Mais pourquoi tu ne parles plus de sexe sur ton blog ?

Ceux qui me lisent depuis le début ou à peu près l’auront remarqué, ma vie sexuelle n’est plus la star de ce blog et ce depuis un bon moment. Hormis quelques anecdotes et réflexions de ci de là, impossible de connaitre la météo de mes amours et coucheries. Et c’est fait exprès.

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Ce n’est pas parce que je n’ai plus rien à raconter, je dirais même que c’est précisément l’inverse. Première explication et la moins intéressante : certains de mes collègues connaissent ce blog. N’y voyez pas de la fausse pudeur ou autre mais je n’ai pas forcément envie qu’ils connaissent le détail de mes nuits et si je veux raconter un truc, je le fais à la pause. Donc même si je sais qu’à l’arrivée, connaitre ce blog ne signifie pas forcément le lire, la possibilité existe.

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Mais ça, ce n’est qu’une explication mineure, la vérité est ailleurs. En fait, je me suis rendu compte que je n’avais plus tellement envie de partager les histoires de fesses et/ou de cœur. Non, pas envie, le mot exact serait plus besoin. Je n’ai plus besoin de raconter mes folles nuits pour prouver, pour ME prouver que, oui, je plais. Fini le temps du doute et des choses à prouver. Aujourd’hui, je vis ma sexualité pour moi et pas pour raconter sur ce blog.

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Je ne dis pas que des fois, le clavier me démange un peu, j’ai un peu envie de partager certaines expériences. Parce qu’elles sont folles, parce que je découvre certaines choses sur moi, les autres, le sexe, l’amour… Mais en grandissant (je ne vieillis toujours pas), force est de constater que les limites de mon extimité sont de plus en plus étroites. Peut-être aussi parce que Nina est de moins en moins anonyme, j’ai la sensation de parler ici à des potes, certains particulièrement prompts au jugement, et je ne raconte pas les détails de ma vie sexuelle à mes potes. Juste à Vicky que j’ai traumatisée un peu. Et à certains de mes amants mais ils en sont les acteurs donc bon…

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Et puis je ne suis pas qu’un cul ou une paire de seins voire un clitoris… Aujourd’hui, je lis mes jeunes camarades sur Twitter et je suis un peu attristée par les personnes qui passent leur journée à crier leur sexualité débridée. J’attends même le « mon mec vient de me defoncer le cul, je vais me doucher et je reviens, hihi ! ». Principe de la poutre et de la paille : quand on le fait, on trouve ça super drôle, tellement subversif mais quand les autres le font, on sent alors toute la lourdeur du propos. Non parce que parler de sexe sans recul, juste pour rajouter une ligne sur son carnet de conquête et le montrer fièrement, je me rends compte que c’est sans intérêt et qu’en plus, ça finit par devenir suspect. Si tu insistes autant sur le fait que quelqu’un a daigné te sauter la veille, ça donne limite la sensation que c’est exceptionnel. Oh, je sais, Hopital, charité mais force est de constater que plus j’ai confiance en moi et en ma séduction, moins
je la ramène sur le sujet. C’est un fait. Il y a aussi ce sentiment émancipatoire à base de « je bois, je baise, j’emmerde les conventions » mais bon, le sexe et l’ivresse, ce n’est pas vraiment novateur comme concept… On est même drôlement soft par rapport à des temps plus ou moins lointains.


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Pourtant, le sexe en soi peut tout à fait être intéressant pour peu qu’on prenne un peu de recul, il existe de très bon blogs de sexe, de zone zerogene dont je parlais l’autre jour à rue69 en passant par second sexe ou sexactu. Mais le but n’est pas la-bas de se poser en personne sexuée mais bien de replacer la chose dans son contexte. Parce qu’il y a des milliers de choses intéressantes à dire sur le sujet, encore faut-il chercher à décoller un peu le nez de son oreiller. Par ailleurs, je trouve que de façon générale, on perd un peu le côté léger et grivois des conversations sur le sexe, ça devient limite une revendication, un manifeste à la limite de l’agressivité. Mais enfin, mes enfants (j’ai 30 ans, je grandis toujours mais commence à prendre un ton maternaliste, quand même), baiser est un acte
joyeux, agréable, ludique (enfin, j’espère pour vous), pourquoi en faire une sorte d’arme pour… pour quoi d’ailleurs ? J’ai pas encore compris.

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Voilà donc pourquoi ma sexualité n’apparaît plus qu’en filigrane ici. Et si quelques uns (voyeurs ?) le regrettent, je pense pour ma part qu’on y gagne tous au change, finalement. Même si en ce moment, pour reprendre Isadora « ohlala, ta vie, c’est trop Clara Sheller! ». Ouais, à peu près…

Ceci est mon corps

Au fil des clics, on tombe parfois sur de supers sites comme zone zérogene que je vous conseille très fortement. Et je découvre de nombreux articles qui trouvent écho en moi, que j’aurais aimé écrire moi même. Alors je vais tout mélanger ici dans un pavé qui s’annonce peu structuré mais peu importe.

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A travers différents articles, je me suis rendu compte à quel point, en tant que femme, mon corps est un enjeu, limite une machine de guerre. Tout au long de l’année, les magazines me donnent des conseils pour être toujours plus mince. Ce qui est drôle, c’est que selon les modes, on se contredit d’une année sur l’autre mais peu importe. De toute façon, à tout lire, on finirait presque par
penser que manger est un crime contre notre corps. Ce corps devenu ennemi. Ennemi car jamais assez fin et musclé. Ennemi car on ne sait pas le faire jouir correctement mais no soucy, voici les bons conseils pour prendre son pied, les trucs infaillibles. Ah oui? Tu veux dire que dans ta rédaction lointaine, tu connais mieux mon corps que moi ? Pardon mais je connais très précisément la formule magique de ma jouissance, celle que je n’ai jamais vu dans aucun magazine. Sans parler du fait que la jouissance n’est pas qu’un système mécanique, la forme physique et mentale jouent énormément, sans parler de l’alchimie entre les partenaires. Mais voilà, ce corps imparfait tant dans sa forme que dans ses performances est gentiment mais systématiquement stigmatisé. Sois bien dans ton corps, suis la norme.

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Et dans un autre article, je découvre le mal être sexuel de femmes mal dans leur corps qui gâchent leur plaisir pour choisir la pause la plus flatteuse voire ne supportent pas la moindre lumière pendant leurs ébats. Tiens, révélation : moi qui me croyais complexée, en fait, je vis super bien ma nudité. Devant un amant ou autre, je me doute bien que même habillée, certains bourrelets ne disparaissent pas donc le Monsieur ne va pas se sentir floué en découvrant la marchandise. Mais il est vrai qu’on nous abreuve tant de pubs anticellulite qu’on ne peut que difficilement tolérer cette peau d’orange qui est nôtre. Même si, comme disait ma prof de bio, lutter contre sa cellulite, c’est lutter contre sa féminité. Enfin, perso, c’est pas tant au nom de ma féminité que j’ai arrêté de me tartiner de crèmes anti cellulite, c’est plus pour mon porte-monnaie, leur efficacité étant somme toute très relative. Quoi que je devrais écrire un article sur le côté placebo de ces produits, tiens.

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Mais il y a pire que ce harcèlement permanent pour un corps parfait et performant, harcèlement qui n’est plus uniquement réservé aux femmes. Le pire donc c’est la contraception. Il faut lire cet article sur les gynécos, certains méritent des baffes. Mais c’est assez révélateur des problèmes des femmes à disposer totalement de leur corps. Typiquement le stérilet pour nullipare, beaucoup de gynécos refusent de le poser à cause d’éventuels risques d’infection. Ok je veux bien mais je connais les risques et les accepte. Mais non apparemment, je n’ai pas autorité sur mon corps, mieux vaut que je me gave d’ hormones qui peuvent provoquer mycoses, baisse de libido et gonflements. Je veux bien mais si de nombreux médecins acceptent de poser ce fameux stérilet sur des nullipares, c’est que ce n’est pas si fantaisiste. Si ? Je sais que dans certains cas, notamment dans le cas de règles naturellement très abondantes, il est déconseillé mais ce n’est pas mon cas.

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Mais bon, risquer une éventuelle stérilité chez une nullipare, ça va pas non ? Parce que d’après mes rapides recherches sur le web, une femme ayant déjà enfanté n’a pas moins de risques de développer une infection via stérilet qu’une femme nullipare mais bon, la stérilité après un premier enfant, c’est moins grave, hein… Car toute femme est programmée pour avoir des enfants. Mais
elle ne le sait pas elle-même, c’est tout !

Et si finalement, c’était ça, le féminisme du XXIe siècle ? Arrêter de suivre les dictatures des corps, de se connaître soi et d’accepter que oui, mon corps est différent de celui de ma voisine. Et alors ?