Are you talkin’ to me ?

Comme vous le savez depuis le temps, j’ai une formation de journaliste (même si là, je suis animatrice de communauté mais c’est pas très éloigné et je vais refaire la prospective aux piges quand j’aurai bien chopé le rythme et que les bugs seront réparés pour des journées plus calmes) donc je m’intéresse aux médias. L’autre jour, j’ai lu ou entendu une réflexion sur les talks shows français à la Fogiel, Ardisson ou Ruquier… Ou d’autres, sans doute. Je passe pas ma vie devant la télé. Donc la personne expliquait que les talks shows à la française étaient très différents des versions américaines. Ah bon ?

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Aux Etats-Unis, il y a beaucoup de talk show à la David Letterman, Jay Leno, Oprah Winfrey et je sais pas qui (je regarde pas, j’en ai pas sur ma freebox et même, je regarderais pas). Mais aux Etats-Unis, c’est le principe du « one to one ». Un seul invité par émission. En France, y en a au moins 5 et ça bouge beaucoup : certains restent toute l’émission, d’autres se cassent en cours pour être remplacés par un nouvel invité. En gros, si vous aimez mettons Sophie Marceau, vous allez regarder 2h d’émission pour une intervention de votre idole de 10 à 15 mn.
Avec de la chance, elle passe en 1er et vous pouvez aller vous coucher ensuite. Mais sinon, vous devez vous farcir toute l’émission pour ce petit quart d’heure qui ravira votre cœur de fan.

Perso, j’avoue que je n’aime guère ce genre de talk shows « à la française ». Pourquoi ? Parce que ça ne ressemble à rien. Quel est la ligne éditoriale ? « Faire la promo des invités en étant un poil sulfureux pour passer au zapping ». Ce qui fait qu’on passe sans transition de « Franc Dubosc sort son nouveau spectacle », sujet (censément) drôle à « j’ai perdu ma fille suite à son anorexie », ce qui l’est beaucoup moins. Donc on s’enfile deux heures d’émissions telle une brochette où on aurait enfilé n’importe quel ingrédient. Du coup, un morceau de
steack suivi d’une fraise tagada, faut assumer. Surtout qu’elle pullulent mais elles ne se démarquent pas. Enfin, si, à la limite, y a Cauet qui se démarque avec son fauteuil, là, et sa volonté de ne faire que du vulgaire mais en dehors de ça… On a toujours le principe du présentateur vedette assisté d’un co-présentateur de type comique (ou censé l’être) genre Baffie, Carlier ou Eric Zemmour. Ah, on m’indique en coulisse qu’Eric Zemmour n’est pas un humoriste. Nous avons donc la preuve que la connerie n’est pas une légende, elle existe. Tiens d’ailleurs, si quelqu’un a son livre hyper macho à me prêter, j’apprécierais. Histoire que j’en fasse une critique sur mon blog. Bon, moi, j’aimais bien Ariane Massenet, les autres, moins. Baffie, je l’aime quand il est sérieux, en fait car il est carrément pas con comme mec mais sinon, il est vite lourd et Carlier, j’ai jamais compris qu’un mec qui crache sur la télé en fasse. Comme si j’allais présenter Paris Dernière, moi ! Ensuite, à ça, on rajoute des comiques qui viennent faire le sketch et se barrent aussi sec. C’est assez bizarre d’ailleurs, on dirait des gens qui piratent l’émission, balance viteuf leur truc et se cassent sans demander leur reste.

 

Bref, sur les talks shows français, j’ai souvent l’impression que chacun fait sa tambouille sans se préoccuper de ce qui s’est passé avant ou après, le tout sous l’œil intéressé du présentateur qui hoche la tête d’un air grave toutes les 10 secondes des fois qu’on le filmerait. Le présentateur des talk shows s’intéresse à tout, des projets politiques de Bernard Kouchner à la culotte de Loana en passant par l’élevage des pommes de terre à la Haye, au problème des sans-papiers, aux histoires de leucémie, anorexie et autres maladies douloureuses et aux blagues d’Eric et Ramzy. Moi, je les admire quelque part parce qu’Eric et Ramzy, ils sont pas forcément drôles. Ils lancent deux, trois questions, parfois un peu polémiques pour foutre la merde sur le plateau et ils se délectent des disputes entre invités.

 

Alors doit-on être fier de cette exception culturelle française ? Pas sûr. Enfin, pour moi. J’ai toujours l’impression que, dans ces émissions, on effleure les sujets sans vraiment y pénétrer en profondeur (oui, je sais, effleurer et pénétrer en profondeur dans la même phrase, c’est racoleur). On balance trois vannes, quatre fois le nom du CD ou du film qu’on vend et on se casse. C’est ce qu’on appelle du service minimum ! Mais du coup, j’ai l’impression que tout coule sur moi, je vois les invités et rien ne me marque. Des fois, certes, y a des coups d’éclats et des pétages de plombs mais ça reste rare. Fogiel est devenu un vieux toutou édenté, Ardisson et Ruquier, je sais pas, je regarde pas et Cauet continue de baver sur les actrices pornos, les déshabillant de ses yeux libidineux. Je comprends pourquoi la majorité de ses émissions sont diffusées en 2e partie de soirée : c’est pour que j’aille me coucher.

Talk shows vs blogs

S’il y a un genre télévisuel que je ne regarde pas, ce sont les talk show à la Delarue, Evelyne Thomas et limite Courbet (siiiiiii, les gens y vont aussi pour raconter leur vie).
Je regarde pas parce que ça m’ennuie et que je trouve ça racoleur. Et alors que je regardais la bande annonce de l’émission de Delarue de 14h sur la 2 (là, j’ai pas le titre et j’ai la flemme de chercher), je soupirais : « mais que les gens sont exhibs quand même ». Sauf que je suis pas un peu en train de faire la même chose ?

Peut-on dire que les talk shows et blogs (de type journaux intimes, je précise), même combat ? Après tout, je suis l’invitée idéale pour des tas d’émissions : « j’aime le sexe et je le cache pas », « je tricote et les nœuds de ma pelote m’énervent » (vous le sentez le vécu, là, vous le sentez ?), « j’ai la lose avec mon proprio et mes anciens employeurs », « je fais des rêves érotiques avec des acteurs et j’ai un peu honte, quand même », « je parle à mon chat »… Bon, bref, voilà. Tous les jours ou presque, je vous raconte ma vie comme d’autres le font à la télé. Bon, évidemment, moi, je donne ni mon nom ni ma tronche mais bon, est-ce que je vaux mieux que les bonnes femmes qui témoignent avec perruque et lunettes, avec la voix trafiquée ? Et bé je crois pas !

 

Ces derniers temps, la grande mode, c’est de recruter des blogueurs pour, justement, aller témoigner chez Delarue, ça montre bien que c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Honnêtement, moi, j’irai pas. Parce que j’ai pas envie de passer à la télé pour raconter mes histoires, même avec perruque et lunettes. Parce que mon blog n’a qu’une audience réduite d’un peu plus d’un millier de lecteurs et que même si en ce moment elle augmente, elle n’atteindra jamais les millions d’une émission lambda de talk show. Parce que franchement, avec les lunettes et la perruque, je suis pas sûre que personne ne me reconnaisse. Et j’ai pas envie d’être classée comme « celle qui… » par la boulangère, la pâtissière (et ses délicieux éclairs à la framboise, un vrai pousse au crime), le nouveau caissier plutôt miam miam de la supérette d’à côté (bordel, maintenant, va falloir que je me pomponne pour aller faire les courses et laisser tomber le fromage et les Kinders). Déjà que dans mon immeuble, je suis classée comme la « propriétaire du chat qui pleure » alors qu’elle pleure pas, elle appelle au cas où ce serait moi qui rentre. Ou alors comme la connasse qui brouette bruyamment au milieu de la nuit, ce qui m’a valu une vilaine vengeance, le réveil des voisins à fond pendant une heure le lendemain matin à 8h30 (alors que je ne l’avais JAMAIS entendu et que je ne l’ai plus jamais entendu…). Bref, l’exhibition, ok, mais juste avec des mots tapés sur un blog, c’est plus sûr.

 

Au-delà de ça, je me pose des questions sur les motivations des uns et des autres. Exhibition ? Oui et non. Je serais réellement exhib, ça fait longtemps que j’aurais mis des
photos de ma personne, que j’aurais balancé mon vrai nom, que je sois « adulée » en tant que moi et pas en tant que Nina et tout ça. Là, au moins, j’ai l’impression de garder le
contrôle. Par ailleurs, c’est moi qui mène le jeu, ici, y a pas de montage donc je ne risque pas de me faire avoir par un montage transformant honteusement mon histoire. Ensuite, il y a sans doute une question de notoriété. Bon, là, c’est clair que si je veux devenir « célèbre », j’ai intérêt à passer à la télé parce que si on place mon millier de lecteur en parallèle avec
les je sais pas combien de millions de blogueurs francophones, je suis super ridicule. D’un autre côté, je courrais juste après la notoriété, j’aurais postulé à Loft Story ou la Nouvelle
Star ! Après, c’est vrai que si notre témoignage peut aider, ça nous donne une bonne opinion de nous même. Enfin, ce qui me plaît le plus, moi, c’est que dès que j’ai une théorie (à la con ou pas), je vous la livre et les gens disent s’ils sont d’accord ou pas. J’essaie pas forcément de convaincre que ma façon de vivre ou de voir les choses sont les meilleures quoi qu’il advienne (bon, des fois, si, je le fais), je les explique, juste. Ca m’économise le psy et quand je relirai tout ça dans quelques années, ça me fera rire.

Maintenant, question corollaire : les blogs sont-ils lus par les spectateurs des talk shows ? Bon, là, j’en sais rien. Bon, c’est quand même pas le média, je vous demande quotidiennement de lire ma prose pendant 5 mn alors que la télé, on avale les émissions sans faire d’efforts particuliers. Alors moi qui suis liseuse de blogs et qui n’aime pas les talk shows, comment explique-je cela ? Heuuuuuuuuuu… Ben, ce que j’aime dans les blogs, ce sont des petits instants de vie, des tournures de phrases qui me font sourire, voire franchement rire, l’interaction avec l’auteur de ces quelques lignes. Je crois que peu de blogueurs se prennent réellement au sérieux. Et ceux qui le font m’ennuient généralement vite… Ah ben comme les mecs dans les talk show ! 
 

Bon, fin d’article sans rapport mais je fais un peu de pub. En octobre, je suis allée voir un one man show, « Sainte Nicole » très étrange mais pas mal du tout ! Oui, c’est un one MAN show, c’est un monsieur qui joue, me suis pas plantée.  C’est un peu comme Lady Brind Zingue, ça tourne plus autour de personnages avec une histoire qui se déroule tout du long que des spectacles à « vannes » mais si vous adorez le cynisme et les chroniques sociales acides, surtout le manquez pas ! Même que si vous cliquez là, vous aurez une petite vidéo !

La télé peut nous aider

Des fois, j’allume ma télé et je tombe sur des émissions de type talk show où on vient en aide aux gens. En fait, je n’en vois que sur TF1 mais j’avoue que je n’aime pas vraiment ce genre d’émissions donc je dois en rater pas mal. Mais bon, c’est pas grave, on va faire avec ceux que je connais, à savoir Sans aucun doute (ou les péchés capitaux, il me semble que c’est pareil) et Y a que la vérité qui compte. Parce que des fois, la télé, c’est que du bonheur, comme dirait Arthur, Benjamin Castaldi ou Nikos.
 
 
Bon, je regarde rarement et en fait, j’ai découvert lundi que ça reprenait, y avait Grey’s anatomy, avant, c’était mieux. Et puis, en plus, ils ont viré la fille qui faisait l’hôtesse mais ils font toujours les reportages avec une nana qui se la joue Pascale Clark avec de la poésie écrite par un gamin de CE2 : « ils sont tous deux et deux, ça rime avec amoureux. Tout va bien sous le soleil de Nice où dore leur bonheur. ». Enfin, voilà. Des fois, je me demande qui peut passer dans ce genre d’émissions. Parce que, perso, on me convie là, j’y vais pas : si on a quelque chose à me le dire, c’est pas la peine de le faire devant des milliers ou millions de spectateurs. Surtout que si vous ouvrez pas le rideau, vous passez pour la méchante garce sans cœur. Mais peut-on reprocher à une nana de pas vouloir sortir avec son marchand de journaux à qui il manque une dent et qui a les cheveux naturellement huilés ? Mais bon, outre les déclarations d’amour foireuses, il y a la partie « retrouvailles ». Imaginons que je décide de retrouver mon démon tentateur parce que, tiens, je rêve ma vie et que je connais son nom et prénom, contrairement au mec au briquet. Bon, il faudrait déjà que je fasse la démarche, que le monsieur vienne et encore, une fois sur place, faudrait pas que je me prenne un merveilleux : « non mais j’ai une copine, je peux pas sortir avec toi ! ». Enfin bon, je le ferai jamais mais potentiellement, la télé pourrait me rendre heureuse, pour peu que j’ai pas peur de me prendre un râteau devant des milliers ou millions de téléspectateurs.
 
Mais le summum de la télé justicière, c’est quand même Sans aucun doute avec notre ami Julien Courbet, défenseur des petites gens. En fait, j’avais un peu oublié cette émission, suis retombée dessus vendredi dernier. Ah oui, la justice expéditive de TF1, c’est encore mieux que Cas de divorce ! C’est quand même fou qu’une émission de télé passe avant la justice parce que dans les faits, c’est ça. Prenons un cas au hasard : moi. Bon, si jamais je décidais d’assigner mon proprio qui m’a pas remboursé un centime sur mes chiottes (et en plus, mon père a payé les 80 euros que je refusais de payer) ou l’asso qui m’a pas encore payée mes 600 euros (mais je leur ai envoyé un mail incendiaire vendredi et comme de par hasard, Simon m’a rappelé mais comme j’étais avec Guillaume 1er, j’ai pas décroché), non seulement ça me coûterait du temps mais aussi de l’argent. Et oui, il faut bien payer les avocats, c’est normal, ils ne vivent pas
de l’air du temps. Mais bon, grâce à Julien Courbet, je squizze tout ça ! Je vais voir M. Courbet, je pleure un peu sur le plateau, des avocats sur place se mobilisent pour moi et hop, tous mes soucis sont réglés !
Par exemple, quand je regardais, deux bonnes femmes avaient des soucis avec leurs locataires qui payaient pas le loyer. Ennuyeux en effet. Bon, l’équipe tente une conciliation téléphonique, c’est le grand moment de l’émission en fait. Courbet, il est fort, il a réussi à donner une image à du son (le téléphone) et à mettre en scène l’appel en lui-même. Pour ceux qui n’ont jamais vu, je vous décris un peu. Courbet dit : « Nous allons appeler ces personnes pour tenter de parvenir à une conciliation. Régie, composez le numéro ! ». Là, il tend le doigt vers la caméra et ça lance un petit jingle à base de son de touches (il est atroce ce jingle), on voit des gens en régie avec des micro-casques sur la tête. Bon, ça sonne « biiiiiiiiiip, biiiiiiiiiiip ! Allo ? » Alors, au début, ce sont les gens qui viennent se plaindre qui parlent genre « non, non, on n’est pas à la télé » et si ça
s’envenime, ce qui arrive souvent, Julien Courbet intervient. Et là, c’est grandiose, on assiste d’abord à une volée d’insulte « Non mais qu’est-ce que tu m’veux connard ? C’est pas toi qui fait la loi ! Va te faire fout’ ! Tut-tut-tut ». Oui parce que la personne raccroche en général mais elle s’est tellement énervée qu’on a bien entendu les postillons s’écraser violemment contre le combiné. C’est concept : c’est l’émission de télé qui active l’imagination, on les voit les postillons, on sent le décor autour, on imagine le beauf de base, le même qui
a témoigné dans Droit de savoir la semaine dernière pour dénoncer le prix prohibitif des loyers (comme je parle bien quand je m’y mets, vous sentez la journaliste, là ?). Bon, après ce premier échec, on se démonte pas, on envoie les journalistes sur place. Une voix off nous explique tout, on filme même les gens sur le plateau qui attendent une réponse. En gros, c’est pas du direct et on s’en vante ! De l’autre côté, Julien, il est gentil mais il allait pas me faire croire qu’à 1h du matin, il arrive à avoir la CAF et une agence immobilière au téléphone !
Bon, on filme les journalistes qui se font refouler par les locataires toujours très courtois et on revient en plateau. Les avocats expliquent que là, avec la trêve hivernale qui s’en vient, on ne peut plus faire expulser les locataires car le temps d’instruire le dossier, il sera trop tard. Oui parce qu’à TF1, ils passent par-dessus de la justice au max mais arrive un moment où il faut quand même s’adresser aux instances compétentes (ouf !). Ceci étant, en un coup de fil, ils ont réussi à demander à la CAF de verser les allocs logement aux propriétaires et non plus aux locataires. Bordel, moi, ça fait trois mois que j’attends qu’ils me versent mon ALS (surtout que je suis chômeuse maintenant).
 
En fait, tout ça me gonfle. Bon, encore, Y a que la vérité qui compte, si ça amuse les gens de se prendre une honte en public, je m’en fous. Et les petits textes poétiques de CE 2 sont marrants. Mais les trucs genre sans aucun doute qui passent par-dessus la loi pour régler des problèmes, je suis moins d’accord. Bon, c’est bien pour les gens qui en bénéficient, surtout qu’en général, ce ne sont pas des gens très dégourdis, qui découvrent un peu les rouages d’une justice implacable (ooooooh !) mais ce qui n’est pas forcément juste, c’est que l’émission
prend FORCEMENT le parti de celui qui est sur le plateau. Comme si la volonté de passer devant une caméra donnait forcément une légitimité. Parce que mine de rien, il me semble que ces procès télévisuels sont basés sur la bonne foi de celui qui passe à la télé, il n’y a aucune preuve juridique. A ce compte-là, c’est facile de foutre la pression sur des gens dont le seul tort a été de saisir la justice plutôt que la télé.
 
En fait, la télé, ça me fait peur, des fois.