Devenez une déesse du sexe pour son plus grand plaisir

Le sien, pas le vôtre.

Des fois, y a des trucs qui m’énervent. Oui bon ok souvent mais est-ce vraiment ma faute si mon bisounoursisme ne cesse d’être contrarié par la réalité ? Et encore, je vous ai évité what milliards d’articles sur ce débat nauséabond pour le mariage pour tous, la marche de la honte du 13 janvier, de mon envie d’hurler des “mais putain assume ton homophobie au lieu de nous baratiner avec ton code civil ou n’importe quelle autre connerie !”. C’est marrant d’ailleurs comme ils se sentent insultés quand tu leur mets le nez dans leur caca anti-homo. “Non mais trop pas, quoi… Mais bon je suis contre le mariage, j’ai le droit, non ?”. Bon voilà, c’était la parenthèse “j’ai mal à ma France” du jour, passons à la suite. Le désir et le sexe dans les magazines.

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En ce moment, comme c’est l’hiver, les magazines s’inquiètent un peu pour notre vie sexuelle. C’est normal, libido ne rime pas du tout avec pyjama, bouillotte et grosses chaussettes. On sort dans la rue recouverts de 3 millions de couches, difficile de se sentir séduisant… Alors pour qu’on ne laisse pas tomber notre sexualité, les magazines essaient de nous aider. Notamment Be qui publie un test sexo “êtes-vous un bon coup ?” présenté comme suit “Plutôt active ou passive ? Libérée ou mijaurée ? Répondez à ces quelques questions pour savoir si vous détenez les clés pour séduire un homme et le faire fondre de plaisir”. Et pour enfoncer le clou, 2 jours plus tard, un statut Facebook nous dit que, quitte à rester sous la couette, lisons un article sur… le plaisir masculin. Histoire de le faire fondre de plaisir, encore. Vous allez me dire que c’est important de faire grimper son mec aux rideaux aussi, que le sexe, c’est encore mieux quand c’est du partage, que c’est trop cool d’expédier un mec au 7e ciel… Je ne dis pas le contraire. Je suis juste légèrement gênée de constater qu’en 2013, une fille estampillée bon coup doit maîtriser le plaisir masculin… Et point. Au secours ! Et pour en rajouter une couche dans cette nouvelle misogynie sexuelle, je vous colle l’article sexo le plus navrant de l’année (alors qu’on n’est qu’en janvier) où on apprend que l’on DOIT faire plaisir à monsieur au réveil et qu’on a qu’à prendre une pastille de menthe et se planquer sous la couette, des fois que notre haleine de poney et nos cheveux décoiffés le fassent débander aussi sec. Je vous renvoie également au discours de la dame qui vendait des sextoys lors de l’enterrement de vie de jeune fille de Lena et qui nous expliquait qu’il fallait toujours céder aux avances sexuelles de son mec sinon il allait coucher ailleurs. Au secours.

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Et le plaisir féminin, il est où dans tout ça ? Question : un bon coup est-il une nana qui connaît son corps suffisamment pour prendre son pied et donc s’éclater ou une nana qui applique à la règle le contenu de tas de magazines féminins ? Oui, je sais, c’est une question rhétorique tournée de telle façon que vous devez répondre la première. Je suis diabolique. Oui, déjà, d’une part, je pense très sincèrement qu’une fille “bon coup” est une qui sait comment fonctionne son propre corps car je pense que peu de mecs adorent baiser avec des meufs appliquées mais qui ne s’éclatent pas. De toute façon, les filles, ne nous mentons pas : un mec qui ne s’intéresse qu’à notre capacité à lui prodiguer une fellation même le matin et qui ne voit que son propre plaisir n’a AUCUN intérêt.

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Mais ça me fait chier de constater qu’une nouvelle fois, en 2013, le plaisir féminin n’existe pas. On ne couche que pour faire plaisir à ses messieurs puisque, dans les magazines, il semble qu’on ait jamais réellement envie de sexe. Quelque part dans les années 70, une femme brûle son soutien gorge en pleurant.

Voilà pourquoi je ne vais jamais chez le docteur

Aujourd’hui, je vous dois une confidence : en tant que fille de médecin, je suis victime du syndrome des cordonniers mal chaussés. En un mot : je ne vais jamais chez le docteur, je demande tout à papa. Ce qui fait par exemple que j’ai des lunettes tordues sur le nez (il est pas ophtalmo mon père et y a des jours où je lui en veux un peu pour ça) et que j’ai dû lui demander des antibio pour soigner préventivement une potentielle chlamydia. Ce qui l’a fait marrer, mes parents ont un super sens de l’humour.

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Mais voilà, depuis ma plongée à Marseille, j’entends moins bien les gens et je m’entends un peu trop bien (vous n’imaginez pas comme ça fait du bruit de se laver les dents) donc mardi soir, quand j’ai quasi pas pu mettre la tête sous l’eau à cause de mes oreilles, mon gentil moniteur m’a dit « bon, tu es gentille mais tu vas chez l’ORL, là ! ». Moi chez le docteur, juste ciel ! Ah oui, c’est là que je dois aussi préciser que je me suis jamais réinscrite à la sécu depuis la fac… Hum… Donc docile, j’appelle un premier ORL, répondeur : « Bonjour, nous sommes ouverts le lundi de…à…, le mardi de… à…, le vendredi… Ah non pardon, le mercredi de… à… […] En cas de résurgence…heu pardon d’urgence, vous pouvez nous joindre… ». Bon, c’était pas résurgence le mot mais un docteur qui laisse un tel
message répondeur, j’y vais pas. Au suivant. Re répondeur (ils bossent jamais avant 10h les ORL ?) mais message normal. La secrétaire me rappelle quelques temps plus tard, rendez-vous est pris pour le lendemain (aujourd’hui donc), 10h.

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9h55, ce matin, je sonne, je suis reçue par un mini docteur qui me place dans la salle d’attente. Ah tiens, y a Be, je vais en profiter pour le feuilleter, Nelly m’ayant dit que c’était le meilleur des hebdos féminins (je suis très Grazia moi). Je confirme, c’est pas mal mais je comprends mieux pourquoi j’aime moins Cosmo maintenant : Fiona Schmit est partie chez Be. Manquerait plus que Sophie Henaff parte et je n’achèterai plus Cosmo. Bref, le docteur finit par me recevoir et j’ai droit à toute une leçon de morale sur le fait que je prends pas mes médocs pour mon allergie parce qu’en fait, tout vient de mon nez et non pas de mes oreilles, je dois avoir le nez nickel pour plonger. Et comme j’ai toujours une demi allergie qui traîne forcément, je suis légèrement morveuse. Et puis je me fais gronder pour avoir trop plongé, être retournée à la piscine mardi… Ca me rappelle quand j’étais à l’école et que j’avais mal (voire pas, j’étais une graine de délinquante) fait mes devoirs et que j’avais développé une technique infaillible pour ne pas trop écouter : agiter les orteils et me concentrer sur cette partie de mon corps. Aujourd’hui encore, je le fais en pensant très fort dans ma tête « ranafout ranafout ranafout ! » mais j’évite de trop faire ça car mes yeux me trahissent. Bon bref, je me fais gronder et traiter d’inconsciente parce que s’il le faut, j’ai cassé mon oreille interne et il ne veut pas entendre mon objection relative au fait que mon équilibre va très bien (enfin équilibre physique, le reste est encore à prouver).

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Je passe sur le siège, il regarde ma gorge qui va bien, merci. Ensuite, il met un cylindre dans mon nez, ce qui ne me plaît pas vraiment, je suis pudique de certains conduits, moi. Et là, merveilleux, fantastique : « Vous avez une déviation de la cloison nasale à droite, c’est pour ça que vous souffrez de l’oreille droite ». Quoi ? Pardon ? Tu oses me dire que mon nez tout charmant n’est pas parfait ? Là, j’ai un peu envie de pleurer mais vu qu’il ne me propose pas l’opération direct, je suppose que ma déviation est anecdotique. Bon, passons aux oreilles : « ahlala, comme vous avez un nez tout petit, vos conduits auditifs sont tous petits aussi, je vais vous allonger ». Ca sent
la réplique de mauvais film porno ça, l’histoire de s’allonger et de petits conduits…  « Oh, vous avez un peu de sang dans l’oreille ». J’ai le droit de pleurer pour de vrai, là ?

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Bon, l’oreille gauche va à peu près bien merci, il me teste l’oreille interne en faisant tinter un truc sur ma tête, elle est nickel (mais je lui avais déjà dit). A l’arrivée, j’ai pas trop grand-chose, juste un barotraumatisme de l’oreille moyenne, ce que je savais déjà grâce à Internet mais j’ai rien perforé. Et me voici avec une ordonnance longue comme mon bras d’antibio, de cortizone (bon, ben là, super régime), de trucs qui nettoient le nez. Sachant que si je ne me suis jamais droguée nasalement, c’est essentiellement parce que je déteste me mettre des trucs dans le pif, je suis toute en joie. Et évidemment, je suis punie de piscine pendant 15 jours.

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Je retourne à l’accueil où la secrétaire malade me dit « 70 € ». Ahah, ma surdité temporaire me joue de drôles de tours. Je tends ma carte bleue et que vois-je sur l’écran ? 70 €. Attends, le mec, il m’a allongée (bon, ok, je suis en pantalon), fouillé les conduits, dit du mal de ma cloison nasale et je dois payer 70 € ? Et après, on s’étonne que je n’aime pas aller chez le docteur.

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Bon, en attendant, je vais aller m’inscrire à la sécu, hein, histoire que ma mutuelle me serve enfin à quelque chose.