Redites-moi des choses tendres…

Par Marine

La saga de l'été des vingtenairs
Bienvenus dans la saga de Marine, la seule saga de l’été qui tient compte des avis des lecteurs (oui, OK, ils vont faire ça pour la saison 2 de Heroes, mais techniquement, elle est pas encore sortie, donc moi, je suis à l’avant-garde). La semaine dernière, j’ai cru comprendre que je donnais trop de détails crus. Trop
trash, Marine? Bien.
Reprenons. Romantique, cette fois.
C’est sur ce thème que je veux m’attarder cette semaine : qu’est-ce que le romantisme?
D’aucuns vous diront que c’est très verbeux tout ça.Ca tombe bien, ma vie sentimentale est en passe de devenir elle-même essentiellement verbeuse… Car Benoît doit repartir chez lui (il habite sur un autre
continent, pour ceux qui ne suivent pas, mais je les invite à cliquer sur le lien grâcieusement mis par Nina en fin d’article). Mais ce départ n’est pas une
fin.
C’est au contraire le début d’une histoire. Une fille attend d’un homme des pensées, des attentions, des gestes.  Et quand on a été célibataire pendant trop longtemps, on oublie 
ces choses, et ce sont ces petits riens qui nous retournent au début d’une histoire. Ce sont ces riens qui changent tout. Moi, je les avais oubliés. Voire je les avais fantasmés sans jamais les connaître. Allez comprendre, je suis cassante au moindre mot gentil, toute désarçonnée que je suis. C’est face à ces attentions et à la façon dont je perdais mes moyens que je vois à quel point
j’ai pu me murer, des fois. Ces riens, ces attentions, c’est ce qui caractérise le mieux une histoire. Tout le reste, on peut le trouver ailleurs, amis, potes, one-shots, en faisant le calcul, on 
s’y retrouve…

Mais Benoît n’est pas dénué de ce romantisme old-school, il n’en est pas avare non plus.
Un jour, je lui ai demandé pourquoi il avait voulu qu’on continue… Moi je sais pourquoi j’ai voulu : comme ils disent sur meetic, « il correspondait à mon idéal
sur au moins 5 de mes critères » (ouais je viens de me créer un profil meetic, l’éclate les enfants, l’é-clate). Mais si je savais pourquoi je restais avec Benoît, je me demandais un peu la raison 
de la réciproque. Dans le sens où, même si je lui plaisais peu ou prou, je savais par Nico qu’il était assez peu stable émotionnellement, et surtout, vue la complication d’une histoire-à-distance-aggravée (c’est-à-dire que la distance implique au minimum la traversée d’un grand lac salé), je me demandais ce qui faisait que moi, plus qu’une autre.

– Benoît?
– Oui…
– C’est quoi qui a fait que tu as voulu que ça dure finalement (oui bon, ben quand on discute tard le soir on n’a pas la syntaxe classe, Marine s’excuse…)
– Ben je saurais pas dire… Tu vois, le soir où on a passé la nuit ensemble à Paris?
– Oui??? (réponse fantasmée par Marine : « la fusion de nos deux corps était magique »/ »tu es un coup fabuleux »/ »être à tes côtés », j’en passe…)
– Ben le lendemain, on a mangé une entrecôte au bistrot en bas de chez toi, j’ai trouvé que c’était un moment super.
– Ah… classe…
– Non, je sais pas, j’étais content.
(remarquez qu’il est quand même question de chair fraîche agréable au goût…)
– Ah et aussi, le soir, à la Flèche d’Or, sur cette techno pourrie et avec les stromboscopes, t’étais vraiment super canon!
(et là, il paraît qu’il y aurait une référence à Kids de Larry Clark, je vais l’accepter comme tel, histoire d’y voir quelque chose d’un tant soit peu glamour et pas un sombre remake d’une quelconque édition de l’Ile de la Tentation, si vous le voulez bien)
Allez, après tout, une fille attend d’un homme des pensées, des attentions.

Dans le même esprit, Benoît est imbattable sur le body call.
Un soir, à Londres. Marine est en voyage professionnel. Seule dans sa chambre. Ne trouvant pas le sommeil. Soudain, sur son téléphone, un message s’affiche (Nina en
parlait l’autre jour, ça tombe bien).

« Je suis avec Nico et son pote. Je perds au ping-pong. Tu me manques. Je rêve de te latter au ping-pong »
Eh oui, mesdemoiselles, je comprends votre jalousie.
N’empêche, celui-ci m’a fait sourire, le « je suis fou de toi » m’a fait plutôt pas mal de guilis dans le ventre et le sourire a eu du mal à partir.
Le body-call est la chose qui fait que les téléphones portables et les sms représentent une réelle révolution pour les moeurs amoureuses. Benoît est fort en body call. Pas moi. Un soir, 3h du matin. Ne trouvant pas le sommeil, je lui écris à quel point je sens que je m’attache de plus en plus à lui. Le message reste sans réponse. J’ai dû mal m’y prendre… Car, on vient de le voir, l’art des mots doux est difficile à maîtriser. Bon. Finalement, je m’étais juste plantée de destinataire, et il m’a fallu me confondre en excuses auprès de mon collègue de bureau le lendemain, et passer pour la blonde de mon département… Ben oui, mais moi je suis célibataire depuis trop longtemps, j’ai oublié ces petits riens qui font le début d’une histoire et qui vous retournent.

A quoi ça sert, tout ça? Nan parce que, au-delà de son phrasé cocasse, le Benoît est pétri d’attentions permanentes. C’est nouveau pour moi. Comprendre que je dois
faire de la place pour quelqu’un dans ma vie. Un soir, alors que j’étais malade, je parlais avec Benoît. Non, en fait on MSNait. Je pouvais pas parler. J’étais malade. Deux jours plus tôt, à 
l’anniversaire d’une amie, j’avais un peu forcé sur les mélanges d’alcools blancs de toutes espèces (pouvant aller de la Kro, au Martini bianco puis au Ruinart, c’est dire). Ca m’avait rendu malade. Tellement malade que j’ai pas pu manger pendant 2 jours entiers. Tellement malade que j’étais affamée sans arriver à me préparer à manger. Quand sonne à ma porte un livreur qui m’apporte un repas complet de chez Emile (mortel resto dans le 1er). Le genre de petits riens qui vous retournent au début d’une histoire.

Alors oui. Je voulais parler de romantisme. Je vous ai évoqué une boutade, une vanne, et une livraison de barback. N’empêche. Benoît, il est pas dénué de romantisme old-school. C’est le genre à faire livrer des fleurs et à inventer des jeux de piste pour entrer dans la vie de quelqu’un. Mais c’est aussi quelqu’un qui exprime des attentions via une partie de ping-pong (très MatchPoint, ça) ou de la bouffe. (Larry Clark aussi). Benoît, c’est le gars le plus romantique que je connaisse. Le genre qui peut toucher en plein coeur.
Putain que ça fait du bien.

J’ajouterai que me faire livrer un repas avait été d’autant plus chic de la part de Benoît que de mon côté, je lui faisais mal…

Les cris de jouissance

(J’ai écrit cet article dimanche, je m’ennuyais sans mon chéri alors j’ai décidé d’écrire un article léger pour me remonter le moral !)
 
« Oui, oui, oui, oh ouiiiiiiiiiiiiii ! » hurla-t-elle alors qu’une douce chaleur partait du creux de ses reins pour se diffuser dans tout son corps. Mais pourquoi hurle-t-elle ? Pourquoi la jouissance peut-elle être bruyante chez certains et silencieuse chez d’autres ?
Partage avec ton voisin 
Eté 1999. Gauthier est dans mon appartement. Je vivais alors dans une résidence étudiante pas trop mal isolée niveau sonore, sauf dans le couloir : là, on pouvait entendre tout ce qu’il se passe chez les voisins. Je ne sais plus où on allait mais nous voilà devant l’ascenseur, à attendre que celui-ci arrive (oui, on descend pas cinq étages à pieds, on n’est pas fou !). Soudain :
« AAAAAH ! AAAAAH ! AAAAH OUIIIIIIIIIIIII !!! »
La jeune fille qui occupait l’appartement face à l’ascenseur nous fit partager sa brouette. Gauthier prétendit qu’elle simulait, qu’ils n’étaient pas vraiment en train de faire l’amour, moi, je riais aux larmes. On arrive dans le parking, une dalle en plein air encadrée par de hauts immeubles et là, c’est le drame : la jeune fille continue de hurler et l’acoustique exceptionnelle amplifie le bruit. Je rigole d’autant plus mais là, soudain mon sang se glace, et je révèle une incroyable vérité à Gauthier : « Mais…si on l’entend, elle, on m’a
entendue, moi ! »
 
Il paraît que je ne suis vraiment pas discrète dans ses moments si particuliers. Hier soir, je suis sortie avec des copines du blog de
Nicolin
dont Agnès, qui m’avait présenté Laurent. Alors que je parlais justement de ma folle expressivité durant la brouette, elle commence à rire et m’avoue : « j’avais demandé à Laurent comment ça s’était passé, il m’a répondu que tu hurlais ! ». Je me demande si je ne devrais pas me vexer du fait qu’il ait répondu ça en premier et qu’il ait omis de parler de mes talents de flûtiste.
 
Pourtant, j’essaie de faire des efforts de discrétion, d’intérioriser mon plaisir mais arrive un moment où je ne pense plus à me contrôler. Mais je me pose une question : vaut-il mieux une fille qui exprime bruyamment son plaisir ou celle qui baise en silence (question rhétorique) ? L’autre soir, j’étais chez Arnaud et il m’a montré des extraits de la vidéo porno de Paris Hilton (oui, je me suis un peu moquée de lui à ce sujet), la fille se faisait mettre dans l’indifférence la plus totale. A un moment, elle est allongée sur le lit, sur le côté, elle a sa tête posée sur sa main et regarde son partenaire en train de la fourrager avec ardeur sans la moindre réaction. D’ailleurs, je ne veux pas être critique mais Paris Hilton a l’air chaude comme une base scientifique du Groenland en matière de sexe. J’en viens à me demander si cette vidéo montrait vraiment Paris Hilton en train de brouetter ou une simulation de sexe juste pour faire de la publicité à la demoiselle.
 
Dans les films pornos, on ne voit que des demoiselles extrêmement expressives et des monsieurs qui ne geignent qu’au moment de l’éjaculation. En vrai, il existe des femmes qui ne gémissent absolument pas. Est-ce lié à la nature de la demoiselle ? Une femme bavarde exprimera-t-elle bruyamment son désir ? Et bien non ! En janvier, j’étais allée à un anniversaire et y avait une fille qui n’a pas fermé la bouche de la soirée et qui atteignait un volume sonore impressionnant. Et à un moment, elle nous informe : « Ben moi, pendant le sexe, je suis silencieuse ». Elle devrait baiser plus souvent…
Ah oui, ah oui, ah ouiiiiiiiiiiiiiiii!!! 
N’ayant jamais eu de sexe avec des femmes, je ne peux me baser que sur les témoignages de celles-ci ou sur les cris de mes voisines. Par contre, je peux plus facilement parler des hommes. Personnellement, je ne suis jamais tombée sur un vrai expressif, à savoir celui qui gémit du début à la fin. Je suis plus habituée à ceux qui ne s’expriment qu’au moment de l’éjaculation mais là, j’ai toutes les gammes. Il y en a qui crient franchement (aaaah, aaaah, aaah oui !), ceux qui poussent une discrète ponctuation (arghhhhh !). Il y a aussi les silencieux. C’est assez difficile de savoir s’ils ont pris leur pied ou pas, c’est toujours un peu délicat. Laurent m’informait poliment : « j’ai joui », sous-entendu : arrête de t’agiter, c’est terminé. Ceci étant, il faudrait faire remarquer au monsieur que éjaculation et orgasme ne sont pas la même chose, même s’ils sont souvent concomitants.
 
Si je réfléchis, je me rends compte qu’il n’y a aucune règle : des mecs bavards peuvent être silencieux au lit et vice et versa… Alors c’est dû à quoi ? C’est peut-être comme en sport, certains hurlent, d’autres non. Je me souviens d’une caricature dans l’Equipe qui montrait un match de Monica Seles (Han ! Han ! Han ! Haaaaaouuuuan !) et un panneau à l’entrée du stade : « interdit au moins de 16 ans ». Tiens, tiens… Si je réfléchis, je peux être une sportive bruyante quand je m’arrache. Je ne parle pas des sports d’endurance : quand je nage, je ne pousse pas un cri à chaque mouvement, idem sur mon stepper. Mais je me souviens d’un cours de ping-pong où j’avais dû me jeter sur la balle pour la rattraper et j’avais poussé ce fameux : « Han ! ». Le plus incroyable dans cette histoire de ping-pong, c’est que je jouais comme une fille catastrophiquement nulle, elle tenait sa raquette comme une poêle, on aurait dit qu’elle faisait des crêpes. Du coup, elle faisait des scores hallucinants, j’ai gagné 21 à 3 contre elle, 2 points que j’ai perdu bêtement en tentant un coup osé, le 3ème parce que, tout à coup, elle est passée d’un 2 km à un 60, j’ai forcément été surprise, d’où le cri. Sinon, j’ai fait du tennis (j’étais très mauvaise) et j’ai suivi une initiation à l’escrime (faut à tout prix que j’en fasse) et à un moment, j’ai fait un enchaînement de mouvements et j’ai touché mon adversaire en poussant un « haaaaaaaan ! » rageur, ce qui m’a valu les encouragements du trop beau prof. Alors, est-ce que les cris de jouissance dépendent de notre façon de faire l’amour ? On peut en effet considérer que la brouette est un sport, peut-être que les bruyants considère qu’il s’agit d’un sport à effort immédiat, les silencieux comme un sport d’endurance… A moins que ça n’ait aucun rapport.
 
Perplexe, je demandais l’avis de Gauthier, la conversation ressemblait à ça :
Gauthier : Super, j’arrive sur Paris
Nina : Ouais, c’est cool !
Nina : T’as une théorie sur les cris de jouissance ?
Gauthier : t’es malade…
Oui, j’ai des questions un peu trash, parfois, peu importe. Selon lui, plus c’est bruyant, plus on aime ça… Sauf que lui, il dit rien et ce n’est pas par ennui donc sa théorie ne fonctionne pas.
 
Alors pourquoi certains crient et d’autres pas… Serait-il possible que… il n’y ait aucune raison ?