Courrier des cœurs : réponse à Jibs

Cette semaine (enfin, cette semaine de y a quelques semaines), Jibs nous a posé la question suivante :

« Salut les Vingtenaires! Je vous écris pour avoir plusieurs avis sur mon problème.
Cela fait 9 mois que je suis en couple avec une fille dont 4 qu’elle est en Australie et moi en France car elle est partie en Juillet pour un an d’étude universitaire là-bas. Cela faisait des années qu’elle rêvait de découvrir ce pays, sa culture et tout ce qui va avec mais elle n’avait pas prévu de me rencontrer entre le moment où elle a fait sa demande et où celle-ci a été accepté… On a tout de même choisi de rester ensemble avant qu’elle ne parte. Tout se passe bien jusqu’à présent même si au bout de 4 mois le manque commence à être vraiment insupportable que ce soit de son coté comme du mien mais je vais la rejoindre fin Décembre jusqu’à fin Janvier, cette perspective de nous retrouver bientôt nous aide et nous remotive chaque jour qui passe. Mais après ce mois de retrouvailles, il va de nouveau y avoir 6 mois de séparation avant qu’elle ne revienne définitivement en France et je ne sais pas si je pourrai à nouveau supporter une si longue période sans elle car maintenant que je sais ce que ça fait d’être séparé de celle qu’on aime pendant 6 mois… Je n’ai pas non plus envie de la forcer à rentrer et d’écourter son rêve pour qu’elle vienne peut être me le reprocher plus tard…
Je ne sais pas qu’elle sera la bonne attitude à adopter quand je serai auprès d’elle… En sachant que je ne peux pas rester avec elle car j’ai des concours à passer le reste de l’année. Je sais très bien qu’il n’y a pas de solution miracle et que la clé est la communication et je pense que c’est en grande partie grâce à cela que notre couple dure malgré la distance. Je veux juste savoir si d’après vous, le fait de lui demander de rentrer et de faire son second semestre en France fait de moi un gars égoïste ou pas. »

La cellule Love and sex s’est réunie et voici ce que nous en pensons.

Enzo : [mode Ted]
Déjà OUI, c’est totalement égoïste d’oser penser lui demander de rentrer et de faire son second semestre en France. D’autant plus égoïste que tu fais deux-poids-deux-mesures : elle devrait écourter et corrompre son projet universitaire / professionnel pour ton bon plaisir par contre toi tu « ne peux pas rester avec elle car [tu as] des concours à passer le reste de l’année » ?! Je doute que tu aies un mois de janvier rempli de partiels. Il faut les bosser ? Ah ben tu as eu des mois de soirées sans elle pendant lesquelles tu aurais pu bosser !
[mode Marshall]
Vous êtes amoureux ? C’est donc pour la vie. Qu’est ce que 6 petits mois par rapport à la soixantaine d’années que vous allez vivre ensemble ?!
[mode Barney]
Comme tu l’as dit, « cela faisait des années qu’elle rêvait de découvrir ce pays, sa culture ET TOUT CE QUI VA AVEC », autrement dit : surfeurs australiens. Réfléchis un peu ! Il y a 20 000 km entre la France et l’Australie ! Selon le syndrome d’Erasmus, tu as une chance sur deux pour qu’elle reste là bas plus longtemps pour approfondir les mœurs locaux, parce que ‘bla bla c’est dur d’être si loin bla bla je me sentais seule bla bla c’est pas toi c’est moi bla bla et Hugh était si gentil bla bla j’ai rien vu venir bla bla’…

Lucas : Là dessus, j’ai un avis très sanglant. Laisse-la finir son année en Australie. C’est quoi 6 mois sur une vie ? Que dalle.
Mieux encore. J’ai le sentiment en te lisant que tu es un « jeune vingtenaire »… je peux me tromper bien sûr… Mais j’ai envie de te dire « laisse courir ». Tu n’imagines pas comme tu vas évoluer dans les 10 prochaines années, L’entité que vous formez aujourd’hui peut exploser comme se renforcer lors de son retour. Les romains disaient que « l’adolescence finit à 30 ans ». Arrête donc de te mettre Martel en tête. Qui plus est, elle va revenir d’Australie beaucoup plus mature que tu ne l’auras laissée. Déjà tu vas te rendre compte de l’évolution en janvier. Peut-être même ne vas-tu pas la reconnaitre. Donc, grandis un peu : ta naïveté fait rigoler le vieux con en moi… Un conseil:  arrête de penser à toi uniquement. Qui plus est, elle va peut-être trouver là bas un surfeur winner ascendant snowboarder. Pour patienter. Comme tu pourrais trouver une nana ici entretemps. En fait, perso, j’aurais plutot proposé une mise en pause pendant un an. S’autoriser à aller voir ailleurs chacun de son coté. Et voir si au bout d’un an la flamme peut-être ranimée entre vous deux. Les esprits intégristes vont me dire que c’est mal mais je ne vois pas où est le problème… Je dis ça car je vois ou j’ai vu plein de couples se mettre ensemble à 20 ans et se séparer à 25… Évolution de chacun, absence de cohérence, envie d’autre « chose »… Capiche
??

Summer : C’est vrai tu aurais du choisir la facilité comme te le conseille Lucas, Grand Naif que tu es! et puis tant qu’à ajouter des plaies à ton profil continue dans la connerie en faisant le gros lourd égoïste qui ne pense qu’à lui, histoire d’aller droit dans le mur parce que tu ne peux pas patienter un an. Petite question et tu verras que la réponse à ta question tombe sous le sens : quid de la position inverse? Et si c’était toi à l’autre bout de la planète qui réalise un rêve tu aimerais que la femme que tu aime te pose un ultimatum? que répondrais tu? Franchement il n’y a pas pire que l’amour égoïste! Enfin si l’amour lâche mais là je doute qu’il y ait amour tout court!

Keira : Franchement si j’étais à la place de ta petite copine et qu’on me posait un tel ultimatum la réponse serait quelque chose
du genre « Non mais tu rêves là, casse-toi pauvre con! ». Donc voilà, pour répéter le propos de mes collègues : six mois ça passe super vite (plus que deux mois avant Noël, imagine comme ça va aller vite pour le reste de l’année) donc tu la lâches un peu et tu la laisse profiter. Et dis-toi que tu vas découvrir un pays incroyable pendant un mois entier, alors tu comprendra peut-être un peu mieux son point de vue. C’est son avenir qui est en jeux, elle veut se forger à l’étranger pendant un an. T’auras le reste pour la voir tout le temps. Tu es jeune, elle est jeune. Bref, ne la joue pas vieux con avant l’âge. Laisse la vivre.

Jane : Non mais ils ont quoi les gens avec l’Australie en ce moment? Ok, c’est grand, c’est beau, il y a des koalas et des kangourous, tout est neuf et tout est sauvage (là-bas… Ouh ouh ouh ouuuuuuuuh Reste auprès de moi… Désolée, je m’égare) Bref, je voulais donc dire, lui demander de rentrer??? Et pourquoi ne pas décaler d’un an tes concours? Tu peux certes tenter le chantage affectif « si tu m’aimes, reviens » et si par le plus grand des hasards elle le fait, sache qu’elle te le reprochera ensuite. Tu seras le grand méchant qui a légèrement foutu en l’air un projet qui lui tenait à cœur, parce que la distance te faisait souffrir… Je ne suis pas totalement sûre que ce soit une bonne chose pour construire un couple solide!

Petite Cervoise : Ah, l’Australie. Dans les séries AB, c’est toujours là que les personnages partaient quand on devait se
débarrasser un peu d’eux… bon, par exemple, Hélène, elle était partie en Australie pour voir sa grand mère et elle s’est installée là bas. Nicolas a eu le coeur brisé mais s’est consolé dans les bras de Linda (je crois) et Jeanne et d’autres filles (j’ai pas tout suivi, je n’aimais pas beaucoup Nicolas).
Tu vois le rapport ?
Tu ne peux pas lui demander de revenir pour toi. Mais continue de jouer de la guitare et du synthé, avec ou sans les cheveux gras, et attends de voir à son retour. (au fait, les jumelles Suzy et Suzon, elles étaient parties en Australie, elles aussi ?)

Summer : c’est qui Suzy et Suzon? je me sens un peu larguée là! sinon le plus mieux c’etait José!

Nina : Ah non, pas forcément pour AB ! Hors la famille de Justine et d’Hélène, les personnages qui étaient dégagés partaient en
Finlande : « le pays de la fin ». Y en a une qui n’a pas lu feu le blog de Fabien Remblier !

Summer : Oui j’avoue! non seulement j’ai souvent déserté devant les épisodes de premier baiser et hélène et les garçons mais en
plus je crois que je serais incapable de dire qui fait sexe avec qui. Et non je n’ai pas lu le blog de FR, niveau blog j’ai encore des lacunes … ^^

Lucas : tout ça, ça nous rendra pas Mike Brant…;-)
Perso, j’ai jamais été très tourné vers ces séries là : par contre, qq année avant j’étais accroc à Tonnerre Mécanique, K2000, Supercopter, l’Aaaaaaamour du Risque, Sheriff fais moi peur (quess que ça pouvait être niais cette série), Ma sorcière bien aimée, Chips, l’Homme qui tombe à pic, Agence Tout Risque (remember the instrumental song…) Magnum qui se faisait tailler par Higgins,
Starskiiiiiiiiiiii et Heutch (ta da la la – la la) et bien entendu le fait que personne dans le monde ne marche du même pas et même si la terre est ronde on ne se rencontre paaaaaaaas…. Je crois qu’on est un tout p’tit peu en train de détourner le sujet initial !

Nina : Pour ma part, j’aurais tendance à te dire de déjà, en parler avec elle. Super le conseil, tu l’avais trouvé tout seul. Mais quand je dis parler, je ne parle pas de son retour (non mais laisse la réaliser son rêve !) mais de l’avenir de votre couple. Perso, j’ai tendance à croire que si les choses doivent se faire, elles se feront donc en gros, je crois que si tu te sens pas prêt à tenir ces 6 mois, dis le, vivez votre vie chacun de votre côté et quand elle rentrera, vous verrez où vous en êtes. Si vous êtes toujours disponibles, vous vous remettrez ensemble. Mais tu sais, avec les concours, je crois que t’auras pas vraiment le temps d’aller courir la gueuse. C’est un peu l’avantage des concours, c’est tellement chronophage que les 6 mois, tu ne les verras pas passer.

Voilà, si toi aussi, tu as une question love and sex, mail (nina.bartoldi’a’gmail.com) ou comm ou facebook, twitter, ce que tu veux. Et promis, j’essaierai d’être plus réactive !

Courrier des cœurs, réponse à Candice

Cette semaine, Candice nous a posé la question suivante :

« J’ai rencontré un garçon depuis peu, nous ne sommes pas encore amoureux donc pour l’instant c’est une jolie relation, avec de
la complicité, des rires, du partage, du sexe aussi ! mais voilà, en bon individu masculin, monsieur a un peu de mal à s exprimer, et j’ai eu droit à des mots – paroles, textos, petits post-its..- de sa part comme quoi il est heureux que l’on se soient rencontrés, que nous avons passé des moments/instants très agréables.. je m’exprime au passé car nous sommes à présent dans des villes différentes pour une courte période avant de se retrouver dans la meme ville d’ici peu.. ma question est donc de savoir si pour lui je suis réduite à des  » moments agréables » alors meme que nous avons pris la décision de se donner l’exclusivité sentimentale – à savoir s’engager ensemble – durant le temps où nous serons géographiquement éloignés.. J’en appelle donc aux vingtenaires – hommes essentiellement ! et les filles aussi si ça vous est déjà arrivé – afin de comprendre ce q un homme entend lorsqu’il s’exprime de la sorte – et de manière récurente – car pour ma part, cela me semble un peu réducteur et ca manque un peu de romantisme ! »


 

La cellule Love and sex s’est réunie et voici ce que nous en pensons.

Jane : Ça tombe bien que ce soit pour les hommes, je ne suis pas sûre de comprendre la question…

Tatiana : je pense que s’il t’a donné l’exclusivité déjà c’est que tu comptes pour lui. Tout le monde n’exprime pas ses sentiments de la même manière, sachant que les hommes ont une préférence pour les paroles monosyllabiques (oui, non, grumph…). Oui messieurs je sais, maintenant vous me détestez et c’est pas grave.  Moi je crois qu’en bonne fille que tu es tu te torture le cerveau pour pas grand chose. La réponse est dans ta question

Lucas : Je suis désolé, je suis un homme mais je n’ai aucune réponse adéquate.

Le maximum que j’ai tenu avec une nana c’est deux mois ( mais j’ai triché, j’étais partie en Erasmus à Milan au bout de deux semaines alors ça compte pas) Je n’ai donc jamais connu de moments où  j’ai eu à dire « tu me manques ». Attend d’être dans la même ville que lui, attend de pouvoir le comprendre au delà des mots : un jour tu vas ressentir de toi même s’il est vraiment sincère ou si tu n’est qu’un outil pour des bons moments. Ce qui me saoule, c’est que vous, les filles, vous nous voyez comme des utilisateurs de joujoux qui procurent des moments agreables et seulement comme ça. Comme si ds l’inconscient collectif féminin y avait une crainte inhérente d’être chosifiée et d’être uniquement un numéro. S’il s’exprime de la sorte, même si c’est un garçon cultivé, c’est simplement qu’il ne sait pas comment transmettre ce qu’il a en lui, qu’il ne sait pas comment évoquer avec des mots justes ce qu’il ressent, qu’il ne sait pas comment faire pour ne pas être trop dithyrambique ni trop distant, qu’il a comme tous les mecs peur de lui et peur de trop en dire. Derrière ce phrasé apparemment médiocre, téléphoné et standard, peut-être y a t-il une grande faiblesse de celui qui commence à ressentir un attachement mais qui refuse de le clamer par pudeur ou par crainte. A toi d’avoir la finesse d’esprit pour estimer ce qu’il en est. La copine de mon p’tit frère l’a largué au bout de 2 ans. Elle lui a donné une Sde chance au bout de 3 mois. 3 mois plus tard c’était zi end, biouti for friend. Alors ne nous pose pas de question, trouve les mots, les intonations,  qu’il faut pour les poser à lui et ressentir dans tous les non-dits de sa réponse ce qu’il voudrait te dire.

Keira : « Tarzan aimer Jane ». Bon, bah alors Jane, sois contente

Petite Cervoise : c’est assez rare qu’un homme te dise de facto qu’il te donne l’exclusivité, donc profite ! Tout va bien, comme
dirait Anny Duperey dans 98% de ses films.

Enzo : En lisant ta première et dernière phrase, la boucle est bouclée. Vous n’êtes pas amoureux pour l’instant ? Comme « ça manque de romantisme » ! Je suis désolé de te l’apprendre mais si vous ne vous considérez même pas comme amoureux dès le départ, c’est mal parti. Au début (quelques mois), ton corps est dopé aux hormones, troublant ton jugement. On ne ressent pas cette drogue dans ta missive. Soit tu essayes de rationnaliser pour te protéger, soit… Soit rien en fait. Sur le papier, il y a les ingrédients (sexe, complicité, …) mais ça n’est pas pour ça que la recette prend. Tu le dis toi-même. Une « jolie relation ». Comme on dit c’est un « gentil garçon », mais il y a toujours le « mais » qui vient à un moment. J’aime beaucoup les termes, « nous avons pris la décision de se donner l’exclusivité sentimentale » (alors que socialement, c’est le cas admis par défaut sans qu’il soit nécessaire de prendre une décision, quoiqu’en dise les articles racoleurs des magazines féminins, ce qui explique sûrement pourquoi c’est « assez rare qu’un homme te dise de facto qu’il te donne l’exclusivité »), « s’engager ensemble » pour un garçon que tu vois « depuis peu », alors que simplement vous allez être dans des villes différentes pour « une courte période ». Cette surenchère cache quelquechose, j’en mettrais la main de Lucas à couper (je suis prudent).
Si je résume. Tu es séparé de ton récent mec pour une courte durée. Il te rappelle de manière récurente son attachement (paroles, textos, post-its, …), qu’il est « heureux que vous vous soyez rencontrés ». Il rappelle* que la distance temporaire ne remet pas en cause sa fidélité. C’est plutôt positif ! (mais malgré ça mademoiselle n’est pas contente) Ah oui sauf que tu trouves que vous n’êtes pas ENCORE amoureux. Donc c’est mort. Soyez honnêtes envers vous-même et tirez-en les conclusions. S’il n’y aucune étincelle dès le début, que penses-tu que ça va être au bout d’un an, deux ?
* Il serait intéressant de savoir l’origine réelle de cette discussion, si c’est vraiment de sa propre initiative comme le comprend Petite Cervoise ou si c’est commun ou si c’est seulement toi.

Jane : Je vous admire les gens, je relis la question, et je ne la comprends toujours pas (en gros, le problème, c’est qu’elle est avec un mec, pas sûre d’être amoureuse, qu’il lui dit qu’il tient à elle et lui sera fidèle, et qu’elle trouve ça réducteur, ou j’ai vraiment rien compris? Parce que si c’est ça, j’ai envie de répondre « mais c’est quoi le problème? » (ce qui prouverait définitivement que je n’ai rien compris))

Enzo : Tu as très bien compris.

Nina : Je suis assez perplexe sur cette affaire. Si je résume l’affaire, le monsieur veut l’exclusivité pendant votre courte période de séparation. Bref, il veut une relation amoureuse monogame. Il ne l’exprime peut-être pas de façon grandiloquente mais voilà, c’est bien ce qu’il veut. Je crois que dans cette histoire, le problème ne vient pas du manque de romantisme mais de ce que tu dis dans la première phrase : « nous ne sommes pas encore amoureux ». Lui, si. Et si, finalement, ce qui te dérangeait, c’est que tu as peur de t’engager avec lui ? Tout simplement ?

Voilà ! Si toi aussi, tu as une question love and sex à nous poser, n’hésite plus, commente, maile (nina.bartoldi’a’gmail.com),
facebooke, twitte, ce que tu veux.

Les Anglais sont-ils des trous du cul ?

Par Lucas

Mmmhhh je sens que cet article va me valoir des menaces de mort de la part de tous les sujets britanniques qui nous lisent… La bonne charia que même Salman Rushdie à côté il aura l’air d’un débutant… Et j’en connais au moins une (« la Patronne ») qui va rigoler ! Si, si, vous allez voir…

Chères lectrices, chers lecteurs,

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui je vous propose un petit article culturel histoire d’inonder votre journée de sens et de johaaaaa. Vous allez voir, vous allez sourire… Ou alors vous allez faire exprès de vous retenir pour que j’ai l’air bête… Ouhai ouhai, on m’la fait pas à moi.


Je resitue l’histoire pour ceux qui ont du mal après les agapes de fin d’année Allez, on se concentre, on est grave dans le sujet et on plisse les yeux pour faire style « effort
intellectuel ».

Nous sommes en 1686, dans le Royaume de France, au Versailles Royal Court Resort. Louis XIV, souverain Clubmed roi soleil, ne va pas bien du tout. Il souffre le martyre car il a une fistule au postérieur. Les plus blagueurs d’entre vous auront déjà mis ça en musique : le roi Louis a du caca kaki collé au cucu.
Comme quoi, avoir la classe, c’est inné.

Le Roi est donc malade et c’est le bordel pour gouverner car, bien entendu, Louis ne peut plus s’asseoir sur le trône. Fort heureusement, les chirurgiens du Roi opèrent avec succès et en moins d’une semaine tout rentre dans l’ordre. Comme disait le Dr Alban : « Sing alléluiaaa ».

Bah justement… Sing Alleluia. Histoire de remercier le Tout Puissant d’avoir sauvé le canal royal (sans déconner, allez voir la définition de fistule, ça parle de canal…) Madame de Brinon, la supérieure des Demoiselles de St Cyr (si je vous précise la fonction de la dame, c’est parce que justement, ce qui fait tout le sel d’un bon article culturel, ce sont les détails dont tout le monde se fout. Enfin moi je dis ça j’dis rien et reprenons plutôt le cours de cette histoire passionnante), donc Madame de Brinon, trop jouasse que son roi puisse déféquer de nouveau, écrit les paroles d’un cantique et ça donne :

Grand Dieu sauve le Roi !
Long jours à notre Roi !
Vive le Roi

A lui Victoire
Bonheur et Gloire

Qu’il ait un règne heureux
Et l’appui des cieux.

Comme quoi les paroliers des gagnants de la StarAc ne sont pas aussi nases que ça, mais bon là n’est pas le problème : je m’égare, Montparnasse.

Lully, qui passait par là et qui essayait de pécho une Demoiselle de St Cyr, Lully donc est sollicité pour mettre le zouli texte de Mme de Brinon en musique. Hors, comme le bonhomme connaît bien son affaire ça donne un truc qui déchire sa race. Un truc que la Cour toute entière se met à fredonner toute la sainte journée histoire d’arrêter de
s’emmerder. Ouhai, Lully : paye ton leaderboard au Top 50 de Versailles.

Et là… c’est le drame (parce que dans une bonne histoire il faut toujours un truc qui couille)

Haendel,
compositeur allemand,
renégat de la musique germaine,
devenu offichiol miousichieune of George The First, Roi d’Angleterre,
Haendel donc décide, en 1714, de faire un petit séjour Erasmus à la Cour de Versailles. Là bas, il entend le joyeux cantique, se tape un triple orgasme double salto arrière et décide illico presto de pomper la chanson. Madaaaaaameuh, ya Georg Friedrich il fait rien qu’à copier heu…

Sitôt dit sitôt fait. Et bim : tranquille le chat, voila Haendel qui rentre en Angleterre par le premier ferry histoire d’aller voir un clergyman qui puisse lui traduire les paroles en Anglais. Ce qui donne…

God Save our Gracious King
Long life our noble King..
etc..

Et hop ! Ceci étant fait, le fourbe Haendel prend une copie double, réécrit le cantique sauce anglaise avec SON écriture, signe la chose sans aucun scrupule et court remettre le tout à George
1er. Georges qui se tape une overdose of joy et balance le tout sur les ondes courtes de Windsor FM.
Succès fulgurant de la chanson !!
A tel point qu’on la joue dans toutes les grandes occasions et qu’on décide même d’en faire… l’hymne national.

En somme, God Save The Queen, manifestation la plus éclatante de l’insularité orgueilleuse de nos amis anglois, vient tout droit… de l’anus de Louis XIV. Nina, arrête de rigoler.