Site de rencontre. Etape 1 : sauter le pas

Je devrais faire une mini série sur le sujet, tiens.

En ce moment, certaines de mes amies ont décidées de se lancer sur les sites de rencontre, histoire de voir. Elles viennent alors me raconter leurs impressions, je trouve ça assez sympa, ça me rappelle mon arrivée à Paris et ma découverte de Meetic, à l’époque. Je vais fusionner mes amies en une seule que nous appelleront Mélanie, donc. Suivez nous, il est temps de sauter le pas !

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Le site de rencontre a souvent mauvaise presse, c’est bon pour les désespérés de la vie, ceux et celles infoutues de trouver l’amour tout seul. Moi même, je trouvais ça pathétique à l’époque où j’étais étudiante et en couple puis étudiante et seule. Faut dire que faire des rencontres quand on est étudiant, c’est facile. C’est après que ça se complique. J’ai sauté le pas quand je suis arrivé sur Paris et que mon cercle social s’était réduit comme peau de chagrin. Après tout, pourquoi pas ? Je n’avais rien à perdre, tout à y gagner. Surtout qu’à l’époque, c’était gratuit pour les filles.

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Pourtant, ça restait un peu l’infamie. Ben alors, t’es pas foutue de trouver un mec toute seule ? T’es trop moche pour ça et tu as besoin d’user de tes photos les plus avantageuses pour choper un rencard ? Et que vont dire mes parents le jour, où, enamourée, je leur ramènerai un mec chopé sur un site de rencontre ? « Et alors, vous vous êtes rencontrés comment ? » « Sur Meetic ! ». Tant de romantisme m’émeut. Autant poster une petite annonce, tiens, quitte à être pathétique.

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Et pourtant, pourquoi pas les sites de rencontre ? Nos grands-parents se rencontraient dans les bals, nos parents en discothèque, pourquoi ne serions-nous pas la génération site de rencontre (mais la boîte, ça fonctionne toujours, j’avoue) ? A y regarder de près, mes seuls amis ne s’étant jamais créé de fiches sur ce type de site sont ceux en couple depuis longtemps et monogames. On débute doucement sur des sites « pas faits pour ça » comme On va sortir (où ça chope énormément mais attention, les quelques cas croisés ou qui m’ont été rapportés font un peu peur, ça pullule de manipulateurs et pervers narcissiques en puissance). Puis un jour, on finit par faire le grand saut.

sauter le pas

Faut avouer que c’est pratique un site de rencontre. Après une dure journée de labeur qui vous a bien foutu sur les rotules, avez-vous vraiment envie d’aller chercher l’amour dans un bar cossu ? Ou préférez-vous rentrer chez vous déguster une bonne soupe tout en faisant défiler les profils sur votre ordinateur en choisissant à qui vous avez envie d’adresser la parole ou non. Enfin, quand je dis « préférez-vous », je m’entends. Moi, après une journée de 10h de boulot avec option déj en 2/2 devant mon pc, si j’avais le choix, j’irais directement m’évanouir sur mon lit alors bon… Mais le trip boulot-dodo me donne légèrement envie de pleurer. Enfin, je m’égare ! Vu que dans mon entourage, les opportunités de rencontre sont nulles (pas d’amis d’amis célibataires, on retrouve toujours les mêmes personnes aux soirées et la vie associative ne permet pas toujours de trouver chaussure à son pied. Et les collègues, ça m’emballe moyen comme concept), autant aller chercher l’homme là où il se trouve. Et je peux même le chercher en pyjama ou en paréo culotte si je veux. Cachée derrière mes jolies photos, je séduis tranquille, tout en dégustant mon yaourt et en matant la télé.

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Mais bon, si psychologiquement, on est prêtes, l’inscription réelle peut légèrement refroidir nos ardeurs. Nous en parlerons la prochaine fois (tiens, ce sera désormais tous les lundis, j’ai décidé).

De la ringardise de meetic

Et voilà, ce qui devait arriva : meetic, c’est ringard. Si, si, si. Avant, on draguait au Macumba, sortie 17 de la RN, à 2 km de la station essence de l’intermarché. Maintenant, on a meetic, c’est encore mieux parce que même pas on est obligé de danser sur le CD Dance Machine volume 58 ni de boire une vodka pomme à 8 euros mais sans la vodka, en fait.

 

Mardi soir, j’ai pris un verre avec un gars, on a discuté un peu du sujet puisqu’il m’expliquait qu’ils faisaient beaucoup de comm pour bien expliquer que, non, ils ne
faisaient pas dans le site de rencontre à la meetic, justement. De là, on est venu à analyser la nouvelle ringardise de meetic. Je me souviens, quand je suis arrivée sur Paris, je me suis
inscrite un peu en désespoir de cause : nouvelle dans la région, pas de mecs depuis pfiou lala, opportunités de rencontres proches du néant. Donc je me suis inscrite. Au début, je me suis prise au jeu genre « je vais au supermarché des mecs, dum dum dum ». Etant une fille ayant mis une photo de ma personne plutôt jolie où on voyait bien mes grands yeux bleus, forcément, c’était assez facile de choper chats et rendez-vous si je voulais. Mais au bout de deux mois, j’étais plus que lassée, j’ai laissé tomber. Depuis, je me suis créée trois fiches : une bidon, une avec les vraies infos mais pas la photo (donc inutile) et un profil de mec, pour voir un peu la concurrence (pseudo pourri genre groslapin3527). Ca me sert surtout à mater les mecs que draguent mes copines parce que perso, je pense sincèrement que ce site n’a plus d’intérêt.

 

Vendredi dernier, on en parlait avec Drusilla, c’était en gros : « au début, les gens sur meetic, ils cherchaient vraiment une moitié alors que là, ils viennent juste pour baiser ». Et encore ! Beaucoup se créent de faux profils juste pour s’éclater un coup et se foutre de la gueule de la personne en face. Non mais sans déconner, messieurs, quand vous voyez la photo d’une nana über sex qui est infirmière et qui est chaude comme la braise en chat, ça vous interpelle pas un poil ? Non mais des fois, je vois des profils, c’est clair qu’il y a arnaque. Et je me demande qui il y a derrière ? Des mecs qui veulent se la jouer Juliette Coquine et en faire des blogs ? Le concept est marrant à la base, c’est pas la peine
de le dupliquer non plus.

 

Mais bon, voilà, tout le monde a sa fiche meetic, maintenant, les filles et les garçons, les célibataires et les en couple. Pour voir. Pour savoir. Avant, c’était le truc un peu
mystique, maintenant, c’est tellement populaire que ça devient limite subversif de pas être allé faire un tour dessus. On a même fait un livre dessus (« Des souris et un homme ») et on
va même en faire un film avec la grande Clotilde Coureau. Ca fait super rêver. Mais voilà, si on en fait un film franchouillard, ça montre bien à quel point c’est ringard ! Parce qu’avant,
les meeticboys and girls, c’était un groupe un peu mystique, on se demandait qui était inscrit ou pas, on les écoutait parler de leurs chats, de leurs rencontres. Maintenant, on a tous eu notre chat foireux qu’on peut raconter à un repas entre potes.

 

Comment on en est arrivé là ? Je pense tout connement que meetic a été victime de son succès, tout le monde y va « pour voir ». Je pense que de nombreuses fiches sont bidons, d’autres abandonnées. On y retrouve les dragueurs du Macumba avec leur photo torse poil au bord de la piscine de Sainte-Yvette-la-forêt avec un pseudo qui envoie du rêve, genre
trobogoss. Ils vont parler en chat pour vous demander « tu t’appel comen ? Tu cherch koa ? Tu bèz ? ». Sinon, vous avez les mariés à la recherche d’un 5 à 7 et tout ça, tout ça. Bref, tout le monde y va, maintenant, le questionnaire est hyper poussé (mais on peut répondre hyper n’importe quoi). Solution ? A partir de mars, il paraît que ça va devenir payant
pour les filles (ben je vais pas payer, moi, pour sûr) donc les fausses infirmières et les fausses nanas méga bonnasses top chaudasses vont disparaître d’elle-même. Mais le site va-t-il regagner ses lettres de noblesse ? Même pas sûr !