Les amants, c’est plus fatigant que les amoureux

Dimanche soir, je discute gentiment sur MSN avec Gabriel qui me propose de passer chez lui me donner un cours de cuisine. Ouais, je sais pas cuisiner, je le dis suffisamment souvent. Comme je suis pas tout à fait naïve, je me doute qu’à un moment, je vais me retrouver toute nue devant lui et même qu’il va me tripoter. Alors faut que je sois nickel.

Opération dépoilage. C’est pas que j’en ai beaucoup mais on les voit quand même donc faut que j’enlève tout ça. Je lui explique donc que le temps que je me fasse belle, j’arriverai dans une heure (douche+dépoilage+transports, on n’a pas idée d’habiter en zone 5). Et hop, on enclenche le programme : choisir de beaux dessous, choisir de beaux dessus, s’épiler avec la crème, se doucher tout comme il faut, se couvrir le corps de l’huile précieuse qui sent bon le musc et qui est sèche donc pas graisseuse sous les doigts. Un peu de parfum et hop, on est parties.

Quand on dort chez son amant, il y a des choses qu’on ne peut pas faire. Par exemple : utiliser tous nos produits de beauté usuels. Oui, j’ai un âge où faut faire attention à pas se laisser aller, c’est pas parce qu’on n’est pas ridés dans la famille qu’il faut ne pas être attentive. Donc crème de jour qui sent trop bon, crème de nuit qui sent trop bon, contour de l’œil, sans parler de la crème hydratante pour mon petit corps. Ben, ça, chez l’amant, ça ne se fait pas. On ne montre pas les coulisses tant que le monsieur ne fait pas officiellement partie de la troupe. Et je ne parle même pas du démaquillage. Parce qu’en général, ça se déroule comme suit : on fait du sexe et après, on s’endort donc du coup, je me relève pas pour me démaquiller. Je fais ça le lendemain matin, en même temps que la douche. Et j’indique au lecteur mâle que ne pas se démaquiller, c’est mal, la peau ne respire plus, ça finit par provoquer des cernes et tout. Sans parler du côté panda au réveil grâce au mascara qui a trouvé que le dessous de mon œil était plus confortable pour passer la nuit.

Donc voilà, après quasi un an, on en est toujours aux « je ne dois laisser paraître aucun défaut », même s’il a bien dû en remarquer certains genre le matin, j’imprime pas, je suis bavarde, il m’a même vue démaquillée à de nombreuses reprises. Peut-être qu’il m’a même vue me laver les dents. Je suis pudique de la toilette, je vous rappelle, j’aime pas qu’on me regarde me laver les dents ou me maquiller.

Alors évidemment, certains me diront que la vie de couple, c’est pas simple non plus et que depuis quand un mec devait se retrouver dans un lit avec un yéti à dessous vieux à partir du moment où il devenait l’officiel. Oui, je suis d’accord, j’ai passé 4 ans et demi avec le même mec et pendant ces 4 ans et demi là, je me suis épilée et même plus d’une fois. Mais il se peut aussi qu’on soit pas toujours nickel chrome à ce niveau là parce que par exemple, on a rendez-vous chez l’esthéticienne pour une épilation à la cire et que ça se fait pas
sur poils très courts. Et puis avec son amoureux qui nous aime d’amour, on a le droit de mettre une chemise de nuit qui tient chaud avec des nounours dessus (oui, j’ai ça) alors que mon amant, c’est au max du max une nuisette. Et moi, j’attrape le froid par les bras, en plus.

Alors, on va essayer de positiver en se disant qu’avec un amant, on ne peut absolument pas se laisser aller. Mais il n’empêche que si j’avais les moyens de me faire une épilation au laser, je vivrais vachement mieux ce genre d’histoires, il ne me resterait plus qu’à choisir les dessus et dessous nickel, de renoncer à mes multi tartinages avant et après dodo, à avoir les ongles des pieds impeccables (ceux qu’on cache en général), de ne pas trop leur raconter toute notre vie, de ne pas trop leur demander de faire des travaux à la maison, de ne pas leur demander du tout de remplir votre feuille d’impôts (que j’ai toujours pas reçue au passage, y a comme du foutage de gueule dans l’air), de ne pas leur présenter votre famille…

Une âme charitable pour sponsoriser mon épilation laser ?

T’as pété ? Oui, hihihi

(article écrit en speed alors forcément, on va pas faire dans le sérieux)

Samedi, PaulK nous a posé une grande question existentielle : comment péter en toute discrétion. Seulement arrive un moment dans le couple où le « en toute discrétion », on s’en tamponne le coquillard. Et je trouve que c’est une vraie étape dans la vie d’un couple.

Mes parents : 32 ans de relations amoureuses, 31 ans de mariage en juin. Oui, mes parents se sont mariés au bout d’un an et trois mois de relations et 31 ans plus tard, ils sont encore ensemble. Faudra que je fasse un article sur le sujet. Mais revenons à mes parents. Ma mère est du genre facétieuse, elle aime faire des blagounettes avec ses gaz. Ayant le pet silencieux mais odorant, elle lâche une caisse et se barre en gloussant. Ainsi, une fois, Yohann et Alice regardaient la télé, ma mère passe et lâche un pet. Les deux constatent l’odeur et commencent à s’engueuler « non mais dis que c’est toi ! – Mais non, c’est toi ! ». Ca aurait pu durer longtemps si, en passant, je n’avais pas vue ma mère planquée dans la pièce voisine en train de se marrer un bon coup. Mais son jeu ultime, c’est de péter au lit. Mon père m’    a expliqué ça : « tu vois, le soir, quand on lit au lit et que ta mère commence à soulever les draps et à les agiter l’air de rien, c’est pour faire partager ! ».

Cet article ne dira pas si je suis une digne héritière de ma mère. De toute façon, en tant que princesse, forcément, je ne pète pas. Mais c’est vrai que dans un couple, arrive un moment où on se relâche au niveau de la perfection apparente. Au début du couple, on se veut impeccable en dehors ET en dedans. On pète en cachette pour ne pas montrer à sa douce nouvelle moitié que nous aussi, on doit expulser des gaz (sinon on explose, selon l’adage populaire). D’ailleurs, à bien y penser, qui nous a imposé une pudeur à ce niveau là. Qu’on mette la main devant la bouche pour bailler ou roter, je comprends mais après, c’est naturel. Alors c’est vrai que le pet sort par notre orifice le moins « noble »  et qu’on va pas mettre la main devant mais puisqu’on pète tous, pourquoi cette pudeur ?

Mais la question reste : dois-je me lâcher en premier ou attendre que l’autre lance le premier pet en toute décontraction ? Bon, évidemment, en tant que fille pudique de ce genre de choses, jamais je ne le ferai le premier pet. Déjà que je dis pas je t’aime en premier mais là, c’est pire. Et pourquoi pas faire pipi la porte ouverte tant qu’on y est ? D’un autre côté, péter en toute indiscrétion en présence de l’être aimé n’est-il pas un signe qu’on se sent bien, en confiance. Un peu comme dans les payas arabes où on rote après le repas en signe de politesse, pour dire qu’on a bien mangé. Ben, là, c’est le « je pète sans me cacher avec toi parce que je me sens bien, en confiance ». Bon, ok, c’est dramatiquement pas romantique cette histoire mais franchement, votre mec pète à vos côtés de façon bruyante, vous l’engueulez ?

Bref, je crois que dans la vie d’un couple, c’est aussi une étape. Celle où on fait tomber le masque de la perfection. C’est aussi à peu près à ce moment là que les poils commencent à ne plus être éradiqués de près avant un rendez-vous avec votre mec. Certains vont s’écrier « ah la routine…horrible…pas glamour ! ». Mais les gars, réveillez-vous, on vit pas dans Melrose Place. Moi, en vrai, quand je me lève, j’ai pas le brushing et le maquillage nickel parce que si je m’endors avec mon maquillage, par un effet physique inévitable, il se retrouve le lendemain au milieu des joues. Même que souvent, le matin, quand on se lève, on sent mauvais de la bouche même si je comprends pas trop d’où ça vient vu qu’on se lave les dents le soir. Même que le matin, la première chose que j’ai envie de faire, c’est pas de me vautrer avec mon compagnon aux tablettes de chocolat dans mes draps en satin imprimé léopard, non. Ce que je veux faire en premier, souvent, c’est pipi.

Alors si un jour, votre mec pète bruyamment devant vous et que ça lui paraît normal, au lieu de vous alarmer, soyez heureuse : il est bien avec vous. Mais respirez par la bouche quelques instants, quand même, on ne sait jamais…

EDIT en forme de PS : est-ce le grand air breton qui m’a fait perdre la tête ou mes 28 ans mais j’ai oublié que le lundi, c’était
enfer de la mode. Bon ben je vous le mets demain et double mea culpa car j’y aurais pensé, vous n’auriez pas eu d’article sur le pet

A fleur de peau

Par Lucas

Je sais bien : avec cet article je m’écarte encore une fois de la ligne éditoriale des Vingtenaires comme je l’avais fait une fois avec la Fondation Maeght ou plus récemment avec le rôle psychologique du coiffeur…


Mais bon, d’un autre coté si  je la respectais à 100% cette ligne éditoriale, ça fait longtemps que j’aurais partagé avec vous mes errances amoureuses, mes séductions éparses et mes regrets eternels éphémères. Je préfère donc me la raconter graaaaave et ouvrir les yeux des lectrices et lecteurs sur un truc plaisant. Passons donc sur la licence que je m’octroie encore une fois et parlons d’un sujet merveilleux que je vais seulement survoler de trop haut : el Tango…

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  Le Tango est une danse (sans blague).

Une danse qui se fait à deux (on aurait tendance à l’oublier avec la house, le hip-hop et la tektonik ta mère).
Une danse, disais-je.  Magnifique,  élégante et sensuelle, empreinte d’une atmosphère surannée conférée par le son du bandonéon. Tous ces petits pas faits de retenue et de souplesse, cette proximité des deux esthètes, des deux complices…
Ca y est je suis ému.

Complice. Je trouve que c’est ce qui manque en boite. Comment voulez-vous réussir à développer une complicité, quand on ne touche pas l’autre ? Les plus prudes ou les plus intelligentes des lectrices me diront que, justement, c’est là toute la subtilité : réussir à créer, au travers d’une sensualité dans le regard, la gestuelle et le facies, une connivence. Réussir à se faire comprendre d’une simple œillade ou d’un simple pas. Bon. D’accord. Certainement. Peut-être. Pourquoi pas. Mais justement : devinez quelle est la danse où la règle veut que les yeux ne se croisent
jamais ?? Bingo : c’est le Tango.

Avec le Tango, les pas ne sont pas effrénés, ils ne sont pas tenus à un rythme oppressant qui tue toute créativité. Prenons un rock’n’roll, un truc basique à 4 temps  (différent du rock acrobatique à 6 temps). J’en ai fait un trimestre entier au collège en 3ème car sur les 3 heures hebdomadaires, mon prof d’EPS prenait la dernière heure  de la semaine pour nous faire danser (c’était graaaaave bien). Bref, un rock’n’roll,  c’est avant tout l’enchainement de passes, plus ou moins aériennes, sans même chercher à mettre en accord les variations de la musique avec
les pas choisis… Mais surtout,  sans créer de réelle complicité entre les deux acolytes : la femme n’est qu’un objet entre les mains du meneur.

Vous me direz certainement qu’il est des pas de rock (à 6 temps) ou même d’autres danses qui sont réalisés… de concert et que c’est là le propre de la danse : cette connivence, cette recherche du geste gracile commun,  effectué à deux. Certes…  Mais là on rentre dans la danse de salon à 6 temps et non le rock’n’roll pur et simple. En rock’n’roll, la jeune femme se laisse aller entre les bras du prince en adoptant un pas rythmé : elle est le plus souvent suiveuse et objet. Véritable instrument, elle se laisse mener sans mots dire.Or, dans le tango, il y a une complicité
dans chaque pas, souhaitée et recherchée. Le Tango est une philosophie (ça par contre, ça vous épate, hein ?)

Ce qui caractérise cette danse c’est l’abrazzo ou l’étreinte. Une fois qu’il est accompli, les deux complices vont lancer leur propre langage, leur propre univers et se livrer l’un à
l’autre… Tout en retenue.
La demoiselle est enlacée mais pas trop, on est à la limite mais on ne va pas plus loin. Regardez un couple danser, il y a un partage de sensations et de sentiments épars, sans que les yeux ne se rencontrent. Subtilité : tout n’est que suggestion qui semble émaner des deux corps enlacés.

La musique assure un lien entre les deux partenaires voire même plus : une connivence.
Dans un tango, on ne se parle pas et on ne se regarde pas dans les yeux : on se cherche mutuellement  dans les pas de l’autre. Le toucher, la proximité des corps, l’unité recherchée permettent une complicité des plus intenses qui va au-delà des mots.  Comme dans la vraie vie, l’exigence qu’on a envers l’autre est une forme de respect. Cela est associé au port de tête altier et la prestance générale. Le Tango c’est un peu un langage silencieux où la gestuelle est un dialogue fait de questions et de réponses… Tout ça avec le métronome, implacable : la musique qui impose de faire des choix et de prendre des initiatives. Tantôt l’un des deux fuit l’autre,  tantôt les deux corps ne font qu’un : on passe, de manière impromptue, d’une pudeur indicible  à une pose sensuelle, d’une retenue distante à un pas incandescent. Tout n’est que caresses : dans le pas des jambes sur le sol ou le toucher feutré entre les deux complices…

Etonnant cette dichotomie entre la sensualité indéniable et la distance de façade maintenue entre les deux. Les poses les plus « chaudes » sont tout de même matinées d’un je ne sais quoi, une
retenue, un souffle, une prestance…

Mais la danse est déjà terminée. La fin de la chanson, c’est la fin d’une histoire, d’un univers à part, la fin d’une pause chaleureuse et le retour à un monde froid et hostile : il y a comme un flottement comme si les deux complices hésitaient à revenir dans la vraie vie.

Il y a indéniablement une philosophie du tango… Et je dirais même plus. Relisez donc cet article en remplaçant le mot tango par « vie en couple »…

Complexée, moi ? Ben oui !

Aujourd’hui, au lieu de sonder nos âmes, sondons nos corps. Samedi, déjeuner familial entre mes parents et moi, on en vient à parler de ma sœur qui se drogue de sport en ce moment pour son super régime. Sauf qu’elle est tombée sur une diététicienne qui essaie de régler son problème psychologique : ma sœur hait son corps. Ainsi, quand la diététicienne l’a forcée à se regarder dans un miroir, elle a pleuré. Du coup, moi, ça m’interpelle.

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Comme la plupart des femmes, j’ai un rapport particulier avec mon corps. Des jours, je l’aime à peu près, des jours, je le déteste. Il y a des trucs contre lesquels je peux à peu
près lutter (cellulite, vilain bidou) et d’autres non (ossature forte, tendance génétique au ballonnement). Bon, m  a petite taille n’a jamais été source de complexe particulier : être une fille d’1m57, c’est plus mignon qu’effrayant, soyons honnêtes. Ma grosse poitrine, par contre, ça dépend. De suite, sur les photos, gros seins = grosse fille, si on a
qu’une photo de la tête et de la poitrine. Prenez par exemple Pamela Anderson, selon comment vous cadrez la photo, elle prend ou perd 10 kilos. Et puis j’en ai marre de jamais trouver de chemises qui ne baillent pas. Mais je m’égare, je vais pas vous faire la revue de ma personne, on s’en fout. Donc mon corps, je vis avec, pas le choix. Globalement, quand je le regarde (sans ma tête, elle, je la trouve très chouette à deux ou trois détails près mais l’ensemble me plaît, à la poubelle la modestie), c’est clair qu’il y a mieux mais c’est aussi clair qu’il y a pire. En général, les jours de mauvaise humeur, je l’aime pas, les jours de très mauvaise humeur, je le déteste (mais pas que lui, je déteste la terre entière), des jours, je me sens mal dans ma peau. Mais d’autres, ça va. Je passe beaucoup de temps à me regarder dans la glace, de face de profil, je rentre le ventre, j’adopte des positions. Jamais en public (quoi que les regards à peine discrets dans les vitrines qui renvoient mon image, je suis sûre que je suis pas la seule) mais en privé, c’est mon plaisir égoïste. Même que des soirs, je m’amuse à vider mon placard et à essayer plein de fringues, pour m’amuser.

Mais globalement, en France, on a un rapport plutôt conflictuel avec notre corps et j’ai pas l’impression que ça soit le cas à l’étranger. Y a quelques temps, je discutais avec Vicky, elle me parlait de son voyage en Angleterre, le pays où le micro short est limite l’uniforme de la rue. Elle m’expliquait qu’en gros, les Anglaises n’avaient aucun complexe à exposer leur cellulite et que, du coup, là-bas, tu te prends à porter des fringues méga mini que t’oseras jamais ressortir en France. De la même façon, quand je regarde certaines émissions américaines avec des obèses à moitié à poil ou les Californiens toujours en maillot prenant soin de leur corps en permanence ou encore les Allemands qui n’ont pas du tout de pudeur et semblent très à l’aise avec leur corps, je me pose très sincèrement la question : pourquoi, nous, on complexe ? Non parce que la plupart des gens complexent sans avoir de réelles raisons. On est trop gros ou trop maigres, voire trop grands ou trop petits mais jamais parfaits. On pourrait penser à une fausse modestie genre « mais non, voyons, mon corps n’est pas parfait, hihihi ! ». Mais non, pour les gens que je connais, les complexes sont réels. Rarement, ils nous empêchent de vivre mais ils sont là.

A côté de ça, je connais quelques personnes terriblement à l’aise avec leur corps et je les envie. C’est pas forcément des gens super bien foutus, en plus, mais ils sont tellement
bien dans leur corps qu’on ne fait même pas attention à leurs imperfections. Je les envie ces gens là, vraiment. J’aimerais être capable de me trouver parfaite comme je suis, de pas loucher sur mon vilain bidou (oui, en ce moment, c’est lui qui me fait chier mais ça peut être rotatif les complexes), de me sentir so irresistible. Oh, ça arrive, ces jours de grâce que j’adore où je suis de tellement bonne humeur que je me sens même plus mignonne mais carrément belle. Que je marche dans la rue comme si j’étais dans un clip vidéo dont je suis la star. Ces jours où, forcément, les hommes me regardent et me sourient.

Bref, des fois, je me dis qu’on devrait nous apprendre à l’école à aimer notre corps et à en prendre soin. Je lisais y a pas très longtemps dans le magazine Psychologies (pas trop

ma tasse de thé, le magazine) que les femmes ont souvent du mal à accepter la futilité des soins du corps, qu’elles ne se sentent pas dignes d’être parfaites ou à peu près, d’où le très bon slogan L’Oréal « Parce que tu le vaux bien ». Moi aussi, je le vaux bien, après tout. Oui, c’est futile de se tartiner la figure avec une bouillie verte pour avoir bonne mine, de se
vernir les ongles, de faire du sport pour avoir le corps qui nous plaît, de s’épiler les orteils parce que c’est la seule partie de mon corps vraiment poilue et ça fait chier. Mais j’ai aussi le droit de pas avoir de muscle si ça me plaît pas, de pas aimer courir, de vouloir être jolie et bien dans ma peau sans forcément manger 3 radis par jour maximum. Bref, je crois qu’il y a toute une éducation d’acceptation de son corps à faire. Tant que la santé n’est pas en danger, pourquoi ne pas nous accepter tels que nous sommes ? Après tout, si on arrive pas à mincir ou à grossir (selon les cas), c’est peut-être aussi qu’on est à notre poids de forme et qu’on est génétiquement pas faits pour être plus gros ou plus minces ?

Si la femme a toujours raison, l’homme a toujours tort

Par Enzo

Vive la parité, vive les féministes. Je me lasse de vivre dans un monde ultra-sexiste. Pourtant en étudiant dans un domaine ultra-féminin, je pensais être au bon endroit. Mais non, des fois je me dis que les femmes sont les pires machos. L’endoctrinement marche très bien. J’ai parfois l’impression d’être plus féministe que mes camarades. Enfin je dis camarades mais c’est partout autour de moi. C’est fatigant d’un certain coté.

Un exemple parmi tant d’autres. Le désir masculin.
Il doit être toujours prêt, toujours au garde à vous. Tout autre état est pris pour de la faiblesse, pour de la traîtrise. Une baisse de « tension » pendant l’acte amoureux lors d’une concentration sur les caresses manuelles (qui est ce qui milite pour les préliminaires ?) ? Réaction choquée « Mais ?! » puis blessante « Tu ne m’aimes plus… ». Bien sûr, j’aime avec ma bite. Les hommes sont comme cela il parait. S’ils ne bandent pas continuellement, ils ne désirent pas, ils n’aiment pas. Par contre quand une femme ne mouille pas, c’est simplement l’homme qui n’est pas doué ou ne fait pas ce qu’il faut. Logique. J’oublie toujours mes leçons sexistes que je n’arrive(rais ?) jamais à intégrer. Les femmes aiment les chaussures, les hommes les voitures. Enfin un truc comme cela je crois.

Je n’ai pas envie ? C’est ma faute. Je dois être coupable, je ne la désire plus, je ne l’aime plus.
Elle n’a pas envie ? C’est ma faute. Je ne dois pas l’exciter assez, je dois pas être assez doué.
Je viens trop vite ? C’est ma faute. Je ne me contrôle pas assez, je ne dois pas être un bon coup.
Je ne viens pas assez vite ? C’est ma faute. Je ne suis plus assez excité, je dois être lassé d’elle, je suis un monstre.

J’écris cela ? C’est ma faute. Je n’ai aucune pudeur, je ne pense pas aux sentiments des autres.

Chat vs mec : lequel c’est le mieux ?

Les femmes métrosexuelles sont souvent équipées d’un appendice poilu et miaulant appelé chat. Et non pas chatte, je ne parle pas de ça ! Pourquoi un chat ? Parce que c’est moins chiant qu’un mec et presque plus fidèle. Quoi que… Petit tableau comparatif.
 

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Homme
Chat
Nourriture
Un homme ça bouffe très beaucoup. Quand on a un homme à la maison, pensez à avoir le frigo plein. Ils sont gourmets, ne veulent qu’une marque de pâté mais une fois qu’on a trouvé la bonne, ça suffit à leur bonheur. Ont quand même tendance à boulotter dans notre
assiette.
Hygiène de vie
Un homme, ça se lave tout seul, c’est cool
Un chat, ça se lave tout seul, c’est cool
Poils
Ca dépend de la race mais globalement, perd peu de poils, facile d’entretien Le changement de saison engendre toujours une perte de poils pénible. Il faut aussi les brosser pour évacuer les poils décédés. Et avoir une brosse à vêtement pour éviter
le « oh, toi, tu as un chat, t’as des poils, là ! »
Petits besoins
Un homme est génétiquement capable de tirer la chasse et même d’utiliser canard WC mais rabaisser la lunette est généralement au dessus de ses forces Un chat est un être propre qui fait caca dans sa litière mais il faut la lui changer régulièrement sinon ça sent mauvais. Une litière sale engendre souvent une vengeance de
type « pipi sur le tapis ». Par ailleurs le chat aime pratiquer des fouilles archéologiques à chaque besoin donc gratte des heures et des heures. Normalement, un chat est pudique sauf la
mienne qui aime que je la regarde faire.
Câlins
Pas pendant le foot, connasse. Sinon l’homme aime les câlins sexuels, tout le temps, même quand je dors. Le chat aime les câlins tout le temps, même et surtout quand je dors.
Cris de jouissance
Ah aaaah, aaaaaarghhhhhhhhhhh !!!
Ron ron ron ron
La phrase qui tue
« T’as pas grossi ? » ou « Quoi, on va encore voir ta mère, pfffffff ! »
Miaou miaou !
Tue l’amour
Les chaussettes quand il est nu. Et quand il est habillé aussi. C’est laid des chaussettes
L’haleine fleurant le pâté pour chat.
Avantages
Un homme a vécu sans nous de nombreuses années donc sait faire plein de choses sans qu’on lui tienne la main Un chat fait sa vie et on l’emmerde à lui faire des grout-grout, non mais !
Inconvénients
Ronfle, prend plein de place dans le lit, grogne au réveil vide mon frigo N’a aucun sens des horaires, trouve très drôle de manger mes pieds, mets des poils partout, surtout sur mes fringues, sait pas faire la bouffe, peut pas sortir tout
seul.

Compatibilité homme/chat : très aléatoire comme on peut le voir ici.

Alors chat ou mec ??

Théâtre de rue

J’ai eu une fin de semaine démentielle, donc j’ai beaucoup pris le métro. Je me suis tapée 16 stations de RER (bon, ok, à un moment, je suis partie dans le mauvais sens), 37 stations de métro et deux trajets en train. J’ai effectué 8 changements. Je portais un string passionata. Bon sang, je te cache rien, lecteur !

 

Donc dans le métro, des fois (souvent), je lis et des fois j’observe. En fait, aujourd’hui, j’aai accumulé de la matière pour un futur article en observant les couples dans le métro et cherchant à en tirer des réflexions à peu près intelligentes mais là, je ne les partagerai pas pour le moment, ça viendra quand je pondrai l’article sur le sujet (suspense !).

Lors de mon dernier changement, alors que j’avais 10 minutes d’attente à la gare et aucune envie de lire (pas assez concentrée, un peu totalement morte), je rêvasse. Soudain, arrive une nana blonde et un bébé qui s’assoient à côté de moi, le bébé sur les genoux. Un mec s’approche et babille un peu avec le bébé, je les regarde d’un coin de l’œil : couple normal, ils ont l’air jeunes, surtout elle. Je fais pas trop gaffe quand je repère une brune qui ressemble à Clara, un peu, et qui regarde la scène un peu à l’écart. Et là, le monsieur du couple quitte la maman et va embrasser la brune. Hein ?? Quoi ?? Il rapatrie la demoiselle devant la maman et son bébé et j’en tire des conclusions : ce ne doit pas être le papa mais l’oncle, un truc comme ça. La maman et le monsieur continuent de parler, Maman parle du manteau du petit et gâtouille, je comprends que la brune est étrangère vu que le mec lui parle en anglais (mais alors quel esprit de déduction !) mais à un moment, les deux Français montrent un train au bébé « oh, le train, le train ! » et là, Brunette sort un truc genre « Okakyo ! ». (c’est du phonétique). Bon, ça fait un peu japonais mais elle n’est pas asiatique. La blonde appelle quelqu’un pour lui annoncer qu’elle rentre car tout le monde est fatigué, surtout le petit, je me dis que c’est le papa, le mec et la brune se papouillent devant nous. Puis le mec se repenche vers le bébé et fait « viens voir papa ! ».
Quoi ?? Finalement, le petit trio finit par s’éloigner, la blonde portant toujours le petit, le mec au milieu et la brune qui le tient.

 

Bon, petit bilan : le mec est le père du bébé, sûr, la brune n’était pas sa mère ou avait un instinct maternel pire que le mien. A l’inverse de la blonde : je la trouvais drôlement préoccupé par le petit si elle n’en est pas sa mère. J’ai trouvé ce double couple fascinant. D’un côté le mec et la brune, de l’autre le mec et la blonde, les deux filles ne se sont pas parlé mais il ne semblait pas y avoir d’hostilité entre elle mais on avait limite l’impression que quand il était avec l’une, l’autre aurait pu être une simple passante,ça aurait été pareil. Et
puis, ça me paraît bizarre de papouiller une nana comme ça face à son ex. Perso, je présenterais mon mec (si j’en avais un) à Guillaume 1er, je me tiendrais, je trouve que c’est une question de pudeur. De toute façon, dans la rue, on se tient, un peu, non mais !

Bref, je racontais tout ça à Marine sur le net hier soir, elle m’a effacée de MSN depuis et m’a demandé de ne plus jamais l’appeler. Non, je déconne, of course. Donc je lui racontais ça, parce que j’ai trouvé cette petite histoire intrigante. D’ailleurs, ça m’a bien occupée en attendant le train mais ils sont partis à l’autre bout du quai, après, j’ai raté la fin. Donc pendant que je lui racontais ça, je disais « putain, la rue, c’est mieux que la télé ».

Combien de gens croise-t-on par jour ? A Paris, c’est même pas chiffrable à mon avis. Parfois, un individus ou deux se détachent de la foule par leur comportement. Leurs histoires rentrent dans notre champ tout à coup. Pendant quelques instants, on a conscience d’eux et de leur vie. On ne sait pas ce qui s’est passé avant, on ne sait ce qu’il se passera après, on laisse notre imagination combler les trous. Comment en sont-ils arrivés là ?

Sans doute que c’est mal poli d’écouter les gens comme ça, de les observer l’air de rien. Sauf que moi, j’adore. Surtout qu’avec mon imagination débordante, ces vies sans doute ordinaires deviennent dingues ! Si j’écrivais une nouvelle sur tous ces fragments de vie captés dans mes filets, je pourrai écrire un livre épais comme un annuaire. Car finalement, on peut tout imaginer mais souvent, la réalité est plus fascinante que la fiction.

Sea, sex and moto

Comme tu le sais lecteur, ce week-end, je n’étais pas là. J’étais loin, quelque part dans le sud ouest pour un petit week-end qui m’a fait un bien fou. Ma vie parisienne me saoule un peu en ce moment donc partir deux jours loin, en me déconnectant du reste du monde, ça vous repose une Nina.

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Vendredi, 17h30, je peste contre tous ces foutus Parisiens qui ont décide de partir en même temps que moi. En fait, c’est pas qu’ils partent en même temps que moi qui m’énerve, c’est leur propension à se planter pile en plein milieu, empêchant quiconque de passer. Bon, je pose mon divin fessier dans le train et c’est parti. Un peu (beaucoup) plus tard, j’arrive à destination et là, c’est le jeu : « toi aussi, retrouve ton hôte sur le quai de la gare alors que t’as même pas tes lunettes. » Evidemment, je sors du quai d’un côté, il rentre de l’autre et après avoir un peu tourné (et s’être appelés), on finit par se retrouver. Me voici donc parti pour un week-end avec Olivier, trentenaire, motard et homme fascinant. On se parle par MSN et téléphone depuis deux mois, autant vous dire que j’avais vraiment hâte de le voir. Il m’embarque dans sa voiture et m’emmène dans sa maison. Une baraque à son image : unique en son genre et bourrée de charme, je me sens de suite comme chez moi. On prend l’apéro en discutant, on s’embrasse un peu puis on file au resto. En moto, ouais ! En fait, ils ont annoncé un mauvais temps tout le week-end donc on se précipite sur le deux-roues car c’est pas sûr qu’on puisse en refaire par la suite. On file à toute vitesse, je m’accroche fort à lui, j’adore. Sur une moto, on se sent si libre, tout notre corps est caressé par le vent, c’est vraiment une sensation que j’adore. Surtout que de la moto, ça faisait un an que j’en avais pas fait.

 

On se fait un petit jap’ tranquille. Puis on a fait un petit tour en ville avant de rentrer à la maison se prendre un petit verre et se coucher. Bon, évidemment, deux adultes consentants dans un même lit, nous n’avons pas fait que dormir mais quand même un peu. Et franchement, les hommes d’expérience, c’est quand même vachement bien, ils vous amènent au pays des orgasmes multiples. Enfin, celui-là, en tout cas. Même s’il aime bien me faire mariner parce que paraît qu’il faut que j’apprenne la patience… Le lendemain, vu le temps maussade, nous n’avons pas bougé mais c’est pas grave, on a profité l’un de l’autre, on a beaucoup discuté aussi. J’avoue quand même que c’est super enrichissant de discuter avec quelqu’un d’un peu plus âgé qui a vécu plein de choses, ça permet d’avoir un certain recul sur ce que l’on vit. Bref, on reste tous les deux mais on ne s’ennuie pas, on passe encore une délicieuse journée.

 

Dimanche, quoi qu’il arrive, on avait décidé d’aller à la plage, j’y tenais particulièrement : j’y suis pas allée, cette année. On prend la voiture, le temps est mitigé. Plus on s’approche de la plage, plus le ciel est couvert. Tiens, les voitures en face ont les phares allumés… Tiens, ils ont les essuie-glace, aussi. Merde, il pleut. C’est pas grave, c’est pas ça qui va nous arrêter ! Bon, il flotte mais on commence quand même à longer la plage mais à peine arrivés, le temps se lève et là, tous les gens réfugiés dans les crêperies alentour débarquent mais contrairement aux plages méditerranéennes, on se marche pas dessus. J’avais promis à Olivier que je tremperai les pieds dans l’océan et vu que le soleil est revenu, je me lance. J’enlève mes bottes, mes bas, je remonte mon pantalon et j’y vais, armée de mon portable pour prendre une preuve de mon barbotage. Sauf que moi, je suis une fille de la Méditerranée donc pendant que j’essaie de photographier mes pieds, je fais pas attention aux vagues et je me retrouve avec de l’eau jusqu’aux cuisses sans trop comprendre ! Il n’empêche que l’eau est délicieuse et je regrette soudain de pas avoir pris mon maillot, j’ai très envie de me baigner. Mais mon string minimaliste ne peut pas faire office de maillot, pas plus que mon sous-tif certes très joli mais une fois trempé risque d’être tout transparent. Enfin, certains n’ont pas ma pudeur vu qu’on a vu passer un mec à poil courant joyeusement dans les vagues. Je sais pas pourquoi, mais un mec courant à poil a toujours un côté ridicule, avec son pénis qui ballotte.

 

Je retourne auprès d’Olivier et on s’étale sur le sable humide, au soleil, assez loin pour pas se prendre une vague (marée montante, j’ai tendance à l’oublier, ça aussi). On reste allongés là une bonne heure, Olivier s’endort tandis que je savoure. C’est un moment de pur bonheur, vous savez, où tout est parfait ? Je le sens bien allongée sur le sable, le soleil caressant ma peau laiteuse, le ressac nous isolant des conversations voisines. Je sens mes batteries qui se rechargent, tout le stress parisien parti aux oubliettes. Je suis bien, tout simplement. On finit par rentrer, décidant de récupérer la moto pour se balader un peu mais en rentrant en ville, on retrouve l’orage. A cause de la pluie, on décide de manger à la maison, on passe au McDo se ravitailler. Après ce dîner hautement calorique, on boit un dernier verre puis on part se coucher car le lendemain, faut se lever tôt. Mais évidemment, on ne s’endort pas de suite.

Il pleut toute la nuit, on se serre souvent l’un contre l’autre. A Paris, j’entends pas quand il pleut et ça me manque. J’adore cette sensation quand il pleut, la nuit, et que je suis sous ma couette, je me sens protégée. Chez mes parents, je dors sous les toits donc j’entends bien le crépitement des gouttes sous les tuiles. J’aime ce bruit, ça berce. On se réveille quelques minutes avant la sonnerie du réveil (ça, par contre, j’aime pas, j’aime me réveiller et voir qu’il me reste encore une heure ou deux à dormir). On se prépare, on se lave, on petit-déjeune puis après avoir vérifié que je n’avais rien oublié, il me ramène à la gare. Je suis un peu triste de partir car j’ai vraiment passé un super week-end et l’idée de retourner dans la grisaille parisienne ne m’enchante pas du tout (mais alors pas du tout).

Dans le train, je suis placée à côté d’un monsieur au surpoids impressionnant qui mord un peu sur mon espace vital, juste à côté de pompiers qui montent manifester. Je mate discrètement le plus beau de la brigade (enfin, le seul beau), ils attaquent direct au vin et au pâté, à 8h30, c’est violent. Alors que mon voisin part au bar prendre un café, le beau pompier s’assoit à côté de moi mais bon, j’avoue que ce week-end a calmé ma libido pour quelques temps donc je reste lire mon foutu bouquin de Roland Barthes que j’arrive pas à finir. Au dehors, j’aperçois deux magnifiques arcs en ciel. Oui, c’est mon côté girlie-petite fille-licorne rose (© grr), je m’extasie sur les merveilles de la nature, les papillons et les arcs en ciel. D’ailleurs, dans la voiture, quand on rentrait de la mer, Olivier a eu droit à un « non mais ils conduisent vraiment comme des cons ici. Moi ça me dépasse cette façon de… OH UN ARC EN CIEL ! ». Puis je m’emmitoufle dans ma veste et soudain, on est à Paris et je comprends rien. On vient pas juste de partir ?

 

Bref, c’était LE week-end dont j’avais besoin, une mise au vert nécessaire qui m’a permis de me remettre sur les rails. Mon hôte est un homme charmant et chaleureux, à la fois fort et tendre à la fois. Un peu un deux en un. D’une virilité pas croyable à certains moments et super câlin à d’autres. Le genre d’hommes avec qui je me sens bien, à côté de qui je peux rester sans parler sans me sentir mal à l’aise. Il n’empêche qu’il paraît aujourd’hui évident que je pourrai pas vivre sur Paris tout ma vie : le vert, qu’est-ce que ça me manque !

PS : j’ai pas pu mettre la photo de mes pieds, j’arrive pas à passer les photos de mon téléphone à mon ordi mais y a des gens qui ont des preuves!

Mentir, c’’est naturel

L’autre jour, je lisais Cosmo et il y avait un article sur le mensonge, expliquant que c’était naturel. Je me penche sur mon cas. Oui, je suis une menteuse sans être mytho, je mens toujours pour la bonne cause. Pourquoi je ne rends pas mon article à temps ? Problème d’ordi. Je veux pas venir bosser ? Suis malade. Je fume ? Mais non, maman, voyons. Je pars en week-end en Bretagne voir un mec ? Mais non, Alice, je pars dans les Yvelines consoler une copine en pleine rupture.

 

Donc, je mens. Mal, mais je mens. Comme tout le monde. Que celui qui n’a jamais menti me jette la première pierre mais j’aurai du mal à le croire. Bon, le problème, chez moi, c’est qu’une fois sur deux, je me fais attraper. J’ai une particularité : je parle aux gens en les regardant droit dans les yeux. Sauf quand je mens. Je me souviens d’une fois où Gauthier, plein de bon sens, m’a dit de retourner dormir dans le lit après une dispute amoureuse. Oui, moi, je voulais dormir dans la baignoire, tellement j’étais furieuse. « Moumour, tu retournes au lit ! Je te vois demain et je saurai si tu mens ou pas et si tu as dormi dans la salle de bain, ça va chier ! ». Bon, ben du coup, j’ai rejoint piteuse le fameux lit.

 

Parfois, mes mensonges se retournent contre moi. Exemple : en 2002, je travaillais à l’Observatoire de la vie étudiante, à la fac. C’est-à-dire que je corrigeais les questionnaires renvoyés par les étudiants, passionnant ! Heureusement, on avait quelques perles, ça nous occupait. Un vendredi matin, j’avais le choix entre aller bosser et aller faire un micro-trottoir avec deux mecs de la radio dont le fameux démon tentateur. Bon, ok, je vais faire le micro-trott’, c’est mieux pour ma carrière, après tout. Donc, la veille, je m’engage à les rejoindre en expliquant que je raconterais que j’ai une fuite chez moi. Jeudi soir, je fais ma tambouille quand j’avise une flaque sous le frigo. Hein ? Bon, je passe la serpillière, pensant que j’ai fait des cochonneries en faisant la vaisselle. Eeeeeeeeet merde, la flaque revient, c’est pas normal, là ! Diagnostic : mon frigo est en train de décéder. Ca t’apprendra à mentir, vilaine !

 

Mais pourquoi on ment ? Pour ma part, c’est essentiellement pour éviter les conflits. Par exemple, il y a des moments où je suis pas au mieux de ma forme et donc les gens me saoulent rapidement donc plutôt que de leur dire cash : « tu me fais chier, je te trouve vraiment trop con(ne) », je m’abstiens. Surtout que quand ça va mieux, je me rends compte parfois que j’ai exagéré et je m’en veux. De la même façon, j’évite de dire à ma mère que je fume pour pas qu’on entre en conflit ni que je suis de gauche, même si, ça, mes parents le savent bien. C’est du mensonge par omission mais je sais qu’on peut pas débattre chez moi donc pas la peine de s’engueuler. Je mens aussi pour le travail, histoire de ne cacher mes manques de sérieux, parfois. Genre, au lieu de dire : « j’ai pas fini mon travail parce que j’ai traîné au lit jusqu’à 10h », je dis « la recherche documentaire m’a pris du temps », ce qui n’est pas faux. De toute façon, ça prend du temps de lire les sources et de rédiger, surtout quand on fait autre chose en même temps… Mais le mensonge a ses limites et des fois, je suis bluffante d’honnêteté, je le fais pas exprès. Au début de mon stage, mon boss me demande pourquoi j’ai pas traité la PQR, réponse : « j’ai complètement zappé ! ». Pareil, une fois, on regardait les infos avec mes parents et y avait un sujet sur les jeunes et le shit. Ma mère :

« Mais ça me dépasse ça, pourquoi ils se droguent les jeunes ? T’as déjà fumé un joint, toi, Nina ?

– Oui. »
Hein ? C’est moi qui ai répondu ça ? Oups !

« Ah ? poursuit ma mère. Faudra que j’essaie un jour, histoire de voir. »

Ah ben tiens, je m’attendais pas du tout à cette réaction. N’empêche que voir ma mère fumer un joint, ce serait quand même énorme !

 

Après, je ne suis pas pour autant mytho. Quand mes amis me font chier, je le leur dis. Genre quand Gauthier s’ennuie au boulot et me pourrit sur MSN, il a droit à un aimable : « Bon, tu me laisses bosser, oui ? » ou « Non, je n’irai pas voir Madonna en concert, je la supporte pas ! ». J’ai passé l’âge d’être conformiste et de dire que j’aime tout ce qu’il faut aimer pour être hype. J’aime pas Madonna, ni Louise Attaque, « Clint Eastwood » de Gorillaz me donnait envie de jeter mon réveil par la fenêtre et j’ai bien aimé lire le Da Vinci Code. J’ai pas vu le journal de Bridget Jones et je compte pas le voir, j’ai détesté la dernière saison d’Ally McBeal et le dernier épisode de Friends pue la guimauve. Non
mais ! De la même façon, quand on me parle de quelque chose que je connais pas, je fais pas semblant. Je ne suis pas une usurpatrice, je reconnais que je ne sais pas tout sur tout et heureusement. Si à 26 ans, j’étais déjà omnisciente, ce serait bien triste. Moi, ce que j’aime dans la vie, c’est apprendre. Quand Alex me parlait de ses études, je le regarde les yeux ronds, la bouche ouverte : je connais rien mais j’essaie au moins de comprendre. Quand on me parle du Metropolitan Museum de New York, j’écoute sans donner mon avis : j’y suis jamais allée, je vais pas faire semblant ! Car s’il y a bien un truc qui m’agace, ce sont les gens qui ne reconnaissent pas leurs lacunes en matière de culture alors que c’est évident qu’on ne peut pas tout savoir.

 

Le pire : les mythomanes. Et j’en ai croisé ! L’an dernier, je fréquentais une nana et plus ça allait dans le temps, plus je tiquais : ses histoires n’étaient pas cohérentes. Un coup elle avait rencontré l’amour de sa vie à une soirée, un coup dans la rue. Au début, je me suis dit que j’avais mal compris, jusqu’à ce que je la prenne en flagrant délit de gros mensonge. Durant l’été, la demoiselle m’informe gentiment qu’elle a « la foufoune en feu » car elle est allergique au latex. Je suis heureuse de le savoir, tiens ! Deux mois plus tard, je vais déjeuner chez elle avec une autre amie et là, elle nous explique : « avec machin, on ne s’est jamais protégés et il me demandait même pas si je prenais la pilule ». Hein quoi ? Question : comment peut-on faire une allergie à la capote si on en utilise pas ? Parce que c’est bien avec machin qu’elle avait fait son allergie !De la même façon, un jour, elle m’expliquait que son pire drame serait de ne pas avoir d’enfants. Un autre jour, sa plus grande phobie est d’avoir un enfant, elle n’en veut pas, elle ne supporte pas l’idée. Hein quoi ? Bon, du coup, j’ai fini par la dégager de mon entourage. Je ne sais même pas si elle consciente ou pas de sa mythomanie mais je n’aime pas qu’on me prenne pour,une bille. De la même façon, l’autre jour, je parlais avec Lucie qui m’expliquait que Johanne, mon ex amie totalement barrée était mytho. « Oui, elle nous a raconté qu’elle s’était fait violée étant jeune ! ». Quoi ? Je la connais depuis la maternelle, je sais précisément quand et comment elle a perdu sa virginité, vu qu’elle avait la pudeur d’un ver de terre. Bon, alors, je conçois tout à fait qu’un viol, c’est traumatisant mais il me semble que c’est plus logique d’en parler à ses amis proches qu’à des quasi inconnus entre le fromage et le dessert.
En même temps, sa mythomanie n’est pas une découverte : vers la fin, elle me racontait qu’elle voyait des monstres la nuit pour justifier le fait qu’elle passait la nuit chez de parfaits inconnus. Des fois, je me demande ce qui pousse les gens à mentir comme ça. Pour la fille dont je parlais en premier, c’était clairement dans un désir absolu de plaire, elle arrangeait sa vie selon ses interlocuteurs. Pour Johanne aussi, je pense. Sauf que, perso, quand je prends une personne en flagrant délit de mythomanie, j’ai tendance à prendre mes jambes à mon cou. C’est sans doute pour ça que ses personnes sont seules, au fond.

 

Bref, mentir, tout le monde le fait, c’est pas forcément bien mais si ça permet d’éviter certains conflits, ce n’est pas condamnable. Du moment que ça ne devient pas une habitude…

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Du sexe dans mon blog

En ce moment, je lis beaucoup. Je sais pas pourquoi, l’été, moi, ça m’inspire. Bref, je viens d’entamer (enfin, je l’ai fini, déjà…) « la vie sexuelle des magazines » d’Anne Steiger, un livre hautement passionnant, à mon goût. On y découvre un peu les coulisses des rubriques sexo de pas mal de journaux, les bidonnages et tout ça. De là, j’en viens à étendre la réflexion au blog.

 En-amour-les-femmes-ont-elles-change

Depuis le départ, ce blog parle de sexe et puis aussi d’amour mais bon, faut être honnête : en un an, j’ai eu beaucoup plus de sexe que d’amour. Je ne me plains pas, il y a une époque où je me sentais pas d’humeur amoureuse. A nouveau, je me sens pas prête à parler d’un « nous » hypothétique parce que mon pauvre petit cœur a besoin de se soigner mais là n’est pas le sujet de l’article. Donc on a parlé de pas mal de choses, ici, des préliminaires à la brouette. Ceci étant, suis-je prête à tester des trucs rien que pour remplir mon blog ? Vais-je écumer les annonces pour trouver des partenaires de triolisme ou me rendre dans une boîte échangiste juste pour remplir mon blog ? Niet.

 

Dans le livre, Anne dresse plusieurs portraits des journalistes sexo, certains se contentant d’explorer pour faire un article commandé par le rédac’ chef, d’autres militant
ardemment pour un sexe libéré. Par exemple Agnès, journaliste SM revendicatrice, qui crache au passage sur la gueule des Catherine Millet ou Breillat qui véhiculent une sale image de la femme (suis rassurée de voir que je suis pas la seule à penser ça). Moi, je suis pas payée pour écrire mon blog (hélas) donc je ne vois pas l’intérêt de franchir une quelconque ligne de conduite juste pour attraper des lecteurs de plus. Pour les lecteurs les plus anciens et les plus fidèles, vous aurez constaté que si je parle des hommes que je côtoie, je ne parle que rarement des brouettes en elles-mêmes. Et, d’ailleurs, plus je tiens à un mec, moins j’en dis. Non pas qu’il y ait rien à raconter (hihihi !) mais j’ai pas envie de partager ces moments-là avec une autre personne que le jeune homme en question. Ce n’est pas tant une question de pudeur qu’une question de respect, je crois. Et puis même, je suis pas sûre que les lecteurs soient ravis de savoir qu’on a fait l’amour de 15h17 à 15h49 et qu’après des préliminaires riches en jouissance, on a entamé le coït par un sage amazone avant de se retrouver on ne sait trop comment en levrette… Bon, à part les trois du fond qui se paluchent en fantasmant sur Nina, on s’en fout. Et puis d’abord, on se paluche pas en pensant à moi sans autorisation, non mais !

 

Bref, en lisant ce livre, je me suis demandée où était ma ligne rouge. En tant que personne puis en tant que blogueuse. Vais-je aller dans une boîte à partouze juste pour dire
« ouais, moi, je suis une femme libérée, j’ai couché avec plus de 5 mecs en même temps ! ». Bon, je vois pas ce que ça pourrait m’apporter sur le plan humain. Si un jour, l’envie m’en prend, why not ? Mais bon, pour l’heure, c’est pas à l’ordre du jour. Et faire les choses juste pour me donner une image de nana libérée trashy, bof. Mais vraiment bof, j’en vois pas l’intérêt. Je m’en fiche pas mal de pas faire comme les icônes trashs de la littérature ou autre. L’échangisme est à la mode ? Je l’ai jamais suivie, moi, la mode, je vois pas pourquoi ça changerait aujourd’hui. Je ne fais les choses que parce que j’en ai envie, ça me permet de me regarder dans la glace sans rougir.

 

Voilà pour la personne. Maintenant pour le blog. Bon, ici, on parle clairement de sexe et parfois de façon assez « poussée » mais toujours en respectant une certaine
limite. Y a des fois où je me demande : « mais si tu faisais ça, en parlerais-tu ? ». Je crois que tout dépend du ça et avec qui, si ça a changé quelque chose dans ma vie ou pas. Comme tout le monde, j’ai des fantasmes, j’en parle parfois sur le blog. J’ai parlé par exemple du triolisme, mais c’est aussi parce que c’est un fantasme assez partagé et qu’il est intéressant de voir ce que les gens en pensent et, s’ils l’ont vécu, ce qu’ils en retirent. Ceci étant, si j’avais une telle expérience, est-ce que j’en parlerais ici ? Et pourquoi ? Pour faire ma nana libérée qui va au bout de ses fantasmes ? Tant que ce n’est pas fait (si tant est qu’un jour ça se fasse), je ne sais pas. Je crois que si je le fais avec un mec auquel je tiens beaucoup, j’en parlerai pas. Parce que quand j’aime, je partage pas, surtout pas les souvenirs communs. Et puis même, comment en parler ? Comment ouvrir une porte sur mon intimité sans faire dans le racolage gênant ? Tout dépend la façon dont on en parle, certes. Rien ne m’oblige à faire dans le graveleux, j’aime pas ça, de toute façon. Mais si c’est juste pour la ramener, je trouve ça à la limite du pathétique. Ma vie ne se limite pas à mes expériences sexuelles, j’ai beaucoup d’autres centres d’intérêt, il se passe pas mal de choses dans ma vie, même si je n’en parle pas ici. Par exemple, en ce moment, je m’investis beaucoup dans le boulot mais j’en parle pas tous les jours car c’est un peu monotone mes journées, le « lever-petit déjeuner-boulot-déjeuner-boulot-dîner-boulot (ou pas) », les réunions et tout le tralala. Je pense que ça ne passionnerait personne, c’est le genre de petits trucs dont je parle à mes amis mais de là à faire un article, bof.

 

Des fois, j’ai l’impression qu’on est autant dans la surenchère sur les blogs que dans les médias. Ce sera à celui ou celle qui ira le plus loin, qui sera le plus trash, le plus
subversif… Bof, ça m’intéresse pas. Je vous raconte pas mes séances de masturbation, ce que je peux bien faire d’Ernest le gode dans ses moments-là, si tant est que je l’utilise (ça, vous saurez pas)… Parler de masturbation en général est un sujet intéressant (j’en parlerai un jour). Un article « hier soir, je me suis masturbée comme ça et comme ça », je sais pas trop à quoi ça m’avance. Comme si j’étais la seule à me masturber, tiens ! Après, on peut parler des expériences que l’on fait en toute pudeur comme Emma l’a fait avec les boules de geisha. C’est pas pour flatter ma copine que je dis ça mais son article est un modèle du genre : elle raconte de façon claire sans pour autant tomber dans le vulgaire et bêtement racoleur. Il me semble que de tous les articles que j’ai écrit ici, le plus excitant (enfin, au vu des comms) fut celui sur le baiser. Tout simplement. Un truc que tout le monde partage, les plus prudes comme les plus chauds. Je me refuse à aller très loin dans le sexe juste pour en parler sur mon blog. Il y a même des sujets que je ne peux pas aborder. Par exemple, un jour, je parlais à Gauthier de ma première fois et il m’a dit : « non, ça, tu peux pas en parler sur le blog ». Effectivement, je peux pas sans tomber dans le trash et puis, depuis le temps, c’est digéré, je vois pas ce que ça m’apporterait. Et ce que ça t’apporterait à toi, lecteur.

 

Oui, lecteur, c’est aussi à toi que je pense dans ses moments-là. Un an que j’existe sur la blogosphère et je pense que ce que tu aimes chez Nina, c’est pas son côté aventurière du sexe (pas très présent, surtout en ce moment de non vie sexuelle) mais plus le côté « tentative d’analyse des relations hommes/femmes et de la vie des vingtenaires en général ». Je crois, et tu me dis si je me trompe, que tu t’en fous de savoir que j’ai baisé la nuit dernière et dans quelle position (je précise, j’ai baisé avec personne, cette nuit). Et je m’en fous de te le raconter, ça tombe bien. Ce que tu aimes, ce sont les histoires, les « comment on s’est rencontré », « comment ça s’est terminé » (oui, hélas pour moi, ça se termine, des fois), le « ce que ça m’a apporté et pourquoi c’était bien à ce moment-là ». Je crois, lecteur, que ce que tu aimes, c’est l’histoire de deux personnes qui se rencontrent pas juste un pénis et un vagin qui se mêlent (ou autre configuration selon les personnes impliquées).

 

Donc, lecteur, aujourd’hui, je te le dis. Je n’irai pas dans un club échangiste juste pour te le raconter. Je ne coucherai pas avec une fille juste pour te le raconter. Je baiserai pas avec Sagamore Stévenin juste pour te le raconter. Ceci étant, si ça arrive, je vais pas bouder mon plaisir, hein ! Mais je ne franchirai jamais la ligne rouge juste pour attraper deux lecteurs de plus. Je ne vis pas ma vie en fonction de mon blog et je ne vais pas faire des trucs qui ne m’attirent pas juste parce que j’ai rien trouvé de mieux que le sexe pour me mettre en avant. Au fond, je ne suis qu’une fille comme les autres. Et c’est précisément pour ça que tous les jours, tu viens prendre des nouvelles de Nina, lecteur. Me trompe-je ?