L’été, on chope

Par Pink Lady

En été, les magazines sont unanimes. Comme le reste de l’année, l’originalité n’est guère leur fort. Donc après s’être affamées tout le printemps pour être au top de son sexyness sur la plage, forcément, il est temps de rentabiliser ce corps de rêve en ayant des relations sexuelles à tout va. Elle nous l’explique cette semaine « pourquoi c’est super d’être célibataire en été ? ».

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Alors attention, dans l’univers des magazines féminins, être célibataire rime avec chasse à l’homme. D’ailleurs le titre suivant de la newsletter ne le cache pas : « Assurer le 1er rendez-vous ». Oui, dans la vie, une femme célibataire peut en profiter pour prendre du temps pour elle, faire du sport, prendre des cours, réaménager son appart, démarrer une nouvelle vie ailleurs… Dans les magazines, le célibat ne sert qu’à passer vite au candidat suivant. Car le célibat n’a qu’un temps et ce temps là, c’est l’été. Oui, le sexe sur la plage (le sable et les mycoses en option), le bel étranger du genre bronzé qui parle une langue latine so hotty. Oui, si tu craques sur le scandinave, tu attends l’hiver, ça le fait mieux devant une cheminée, allongés sur une peau de bête. L’été, c’est latin, c’est bronzé avec les cheveux noirs un peu longs qui bouclent à la Jesus Luz.

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Ce qui est étrange, c’est que seule la chaleur semble propice à la sexualité fantaisie. Evidemment, je n’irais moi-même pas copuler sur une plage ou, pire, dans la mer, en hiver, je ne suis pas sûre de vouloir mourir d’une pneumonie. Tout le sexe extérieur semble réservé aux beaux jours, la levrette la tête dans le frigo pour se rafraîchir aussi. La partie de jambe en l’air devant la cheminée semble plus réservée aux élans romantiques et amoureux. Et puis qui dit été dit vacances, on est loin de chez soi et des conventions sociales qui nous emprisonnent au quotidien. Je ne suis plus Pink Lady, la jeune marketeuse mais la wild Pink, la fille qui se trémousse en bikini sous le nez d’hommes en rut. La baise en été est une sorte de convention sociale : si tu vas au soleil seule, c’est que tu veux te faire serrer, c’est comme ça. En fait, au pays des magazines, c’est très simple : si tu ne t’envoies pas en l’air sur la plage (en dépit du sable et des mycoses donc), t’es qu’une grue, une pauvre frigide coincée dont on ne pourra jamais rien faire. L’été, tu dois larguer ton mec, partir sur une plage paradisiaque et t’envoyer en l’air de toutes les façons qui soient. Les magazines les plus audacieux te proposeront d’ailleurs une liste non exhaustive de fantasmes à réaliser, sers-toi, c’est gratuit. Oui, je sais, il est curieux qu’on nous impose des fantasmes, je ne pense pas que les rédactrices sexo ait un accès direct à mon Ca pour connaître mes fantasmes . Et puis je suis un peu trash comme nana, y en a plein que j’ai déjà fait. Enfin, trash, tout est relatif, faire l’amour dans une piscine, c’est à la portée de pas mal de monde, il me semble.

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Seulement l’été commence à tirer sur la fin, il va falloir commencer à penser à pérenniser quelque chose pour ne pas être célibataire l’hiver car ça, ça craint. On n’a jamais vu personne être sexy en combinaison de ski et lutiner avec le mono entre deux sapins, les pieds dans la neige. Ce qui en soit est un peu dommage, la blancheur immaculée de la neige me paraît bien plus esthétique
que le sable envahi de cadavres d’algues et de crustacés. Mais le neige, ça brûle et la peau rougie, ça le fait de suite moins. Heureusement, Elle nous aide à assurer le premier rendez-vous…
Parce que jusqu’à présent, on les foirait tous, ce qui explique sans doute notre célibat quand l’été s’en vient.

Ceci est mon corps

Au fil des clics, on tombe parfois sur de supers sites comme zone zérogene que je vous conseille très fortement. Et je découvre de nombreux articles qui trouvent écho en moi, que j’aurais aimé écrire moi même. Alors je vais tout mélanger ici dans un pavé qui s’annonce peu structuré mais peu importe.

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A travers différents articles, je me suis rendu compte à quel point, en tant que femme, mon corps est un enjeu, limite une machine de guerre. Tout au long de l’année, les magazines me donnent des conseils pour être toujours plus mince. Ce qui est drôle, c’est que selon les modes, on se contredit d’une année sur l’autre mais peu importe. De toute façon, à tout lire, on finirait presque par
penser que manger est un crime contre notre corps. Ce corps devenu ennemi. Ennemi car jamais assez fin et musclé. Ennemi car on ne sait pas le faire jouir correctement mais no soucy, voici les bons conseils pour prendre son pied, les trucs infaillibles. Ah oui? Tu veux dire que dans ta rédaction lointaine, tu connais mieux mon corps que moi ? Pardon mais je connais très précisément la formule magique de ma jouissance, celle que je n’ai jamais vu dans aucun magazine. Sans parler du fait que la jouissance n’est pas qu’un système mécanique, la forme physique et mentale jouent énormément, sans parler de l’alchimie entre les partenaires. Mais voilà, ce corps imparfait tant dans sa forme que dans ses performances est gentiment mais systématiquement stigmatisé. Sois bien dans ton corps, suis la norme.

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Et dans un autre article, je découvre le mal être sexuel de femmes mal dans leur corps qui gâchent leur plaisir pour choisir la pause la plus flatteuse voire ne supportent pas la moindre lumière pendant leurs ébats. Tiens, révélation : moi qui me croyais complexée, en fait, je vis super bien ma nudité. Devant un amant ou autre, je me doute bien que même habillée, certains bourrelets ne disparaissent pas donc le Monsieur ne va pas se sentir floué en découvrant la marchandise. Mais il est vrai qu’on nous abreuve tant de pubs anticellulite qu’on ne peut que difficilement tolérer cette peau d’orange qui est nôtre. Même si, comme disait ma prof de bio, lutter contre sa cellulite, c’est lutter contre sa féminité. Enfin, perso, c’est pas tant au nom de ma féminité que j’ai arrêté de me tartiner de crèmes anti cellulite, c’est plus pour mon porte-monnaie, leur efficacité étant somme toute très relative. Quoi que je devrais écrire un article sur le côté placebo de ces produits, tiens.

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Mais il y a pire que ce harcèlement permanent pour un corps parfait et performant, harcèlement qui n’est plus uniquement réservé aux femmes. Le pire donc c’est la contraception. Il faut lire cet article sur les gynécos, certains méritent des baffes. Mais c’est assez révélateur des problèmes des femmes à disposer totalement de leur corps. Typiquement le stérilet pour nullipare, beaucoup de gynécos refusent de le poser à cause d’éventuels risques d’infection. Ok je veux bien mais je connais les risques et les accepte. Mais non apparemment, je n’ai pas autorité sur mon corps, mieux vaut que je me gave d’ hormones qui peuvent provoquer mycoses, baisse de libido et gonflements. Je veux bien mais si de nombreux médecins acceptent de poser ce fameux stérilet sur des nullipares, c’est que ce n’est pas si fantaisiste. Si ? Je sais que dans certains cas, notamment dans le cas de règles naturellement très abondantes, il est déconseillé mais ce n’est pas mon cas.

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Mais bon, risquer une éventuelle stérilité chez une nullipare, ça va pas non ? Parce que d’après mes rapides recherches sur le web, une femme ayant déjà enfanté n’a pas moins de risques de développer une infection via stérilet qu’une femme nullipare mais bon, la stérilité après un premier enfant, c’est moins grave, hein… Car toute femme est programmée pour avoir des enfants. Mais
elle ne le sait pas elle-même, c’est tout !

Et si finalement, c’était ça, le féminisme du XXIe siècle ? Arrêter de suivre les dictatures des corps, de se connaître soi et d’accepter que oui, mon corps est différent de celui de ma voisine. Et alors ?