Courrier des cœurs, réponse à Candice

Cette semaine, Candice nous a posé la question suivante :

« J’ai rencontré un garçon depuis peu, nous ne sommes pas encore amoureux donc pour l’instant c’est une jolie relation, avec de
la complicité, des rires, du partage, du sexe aussi ! mais voilà, en bon individu masculin, monsieur a un peu de mal à s exprimer, et j’ai eu droit à des mots – paroles, textos, petits post-its..- de sa part comme quoi il est heureux que l’on se soient rencontrés, que nous avons passé des moments/instants très agréables.. je m’exprime au passé car nous sommes à présent dans des villes différentes pour une courte période avant de se retrouver dans la meme ville d’ici peu.. ma question est donc de savoir si pour lui je suis réduite à des  » moments agréables » alors meme que nous avons pris la décision de se donner l’exclusivité sentimentale – à savoir s’engager ensemble – durant le temps où nous serons géographiquement éloignés.. J’en appelle donc aux vingtenaires – hommes essentiellement ! et les filles aussi si ça vous est déjà arrivé – afin de comprendre ce q un homme entend lorsqu’il s’exprime de la sorte – et de manière récurente – car pour ma part, cela me semble un peu réducteur et ca manque un peu de romantisme ! »


 

La cellule Love and sex s’est réunie et voici ce que nous en pensons.

Jane : Ça tombe bien que ce soit pour les hommes, je ne suis pas sûre de comprendre la question…

Tatiana : je pense que s’il t’a donné l’exclusivité déjà c’est que tu comptes pour lui. Tout le monde n’exprime pas ses sentiments de la même manière, sachant que les hommes ont une préférence pour les paroles monosyllabiques (oui, non, grumph…). Oui messieurs je sais, maintenant vous me détestez et c’est pas grave.  Moi je crois qu’en bonne fille que tu es tu te torture le cerveau pour pas grand chose. La réponse est dans ta question

Lucas : Je suis désolé, je suis un homme mais je n’ai aucune réponse adéquate.

Le maximum que j’ai tenu avec une nana c’est deux mois ( mais j’ai triché, j’étais partie en Erasmus à Milan au bout de deux semaines alors ça compte pas) Je n’ai donc jamais connu de moments où  j’ai eu à dire « tu me manques ». Attend d’être dans la même ville que lui, attend de pouvoir le comprendre au delà des mots : un jour tu vas ressentir de toi même s’il est vraiment sincère ou si tu n’est qu’un outil pour des bons moments. Ce qui me saoule, c’est que vous, les filles, vous nous voyez comme des utilisateurs de joujoux qui procurent des moments agreables et seulement comme ça. Comme si ds l’inconscient collectif féminin y avait une crainte inhérente d’être chosifiée et d’être uniquement un numéro. S’il s’exprime de la sorte, même si c’est un garçon cultivé, c’est simplement qu’il ne sait pas comment transmettre ce qu’il a en lui, qu’il ne sait pas comment évoquer avec des mots justes ce qu’il ressent, qu’il ne sait pas comment faire pour ne pas être trop dithyrambique ni trop distant, qu’il a comme tous les mecs peur de lui et peur de trop en dire. Derrière ce phrasé apparemment médiocre, téléphoné et standard, peut-être y a t-il une grande faiblesse de celui qui commence à ressentir un attachement mais qui refuse de le clamer par pudeur ou par crainte. A toi d’avoir la finesse d’esprit pour estimer ce qu’il en est. La copine de mon p’tit frère l’a largué au bout de 2 ans. Elle lui a donné une Sde chance au bout de 3 mois. 3 mois plus tard c’était zi end, biouti for friend. Alors ne nous pose pas de question, trouve les mots, les intonations,  qu’il faut pour les poser à lui et ressentir dans tous les non-dits de sa réponse ce qu’il voudrait te dire.

Keira : « Tarzan aimer Jane ». Bon, bah alors Jane, sois contente

Petite Cervoise : c’est assez rare qu’un homme te dise de facto qu’il te donne l’exclusivité, donc profite ! Tout va bien, comme
dirait Anny Duperey dans 98% de ses films.

Enzo : En lisant ta première et dernière phrase, la boucle est bouclée. Vous n’êtes pas amoureux pour l’instant ? Comme « ça manque de romantisme » ! Je suis désolé de te l’apprendre mais si vous ne vous considérez même pas comme amoureux dès le départ, c’est mal parti. Au début (quelques mois), ton corps est dopé aux hormones, troublant ton jugement. On ne ressent pas cette drogue dans ta missive. Soit tu essayes de rationnaliser pour te protéger, soit… Soit rien en fait. Sur le papier, il y a les ingrédients (sexe, complicité, …) mais ça n’est pas pour ça que la recette prend. Tu le dis toi-même. Une « jolie relation ». Comme on dit c’est un « gentil garçon », mais il y a toujours le « mais » qui vient à un moment. J’aime beaucoup les termes, « nous avons pris la décision de se donner l’exclusivité sentimentale » (alors que socialement, c’est le cas admis par défaut sans qu’il soit nécessaire de prendre une décision, quoiqu’en dise les articles racoleurs des magazines féminins, ce qui explique sûrement pourquoi c’est « assez rare qu’un homme te dise de facto qu’il te donne l’exclusivité »), « s’engager ensemble » pour un garçon que tu vois « depuis peu », alors que simplement vous allez être dans des villes différentes pour « une courte période ». Cette surenchère cache quelquechose, j’en mettrais la main de Lucas à couper (je suis prudent).
Si je résume. Tu es séparé de ton récent mec pour une courte durée. Il te rappelle de manière récurente son attachement (paroles, textos, post-its, …), qu’il est « heureux que vous vous soyez rencontrés ». Il rappelle* que la distance temporaire ne remet pas en cause sa fidélité. C’est plutôt positif ! (mais malgré ça mademoiselle n’est pas contente) Ah oui sauf que tu trouves que vous n’êtes pas ENCORE amoureux. Donc c’est mort. Soyez honnêtes envers vous-même et tirez-en les conclusions. S’il n’y aucune étincelle dès le début, que penses-tu que ça va être au bout d’un an, deux ?
* Il serait intéressant de savoir l’origine réelle de cette discussion, si c’est vraiment de sa propre initiative comme le comprend Petite Cervoise ou si c’est commun ou si c’est seulement toi.

Jane : Je vous admire les gens, je relis la question, et je ne la comprends toujours pas (en gros, le problème, c’est qu’elle est avec un mec, pas sûre d’être amoureuse, qu’il lui dit qu’il tient à elle et lui sera fidèle, et qu’elle trouve ça réducteur, ou j’ai vraiment rien compris? Parce que si c’est ça, j’ai envie de répondre « mais c’est quoi le problème? » (ce qui prouverait définitivement que je n’ai rien compris))

Enzo : Tu as très bien compris.

Nina : Je suis assez perplexe sur cette affaire. Si je résume l’affaire, le monsieur veut l’exclusivité pendant votre courte période de séparation. Bref, il veut une relation amoureuse monogame. Il ne l’exprime peut-être pas de façon grandiloquente mais voilà, c’est bien ce qu’il veut. Je crois que dans cette histoire, le problème ne vient pas du manque de romantisme mais de ce que tu dis dans la première phrase : « nous ne sommes pas encore amoureux ». Lui, si. Et si, finalement, ce qui te dérangeait, c’est que tu as peur de t’engager avec lui ? Tout simplement ?

Voilà ! Si toi aussi, tu as une question love and sex à nous poser, n’hésite plus, commente, maile (nina.bartoldi’a’gmail.com),
facebooke, twitte, ce que tu veux.

Redites-moi des choses tendres…

Par Marine

La saga de l'été des vingtenairs
Bienvenus dans la saga de Marine, la seule saga de l’été qui tient compte des avis des lecteurs (oui, OK, ils vont faire ça pour la saison 2 de Heroes, mais techniquement, elle est pas encore sortie, donc moi, je suis à l’avant-garde). La semaine dernière, j’ai cru comprendre que je donnais trop de détails crus. Trop
trash, Marine? Bien.
Reprenons. Romantique, cette fois.
C’est sur ce thème que je veux m’attarder cette semaine : qu’est-ce que le romantisme?
D’aucuns vous diront que c’est très verbeux tout ça.Ca tombe bien, ma vie sentimentale est en passe de devenir elle-même essentiellement verbeuse… Car Benoît doit repartir chez lui (il habite sur un autre
continent, pour ceux qui ne suivent pas, mais je les invite à cliquer sur le lien grâcieusement mis par Nina en fin d’article). Mais ce départ n’est pas une
fin.
C’est au contraire le début d’une histoire. Une fille attend d’un homme des pensées, des attentions, des gestes.  Et quand on a été célibataire pendant trop longtemps, on oublie 
ces choses, et ce sont ces petits riens qui nous retournent au début d’une histoire. Ce sont ces riens qui changent tout. Moi, je les avais oubliés. Voire je les avais fantasmés sans jamais les connaître. Allez comprendre, je suis cassante au moindre mot gentil, toute désarçonnée que je suis. C’est face à ces attentions et à la façon dont je perdais mes moyens que je vois à quel point
j’ai pu me murer, des fois. Ces riens, ces attentions, c’est ce qui caractérise le mieux une histoire. Tout le reste, on peut le trouver ailleurs, amis, potes, one-shots, en faisant le calcul, on 
s’y retrouve…

Mais Benoît n’est pas dénué de ce romantisme old-school, il n’en est pas avare non plus.
Un jour, je lui ai demandé pourquoi il avait voulu qu’on continue… Moi je sais pourquoi j’ai voulu : comme ils disent sur meetic, « il correspondait à mon idéal
sur au moins 5 de mes critères » (ouais je viens de me créer un profil meetic, l’éclate les enfants, l’é-clate). Mais si je savais pourquoi je restais avec Benoît, je me demandais un peu la raison 
de la réciproque. Dans le sens où, même si je lui plaisais peu ou prou, je savais par Nico qu’il était assez peu stable émotionnellement, et surtout, vue la complication d’une histoire-à-distance-aggravée (c’est-à-dire que la distance implique au minimum la traversée d’un grand lac salé), je me demandais ce qui faisait que moi, plus qu’une autre.

– Benoît?
– Oui…
– C’est quoi qui a fait que tu as voulu que ça dure finalement (oui bon, ben quand on discute tard le soir on n’a pas la syntaxe classe, Marine s’excuse…)
– Ben je saurais pas dire… Tu vois, le soir où on a passé la nuit ensemble à Paris?
– Oui??? (réponse fantasmée par Marine : « la fusion de nos deux corps était magique »/ »tu es un coup fabuleux »/ »être à tes côtés », j’en passe…)
– Ben le lendemain, on a mangé une entrecôte au bistrot en bas de chez toi, j’ai trouvé que c’était un moment super.
– Ah… classe…
– Non, je sais pas, j’étais content.
(remarquez qu’il est quand même question de chair fraîche agréable au goût…)
– Ah et aussi, le soir, à la Flèche d’Or, sur cette techno pourrie et avec les stromboscopes, t’étais vraiment super canon!
(et là, il paraît qu’il y aurait une référence à Kids de Larry Clark, je vais l’accepter comme tel, histoire d’y voir quelque chose d’un tant soit peu glamour et pas un sombre remake d’une quelconque édition de l’Ile de la Tentation, si vous le voulez bien)
Allez, après tout, une fille attend d’un homme des pensées, des attentions.

Dans le même esprit, Benoît est imbattable sur le body call.
Un soir, à Londres. Marine est en voyage professionnel. Seule dans sa chambre. Ne trouvant pas le sommeil. Soudain, sur son téléphone, un message s’affiche (Nina en
parlait l’autre jour, ça tombe bien).

« Je suis avec Nico et son pote. Je perds au ping-pong. Tu me manques. Je rêve de te latter au ping-pong »
Eh oui, mesdemoiselles, je comprends votre jalousie.
N’empêche, celui-ci m’a fait sourire, le « je suis fou de toi » m’a fait plutôt pas mal de guilis dans le ventre et le sourire a eu du mal à partir.
Le body-call est la chose qui fait que les téléphones portables et les sms représentent une réelle révolution pour les moeurs amoureuses. Benoît est fort en body call. Pas moi. Un soir, 3h du matin. Ne trouvant pas le sommeil, je lui écris à quel point je sens que je m’attache de plus en plus à lui. Le message reste sans réponse. J’ai dû mal m’y prendre… Car, on vient de le voir, l’art des mots doux est difficile à maîtriser. Bon. Finalement, je m’étais juste plantée de destinataire, et il m’a fallu me confondre en excuses auprès de mon collègue de bureau le lendemain, et passer pour la blonde de mon département… Ben oui, mais moi je suis célibataire depuis trop longtemps, j’ai oublié ces petits riens qui font le début d’une histoire et qui vous retournent.

A quoi ça sert, tout ça? Nan parce que, au-delà de son phrasé cocasse, le Benoît est pétri d’attentions permanentes. C’est nouveau pour moi. Comprendre que je dois
faire de la place pour quelqu’un dans ma vie. Un soir, alors que j’étais malade, je parlais avec Benoît. Non, en fait on MSNait. Je pouvais pas parler. J’étais malade. Deux jours plus tôt, à 
l’anniversaire d’une amie, j’avais un peu forcé sur les mélanges d’alcools blancs de toutes espèces (pouvant aller de la Kro, au Martini bianco puis au Ruinart, c’est dire). Ca m’avait rendu malade. Tellement malade que j’ai pas pu manger pendant 2 jours entiers. Tellement malade que j’étais affamée sans arriver à me préparer à manger. Quand sonne à ma porte un livreur qui m’apporte un repas complet de chez Emile (mortel resto dans le 1er). Le genre de petits riens qui vous retournent au début d’une histoire.

Alors oui. Je voulais parler de romantisme. Je vous ai évoqué une boutade, une vanne, et une livraison de barback. N’empêche. Benoît, il est pas dénué de romantisme old-school. C’est le genre à faire livrer des fleurs et à inventer des jeux de piste pour entrer dans la vie de quelqu’un. Mais c’est aussi quelqu’un qui exprime des attentions via une partie de ping-pong (très MatchPoint, ça) ou de la bouffe. (Larry Clark aussi). Benoît, c’est le gars le plus romantique que je connaisse. Le genre qui peut toucher en plein coeur.
Putain que ça fait du bien.

J’ajouterai que me faire livrer un repas avait été d’autant plus chic de la part de Benoît que de mon côté, je lui faisais mal…

On a tous un peu d’’Hedwig en nous…

Par Mister Big
Rassurez vous, ceci n’est pas un article fleuve, juste quelque chose que je tiens à partager avec vous. Dans la catégorie critique de film ou musicale, les deux sont admises…

Voici les paroles d’une des chansons principales du film Hedwig and the Angry Inch, un des films qui m’a le plus marqué jusqu’à présent. C’est l’histoire d’un homme qui perd sa virilité (au sens propre du terme, à coups de bistouris maladroits) pour suivre celui qu’il aime, qui est trahi, retrahi, désabusé, mais qui, au final, garde l’espoir de découvrir un jour qui « il » est vraiment et ce qui manque à sa vie… C’est ainsi que j’ai perçu ce film, que je vous recommande vivement, car même si l’histoire peut paraitre totalement « gay », elle touchera la plupart d’entre vous qui se reconnaitront en partie dans cet être humain, ni homme ni femme, ni heureux ni triste, juste pathétiquement réaliste. Pour ceux que ce film rebuterait en le regardant, je dirais simplement qu’ils sont soit aveugles, soit qu’ils manquent désespérément de poésie… Les premières minutes sont totalement déconcertantes, c’est sur, mais il en vaut vraiment la peine. Lisez, simplement, la traduction est loin d’être difficile à faire, mais si vous le pouvez, téléchargez la chanson et lisez là dessus, c’est encore plus poignant.

Origin Of Love

When the earth was still flat,
And the clouds made of fire,
And mountains stretched up to the sky,
Sometimes higher,
Folks roamed the earth
Like big rolling kegs.
They had two sets of arms.
They had two sets of legs.
They had two faces peering
Out of one giant head
So they could watch all around them
As they talked; while they read.
And they never knew nothing of love.
It was before the origin of love.

The origin of love

And there were three sexes then,
One that looked like two men
Glued up back to back,
Called the children of the sun.
And similar in shape and girth
Were the children of the earth.
They looked like two girls
Rolled up in one.
And the children of the moon
Were like a fork shoved on a spoon.
They were part sun, part earth
Part daughter, part son.

The origin of love

Now the gods grew quite scared
Of our strength and defiance
And Thor said,
« I’m gonna kill them all
With my hammer,
Like I killed the giants. »
And Zeus said, « No,
You better let me
Use my lightening, like scissors,
Like I cut the legs off the whales
And dinosaurs into lizards. »
Then he grabbed up some bolts
And he let out a laugh,
Said, « I’ll split them right down the middle.
Gonna cut them right up in half. »
And then storm clouds gathered above
Into great balls of fire

And then fire shot down
From the sky in bolts
Like shining blades
Of a knife.
And it ripped
Right through the flesh
Of the children of the sun
And the moon
And the earth.
And some Indian god
Sewed the wound up into a hole,
Pulled it round to our belly
To remind us of the price we pay.
And Osiris and the gods of the Nile
Gathered up a big storm
To blow a hurricane,
To scatter us away,
In a flood of wind and rain,
And a sea of tidal waves,
To wash us all away,
And if we don’t behave
They’ll cut us down again
And we’ll be hopping round on one foot
And looking through one eye.

Last time I saw you
We had just split in two.
You were looking at me.
I was looking at you.
You had a way so familiar,
But I could not recognize,
Cause you had blood on your face;
I had blood in my eyes.
But I could swear by your expression
That the pain down in your soul
Was the same as the one down in mine.
That’s the pain,
Cuts a straight line
Down through the heart;
We called it love.
So we wrapped our arms around each other,
Trying to shove ourselves back together.
We were making love,
Making love.
It was a cold dark evening,
Such a long time ago,
When by the mighty hand of Jove,
It was the sad story
How we became
Lonely two-legged creatures,
It’s the story of
The origin of love.
That’s the origin of love.

 
 
 

Pour certains, cette histoire de Zeus séparant l’être en deux paraitra peut être familière, c’est normal, c’est une version édulcolorée d’un mythe de Platon. Personnellement, je trouve cette chanson superbe, et elle me fait penser, surtout dans la dernière partie, à une personne, qui se reconnaitra, j’en suis sur…

 

Voilà un tit’article qui, en une paire de phrases, vous en dira plus sur moi que la plupart de mes textes… comme quoi ! Ce n’est toujours pas la taille mais la qualité qui compte !

 

Sans transition, le prochain article sera : ma première semaine comme vendeur de sex-shop !

L’auberge andorrane

Épisode 1:

Je vais encore vous raconter ma vie, je sais que vous aimez ça bande de petits curieux!!!

Donc cette semaine je suis parti passer 5 jours chez ma moumour qui vit en Andorre. Sa famille est partie en vacances donc elle m’héberge gentiment chez elle. De plus elle a invité quelques amis. Donc je débarque le lundi matin, en route je récupère un ami à elle que je ne connais pas et qui a besoin de me suivre parce qu’il ne connaît pas le pays! Arrivé sur place on m’informe que trois autres personnes vont vivre avec nous, ce qui fait donc qu’on est 6 dans 70m2, ça créé des liens! Mais moi donc je connais ma copine qui me loge, une amie à elle et c’est tout. Les trois garçon français je ne les connais pas du tout, enfin normalement.

Là dessus les filles me demandent « ça te dérange pas que bidule vienne? » je réponds « mais qu’est ce que je m’en fous, je le connais pas! » là éclat de rire général. Je pige pas trop mais je fait semblant de m’intéresser au paysage. Mon amie de répondre « t’es sorti avec pourtant! », PLAIT-IL???????????????? Qu’est ce que c’est que ce plan foireux????????????????? Impossible de me souvenir, dans mes ex j’ai personne qui porte ce prénom, alors elles me disent « mais ça devait être pour une nuit, rappelle-toi,il y a 4 ans » MAIS BIEN SÛR RIEN DE PLUS SIMPLE!!!! Après tout je n’ai couché qu’avec 250 à 300 mecs dans ma vie, et la plus part du temps j’étais saoule… Donc là c’est l’angoisse la plus totale!

Je décide de faire contre mauvaise fortune bon coeur. Pendant que je me torture l’esprit pour essayer de me souvenir de ce garçon, j’apprends deux nouvelles des plus réjouissantes. Premièrement c’est l’anniversaire de mon soit-disant ex le soir même, et donc deuxièmement la moitié de l’Andorre mange avec nous (on est donc 15 à table!!!!). Et  là j’imagine déjà la scène: 15 copains que je vois jamais en fond et moi devant un mec dont j’ai honte ou dont je n’arrive pas à me rappeler même en le voyant.

A partir de là deux options: le suicide par apnée prolongée, ou j’affronte la réalité! Et là quelque chose me force à assumer ma vie. Mon mec(mais si celui qui me rend fou depuis 15 jours en me traitant comme la pire merde qui soit) m’appelle, et je m’étais promis de ne pas l’appeler, et que s’il m’appelait de l’envoyer chier et de lui expliquer  ma façon de penser par rapport à son comportement (donc je voulais le jeter). Mais j’ai aucune volonté, je suis faible, je suis nul, je suis con, donc j’ai été tout gentil. Mais je suis quand même resté digne, pas de « tu me manque, on se voit quand, je t’appelle demain », juste un « je t’appelle dans la semaine si je peux », c’est digne non? Non, ok je suis nul. Là dessus je suis en colère, et comme ça n’a rien à voir avec le problème qui me tracasse depuis 3h maintenant, je fini par me rappeler de cet « ex ». Bon pour le résumé, c’est un  gentil garçon avec qui j’ai forniquer au sortir d’un sauna il y a au moins plus de 3 ans. Et ce garçon est adorable, donc tout va bien!
Suite de mes aventures:

Je vais quand même vous expliquer ce qu’est l’auberge andorrane, c’est un savant mélange de l’auberge espagnole, de sex and the city et de sunset beach. Ça fait peur non? Moi en tout cas je suis en train de passer les vacances les plus instructives de ma vie!

Donc après la panique par rapport au débarquement d’un « ex », je me disais « ça y est maintenant tu as eu ta dose, les vacances vont se dérouler sans encombres! ». Mais quelle erreur… J’aurai dû me broyer une jambe à coup de mie de pain…

Mardi soir doit nous rejoindre sur place un énième hétéro que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam. On me prévient gentiment que ce garçon est un peu brut de décoffrage, mais plutôt gentil dans le fond, même s’il est à tendances homophobes campagnardes. Bref le bonheur!!! On décide d’aller à Caldéa et il nous rejoint là bas. Bon le problème c’est que je le trouve mignon à peu près 3 min (le temps de le voir en maillot de bain, arf tout poilu et gras!). On passe une soirée très sympa dans des jacuzzis, des bains de pamplemousse, des cabines d’UV et autres chaises massantes… L’orgasme!

Avant de partir je décide d’aller me vautrer une dernière fois dans le jacuzzi extérieur avec les autres, et je remarque un charmant jeune homme dans l’autre bain à coté! Mon petit pense à autre chose, de toute façon il est pas pd! Mais je le regarde quand même avec insistance! Et les autres commencent à parler de lui très fort en français du genre « ouais il est mignon, il est beau, je le baiserais bien » et plus ils le faisaient plus lemec me regardait en souriant. Donc là j’ai compris qu’il comprenait ce qu’on disait et que ça ne le dérangeait absolument pas. Problème: comment conclure? Je me dis que c’est pas possible et on se dirige vers la douche pour partir.Je récupère mes affaires et je me pointe devant la cabine de douche libre et il pose sa main sur la poignée juste avant moi, on a presque failli s’effleurer, c’était beau, je ne l’avais absolument pas vu sortir en même temps que nous, donc je bafouille quelque chose et il entre dans la douche.

Et là c’est le drame, il ne ferme pas la porte entièrement et me regarde avec un sourire plus que provocateur, « mais mais mais ce mec est en train de me faire comprendre que je peux entrer dans la douche avec lui?????? » AAAAAAAAARRRRRRRRRRGGGGGGGGGHHHHHHH!!! Que faire dans ce cas là? Ben je rougis et je regarde par terre et je me retourne, donc il ferme la porte! DE DIEU QUE JE SUIS CON! Je m’assois sur les lavabos et j’attends qu’une douche se libère, et c’est sa porte qui s’ouvre la première, il me regarde, ouvre la bouche pour dire je ne sais quoi, je me lève, le temps s’arrête, le coeur se serre, la sueur perle sur mon front, bref il va se passer quelque chose, mais quoi? Mon abruti d’ex plan cul qui jouait avec la clé de son vestiaire décide à ce moment très précis où ma vie aller basculer de lui envoyer la clé dans la gueule!!!!! Donc le charmant jeune homme décide de partir sans m’avouer son amour pour moi!

Comment ça je me fais des films? Et alors y a une loi contre ça? Vous merde, na!

Vous devez imaginer ma bonne humeur contagieuse après ça! Le soir il se passe rien, à part l’hétéro bourrin qui se révèle être un warrior! Mais alors un vrai, il aurait fallu que je note quelques une de ses perles! Bref, le lendemain je ne fais rien de la journée et le soir on va faire une randonnée en montagne de deux heures. Après ça je ne peux dire qu’une seule chose, ou deux:

1/ la cigarette c’est pas bien, surtout un paquet par jour depuis mes 16 ans, ça se sent.

2/ je n’aurais jamais du arrêter tout sport depuis 1997, ça se sent aussi.

Bref je l’ai quand même fait cette fucking rando! Et le soir on décide d’aller manger des tapas. Et là c’est le énième drame de la semaine, et je vous assure que c’est fatigant à ce stade très précis de ma vie!

En revenant dans la voiture je me retrouve avec une de mes cop’s andorrane et le bourrin. Et là le bourrin se lance dans une explication de sexe sur sa non-vie sexuelle. Figurez vous qu’à 22 ans presque 23 monsieur est toujours puceau! Merveilleux n’est-il pas? Et il parle de ces filles qui lui font peur, du sexe qui lui fait peur, et de rajouter « et si un mec me plaît, il faut que je couche avec ou c’est une perversion? » là je bloque et je fais comme si je ne m’intéressais pas à la conversation. On rentre, on se douche et on part au resto. Re-drame, le bourrin se cuite comme jamais avec DEUX verres de sangria. Mais quand je dis cuit je n’exagère pas (et dieu sait que j’ai , je ne sais comment, des gènes marseillais, mais pour le coup non) donc il ne peux plus se lever, il tombe il bafouille, il fait mine de nous vomir dessus, et ça fait 15 min qu’on est dans la place! Comme tout le monde est mort de rire comme jamais, et que je suis le seul à tirer une gueule de six pieds de long, je suis commis d’office au bourrin-sitting. Et voilà que je lui tiens la porte aux chiottes. Je le porte pour l’asseoir, il faut aller le promener, bref la honte de ma life! On finit de manger, je fais toujours la gueule parce que je comprends très bien qu’au lieu d’aller m’éclater en boite il va falloir rentrer pour tenir la cuvette de monsieur. La madre que te pario, roder! (traduction: fucking mother fucker bastard! ou encore : fait chier espèce de gros connard!). Bref on rentre. Il dit aux filles « demain vous bossez allez vous coucher, toi demain tu cours, vas te coucher, toi t’es fatigué, va te coucher! » et moi? « Toi tu reste parler avec moi! » Gloups je le sens mal là! Et heureusement pour moi les mecs restent avec nous deux, et donc il parle, et là si j’avais des doutes sur sa non-sexualité, j’en ai plus un seul. Il est gay, il refoule. Il commence à me demander « comment être sur de ne pas attraper le sida en suçant? » « t’es pas concerné dans le sens où c’est la fille qui doit faire gaffe » « non mais si c’est moi qui suce? » mouais..T’es louche toi mais bon je te réponds quand même. Et ça continue sur le sexe entre mecs. A la fin la conversation, dérive sur des problème d’éducation des filles dans la tiers-monde (me demandez pas comment on en est arrivé là je suis incapable de vous le dire). Et je m’énerve sur lui devant tant de bêtise. Dieu qu’il est inculte et persuadé de tout savoir, je l’aurais brûlé… Je finis par un merveilleux « on passe à autre chose sinon tu vas prendre une claque » Là-dessus, vexé comme un pou il décide d’aller se coucher et il me dit « bon ben si je tombe sur un mec de tel village sur le net je dis non d’office! Bonne nuit. » en parlant de moi bien sûr. Donc ce qui veut dire qu’il chat sur des salons gays, qu’il est gay, et que je suis trop fort de l’avoir vu en 24h alors que ses amis le connaissent depuis des années. Mais pour rien au monde je ne pourrai l’initier, je ne suis pas mère Thérésa!!!!

Le jour suivant il ne se passe strictement rien, sauf que le bourrin rentre dans sa campagne française et que je décide de faire mon associal jusqu’au soir, parce que vraiment je n’ai pas envie de voir et de parler à des gens.

Mais le soir on va en boite donc ça se passera bien, enfin j’espère… Mais par pitié petit jésus si tu m’entend fait en sorte que je passe 24h calmes et joyeuses, là je suis sur les rotules. Merci!

Énième épisode (je sais plus trop où j’en suis en fait arf)

Donc je fini mon histoire par cette merveilleuse prière que je vais reprendre ici  » Mais par pitié petit jésus si tu m’entend fait en sorte que je passe 24h calmes et joyeuses, là je suis sur les rotules. Merci! »

Qu’ai-je pas fait de l’invoquer celui là!!!!!  Roder…

Donc nous sommes à ce moment précis de ma vie jeudi soir, et je suis chez mon amie andorrane (pour ceux qui n’ont pas suivi, mais là il le font quand même exprès!), et on doit se retrouver à 10 à table. Parmi ces gens, j’en connais plus de la moitié, le restant est composé des collègues de mon amie. Dans ce petit groupe se trouve le gentil espagnol très mignon qui fait craquer toutes les filles. Les filles soit dit en passant qui oeuvrent pour qu’il se mette avec ma copine. Histoire de lui offrir une vie sexuelle. Par pure charité, mais bon il est très beau ce couillon donc je me mets aussi à militer pour qu’il se mette avec ma copine. Là il faut que je précise des choses sinon vous n’allez rien comprendre, les mecs en Andorre et en Espagne s’habillent tous, mais alors tous, comme les pédés de chez nous. En fait ils sont juste à la mode. La première fois j’avais l’impression d’être dans une gigantesque gay Pride, mais tout ce petit monde est profondément hétéro, sinon ça serait pas marrant! Ceci dit, je continue.

Je discute avec le garçon, et comme il parle mal français (mais mieux que moi l’espagnol) on se fait aider par nos copines bilingues. Comme c’est fatigant, je le délaisse vite pour me jeter sur une française qui parle espagnol comme moi le russe, et on sympathise. On décide de partir en boite après un repas bien arrosé. A ce moment là, la Française qui me faisait la causette décide dans un merveilleux moment éthyliquement intense de nous faire partager sa passion: les pets de foufoune. Cette fille qui ne connaissait personne j’ai pas vraiment compris pourquoi elle était là) a donc fait une dizaine de pets de foufoune devant une assemblée médusée et sceptique. Et là s’il subsistait un doute, il n’y en a plus: je suis pédé, et cette fille résume tout ce qui me fait vomir chez la femme! (mais je vous aime mes moules à moi, vous c’est pas pareil, vous êtes bien élevées, vous faites pas des pets de foufoune en public!).

On part en boite, on se fait jeter parce que certains n’était pas fringués comme il fallait. On échoue dans un boui-boui immonde que je déteste, mais bon on boit pour oublier. Là je me remet à parler avec l’espagnol, l’alcool c’est merveilleux ça me rend bilingue! On papote et je lui dis « tu sais c’est assez déstabilisant de voir les garçons ici, vous êtes tous habillés comme les pédés en France, les hétéros chez nous ils s’habillent comme ça » et je montre du doigt un français qui passe la semaine avec nous et qui s’habille comme le pire des sac, c’est affligeant, mais il est adorable, mais qu’il s’habille mal, bref on s’en fout, je reprends. Donc je dis ça au petit Espagnol, et il me répond (accrochez vous à vos ceintures) « mais moi je suis gay » avec son plus beau sourire! La Terre s’est mise à tourner à une de ces vitesse que je me suis senti obligé de sortir sans répondre à ça!(en gros ça m’a tellement sonné que je me suis enfui).

Je vais prendre l’air et j’analyse ce qu’il vient de me dire. Il vient me parler et rajoute « tu sais je viens juste de l’avouer à ta copine aujourd’hui, mais je veux pas que ça se sache, donc ne lui en veux pas, ici c’est pas comme chez toi je peux pas être gay » et là je me repasse la soirée avec l’autre conne (je t’aime moumour) qui rigolait quand je disais qu’elle allait faire des bébés avec l’Espagnol! Bref ce moment passé, je décide de m’excuser et je lui dis « je suis désolé, mais ça m’a fait un choc, je me suis retrouvé déstabilisé, parce que je te trouve très mignon et je m’attendais pas du tout à ça, mais je suis content que tu me l’aies dit, je ferai pas de gaffes » (vous devez imaginer tout ça mi-français mi-espagnol, mi petit nègre mi langage des signes). Et lui de répondre en français dans le texte « mais vous êtes très mignon aussi, vraiment ». Mais de qui il parle ce couillon? Et je comprend que c’est juste qu’il me vouvoie.

Petit aparté, les espagnols apprennent notre langue au lycée, et on leur apprend juste le vouvoiement, donc il ne sais pas du tout tutoyer les gens, donc j’ai toujours l’impression qu’il parle à 4 ou 5 personnes, alors que c’est que pour moi, donc je bugge souvent. (quoi je fais que dire « donc »! Et alors? Pfff) On reprend, je lui réponds rien parce que je suis devenu une flaque. Et je me dirige liquidement vers la piste de danse. Il me rejoint me présente des gens, et me prend par la main. On monte aux wc! Diantre, que va t’il me faire? Arf pas grand chose il fait 1m65 à tout péter lol bref il me met dans les wc et me galoche comme un fou! Le bonheur, il est trop beau, il me dit qu’il veut venir me voir chez moi, que si je veux je reviens quand je veux pour le voir, et blablablablabla…

Bref j’ai presque vu arriver le mariage là, argh! Mais comme il vit chez papa maman et qu’il travaillait le lendemain je n’ai pas pu réaliser mon fantasme, un des derniers d’ailleurs, faire l’amour avec un espagnol (je veux qu’on me parle espagnol pendant que je baise, ben vi ça me fait triper!).

Donc il faudra que je le fasse impérativement. D’un autre coté c’était juste comme ça donc pour l’instant je me garde lui et le connard puis on verra bien ce que ça donne! Juste  quelques précisions sur ce garçon pour comprendre pourquoi je m’en veux d’avoir fini par une prière la dernière fois, il a 19 ans, il mesure 1m65, et il s’appelle Jesus (prononcé Rrrréssusse en espagnol). Donc le petit Jésus ben il m’a entendu… Ça me fatigue tout ça,tiens!

Allez, je pourrais encore vous parler d’un milliard de choses mais je me fatigue moi-même et puis il y aurait de quoi faire un film sur cette semaine de ma vie, donc je vais pas en rajouter.