T’as pris ta pilule, mon chéri ?

Aujourd’hui, dans le cadre de l’éternel débat sur l’égalité homme-femme, je vous propose une réflexion sur la nouvelle pilule contraceptive masculine en cours de création. Une fois de plus, je suis sidérante de réactivité.

Topo : des scientifiques ont trouvé une molécule qui bloque la fabrication de sperme chez le rat sans que ça n’inhibe la production des hormones mâles. Une fois le traitement arrêté, il retrouve sa fertilité au bout d’une petite poignée de mois. Wahou, me dis-je, la contraception ne sera plus simplement une affaire de femmes.

Naïve moi. Ces messieurs sont un peu gênés parce que bon, ça marche chez les rats, ok, mais est-ce que ça va pas avoir d’autres effets sur l’homme. Du genre quand même nuire à la production de testostérone et donc leur faire perdre poils et voix grave. On attenterait pas un peu à leur virilité ?

Laissez-moi rire. J’ai pris la pilule pendant 4 ans et demi, une micro dosée. Durant cette période, j’étais plus gorgée d’eau qu’une éponge et ma libido en dessous de zéro. Tu veux qu’on s’envoie en l’air ? Oui boah, si tu veux, fais-toi plaiz… Et encore, moi, j’ai pas trop à me plaindre, les effets secondaires étaient plutôt limités. Je suppose que la femme est destinée à souffrir, on se tape bien des crampes de bide tous les mois, on va pas pleurer sur quelques effets secondaires, hein…

Et puis après tout, c’est dans notre ventre que ça se passe, c’est à nous de faire attention. Dans tu invites des gens chez toi, c’est à toi de leur imposer quelques règles pour que tout reste en l’état et si y a de la casse, c’est à toi de gérer. Fallait pas l’inviter comme qui disait…

Oui mais non, c’est trop facile. A la base, un foetus, c’est la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovule (les vingtenaires, le blog premier sur les cours de reproduction), y a donc 50% toi, 50% moi. Alors oui, la magie de la vie se déroule dans mon ventre mais ça ne concerne pas que moi, on était deux dans l’histoire, non ? Facile de s’en laver les mains d’un “mais elle disait prendre la pilule!”. Et toi, mon ami, qu’as-tu fait pour empêcher le petit spermato de se lancer dans une chevauchée fantastique ? Hein ? Hein ? Mais bon, tu t’en fous. Pour peu que tu sois un peu connard, il te suffit de ne plus répondre aux mails ou coups de fils et tu es débarrassé de cette histoire.

Bref, les levers de boucliers face à ce contraceptif masculin nous rappellent encore et toujours que la contraception et les douleurs de la reproduction restent typiquement féminines. S’est-on déjà indigné des effets des hormones féminines sur la femme ? Non mais c’est normal, elle avait qu’à pas avoir d’utérus pour commencer…

Printemps arrivé, graisse pourchassée

Télé allumée, je grignote mes Special K en tapotant sur mon ordinateur quand une série de pub attire mon attention : « peau flasque, mettez la crème super liftante restructurante lissante autobronzante », « tu fais baleine dans ton maillot ? Utilise la pilule qui facilite le transit et élimine la rétention d’eau » « perdez une taille en trois jours » (ça, c’est véridique). Bon, cette année encore, la mode n’est pas aux formes si chère à Le Titien (oui, je fais ma culturée).
 

Comme la plupart des filles, j’ai acheté ce type de crème. Au bout d’une semaine, j’arrête d’en mettre parce que ça colle et ça sent fort… Quoi que j’aimais bien l’une d’entre elles qui sentait bon mais je me souviens plus de la marque. L’an dernier, je mettais celle qui faisait froid, j’avais l’impression d’avoir mâché un freedent avec mes cuisses, brrrrrr ! Je me souviens, avec Amina et Douschka, on avait eu une formidable discussion sur le sujet, chacune parlant de sa crème. A l’arrivée, pas de solution miracle. C’est pas une crème qui va nous faire perdre nos kilos superflus, faut pas rêver.

Donc l’été se profile à l’horizon, il est temps de relancer mon programme « belle et svelte ». Oui, ça, c’est mon truc. Le principe est très simple : manger peu et
bien (bye le grignotage) et faire du sport. Le tout, c’est de ne pas craquer même si on peut s’autoriser un petit écart de temps en temps, genre un resto, pour pas virer dingue et faire un gros craquage, genre le pot de nutella. Par exemple, dimanche soir, petit coup de blues, j’avais le choix entre me commander une pizza dont j’avais envie et du riz. Bon, honnêtement, quand j’ai pensé à la pizza, j’ai déjà commencé à culpabiliser donc hors de question de céder. Si je veux être la plus belle cet été à la plage (alors qu’il est peu probable que j’y aille), hors de question de s’enfiler une pizza, aussi bonne soit-elle.

Je suis bien une femme des années 2000 pour ça : plutôt que de capitaliser sur mes rondeurs appétissantes, j’essaie de les éradiquer, coûte que coûte ! Bon, très honnêtement, je ne suis pas du tout énorme et, mine de rien, ça me fait du bien de faire du sport : ça défoule. Mais comme m’a fait remarquer mon petit cœur, c’est hypocrite de ma part de dire que je ne fais du sport que pour me défouler : « Non, mais tu t’entends ? Dès que tu parles de glace, tu associes ça de suite à ton rameur ! ». Oui, c’est vrai, dès que je me lâche un peu, hop rameur. Et mine de rien, mon nouveau contrat m’a incité à plusieurs reprises à avaler un sandwich. Même qu’hier, je l’avoue, je me suis acheté un McDo ! L’autre jour, je parlais avec Zoé sur le net qui me disait en gros: « Non mais tu les fais tous craquer, t’es vraiment une tombeuse! Arrête le rameur sinon il n’y aura plus d’hommes pour nous! ». Pourtant, je me considère pas du tout comme canon, j’ai du mal à concevoir que je peux plaire avec mon petit ventrou qui m’obsède.

Le problème, c’est qu’à force de voir des filles filiformes se pincer la peau en pleurant sur leurs kilos superflus (pour perdre un kilo de plus, faudrait qu’elle s’ampute un bras !), on se sent obèse dès qu’on ne fait pas du 34. Parfois, dans le métro, je regarde les autres filles pour voir si je suis plus grosse ou plus mince qu’elles, comme si ça avait une importance. On me répète tellement que je dois être mince, dépourvue du moindre bourrelet ou capiton que je crois que mon ventre sans abdos est rédhibitoire pour les hommes. Et quelque part, ça
m’agace. J’ai beau dénoncer la dictature des régimes et de la minceur (voire maigreur), je peux pas m’empêcher d’en être victime.

 

La faute à qui ? A la société, aux magazines qui ne photographient que les anorexiques, au publicitaires qui font promouvoir tous les produits régimes par des filles qui auraient plutôt besoin de se remplumer. Au fait que les gros n’existent pas dans le paysage audiovisuel, si ce n’est comme des caricatures de bon vivant. Si, si : par exemple, les gens forts, on les fout à présenter les émissions de cuisine : « ah, c’est de la bonne chair, ça, c’est les produits du terroir ! ». Dès qu’une femme ronde est médiatisée, elle finit toujours par maigrir, comme Sonia Dubois. Elle nous répétait à l’époque qu’elle s’assumait parfaitement… La preuve que non. Pourtant les médias s’en défendent : « Mais non, on
aime les femmes en chair, aussi, regardez Laetitia Casta, c’est une vraie femme ! ». Oui bon, ben là, je complexe définitivement. Même les chanteuses se font liposuccer graphiquement parlant comme Mariah Carey qui perd facilement 10 kilos par photos ou Shakira qui gagne des abdos sur ses clichés. Et puis c’est ma faute, aussi, faudrait que je suis moins influençable.

L’autre jour, j’ai découvert un blog, l’histoire d’une jeune fille qui raconte ses troubles de l’alimentation : elle se nourrit quasiment que de coca light et se gave de laxatifs pour tout éliminer. Puis, des fois, elle craque et forcément, ça la rend malade, elle culpabilise. Bon, je n’en dis pas plus, c’est sa vie et pas la
mienne donc allez lire son blog pour en savoir plus. Ces comportements sont extrêmes, je ne peux ni ne veux juger cette jeune fille qui m’a émue. Supplicier son corps à ce point ne peut laisser indifférent et je ne peux m’empêcher de demander qui pousse les jeunes filles à de telles méthodes. Il y a même des femmes qui font exprès d’attraper un ver solitaire afin de mincir. Pour en
rajouter au dossier, les médias ont parlé de cette semaine de deux femmes décédées après avoir pris des pilules minceur à base d’extraits thyroïdiens. Là, je suis proprement catastrophée ! Les déréglements thyroïdiens ne sont pas anodins, comment peut-on se flinguer la santé pour trois kilos de moins? Sans parler de la pilule miracle des années 80 qui a provoqué des crises cardiaques
en pagaille et je crois qu’il y a eu des cas de cancer, suite à ça. De toute façon, moi, tout ce qui est miracle, je me méfie. Le seul produit qui aide à éliminer que je m’autorise, c’est le thé vert mais faut dire que marié à la menthe, c’est plus un péché de gourmandise qu’un geste minceur!

Mais bon, voilà. La norme des femmes rondes qui a fait les beaux jours de l’art semble bien loin. Aujourd’hui, faut être toujours plus mince. Par exemple, la fille de la pub Purple est tellement maigre qu’on aperçoit sa cage thoracique sous sa poitrine. Mais c’est laid ! Il paraît que les hommes préfèrent les rondes… Alors pourquoi toutes les filles qu’on nous présente comme modèle sont filiformes ? Quel paradoxe ! En attendant, cette année, je m’achèterai pas de crème anticapiton. Si je veux mincir, je préfère la bonne vieille méthode : le
sport. Parce qu’en plus, c’est bien meilleur pour la santé.