Du sexe avec une célébrité : un fantasme à réaliser ?

L’autre jour, j’ai écrit un article dans lequel je parlais de « Sagamore », en référence à Sagamore Stévenin. Oui, c’est pas parce que j’ai pas de moitié en vrai que je ne peux pas parler amour ou autre. Mon fiancé virtuel, avant, c’était Brad mais comme j’ai eu un vrai copain pas virtuel du tout depuis, le nouveau, c’est Sagamore parce que je fais pas dans le réchauffé. Bref, voyant cela, une lectrice me proposa gentiment de me filer les coordonnées de ce monsieur mais je refuse, ne sachant qu’en faire. Car après tout, autant c’est rigolo de fantasmer
sur une célébrité, autant le concrétiser, non.

Bon, imaginons, imaginons. Nina est seule dans son lit, elle imagine de belles histoires de princes charmants et de princesses. Dans le rôle de la princesse, moi, forcément. Dans le rôle du prince… Bon, comme je n’ai aucun plan M pour le moment, prenons un choupinou célèbre, ça fera l’affaire. Donc au hasard, notre ami Sagamore. Voilà un prince doux, prévenant aux attributs royaux conséquents. Oui, comment vous croyez, vous, que prince et princesse « eurent beaucoup d’enfants », par insémination artificielle ? Bon, bref, vous saisissez
l’idée. Bon, comme j’ai beaucoup d’imagination et que j’ai du mal à m’endormir, j’ai le temps de fantasmer, avec plein de scénarii différents et tout.

Un jour, voilà que je me promène dans la rue. « Lalalalala ». Soudain, qui vois-je ? Sagamore himself ! Bon, cette scène est totalement fictive puisque je pourrais croiser mon père dans la rue que je ne percuterais même pas. Mais bon, on continue ! Donc, je croise M. Sagamore et lui, il me remarque aussi, il me propose de boire un verre. Bon, on discute, blabla, puis il me propose un dernier verre chez lui. Bon, comme j’ai plus 15 ans, j’ai pas la naïveté de croire qu’un mec m’invite à un dernier verre juste pour me parler de la pensée philosophie de Kierkegaard. Donc, toute émoustillée, j’accepte. Oui parce que quitte à être dans la supposition, il est acquis que pour l’occasion, je serai épilée, j’aurai mes plus beaux dessous et j’aurai même pas mes règles.

Bref, lui et moi, moi et lui sur un canapé à quand même boire ce dernier verre et ce qui devait arriver arriva, nous nous embrassâmes passionnément avant de finir en brouette. Bon alors, déjà, vous aurez noté que jusqu’à la brouette, M. a un comportement irréprochable. C’est déjà de l’ordre du fantasme. M. étant un peu connu, il pourrait me croiser dans la rue et faire : « hé poulette, ça te dirait de baiser avec une célébrité ? ». Heu… Ben non, là, j’ai pas le temps, j’ai ma casserole de lait en double file ! Bon et même s’il est gentleman, il pourrait être très mauvais amant ou me sortir un « alors, ça te fait quoi d’avoir couché avec une star ?» à peine a-t-il fini de jouir. Heu… Ah, il faut que j’y aille, mon
chat a l’appendicite, là. Bref, entre la réalité, pas toujours glamour, et le fantasme, toujours délicatement sensuel, il peut y avoir une sacrée différence. Non parce qu’on sait jamais, Sagamore, il peut être goujat, SM hard, podophile (non, y a pas de fautes, c’est un amateur des pieds !), petite bistouquette, bande mou, éjaculateur précoce…

Bref le mythe serait brisé. Tu vas me dire, et alors ? Au moins, le fantasme sera réalisé. Ouais mais finalement, j’aurais préféré que ça reste un fantasme car même si la liste de mes fantasmes sur des célébrités sont longues, ça fait chier quoi. En plus, j’ai rien d’une midinette et côté « fan qui couche avec sa star » (à dire avec une voix de pétasse), ça me fait pas triper, il faut être honnête. Déjà quand j’ai reçu le mail de la demoiselle, je me suis demandée ce que je pourrais en faire. Fureter dans son quartier en espérant le croiser ? Je le fais plus depuis mes 16 ans. Et puis j’ai pas le temps. Et puis avec le bol que j’ai, il habitera forcément à l’autre bout de Paris. L’appeler alors ? Ah, j’imagine ça d’ici :

« Allo Sagamore ?
Heu… Oui, c’est qui ?

Je m’appelle Nina et j’ai 26 ans et je te trouve trop trop beau.

Merci. Et ?
Ca te dirait qu’on aille boire un verre un de ses 4 ?

Ah…euh…Je peux pas, je dois m’épiler les genoux. Et puis je suis marié et en plus, je suis podophile. »

Toutes mes répliques sont à dire avec ma voix de pétasse option suraiguë hystérique. Bref, ça pourrait être très rigolo mais la dernière fois que j’ai appelé un mec pour lui déclarer ma flamme (j’avais 16 ans), je me suis pris un vent donc curieusement, la drague téléphonique, je le sens plus trop.

Et puis d’abord, si mon destin est de me taper un jour Sagamore, c’est que nous nous serons trouvés par hasard et pas parce que j’ai joué ma fan hystérique et collante parce que, ça, curieusement, je sens que ça lui plaira pas.

Nous fantasmons tous sur des célébrités, c’est normal. Mais je suis pas la seule à trouver Sagamore (ou Brad ou d’autres) choupinou donc c’est plus marrant de se faire ses films que de tenter quoi que ce soit. Parce que Sagamore, il doit en avoir marre des nanas qui le désirent corps et âme, qui lui écrivent de longues lettres avec des cœurs sur les i et puis tout ça.


Non, c’est définitif : Sagamore, si tu me veux, c’est à toi de te bouger !

 

PS : Sagamore, si tu me lis, sache que je ne pense pas que tu sois équipé petite bistouquette impuissante. Sache cependant aussi que je suis comme St Thomas, je ne crois que
ce que je vois…

Episode 24

Chapitre 16


    Oceany donna son carton d’invitation au robot qui l’autorisa à entrer en allumant une petite lampe verte et en bippant. Elle ne put s’empêcher de sourire : la sécurité était
réduite au minimum, c’était parfait. Ses amis pourraient rentrer sans difficulté. Elle avança et découvrit le théâtre municipal où elle n’avait encore jamais mis les pieds, vu qu’il n’y avait
jamais eu de spectacles. Il avait été bâti  «à l’italienne », avec des balcons richement décorés de frises dorés et de masques souriants et grimaçants, évoquant ainsi la commedia dell’arte.
Mais elle n’eut pas le temps de détailler plus la salle, Mark venait d’arriver à ses côtés et lui prit la main pour l’embrasser.
«  Vous êtes ravissante, ce soir, Oceany ! »
Elle sourit poliment et regarda son costume, une jolie tenue de marin. Il était, certes, très séduisant ainsi, mais elle ne put s’empêcher de penser à Ethan : en quoi allait-il être déguisé ?
«  Merci, répondit-elle enfin. Vous êtes très séduisant, dans cette tenue.
– Merci, j’ai réussi mon but. Charmer la seule femme qui en soit digne d’intérêt : vous.
– Oh, je… merci. J’ai hâte de voir ce ballet.
– Oui, sans doute…si nous allions nous installer ? Nous sommes placés là-haut, au balcon, à la meilleure place, avec mon père et vos parents.
– Oh ! C’est fantastique, mais allez vous installer sans moi. Je dois voir quelqu’un, avant.
– Comme il vous plaira. »
Il sourit et partit en direction du balcon. Il était vraiment charmant et elle avait vraiment du mal à croire qu’il ait pu faire du mal à Kirstie ou à qui que ce soit, d’ailleurs. Elle le suivit un
instant du regard et soupira. Elle n’avait aucune envie de se fiancer avec lui et ce n’était pas très honnête de prétendre publiquement le contraire, mais elle n’avait pas le choix. Elle sentit
soudain une présence derrière elle et sut instantanément que c’était Ethan, elle avait reconnu son parfum.
«  Vous êtes ravissante, ce soir, Mlle Antelwort Geller. »
Elle se retourna et détailla le jeune homme de la tête aux pieds : il portait un smoking noir par dessus lequel il avait mis une cape rouge, le tout accompagné d’un chapeau haut de forme noir et
d’un masque blanc qui ne lui masquait que les yeux et la naissance du nez.
« Vous n’êtes pas mal non plus, M Wadeker, mais en quoi êtes-vous déguisé ?
– Arsène Lupin, gentleman cambrioleur. C’était un héros d’avant, je ne l’ai même pas connu, mais j’ai trouvé le costume très joli.
– En effet. Qu’est ce que tu as fait de ta chère et tendre ?
– Je l’ai semée : elle est déguisée en fée.
– Et ?
– Je préfère ne rien te dire, je te laisse la surprise. C’est pas génial, l’intimité, ici, on va pas pouvoir trouver un coin tranquille pour tous les deux.
– Surtout que je suis la fiancée, je risque de ne pas avoir une minute à moi.
– Et moi qui avais très envie de t’embrasser, je vais être horriblement frustré. A la limite, je peux venir faire un tour chez toi, après, non ?
– Il vaut mieux l’inverse. Je vis encore chez mes parents et ça ne va pas être facile de te faire entrer. Je passerai te faire un petit coucou.
– C’est pas d’un petit coucou que j’ai envie, mais d’un gros câlin !
– Chut ! Ne dis pas ça en public, il ne faut pas qu’on nous entende. On… »
Elle fut interrompue par une arrivée de rubans et de froufrous rose fuchsia au milieu desquels apparaissait Neve, qui aimait bien se ridiculiser en public. Sa robe qui avait la forme meringue que
détestait Oceany était d’un goût douteux et les grandes ailes en plastique irisé menaçaient d’éborgner tout son entourage. Quant à son masque, on aurait cru qu’il avait été peint par une petite
fille de cinq ans ayant une adoration pour le rose.
« Oceany ! s’écria-t-elle d’une vois suraiguë. Je suis ravie de vous revoir ! Félicitations, vous allez faire un beau mariage avec Mark, j’espère que vous aurez vite beaucoup d’enfants.
– Pardon ?
– Je crois qu’il est temps d’aller s’installer, intervint Ethan. A plus tard, Oceany, nous nous croiserons certainement pendant le bal.
– Oui, certainement. »
Elle lui sourit puis partit rejoindre Mark qui était en compagnie de son père, sa belle-mère et Bryan, ainsi que la famille de sa fiancée qui venaient de s’installer. Elle s’assit à sa place, entre
Mark et sa mère et ne put s’empêcher d’admirer le confort de ses fauteuils qui étaient si moelleux. Son futur fiancé se pencha vers elle.
« Ils sont confortables, n’est ce pas ?
– Oui, en effet !
– J’ai tout fait pour que ce soit confortable, ici, intervint Bill, pour inciter les gens à aller au théâtre.
– C’est une bonne idée, mais il faudrait songer à donner des représentations, dans ce cas.
– Ca ne saurait tarder, c’est juste que j’avais d’autres priorités, avant. »
Oceany crut sentir une certaine hostilité dans sa voix, mais elle l’avait un peu cherché. Elle n’avait pas été très aimable avec lui, elle ferait mieux de se rattraper si elle voulait  être
dans ses petits papiers. Elle jeta un œil sur la salle pour constater que toutes les places, ou presque, étaient occupées, puis elle étudia un peu mieux le balcon, admirant les décorations finement
ciselées. Soudain, son regard croisa celui de Kelly et elle frissonna : elle semblait si haineuse ! Elle portait une toge blanche qui semblait d’inspiration grecque, accompagné d’une épée en fer
blanc et d’une balance dorée, assortie à son masque doré joliment décoré. Elle devait être déguisée en justice, quelle drôle d’idée ! Oceany lui sourit et la jeune femme lui rendit son amabilité,
mais elle sentait une menace dans ce sourire, ce qui était ridicule. Elle ne connaissait pas Kelly et n’avait aucune raison de se sentir menacée par elle, après tout, pourquoi lui en voudrait-elle
?
Oceany préféra cependant détourner son attention sur la salle et chercha Ethan, qu’elle n’eut aucun mal à repérer. Il suffisait de rechercher un gros point rose, il était à côté. Ils étaient tous
les deux dans le même cas : obligés de se fiancer à quelqu’un qu’ils n’aimaient pas, pour satisfaire les codes de cette foutue ville. Quelle société pouvait affirmer s’approcher de la perfection si
elle ne respectait pas le sentiment des hommes ? C’était d’une prétention inouïe. Elle aurait tout donné pour passer la soirée seule avec lui, plutôt que de faire des ronds de jambes à ces
personnes dont elle se moquait éperdument. Depuis qu’ils étaient ensembles, ils n’avaient pas eu beaucoup de temps seuls, tous les deux, et elle se sentait horriblement frustrée. Elle avait envie
de passer toute sa vie auprès de lui et de l’aimer jusqu’au bout de la nuit, mais il y avait trop de gens autour d’eux, et pas assez de temps. Elle n’avait à présent qu’une hâte : en finir avec
Technopolis et vivre à fond cet amour naissant et encore fragile.
Une jolie mélodie retentit pour avertir le public que le spectacle allait commencer, puis quelques instants plus tard, la lumière s’éteignit et le lourd rideau en velours rouge se leva. Oceany
ressentit une certaine excitation puérile l’envahir. Elle qui n’avait connu que la guerre ou presque n’avait jamais vu le moindre ballet et elle se demandait ce que ça allait donner. Sa mère lui
avait dit que le Lac des cygnes était très bien, elle l’avait vu étant plus jeune, et elle avait compté les minutes avant le lever de rideaux.
Les danseurs entrèrent sur scène et racontèrent l’histoire de la  jolie princesse transformée en cygne et qui reprenait sa forme humaine la nuit. Elle avait toujours aimé les contes et se
souvenait des froides nuits dans les camps de survivants, quand sa mère leur racontait Cendrillon, la Belle a Bois Dormant ou d’autres histoires de princes et de princesses. Mais là, c’était encore
mieux, la musique était si belle, jouée avec tant de finesse, on aurait dit une musique divine. Quant aux danseurs, des cyborgs, ils étaient d’une grâce étonnante, compte tenu de leur nature, et
semblaient flotter dans les airs. C’était tout simplement magnifique, si fort, si émouvant, elle fut totalement incapable de détacher ses yeux de la scène et pendant toute la représentation, elle
oublia Mark, Oxford, Technopolis et même Ethan, il n’y avait plus que ces robots mimant cette histoire avec de si beaux gestes.
Quand la lumière se ralluma et que le rideau tomba, elle bondit sur ses pieds et applaudit avec chaleur, accompagnant ainsi le public enthousiaste. C’était vraiment une réussite et quand elle
regarda Oxford, il semblait au bord de l’orgasme, tellement il était fier de son œuvre. Elle eut presque honte d’avoir été charmée aussi facilement, mais il ferait mieux de ne pas trop se réjouir,
il n’allait pas tarder à pleurer.
Il sourit à sa future belle-fille, ne se doutant pas de ce qu’elle pensait, puis s’éclipsa pour rejoindre la scène où les cyborgs saluaient encore et prit le micro.
« Merci beaucoup, merci, je suis touché par votre enthousiasme, et je dois avouer que c’était un spectacle magnifique. Bien, à présent, il est temps d’ouvrir le bal, mais pour ça, nous devons faire
de la place, je demanderai donc aux personnes assises en bas de bien vouloir se lever et se mettre sur le côté, merci. »
Il y eut un grand mouvement et chacun se leva pour se pousser, mais la plupart des élitaires étant assez âgés, l’opération prit plusieurs minutes, ce qui amusa Oceany. Technopolis se vantait d’être
la cité parfaite et minutieusement organisée, mais il fallait attendre cinq minutes pour voir tous ces pauvres vieux quitter leur siège. Quand ils furent tous debout, Oxford leva le bras pour faire
un signe et les fauteuils se tassèrent les uns sur les autres pour rentrer dans le mur sous leur balcon, libérant ainsi toute le rez-de-chaussée pour le bal ; il fallait avouer que c’était
ingénieux.
« Bien, à présent, que le bal commence ! Pour ouvrir ce bal, je vais demander à mon fils Mark et à sa nouvelle fiancée, Oceany de venir sur la piste pour lancer la première danse. Bonne soirée à
tous. »
Oceany fut assez gênée à l’idée de danser devant tout le monde avec Mark, mais elle n’avait pas le choix et fit semblant d’accepter avec joie. Ils descendirent au rez-de-chaussée et commencèrent à
valser, peu à peu rejoints par d’autres couples, dont Ethan et Neve. Pendant toute la danse, ils ne cessèrent de se chercher, croisant fugitivement leurs regards et, à la danse suivante, ils
valsèrent ensemble. Elle rapprocha le plus possible son visage de lui et lui chuchota à l’oreille :
« Je sais pas si je vais résister toute la soirée.
– Résister à quoi ?
– A l’envie de t’embrasser.
– Et bien, ne te gêne pas, ça me fera plaisir.
– Je suis la fiancée, je peux pas me lâcher comme ça. Tu as vu les autres ?
– Je les aperçois de temps en temps mais ils bougent tout le temps, c’est pas facile de les repérer.
– C’est plutôt une bonne chose. La sécurité est vraiment minimale, ici, c’est étonnant. N’importe qui peut rentrer.
– S’il est muni d’une invitation, ce qui n’est pas le cas des exclus, sauf exceptions. Je ne vois pas l’utilité de renforcer la sécurité.
– Oxford sait que les exclus peuvent monter ici, il l’a appris à ses dépends, et tu ne trouves pas ça curieux qu’il n’y ait aucun dispositif de sécurité renforcée ? Toute l’élite est ici, ce soir.
Une bombe et tout est fini.
– Tu penses à Maria ?
– En effet. Elle avait un passe pour accéder aux derniers étages et elle est très douée pour les explosifs. Je ne suis pas rassurée du tout.
– Il doit y avoir un truc, Oxford n’est pas un suicidaire. Il a dû prévoir une parade pour éviter tout risque d’attentat.
– Je ne vois pas…attends une minute, ça me fait penser à quelque chose. Mai pensait que la soirée avait lieu à la salle de réception, c’est ce qui avait été annoncé dans les médias.
– Tu crois que c’était fait exprès ?
– Peut-être. Si j’étais Maria et que je voulais faire sauter tout le monde, j’irais donc à la salle de réception et pas ici, c’est logique, mais…
– Mais quoi ?
– Maria savait qu’il fallait détruire les quatre piliers pour anéantir la ville, j’ai peur qu’elle ait fait une bêtise.
– Elle n’est pas suicidaire, quand même.
– Non, elle est extrémiste, c’est pire. »
Il ne répondit pas et l’enlaça plus fort pour tenter de la rassurer, mais elle avait semé le doute dans son esprit. Il ne connaissait pas vraiment Maria, mais il en avait beaucoup entendu parler et
ce qu’il avait appris semblait corroborer les suppositions d’Oceany. Elle était tout à fait capable de tout faire sauter pour tuer Oxford, quitte à éliminer en même temps des milliers
d’innocents.
Le bal continua normalement sans signe d’explosions et ils durent se séparer pour ne pas trop attirer l’attention. Oceany se retrouva donc dans les bras de son fiancé, avant de passer à Nicholas et
de finir dans les bras d’Oxford. Elle fit mine d’apprécier de danser avec lui mais elle était plutôt mal à l’aise. Ce n’était pas courant de valser ainsi avec son pire ennemi.
« Vous êtes très courtisée.
– Pardon ?
– Il me semble que le jeune Wadeker n’a d’yeux que pour vous.
– Ethan ? Oh non, c’est un très bon ami, c’est pour ça. De toute façon, il est fiancé avec Neve Woodart, maintenant.
– Oui, c’est vrai. Vous avez l’air de vous amuser.
– Oui, la soirée est très réussie.
– Et ce n’est pas fini ! Que pensez-vous des rebelles ?
– Quoi ?
– Les rebelles : ces exclus qui sèment la zizanie dans les bas étages en espérant renverser le pouvoir.
– Oui, je sais. Je n’en pense pas grand chose, c’est surtout un mythe, pour moi. On ne risque absolument rien, ici. Quoique…Mark m’a parlé de votre esclave et je me demandais si nous étions en
sécurité, ici. C’est très facile de rentrer ici et je crains un attentat.
– Ne vous en faites pas, j’ai tout prévu. J’avais donné un mauvais lieu de réception, pour éviter tout risque et j’ai bien fait.
– Pourquoi dites-vous ça ?
– Certains petits oiseaux imprudents se sont retrouvés enfermés dans la cage.
– Qu’est ce que vous voulez dire par-là ?
– Vous n’allez pas tarder à le savoir. D’ailleurs, je dois m’éclipser, excusez-moi, charmante enfant. »
Il lui baisa la main et partit en direction de la scène, la laissant seule. Qu’est ce qu’il avait bien pu vouloir dire ? Elle regarda autour d’elle, aperçut deux des rebelles mais ne put savoir
lesquels et aperçut enfin Ethan en compagnie de sa fiancée. Elle se précipita vers lui et demanda à Neve de les laisser, ce qu’elle fit avec plaisir. Les bonnes relations entre Oceany et son fiancé
allaient l’aider à accomplir ses desseins.
« Qu’est ce qu’il se passe ? demanda-t-il à voix basse. Tu es toute pâle.
– Je crois qu’Oxford a attrapé l’un d’entre nous, mais je ne sais pas qui, je les ai cherchés mais j’en ai vu que deux, il y a trop de monde.
– Qu’est ce qu’il te fait dire ça ?
– Il m’a expliqué qu’il avait donné une mauvaise information sur le lieu, puis il a ajouté : j’ai bien fait, des oiseaux sont rentrés dans la cage ou un truc comme ça.
– Ca ne peut pas être l’un d’entre nous, puisque personne n’est allé là-bas.
– Oui, c’est vrai, mais il vaut mieux qu’ils disparaissent immédiatement, allons les prévenir.
– OK. »
Ils se séparèrent mais Oceany n’eut pas le temps d’aller bien loin, elle fut stoppée par Kelly qui se posa devant elle.
« Vous ne dansez pas ?
– Non, je cherche…mon petit frère, pour savoir comment il va.
– Bien, il est juste là, en train de jouer avec des enfants de son âge. Il est très mignon, habillé comme ça.
– Je trouve aussi. Excusez-moi, je dois partir.
– Pourquoi êtes-vous si pressée, nous avons toute la soirée.
– Oui, mais…
– Restez ici, c’est la meilleure place.
– La meilleure place pour quoi ?
– Chut, ça va commencer. »
Oceany cligna des yeux et regarda son interlocutrice, d’un air curieux : de quoi parlait-elle donc ? Ca ne lui plaisait pas du tout, cette histoire, elle sentait que ça allait mal tourner. Les
lumières s’éteignirent sauf deux spots qui se braquèrent sur la scène où Oxford apparut, le sourire aux lèvres.
« Mes chers amis, mes chers citoyens, je vous ai préparé une surprise pour ce soir, un spectacle digne des plus grands Rois ! Comme vous le savez, cette ville  compte parmi ces citoyens
quelques…hum…brebis galeuses, dirons-nous, qui ont décidé de semer la panique. Mais je ne vais pas les laisser faire, ils n’ont pas le droit de menacer votre bien-être et votre bonheur. Alors, ce
soir, devant vous, je vais leur donner une leçon. Cette soirée restera dans les mémoires comme celle qui a marqué le début de la paix totale dans cette ville. Rideaux ! »
L’étoffe se leva lentement pour laisser apparaître un drôle d’accessoire lourdement décoré de torsades dorées et d’ornements grotesques, si bien qu’elle ne sut dire ce que c’était. Puis une
demi-douzaine de robots accompagnés de Bryan entrèrent sur scène en tirant une cage dans laquelle se trouvait une femme, qu’elle reconnut immédiatement : Maria. Elle cessa de respirer un instant,
mais reprit vite ses esprits. Kelly était juste à côté d’elle et elle ne devait pas se trahir, mais il fallait agir vite : elle devait retrouver Juan et le faire sortir immédiatement. S’il voyait
sa sœur souffrir, il allait perdre la tête et pourrait agir dangereusement. Elle fit un pas en arrière, mais Kelly la retint par le bras.
« Où allez-vous donc ? C’est la meilleure place, ici.
– Qu’est ce que vous allez lui faire ?
– La guillotiner.
– Quoi, mais c’est atroce !
– C’est le sort réservé à tous les rebelles, même pour ceux qui font partie de l’élite.
– Excusez-moi, je ne veux pas que mon frère voit ce massacre. »
Apparemment, Kelly savait qui elle était exactement et c’était très dangereux. C’était elle qui  tenait les rênes et non pas son mari. Il fallait donc agir comme si elle n’avait pas saisi le
sous-entendu ou, mieux encore, si elle ne s’était pas sentie visée. Elle fendit la foule et retrouva Ethan qui regardait la scène, médusé.
« Trouve les autres et neutralise Juan, il doit partir immédiatement.
– Qu’est ce que c’est ?
– Une guillotine.
– Oh mon Dieu, on doit faire quelque chose.
– On ne peut rien faire, Kelly m’a à l’œil. Elle sait que je fais partie des rebelles, mais j’ignore comment. De toute façon, si on tente quoi que ce soit, on y passera aussi, on est dans
l’impasse.
– Alors, on va la laisser mourir.
– On n’a pas le choix, malheureusement. Bon, dépêche-toi.
– Et toi, qu’est ce que tu vas faire ?
– Je vais empêcher Oliver de voir ça. »
Elle repartit en direction de son frère et le trouva enfin. Apparemment, il n’avait pas compris ce qui allait se passer et ce n’était pas plus mal. Il était trop jeune pour être confronté à la
mort, c’était déjà miraculeux qu’il ne soit pas souvenu des atrocités de la guerre qui avait émaillées ses premières années.
« Hé, Oceany, c’est quoi, ce spectacle ?
– Quel spectacle ?
– Le truc, là, sur la scène.
– Ce n’est pas un spectacle, ce n’est pas pour les enfants.

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Le bonheur n’’est pas une fatalité

Y a des fois où je m’exaspère toute seule. Pourquoi ? Tout simplement parce que je me rends compte que j’ai une phobie du bonheur. Ca peut paraître curieux dis comme ça mais je vais vous expliquer.

 peur-du-bonheur

Mois de mai. Le soleil revient dans ma vie : en plus d’avoir trouvé du boulot, je me trouve un compagnon charmant et le tout sans avoir cherché (enfin le boulot, si, quand même, mais j’avais pas postulé chez eux). Donc forcément, ça va couiller dans le potage. En plus, j’ai à peine fini mon contrat que paf, on me propose un stage et que je suis prise. Va forcément y avoir une merde. Et hop, alors que ma vie professionnelle s’envole, je subis une rupture amoureuse. Bon, ça n’avait rien à voir avec mon état d’esprit de « va y avoir une merde », je vous rassure, je ne suis pas le genre de filles à dire à mon mec : « non mais de toute façon, tu vas me quitter parce que j’ai trouvé du boulot ». Parce que là, je pourrais comprendre que le mec se barre en courant !

Par moment, je me désespère quand je pense à mon mode de pensée : mais pourquoi ce fatalisme ? Bon, ça vient sans doute de ma mère, on sait très bien que quand tout va bien, ça va mal aller quelque part. La semaine où j’ai appris que j’avais mon boulot, qu’Anthony était pris aux pompiers de Paris et que ma sœur avait une prime, on a limite sabré le champagne quand quelqu’un a essayé de piquer la voiture de ma sœur. Bon, super, la cata a eu lieu, on peut desserrer les fesses. Optimisme, quand tu nous tiens.

En ce moment, dans ma vie, tout va insolemment bien : après mon stage qui finit en septembre, je devrais direct enchaîner sur un nouveau contrat qui va me tenir au moins jusqu’en janvier, un vrai boulot, cette fois-ci mais je n’en dirai pas plus. Mon avenir professionnel a soudain un horizon tellement éclairci que je me dis que c’est même pas la peine que j’envisage une vie privée épanouie. Et je me dis que ce genre de raisonnement est stupide. Quand je regarde en arrière, il y a bien des périodes dans ma vie où tout me réussissait. Pendant mes quatre ans et demi avec Guillaume 1er, j’ai validé trois diplômes (presque quatre), j’ai réussi pas mal de choses. Mais je ne parviens pas à croire que la vie peut être parfaitement rose.

J’en parlais l’autre jour sur MSN avec un gars qui a attribué ma façon de penser à mon éducation catho. L’idée est que, en gros, pour mériter le bonheur, il faut subir des épreuves. Que le bonheur, ça se partage, une personne ne peut pas tout focaliser sur elle. Si je regarde ma vie ces six derniers mois, je dirais qu’il y a eu vraiment une sale période entre janvier et mars, à peu près, puis tout à coup, un formidable mieux : un boulot puis un stage et c’est pas fini ! Dois-je en conclure que ma période de chômage m’a servi à apprécier ma nouvelle vie active ? En gros, l’ivresse des sommets ne vaut-elle qu’après une ascension pénible et périlleuse ? C’est vrai que jusqu’à présent, j’avais eu une chance insolente dans ma vie étudiante et professionnelle. Je voulais un stage ? J’envoyais deux lettres et je l’avais. Je voulais un mec ? Ah ben non, j’étais avec Guillaume donc pas de soucis de ce côté. La santé ? Aucun souci ! Un partiel mal révisé ? Pas grave, je savais toujours sur quoi ça allait tomber, toujours sur ce que je savais le mieux. Une dose de chance, une dose de démarches au bon endroit au bon moment et tout allait pour le mieux. Jamais peur de rien, tout finissait toujours par me sourire.

Aujourd’hui, après une période de galère, ma vie professionnelle s’arrange au-delà de toutes mes espérances. Donc si, demain, je trouvais un mec tout parfait et tout (ce qui m’étonnerait, vu ce que je peux m’occuper de ma vie privée en ce moment), je vais serrer les fesses en attendant la cata. Rupture de contrat ? Rupture amoureuse ? Décès ? Accident ? Limite, je vais aller faire du roller pour me casser un bras toute seule comme une grande.

Donc je parlais de ça au gars sur MSN et il me fait une remarque extrêmement judicieuse. Je ne prends pas le problème dans le bon sens. Quand je suis en période de lose, je vois tout en noir et je me demande quelle catastrophe il va encore m’arriver car la lose attire la lose. Donc, réciproquement, le bonheur doit attirer le bonheur. C’est tellement logique en plus. En ce moment, je suis très heureuse de ce qu’il m’arrive niveau professionnel donc je suis épanouie, donc je suis jolie donc je pourrais même trouver une moitié (même si en fait, j’ai pas du tout envie de tomber amoureuse pour le moment). Dans l’autre sens : quand on est amoureuse, on se sent indestructible donc on va se défoncer au boulot et réussir. On sera de bonne humeur et nos amis nous trouveront de bonne compagnie, notre famille nous trouvera bonne mine… Le bonheur attire le bonheur, c’est mathématique.

En plus, encore une bonne nouvelle hier : les résultats sanguins de ma mère sont très bons. Donc on ne sait toujours pas si elle a un lupus ou pas mais il semblerait que la menace s’écarte, même si le médecin lui a expliqué qu’elle avait un terrain favorable. C’est génétique. Et j’ai appris que, du coup, je pouvais l’avoir aussi vu que je souffre aussi d’une allergie au soleil. Me demandez pas le rapport, j’ai rien compris non plus. Mais bon, les nuages se dissipent aussi de ce côté-là.

Donc j’ai tout pour être heureuse en ce moment, alors pourquoi guetter le nuage qui pourrait pointer le bout de son nez ? Forcément, à un moment, il m’arrivera une tuile, comme à tout le monde, c’est inévitable. Mais pour le moment, tout va bien alors pourquoi s’en faire ? Je dois profiter de ma bonne période. Après tout, moi aussi, j’ai droit au bonheur, je dirais même que j’ai pas mal d’atouts dans ma manche pour y arriver. Tout le monde me dit que je suis une fille bien et talentueuse et en plus, paraît que je suis miaou miaou (c’est pas moi qui le dit, hein !). Alors pourquoi faut-il toujours que je doute, que je pense que les choses biens m’arrivent en prémisse d’une grosse claque ?

Allez, on se détend, et on profite. Demain, je joue au loto

La stratégie du dérivatif

Une rupture douloureuse ? Une envie de vous arracher le cœur de la poitrine et de lui donner un grand coup de pied pour l’envoyer valser loin, loin ? Un désir de se frapper la tête contre les murs pour faire un coma et oublier ? Ne cherchez plus, nous avons la solution : le dérivatif.

Oui, bon, ok, on le sait que j’ai raté une carrière dans la pub, je vais arrêter de me la ramener à ce sujet. Mais bon, je continue quand même mon publireportage sur le dérivatif. Alors, qu’est-ce que le dérivatif ? Alors voilà, imaginons que Sagamore me quitte (‘foiré, va !), j’ai le cœur en lambeaux, les seuls trucs qui passent par ma bouche sont la fumée de ma clope et de l’alcool pour oublier, je pleure, je dors, je pleure, je dors… Oui parce que je trouve que pleurer, ça fatigue, quand même, plus que de rire. Vous en conviendrez,
je ne peux rester dans cet état. Bon, passé la période où je cogne tous les mecs mignons car ce sont de potentiels briseurs de cœur, des connards parce que « tous des connards » (oui, curieusement, la tristesse semble aussi affaiblir notre capacité à raisonner de façon à peu près intelligente), il faut que je me prenne en main. Et c’est la qu’intervient le dérivatif.

Le dérivatif est un concept simple qui regroupe des tas de choses. Le dérivatif, c’est LE truc qui rendra votre blues post-rupture plus supportable. Le dérivatif, ça peut être du sport (comme Die Die). C’est d’ailleurs une bonne chose. Parce que d’abord, quand on fait du sport, le corps délivre des endorphines qui rendent heureux. Et puis il faut comprendre aussi qu’on restera pas l’ex de mais qu’on peut potentiellement être le (ou la) futur(e) d’un(e) autre. Donc un esprit sain dans un corps sain, ça aide. Mais bon, pour les plus feignants d’entre nous, on peut choisir autre chose : un projet professionnel (ça occupe la tête), l’écriture (ça libère), une autre personne… Enfin, chacun choisit selon ses affinités. Mais non, la drogue et l’alcool ne sont pas des dérivatifs.

 

Quand j’ai rompu avec Guillaume, j’ai d’abord passé un week-end à dormir. Bon, ma mère m’avait filé des cachets pour mais comme je prenais des anti-allergiques en plus, je me levais pour me recoucher aussi sec, épuisée. Ca m’a bien aidée à réviser le partiel que j’avais quelques jours plus tard (où j’ai obtenu un brillant 5/10, note très honorable quand on sait que j’ai séché la moitié des cours et que le prof avait filé le même sujet que l’année précédente, là où on avait tous fait impasse)… Bon, une fois les partiels terminés, je me suis lancée à corps perdu dans la recherche d’un stage. C’est con mais une quinzaine de lettres de motivation écrites à la main, ça vous occupe une Nina. Le stage ayant été décroché, il me restait un mois de vacances. Et là, je me suis lancée à corps perdu dans le sport (aquagym et stepper) et dans la confection de bagues en perles. Oui, ok, j’avais plus 15 ans mais ça aussi, ça vous occupe une Nina.

C’est fou comme dès que je subis une rupture, une fois les larmes séchées, je me lance à corps perdu dans une activité à tendance professionnelle. Oui, c’est pas parce que ma vie privée est pourrie que je dois gâcher ma vie professionnelle. Donc soit j’en profite de chercher du boulot, soit je me défonce dans celui que j’ai déjà. Oui, le boulot, c’est bien, ça vous remplit la tête en un temps record. Mon cœur est tout brisé ? Mais que c’est passionnant la problématique de la place des jeunes dans la société ! Si, si !

 

Alors, là, j’entends des voix s’élever. « Oui mais tu ne fais qu’ignorer le problème au lieu de le résoudre ». Tut tut tut ! C’est pas tellement le but du dérivatif. Enfin, si, un peu. Une rupture, c’est jamais agréable que l’on en soit responsable ou victime. Il faut certes en tirer les conclusions qui s’imposent et en faire son deuil. Mais à trop s’appesantir sur la question, on risque de noircir le portrait. C’est du : « bouh, mais pourquoi il/elle m’aime pas ? Je suis horrible, détestable… » ou « je suis un monstre incapable d’aimer mais qu’est-ce qui cloche chez moi ? ». Des fois, entre deux personnes, ça le fait pas et c’est tout. Ca fait mal, c’est sûr. Mais à trop chercher les causes, on en trouve des mauvaises. C’est comme tout problème. Des fois, à trop se pencher dessus, on ne voit pas la solution alors qu’elle est toute bête.

Par ailleurs, une rupture renvoie toujours une mauvaise image de soi, c’est quand même un échec. S’épanouir dans autre chose, c’est aussi se prouver qu’on n’est pas un bon à rien dans tous les domaines, c’est retrouver une estime de soi dans un autre domaine que celui où on a « failli ». Ok, il m’aime pas mais je réussis dans mon boulot et même que je peux faire une demi-heure de rameur sans claquer d’une crise cardiaque au bout d’une minute. Ok, me revoilà célibataire mais comme je suis douée avec mes perles ! Enfin, bref, vous saisissez l’idée, on va
pas y passer trois heures.

Mais attention, il faut bien choisir son dérivatif. Celui qui consiste à se consoler dans les bras d’un autre mec ou d’une autre fille peut s’avérer dangereux. Après la disparition d’Arnaud dans ma vie, je me suis jetée à corps perdu dans plein de bras différents (enfin, plein, faut pas exagérer non plus) pas toujours avec grande réussite. J’ai donc eu droit à la bise
post-fellation de Benoît, un grand moment de solitude qui n’aide pas à regonfler son ego. Après la fin de ma relation avec Guillaume II, j’ai plutôt choisi l’abstinence et la recherche active d’emploi et je m’en suis pas forcément plus mal portée. Actuellement, je suis en phase de « j’ai pas envie de retomber amoureuse, mon cœur est encore trop fragile », ce qui ne veut pas dire que je suis pas capable de donner tendresse et affection à un homme mais de l’amour, non. Or il faut jouer carte sur table dès le départ car se foutre avec quelqu’un juste par dérivatif, c’est risquer que l’autre tombe amoureux de vous (ben, quoi, ça peut arriver) et briser le cœur de quelqu’un d’autre. Pas bon pour l’ego ni pour le moral donc mauvais dérivatif. Et puis en plus, c’est vexant pour une personne de savoir que l’on sort avec elle juste pour oublier quelqu’un d’autre. Moi, j’aimerais pas, en tout cas.

Bref, le dérivatif, c’est en quelque sorte une façon de reprendre sa vie en main et d’éviter de ressasser toujours les mêmes idées noires. Et ce qui est bien avec le dérivatif, c’est qu’on peut même en avoir plusieurs, aucun risque d’overdose !

 

Et après… ? (nos murs 2, le retour du come-back !!!)

Par Mister Big

Vous croyez que je vais faire dans le réchauffé ? Gagné ! Enfin, presque… la base est la même : le mur, mais pas la suite… On a déjà parlé de nos murs… Mais on n’a pas encore abordé ce qui va se passer après… Vu la propension de murs qui affleurent en ce moment, vous êtes en droit de vous dire qu’en automne, saison déjà propice à la déprime, les Vingtenaires vont tous passer du côté sombre… Genre « je crois plus à la vie, j’en ai marre… tous des connards, etc etc… »

Que nenni ! Pas dans mon cas, au moins… Déjà : je change de boulot… ça me fera déjà une raison de me changer les esprits… C’est que, même pour un petit sex-shop, y’en a des références à connaitre ! Vais passer mon premier mois à mater de la bite en plastique et des jaquettes d’un autre monde, je pense… Sans avoir tout à mémoriser, ça va me faire du boulot de tout « connaitre »… Et ça me fera des sujets d’articles, aussi, je pense, qui seront loin d’être déprimants !

Mais ce n’est pas tout… Dans mon cas, il y a deux dénouements possibles : soit mon cher et tendre va me dire avant de partir dans le pays du pudding « c’était bien sympa… on se téléphone et on se fait une bouffe à mon retour en 2024, hein ? », soit il va me dire « et sinon, tu as quelques choses contre l’avion ? » qui annoncera bien des WE londoniens pour ma personne… Honnêtement, je n’ai aucune idée sur le choix qu’il fera : il est quelque peu plus jeune que votre serviteur (oui oui ! je pique le créneau des petits jeunes à Gauthier, maintenant !) et il n’a peut-être pas envie de s’enchainer à un vieux croulant de 26 ans comme moi ! Mais d’un autre côté, on a l’air d’être si bien ensemble… allez savoir ! J’ai encore un mois à passer avant de le savoir… Tout peut arriver en si peu de temps !

Bref… Ca, c’était pour mon mur à moi… Scoop : Océane vient de voir le sien de très prés !

Hé oui, son chéri à elle doit partir précipitamment… Elle vous en parlera plus longuement plus tard, si elle en a envie… Emma, dont j’avais oublié le penchant pour la maçonnerie à grande échelle, vient de nous pondre une de ces murettes, elle aussi ! Là, elle prépare son ciment… On verra jusqu’où elle le montera, celui là ! Pareil, si ça lui chante, elle vous en parlera bien un jour ! Ca risque de virer au roman, avec elle, mais bon… Gauthier ? Heu… joker ! Ca a beau être un vieux mur, il promet de bien se le manger encore une fois… En gros, Septembre sera le mois des murs pour la plupart des vingtenaires… Devrions-nous monter un club ou un comité muresque ? Probablement !

Tout ça pour revenir au sujet de départ : et après ? Qui ne se l’est jamais mangé, le mur ? Même le plus puceau des puceaux qui a déjà dépassé les 20 ans a déjà mangé son mur (ben ouais, sinon, serait plus puceau !!!). Là, il y a différentes façons de réagir… Si vous lisez ce blog, c’est que vous devez aussi regarder Desperate Housewives… Si ce n’est pas le cas, MAIS KESTUFOUICIALORS ??? Ce sont nos idoles… Bref… On peut donc réagir à la Susan : s’assoir et pleurer… C’est assez fréquent comme façon de réagir, mais qu’est-ce que c’est chiant pour l’entourage… J’ai du avoir ce genre de réactions, à ma façon, quand j’étais plus djeuns… Après, on peut aussi se la jouer « tout va tréééés bien » ! Ca, c’est plutôt la réaction qu’adopte la plupart des vingtenaires… enfin, ceux que je connais ! Océane, Gauthier, Nina, Emma, Moa, etc etc… Ce n’est pas qu’on ne souffre pas, mais on fait comme ! On a des envies de mourir, mais on ne les montre pas… On blague sur le sujet, on fait ceux qui en rigole, on lance des « j’ai juste une tite envie de mourir/tite envie de le tuer (suivant les cas de figure), sinon tout va bien ! » Mais comme on se connait bien, à force, on le sent chez l’autre… Et là, on s’organise ! Réseau de soutiens psychologique invisible mais bien présent… Ca se traduit par quelques coups de fils supplémentaires, par un café de temps en temps, etc etc… pas assez pour faire comprendre « tu es déprimé, on est là » mais juste un peu plus de présence pour que le vingtenaire malheureux se sente épaulé…

Il existe aussi des gens qui ne ressentent rien. Ceux-là, je les plains… Au lieu de souffrir, de pleurer, de déprimer, ils prennent leur dérivatifs préféré (jeux, net, alcool, autre et plus si affinité !) pour ne plus y penser, tout simplement. Mais le déni, ça n’aide pas. Bien au contraire… Puis il y a ceux qui souffrent mais se noient dans leurs dérivatifs ! Les traditionnels bouffe/alcool/drogues… Ceux là aussi, je ne les envie pas ! C’est un signe de solitude extrême… que ce soit volontaire (je m’isole de tout le monde et je ne me consacre plus qu’à ma bouffe, par exemple) ou involontaire (à la Mikeline, seule chez elle, sans amis, même son chat s’est pendu…). Tout ça pour dire qu’il n’y a pas qu’une façon de réagir, mais que chacun a la sienne… Mais au final, laquelle est la meilleure ? Y’en a-t-il une plus à propos que l’autre ? Celle que la plupart des vingtenaires adopte me semble être la meilleure, mais est-ce bien le cas… ?

Mon nouvel amant

Ma vie sexuelle ressemblant actuellement au désert de Gobi, il était temps de prendre les choses en main. Sans mauvais jeu de mots. J’ai donc décidé en mon âme et conscience de faire entrer dans ma vie un nouvel homme : Jack.

 


 

En réalité, Jack n’est pas un individu, Jack est un vibro rose, celui de Sex and the city. Oui, c’est glamour un gode rose avec des perles en plus, comme il est tout mimi ! En fait, je parlais gode avec un homme sur MSN l’autre jour, je lui parlais d’Ernest. Là, je me rends compte que Jack est en vente sur le site pour la modique somme de 42.90 euros. Quand on sait qu’en magasin, c’est du 70 euros minimum, je n’ai pas hésité longtemps. J’ai donc commandé Jack alors que j’étais encore chez mes parents, pour qu’il arrive juste après moi.

J’avoue ne jamais avoir fait ce genre d’achat sur le net, le jeune homme m’explique que le magasin virtuel sur lequel je l’ai trouvé est très discret, c’est bien pratique. Bon, honnêtement, je m’en fous, moi, je les connais pas à la Poste donc même s’il y a écrit en gros « sexshop » sur le colis, je m’en fous. Mais j’hésite un peu. Pour deux raisons : d’abord, j’ai peur que Jack soit décevant. A 43 euros, c’est pas dramatique, certes, mais j’avais peur de détruire le mythe. Et puis, y a Ernest. Ernest le fidèle, celui que j’ai depuis presque deux ans. Ernest, tu es petit et tu te contentes de vibrer là où Jack gigote, tourne dans un sens et dans l’autre et a même un frotte-clito. Bon, toi, Ernest, tu es doré, c’est plus élégant qu’un rose pâle, je sais, je suis d’accord. Mais tu as fait ton temps. Mais rassure toi, Ernest, je reviendrai vers toi de temps en temps. En matière de gode, je ne suis pas très fidèle.

Bref, je me décide. Je vais sur le site et choisit mon petit Jack. Oui, je le veux en rose. Je rajoute des boules de geisha tant que j’y suis. Il est temps de passer à la caisse, aïe. Là, le site m’informe gentiment que le retrait sera à l’ordre de « société pouet-pouet », sans aucun rapport avec le sexe. Ah ben voilà que ça m’arrange. Non pas que j’ai honte d’acheter ce genre de produits mais ma nouvelle conseillère financière est une hystérique qui m’envoie une lettre tous les mois pour me dire que j’ai dépassé mon découvert autorisé d’un rien (et parfois même pas, d’ailleurs) alors que j’ai plus de 8000 euros dans mes comptes épargnes. Mais bon, je pense que si elle avait vu que j’ai dépensé 60 euros dans un sex shop virtuel, je l’aurais tuée… Mais bon, ces gens là sont des pros de la discrétion. Aucune trace du type de l’achat, je note.

Bon, deuxième étape. Aller chercher Jack à la Poste. J’étais habituée à chercher des hommes à la gare, là, j’innove. Je suis excitée comme une puce (sans mauvais jeu de mots). Dans quelques instants, Jack sera mien. C’est sans compter que la poste, chez moi, c’est pas des pressés. Bon, déjà, cette poste, elle est vieille et moche, mon pauvre Jack ici ! Je commence à faire la queue (toujours sans mauvais jeu de mots) mais ça traîne. Il faut savoir que dans ma Poste, ils doivent les sélectionner en fonction de leur hypotension, c’est pas possible autrement. Et puis le look, on se croirait au camping de St Tropez, ça m’étonne qu’aucun n’ait un tatouage représentant Johnny sur le bras. Et là, c’est le drame : déjà qu’ils passent dix minutes par client, voilà que le système informatique tombe en panne. Bon, j’ai déjà bossé à la Poste, je sais que ça arrive. Donc les guichetiers se cassent, y a plus personne et je commence à m’énerver. Quand l’un d’entre eux revient, je lui saute dessus : « c’est pas parce que l’informatique ne marche plus que vous pouvez pas délivrer les colis ! ». C’est comme un homme qui arrive en retard à un rendez-vous, ça nous rend dingue. Je Veux délivrer mon Jack de cette foutue Poste, je vais pas me laisser faire ! N’empêche que grâce à mon coup de gueule, le guichetier se traîne jusque dans l’arrière salle pour aller chercher l’employée amorphe qui a la grâce d’un gastéropode et qui attend avec langueur la fin de la journée et coche sur un calendrier tous les jours qui la séparent de la retraite. Elle met donc sa dizaine de minutes pour servir tous les gens qui viennent chercher leur colis mais enfin, je récupère le mien, je salue tous mes collègues de galère qui me remercient pour mon coup de gueule et je m’en vais.

Arrivée chez moi, je jette mon sac et ouvre le colis. Jack est là, dans sa boîte psychédélique rose et bleue. Il fait 18 cm pour 3.5 cm de largeur, il est donc long mais fin, pas forcément très impressionnant… Je le sors de son emballage et là, constatation. Jack, tu pues le latex. Tu es beau, rose transparent, avec tes petites perles. Tu es tout doux aussi. Mais cette odeur de latex, c’est pas le top, Jack. Bon, c’est pas grave, cette odeur finira par partir. Tu n’as pas de piles, encore, je t’en mets et j’appuie sur les boutons. Y a une mollette qui s’appelle « vib », je suppose que c’est le diminutif de vibration donc je mets la mollette à fond et là… Tu te mets à clignoter. Mince, je savais pas que tu faisais ça, Jack, que tu pouvais aussi me servir de spot de boîte de nuit… Bon, j’avoue que la fonction est rigolote, c’est bien pensé, tu clignotes à la base des perles et sur le vibre-clito (qui n’est pas ce que je préfère de toi, il faut le dire), comme ça, même quand tu es au-dedans de ma personne, tu continueras à éclairer. Non parce que mon vagin, il s’en fout que tu clignotes, il faut dire ce qui est.

Bon, alors du coup, pour régler les vibration, je dois tourner la mollette « swing ». C’est parti ! Les perles tournent et le gland aussi. Seigneur, aucun mec ne fait ça en vrai ! Je peux même changer le sens de rotation en pressant un bouton… Il faudra que je vois si je préfère si tu tournes vers la droite ou vers la gauche…

Bien, Jack, maintenant que je t’ai vu et que j’ai appuyé sur tous les boutons, que j’ai vérifié sur la notice d’emploi qu’il n’y avait rien de particulier à faire avant la première utilisation (on ne sait jamais), il est temps de passer aux choses sérieuses. Viens, allons sur mon lit, il est temps…

Malheureusement pour toi, lecteur, l’article s’arrête ici !

Encore un peu de chile (Mexique, volume 3)

Par Tatiana

Le 16 avril

Aujourd’hui c’est l’anniversaire d’une de mes meilleures amies de bac a sable. On s’est connues à la maternelle. C’était juste une dédicace en passant, qu’elle ne lira pas d’ailleurs vu que je ne lui ai pas donner l’adresse du blog. Mais bon au moins vous voyez que je suis une bonne amie.

Bienvenus au Mexique. Hier soir début de la feria à Aguascalientes. Ca dure un mois, et rassemble les mexicains de tout le pays. J’ai eu l’occasion de voir la culture mexicaine de plus près du coup. La feria c’est du 24/24 dans le centre ville où ils ont tout reconstruit exprès, même les super marchés sont rajoutés. C’est assez bizarre on dirait des faux décors un peu comme à disney : welcome to disneyland Mexico ! On fait le tour des stand et que de la nourriture, alors qu’on pensait y trouver un peu d’artisanat. Cela dit le meilleur est pour le soir, là où tous les jeunes Mexicains sortent. C’est un peu la seule période de l’année où ils peuvent un peu se lâcher les pauvres. On rejoint notre coéquipière de voyage qui était déjà avec des amis à elle. Bon, dans une boîte (bof) vu que bien sûr dans cette ville ils ne connaissent pas les bars, pubs ou autre endroits sympas. Ici la musique c’est techno ou typique mexicain genre mariachis et Cie. J’avais déjà pas l’impression d’être un morceau de viande sur le chemin mais alors là c’est l’apothéose. Je crois que je devais avoir un écriteau « en promotion aujourd’hui » sur le front. Etre une fille au Mexique c’est un peu le calvaire des fois, ils sont très machistes là-bas et donc considèrent qu’ils ont parfaitement le droit de nous dévisager tout le temps, de sous siffler et nous interpeller de manière totalement pas du tout flatteuse. Le pire c’est que vous ne pouvez même pas protester, ils seraient capables de vous en coller une. Autre travers de la mentalité mexicaine : fierté poussée à l’extrême. Ils ne supportent aucune critique de leur pays, ils n’y a qu’eux qui ont le droit d’en dire du mal. C’est normal qu’on n’aime pas qu’on critique son pays mais si par exemple ils disent un truc négatif sur leur pays et qu’on dit qu’on est ok, ben ça ne leur plaît pas. Ce soir là donc je parle avec un mec et il me demande si j’aime le Mexique, ce à quoi je réponds que ça ne fait pas encore assez longtemps que je suis là pour émettre une opinion (ce qui est vrai je suis la depuis 4 jours merde !). Là, déjà j’ai pas marqué de points. On continue à parler, de sa famille, du reste. Et vu que justement sa famille habite aux USA, il me demande si j’aime. Je prends des pincettes quand même, et je dis que c’est un beau pays blabla, mais que je n’accroche pas trop avec la culture américaine. Là, il me sort cash (alors qu’il n’a jamais mis les pieds en France et qu’il ne connaît pas beaucoup de Français), que de toute façon en France nous sommes étroits d’esprit. Le mec on s’est parlé en tout 5 min et il me sort ça ! Jamais j’aurais dit un truc pareil moi, j’hallucine. Ben merci, moi aussi je suis enchantée de te connaître. En tout cas il doit aimer les gens étroits d’esprit puisqu’il m’a collée toute la soirée. Genre je me frotte à toi en te faisant des regards qu’il pense sexy et que moi je vois alcoolisé et débile. A la fin j’osais même plus le regarder, j’avais peur de mettre à rire (remarque j’aurais peut être dû), ou qu’il tente un truc. Bon, parce que le pauvre jeune homme il est pas hyper sexy, comme tous les mexicains quasiment. Il paraît qu’il y en a des beaux, moi j’en ai pas vu. J’ai vu des mecs normaux mais pas beaux. Et puis dans cette ville je crois que c’est pire qu’ailleurs, j’ai jamais vu autant de mocheté dans un seul et même endroit. Du coup, l’alcool aidant je me suis mise à penser à mon ex (qui ne m’a toujours pas répondu d’ailleurs) et ça m’a déprimée. Vivement qu’on bouge de ce trou, ici c’est vraiment la lose.

18 avril

Ouf ! C’est parti pour le début du voyage. Là, je suis dans le bus pour Mexico DF (Districto Federal). Alors qu’il fait très chaud dehors, il fait très froid dans les bus. Aussi, j’ai sur moi un débardeur un T-shirt à manches longues, une polaire et mon duvet ainsi qu’une écharpe. Par contre niveau confort c’est top ! Les sièges sont larges, la TV. ça le fait assez. Je suis un peu morte vu que j’ai dormi seulement 5 heures cette nuit. Nous avons passé la soirée avec des Mexicains et des Anglais (le coloc de Maria et sa famille sont anglais). Je n’ai jamais autant parlé anglais que depuis que je suis ici. C’est dingue. Moi qui voulais améliorer mon espagnol… La journée fut plus galère : ménage le matin, courses l’après midi. On cherchait du papier bulle mais rien à faire ici ils connaissent pas. On est aussi allées voir un spectacle de dans traditionnelles, avec Mariachis et Cie. C’était pas mal.

21 avril

Ca fait maintenant 3 jours qu’on est au DF et je suis en dessous du seuil normal du nombre d’heures de sommeil. C’est pour ça que ce soir je ne suis pas sortie avec les filles. Le DF est une ville énorme c’est inimaginable pour nous Français. En même temps c’est la deuxième plus grande ville du monde je crois. Et la plus polluée aussi, c’est horrible. Les distances entre deux points d’un plan sont en fait énormes par rapport à celles qu’on a l’habitude de voir sur un plan de ville. On s’est faites avoir comme ça le premier jour. Idem pour les stations de métro, entre deux stations compter au moins 5 bonnes minutes. Bon, et puis faut faire super gaffe car c’est réputé pour être dangereux, en plus nous on loge dans un quartier un peu craignos.

1er jour au DF : mission administration et visite de Téotihuacan (site de pyramides Aztèques). On est arrivées aux pyramides aux heures les plus chaudes, car on s’est foirées sur le réveil. La fournaise ! L’impression de cuire sur place. Avec pas un chouille d’ombre et je ne sais pas combien de marche à monter. Ensuite direction l’aéroport, pour changement de billets d’avions de Mathilde, et immigration. C’est là qu’a commencé l’enfer. Les mecs de l’aéroport nous ont baladées dans tous le bâtiment pendant 3 heures !! Et je monte les marches et je les redescends. On en pouvait plus. Parce qu’en fait dans ce pays les gens même s’ils ne savent pas un trucs ils adorent faire comme si ils savaient même s’ils vous indiquent un truc foireux. En plus dans cette ville ils aiment pas trop les étrangers alors si occasion de faire d’une pierre deux coups, hop ! Une fois qu’on a eu à peu près ce qu’on voulait on rentre dans l’appart où on loge, qui est aussi loin du centre ville que Melun de Paris voire pire. En plus l’appart est très éloigné du métro et c’est bien galère pour y rentrer. Vous ajoutez à ça problème d’électricité sur la ligne de métro (rien que pour nous merci j’adore !). Donc on finit par sortir du métro, perdues, la nuit dans les rues du DF avec tous nos papiers car on en avait eu besoin ce jour là. Tout pour plaire quoi. Le deuxième jour, on est allées au bureau de l’immigration (ici l’administration c’est encore pire que chez nous, si tu leur dit que tu es pressée ils font exprès de te faire poiroter à tous les coups). En plus ils te disent des trucs faux genre « repassez à 12h 30 pour chercher les papiers », et quand tu viens « ben non c’est lundi qu’il faut venir ». grrrrrrrrr. J’te jure ! Ici y a vraiment moyen de devenir tueur en série si tu es du genre nerveux. Après on est allées au marché artisanal pour faire déjà un max de courses cadeau pour les gens, vu qu’on va laisser une partie de nos affaires chez les parents d’un ami, pour être moins chargées. Aujourd’hui Taxco : ville de l’argent. On était un peut déçues car les ¾ des bijoux sont moches et chers. En fait dans cette ville il vaut y aller le jour du marché là ça vaut le coup. On a quand même réussi à trouver quelques trucs heureusement.

23 avril

Ce WE on s’est éloignées de cette sale ville de médeux, pour aller à Morelia dans les montagnes (en fait y a de la montagne partout dans ce pays sauf dans le Yucatan). Au programme : flânerie dans la ville et visite du village de Paztcuaro qui possède le lac le plus beau du Mexique. Les villes de montagnes sont super mimi en tous cas toutes celles que j’ai eu l’occas de voir pendant mon séjour. Donc là, les deux super sympas. Dans la montagne au calme et tout ça fait du bien. Mathilde s’est fait voler son appareil numérique par contre. Donc ça nous a un peu plombé l’ambiance.

C’’était mieux avant

Lundi, je lis le Figaro pour le boulot. Oui, je précise car j’avoue qu’avec le Figaro, j’ai du mal, je suis pas (encore ?) assez réac pour partager le point de vue d’un empaffé qui hurle au scandale car on utilise le mot « défenseure », une femme qui défend, donc, car c’est pas dans le dico. D’ailleurs dans le dico, il est aussi spécifié que le « mariage », c’était un contrat entre un homme et une femme donc le mariage homo est un non sens linguistique. Je sens que ce pauvre monsieur a bien dû pleurer quand il a appris que le Petit Robert avait intégré le mot « kiffer » dans ses colonnes. Mais là, n’est pas le sujet.
becassine-scoutisme

Au milieu des articles réac qui donnent une image poussiéreuse de notre société, voilà une pépite. Un article sur Harry Roselmack rédigé par deux maîtres de conf’ de Sciences Po qui, au lieu de souligner la couleur de sa peau, soulignent son âge : 33 ans ! Bref, un petit jeunot. Et là, ils se demandent pourquoi les vieux ne laissent pas la place, donnant des
chiffres assez hallucinants : Chirac est entré dans un gouvernement la première fois en 67, PPDA a présenté son premier journal télé en 76 (même pas j’étais née…). Parce que les Français, ils aiment bien le bon vieux temps, la nostalgie et tout ça, ils ne sont pas super favorables au changement car on ne change pas une équipe qui gagne.

Vendredi soir, je discutais avec un charmant jeune homme sur MSN, on se remémorait la dépravation des années 80. Des seins partout, des bonnes femmes qui font des strip tease dans des émissions tout public… Benny Hills, le Collaroshow, les Nuls et tout, séquence nostalgie ! C’est fou comme on a toujours l’impression que c’était mieux avant. Avant, quand y avait pas le sida, où le sexe était facile et sans danger. L’époque où on pouvait dire « bite » à la télé, montrer un mec sauter à poil sur son lit. Tout ça, aujourd’hui, c’est fini. Ah, que c’était bien quand on était petits, la vie n’était pas si dure et tout ça.

Pourtant, quand on regarde en arrière, chaque période a ses crises. Quand je faisais ma maîtrise sur le Québec, en 2002, je travaillais sur des journaux de 1992 et qu’est-ce qui faisait les gros titres ? La guerre en Irak ! Aujourd’hui, on se désespère en lisant qu’une nouvelle guerre a éclaté au Liban mais ce n’est, hélas pas, un évènement inédit : en 75,
il y en avait déjà une, là-bas. Quand j’étais petite, je voulais vivre dans les années 70 parce que je croyais qu’à l’époque, y avait pas de guerre. Oui, quand on est petit, l’histoire, on la connaît pas sur le bout des doigts. Maintenant, quand je regarde en arrière, je me dis qu’aucune époque n’est mieux ou pire qu’une autre. Alors pourquoi on a toujours la nostalgie de cet « avant » ?

Lecteur, t’est-il déjà arrivé de retrouver un amour de jeunesse ou de retourner dans un lieu que tu aimais particulièrement ? Si oui, tu auras remarqué à quel point les souvenirs lissent les défauts et les rend toujours plus beaux. Par exemple, si je prends mon enfance, je peux dire aujourd’hui que c’était une période très heureuse de ma vie. Pourtant, tout ne fut pas toujours rose. Il est vrai qu’aujourd’hui, quand je repense à mes soucis de petite fille, je me dis que c’était le bon vieux temps et que tu étais simple mais à l’époque, ça me paraissait dramatique. Genre quand je me retrouvais les doigts plein d’encre parce que mon stylo encre coulait ou ce genre de petites choses. Ou comment dire au garçon qui me plaisait que je l’aimais, comme on peut aimer à 8 ans ? Avec le recul, aujourd’hui, tout me paraît simple, c’était le bon vieux temps. Même l’adolescence, qui ne fut pas précisément la meilleure partie de ma vie, ça me paraît une douce période avec le recul. C’est vrai, mon avenir était tracé : après la 6e, la 5e puis la 4e. De « grandes » décisions à
prendre : quelle langue étrangère choisir ? Dois-je partir en littéraire ou scientifique ? Oui bon vu mes notes, forcément, je pars en littéraire, c’est évident. Finalement, à l’époque, tout était si simple, j’avais tellement pas de problèmes.

C’est marrant comme en grandissant, on lisse notre passé, on oublie nos petits tracas, ce qui n’allait pas et nous rendait malheureux. A croire qu’on ne garde que le meilleur.

La société marche comme ça aussi. On a souvent tendance à chercher un Eldorado dans le passé, au moment où « tout allait bien ». Mais bon, si on regarde objectivement les données du passé, l’histoire, l’économie, les chiffres du chômage, le taux de suicide ou autre, il n’y a pas de période bénie, finalement ou alors, si, en comparaison de périodes plus sombres. Il est intéressant de constater qu’on a de la nostalgie pour le passé, de l’espoir pour des lendemains qui chantent mais comme on déteste toujours notre présent. Le présent, c’est toujours la partie
sombre de notre vie. Et la société, c’est pareil. Quand on regarde la télé ou qu’on lit le journal, il y a toujours une espèce de nostalgie, de ce « mieux avant ». La télé nous ressort de vieilles émissions ou nous fait de nouveaux programmes en recyclant de vieux concepts. A la radio, c’est pareil : vieux tubes ou chanteurs d’aujourd’hui reprenant de vieux standards. Au cinéma, on fait des remakes… Et en même temps, tout ce qui est prévisions aux infos, romans ou films d’anticipation, on adore. Mais la nouveauté, le truc qui arrive aujourd’hui, ça fout toujours
la trouille. Si on reste dans le domaine de la culture, qui prend aujourd’hui des risques ? Personne. Oui, on veut du changement mais on ne fait rien pour amorcer la pompe.

Aujourd’hui, on nous met un jeune homme noir à la tête du JT le plus populaire de France. Ok, c’est démago au possible mais au moins, pour une fois que quelqu’un prend un risque, autant applaudir, non ?

Episode 23

Mark regarda sa montre et soupira. Il avait une demi-heure d’avance et ne savait pas quoi faire pour passer le temps. Il aurait bien discuté avec quelqu’un, mais son père était en
train de régler certains détails avec les danseurs tandis que Kelly avait disparu en compagnie de Bryan, pour changer. Il n’y avait vraiment que son père pour ne pas voir leur petit manège mais,
comme on dit, l’amour rend aveugle.
Il poussa un nouveau soupir et s’assit dans l’un des fauteuils en velours du théâtre, qui étaient d’un confort remarquable, et contempla un instant la scène encore vide sur laquelle allait se
déroulait ce ballet qui promettait d’être d’un ennui prodigieux. Pourquoi son père s’acharnait-il à vénérer l’art de l’ancienne société, ce n’était qu’une perte de temps. Il y avait tellement
d’autres choses à régler, comme attraper tous ces rebelles qui étaient venus les narguer jusque chez eux. S’il avait le pouvoir, il les traquerait nuit et jour et quand il les aurait enfin
capturés, il les aurait torturés jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mais son père était trop mou pour ça. Le pouvoir, pour lui, c’était de collectionner de vieux tableaux sans intérêt et d’aligner des
tas de bouquins inutiles et poussiéreux sur des étagères. C’était évident, Bill n’était pas fait pour gouverner, il était trop faible. Il ferait mieux de s’écarter pour laisse la place à son fils
mais Mark savait bien que son vieux père ne ferait jamais ça. Il était beaucoup trop orgueilleux pour avouer son incompétence.
Il regarda l’heure et soupira : ça ne passait vraiment pas vite ! Il avait hâte de se fiancer avec Oceany, car ça le rapprochait du mariage et, surtout, de la nuit de noce. Il avait été
profondément frustré quand elle l’avait repoussé en prétextant vouloir rester vierge jusqu’au mariage. Quelle idée stupide ! C’était digne du Moyen-âge, ça, c’était tellement dépassé ! Il était
certain que si on examinait toutes les futures mariées élitistes, le nombre de vierges devait se compter sur les doigts d’une seule main et il était tombé sur l’une d’entre elles. Mais dès qu’elle
aurait la bague au doigt, il allait rattraper le temps perdu, qu’elle soit consentante ou non. De toute façon, il serait bientôt l’homme le plus puissant de la ville, donc du monde, et elle ne
pourrait rien faire pour l’empêcher de faire ce qu’il voulait. Mais, en attendant, il était condamné à jouer le fiancé gentil et prévenant, alors que ça ne lui correspondait pas du tout, mais
Oceany était le meilleur parti de la ville et il voulait épouser une femme de son rang.
Il regarda l’heure et soupira : que le temps lui paraissait long !

—–

Kelly passa derrière le rideau et longea les coulisses pour arriver dans une grande cage où était enfermée la rebelle dont elle avait oublié le nom. Mais elle n’en avait cure,
elle allait mourir de toute façon. Cependant, elle voulait essayer une dernière fois de lui soutirer le nom de leur chef. Elle s’assit sur un fauteuil qui traînait et regarda sa prisonnière d’un
air dédaigneux.
« On fait moins la maligne, maintenant, n’est ce pas…c’est quoi votre prénom ?
– Maria, Maria Ramirez. Ne l’oubliez pas, c’est moi qui vais faire sauter cette putain de ville.
– Ah oui, c’est vrai, les bombes…vos complices les désamorceront forcément, quand ils verront que vous n’avez pas réussi votre mission, à savoir tuer tous les élitaires. Quel déshonneur !
– Je travaillais seule, pour la vingtième fois.
– Je ne vous crois pas, vous aviez des complices et votre chef fait partie de l’élite, j’en suis sûre. Dites-nous son nom et elle mourra à votre place.
– Elle ? Qui vous dit que c’est une femme ?
– Intuition féminine, sans doute.
– Je ne vous donnerai aucun nom, je ne suis pas une balance et, de toute façon, j’ai agi seule dans cette histoire. Mais vous faites fausse route : il n’y a pas qu’un seul élitaire, il y en a deux,
sans compter tous leurs complices passifs. L’édifice tombe en ruine, les gens commencent à prendre conscience que cette ville est un enfer, ils vont tous se rebeller et vous allez vous faire
lyncher, blondasse.
– Nous tenons tous ces gens sous notre contrôle, il n’y a aucun risque de rébellion dans l’élite, sauf pour quelques brebis égarées. Mais ce n’est pas trois péquenots qui vont tout détruire.
– Comment pouvez-vous en être si sûre ?
– On contrôle tout le monde grâce aux messages subliminaux : plus ils utilisent leurs ordinateurs, plus ils sont convaincus que Technopolis est un paradis terrestre. Vos élucubrations sur une
révolte élitiste sont vraiment ridicules ! Votre mort ne sera vraiment pas une perte. Bien, je pense qu’il est temps de vous dire adieu, nous ne nous reverrons plus. J’aurais volontiers tranché
votre tête moi-même, mais c’est un peu trop salissant à mon goût. J’espère que vous apprécierez autant le spectacle autant que moi.
– Dégage, salope.
– C’était bien mon intention. Vous n’avez pas beaucoup de conversation, vous êtes ennuyeuse à mourir. Au moins, grâce à moi, vous mourrez en beauté. »
Maria frappa violemment la cage, comme si elle avait voulu la détruire, mais elle échoua : apparemment, c’était très solide. Elle regarda Kelly d’un œil noir, comme si elle avait pu la tuer rien
qu’en la regardant, mais ça n’eut pas l’effet escompté. Kelly éclata de rire et se leva, pour tapoter sur les grilles, ce qui énerva encore plus sa proie, qui était hors d’elle et qui donnait, à
présent, de grands coups dans la porte de sa cage pour tenter de la défoncer. Elle détestait cette femme blonde, elle la haïssait plus que tout et se jura de la maudire au moment de sa mort.

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Et voilà…

Pour la première fois en un an et plus, la cata : je n’ai aucun article de prêt pour ce blog. Des idées d’articles, j’en ai plein les tiroirs mais je n’ai pas vraiment le temps de les écrire, j’ai du boulot par-dessus la tête. Et en plus, ce soir, je m’en suis rajoutée : l’association va mettre en place une soirée mi octobre, j’ai demandé que mon stage soit allongé jusque là pour que je puisse participer à la préparation de cette soirée. Parce que je n’ai jamais fait ça et que ça me branche. Puis j’ai un gros projet à mettre sur pied aussi, un gros boulot en perspective.
 

Mais je ne t’oublie pas lecteur. Je sais que si je ne poste pas, tu vas t’inquiéter. Tu vas te dire que je suis morte, que je déprime ou que j’ai passé une folle nuit dans les bras d’un homme. Et bien même pas. Je ne suis ni morte, ni dépressive et je n’ai aucune vie sexuelle. Enfin, si, j’en ai une avec ma propre personne et j’avoue que je me trouve bon coup, je marque à tous les coups.

Alors, je vais écrire un article plein de riens, des conneries histoire de t’occuper en ce vendredi car je sais que tu pars en vacances parce qu’on arrive au mois d’août. Tu vas m’abandonner, lecteur, tu rateras ma folle nuit d’amour avec Sagamore… ou pas. Tu vas rater mon embauche dans une prestigieuse rédaction… ou pas. Tu vas rater des articles super drôles, bien tournés et tout. Tu vas rater mon article sur l’épilation (spéciale dédicace à un lecteur). Tu vas rater des articles sur ma folle vie, sur mon boulot, sur ce que je pense sur tout et n’importe quoi. Et oui, lecteur, quand tu seras sur la plage à te rôtir les miches, moi, je serai enfermée dans mon appart devant mon bureau, mon ventilo à gauche et mon brumisateur à droite. Oui, je suis une fille qui utilise son espace de façon ergonomique.

Moi, je ne suis jamais partie en vacances en août. Dans ma famille, on partait du 15 au 30 juillet, à peu près parce qu’après, y a vraiment trop de monde et chez les Bartoldi, on aime pas le monde. Surtout à la plage. Parce que les chiens à leur mémère qui font leur trou à 2 cm de notre serviette, ça fait chier. Les gens qui viennent s’étaler limite sur notre serviette aussi. En août, moi, j’allais en centre aéré avec quelques gamins de la té-ci, ça m’apprenais la vie. J’ai appris beaucoup de chose en centre aéré : faire des crocodiles en perle, des bracelets brésiliens ou comment mettre une capote, comment on roule une pelle et comment on joue à action ou action (parce qu’on s’en fout de la vérité, on veut juste s’embrasser sous la tente). J’ai aussi appris à faire du sel coloré qu’on met dans des bouteilles, c’est joli, ça décore. On préparait aussi un spectacle pour la fin du centre aéré, on dansait, on chantait, on jouait des petits sketches, c’était marrant.

Moi, mes « vacances » sont terminées, je suis rentrée hier sur Paris avec des coups de soleil partout, une vraie touriste allemande. Maintenant, ça va mieux, je suis bronzée et trop canon… Faudrait que je bronze plus souvent, tiens, même si c’est pas bon pour ma peau. Pendant mes « vacances », je me suis levée tous les jours à 8h15. Aujourd’hui, première matinée sur Paris, j’ai lamentablement quitté ma couche à … 12h. Mais Dieu s’est vengé, il m’a fait faire un cauchemar horrible. Au début, j’allais au cinéma avec Gaugau voir Superman Returns, avec un super ascenseur qui monte dans les nuages. En sortant de la séance, je me rends compte que j’avais pas mis mes lunettes. Je rentre chez moi et là, je me rends compte que j’ai une espèce de bulle d’eau sur mon iris gauche. Ca fait comme une lentille super épaisse et qui commence à éclaircir le bleu de mon œil. Après, je vais dans une espèce d’endroit où je suis censée avoir un cours de je sais pas quoi. Là, j’ai mal à l’œil, je me regarde dans la glace et c’est l’horreur : le bleu est en train de se diluer dans le blanc de l’œil, la pupille commence à se brouiller aussi. Je montre mon œil à la prof, je veux à tout prix aller à l’infirmerie, surtout que la bulle d’eau se forme aussi à droite. Je suis morte de trouille, j’ai peur de perdre la vue. La prof me dit que c’est très grave, une maladie qui touche une personne sur 6 millions, à peu près, que je vais perdre mes yeux et tout. Je veux aller à l’infirmerie mais c’est le bordel en cours, personne ne m’écoute. Et là, arrive mon père, je lui montre mes yeux et il me dit : « mais non, c’est pas grave ! ». Et là, mon réveil (re)sonne, merci !

Mais bon, même si je me levais tôt chez mes parents et que je bossais, c’était quand même un peu les vacances, je travaillais le matin dans le jardin puis quand j’avais trop chaud, j’allais faire un plouf dans la piscine. Kenya jouait tranquille dans le jardin avec Clio, la petite chatonne de mes parents. Faut savoir qu’au début, ma bestiole ne voulait pas que l’autre l’approche, elle lui soufflait dessus et se barrait en courant si l’autre l’approchait. A la fin, Kenya lui foutait de sacrées claques à Clio mais c’était juste pour jouer. Au vu de la canicule et tout, j’ai finalement laissé ma cro-crotte à mes parents pour le mois d’août et je culpabilise à mort. J’ai l’impression de l’avoir abandonnée. Mais bon, c’est comme un gosse : si j’avais des enfants, ne les laisserais-je pas chez papi mamie pour profiter encore un peu de la campagne ? Si, sans doute. En plus, ça lui a évité de se taper le train et tout. Bon, le train, ça va, il était climatisé mais le métro, lui, non. Et pour bien en profiter, la conductrice nous a fait descendre à mi parcours en nous demandant de prendre le suivant. Je sais pas si tu as remarqué, lecteur, mais l’été, le métro, ça sent la sueur et les pieds, ça pue, quoi.

Et puis voilà. Je ne sais plus quoi raconter, il est tard et je vais aller me coucher, j’ai bobo la tête. Demain, j’ai plein de boulot, je sens que ça va déborder un peu sur le week-end. Mais comme Gaugau est pas là, j’aurai pas grand-chose à faire, même si je dois voir Tatiana et peut-être une autre copine.

Tu trouves pas que ma vie est passionnante, lecteur ?