Un gars, une fille, et moi et moi et moi ?

Je suis ce qu’on appelle une fille qui découvre des trucs trois plombes après tout le monde genre Un gars, une fille. Tout le monde en parlait à la fac, racontait les meilleurs sketches, moi j’étais dépassée. Mais là, ça passe en boucle sur les chaînes de la freebox donc je profite pour rattraper mon retard. Et pif, tiens, j’en fais même un article.

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Revenons aux origines de la série. Tout est parti du Québec où la série est lancée. Les créateurs de la série décident de l’importer en France et moi, déjà, je commence à tiquer. Non parce que faut voir que le Québec a une culture très différente de la nôtre, quoi qu’on en dise, on avait déjà essayé de nous importer un show à l’américaine avec Julie Snyder qui s’est lamentablement vautré. Dans les rôles principaux, Jean Dujardin, que je connais très vaguement grâce au « Nous c nous » et Alexandra Lamy, que je connais pas du tout. La série démarre,
je la regarde pas parce qu’à la même heure y a les Guignols mais je me dis que ça fera pas long feu de toute façon. Finalement, j’ai eu tort (ça arrive même aux meilleures) et voilà que Loulou et Chouchou deviennent des stars, on est tous des Loulous et Chouchoux. Je commence à jeter un œil un peu, j’ai l’impression de voir Guillaume et moi de temps en temps même si Guillaume n’est pas
macho et coureur (juste mateur même pas discret mais bon, c’est pas grave). Depuis, Jean Dujardin est l’acteur bankable du cinéma français, il joue même les Beigbeder dans 99 francs. Alexandra Lamy joue dans quelques comédies romantiques mais rien de bien trippant. En tout cas, à force de jouer les amoureux tous les jours, ils ont fini par sortir ensemble.

 

Bon, maintenant que j’ai fait un petit historique, je vais vous dire pourquoi j’aime cette mini-série. Outre le fait que je mangerais bien Jean à 16h, je trouve qu’au-delà de la caricature, c’est bien vu. Les traits sont bien évidemment grossis, il est macho connard et coureur, elle est jalouse hystérique et superficielle mais on a tous un peu de chouchou et loulou en
nous. Si je suis pas du genre jalouse, je peux être casse-couille à la Alexandra, superficielle et cancanière comme elle. Mais là où je trouve que la série est terriblement juste, c’est dans la complicité du couple. Ils sont gamins qu’ils n’en peuvent plus mais c’est fou comme en couple, on l’est tous. On se chamaille toujours pour de rire, on a nos petits délires totalement incompréhensibles pour ceux qui ne font pas partie du couple (les autres, quoi). Non mais c’est vrai, les couples ressemblent souvent à des chiots qui se mordent l’oreille pour jouer. Ouais, elle est pourrie ma comparaison mais vous voyez l’idée quoi.

Autre chose que j’aime beaucoup dans Un gars, une fille, c’est l’appétit sexuel d’Alexandra. A bien y regarder, deux fois trois, c’est elle qui allume son mec et pas l’inverse et ça, ça me fait plaisir. Et oui, les filles ont aussi des désirs et c’est normal. D’ailleurs dans un épisode, elle menace son mec de faire la grève du sexe et il lui répond du tac au tac : « ouais, c’est ça, tu te lasseras avant moi » et elle lui fait : « Ouéééééééééé, c’est vrai ! ». D’ailleurs y a pas mal de sexe dans la série et de façon pas du tout sous-entendue, plusieurs scènes tournent autour du coït (bon, ça reste soft comme image, on les voit pas en pleine levrette non plus), ça baise, ça parle cul, pipe et même sodomie. Si ! Dans

un épisode, Alex a une grosse gueule de bois et son mec lui raconte à l’oreille ce qu’ils sont censés avoir fait la veille et elle lui répond « ah ben non, ça m’étonnerait ! » « Pourquoi ? » « Parce que c’est à la tête que j’ai mal ! ». Pour une série diffusée à l’origine en access prime time, c’est quand même super osé. Ségolène Royal s’était d’ailleurs émue d’un épisode où Alex convainquait son mec d’aller dîner chez sa mère en lui faisant une fellation. Pourtant, soyons honnêtes, c’est le quotidien d’un couple. Le sexe en fait complètement partie et je trouve ça très bien de ne pas zapper ce gros dossier.

Bon, évidemment, tout n’est pas rose, hein. La plupart des sketches me font marrer, certains sont pas bons mais au vu du volume, le contraire aurait été étonnant. Je regrette juste la fin, du gros n’importe quoi puisqu’ils plaquent tout pour partir vivre à Ste Anne (l’Ile, pas l’hôpital psy). Quand on voit comment Jean est un acharné du boulot pendant toute la saison, qu’ils viennent d’acheter une maison et tout, je trouve dommage que sous prétexte de mettre des décors plus sexy, on gâche le plaisir de retrouver les petites histoires de ce couple ordinaire en se disant que tel sketch nous rappelle quand avec notre chéri(e) à nous, on a vécu une situation similaire.

Eva, tu me saoules

Aujourd’hui, je vous ai préparé un vrai article du dimanche genre léger comme une plume parce que, de toute façon, vous êtes tous en week-end donc pas là donc c’est pas la peine de disserter sur l’état du monde. Oui, ok, je le fais jamais ici mais je pourrais, sur une impulsion subite. Non, là, je vais vous parler de la coqueluche des journaux, surtout féminins, celle que je vois tellement partout que j’ai l’impression de vivre avec elle et je fais une overdose. Elle ? Mais Eva Longoria bien sûr !

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Il n’y a pas un mois où elle ne fasse pas la couverture d’un de mes journaux féminins adorés. Partout, elle est là. Eva, l’héroïne de Desperate Housewives, Eva la fiancée du
frenchie Tony Parker, Eva, la femme du frenchie T.P (dire tipi, c’est tellement pas ridicule), Eva qui se lave les cheveux avec l’Oréal (moi aussi d’abord), Eva, Eva, Eva. Bon, là, je dis stop.
Eva, j’en peux plus de toi ! Pourtant, au début, je t’aimais bien, j’admets carrément que tu es jolie et en plus, t’es toute petite, c’est trop mignon de te voir aux côtés de ton mec qui
avait l’air sympa. Sauf qu’en fait, ton mec, plus ça va plus je lui trouve une tête d’abruti, il chante comme un pied mais fait quand même un CD et je suis sûre que c’est le roi de la blague potache. Bon, ok, ça m’a fait marrer de te voir dans les Feux de l’amour, on a connu plus glorieux mais quand même, je t’aimais bien. D’ailleurs, Glamour a dit que j’étais un peu une casse-couille à la façon de Gabrielle dans Desperate mais ça, c’est pas vrai, je suis une petite amie parfaite et pas du tout capricieuse. Enfin, si, un peu mais c’est pour de rire. Donc en achetant mon Glamour ce mois ci, j’en ai eu un peu marre, j’ai pas lu l’article sur elle.

Maintenant, Eva, tu es devenue le modèle pour n’importe quel sujet. Un magazine sur les sex toys ? Mettons Eva en couverture ! Un dossier sur les peoples ? Eva toujours. Desperate Housewives ? Mais Eva, bien évidemment, les 4 autres n’ont qu’à aller se faire cuire un œuf (alors que ma préférée à moi, c’est Lynette). Alors, évidemment, je suppose qu’Eva fait vendre, sinon, on la verrait pas partout mais franchement, plus ça va, plus j’ai envie de boycotter les magazines où on la voit, même si c’est Cosmo. Et heureusement que je suis pas une inconditionnelle de Voici… Non parce que son mariage avec Tipi, j’étais pas invitée mais c’est tout comme tellement tous les journaux ont tout montré, tout raconté… Parce que oui, c’est un conte de fée qui doit nous faire rêver. Sauf que je vois pas trop ce qui est magique dans leur histoire, un sportif et une actrice qui se marie, c’est pas exceptionnel non plus. Alors oui, forcément, Tipi (ahahah !) est Français donc Eva, c’est un peu la fiancée de toute la France.

Bien sûr, c’est pas la première fois que ça arrive. Cet hiver, je soupirais de voir Marion Cotillard partout. Mais à la limite, je trouvais ça un peu plus légitime car elle avait
une actualité alors qu’Eva, son actualité, c’est son mariage et bof, quoi. Je suppose qu’Eva représente quelque chose, c’est la fille pas parfaite car elle a pas la taille mannequin… en
hauteur ! Je crois même qu’elle est plus petite que moi, c’est pour dire ! Mais bon après, elle est quand même sacrément bien foutue et jolie, comme je l’ai déjà dit, elle fait pas
tache en couverture. Mais que dire encore sur elle qu’on voit partout ? Que ne sait-on pas encore d’Eva. Si je fais un dossier sur elle avec tous les magazines, je suis sûre que je pourrais vous dire ses mensurations exactes, la couleur de son string, ce qu’elle prend au petit déjeuner, la marque de son savon, la taille de ses chaussures et même combien de points noirs elle avait sur le nez pendant son adolescence. Passionnant, quoi.

Mais ce que je trouve de merveilleux dans toutes ces hypermédiatisation, c’est la rapide beaufitude que ça engendre. Eva et Tony, c’est le couple beauf, à force. Un peu comme Eve

Angeli et son mec mais en vachement plus médiatique. On se moque de plus en plus d’eux. Moi, la première, Tipi (ahahahah !), je le trouvais pas mal du tout au départ, maintenant, je trouve qu’il a une tête d’abruti fini et je soupçonne Eva d’être bête comme ses pieds. C’est peut-être pas le cas mais à force de lire des interviews où elle ne parle de rien de passionnant, c’est la sensation que j’ai. Peut-être que le système médiatique n’aime rien de plus que de faire tomber les idoles de leur piédestal. Ou alors, c’est qu’elle est vraiment niaise et qu’il n’y a rien à sauver.

Best of de ce qu’’aurait pu être un réveillon raté

Bon, aujourd’hui, il n’y aura pas grand monde ici, vu que vous récupérez tous de votre réveillon et je ne vous en blâme pas, hein ! Donc, du coup, je vais faire un article de type légèrement dadaïste, du genre « je commence, je sais pas où je finis ». Donc, histoire que vous restiez dans l’ambiance de votre nuit, je vais vous parler réveillon. Mais pas de façon idyllique, genre, le worse of de cette nuit de la St Sylvestre. Bon, évidemment, tout dépend de la personnalité de chacun : pour certain, le pire réveillon serait de se retrouver en boîte à minuit avec des ados de 16 ans boutonneux et en pleine montée de sève. Pour d’autre, c’est de se retrouver en petit comité et à 2h au lit.


Mais avant de commencer mon blabla, je vous souhaite à tous une bonne année 2007 et tous mes vœux. Vous allez penser que je suis hypocrite de dire ça, que je ne vous connais pas pour la plupart. Sauf que moi, j’aime bien savoir qu mes lecteurs sont heureux, surtout si c’est un poil grâce à moi. Des fois, j’aimerais avoir comme slogan « le blog des vingtenaires, le blog qui rend les gens heureux ». Ca déchire comme slogan, quand même ! Donc, voilà, je vous souhaite plein de bonheur, en espérant en avoir autant que vous (mouarffff !).

Revenons à nos moutons et nos cotillons. Pour moi, qu’est-ce qu’un mauvais réveillon ? Ben, c’est comme une mauvaise soirée : si je m’y ennuie, c’est pas top. Je me souviens du réveillon 2001-2002,
j’étais allée chez des amis de Guillaume et j’avoue que je m’étais ennuyée ferme, j’ai vu les minutes passer, de 21h à 4h du matin, aarrrrrrrrrrrghhhhhhhhh !! Je connaissais personne, on était que
4 à avoir moins de 40 ans, j’étais pas du tout dans le mood quoi. Et ça, y a pas pire. Surtout que le réveillon, c’est pas trop la soirée où vous pouvez filer à 0h30, faut boire la coupe jusqu’à la lie.

Bref, on peut imaginer tout un tas de scénario catastrophe. De la soirée « mais qu’est-ce que je fous là » quand vous constatez que la moyenne d’âge est de 12 ans, que vous allez dîner devant les DVD best of de la Star Ac tout en massacrant joyeusement les chansons en compagnie des élèves. Ou alors que vous êtes super bien sapée et que vous êtes bien la seule ou vice et versa, histoire de se sentir bien à l’aise. Que vous ne pouvez pas refuser la mousse de canard tiède alors que ça vous donne la nausée, tout comme les huîtres d’ailleurs mais y a que ça à manger et que du champomy tiède à boire.

J’ai aussi testé pour vous le « invité chiant et rabat-joie que personne n’aime et c’est qui le con qui l’a invité ? ». Vincent était son nom, il se disait RPR mais il était la réincarnation de Pétain, rien ne valait la vieille France pour lui. Alors, évidemment, dire qu’il n’était pas en phase était un doux euphémisme, surtout qu’on a passé une partie de la nuit assis sur la route (où personne ne passait ou presque) à jouer de la guitare, fumer des cigarettes et arrêter les trois voitures qui passaient pour leur demander une citation pour le réveillon (oui, on est débiles, et alors ?). Il nous a d’ailleurs cassé les couilles à soutenir mordicus que ce n’était pas Malraux qui avait dit « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas ». Franchement, un soir de réveillon à 2h, du mat, je m’en foutais bien ! Mais bon, il devait penser que c’était De Gaulle, son saint homme. Bref, il nous a cassé les couilles toute la soirée, ce qui est un peu dommage car sinon, le réveillon était nickel.

J’ai aussi testé le « allons en boîte histoire de ramasser tous les relous qui traînent ». Donc je n’irai plus jamais en boîte un 1er janvier, même à 4h du mat, même en boîte à pédé, y a trop d’outres à vin relou. Cette année, avec Zoé, on s’était dit que si on se faisait un truc toutes les deux, on irait sur les Champs à minuit mais je crois que je me passerais très bien de cette happening à la con « il fallait y être, c’est trop hype ! ». Ben, moi, je le suis pas mais je m’en tamponne le cocotier. Ma mère m’a même dit « non mais faut pas y aller, y a plein d’agressions et tout ! ». Bon ma mère, je l’aime bien mais sa parano me fatigue parfois… Donc le mieux, c’est de se donner rendez-vous dans un lieu clos avec des amis et ne plus en bouger : comme ça, au moins, les relous, on les connaît déjà…

Après, y a pas de règles pour un réveillon raté ou réussi, chacun fait selon ce qu’il aime. Pour la bouffe, préférez les réveillons « chacun amène un truc », comme ça, vous êtes sûrs d’aimer au moins un truc à manger. Et ça évite les « tu me dois 70 euros » pour trois toasts et deux crevettes… (cf le blog de Soph). Ou alors faites faire la cuisine à Mr Big, lui, il assure sa mère ! Bref, je crois que pour un réveillon réussi, y a pas 36 000 façons de réussir :

– savoir ce que vous voulez comme soirée

– considérer que c’est une soirée comme les autres et faire comme d’hab, quand tout marche bien

– si vous n’êtes pas contents des réveillons où on vous invite, vous n’avez qu’à en organiser un.

PS : Moi, j’ai passé un super réveillon, tranquille mais très convivial et j’ai rencontré des gens. Par contre, qu’est-ce que j’ai bouffé ! Sur la photo, c’est un peu de ma tenue de réveillon, enjoy !

 

La psychologie masculine, cette inconnue

Il est 1h34, je suis saoule et je tente une expérience : écrire un article. Alors qu’un homme (que j’ai brouetté dans le temps) m’annonce qu’il vient de jouir en se branlant pendant qu’il parlait sur MSN (où j’avais mis une photo de Kenya, c’est ignoble !), je vais tenter une incursion dans la psychologie masculine. Heu non, je vais plutôt expliquer comment et pourquoi les femmes tentent de saisir la psychologie masculine. En général, elles échouent.
 
Mercredi soir, dans un bar parisien, je rejoins une copine, Tatiana. Cette fille n’a pas de veine, elle attire les cas en ce moment : entre celui qui n’arrive pas à oublier son ex femme et celui qui n’arrive pas à plaquer sa copine, elle est un peu mal… Donc ce fut une soirée sur le thème : « les mecs sont incompréhensibles ». Le meilleur, quand même, c’est le mec en couple. Ils sortent ensemble un soir, il insiste pour aller chez elle, bisous mouillés et là, il arrête tout : « Non mais je suis sorti avec toi pour pas que tu crois que tu me plaisais pas. » Et pourquoi n’a-t-il pas dit : « je te trouve jolie mais je suis en couple » ? Ça suffisait amplement, quand même ! Les hommes ont-ils peur de nous au point de ne pas nous dire non ? Ça se saurait ça, quand même ! Je me suis pris suffisamment de râteaux pour savoir que c’est pas le cas.
 
Alors quoi ? Opération brainstorming, essayons de pénétrer la psychologie de Nikos. Comme des détectives, on dresse la liste des hypothèses mais à l’arrivée, on n’a pas tranché. Pareil, à chaque fois, les mecs qui nous larguent nous disent souvent (tout le temps ?) : « tu m’en veux pas, hein ? ». Veulent-ils se rassurer sur notre état ou sur l’image qu’on a d’eux ? Faut-il comprendre dans cette phrase : « Ok, tu pleures mais rassure-moi, tu crois pas que je suis un connard,
hein ? ». Bon, ils ne sont pas tous comme ça mais ces deux-là, on dirait. Surtout que le Nikos, il est parti en courant le jeudi pour mieux reprendre son jeu de drague le lendemain ! Ben, si, on t’en veut mais qu’est-ce que ça peut faire ? Peu de filles seront suffisamment garces pour appeler madame Nikos et lui avouer la vérité. Tatiana ne le fera pas, en tout cas. De toute façon, s’ils se conduisent en gentlemen, y a pas de raison de leur en vouloir, nous ne sommes pas des harpies (enfin, pas toutes). Nous avons aussi droit au : « tu mérites mieux que moi », quelle modestie ! Ah oui, ça, ça me console. D’ailleurs, il a intérêt à sortir avec un vilain boudin débile après moi : puisqu’il ne me mérite pas, il ne mérite pas mieux que moi ! De toute façon, qu’est-ce qu’il en sait que je mérite mieux que lui ? Il croit que je suis trop conne pour prendre moi-même ce genre de décision ? Je sais ce qui est bien pour moi et ce qui ne l’est pas, qu’il ne me sorte pas cette excuse pour se débarrasser de moi. En plus, je n’aime pas quand mon ex sort avec une fille moche : oui, il a trouvé une fille « qui le mérite » mais c’est quand même vexant pour moi. Certes, M. Bidochon fantasme aussi sur Monica Belluci alors qu’il honore sa vilaine épouse le samedi soir à 21h39 parce qu’après, y a Téléfoot mais quand même… Cette excuse, y a que moi qui ait le droit de la sortir : « tu ne me mérites pas ! » mais pas l’inverse ! La phrase « tu mérites mieux que moi » ne peut être sortie que quand monsieur se rend compte à quel point il a de la chance de nous avoir et que nous lui répondons rassurante : « mais non, ne dis pas ça, tu es parfait pour moi. »
 
Pareil, en journée, j’ai la même conversation avec Zoé : « pourquoi est-ce qu’il fait ça ? Tu crois qu’il pense ça ? Pourquoi il a dit ça comme ça ? » Liste des hypothèses mais aucune affirmation. Je suis journaliste, moi, pas psychologue et je suis aussi désemparée face aux mâles de ma vie, je me tourne vers Gauthier : « et pourquoi il fait ça ? » Même réponse : « je sais pas, peut-être que… ». Remarquez, c’est mieux que Laurent : quand je lui parle comportement masculin, il me répond : « je pense à tes seins » (véridique). Bon, si même les hommes se comprennent pas entre eux, autant lâcher l’affaire…
 
Sauf que c’est pas possible. Plus je me penche sur les relations amoureuses des autres, plus je constate que les femmes ont besoin de comprendre, un
besoin viscéral. On voudrait entrer dans la tête du vilain mâle qui nous fait de la peine, comprendre pourquoi il a signé « mille baisers » et pas « bisous ». Pourquoi il nous a pas rappelé le lendemain de notre folle nuit mais trois jours plus tard pour nous demander un DVD ? C’est le maître mot, ça, « pourquoi ? ». Ce phénomène est amplifié par le fait qu’on parle tout le temps des hommes. Quand je parle de mon chômage, ça dure… deux minutes. Et plus on en parle, plus on se noie dans les hypothèses. Si les hommes avaient leurs règles, ce serait plus simple : Pourquoi il m’a pas appelée ? Parce qu’il a ses règles. Pourquoi il m’a appelée par mon prénom et pas ma biquette d’amour (le premier mec qui m’appelle comme ça, je le plaque) ? Parce qu’il a ses règles ? Pourquoi il a couché avec une autre ? Parce que c’est un connard (oui, là, les règles, ça marche pas).
 
Le problème, c’est qu’on veut mais on ne peut pas savoir. L’autre jour, Zoé s’enflammait, m’expliquant par A+B que si M.Zoé agissait comme ça, c’était parce qu’il ressentait telles choses et telles choses. Non, là, on ne peut pas aller trop loin et je le lui explique : nous ne sommes pas lui, nous ne pouvons que supputer. La seule façon de savoir, c’est de demander. Et en demandant, on passe pour de sacrées casse-couilles. J’imagine les conversations de M.Zoé ou de Nikos en parlant de ces demoiselles : « mais qu’est-ce qu’elle est prise de tête, elle passe son temps à me harceler de questions pour savoir si le fait que je pose mon verre à gauche de mon assiette signifie que je veux l’épouser. ». J’exagère, mais à peine. Parce que les femmes aiment les longues conversations « explique-moi pourquoi ? » mais les mecs non… Enfin, en général. Ils nous répondent : « c’est comme ça » ou le pire « parce que ». Mais parce que quoi, tu crois qu’on va se contenter de ça ? Remontons à ta petite enfance pour comprendre…
 
Comprendre, c’est se rassurer, ne pas être surprise si monsieur n’agit pas selon le plan qu’on a établi pour notre relation. J’ai l’impression que la différence fondamentale entre les hommes entre les femmes en matière d’amour, c’est que les hommes prennent sans se poser de questions, les femmes se posent tellement de questions qu’elles oublient parfois de prendre. Est-ce typiquement féminin de manquer tellement de confiance en soi qu’on veut à tout prix comprendre le moindre geste de l’autre pour se rassurer ? Avons-nous une inclinaison naturelle pour la psychologie qui nous pousse à analyser tout et à voir un signe de rupture dans la façon dont il a fait ses lacets ? Sommes-nous masochistes au point de ne pas goûter au bonheur tout simplement ? Là, j’avoue que j’ai pas la réponse.
 
Bon, il est manifeste qu’on ne parviendra pas à comprendre les hommes entre nous. Alors on triche, on utilise les cartes, moyen pas très fiable mais ça détend au moins. Donc, mes cartes ont dit ce soir que Tatiana devait laisser tomber son Nikos car elle court tête baissée vers le mur et elle le sait. Mais bon, sans les cartes, j’aurais dit pareil. Enfin, c’est marrant, on veut tellement comprendre, on est prêtes à tout.
 
Seulement, il y a une erreur fondamentale, il me semble : on veut comprendre les mecs, on n’arrête pas de râler : « putain, les hommes, ils sont compliqués ! ». Certes mais pourquoi on s’entête, nous aussi, à mettre tous les hommes dans le même panier ? Si les hommes se comprennent pas entre eux, c’est qu’il y a bien une raison : ils sont différents les uns des autres. M.Zoé n’est pas Nikos ou Sagamore (oui, en ce moment, l’homme de ma vie, c’est Sagamore Stévenin, ça m’occupe). Après tout, nous, les femmes, sommes différentes les unes des autres, Dieu merci. Parce que, finalement, ce que l’on prend pour une incompatibilité entre les sexes n’est ni plus ni moins que deux personnalités différentes qui se rencontrent. Et nous, on veut à tout prix rentrer dans la tête de l’autre.
 
Maintenant, je vais me coucher. Seule mais moi, au moins, je me comprends.