Voilà pourquoi je ne vais jamais chez le docteur

Aujourd’hui, je vous dois une confidence : en tant que fille de médecin, je suis victime du syndrome des cordonniers mal chaussés. En un mot : je ne vais jamais chez le docteur, je demande tout à papa. Ce qui fait par exemple que j’ai des lunettes tordues sur le nez (il est pas ophtalmo mon père et y a des jours où je lui en veux un peu pour ça) et que j’ai dû lui demander des antibio pour soigner préventivement une potentielle chlamydia. Ce qui l’a fait marrer, mes parents ont un super sens de l’humour.

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Mais voilà, depuis ma plongée à Marseille, j’entends moins bien les gens et je m’entends un peu trop bien (vous n’imaginez pas comme ça fait du bruit de se laver les dents) donc mardi soir, quand j’ai quasi pas pu mettre la tête sous l’eau à cause de mes oreilles, mon gentil moniteur m’a dit « bon, tu es gentille mais tu vas chez l’ORL, là ! ». Moi chez le docteur, juste ciel ! Ah oui, c’est là que je dois aussi préciser que je me suis jamais réinscrite à la sécu depuis la fac… Hum… Donc docile, j’appelle un premier ORL, répondeur : « Bonjour, nous sommes ouverts le lundi de…à…, le mardi de… à…, le vendredi… Ah non pardon, le mercredi de… à… […] En cas de résurgence…heu pardon d’urgence, vous pouvez nous joindre… ». Bon, c’était pas résurgence le mot mais un docteur qui laisse un tel
message répondeur, j’y vais pas. Au suivant. Re répondeur (ils bossent jamais avant 10h les ORL ?) mais message normal. La secrétaire me rappelle quelques temps plus tard, rendez-vous est pris pour le lendemain (aujourd’hui donc), 10h.

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9h55, ce matin, je sonne, je suis reçue par un mini docteur qui me place dans la salle d’attente. Ah tiens, y a Be, je vais en profiter pour le feuilleter, Nelly m’ayant dit que c’était le meilleur des hebdos féminins (je suis très Grazia moi). Je confirme, c’est pas mal mais je comprends mieux pourquoi j’aime moins Cosmo maintenant : Fiona Schmit est partie chez Be. Manquerait plus que Sophie Henaff parte et je n’achèterai plus Cosmo. Bref, le docteur finit par me recevoir et j’ai droit à toute une leçon de morale sur le fait que je prends pas mes médocs pour mon allergie parce qu’en fait, tout vient de mon nez et non pas de mes oreilles, je dois avoir le nez nickel pour plonger. Et comme j’ai toujours une demi allergie qui traîne forcément, je suis légèrement morveuse. Et puis je me fais gronder pour avoir trop plongé, être retournée à la piscine mardi… Ca me rappelle quand j’étais à l’école et que j’avais mal (voire pas, j’étais une graine de délinquante) fait mes devoirs et que j’avais développé une technique infaillible pour ne pas trop écouter : agiter les orteils et me concentrer sur cette partie de mon corps. Aujourd’hui encore, je le fais en pensant très fort dans ma tête « ranafout ranafout ranafout ! » mais j’évite de trop faire ça car mes yeux me trahissent. Bon bref, je me fais gronder et traiter d’inconsciente parce que s’il le faut, j’ai cassé mon oreille interne et il ne veut pas entendre mon objection relative au fait que mon équilibre va très bien (enfin équilibre physique, le reste est encore à prouver).

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Je passe sur le siège, il regarde ma gorge qui va bien, merci. Ensuite, il met un cylindre dans mon nez, ce qui ne me plaît pas vraiment, je suis pudique de certains conduits, moi. Et là, merveilleux, fantastique : « Vous avez une déviation de la cloison nasale à droite, c’est pour ça que vous souffrez de l’oreille droite ». Quoi ? Pardon ? Tu oses me dire que mon nez tout charmant n’est pas parfait ? Là, j’ai un peu envie de pleurer mais vu qu’il ne me propose pas l’opération direct, je suppose que ma déviation est anecdotique. Bon, passons aux oreilles : « ahlala, comme vous avez un nez tout petit, vos conduits auditifs sont tous petits aussi, je vais vous allonger ». Ca sent
la réplique de mauvais film porno ça, l’histoire de s’allonger et de petits conduits…  « Oh, vous avez un peu de sang dans l’oreille ». J’ai le droit de pleurer pour de vrai, là ?

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Bon, l’oreille gauche va à peu près bien merci, il me teste l’oreille interne en faisant tinter un truc sur ma tête, elle est nickel (mais je lui avais déjà dit). A l’arrivée, j’ai pas trop grand-chose, juste un barotraumatisme de l’oreille moyenne, ce que je savais déjà grâce à Internet mais j’ai rien perforé. Et me voici avec une ordonnance longue comme mon bras d’antibio, de cortizone (bon, ben là, super régime), de trucs qui nettoient le nez. Sachant que si je ne me suis jamais droguée nasalement, c’est essentiellement parce que je déteste me mettre des trucs dans le pif, je suis toute en joie. Et évidemment, je suis punie de piscine pendant 15 jours.

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Je retourne à l’accueil où la secrétaire malade me dit « 70 € ». Ahah, ma surdité temporaire me joue de drôles de tours. Je tends ma carte bleue et que vois-je sur l’écran ? 70 €. Attends, le mec, il m’a allongée (bon, ok, je suis en pantalon), fouillé les conduits, dit du mal de ma cloison nasale et je dois payer 70 € ? Et après, on s’étonne que je n’aime pas aller chez le docteur.

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Bon, en attendant, je vais aller m’inscrire à la sécu, hein, histoire que ma mutuelle me serve enfin à quelque chose.

Ô mon païs, ô Toulouse !

Samedi avait lieu la finale du top 14 de rugby, l’équivalent de la D1 pour ceux qui ne connaissent pas. Sur le terrain : le Stade Toulousain face à ASM Clermont. Dans les tribunes : la smala toulousain, à savoir ma sœur et son amoureux, Yohann et sa chérie, l’ancienne coloc d’Alice et Yohann et son amoureux plus trois potes de Yohann. Donc voilà, 9 chauffés à blanc (enfin, sauf un en pleine déprime qui n’a pas pipé mot de la soirée), imagine un peu l’ambiance.

J’adore les matchs de rugby, surtout les grands matchs comme ça. Première épreuve : arriver au Stade de France. Anthony, Alice et moi, on se retrouve à St Lazare prendre la ligne 13, le RER B étant en grève… Je veux pas faire ma parano mais je trouve quand même
que la SNCF, elle fait toujours grève quand ça m’arrange pas, je pense avoir froissé quelqu’un qui y travaille, un jour, et voilà le résultat. Ou alors j’ai été une vilaine terroriste dans une vie passée et j’ai fait dérailler un train et tué des gens. Peu importe mais un métro, c’est quand même plus petit qu’un RER. Premier arrêt, je me retrouve soudain très proche d’Anthony, c’est un peu gênant. Du deuxième au dernier arrêt, me voici très intime avec un supporter toulousain que je ne connais pas, c’est la première fois que je suis si proche d’un homme dont je ne connais ni le nom ni le visage. Par contre, la barre qui est également très intime avec moi, elle, je l’ai bien vue.

Arrivés au stade en vie et dégoulinants, je m’étale des traits noirs et rouges sur les joues. Oui, moi, quand je supporte, je supporte pas à moitié. Sauf que j’ai pas trop de voix du fait de mon allergie qui m’a irrité la gorge. Mais c’est pas grave, je vais quand même faire ma supportrice en applaudissant et tout. On grimpe aux tribunes, on est assez bien placés, juste après le virage à côté des supporters toulousains… Ca tombe bien parce que faut dire ce qui est, niveau supporter, Clermont nous écrase largement. Première mi-temps mitigée pour nous, pas trop de réussite, un jeu hasardeux face à des Clermontois qui déroulent un jeu efficace mais on limite la casse : 10-10. 2e mi-temps, Clermont implose et Toulouse se gave. Ma sœur nous donne des confettis rouges et noirs qu’on jette dès que Toulouse marque, j’adore ça. Ouais, je suis super primaire, moi, en match, je crie, je me lève, j’applaudis, je jette des confettis. Clermont marque un dernier essai dans les arrêts de jeu mais la messe était dite : Toulouse a gagné. Ceci étant, la victoire est belle car l’équipe adverse s’est battue jusqu’au bout, je regrette juste qu’ils n’aient pas marqué leur essai avant car là, le match était joué et la ferveur n’y était plus.

L’après-match, c’est un moment que j’adore. Déjà, les joueurs sont comme des gamins, ils pleurent, ils sautent de joie, de vrais chiens fous. Et nous, on n’est pas mieux, on a même droit à un feu d’artifice, waouh ! En repartant,on fait un arrêt buvette histoire de laisser la foule partir, on discute, on rigole mais là, ça déraille. On retourne au métro et y a tellement de monde qu’on ne peut pas rentrer dans le station donc on décide d’aller prendre le RER, à l’autre bout du stade, loin, loin. Arrivés à la gare RER, vers 1h : fin de service. Bon, on résume : on est 9 à St Denis, il nous faut au moins 3 taxis. Bon finalement, on trouve un station de bus : 24 mn d’attente. Bon ben on va attendre… On est rejoint par 4 Clermontois dont un qui fout un souk pas possible, essaie de piquer les taxis des gens qui les ont appelés, d’autres nous demandent où sortir toute la nuit en attendant leur train le lendemain. Finalement, à 1h50, on est enfin à Paris, je prends le taxi avec Anthony et Alice pour me retrouver chez moi à 2h30, contente de ma soirée.

Evidemment, le fait que mon équipe gagne rend la fête plus sympa (en 2006, on s’était pris une jolie fessée) mais quand même, cette espèce de ferveur sportive, les cris et les chants des supporters, les bandas, les olas, le Stade qui vit chaque action, j’en suis dingue. A chaque fois que je vis ça, j’ai envie de prendre un abonnement pour les matchs de rugby au Stade de France (ça existe ?). Même si on ne voit pas tout aussi bien qu’à la télé, notamment qu’Elissalde souffre le martyre à cause de sa côte cassée et qu’il est cuit et archi
cuit, on ne voit pas toujours les en avants… Mais être dans l’ambiance, ça, ça n’a pas de prix.