Rien de neuf

Souvent, je me sers de ce blog pour coucher des mots sur mes colères, mes loses, mes rancoeurs, mes peines… Une façon de sortir un peu le mal être de moi. Et comme je suis sympa, je partage ma noirceur avec vous, bande de petits chanceux. Mais parfois, ça va juste bien. Et je me suis dit que tiens, j’allais aussi vous en faire profiter.

En ce moment, je suis de bonne humeur, le Tiger est bien de retour. Mais quel est ce regain d’énergie en plein mois de novembre ? Un nouvel amour ? Un nouveau travail ? Non, non. La seule nouveauté dans ma vie est mon neveu en cours de livraison mais à l’heure où je vous écris, il n’est pas encore né… Juste qu’en fait, il ne se passe rien. Donc rien de négatif en soi.

Comme je l’ai vaguement dit, le mois d’octobre m’a apporté son lot de contrariété, de « je vais péter des dents » (plus précisément celle de mon ex prince charmant devenu crapaud), j’ai chopé la crève et j’ai failli pleurer quand on m’a dit que je pourrai pas partir au week-end plongée en décembre en Belgique (on plonge en fosse, pas dans la mer). Puis vint le 1er novembre, j’appris que finalement, j’avais la possibilité de partir en Belgique (ouais !), j’ai écrit un mail libérateur à mon ex (ouais!), j’étais plus malade (ouais !) et la naturopathe m’a jeté des confettis tellement elle était émerveillée par mon rétablissement. Tout allait mieux.

Et c’est tout ? Ben oui, c’est tout. Laissez-moi vous conter une soirée, une soirée sans le moindre intérêt en soi (je suis pas sûre de vous donner envie de poursuivre l’article, là, si tant est que vous soyez arrivés jusque là) : jeudi dernier. Cours de Pilates (mon premier, j’ai adoré) puis retour à la maison, petite dînette, réécriture d’articles en anglais, tagage d’anciens articles, douche, écriture de mon nouveau nouveau roman, lecture, dodo. Une putain de soirée rentable car j’étais dans la bonne énergie, baignée par la douce lumière de la bougie, compagne de mes nuits hivernales. Et je me suis couchée le coeur gonflé de joie. Idem le reste de la semaine. Je n’ai rien vécu d’incroyable, que du quotidien en somme mais du quotidien cool, caressant, joyeux. Pas de drames. Enfin.

Je ne suis pas une fille qui se satisfait normalement du quotidien, je suis un peu accro à la nouveauté. Mais là, les montagnes russes des aléas sont en pause et PUTAIN BORDEL DE MERDE, ça fait du bien. Une petite pause avant la grosse montée annoncée dans les prochaines heures : la naissance de mon neveu.

Clap de fin

C’est une journée comme une autre, une journée qui commence avec de petites contrariétés : un réveil qui tombe pour cause d’arrêt trop brutal, un train qui a 15 mn de retard. C’est une journée qui se déroule normalement au boulot et qui devrait bien se finir, je passe la soirée avec mes anciens collègues de chez Pubilon.

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Sortie du boulot à l’heure, je pense à recharger mon pass navigo, je récupère le métro : tout va bien. Je trafique mon téléphone, il n’y a pas trop de monde, je suis assise sur un strapontin. Station Ranelagh, le métro rentre en station et  s’arrête mais les portes ne s’ouvrent pas, l’électricité est coupée. Le conducteur de la rame nous annonce d’une voix un peu tremblante qu’un incident voyageur l’oblige à interrompre la circulation sur la ligne. Il précise ensuite aux passager du dernier wagon, encore dans le tunnel, qu’ils doivent patienter.

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Des passagers sortent de la rame, je les suis. On regarde un peu autour de nous mais le fait qu’ils coupent l’électricité me parait très clair… D’ailleurs des agents RATP, très calmes, nous invitent à quitter la station. Peut-être que c’est un malaise ? Je croise un agent qui parle à un autre « Tu l’as vu se jeter…? ». Ok plus de doute. Pendant qu’on remonte, j’aperçois des silhouettes au dessus de nous penchées vers les rames pour voir ce qu’il se passe. Sur le coup, j’ai envie de les engueuler. J’ai jamais compris ce besoin de se rassasier
de la vue du sang. Vous espérez quoi ? Voir un bout de jambe qui traîne ? Autour de moi, les gens râlent « putain, ça fait chier, quelle galère », ça appelle pour prévenir qu’on sera en retard. Y a vraiment que moi qui comprends ce qu’il se passe ou quoi ? Surface, la rue, les pompiers arrivent. Je me sens pas très bien, je ne sais pas trop quoi faire : je suis au milieu d’un quartier que je ne connais pas, je ne sais pas vers où partir pour rejoindre ma soirée. Je consulte google map, je vais y aller à pied, tiens, ça me fera du bien de marcher. Tiens, je tremble un peu, ce doit être le froid. D’abord, je pense que la personne s’est jetée sous la rame d’en face puis je réalise : c’est la nôtre qui n’est pas rentrée en entier dans la station, c’est notre conducteur qui n’avait pas l’air au top de sa forme, c’est de notre côté que ça s’agitait. Merde.

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Hier, une personne a décidé qu’elle en avait assez. Je ne sais pas in fine si elle est décédée ou pas (oui, on peut survivre à une rencontre avec un métro mais en très mauvais état) mais forcément, ça interroge. A quel moment on décide que c’est terminé, que l’on a à ce point marre qu’on choisit une façon de partir violente et sans retour ? Je m’étais posée la question y a 8 ans, quand ma tante s’est précipitée sous un train. Je continue à me la poser aujourd’hui. Hier, j’ai croisé la route d’une personne qui n’en pouvait plus de vivre. Ce n’est hélas pas le seul à faire ça. C’était la première fois en 5 ans que j’étais dans le métro concerné. Tout à coup, le fait d’être coincée au fin fond du XVIe n’avait plus grande importance. Je ne saurai jamais qui était cette personne, le pourquoi de son geste. Hier, la soirée a continué, j’ai passé un bon moment avec mes anciens collègues qui me manquent. Peut-être qu’hier, quelqu’un est mort à quelques centimètres de moi. Hier soir, j’ai écouté le récit d’une de mes anciennes collègues coincée dans la rame derrière la mienne se retrouver obligée de remonter le tunnel du métro à pied pour atteindre la station suivante et trouver une autre solution pour nous rejoindre. Et on a ri quand elle nous a expliqué que le bus dans lequel elle est montée a trouvé le moyen de se cartonner avec un autre. Ce matin, j’ai repris les transports sans même y penser. Hier, une personne est peut-être morte dans un espace où j’étais et finalement, je n’en pense plus grand chose. Je reste perplexe sur le geste, sur cette volonté à un moment d’en finir brutalement, cet espèce de courage lâche. Au fond, je ne sais pas bien ce qui me choque le plus : le geste ou notre relative indifférence à tous. Dieu Merci pour moi, je n’ai rien vu. Ca n’a pas été le cas de tout le monde. 


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Un article super intéressant sur rue89 sur le sujet.