Les stagiaires nous piquent nos boulots !

Ca faisait un moment que je m’étais pas excitée sur les stagiaires et pour cause : je suis sortie du système depuis longtemps. Ben oui, le 16 avril précisément, je fêterai mes 3 ans de vie active, de vraie vie active. 3 ans que je n’ai plus envisagé de faire des stages malgré mes bacs ++ juste histoire de ne pas avoir de trous sur le CV.


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C’est pas pour autant que je n’ai plus rien à dire sur le sujet. Hier, Greg a passé une annonce sur twitter annonçant qu’il cherchait deux community managers stagiaires. Au passage, si toi, derrière ton écran, tu cherches ce genre de stage, je te conseille de postuler
fissa. Bref, suite à cette annonce, les messages pleuvent du type : « le community management est un vrai métier » et autres « un stagiaire, ça apprend. Si vous voulez un mec expérimenté, payez le », des choses comme ça. Ce qui en soit est bien vu. J’en parlais l’autre jour à Tatiana : aujourd’hui, même pour des stages, il faut de l’expérience, le serpent se mord méchamment la queue. Je peux comprendre que le but du stagiaire n’est pas d’être un poids mort pour la boîte mais il est là pour apprendre. Pas pour remplacer un salarié.


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Car le phénomène s’amplifie. C’était déjà le cas dans le journalisme, je voyais des annonces revenir tous les 3 mois (3 mois, tiens, la durée moyenne d’un stage) et dans des grandes rédactions, en plus. Forcément, faire un stage dans de grandes rédactions, ça fait joli sur le CV mais à renouveler systématiquement les stagiaires comme ça, ça fait un peu trop « le stagiaire occupe un poste à part entière ». Ce n’est pas une nouveauté, donc, j’en avais déjà parlé. Mais là, je constate que le problème arrive également en community manager. J’ai un ami qui passe des entretiens pour ce type de poste depuis quasi un an et pas mal de postes n’ont finalement pas été ouverts « on a pris un stagiaire ». Ben oui, 300 € par mois contre 30 k€ par an (et encore, ça peut coûter cher un community manager mais c’est pour mettre des chiffres similaires), on a vite fait de faire pencher la balance d’un certain côté. Sauf que l’expertise et l’expérience, ça se paye et c’est normal. Un stagiaire, même s’il en est à son 5e stage, sera rémunéré toujours au même prix ou presque. Nous, à chaque changement de poste, on réclame plus de sous, ce qui est normal. Les employeurs veulent toujours le beurre et l’argent du beurre : l’expérience pour pas un rond. Et puis quoi encore ?


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Il y a quatre ans, quand j’étais au chômage, le problème se posait avec de plus en plus d’acuité et il était question de faire une loi pour garantir certains droits aux stagiaires et interdire aux entreprises d’occuper un poste avec des stagiaires tournants. Aujourd’hui, on n’en parle même plus. On s’en fout. Evidemment, on pourrait en conclure que les entreprises ne savent pas que ce qu’elles perdent en préférant l’économie à l’expérience. Même si l’avantage des stagiaires est qu’ils peuvent avoir un regard et des idées neufs et c’est pas si mal. Ceci étant dit, il faut arrêter de croire que le stagiaire peut occuper un poste à lui tout seul, il est là pour apprendre et c’est une trop lourde charge pour lui de lui confier un vrai poste. Par ailleurs, il serait peut-être temps de comprendre que le community management est un vrai boulot. C’est un peu le nouveau taf à la mode, tout le monde bossant de près ou de loin sur le web veut faire ça mais être community manager, ce n’est pas simplement organiser des soirées blogs avec ses potes aux frais de la princesse.


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Des fois, ça me fait légèrement flipper de voir que certains points évoqués ici il y a trois ou quatre ans sont plus que jamais d’actualité… Même si plus personne ne s’en préoccupe dans nos sphères dirigeantes.

J-500 Logan’s Run

Par Enzo

Dans 500 jours, je ne serais plus un vingtenaire. Je ne pourrais plus être encore considéré comme jeune, mais définitivement comme adulte. Dans la vie active depuis plusieurs années, aucune reprise d’études (je peux affirmer sans trop me tromper que je ne replongerais pas pour un doctorat).
Hier, c’était le début du Bac avec cette philo qui me manque un peu. Comme le faisait remarquer Nina, c’était il y a 11 ans pour nous. Si je compte, ça fait 18 années depuis que je suis rentré au collège. Ma psy me dit de dépasser ces mauvais souvenirs, d’aller de l’avant,
mais au fond de moi je n’ai pas l’impression d’avoir énormément changé. Je reste l’archétype du gringalet timide (putain même cette expression fait vieux).

Malgré un indice de masse corporelle dans la zone saine (plutôt que dire zone normale et rajouter une dissertation sur le concept de normalité), l’environnement me soutient l’inverse : ma famille, ma belle-famille, la société. La nourriture ne sert plus à se nourrir, c’est une nécessité sociale avec des codes spécifiques.

Comme les codes spécifiques de l’apparence. Mince c’est bien, sauf pour un homme. Pour un homme, il faut des plus gros muscles dont on a pas besoin au quotidien (d’où la nécessité de forcer leur développement à la salle de gym). Et puis il faut faire attention aux combinaisons de code : mince + blanc + crane-ras, ça fait malade parait-il. Bon évidemment quand on a une chimio, les cheveux
ont plutôt tendance à tomber que rester courts, mais si après il faut être logique, on ne s’en sort plus.

Aux plus mauvais moments de mon adolescence, je me disais que plus tard je serais grand, fort et musclé. Comme une revanche. Comme une intégration. A force de remettre les choses au lendemain pour rester à rêver, j’en suis peut-être toujours au même point. Malgré le recul ou l’analyse que je peux avoir sur certains mécanismes, je reste toujours touché par la subtile pression
extérieure. Peut-être est-il temps d’accepter ce que la société veut de moi, correspondre à un cliché pour moins réfléchir, ne plus chercher à s’expliquer, laisser paraître l’explication. Intégrer l’exemple pointé du doigt et essayer d’y arriver.

Peut-être seulement pour adoucir le cap des 30. En 500 jours, est-ce possible ? A moins qu’il ne s’agisse que d’une énième résolution/rêve, un peu lié à l’attirance des chiffres ronds.

Postface: « Logan’s run » est le titre d’une série télévisé où la date limite de péremption de l’humain est de 30 ans*, age après lequel
il doit être euthanasié pour le bien commun.


* 21ans dans le livre dont est tiré la série

L’enfer, c’est les autres

Par Tatiana

L'enfer de la mode

Le 10 avril

Ma journée commence tard (15h30) pour cause d’entretien et de test à l’ISCOM, merveilleuse école privé en communication (qu’en fait je n’aime pas du tout). Aujourd’hui je m’attelle à un travail d’hôtesse de caisse (ben quoi c’est comme ça qu’on dit maintenant et je sais de quoi je parle j’en ai été une) : ranger les vêtements, étiqueter les vêtements, enlever les étiquettes. Mais quelle journée excitante ! Je crois que je peux mourir ce soir j’aurais vécu pleinement mon existence. J’atteins le seul de saturation, j’ai l’impression de ne rien apprendre. Je veux dire, ça ne peut pas être ça le travail de RP, il doit bien y avoir des choses plus glorifiante à faire. En plus je crois que je ne suis pas faite pour ce milieu, il y a déjà une fille du bureau qui ne m’aime pas. Elle ne me parle jamais mais pourtant je ne lui ai rien fait de spécial. Big mother me gonfle. L’autre jour elle m’a tapé tout un délire sur internet et bla et bla. Je n’ai retenu qu’une seule phrase : « Quand JP est pas là c’est moi qui supervise ». Je pense que certaines personnes de ce bureau seraient heureuses d’entendre ça. En fait ce serait marrant d’aller leur répéter. Je devrais peut être foutre un peu le bordel dans leur petite organisation. Ca pimenterait mes journées. Je vais méditer le dessus…

Le 11 avril

J’arrive super en avance : un vrai miracle. Il va sûrement neiger (oui je sais on est au mois d’avril et alors !). Je me traîne un affreux mal de gorge. Ca va être une journée de m… je le sens. Pourquoi me direz-vous ? Bien tout simplement parce que j’ai la faculté de sentir les journées de m… c’est comme ça. En tout cas faire des stages ça donne envie de faire des études toute sa vie. Et surtout ça coupe celle de se lancer dans la vie active.

J’ai fait un tour dehors avec Béa pour porter des vêtements dans des rédactions de magazines. Du coup j’en ai profité pour parler un peu avec elle. Elle me conseille de prendre une semaine de vacances. Idée qui me séduit on ne peut plus. Autre nouvelle séduisante : il est possible de prendre des fringues pour soi. J’ai donc commencé à faire une liste (là vous vous dites que je suis une profiteuse comme les autres et vous avez sans doute un peu raison) Mais il faut demander à JP. En parlant de lui, monsieur est en vacances à LA avec son
mec. Ca nous repose grandement, l’ambiance est plus cool sans lui. A part bien sûr Big mother. Je commence à trouver un peu ma place.

Le 15 avril

Dur retour à la réalité. J’ai oublié mon portable chez ma sœur et du coup je ne peux appeler personne pour passer le temps. La vie est trop cruelle. La semaine dernière s’est finie sans scoop ni rien d’autre. On a juste eu le droit à une visite de la fille de Bettina. Elle s’appelle Nola et est super adorable. Ca change de toutes ses pimbêches que je vois toute la journée et aussi de la « Princesse » de Big Mother. J’ai aussi appris un nouveau truc : faire une sortie d’un vêtement (en résumé tu bip un code barre). Y a des jours où je me demande si faire des stages c’est pas juste pour que t’ai encore plus envie de faire des études et de jamais rentrer dans leurs statistiques chômage. Je rêve de vacances…

Le 16 avril

Aujourd’hui c’est une journée lose. Je suis à moitié malade. Heureusement demain je viens juste l’aprem car le matin je dois aller imprimer des trucs à mon école.  Mais parlons un peu de Big Mother et son fiston adoré. Ce dernier je crois qu’il est incapable de ne pas travailler, vu que même lorsqu’il est pas là il appelle 15 fois par jour. C’est un stressé de la vie. Sa mère c’est pas mieux. Miss calimero en personne : personne ne m’aime, mais je m’en fiche c’est moi la chef…En plus elle s’excuse tout le temps. Une fois c’était énorme elle s’est mise à crier aux filles « vous êtes méchantes ! ». Tout ça parce qu’on voulait pas l’attendre. Nan mais on croit rêver. Elle lance tout le temps des petites réflexions pour se faire plaindre. En général moi je ne relève pas tout en me disant dans ma tête « vite un kleenex ! je vais pleurer ».

Le 18 avril

Il faut que je vous parle de Clarissa. Cette fille est vraiment bizarre. Je ne la sens pas du tout (remarque je crois que c’est réciproque). Impossible de savoir ce qu’elle pense de moi. C’est le genre de personne qui t’observe longtemps avant de vraiment venir te parler. Ces filles sont quand même un peu inaccessibles dans leur style. Mais pour en revenir à Clarissa, je dois avouer qu’elle m’énerve. Déjà on sent la névrosée en puissance façon Ally Mac Beal mais la version sale peste. Elle est à la recherche de l’homme de sa vie et vit par
procuration grâce à ses amies. En fait, on dirait une adolescente de 15 ans avec un corps d’une fille de 30.

Le 23 avril

Le scandale du jour : Bettina et son ex qui fauche des fringues. En fait le sujet n’est pas nouveau et c’est pas la première fois que j’en entend parler. C’est fou, dès qu’une fille s’absente la pauvre en prend plein la tête.

Aujourd’hui retour du Big Boss tout bronzé, pour pas dire cramé. Et on s’est débarrassé de Big Mother pour la semaine. Si ça c’est pas une bonne nouvelle…

Enfin le plus important à retenir c’est le ragot que j’ai appris par une des filles. Apparemment le mec de Big Boss se ferait frapper. Monsieur a ses accès de colère et d’impulsivité et faut dire aussi que son mec possède la personnalité d’une endive cuite (parce qu’en plus il est tout mou). Cela dit moi j’adore sa manière de s’habiller (phrase 100% ironique). Une fois il est venu avec une chemise en coton rose pâle ajourée façon napperon. So sexy !

Le bonheur n’’est pas une fatalité

Y a des fois où je m’exaspère toute seule. Pourquoi ? Tout simplement parce que je me rends compte que j’ai une phobie du bonheur. Ca peut paraître curieux dis comme ça mais je vais vous expliquer.

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Mois de mai. Le soleil revient dans ma vie : en plus d’avoir trouvé du boulot, je me trouve un compagnon charmant et le tout sans avoir cherché (enfin le boulot, si, quand même, mais j’avais pas postulé chez eux). Donc forcément, ça va couiller dans le potage. En plus, j’ai à peine fini mon contrat que paf, on me propose un stage et que je suis prise. Va forcément y avoir une merde. Et hop, alors que ma vie professionnelle s’envole, je subis une rupture amoureuse. Bon, ça n’avait rien à voir avec mon état d’esprit de « va y avoir une merde », je vous rassure, je ne suis pas le genre de filles à dire à mon mec : « non mais de toute façon, tu vas me quitter parce que j’ai trouvé du boulot ». Parce que là, je pourrais comprendre que le mec se barre en courant !

Par moment, je me désespère quand je pense à mon mode de pensée : mais pourquoi ce fatalisme ? Bon, ça vient sans doute de ma mère, on sait très bien que quand tout va bien, ça va mal aller quelque part. La semaine où j’ai appris que j’avais mon boulot, qu’Anthony était pris aux pompiers de Paris et que ma sœur avait une prime, on a limite sabré le champagne quand quelqu’un a essayé de piquer la voiture de ma sœur. Bon, super, la cata a eu lieu, on peut desserrer les fesses. Optimisme, quand tu nous tiens.

En ce moment, dans ma vie, tout va insolemment bien : après mon stage qui finit en septembre, je devrais direct enchaîner sur un nouveau contrat qui va me tenir au moins jusqu’en janvier, un vrai boulot, cette fois-ci mais je n’en dirai pas plus. Mon avenir professionnel a soudain un horizon tellement éclairci que je me dis que c’est même pas la peine que j’envisage une vie privée épanouie. Et je me dis que ce genre de raisonnement est stupide. Quand je regarde en arrière, il y a bien des périodes dans ma vie où tout me réussissait. Pendant mes quatre ans et demi avec Guillaume 1er, j’ai validé trois diplômes (presque quatre), j’ai réussi pas mal de choses. Mais je ne parviens pas à croire que la vie peut être parfaitement rose.

J’en parlais l’autre jour sur MSN avec un gars qui a attribué ma façon de penser à mon éducation catho. L’idée est que, en gros, pour mériter le bonheur, il faut subir des épreuves. Que le bonheur, ça se partage, une personne ne peut pas tout focaliser sur elle. Si je regarde ma vie ces six derniers mois, je dirais qu’il y a eu vraiment une sale période entre janvier et mars, à peu près, puis tout à coup, un formidable mieux : un boulot puis un stage et c’est pas fini ! Dois-je en conclure que ma période de chômage m’a servi à apprécier ma nouvelle vie active ? En gros, l’ivresse des sommets ne vaut-elle qu’après une ascension pénible et périlleuse ? C’est vrai que jusqu’à présent, j’avais eu une chance insolente dans ma vie étudiante et professionnelle. Je voulais un stage ? J’envoyais deux lettres et je l’avais. Je voulais un mec ? Ah ben non, j’étais avec Guillaume donc pas de soucis de ce côté. La santé ? Aucun souci ! Un partiel mal révisé ? Pas grave, je savais toujours sur quoi ça allait tomber, toujours sur ce que je savais le mieux. Une dose de chance, une dose de démarches au bon endroit au bon moment et tout allait pour le mieux. Jamais peur de rien, tout finissait toujours par me sourire.

Aujourd’hui, après une période de galère, ma vie professionnelle s’arrange au-delà de toutes mes espérances. Donc si, demain, je trouvais un mec tout parfait et tout (ce qui m’étonnerait, vu ce que je peux m’occuper de ma vie privée en ce moment), je vais serrer les fesses en attendant la cata. Rupture de contrat ? Rupture amoureuse ? Décès ? Accident ? Limite, je vais aller faire du roller pour me casser un bras toute seule comme une grande.

Donc je parlais de ça au gars sur MSN et il me fait une remarque extrêmement judicieuse. Je ne prends pas le problème dans le bon sens. Quand je suis en période de lose, je vois tout en noir et je me demande quelle catastrophe il va encore m’arriver car la lose attire la lose. Donc, réciproquement, le bonheur doit attirer le bonheur. C’est tellement logique en plus. En ce moment, je suis très heureuse de ce qu’il m’arrive niveau professionnel donc je suis épanouie, donc je suis jolie donc je pourrais même trouver une moitié (même si en fait, j’ai pas du tout envie de tomber amoureuse pour le moment). Dans l’autre sens : quand on est amoureuse, on se sent indestructible donc on va se défoncer au boulot et réussir. On sera de bonne humeur et nos amis nous trouveront de bonne compagnie, notre famille nous trouvera bonne mine… Le bonheur attire le bonheur, c’est mathématique.

En plus, encore une bonne nouvelle hier : les résultats sanguins de ma mère sont très bons. Donc on ne sait toujours pas si elle a un lupus ou pas mais il semblerait que la menace s’écarte, même si le médecin lui a expliqué qu’elle avait un terrain favorable. C’est génétique. Et j’ai appris que, du coup, je pouvais l’avoir aussi vu que je souffre aussi d’une allergie au soleil. Me demandez pas le rapport, j’ai rien compris non plus. Mais bon, les nuages se dissipent aussi de ce côté-là.

Donc j’ai tout pour être heureuse en ce moment, alors pourquoi guetter le nuage qui pourrait pointer le bout de son nez ? Forcément, à un moment, il m’arrivera une tuile, comme à tout le monde, c’est inévitable. Mais pour le moment, tout va bien alors pourquoi s’en faire ? Je dois profiter de ma bonne période. Après tout, moi aussi, j’ai droit au bonheur, je dirais même que j’ai pas mal d’atouts dans ma manche pour y arriver. Tout le monde me dit que je suis une fille bien et talentueuse et en plus, paraît que je suis miaou miaou (c’est pas moi qui le dit, hein !). Alors pourquoi faut-il toujours que je doute, que je pense que les choses biens m’arrivent en prémisse d’une grosse claque ?

Allez, on se détend, et on profite. Demain, je joue au loto

Deux ans

L’autre jour, je discute avec ma mère qui me fait une révélation : mon cousin vient de quitter son compagnon de deux ans et demi et est retourné vivre chez sa mère en attendant. La discussion se poursuit sur le sujet et ma mère me fait :

« ouais ben c’est comme toi quand tu as rompu avec Guillaume l’an dernier.

– Maman, ça va faire deux ans. »
 

Ben voilà, ça fait deux ans depuis le 03 juin. Deux ans de célibat entrecoupés de petites histoires. C’est pas que je sois une fana des bilans (enfin, si, quand même) mais en ce moment, je suis assez déprimée par ma situation sentimentale et cet anniversaire tombe un peu mal. Pourtant, il s’en est passé des choses en deux ans, j’ai quitté le système universitaire, j’ai déménagé, j’ai commencé ma vie active (si, j’ai eu un CDD !). Côté privé, j’ai côtoyé plus d’hommes en deux ans que pendant tout le reste de ma vie mais à l’arrivée, ben, me voilà seule. Bon, grâce à ses aventures, il paraît que je suis très épanouie sexuellement (c’est pas moi qui le dit). Sans doute que j’aurais pu m’abstenir de partager ma couche avec certains mecs mais au fond, je n’ai aucun regret, ça ne sert à rien. Après tout, je ne peux pas toujours tomber sur des mecs biens, ça se saurait, sinon. J’ai eu mon lot de connards, comme tout le monde, j’ai aussi eu des mecs bien, ouf !

Depuis quelques temps, je me suis lassée des relations sans lendemain, j’avais plus envie de m’engager, de commencer à construire ma vie privée. Après tout, maintenant que ma vie professionnelle se stabilise un tout petit peu, essayons de voir si je peux aussi trouver l’amour. Sur ces bonnes résolutions, je rencontre Alex et j’y crois fort, j’oublie de me protéger et je me prends un mur. C’était pas le bon moment, Alex a des choses à régler et ne peut pas construire quoi que ce soit au niveau amoureux. Je n’en dirai pas plus. Curieusement, c’est l’histoire la plus courte que j’ai jamais eue mais j’ai du mal à tourner la page. Sans doute parce qu’Alex est un mec fantastique qui plairait même à mes parents et même à ma vilaine grand-mère. Bon, ben, ça n’a pas marché, je n’ai pas de rancœur à ce niveau-là. Par contre, Alex a un talent particulier : il me révèle toutes mes failles, tout ce que je n’ai pas réglé dans mon passé amoureux. Je ne m’en étais pas rendue compte mais ma dernière histoire avant lui m’a fait vraiment du mal. Pas à mon petit cœur, non, mais à la confiance que je peux avoir en moi. Déjà que je suis la pro pour me remettre en cause, quand un homme avec qui j’ai eu une aventure me fait bien comprendre qu’il doute aussi de moi, de mes capacités à trouver du boulot, de tout ce que je peux dire y compris des choses insignifiantes, ça finit par faire mal. C’est aussi pour ça que je me suis autant accrochée à Alex car il m’a percée à jour très vite, il me comprend et j’avais pas besoin de lui mentir. Il me prenait telle quelle et c’était tellement rassurant de se sentir appréciée pour soi et pas pour l’image que l’on peut donner. Et puis, toute cette histoire n’a pas servie à rien, bien au contraire. A défaut d’être le futur père de mes 3 enfants, Alex est toujours quelqu’un de très proche avec qui il est bon de parler et que j’adore.

 

En même temps, j’aurais dû me douter que ça ne pouvait pas durer. Je connaissais ses problèmes, je savais qu’on ne vivait pas à côté, je savais qu’on était débordés par nos boulots respectifs mais je me suis dit qu’on s’en sortirait bien. Parce que y a un truc qui cloche chez moi quand même : plus une histoire est compliquée, plus je m’y jette tête baissée. Pourquoi ? Ben j’en sais absolument rien. Peut-être parce que le côté « c’était pas gagné mais on l’a fait » me transcende. Par ailleurs, j’ai une attirance pour les hommes en souffrance. Entre ceux qui ont des problèmes avec leur passé sentimental, ceux qui ont des problèmes relationnels avec leurs parents ou même les deux… Ouais ben y a pas dire, les écorchés vifs, ça me branche. Pourtant, je n’aspire qu’à une histoire simple, pourquoi faut toujours que je me retrouve dans des situations compliquées ? C’est peut-être une question de pas de chance mais ça n’explique pas tout. Quand j’ai parlé d’Alex à Gauthier, j’ai eu droit à un : « mais tu le fais exprès ou quoi ? ». Heu… Le froid m’a dit que c’est nous qui les attirions (et non l’inverse). Heu aussi…

Peut-être que je suis une incurable romantique qui ne veut que des histoires folles, passionnées, délirantes. Difficiles aussi mais l’happy end me paraît toujours possible. Quand j’ai commencé à sortir avec Guillaume, c’était mal barré : il vivait à l’époque chez ses parents. Il s’entend mal avec son père assez autoritaire et il ne pouvait pas sortir en semaine donc pour avoir de l’intimité, il fallait se caler des trous entre mes cours pour aller chez moi. En plus, il sortait d’une longue période de célibat et, au début, je vivais mal le fait de ne pas beaucoup le voir hors de la fac, de le voir passer beaucoup de temps avec ses potes et peu avec moi. En plus, au départ, je connaissais pas son père donc je croyais que tout cela était exagéré mais finalement, non. Il était très gentil avec moi papa Guillaume mais il s’entendait pas avec son fils et tout était susceptible de partir en dispute. Donc, au début, c’était mal barré, Gauthier m’a même dit qu’il y croyait pas, à notre couple. J’ai passé des nuits à pleurer en me disant qu’on s’en sortirait pas… Et finalement, si. Donc cet exemple me fait peut-être un peu trop croire que quand on veut, on peut. Mais tout n’est pas si simple.

 

Et maintenant ? Pour l’heure, je suis encore un peu trop dans la nostalgie de mon histoire avec Alex pour avoir envie de fréquenter un autre homme. Et puis je me rends compte que je suis actuellement trop fragile pour tenter une nouvelle aventure amoureuse, je crois qu’un nouvel échec me foutrait un coup trop grand, je dois me préserver un peu. Il faut que je me reconstruise, aussi, que je panse ces foutues plaies que j’avais même pas vues, que je reprenne confiance en moi. Je suis une fille super, pas un boulet. Je peux être aimée, comme les autres filles. Je n’ai pas à tricher pour plaire. Puis même qu’il paraît que je suis belle, même sans maquillage. Et faut que j’arrête de me trouver des histoires compliquées, aussi. C’est pas parce que la relation est simple qu’elle est sans passion. Moi aussi, je finirai par trouver une moitié. Tiens, faudra que j’aille revoir M. le marc de café car mine de rien, s’il est très mauvais pour situer les événements dans le temps, ce qui m’a dit s’est réalisé. J’ai bien eu deux entretiens d’embauche et un boulot avec un monsieur à double prénom (Pierre-Cécil, le DRH choupinou) et j’ai fini par rencontrer un mec très bien qui avait des problèmes aux yeux. Bon, tout est décalé de trois mois par rapport aux dates qu’il donne mais à l’arrivée… Mais je vais rester célibataire quelques temps. De toute façon, après avoir discuté avec Gauthier, je me rends compte que je ne veux ni d’un mec ni d’un amant, juste une paire de bras réconfortants pour me réconforter. Là, je préfère me concentrer sur mon travail et ne plus me poser de questions. Ca sera plus simple. Je n’attends plus rien, advienne que pourra. En attendant, ses deux années n’ont pas été vaines, je sais maintenant que quand je veux un mec, je peux l’avoir.

En attendant, vu que je n’ai pas de plan M et qu’il n’y a pas de choupinou à l’asso où je bosse, je bénis TF1 de repasser Lost tous les soirs à 17h. Mater Sawyer pendant trois quarts d’heure, ça fait du bien aux yeux.