Racolons un peu, parlons cul !

Article que j’aurais dû écrire cet été comme des milliards d’autres articles mais la vie fait que je ne l’écris que maintenant.

Espagne-une-pub-torride-pour-l-immobilier

Un matin d’été comme un autre, je chemine mollement vers mon boulot, passant devant le kiosque à journaux. Distraitement, je mate les titres : du cul, du cul et encore du cul. Je lève un peu les yeux au ciel : oh les mecs, vous vous êtes foulé sur ce coup là, que d’originalité ! Parler de cul en été, c’est si… si… si je vais pas acheter ça merci. Parce que j’aime pas trop trop quand le subtexte “on va réinventer l’eau chaude pour t’extorquer du fric” est à ce point visible.

Je ne connais même pas ce magazine :/
Je ne connais même pas ce magazine

Comprenez-moi : je trouve sain que nous parlions de sexe. On construit tellement de tabous autour de ça alors que ce n’est rien que de très naturel qu’il faut en parler pour a) permettre à chacun de vivre sa sexualité comme il l’entend b) entre adultes consentants et c) avec les bonnes protections. Oui, on peut baiser autant qu’on veut mais on n’oublie pas le petit capuchon, on ne le répétera jamais assez. Certains ont besoin de se rassurer, savoir que leurs tendances ne sont ni anormales ni perverses. Jusque là, oui, je trouve bien et même sain de parler sexe.

Parler-de-sexe-pour-séduire

Le problème, c’est que là, on ne parle pas de sexe mais de baise un peu trash en mode “on est anticonformistes, fuck la morale !” et c’est là que je commence à tiquer. C’est super de parler échangisme, sodomie, shibari ou gang bang mais, outre le fait que ça n’apporte pas grand chose aux gens vu qu’on reste souvent dans le domaine de l’anecdote (on suit généralement les aventures d’Aurélie et Sofiane en boîte échangiste au Cap d’Agde ou les doutes amoureux de Virginie qui se questionne sur une nouvelle pratique sexuelle, ou encore Steeve qui va venir se déclarer aromantique ou skoliosexuel ou autre terme un peu compliqué histoire de se coller une étiquette supplémentaire), ça finit par singulariser des pratiques qui ne le sont pas tant que ça et les rendre subversives. Donc potentiellement taboues.

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Prenons un exemple non sexuel pour le coup mais qui illustre un peu ce que je veux dire : le naturisme. A la base, le naturisme est une démarche plus écologique, une volonté de vivre nu dans un esprit de communion avec l’environnement et le respect d’autrui. Une démarche plutôt positive. Mais voilà, là où je vois une façon intéressante de vivre en communion, les médias, ils voient quoi ? CUL !!! CHATTE !!! NICHONS !!! BIIIIIIIIIITE ! Et Cap d’Agde, tiens. Ce qui peut donner une image sulfureuse du naturisme alors qu’à la base, c’est tout sauf sulfureux. “Tu vas en village naturiste, toi ? AH OUAIS OK, je vois !” Clin d’oeil et coup de coude bien lourd en prime. Non, tu ne vois pas, non…

naturisme

Et c’est là tout le problème : sous prétexte de brasser toutes les sexualités, on finit par “extrémiser” des pratiques qui n’en sont pas. Parce que chacun son curseur en fait. Si pour certain-e-s, la fellation, c’est le must, d’autres s’ennuient dans la monogamie, sont à la recherche d’expériences, cherchent leurs limites… Aucun n’a tort ou raison. Sauf dans les médias qui posent une norme (qu’est-ce qu’un bon coup, qu’est-ce que le bon sexe) et posent autour les “hors normes”, ceux qui ne sont pas juste hétéros, bi ou homos, ceux qui utilisent d’ailleurs cette sexualité “hors normes” pour s’inventer une cause, un combat, un besoin de reconnaissance, un droit d’exister que la majorité leur accorde déjà. Ah bah alors, du coup, explorer sa sexualité, sortir du schéma, c’est mal ? C’est tabou ?

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Je déteste quand les médias parlent de cul parce qu’au lieu d’ouvrir nos écoutilles, ils classent les gens à l’extrême, rétrécissant la définition d’une sexualité « normale » pour faire de tout le reste quelque chose d’extrême, de subversif… Et donc de honteux ? Quand je vois la réaction de certaines personnes de mon entourage (lointain) sur le shibari (mot que je dois leur expliquer) et le regard qu’ils m’adressent pour quelque chose qui relève tellement du jeu érotique et en aucun cas d’une perversité (au sens négatif du terme), je me dis que plus on parle de cul, moins on se libère du regard des autres.

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(c) Ademius 1

Et ça, bordel, ça m’énerve.

(Et je ne vous parlerai même pas de cette tendance de nous sortir des « modes » en matière de sexe parce que je trouve ça encore plus ridicule)

Les trolls sont nos amis

(il faut les aimer aussi… Naaaaaaaaaaan !)

Cette semaine, j’ai reçu un mail pour le moins étrange que, dans ma grande générosité, j’ai fait suivre à quelques personnes tellement il était fin et spirituel. Enzo, dans un élan que je qualifierais de psychanalytique, a décidé pour nous de décrypter le message de ce monsieur. Découvrons ceci ensemble. (Enzo est en bleu)

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J’avais le choix entre trois sujets, deux dissertations (« Est-ce que le blog n’est qu’un prisme déformant de la vie ? » et «  ») ou une étude de texte. J’ai choisi cette dernière, avec un beau commentaire d’une personne célèbre à propos de l’article sulfureux « Les femmes préfèrent les connards » adressé à son auteur Nina. Je vous retranscris l’étude en insertion dans le texte, pour une meilleure compréhension.

« Bonjour Nina,
Le plus intéressant, dans ton article, sont les commentaires et, surtout, ta manière d’y répondre. Très révélatrice cette agressivité dont tu fais preuve envers les hommes aigris, les frustrés, les bande-mou, les moches et autres premiers de la classe boutonneux à lunettes qui ne méritent que ton dédain et leur main droite pour seules compagnes. »
La première phase me donne immédiatement le sourire car apparait tout de suite les réflexes flagrants que l’on découvre souvent dans ce genre de missive. On y retrouve la posture du psychologue : tout est intéressant, révélateur. Une position médicale qui permet d’amener une certaine supériorité, comme une sagesse et un recul intrinsèques à cette position. Un détail à noter : l’auteur signe « Dr House », ce qui, en dehors d’un indice d’une grande originalité et imagination, renforce cette posture médicale. Un gentil sage qui s’occupe -bénévolement- du cas de Nina par amour de l’humanité et respect du serment d’hypocrate.

« Sans évoquer le cas extrême de ceux qui furent brisés dès la naissance par une nature injuste ou une mère harpie (ou les deux, pour les parfaits boulets), t’es-tu seulement demandé la raison pour laquelle des hommes, au départ sains et dignes, sont devenus ces larves immondes et soumises qui implorent en rampant qu’une ultime belle salope telle que toi les achève pour de bon et en public ?
Pourquoi viennent-ils ici répandre leur impuissance et se faire humilier par une princesse de pacotille ? »

La suite post-introduction démontre la connaissance de la psychanalyse en mettant en avant les concepts de mère abusive et de l’importance des évènements apparaissant « dès la naissance ». La verve employée peut l’être pour rentabiliser au maximum ses cours de français, soit pour vouloir instaurer une forme de supériorité intellectuelle. Dans le doute, je m’abstiendrais de trancher. Mais l’on peut remarquer que parmi ces nombreux adjectifs, on y retrouve la première insulte « ultime belle salope telle que toi », bien que l’on sentait déjà une légère agressivité dès le début j’en conviens aisément.

Puis Enzo trouve son analyse trop longue donc il poursuit par des commentaires brefs et concis.

Sans doute parce que ce sont eux les vrais gentils dont tu nous parles avec mépris ; ils n’ont toujours pas compris que les filles dans ton genre – comme la plupart de celles qui dévorent ces magazines féminins débilisants pour lesquels tu sembles vouer une passion malsaine qui suinte à travers ton style d’écriture très « pétasse assumée » (mais il se situe peut-être là l’objectif ultime de notre petite carriériste : rédac en chef chez Cosmo…) , ces filles donc, n’éprouvent aucune pitié pour les pauvres bougres qui recherchent désespérément le grand amour et se font systématiquement larguer au profit d’un gros connard en Porsche Cayenne, voire en Mini décapotable – la marque et le modèle de l’attrape-gonzesses mobile pouvant varier en fonction de l’âge, et donc de l’ambition, de la pétasse assumée et de son gros connard
[le commentateur s’introduit en se positionnant en tant que psy bénévole]
[le commentateur veut amener l’auteur à un questionnement profond qu’on peut résumer ainsi (sans les insultes) « est-ce qu’elle se demande pourquoi les gens sont comme ça avant de les taper injustement ? »]
[le commentateur en mode « robin des bois », avec la terrible introduction « ce sont eux les vrais gentils dont tu nous parles avec mépris », entrecoupé d’un pavé mysogyne sur l’idée que se fait le commentateur de certaines femmes]

Oui, je sais, je suis aigri et incapable de « pécho », comme tu dis. Mais cela n’a pas toujours été le cas.
[paragraphe court, je ne le résume pas : « Oui, je sais, je suis aigri et incapable de « pécho », comme tu dis. Mais cela n’a pas toujours été le cas. » la dernière phrase annonce une rétrospective de la vie du commentateur, façon « la cité de la peur »]

Je me suis tapé des bombes sexuelles auxquelles même Brad Pitt, dans ses rêves les plus fous, n’aurait pas osé adresser la parole de peur de se prendre un râteau. Je ne suis pourtant pas spécialement beau : pour être honnête, je suis encore plus moche que lui. En revanche, il paraît que je suis une « rock star » (à mon avis, bien plus star que rock, mais passons…). Et ça, mon petit, c’est l’arme ultime du connard triomphant.
[le commentateur raconte qu’il est une rock star en fait et qu’il se tapait toutes les plus belles filles]

Ma carrière artistique débuta de bonne heure, et le succès fut immédiat. Je n’ai donc pas eu le loisir de connaître ni de pleurer mon premier amour d’adolescent. Dès le début, rien que du cul, pur et dur. J’étais un gros connard-né, en quelque sorte, et l’exemple de mes grands-parents (une romance exceptionnelle qui dura soixante ans et s’acheva à la mort de mon grand-père) ne parvenait pas
à me servir de repère étant donné qu’ils appartenaient tout deux à une époque révolue, conjointement assassinée par la révolution sexuelle des seventies et l’accession au pouvoir de ces connes de féministes. Bref, durant de nombreuses années, question nanas, j’ai lâchement profité de mon statut de vedette pour passer à la caisse devant tout le monde et sans payer. Mais, de ces dizaines de
filles jeunes et belles qui m’offrirent sans retenue leur corps magnifique – hélas plus souvent allongé sur un flight-case, à l’arrière d’un camion, que dans les draps de soie d’un palace -, parmi toutes ces filles, disais-je, aucune ne m’a inspiré la moindre composition, pas même instrumentale. Ça situe le niveau. Rien que des détraquées ou des salopes qui, pour les plus perverses, poussaient le vice jusqu’à dévoiler après-coup à leur petit ami le récit de nos ébats (hé oui, Michel, elle adorait la sodomie…). Il y a bien sûr eu quelques histoires presque durables – avec les plus cochonnes, cela va de soi -, mais rien qui vaille la peine d’être gravé sur le tronc d’un chêne millénaire.
[rétrospective de la carrière de rock star du commentateur, enfin surtout la facette sexe pour coller au thème, c’est un peu génant, on a l’impression de déranger le commentateur dans sa masturbation]

Puis, un jour, après avoir lu dans une revue animalière que des chercheurs canadiens étaient parvenus à établir une sorte de dialogue avec des orques, et que certains spécimens auraient même témoigné de sentiments quasi-humains, il me vint à l’esprit une question d’une étrangeté choquante pour toute personne sensée : puisque des hommes ont réussi à communiquer avec des cétacés,
pourquoi ne parviendrais-je pas à en faire de même avec une femme ? J’en parlai aussitôt à mon dentiste (la revue provenait de sa salle d’attente), lequel conforta mon intuition délirante en affirmant que j’obtiendrais sans nul doute un résultat comparable à celui des canadiens. Selon lui, il suffirait pour cela que j’empêche le sujet de se déshabiller tout de suite et que je l’emmène au restaurant. Je décidai donc de tenter l’expérience et me métamorphosa en… crétin amoureux.
[le commentateur découvre que les femmes ne sont pas des animaux à la lecture d’une revue animalière parlant de communications entre des orques et des humains, il se décide à devenir un « crétin amoureux »]

La première hyène qui flaira l’odeur allèchante de la proie sans défense s’appelait Julie. Elle détruisit ma vie en l’espace de deux ans. Elle ne mérite donc pas que je lui consacre plus de deux lignes.
[le commentateur rock star a vu sa vie détruite par une fille, suite à ce changement de mentalité (en plus pas de bol, ça lui est arrivé dès la première rencontrée)]

Tu dois te dire « Bien fait pour ta sale gueule, espèce de misogyne, tu as eu ce que tu mérites. ». Mais tu aurais tort de penser cela, car je n’ai pas mérité d’être puni. A l’exception de ma pauvre mère le jour de ma naissance, je n’ai jamais fait souffrir aucune femme. Il n’a jamais été question de sentiments dans nos relations, c’est différent. Tout était clair et sans mensonge, de mon côté en tout cas.
[le commentateur imagine la réaction de l’auteur, c’est toujours bien plus facile de parler tout seul]

Depuis lors, je suis incapable d’aimer. Dès qu’une femme m’approche, je fuis. J’ai des numéros de téléphone, mais je n’appelle jamais. Même le sexe ne m’intéresse plus : je me branle juste de temps en temps sur des vidéos pornos, pour évacuer la pression lorsque je rentre au petit matin, bourré et toujours seul. Après ça, je dors comme un bébé. Pathétique, n’est-ce pas ?
[le commentateur est triste et découvre qu’il est gynophobique maintenant (mais il arrive quand même à chopper des numéros de tél’), puis raconte sa vie onanique (apparemment il n’est plus rock star, ou alors la fille citée au dessus a détruit sa carrière, ou alors il a oublié ce qu’il avait dit avant]

Et toi, Nina, tu nous parles de tous ces mecs que tu te tapes (les connards, les gentils, les ceci, les cela…), depuis vingt-neuf ans, n’as-tu pas encore trouvé chaussure à ton pied ? On dirait bien que non. Peut-être n’es-tu pas une fille si formidable que ça après tout… Manquerait-il un vice caché ou, au contraire, y en aurait-il un peu trop ?

[ le commentateur imagine que l’auteur (qui a 29ans) se « tape des mecs » depuis sa naissance. puis applique la logique « si c’est comme ça, c’est que c’est ta faute » mais se garde de l’appliquer à soi-même]

Quoi qu’il en soit, gardons à l’esprit ces trois choses essentielles :

1. « Ne vous vengez pas d’une femme, le temps s’en charge pour vous. » (Claudel)
2. « Les féministes travaillent, picolent, conduisent comme des mecs et après elles s’étonnent qu’on les encule. » (Patrick Timsit)
3. « Les femmes équilibrées ne sont pas attirées par les connards et ne racontent pas leur vie sur des blogs : elles la vivent avec le gentil crétin qu’elles aiment. » (Moi)
[pour faire intelligent, le commentateur sort quelques citations en y glissant sournoisement la sienne avec le message classique dédié aux blogueurs « get a life! »]

Très tendrement,

Dr House.
[puis il finit par un « Très tendrement », ce qui est la moindre des choses après avoir traité l’auteur d' »ultime belle salope »]
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La réaction d’Enzo m’ayant bien fait rire (plus que le message original,c’est dire), je me disais qu’il fallait partager ça avec vous. Mais pour finir, je ne pouvais partir sans vous faire partager l’ultime mail de ce monsieur qui aura bien égayé ma semaine quand même : « Nina ma douce,

Je me délecte de tes mots comme un chat habilement caressé.

« Ultime salope » n’était qu’un compliment, pas une insulte. Désolé de m’être mal exprimé envers une encore jeune fille (il paraît qu’aujourd’hui, on est une femme à partir de quarante ans). Mon approche était donc bien trop cavalière pour l’époque, j’en conviens. Fais-moi donc le plaisir de me relire dans dix ans, j’espère qu’alors tu en riras vraiment de bon coeur.

Ton style « pétasse assumée » ainsi que ton élégant revers slicé me manqueront, c’est certain. Mais je respecterai ton désir et ne t’importunerai plus. J’en suis navré, mais je comprends qu’une si noble relation doive se briser d’un coup, et non s’user dans un combat indigne d’elle.

Bien à toi

Le Batard. »
(le bâtard est lié à son adresse mail, je précise).

Avec de tels compliments, c’est vrai, si je suis célibataire, ça doit vraiment être de ma faute,j’ai qu’à accepter les avances de tous mes prétendants, moi aussi !

Si toi aussi, une fille t’a brisé le coeur, n’hésite pas à m’envoyer un mail d’insulte. Je ne sais pas bien pourquoi mais manifestement, ça doit être de ma faute, alors…

Tiger Woods, le nouveau paria

Profitant de la littérature à disposition chez mes parents, je me suis rattrapée niveau people en lisant Voici (c’est officiellement pour le cabinet de mon papa, les gens lisant toujours plus Voici que Sciences et vie dans une salle d’attente). Et là, je découvre pleinement l’affaire Tiger Woods. J’en avais entendu parler dans le Petit journal mais hormis le fait que Tiger est un infidèle qui aime les filles plutôt vulgaires, je ne savais rien.

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Donc je lis Voici et je découvre que notre ami Tiger est certes infidèle à sa femme (plutôt distinguée par rapport à la masse autodéclarée de ses maîtresses) mais surtout que depuis, ses sponsors ne veulent plus le soutenir et que sa carrière va mal. Non mais quoi ? Pardon mais est-ce que le fait qu’il trempe son biscuit ailleurs que dans son légitime lait fait-il de lui un être abject et sulfureux auquel il ne faut plus associer son nom ? Bonjour la surréaction.

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Alors oui, l’infidélité, c’est mal, c’est un vilain garçon, méchant, méchant ! Bon, perso, je considère que ses actes sexuels, légitimes ou non, ne me concernent absolument pas, j’avoue que j’ignorais même qu’il était marié. Je peux comprendre que sa femme soit blessée et vexée face au casting des maîtresses de son mari, elles auraient pu toutes figurer comme tentatrices dans l’Ile de la tentation (c’est pour dire le haut niveau de vulgarité). Mais que viennent faire les sponsors dans l’affaire ? C’est une affaire privée, qu’elle le reste !

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C’est ce puritanisme américain qui m’énerve. Oh, dans leurs séries ou films, ça baise à tout va et pas entre légitimes mais c’est pas pareil, c’est de la fiction et un exutoire, tu comprends. Mais bien sûr ! Quelque part, est-ce qu’on n’est pas en plein serpent qui se mord la queue ? On a monté ce mec comme une idole car il est bon, très bon, dans son sport. Ca, ok, c’est un fait, y a qu’à voir ses résultats (notez que j’ai jamais rien compris à leur histoire de point, d’handicap…). Ce mec étant devenu une star, forcément, y a de la nénette et pas du plus haut niveau qui s’offrent à lui. Il pourrait résister, bien sûr, mais le PDG de Gatorade, son sponsor, resterait-il la verge dans la braguette dans la même situation ? D’ailleurs, est-il parfaitement fidèle à son épouse celui là aussi ? Non mais…

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Si Tiger avait été français, non seulement on en aurait ri dans les dîners en ville (pour ceux que ça intéresse) mais surtout, il aurait gagné un certain capital sympathie. En France, on aime les infidèles, apparemment, ça nous amuse. Faut dire qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Limite, je m’interroge un peu : on a fait d’O.J Simpson, très fortement soupçonné d’avoir tué sa femme une icône de la communauté noire durant son procès, tout ça pour qu’à la fin, il aille en prison pour braquage de banque, je crois. Et à côté, on a Tiger Woods qui tire certes plus vite que son ombre mais dont c’est le seul tort et là, on le cloue au pilori. Y a pas comme un souci, là ?

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Puis merde, pour une fois que je connaissais le nom d’un golfeur, hein…Mon pauvre Tiger, la prochaine fois, tue ta femme plutôt que de la tromper, tu t’en sortiras mieux…

PS : J’ai signé l’édito de Noël d’Over-blog, vous pouvez aller le lire ici

Are you talkin’ to me ?

Comme vous le savez depuis le temps, j’ai une formation de journaliste (même si là, je suis animatrice de communauté mais c’est pas très éloigné et je vais refaire la prospective aux piges quand j’aurai bien chopé le rythme et que les bugs seront réparés pour des journées plus calmes) donc je m’intéresse aux médias. L’autre jour, j’ai lu ou entendu une réflexion sur les talks shows français à la Fogiel, Ardisson ou Ruquier… Ou d’autres, sans doute. Je passe pas ma vie devant la télé. Donc la personne expliquait que les talks shows à la française étaient très différents des versions américaines. Ah bon ?

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Aux Etats-Unis, il y a beaucoup de talk show à la David Letterman, Jay Leno, Oprah Winfrey et je sais pas qui (je regarde pas, j’en ai pas sur ma freebox et même, je regarderais pas). Mais aux Etats-Unis, c’est le principe du « one to one ». Un seul invité par émission. En France, y en a au moins 5 et ça bouge beaucoup : certains restent toute l’émission, d’autres se cassent en cours pour être remplacés par un nouvel invité. En gros, si vous aimez mettons Sophie Marceau, vous allez regarder 2h d’émission pour une intervention de votre idole de 10 à 15 mn.
Avec de la chance, elle passe en 1er et vous pouvez aller vous coucher ensuite. Mais sinon, vous devez vous farcir toute l’émission pour ce petit quart d’heure qui ravira votre cœur de fan.

Perso, j’avoue que je n’aime guère ce genre de talk shows « à la française ». Pourquoi ? Parce que ça ne ressemble à rien. Quel est la ligne éditoriale ? « Faire la promo des invités en étant un poil sulfureux pour passer au zapping ». Ce qui fait qu’on passe sans transition de « Franc Dubosc sort son nouveau spectacle », sujet (censément) drôle à « j’ai perdu ma fille suite à son anorexie », ce qui l’est beaucoup moins. Donc on s’enfile deux heures d’émissions telle une brochette où on aurait enfilé n’importe quel ingrédient. Du coup, un morceau de
steack suivi d’une fraise tagada, faut assumer. Surtout qu’elle pullulent mais elles ne se démarquent pas. Enfin, si, à la limite, y a Cauet qui se démarque avec son fauteuil, là, et sa volonté de ne faire que du vulgaire mais en dehors de ça… On a toujours le principe du présentateur vedette assisté d’un co-présentateur de type comique (ou censé l’être) genre Baffie, Carlier ou Eric Zemmour. Ah, on m’indique en coulisse qu’Eric Zemmour n’est pas un humoriste. Nous avons donc la preuve que la connerie n’est pas une légende, elle existe. Tiens d’ailleurs, si quelqu’un a son livre hyper macho à me prêter, j’apprécierais. Histoire que j’en fasse une critique sur mon blog. Bon, moi, j’aimais bien Ariane Massenet, les autres, moins. Baffie, je l’aime quand il est sérieux, en fait car il est carrément pas con comme mec mais sinon, il est vite lourd et Carlier, j’ai jamais compris qu’un mec qui crache sur la télé en fasse. Comme si j’allais présenter Paris Dernière, moi ! Ensuite, à ça, on rajoute des comiques qui viennent faire le sketch et se barrent aussi sec. C’est assez bizarre d’ailleurs, on dirait des gens qui piratent l’émission, balance viteuf leur truc et se cassent sans demander leur reste.

 

Bref, sur les talks shows français, j’ai souvent l’impression que chacun fait sa tambouille sans se préoccuper de ce qui s’est passé avant ou après, le tout sous l’œil intéressé du présentateur qui hoche la tête d’un air grave toutes les 10 secondes des fois qu’on le filmerait. Le présentateur des talk shows s’intéresse à tout, des projets politiques de Bernard Kouchner à la culotte de Loana en passant par l’élevage des pommes de terre à la Haye, au problème des sans-papiers, aux histoires de leucémie, anorexie et autres maladies douloureuses et aux blagues d’Eric et Ramzy. Moi, je les admire quelque part parce qu’Eric et Ramzy, ils sont pas forcément drôles. Ils lancent deux, trois questions, parfois un peu polémiques pour foutre la merde sur le plateau et ils se délectent des disputes entre invités.

 

Alors doit-on être fier de cette exception culturelle française ? Pas sûr. Enfin, pour moi. J’ai toujours l’impression que, dans ces émissions, on effleure les sujets sans vraiment y pénétrer en profondeur (oui, je sais, effleurer et pénétrer en profondeur dans la même phrase, c’est racoleur). On balance trois vannes, quatre fois le nom du CD ou du film qu’on vend et on se casse. C’est ce qu’on appelle du service minimum ! Mais du coup, j’ai l’impression que tout coule sur moi, je vois les invités et rien ne me marque. Des fois, certes, y a des coups d’éclats et des pétages de plombs mais ça reste rare. Fogiel est devenu un vieux toutou édenté, Ardisson et Ruquier, je sais pas, je regarde pas et Cauet continue de baver sur les actrices pornos, les déshabillant de ses yeux libidineux. Je comprends pourquoi la majorité de ses émissions sont diffusées en 2e partie de soirée : c’est pour que j’aille me coucher.