Pour le plaisir des yeux

L’autre jour, je discutais avec Lilvirgo sur MSN. La demoiselle venait me féliciter pour mon CDD et je lui explique que je suis d’autant plus contente que je vais bosser dans le bureau du DRH le plus choupinou qu’il m’ait été donné de rencontrer (certes, j’en ai rencontré peu). Mais je précise : je ne m’emballe pas, je ne compte absolument pas tenter quoi que ce soit avec cet homme. Il va juste devenir mon plan M.

 beau-mec

Qu’est-ce que le plan M (© Lilvirgo) ? M, c’est pour miam. Un plan M, c’est un gars que l’on trouve super choupinou et qu’on mate sans espoir de plus. En discutant, nous nous sommes rendues compte que nous avions la même façon d’agir. Quand nous allons en cours ou pour travailler, nous choisissons un jeune homme délicieusement miam miam que nous allons pouvoir mater à loisir, le plan M (comme miam ou mate, toujours © Lilvirgo). J’avoue que célibataire ou en couple, j’ai toujours eu mon plan M. En première année de fac, j’en avais un dans chaque cours, quasiment (hého, j’étais célibataire, à l’époque) sans compter les profs. J’en avais deux particulièrement choupinous. D’abord Cédric, sorti tout droit d’un boys band avec ses t-shirt moulant délicatement ses pectoraux et laissant échapper deux bras bien musclées, son jean blanc qui permet d’entrevoir son boxer bleu marine dessous. Il avait le cheveux soyeux, mmmm ! (enfin, ils avaient l’air soyeux, j’ai jamais touché). Je me souviens, au premier semestre, vous aviez la brochettes des nanas de la classe au premier rang. Au second semestre, notre délicieux thésard a été remplacé par son vilain directeur de thèse, normalement en charge de cours et, là, la brochette de nanas (y compris moi) a curieusement disparu de la classe. Il y avait ensuite Pierre, le fils caché de Steve McQueen aux yeux plus bleus que le ciel azuré et au petit cul qui ne demandait qu’à être mordu. Ce qui était génial avec ce prof, c’est qu’il faisait tout le temps tomber sa craie et se penchait donc pour la ramasser, miam ! En plus, il m’avait à la bonne, lui, il m’a dit un jour : « vous êtes une des meilleures élèves que j’ai eue, je ne vous oublierai pas ! ». Aaaaaaaaaaah ! Putain, ça, ça fait plaisir.

Bon, comme en première année, j’ai eu plein de beaux profs et de beaux camarades, le sort s’est vengé et je me suis ensuite retrouvée en cours qu’avec des vilains pas beaux et des profs de l’âge de mon grand-père même pas gentils. Enfin, si, y en avait des sympas mais rien ne pouvant entrer dans la catégorie plan M. Quoi qu’en deuxième année, il y avait l’inconnu du mercredi matin, une histoire débile. Le mercredi matin, donc, j’avais cours avec une connasse finie qui nous avait pris en grippe, Gauthier et moi. Juste avant d’aller en cours, je croisais donc ce beau gosse qui restait dehors, juste devant nos fenêtres quelques instants de plus et je matais jusqu’à ce qu’il aille en cours. Après la rupture avec Pierre, je décidais de le passer en plan M et plus si affinités, j’avais un plan : un matin, j’ai « oublié » ma montre pour lui demander l’heure… Oui, j’étais vraiment TRES nulle en drague à l’époque. Sauf que l’inconnu n’est jamais plus venu.
 

 En sciences po, par contre, dès le départ, je repère un magnifique brun aux yeux de braise et à la peau diaphane, Guillaume qu’il s’appelait (évidemment). Comme je suis très forte, au bout d’un mois, je me retrouve à faire un exposé avec lui, on s’installe à un café avec un coca… Et là, il me rote littéralement à la gueule et ne s’excuse qu’après avoir remarqué que je le regarde, atterrée. Bon, tu dégages de la catégorie plan M, toi !

Le plan M n’a pour but, au départ, de nous motiver à aller bosser ou en cours. Nous n’attendons rien d’eux, si ce n’est d’être présents et beaux, disposés à se laisser mater. Nous ne leur adresserons peut-être jamais la parole mais ce n’est pas le but, au fond. C’est juste que d’aller en cours de sociologie de l’administration, ce n’est motivant que s’il y a un choupinou à regarder. Même quand on est en couple parce que je suis désolée, y a pas de mal à se faire du bien aux yeux. Après tout, c’est comme admirer un paysage ou regarder les étoiles. Quand la nature fait si bien les choses, autant en profiter. Après, rassurez-vous, Guillaume 1er était un pro du matage même pas discret donc pas la peine de me dire en comm : « t’es une garce, imagine si ton mec avait fait pareil. » Il faisait pareil, justement, et je m’en moquais. Regarder n’est pas toucher et je ne m’imaginais pas du tout en train de faire des brouettes
ou autre chose avec mes plans M.

 

Mais parfois, un plan M peut devenir en plan M et plus si affinités. Exemple : Bertrand. Il est choupinou, il est choupinou… Merde, il me fait totalement craquer, j’ai envie de conclure, zut de zut. Bon, finalement, vu que je suis nulle en drague, je crois qu’il n’a jamais compris qu’il était un plan M et plus si affinités, tant pis. Ce fut tout de même très agréable de le regarder droit dans ses yeux bleus-verts-gris pendant quelques mois. Sinon, autre plan M et plus si affinités : Ludovic, mon collègue lors de mon stage rugby. La première fois que je l’ai vu, il m’a pas marqué plus que ça, soyons honnête. Mais comme nous fumions tous les deux, on se retrouvait souvent en pause clope en même temps, à discuter sur le balcon du 5e étage et je me suis dit qu’il était quand même drôlement choupinou. Grand, brun, mince, un visage d’ange, miam ! Donc le jeu consistait à caler mes pauses clopes sur les siennes, très amusant. Mais le soir de la finale du TOP 16, c’était l’occasion de conclure, ou pas… En fait, cette soirée m’a permis de mesurer la timidité limite maladive du jeune homme. A un moment, je le rejoins au bar pour commander une boisson (oui, j’avais un bracelet magique me permettant d’avoir accès illimité au bar, je vous dis pas…). Et là, je me dois de prendre les choses en main car il ose pas interpeller le barman, donc je prends la commande pour les deux. Plus tard, dans la soirée, je me retrouve avec Bastien, le pigiste du week-end bien choupinou aussi (mais je le voyais jamais donc pas un plan M) et Ludovic nous annonce qu’il va chercher une bière au bar et Bastien me fait : « tu vas voir, il va revenir les mains vides. » Cinq minutes plus tard, Ludovic revient les mains vides, tout dépité, on rigole. « Oui mais y a le joueur, là, il m’a viré du bar en disant que c’était sa place, quel connard. » Comme j’ai soif, je l’accompagne pour prendre sa commande mais y a plus de bière donc il prend un coca. A la fin, on se fait sortir de la boîte parce que c’est 7h et que ça ferme donc le joyeux trio embarque Zoé et on va se prendre un petit déj dans le coin. Mais la journée ne fait que commencer : Ludovic, Zoé et moi devons partir sur Toulouse pour un match. Donc je rentre viteuf chez moi récupérer mes affaires et je rejoins mes deux amis à l’aéroport où on prend un café dégueulasse. On est rejoint par une quatrième acolyte et on prend l’avion. Pour une fois, j’ai pas eu peur du tout, sans doute parce que je commençais à ressentir les effets de la nuit et je m’inquiète un peu : le match que je dois couvrir est à… 17 heures.

 

On arrive au stade Ernest Wallon, on va manger avec le staff du stade et voilà que le petit Ludovic nous fait un malaise vagal. C’est-à-dire que son visage légèrement hâlé devient plus blanc que le mien (un exploit) donc on s’inquiète un peu, je lui dis de s’allonger et de lever les jambes, la meilleure façon de lutter contre un malaise vagal. Oui, je sais ça parce qu’il m’est déjà arrivé d’en faire. Le plus ridicule : ma sœur se fait opérer des dents de sagesse, j’appelle dans l’après-midi de l’opération pour annoncer à ma mère que Guillaume et moi arrivons voir la demoiselle, elle me raconte qu’une amie de ma sœur a fait un malaise vagal dans la chambre de ma sœur et je rigole : « mais quelle petite nature ! ». Oui, moi, j’ai passé ma jeunesse dans les hôpitaux, pas du tout par maladie mais le dimanche, quand mon père faisait les visites et que ma mère travaillait, il nous amenait à l’hôpital et ma sœur et moi dessinions dans le bureau des infirmières, on était un peu les mascottes du service. Donc on arrive dans la chambre, on discute et je commence à me sentir mal : les couleurs se barrent de mon visage, je commence à transpirer et avoir envie de vomir. Donc, discrètement, je me penche vers la fenêtre pour prendre l’air mais attrapée : Guillaume voit que ça va pas et ma mère comprend : elle me prend par la main et me fait descendre dans le jardin de la clinique pour m’allonger et me faire lever les jambes. Je me moquerai plus jamais des copines de ma sœur qui se
sentent mal.

 

Après le déjeuner, Ludovic et moi sommes conviés dans un superbe bureau tandis que Zoé et l’autre fille vont voir une de leurs amies, on mate la télé puis on s’endort un bon quart d’heure devant. Hé oui, lecteur, techniquement, j’ai dormi avec mon plan M et plus si affinités, la classe ! Nous avons passé le reste de la journée ensemble mais mon stage se terminait sur ce match, je l’ai revu une autre fois et c’est tout. Mais peu importe, ce plan M et plus si affinités ne m’a pas brisé le cœur, c’est le but.

 

Et voilà. Dans quinze jours, je commence mon stage avec, tous les matins, la joie de me lever pour voir mon nouveau plan M… et pas plus si affinités car on ne mélange pas boulot et brouette.

Ma vie est un sitcom porno

Par Gauthier
Sous titre : Dieu est partout.
 
Sous la pression générale, je suis obligé d’écrire un article pour vous raconter mon week-end, et plus particulièrement ma soirée de samedi. Je n’avais pas vraiment envie, parce qu’à part une ou deux anecdotes, on reste dans quelque chose que vous n’avez que trop l’habitude de lire : de l’alcool, du sexe, de la débauche…
 
Mais apparemment il faut quand même que je le raconte, alors je m’exécute…
 
Plantage du décor : semaine de merde, Nina a déprimé toute la semaine, moi je me suis cogné 38 à 39°C de fièvre en continue, ça a démarré par une jolie rhino, puis c’est devenu grippal et ça se termine en bronchite façon cancéreux en fin de vie… Alors pour rappeler quand même, cette semaine je passais un entretien très important pour mon avenir professionnel. Vous imaginez qu’avec la fièvre et 2h de sommeil dans les jambes, j’ai été au maximum de mes capacités intellectuelles !!!!! Si je croise Dieu, je le fume ! Heureusement au milieu de tout ça j’ai appris que j’avais validé mon semestre (ouf !).
 
Donc me voilà abordant le week-end avec une réelle appréhension, que peut-il se passer après une semaine pareille ? Ben n’importe quoi voyons ! Donc ma collègue de promo russe m’informe que je suis obligé de me rendre à sa soirée de samedi. Oui je trouve aussi qu’on m’oblige à faire beaucoup de choses en ce moment, mais que voulez-vous, je suis faible môa ! Donc je prends Nina sous le bras et nous voilà devant un étal de vodka sibérienne.
 
Pour être sûr que je vienne ma russe m’avait précisé « on ne sera pas nombreux, il y a moins d’alcool, et surtout on ne fête rien, donc ça sera calme ». L’embuscade de folie !!!! Mais comment avec tout mon entraînement j’ai encore pu me faire avoir ? Mais ça sentait le piège à 20 bornes et moi j’y fonce la bouche en cœur !!!! Je suis nul quand je m’y mets quand même… Donc fatalement on se retrouve à une petite quinzaine, avec du champagne parce que son mec a eu son concours de la fonction publique ! ON FÊTE RIEN DE PARTICULIER ? Pfffff Je suis parti à minuit trente avec 4,5 g dans chaque bras… Une épave…
 
La mère Nina elle était déconstruite, elle a passé une bonne partie de la soirée sur une poire, à bader une étagère fixée à 2m du sol en face d’elle, j’ai des photos, elle est belle, mais plus totalement attribuée (il n’y a plus personne, c’est flippant, elle est floue à force de boire !). Donc elle fini par migrer vers le canapé, ce qui la rapproche de son étagère, et elle lui déclame son amour, et se lance devant une assistance médusée à l’explication du pourquoi du comment qu’elle a une vie sexuelle avec les étagères ! (on l’a déjà expliqué 20 fois, relisez les vieux articles)
 
Donc direction le métro, et retour dans nos quartiers, je suis quand même très très saoul, et j’ai envie de sortir… Mais pour d’obscures raisons je dois me lever à 11h le dimanche matin, et Nina aussi, alors que faire ? Oui tient avant de continuer, je vais quand même préciser ceci : on l’a fait une fois (de se lever aux aurores un dimanche), on le fera pas deux, la prochaine fois par pitié passe un soir, tu verras on sera en meilleure forme, bref on se refait ça quand tu veux… Mais pas un matin, ok ? Fin du message personnel…
 
Donc il est plus raisonnable de rentrer, Nina s’exécute, et elle vous racontera, si elle le souhaite, sa nuit tout en triptyque… Moi je décide de partir en boite, forcément, et me promettant de rentrer pour 3h du matin ! Je suis drôle de dire ce genre de connerie, je sais… Donc me voilà au bar, je commande mon verre, et le temps que le serveur me le prépare, je lance un regard bovin à l’assemblée, et je passe en mode radar « le premier qui me sourit je passe la soirée avec ». Personne ne me sourit, forcement, donc désabusé je me retourne vers le barman, je prend mon verre, et là mon regard croise celui de la bombe qui est assise à la droite, je ferme un œil (très classe) pour ne pas le voir en double, il est très beau, je souris, il me sourit, il rougit, je lui propose un verre, il accepte. YES, JE VAIS BAISER CE SOIR ! Non vous n’avez pas loupé d’épisodes, il suffit que le mec accepte quelque chose venant de moi, ça veut dire qu’il est prêt à parler, et donc il se fera avoir et finira avec ma bite dans son cul, c’est mathématique, je transforme toujours l’essai… N’est pas sex symbol qui veut…
 
Donc on papote, on papote, et il m’apprend qu’il est américain, il vient de Seattle, il passe un mois sur Paris, il me trouve très beau, il adore la France et les Français, je n’ose pas lui demander son age, je ne suis pas sûr qu’il soit totalement majeur en fait… Il me demande s’il peut passer la nuit avec moi, avec un accent très prononcé, je ne peux malheureusement pas vous le reproduire ici. J’accepte, mais le problème c’est qu’il vit avec plusieurs autres américains, bref chez lui c’est pas possible. Qu’à cela ne tienne, allons chez moi !
 
ET MERDE ! J’ai oublié un léger détail, un détail tout frisé, un détail avec un accent toulousain, un détail qui dort dans mon lit ce soir : Emma ! Que faire ? Rentrer, mettre Emma dans la baignoire, et baiser comme des castors toute la nuit à côté ? Non quand même ça ne se fait pas voyons… Il reste une solution : prendre un taxi et aller à l’hôtel ! Nous sommes samedi soir, nous sommes sur Rivoli, il est 3h du matin, nous cherchons un taxi, et donc nous allons à l’hôtel à pied (note pour plus tard : brûler un taxi pour se défouler de ne jamais en trouver quand c’est important). Et on se couche gentiment dans une chambre double avec deux petits lits côte à côte. Oui ben moi quand j’ai pas de chance j’ai pas de chance, et il n’y avait plus de grand lit voilà. Et je me fais violer…
 
Oui vous avez bien lu, violer, le petit il était entreprenant, et il savait ce qu’il voulait, voilà ! Il me demande très poliment si je veux bien « aller en dedans de lui ». MAIS BIEN SÛR !!!!! Et là c’est le drame. Oui parce que c’est une fois qu’il a un sexe « au dedans de lui » que l’américain se dévoile. Vous avez déjà vu un film X homo (oui parce que dans les hétéros je sais pas) américain ? Pour ceux qui connaissent pas ça donne à peu près ça : « Oh Yeah, fuck, fuck my ass, fuck da ass, fuuuuuuuuck, oh yeah baby, come on, fuck me, fuck, fuck, fuck, fuck, i’m gonna cum, oh yeah jesus ! », en gros je suis obligé de couper le son sinon j’ai envie de rire ! Je pensais que c’était juste pour les films, une espèce de légende urbaine tirée de je ne sais quel réalisateur tordu… Et bien pas du tout !!!!
 
Ce charmant jeune homme c’est acharné à hurler le nom de Jésus Christ Notre sauveur tout le long de l’acte sexuel ! Et moi ya des moments où je n’ai pas vraiment envie d’entendre parler de Jésus. Ça donnait quelque chose comme ça « Oh fuck, jesus christ, oh jesus, fuck, fuck, jesus, oh jesus christ, oh yeah, jesus !!!!! ». Là l’alcool m’a beaucoup aidé, oui je me suis concentré sur ce que je faisais pour ne pas rire. Et puis au bout de 5/10 min de « JESUS, OH YEAH FUUUUUCK », j’ai perdu pied, je me suis lâché, j’étais dans mon film X rien qu’à moi, et il en a eu pour ces « fuck » le petit américain croyez moi. Donc, comme dans les films, on change de positions toutes les trois minutes, on fait des trucs acrobatiques, qui relèvent plus de l’exploit sportif que de la recherche simple du plaisir, des trucs à vous filer des crampes pour vos trois prochaines vies, bref des trucs de ouf. Je pensais pas être aussi sportif au passage… Donc après trois portés en levrettes transversales il m’informe qu’il va jouir « oh fuck, i’m gonna cum ». Enfin je peux dormir, merci mon dieu !
 
Le lendemain on remet ça au réveil, je vous raconte pas, c’est pareil… Et on se met à papoter, et comme je ne suis plus morte poule, je me souviens de ce qu’il m’a dit. La vision qu’un américain a de Paris et des Français est très intéressante. Par exemple en parlant de la Tour Montparnasse il me dit « on dirait une noire queue, mais une grande ! », voilà no comment ! J’apprends également qu’il est venu à Paris pour devenir « model », et je dois avouer qu’il a du potentiel ce petit, il est beau, il est beau, il est beau, IL EST BOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!!!!!!
 
Je viens de recevoir un mail de sa part, il veut me revoir très rapidement, je pense que je vais répondre par l’affirmative, bien entendu je vous tiendrai au courant de ma vie sexuelle avec un futur mannequin.

Coup de foudre

Par Julien
« Pour replacer cette histoire dans son contexte, celle-ci se déroulait lorsque j’entamais ma deuxième année à la faculté. L’ambiance était particulièrement bon enfant, et les soirées fréquentes. Avec un cercle d’amis assez vaste, issus de différentes promotions, nous organisions régulièrement, ces évènements qu’étaient les soirées étudiantes. Il nous arrivait souvent de nous associer aux boites de nuit ou aux cafés pour les évènement les plus communs, mais parfois, pour les soirées d’exceptions, nous louions une énorme salle. Nous faisions alors le voyage dans un pays frontalier pour aller acheter bière, vodka, et autres alcools en quantité, afin de pouvoir réhydrater la moitié du campus qui venait invariablement à chacun de ces évènements.
Si je parle de ces préparatifs, c’est parce que je remplissais souvent le rôle de gardien du temple à ces soirées … enfin par gardien du temple, je veux dire gardien du bar, barman, ce qui vous pouvez me croire était une charge tout aussi sacrée et importante.
J’avais un goût et un certain talent pour la fabrication de cocktails, je gardais la caisse avec le sérieux d’un mastiff gardant son os, et le plus souvent par la parole j’arrivais à désamorcer les conflits avant qu’ils n’éclatent réellement. J’aimais vraiment cette fonction … en plus, tous mes lecteurs le sauront, le bar est un endroit stratégique dans une soirée. C’est l’un des endroits les plus calmes (pour pouvoir entendre les commandes), tout le monde y passe, et généralement on a une vue imprenable sur toute la salle.
Mais ces précisions données, revenons en à notre histoire … Avec les membres de notre petite « congrégation » puisque c’est comme ça que nous appelions notre bande, nous avions organisé une de ces gigantesques soirées, afin de fêter la fin des partiels du premier semestre de la Faculté de Droit. Dans l’après midi précédent cette soirée, l’un de mes amis, qui sans être un proche était quelqu’un que je fréquentais assez régulièrement dans le cadre de l’organisation de ces évènements, François, s’approche alors de moi.Ce faisant, il précède de peu une magnifique jeune fille … involontairement, mon regard s’attarde un peu sur cette dernière, une petite brune, des yeux verts très clairs, semblables à des émeraudes, un visage et un sourire d’ange … une jeune fille un peu petite certes, mais avec des courbes à damner un saint.

Naturellement, ma réaction ne passa guère inaperçue, se « taper un fixe » d’une dizaine de secondes alors même que l’on vous est en train de vous parler est loin d’être une relation que l’on pourrait qualifier de discrète.

Néanmoins, une fois le trouble passé, François me présente sa sœur Gwen, et après quelques derniers détails sur l’organisation de la soirée, il me glisse à l’oreille d’un air amusé, alors qu’ils s’apprêtaient à repartir : « Jules, espèce de crevard, c’est ma sister, si t’y touches, t’es mort ».

Avec un sourire de circonstances et la franchise d’un arracheur de dents, je lui assure que l’idée ne m’a même jamais traversée l’esprit, qu’il n’a absolument aucun souci à se faire, et que je suis même prêt à la considérer comme ma propre sœur. Mes déclarations sont accueillies par un sourire un peu sceptique, mais finalement, nous nous séparons, chacun allant faire de son coté les derniers préparatifs et les ultimes achats.

Arrive finalement, le début de soirée. François et moi nous rejoignons sur place, et je note l’absence de sa sœur. Il me dit qu’elle arrivera plus tard dans la soirée et me demande de garder un œil sur elle, afin qu’elle ne fasse pas de bêtises et qu’elle ne boive pas trop. Me regardant, il précise d’un ton insistant « Un œil, Jules … j’ai bien dit, un œil, hein ? ». J’acquiesce encore une fois, et je le laisse repartir vers l’entrée alors que je m’installe nonchalamment au bar.

François, petit, mais vif et teigneux, adepte de divers arts martiaux, aux noms aussi exotiques qu’imprononçable, assurait avec deux autres potes le service d’ordre de la soirée. Peu à peu, petit à petit, la salle se remplit, et la pendule avançant la foule autour du bar s’éclaircit. Je remarque alors Gwen, traînant l’air un peu perdue un verre à la main. Je lui fait signe, et malgré son air un peu éméchée, j’accepte suite à son insistance de la resservir, allant même jusqu’à lui offrir le verre.
Oh oui, je sais, chers lecteurs, j’entends déjà vos cris indignés sur mon manque d’éthique, mais je crois que je n’aurais rien pu refuser à cette fille. *petit sourire triste*

Toujours est il qu’au bout de quelques minutes une discussion un peu hésitante s’engage. Mon cœur s’emballe un peu, j’apprends qu’elle est en première année de droit, que c’est la petite sœur de François (ce dernier était en maîtrise), mais que comme c’est la petite dernière de la famille son grand frère est très protecteur à son égard (Sans blague, j’avais cru remarquer). On papote encore un peu, de tout et de rien, échange un chaste baiser, et finalement quand elle me dit qu’elle est crevée et qu’elle aimerait bien faire un petit break, je lui propose de se reposer dans la cuisine inoccupée, située juste derrière le bar.

Dix minutes après, déposant quelques bières gratuites sur le comptoir, je ferme temporairement le bar, histoire de voir comment elle va. On discute encore un peu plus, on s’embrasse, timidement d’abord, et finalement plus férocement, assise sur une des grandes tables en inox de la cuisine, je la serre très fort contre moi … quand soudainement la porte s’ouvre brutalement, François en furie fait irruption dans la pièce (j’apprendrai quelques mois plus tard qu’il était venu récupérer la caisse), allume toutes les lampes et nous éblouissant par la même occasion. Un flot ininterrompu d’injures et de propos sur la confiance trahie sortait de sa bouche. J’essaye de le calmer, en vain, je reçois dans la foulée un violent coup de poing à l’œil droit, me laissant hébété, rapidement suivi de quelques autres. Au bout d’une éternité on nous sépare enfin, et François quitte la pièce en trombe en traînant sa sœur par le bras, me laissant chancelant, abasourdi et relativement choqué !

La soirée, se finit dans une atmosphère glaciale, digne d’un blizzard sibérien. Le lendemain, tous les organisateurs se réunissent pour faire les comptes. Des commentaires sarcastiques accueillent mon œil au beurre noir, et une muraille humaine se forme pour nous isoler François et moi. Bien que tenaillé par une puissante envie de revanche, je cherche néanmoins à m’expliquer calmement avec lui, à obtenir des excuses … Sans succès.

Au cours de la semaine, je réussis finalement à obtenir le numéro de portable de Gwen, par l’amie d’une amie, je l’appelle, et je me fais répondre sèchement pêle-mêle : qu’elle ne veut plus rien avoir à faire avec moi, que son frère lui à parler de moi et qu’elle se demande comment j’ai pu agresser ainsi ce dernier (sic !), pour finalement finir par constater que « je n’était vraiment qu’un salaud » dans un ton qui aurait pu fournir un bel exemple d’hystérie à des étudiants en psychologie. Inutile de préciser qu’à ce moment seulement j’étais non seulement assez dubitatif, mais que j’ai aussi senti mon cœur voler en éclat.

La situation aurait pu en rester là, mais quelques jours après, j’apprenais auprès de certains de mes « amis » que ma participation n’était plus souhaitée pour l’organisation des prochaines soirées. D’ailleurs, en fait, je me retrouvais tout court « persona non grata » à celles-ci.

Cette situation allait durer jusqu’à la rentrée suivante et fut, bien entendu, particulièrement dure à supporter. Je la relate désormais avec le sourire, mais il m’arrive encore quelques fois d’en rire jaune. »

La semaine de Gauthier

 

Tout commence par un début de semaine à la poste (ô joie des boulots d’été…) moi je dis la poste c’est nul et j’en ai marre de bosser, surtout après LA cuite du week-end dernier… Cause de la cuite? Lucie fête la fin de ses oraux, et dans le doute d’un échec on fait la fête avant (et pis si elle réussi on la fera deux fois arf).

Océane ayant déposé son fils chez mes parents, nous voilà en mauvaise posture éthylique dès 21h… No comment, nous sommes ignoblement alcooliques!

Donc mardi soir je finis le contrat (et me voilà en quasi vacances jusqu’à début août!) et là je me dit « chouette je vais pouvoir aller à la piscine, aller voir ma grand mère, aller faire les soldes, aller en Andorre faire des courses et voir mon amie qui y vit, aller sur le net et choper du petit jeune esseulé! Bref suis en vacances »

 Mardi soir je me met sur le net et je « chope » mais alors bon là c’est pas gagné… Le mec bi à tendance exclusivement hétéro qui ne sort qu’avec des filles mais adore se faire prendre en levrette de temps en temps! Bingo je fonce, photo floue mais bon il semble mignon. J’arrive chez lui et … c’est le drame! Mon dieu qu’il n’est pas beau! Argh… Tendance anorexique et pas beau quoi! Bon je me dit « tu viens de traverser Toulouse, tu bois un verre tu discutes et tu prétextes une montée de fatigue soudaine version narcolepsie latente et tu te sauve! » et on papote, papote, papote et il me saute dessus! Je me laisse faire, j’évite de trop l’embrasser et je ferme les yeux en me demandant « que faire? » et pis je me dit « bon je me laisse faire quand il va me déshabiller il n’y aura pas d’érection et tu dira que t’es trop crevé et tu partiras…. » tout homme sur terre ne souhaitera jamais de ne pas avoir d’érection, au contraire (cf vente de viagra) ben moi si j’avais eut un cachet pour être impuissant 24h je l’aurais pris! Donc il me jette sur son lit, me dessape, et là… C’est le retour du drame: je bande! AAAAAAARRRRRGGGGGGGGGHHHHHHHHH POURQUOIIIIIIIIIIIIIIIIII MOIIIIIIIIIIIIIIIII? Bon ok c’est comme ça? Ben on fait avec! Et là, j’ai eu le vieux flash du retour de ce que j’ai vécu y a quelques années: je serais une pute je me ferais payer au moins pour mes efforts!

Ça ne vous est peut-être jamais arrivé, et je ne vous le souhaite pas mais ces sentiments horribles « je couche avec, il me dégoûte presque, je pense à quelqu’un d’autre, il faut que ça se finisse vite, je me sens sale! » bref une pute! Mais moi je le fais juste pour la gloire?

 Non je sais pas pourquoi je le fais…. Donc sur ce je me sens pas merveilleusement bien dans mes basket mercredi matin au réveil (je précise que je n’ai pas dormi chez lui là je n’aurais pas supporter!)

Mercredi: les soooooooooooooooooooooooooldes! Donc parti dans l’idée de dépenser 40€ je m’en fous pour 160€! Et là suis assez content de moi, la dernière fois le budget était de 50€ et me suis arrêté à 270€! Donc on s’améliore! Bref j’ai des ampoules aux pieds, j’ai mal au dos, mais suis content de mes trouvailles soldesques!

Jeudi: rien! Sauf le soir….. Avec quelques amis on décide de se mettre une race à l’appart d’un ami, puis on va au hot pepper (soirée pédale de notre belle ville rose) pas grand monde mais tout le monde été complètement saoul!!!!!!!!!!! Ça fait du bien ces petites réunions des alcooliques VIP lol

Là je tombe sur un mec et je bloque « je le connais, je le connais, je le connais, je le connais » mais impossible de savoir pourquoi je le connais, dans ces cas là une fois sur deux c’est un ex et je pète la honte « mais si on est sorti ensemble y a 2 ans pendant quelques semaines » « non désolé me souviens pas » « mais si je t’avais offert cette bague que tu porte là! » « aaaaahhhhh oui bien sûr c’est toi » bref le honte! Donc je me repasse tous ce que je peux mobiliser d’ex dans ma visionneuse perso, mais rien, je finis par aller le voir « bonjour on se connaît du net sûrement? » « non » « mais si mon pseudo, c’est …. » « ah salut! » et là le mec sourit et se barre…. Ok prend toi ça dans la gueule et ramasse les morceaux… Putain ça fait 6 mois que je cause avec et quand on se voit il me fout un wind surf? AAAAAARRRRRRRRGGGGGGGGGHHHHHHHHHH BARMAN À BOIRE!!!!!! Deux verres cul sec plus tard il revient me voir « salut tu vas bien? Tu t’amuses ? « ouais » (imaginé le « ouais le plus glacial que vous puissiez sortir un jour dans votre vie ben c’était celui là!) donc il commence à blablater et moi je fais des réponse monosyllabique (suis très soupe au lait surtout quand je bois, non mais me foutre un vent à moi! Il est suicidaire celui là!). Mes amis me rappellent que ça fait 1h qu’on devrait être rentré, donc je dis au revoir et je m’approche du mec en question « je dois filer, on se voit bientôt? Je t’embrasse, amuse toi bien! » et là il me bloque pour me faire la bises le plus tendancieuse du millénaire (celle qui déraperait bien sur les lèvres si jamais on veut bien l’aider) donc je lui fous ma langue dans sa bouche! Et il se laisse faire…

Je rentre chez moi le coeur léger (en plus j’ai même pas besoin de lui demander son tel parce que je l’ai déjà et toc lol) et je lui envoie un petit message gentil en espérant le revoir..

Là dessus nous sommes vendredi, et moi suis en gueule de bois totale! Malade, mort de fatigue, envie de vomir et de me trépaner à cause de mon mal de tronche! Là je me lève comme je peux, je rampe jusqu’à la salle de bain, je me mets la tête dans l’armoire à pharmacie, avale tout ce qu’on ne doit pas prendre avec de l’alcool dans le sang en me disant « Vaut mieux être shooté que malade! » les cachets ne font pas encore effet que j’entends du bruit dans le salon! Diantre un voleur? Non… Pire…. Mon père bosse à la maison aujourd’hui! Mon père qui bosse à la maison c’est quoi? Il joue au solitaire sur son pc portable devant le tour de France et dès que je passe devant il fait semblant de travailler (bref un gamin en gros!) papa je le dis haut et fort ici, tu as le droit de ne pas avoir de travail! De toute façon il est en préretraite et il s’entraîne à ne rien faire lol

Donc je passe l’après-midi à errer dans les méandres de l’alcool en descente et là Anne me propose un ciné! Douce Anne, toi t’es gentille quand suis malade tu me propose pas des soirée méchantes! Donc nous voilà parti pour aller voir Madagascar. Ben ce film c’est GÉ-NIAL! Donc je rentre chez moi vers 1h, je vois les deux dernières minutes de Sex and the City et je me met à chatter avec Nina jusqu’à pas d’heure, on dit du mal des hommes, des miens, des siens, de tous ce qui porte un caleçon en gros (bref comme à chaque fois qu’on cause lol) mais cette fois j’ai pas eu droit à l’indémodable « moumour t’es le seul homme à pénis que j’aime! » (oui dans le monde de Nina il faut préciser si un homme à un pénis ou pas! cherchez pas… C’est son monde lol) ça prouve donc qu’elle n’était pas si écoeurée que ça (elle s’est trouvée plein de nouvelles cibles mais elle vous racontera tout ça!)

Bref là nous sommes samedi, je suis seul, mes parents sont allés voir mon petit frère dans sa campagne perdue… Et j’ai même pas invité mes amis chez moi parce que j’ai pas eu le temps, je ne sais pas quoi faire aujourd’hui, ni ce soir, ni demain, c la lose…

 

Nina

Je suis assez habituée aux cas sociaux, ceux qui ne savent pas quoi inventer pour me draguer alors que, précisément, je ne leur demandais rien, si ce n’est me laisser tranquille. Les transports en commun sont des lieux particulièrement propices à la drague…

 

– Le sourd. Hier, je me rends à la gare pour descendre sur Paris, tous suçons dehors, si j’ose dire. Je fais quelques pas et un mec assis sur un banc m’interpelle. Je le regarde, pensant qu’il voulait un renseignement mas vu son regard de merlan frit, je comprends que ce n’est pas du tout le cas. Alors, quand le monsieur me demande: « je te dérange », mon incroyable spontanéité me pousse à répondre « oui ». Tout homme normalement constitué m’aurait lâché mais lui enchaîne : « je peux venir avec toi? ». Je soupire et lui répond que non, je dois déjà rejoindre quelqu’un (mes parents, en l’occurence). Alors :

– quelle partie du mot « oui » il n’a pas comprise? Si je lui dis qu’il me dérange, c’est que, a priori, je n’ai aucune envie qu’il me suive.

– et si j’allais chez mon podologue, il m’aurait suivi? Il prend des risques, lui. Franchement, suivre comme ça des filles rencontrées à la gare, c’est le summum du plan drague foireux!

 

– Le parc. Il y a un mois et il faisait une chaleur torride. Avec des amis, on décide d’aller se prélasser au soleil dans un parc à l’occasion d’un pique-nique. Arrivée en avance, je m’assois dans un coin et patiente. Arrive alors un jeune homme qui me fait: « je peux vous demander un renseignement? » Je lui réponds gentiment que oui mais je ne garantis pas la réponse : je ne connais absolument pas le quartier où je suis. Là, il me sort: « vaut-il mieux être maître ou esclave de ses sentiments? » Forcément, ça me fait rire donc je lui réponds : « maître ». Et là, son introduction, pas trop mal trouvée, est ruinée par sa réflexion suivante: « et ça veut dire quoi? ». Jeune homme, ma seule réponse aurait dû te suffire, je n’avais pas à y ajouter une explication de texte. Je lui explique néanmoins ce que je veux dire et, après un baise-main, il m’offre une cigarette particulièrement appréciée, vu que je n’en avais plus. Je le remercie en l’embrassant sur la joue (à sa demande) puis quand il apprend que je suis journaliste, il m’explique qu’il cherchait justement une journaliste pour promouvoir je ne sais quel projet qu’il a (un disque, je crois). Heureusement, ma copine est arrivée à ce moment-là…Au moins, j’aurai gagné une clope! 🙂

 

– Le bar. Un soir, avec la copine citée dans le plan drague précédent, nous étions en train de boire un verre au bar à côté de la fac après une réunion de notre master très mouvementée. En effet, nous devions travailler sur la composition de notre journal et les discussions avaient été parfois houleuses. Alors que mon amie se plaignait du comportement de la gent masculine de notre groupe, un type, franchement pas séduisant, s’approche et nous demande quels sont nos griefs envers les hommes. Je lui réponds en replaçant les choses dans leur contexte et le voilà qui s’installe avec nous, nous expliquant que dans notre école, il fallait pratiquer le sexe librement sous peine d’être exclues. Grand n’importe quoi ! Mon école n’est pas un club échangiste, ça se saurait… Mais bon, il est lancé, la conversation est tendue avec mon amie qui explique qu’elle préfère être fidèle tandis que je fais des bulles dans mon demi. Et là, c’est le drame : voilà qu’il me trouve jolie et décide d’attenter à ma vertu. Comprenant que je ne m’en débarrasserai pas si facilement, je lui file une fausse adresse mail (quelle idiote, un e a disparu!) mais refuse de filer mon numéro de téléphone : c’est professionnel. Il fallait vraiment qu’il soit idiot pour pas comprendre que je n’étais pas intéressée puisqu’il savait pertinemment que j’étais étudiante. Avant de partir, il explique à mon amie qu’elle doit « lui donner ma main », c’est à dire me convaincre de sortir avec lui…Mais bien sûr ! Evidemment, cette histoire s’est achevée avant même d’avoir commencé. Pour l’anecdote : un jour que je me promenais à la fac avec cette même amie, on croise le gars en question qui se permet de lâcher un immonde rot alors qu’on le croise… Quel loveur celui-là!

 

– La prof de danse. J’ai découvert les boîtes de ma nouvelle ville, récemment, et je me suis rendue compte que toutes les boîtes de France possédaient le même type de personnes : les losers de la drague. Samedi dernier, je me démenais sur la piste de dans quand arrive un mec en costard plus petit que moi. Je précise à mon aimable lectorat que je culmine à 1m56. Donc voici ce jeune homme qui se plante devant moi et commence à entreprendre une conversation. N’ayant pas entendu sa première réplique, je lui fais répéter et là, grand bonheur : « Tu es prof de danse? » Forcément, j’éclate de rire et je lui réponds que non. Pas dépité par cette réponse négative, il en remet une couche: « Ah, c’est dommage car je cherche une prof de danse. Je t’aurais payée un bon prix! » Et voilà l’argument qui tue. Résumons : ce monsieur cherche soit-disant une prof de danse mais il est évident qu’il est plutôt à la recherche d’une camarade de brouette. Ceci étant, il était prêt à me payer… Ca ne s’appelle pas de la prostitution, ça? De toute façon, à peine lui ai-je signifié mon refus qu’il est parti jeter son dévolu sur une autre… A 6h du matin, je l’ai aperçu rôdant encore dans la boîte. C’est confirmé : son plan drague ne fonctionne absolument pas!

 

– Le supermarché. Voilà également un haut lieu de drague, je ne comprends pas bien pourquoi ! Un après-midi d’été, je rentre dans la supérette voisine. J’avais passé la journée à travailler et je n’étais pas forcément de très bonne humeur. Alors que j’étais en train de fureter dans un rayon, un jeune homme s’approche de moi et me fait : »Hé ! On se connaît, non? » Bon, alors, je tiens à préciser aux hommes qui nous lisent que cette technique d’approche est franchement agaçante, trouvez autre chose. Je lui réponds donc que, non, nous ne nous connaissons pas mais il insiste alors je lui vante mon sens de la physionomie. Pas franchement refroidi par mes réponses, il me propose alors d’aller boire un verre ! Je lui réponds donc avec un grand sourire que mon fiancé m’attend à la maison et qu’il ne serait pas vraiment ravi d’apprendre que je suis allée boire un verre avec un autre… C’était un demi-mensonge : j’avais effectivement rendez-vous avec mon copain mais ce n’était pas mon fiancé. Je le quitte donc et pars dans un autre rayon mais le jeune homme est tenace! Il me retrouve dans le rayon et me donne sa carte, au cas où… Je la range dans mon sac sans la regarder. Fin de l’histoire. J’avoue l’avoir regardée plus tard : ce monsieur était prof de gym à domicile…J’imagine le style d’exercice qu’il comptait me faire faire! Décidément, les cours à domicile fournissent une grande part de ces plans drague foireux!

 

– Le sondeur. Ca m’est arrivé hier soir, j’ai toujours une chance folle avec les losers de la drague. J’étais tranquillement en train de ne rien faire sur mon ordinateur en attendant que ma série adorée ne commence. Soudain, je tourne la tête et je vois qu’un type est planté devant ma fenêtre et m’interpelle (oui car j’ai la chance de vivre au rez-de-chaussée côté rue). Je ne pouvais plus feindre de ne pas l’avoir vu et je pensais, au départ, qu’il s’agissait d’un camarade de promotion que je n’avais aucune envie de voir. J’ouvre ma fenêtre et je tombe nez à nez avec un parfait inconnu qui m’explique qu’il fait partie d’un institut de sondage et qu’il souhaite me poser des questions. A côté de lui, un jeune homme noir qui semble s’ennuyer ferme. Souhaitant me débarrasser rapidement de ces intrus, j’accepte de répondre à leurs questions, erreur fatale! Ca a duré une bonne heure, bonjour la galère. Bon, déjà, il avait l’élocution et la culture que j’aime, son explication de « sondage d’opinion » fut un grand moment de poésie. Bon, je réponds patiemment aux questions, le mec en profite pour me questionner sur ma vie sous le regard hagard de son compagnon de sondage qui semblait en avoir aussi marre que moi. Après avoir répondu à des questions sur ma consommation de cigarettes, de yaourts et de DVD, le jeune homme me dit: « Tu sais, si tu es en galère pour mater un film, un soir, tu peux venir chez moi, j’habite à côté! » Donc, là, forcément,j’ai explosé de rire, lui indiquant que j’avais tout ce qu’il fallait à la maison! Franchement, le gars, ça faisait une heure qu’il me saoulait avec ses questions, sans compter son parfum qui évoque vaguement les poubelles de mon immeuble et il croit que je vais aller voir un film chez lui? A dégager!

 

– L’histoire du lapin. A peine arrivée dans cette nouvelle ville, je rencontre mon premier loser de la drague. Avant de narrer cette folle aventure, je précise : j’ai une peluche lapin accrochée à mon sac. Je monte donc dans la rame et j’entends une voix masculine qui me fait: « Oh, attention, vous avez un bugs bunny accroché à votre sac ». Et moi, malgré cette intro calamiteuse, je réponds. J’ai cette mauvaise manie de répondre quand on me parle… Donc je me retourne et je tombe face à un mec au pouvoir de séduction très…hum… inexistant. Donc je lui réponds une phrase d’une intelligence folle : « non, ce n’est qu’un lapin ». Et le voilà parti sur des considérations générales sur les lapins qu’il collectionne car ça porte chance.  « Sauf en amour », précise-t-il. Sentant le but réel de cette conversation pour le moins hallucinante, je réponds froidement: « L’amour, c’est pas important, c’est la carrière qui compte! » Mais ça ne l’a pas refroidi, mon bonhomme, le voilà qui s’extasie sur le fait que nous avons tous les 2 un point en commun : les lapins. Je réponds froidement que ce lapin que j’ai à mon sac est un cadeau et que je l’aurais accroché pareil si ça avait été un nounours ou une otarie mais le monsieur est parti, il veut me brouetter donc il commence à m’expliquer que le lapin symbolisait la luxure au Moyen Age… On peut d’ailleurs le voir sur le tableau de la Dame à la Licorne. S’extasiant du fait que je connaissais cette oeuvre (oui, je suis blonde mais ça m’empêche pas d’être cultivée!), il me propose de m’amener au musée la voir, en vrai. Mais, pas de chance, je suis arrivée à ma station. Au revoir, monsieur!

 

– Le barman. Encore une histoire dans le métro. Il était tard, minuit et demi, j’étais partie en courant de chez Victoire, pensant ne plus avoir de métro mais, ô merveille, il marchait encore. J’étais donc plantée sur le quai quand un jeune homme s’approche de moi pour me demander l’heure. Polie, je réponds. La rame arrive, je m’assois dans un coin, le jeune homme se pose pas loin de moi. Les portes se referment et là, le voici qui se penche vers moi et me fait: « dites, je peux vous payer un verre? » Je réponds poliment que non car je dois attraper le dernier train pour rentrer chez moi. Malgré ce refus, le jeune homme s’installe à côté de moi et me raconte qu’il est barman. D’ailleurs, l’été, il descend à St Tropez. Ca doit impressionner pas mal de filles mais, personnellement, ça me laisse de glace et je réponds que, pour moi, St Tropez, c’est un défilé de beaufs. Il me demande mon prénom, je ne lui demande pas le sien mais il ne s’en rend pas compte, il est fou de moi… Décidé à me brouetter, il m’accompagne jusqu’à mon train car, « la nuit, la gare, ça craint » (pas celle-là, jeune homme). Il continue donc de discuter avec moi pendant que j’attends que le train veuille bien partir, il m’offre gentiment une cigarette puis le huhulement électronique indiquant que le train va partir retentit donc je saute dans le wagon, ravie de ne pas avoir à l’embrasser (j’ai cru que je n’y échapperais pas, honnêtement) puis il me précise gentiment qu’il boit souvent des verres au café de la gare. Mon ami, si j’avais voulu te revoir, je t’aurais demandé ton prénom et ton numéro, je t’aurais invité à me rejoindre dans le wagon et, accessoirement dans mon lit. Si je n’ai rien fait, c’est que je ne suis pas intéressée.