mère que Guillaume et moi arrivons voir la demoiselle, elle me raconte qu’une amie de ma sœur a fait un malaise vagal dans la chambre de ma sœur et je rigole : « mais quelle petite nature ! ». Oui, moi, j’ai passé ma jeunesse dans les hôpitaux, pas du tout par maladie mais le dimanche, quand mon père faisait les visites et que ma mère travaillait, il nous amenait à l’hôpital et ma sœur et moi dessinions dans le bureau des infirmières, on était un peu les mascottes du service. Donc on arrive dans la chambre, on discute et je commence à me sentir mal : les couleurs se barrent de mon visage, je commence à transpirer et avoir envie de vomir. Donc, discrètement, je me penche vers la fenêtre pour prendre l’air mais attrapée : Guillaume voit que ça va pas et ma mère comprend : elle me prend par la main et me fait descendre dans le jardin de la clinique pour m’allonger et me faire lever les jambes. Je me moquerai plus jamais des copines de ma sœur qui se
sentent mal.

 

Après le déjeuner, Ludovic et moi sommes conviés dans un superbe bureau tandis que Zoé et l’autre fille vont voir une de leurs amies, on mate la télé puis on s’endort un bon quart d’heure devant. Hé oui, lecteur, techniquement, j’ai dormi avec mon plan M et plus si affinités, la classe ! Nous avons passé le reste de la journée ensemble mais mon stage se terminait sur ce match, je l’ai revu une autre fois et c’est tout. Mais peu importe, ce plan M et plus si affinités ne m’a pas brisé le cœur, c’est le but.

 

Et voilà. Dans quinze jours, je commence mon stage avec, tous les matins, la joie de me lever pour voir mon nouveau plan M… et pas plus si affinités car on ne mélange pas boulot et brouette.

Les gens heureux sont chiants

Pour changer un peu le ton de ce blog trop plein de fleurs, de petits oiseaux et de cœur en ce moment, crachons un peu de fiel, je sais que c’est comme ça que tu m’aimes lecteur. A se demander si certains d’entre vous ne m’imaginent pas volontiers en maîtresse SM ! (qu’ils seraient déçus).
 
Août 2005. Gauthier et moi sommes affalés devant la télé en attendant des gens pour faire la fête, nous regardons le best of de « tout le monde en parle », émission que je ne regarde jamais, n’ayant pas une passion particulière pour ces talk show où Agathe Mange-moi-la-fouffe, la nouvelle actrice X à la mode est posée à côté de Jack Lang ou Salman Rushdie. C’est pas que je sois réac’ mais je suis pas sûre de bien voir l’intérêt de demander à un homme politique si « sucer, c’est tromper », si ce n’est jouer la provoc et avoir encore plus d’audimat. Bref, on mate d’un œil morne le best of et là, arrivent Pierre Sled et Sophie Davant, les Jean-Pierre et Samantha Stevens (ma sorcière bien aimée pour les trois du fond qui suivent pas) du service public. Et là, étalage du bonheur simple d’un couple parfait. Et là Gauthier soupire et me dit : « descends-moi ces deux sur ton blog, s’il te
plaît ! ». Hé oui, y a pas à dire, les gens heureux sont chiants.
 
Quelques semaines plus tard, je prends le métro, je suis accrochée à la barre centrale et je me livre à mon occupation préférée quand j’ai oublié mon bouquin : écouter les gens sans en avoir l’air. Là, deux nanas discutent, l’une inonde l’autre de considérations sur son mec, s’extasiant de tous les moments passés avec lui. L’autre lâche des « ah » et des « oh », je lui jette un coup d’œil discret : y a pas à dire, le bonheur de sa copine l’emmerde. Qui n’a jamais râlé (intérieurement ou non) devant un couple qui se roule la pelle du siècle en public. Quand j’étais à la fac, des pauvres frustrées ne supportaient pas que Guillaume et moi on s’embrasse, ça leur « bouffait leur liberté ». Pourtant, c’étaient juste des smacks affectueux (je ne suis pas très fan des pelles en public, j’avoue), on n’a jamais copulé sur la table de la cafétéria. Tant mieux, elles étaient toutes bancales, on se seraient cassés la figure. Perso, je ne vois pas trop les couples qui s’embrassent, sauf quand ils le font au milieu de la porte en la laissant grande ouverte alors qu’il fait froid et qu’en plus, je sors tous les quart d’heures pour aller vomir (oui, hélas, c’est du vécu, ça). Je me fous des couples qui s’embrassent tant qu’ils ne semblent pas sur le point de copuler ou que ce n’est pas trop écoeurant. Quand j’étais au lycée, mon ex amie Johanne était la pro de la pellasse en public mais un truc ignoble. Déjà, elle ouvrait très grand la bouche, on avait l’impression qu’elle allait avaler son partenaire et surtout, au lieu de tourner la langue, elle tournait la tête… C’était franchement ragoûtant. Et puis comment on peut arriver à ouvrir sa bouche comme ça ? Ces couples qui s’embrassent, dans la rue, ils voient même pas qu’on passe à côté d’eux en faisant la gueule. Enfin, des fois, si on est de suffisamment bonne humeur, on peut prendre un peu de leur vie en rose et sourire mais en général, les trois quart des gens passent à côté d’eux en grimaçant.
 
Mais, au fond, le bonheur des autres, ça fait chier. D’abord parce qu’ils deviennent monomaniaques, ils ne parlent plus que de ça. « Tu es malheureuse, toi ? Moi pas, je sors avec Brad, tu imagines ? ». Merci la compassion. Tout dépend des personnes mais il est vrai que certains sont indécents avec leur bonheur car ils en deviennent égoïstes. Me rendre compte qu’un(e) de mes ami(e)s proches est devenu indisponible car heureuse, ça me fout un peu les boules. Le pire, c’est qu’on est tous susceptibles de devenir comme ça, moi la première. Pourtant, quand nos proches sont heureux, on est sincèrement heureux pour eux…tant qu’ils ne l’étalent pas trop.
 
Et puis, quand les gens sont heureux, ils n’ont plus besoin de nous. Une amie en détresse, vous accourez au milieu de la nuit pour la soulager, vous arrivez à sécher ses larmes et vous êtes fière de vous. Si, il faut l’avouer, ça fait du bien de se sentir utile auprès de ses amis. Quand ils sont heureux, on ne sert plus à rien, si ce n’est d’oreille quand ils s’extasient de leur bonheur tout beau tout neuf.
 
De façon plus générale, je crois que, quelque part, on aime tous se réjouir du malheur des autres car « il y a toujours pire ailleurs ». Je n’ai jamais eu autant de lecteurs que dans ma période Lexomil. Quand ça va, ils s’en vont. Je vous annonce donc que le jour où j’aurai trouvé un boulot et, accessoirement un petit ami, vous ne serez plus que trois, Emma, Gauthier et moi-même ! J’exagère ? Pas tant que ça. Si on regarde les blogs qui ont du succès, ce sont souvent ceux de losers, adorables, certes, mais losers quand même. Les gens heureux, ça va cinq minutes mais pas plus, on veut un exutoire, pas un sucre d’orge écoeurant tellement il est sucré. Pourtant, la dame de l’ANPE me l’a annoncé : je suis de l’année du chien, cette année sera mienne ! Oui, j’ai pas perdu ma matinée en allant à l’ANPE, moi ! Un homme, un boulot, la santé et l’argent, j’aurai tout, bye ma lose et bye mes lecteurs aussi. Enfin, heureusement, quand j’aurai un boulot, je pourrai critiquer mes collègues et cracher un peu de fiel, comme vous l’aimez tant.
 
Je ne bosse pas à Voici mais je vous parie ce que vous voulez que les numéros qui marchent le plus sont ceux qui annoncent des ruptures. Après tout, dans l’histoire Jennifer Aniston-Angelina Jolie-Bradounet, je suis sûre que les gens étaient au fond ravis de la rupture entre Jennifer et Bradounet car c’était un couple trop parfait, trop beau, qui réussissait tout… Non mais ça peut pas exister, ça va pas ! Bon, personnellement, je trouve Angelina cent fois plus belles que Jennifer mais il paraît qu’elle est très dérangée donc ça fait un couple un peu moins lisse, un peu moins parfait. N’empêche qu’il paraît que mademoiselle est enceinte et franchement, je trouve pas ça juste que ces deux-là fassent un gosse ensemble : vous imaginez comme ses camarades de maternelle vont se sentir merdiques par rapport à ce gosse ? Non parce que vu ses parents, ce sera forcément un trèèèès beau spécimen. Je crois que, de façon générale, les gens préfèrent les stars qui sortent avec des inconnus un peu boudinés (comme ça, on peut se dire que nous aussi, on pourra se marier avec eux un jour). Et surtout, au fond, on est contents quand ils divorcent. C’est salaud mais c’est un exutoire comme un autre.
 
Quand j’ai le moral à zéro (ce qui est arrivé un peu en début d’année), je pense qu’il y a pire ailleurs. Bon, ok, j’ai 25 ans, je suis au chômage et célibataire mais bon, je vais trouver pire. Bon, y a bien ma cousine de 5 ans mon aînée qui est dans la même situation que moi mais elle, je l’aime bien donc j’ose pas me consoler en me comparant à elle. J’ai pas d’ennemis non plus donc les pires, ce sera les gens qui écrivent des blogs (ah, le nase, il vient de se prendre un vent !) ou des célébrités dont j’ai vent des mésaventures (ahahah, Jessica Simpson divorce… mais c’est qui ?). Oui je suis au chômage mais je suis talentueuse. Oui, je suis célibataire mais mon nouveau shampoing me fait de beaux cheveux soyeux qu’on a envie de toucher (malgré l’électricité statique). Bon, je suis sûre que cette précédente phrase ne m’a fait perdre aucun lecteur mais on a les raisons de se réjouir qu’on peut.
 
En attendant, je vais trouver des gens heureux à pourrir, ça m’occupera !