Suivons le mouvement

L’été, en général, j’en profite pour beaucoup lire, je sais pas pourquoi. Après avoir suivi les conseils littéraires avisés d’un charmant jeune homme (Fante, Djian), après avoir lu quelques essais pour faire ma culturée, faut un peu laisser reposer le cerveau. Et pour ça, rien de mieux que la télé (bon, même si je fais autre chose en même temps, sinon, je m’endors). Donc après Karma et Milan (deux garçons que j’estime), moi aussi, je vous parle de l’Ile de la tentation.


J’avoue ne jamais avoir suivi cette émission jusqu’à présent. J’avais vu les deux premiers épisodes de la première saison, celle avec Brandon et Diana (rien que les prénoms, ça vous situe les gens, surtout que ce sont des pseudos !). Guillaume 1er m’avait fait regarder ça car il avait « craqué » sur un couple qu’il aimait bien mais je me souviens pas de leur nom et là, j’avais découvert les vertus du montage. On vous fait un super montage de l’émission suivante où on vous fait croire qu’il s’est passé des trucs trop graves alors
qu’en fait, non.

Cette année, je tombe dessus un lundi soir (je savais pas que c’était aussi diffusé ce soir-là). Déjà, je découvre que c’est présenté par Céline Giraud, une fille que j’estimais beaucoup en tant que journaliste sportive, autant vous dire que je suis déçue de la voir là. Bon, bref, nous avions quatre couples mais un s’est marié sur l’Ile entre temps. Moi je dis, un mariage devant les caméras de TF1, c’est la sse-cla, quand même. Oui car ces gens-là, ils parlent une langue étrange, c’est censé être du français mais je comprends pas toujours, leur syntaxe est assez curieuse. Genre ils finissent jamais leur phrase : « Non mais tu vois ce qu’elle m’a fait… Et puis d’abord, Gisèle, elle me fait trop… Non mais voilà, quoi ! ». Donc, ce que voulait dire cette personne, c’est que sa copine avait fait quelque chose qui lui déplaisait au plus haut point et qu’il allait donc se venger en forniquant avec Gisèle. Oui, c’est très amusant, l’Ile de la Tentation, il faut combler les trous pour comprendre ce qu’ils disent. Un jeu hautement intellectuel, donc.

Cette année, ils ont pris du lourd. Les filles sont toutes vulgaires, les mecs tous crétins. Mais vraiment, y en a pas un(e) pour rattraper l’autre, c’est incroyable. Chez les filles, il y a Mélanie, la fausse blonde avec de vraies fourches qui a le bon goût de mettre un trait marron autour de ses lèvres siliconées. Pour elle, c’est le summum de la classe, je suppose. Elle est venue sur l’île avec Vincent, un benêt qui a vite fait de trouver la dénommée Shanice (une fan de Friends un peu illettrée, je suppose) très à son goût. Nous avons ensuite Eric, nain vilain et Sandra, la volcanique Brésilienne ou Colombienne ou de par là, quoi, qui fait tout le temps la gueule. Franchement Sandra, elle a pas l’air gentille. Après, il y a Harry (qui porte bien sur son visage l’étendue de son intelligence) et Emeline qui n’arrête pas d’expliquer que son mec voulait lui faire un bébé avant de venir. Elle, elle est dégoûtée parce que son mec la trompe
avec une brunette et qu’aucun tentateur ne la drague parce que, faut dire ce qui est, c’est quand même la plus moche de toute. Après, y a un nouveau couple qui est arrivé et qui s’aiment très très fort, comme c’est mignon.

Cette année, c’est très amusant, tout le monde a trompé tout le monde, sauf Emeline, donc. Mais le pire, c’est l’hypocrisie des mecs. Vincent flirte sévère avec Shanice et quand il voit comment se comporte sa dulcinée qui a décidé de lui rendre la monnaie de sa pièce, il déclare : « ah ben puisqu’elle se gêne pas, je vais m’amuser moi aussi ! ». Et ils sont tous pareils, ils flirtent sans gêne avec une tentatrice mais si leur moitié fait pareil, c’est un scandale… Si c’est pas un peu hypocrite quand même ! Parce que l’Ile de la tentation,
c’est ça : on monte des images innocentes pour vous faire croire que vous êtes cocu(e). Et encore, y en a qui s’emballent d’un rien. On voir Mélanie se frotter à un mec en dansant et son cher et tendre pète les plombs. Bordel, comme si t’en faisais pas autant, c’est juste une danse. Mais bon, sur l’Ile de la tentation, on vous monte les images de telle façon que vous ne voyez que le mal. De toute façon, j’ai du mal à croire que ce soit de vrais couples vu qu’ils sautent sur la première pétasse ou le premier bodybuildé venu. Perso, quand je suis amoureuse, Brad Pitt pourrait me passer à côté que je le verrais même pas (même avec mes lunettes) alors bon…

Mais la question que je me pose toujours c’est : pourquoi ? Pourquoi des gens vont dans cette émission ? Pour tester leur fidélité ? Mais enfin, soit on a confiance en l’autre et on n’a pas besoin de le tester, soit y a un souci dans le couple. Evidemment, ils s’en tapent de leur couple, ce qui compte, c’est de « passer à la télé ». Ah, que ne ferait-on pas pour ses 15 minutes de gloire ! Mais bon, doit-on mettre son couple en péril juste pour ça ? Moi, je suis plutôt du genre « pour vivre heureux, vivons cachés ». Parce que j’ai pas envie que la boulangère me dise : « Ben dis donc, Sagamore, il avait l’air de bien l’aimer, Jessica, à la télé » ou des trucs du genre. On t’a
demandé ton avis connasse ? Mais bon, je l’ai bien cherché, aussi, fallait pas que je m’exhibe sur cette foutue île. Puis je vois bien que les gens dans la rue, ils parlent à voix basse quand je passe dans la rue pour commenter ma soit-disant idylle avec Illich (oui, les filles ont des noms latins, les mecs des noms slaves, vous avez remarqué ?). Non, je n’ai pas embrassé ce bdoybuilder décérébré, je préférais Andreï mais comme on m’a inventé une idylle avec l’autre, j’ai du me le coltiner tout le reste du jeu.

Donc voilà, aller sur l’Ile de la tentation, c’est avant tout « passer à la télé » en espérant que ça aboutira sur quelque chose. Le bilan est en effet prometteur : en 4 ou 5 ans, seuls Brandon et Diana sont passés à la postérité et encore… A part chez Cauet, on ne les voit plus nulle part, ce qui est normal en soit. Après tout, devenir célèbre parce qu’on a roulé une pelle dans une piscine, c’est du déjà vu (et Loana, elle, au moins, elle a couché). En fait, je crois que c’est là tout le pathétique de cette émission. 8 beaufs qui ne pourront jamais
briller par leur intellect trouvent une nouvelle voie pour tenter de briller quelques instants et deviennent la risée de l’hexagone. Et ils en sont fiers en plus ! Alors certains diront que c’est pour vivre « une aventure humaine » (c’est leur grande expression, ça). Ben, je veux pas dire mais le côté aventure, je le vois pas trop, là. Autant dire : « j’en ai marre de bobonne et je veux me taper des canons. » En plus, je plains hautement les tentateurs/tentatrices : quand on voit la gueule des candidat(e)s, ça donne pas envie de tenter qui
que ce soit mais ils sont là pour ça. Déjà, y en a une qui commence à dire : « Non mais Vincent, il veut qu’on ait une relation suivie en rentrant sur Paris, moi, je trouve qu’il va un peu vite ». Sous-entendu : « c’est un gros beauf, je vais pas me le coltiner en dehors de l’émission, ça va pas ! ».

Bref, l’Ile de la tentation, c’est vraiment une aventure humaine plutôt effrayante, une plongée dans les abysses de la beaufitude. Céline, toi que j’estimais, pitié, barre-toi de là !

Episode 25

Chapitre 17


Juan porta la main à son masque qui le gênait et l’ôter, mais il fut retenu par une main virile. Il ne fit pas attention à cette personne, il ne pensait plus à rien sauf à sa sœur enfermée dans une
cage, à la merci d’Oxford.
« Il faut partir, lui annonça une voix masculine.
– Pas question, je ne peux pas la laisser là.
– Juan, tu ne peux rien faire. »
Il tourna la tête et vit Ethan qui paraissait réellement inquiet, mais il ne pouvait laisser sa sœur là, ils allaient lui faire du mal, il devait la sauver.
« Il faut la sauver !
– Tu ne peux pas l’approcher et s’ils t’attrapent, ils vont te tuer aussi.
– Ils veulent donc la tuer ? Je ne peux pas laisser faire ça !
– On ne peut rien faire, Juan ! intervint Mai qui venait de les rejoindre en compagnie des deux autres. Il faut partir d’ici.
– Non ! cria-t-il, mais personne ne réagit, trop fasciné par ce qu’il se passait sur scène.
– Juan ne fait pas l’idiot.
– Laissez-moi, je…c’est ma sœur, dit-il, la voix brisée.
– Je suis désolée Juan, fit Kirstie, je sais que c’est dur de voir mourir ce que l’on aime, mais dis-toi qu’on la vengera. Partons, maintenant.
– Non, je veux rester jusqu’au bout, je vais prier pour elle, jusqu’à…jusqu’à ce qu’elle soit…
– D’accord, acquiesça Ethan, mais après, filez le plus vite possible. »

—–

Maria regarda la salle mais elle ne put rien distinguer, les spots l’aveuglaient. Sa vie allait donc s’achever là, devant tous ces inconnus qu’elle méprisait plus que tout,
devant la garce blonde qui n’était pas sur la scène, ce qui l’étonna. Devant Oceany qui n’avait pas un si mauvais fond, à bien y réfléchir. Mais sans Juan, son frère, le seul membre de sa famille,
le seul qu’elle avait aimé plus qu’elle.
L’homme de main d’Oxford s’approcha de la cage et ouvrit la porte. Elle se tassa vers le fond, pour tenter de lui échapper, mais elle était totalement impuissante, tout effort de résistance serait
réduit à néant. Un robot entra dans la cage et lui passa des menottes, avant de la pousser à l’extérieur de son abri. Elle se retrouva ainsi sur scène, attraction pathétique d’un spectacle qui
l’était tout autant : comment l’homme pouvait-il prendre du plaisir à voir un des siens mourir ? Elle ne le comprendrait plus jamais, tout comme ces dizaines de questions qu’elle n’aurait plus le
temps de se poser. Au moins, la mort lui apporterait la paix. Là-haut, il n’y avait pas d’élitaires ou d’exclus, tout le monde était l’égal de l’autre.
Les robots la soulevèrent et la couchèrent sur une planche en bois, plaçant sa tête sous la lame qui étincelait, menaçante. A présent, ses larmes lui brouillaient la vue, elle ne distinguait plus
rien, ce n’était peut-être pas plus mal, elle ne voulait pas avoir les idées claires, c’était trop dur. Cependant, elle avait un dernier message à passer.
« Vous allez tous crever, j’ai mis des bombes à retardement dans les piliers, ça va pas tarder à vous exploser à la figure, c’est bien fait, je vous hais tous, vous ne voyez pas plus loin que le
bout de votre nez, vous ne voyez pas le malheur de ceux qui vous sont inférieurs, vous ne voyez pas que vous êtes esclave de cet enfoiré d’Oxford et de sa salope de femme.
– Et bien, en voilà une demoiselle bavarde, je suis obligé de lui couper la parole, en attendant de lui couper la tête. »
Oxford sembla très satisfait de son sinistre jeu de mots, puis il disserta pendant deux minutes sur la répression qu’il était obligé de mettre en place et sur la paix qui allait bientôt régner dans
cette ville dont il était l’heureux maire.
Oceany sentit une larme couler sur sa joue et elle s’empressa de la cacher derrière son masque, pour éviter qu’on puisse la voir, ça pourrait paraître suspect. Elle prit Oliver dans ses bras et le
força à regarder le mur de l’autre côté, pour qu’il ne puisse pas voir la scène, ce qui ne sembla pas le déranger. Il était fatigué et elle le sentait s’endormir dans ses bras. Elle se mit à
pleurer un peu plus fort, ne pouvant s’arrêter et elle sentit soudain une main sur son épaule. Elle se retourna et vit Ethan, anormalement pâle, visiblement aussi bouleversé qu’elle. Sans rien lui
demander, il prit le petit garçon dans ses bras et resta près de sa maîtresse. Elle avait besoin de sa présence, elle avait du mal à rester stoïque, elle devait se sentir fautive.
Oxford termina son discours, puis fit signe aux robots qui défirent le nœud qui retenait la corde à laquelle était attachée la lame, puis après le roulement de tambour, ils lâchèrent tout. En deux
secondes, tout était terminé mais Oceany crut que ça avait duré une éternité et manqua de s’évanouir sous le choc. Le public resta un instant silencieux et se mit à applaudir à tout rompre, heureux
de ce spectacle : étaient-ils donc tous fous ? Maria était morte et ils étaient heureux, mais quels monstres étaient-ils ? Elle avait envie de prendre ses jambes à son cou et de fuir loin d’eux,
mais elle ne pouvait pas, ça la trahirait à coup sûr.
Les lumières se rallumèrent et Mark se précipita vers elle ; heureusement, grâce à son masque, il n’avait pas vu qu’elle avait pleuré.
« Mon père m’avait prédit une belle surprise mais je ne m’attendais pas à ça.
– Moi non plus.
– J’espère que ça vous a plu. J’ai trouvé ça vraiment bien.
– Vous êtes sérieux ?
– Bien sûr ! Vous n’avez pas aimé ?
– Comment pourrais-je aimer voir la mort de quelqu’un devant mes yeux ? Vous croyez que je n’en ai pas assez vu pendant la guerre ? Je trouve ça horrible, je ne comprends pas que ça puisse vous
réjouir, je suis très déçue. Je vais rentrer chez moi, Oliver ne tient plus debout.
– Mais Oceany, ce sont nos fiançailles.
– Et alors ? Je n’ai plus envie de rester. »

—–

Ethan embrassa tendrement l’épaule de sa compagne mais il sentit bien qu’elle était ailleurs. Sans doute repensait-elle aux événements de la soirée, ça l’avait profondément
secouée.
« Arrête de te ressasser tout ça, ça ne sert à rien et ça te fait du mal.
– Je n’ai rien pu faire pour la sauver, répondit-elle d’une voix chevrotante. J’ai été trop faible, je suis incapable de lutter contre lui.
– Tu n’aurais rien pu faire de toute façon, tu me l’as dit toi-même.
– J’aurais dû essayer.
– Pour quoi faire ? Pour te faire guillotiner à ton tour ? Trop de gens ont besoin de toi, ça aurait été tellement bête…
– Tout est de ma faute, c’est moi qui l’ai tuée.
– Tu dis n’importe quoi.
– Si je ne m’étais pas disputée avec elle, elle ne serait pas partie et elle ne serait pas morte, c’est tout. Je me sens tellement responsable, et que va dire Juan ?
– Il sait aussi bien que moi que tu n’y es pour rien. Arrête de te torturer, s’il te plaît.
– Et tous ces gens qui ont applaudi, qui ont…Seigneur, ne ressentent-ils donc plus rien ? Qu’est ce qu’il se passe ?
– Je n’en sais rien, ils n’ont pas vu les choses de la même façon que nous, ils ne connaissaient pas Maria, ils…
– Mais c’est monstrueux d’applaudir la mort d’un autre, c’est révoltant. Comment Oxford fait-il pour être toujours aussi plébiscité, ça m’échappe. Je te jure qu’il va le payer, il ne peut pas s’en
tirer comme ça.
– Ne fais pas n’importe quoi.
– Ne t’en fais pas, je ne veux pas le rater, ni sa chère épouse, je crois qu’elle est encore pire que lui. Je ne sais pas encore ce que je vais faire, mais ça ne restera pas impuni, je suis prête à
tout pour ça. Déjà, je vais rompre mes fiançailles avec Mark, je ne veux pas rester avec lui. Il est aussi cruel que son père, je le déteste.
– C’est la pire des choses à faire. Kelly t’a à l’œil, il faut que tu rentres dans ses bonnes grâces et c’est pas comme ça que tu vas y arriver.
– Je sais, mais je peux vraiment pas. Il s’est réjoui de voir Maria mourir, rien que pour ça, je ne supporterai plus qu’il m’approche.
– Chut, arrête, maintenant, tu as besoin de te reposer. Laisse tomber toutes ces idées de vengeance, on verra tout ça demain. »
Il l’enserra tendrement et l’embrassa dans le cou, mais ça n’eut pas l’effet souhaité, elle resta totalement inerte, continuant à ruminer ses idées noires.

—–

« Maintenant, j’en suis sûre, elle s’est trahie ! »
Bryan leva les yeux et regarda Kelly qui tournait en rond dans la salle, d’un air triomphant. Ils avaient dû dormir à peine quelques heures à cause de la réception et elle semblait en pleine forme.
Comment faisait-elle ?
« De quoi parles-tu ? demanda-t-il.
– De quoi je parle ? Mais enfin, tu dors ou quoi ? D’Oceany ! Tu aurais vu sa tête quand vous avez exécuté Anna !
– Maria.
– Peu importe ! Elle n’a pas voulu rester avec moi pour ne pas me montrer son émotion, mais je ne suis pas dupe. Maintenant, je sais que c’est elle, l’élitaire qui fait partie des rebelles, mais je
n’ai pas de preuves, ça m’agace. Alors… j’aurais besoin de toi.
– Qu’est ce que tu veux que je fasse ? Je ne vois pas comment t’apporter ces preuves !
– Envoie-lui des messages subliminaux lui intimant l’ordre de se rendre, c’est pas plus difficile que ça.
– En fait, si, il y a un gros problème. Elle ne se sert quasiment plus de son ordinateur, je ne vois pas comment je pourrais lui envoyer des messages sans ça.
– Merde ! Mais comment ça se fait ? On ne peut rien faire sans ordinateur !
– La preuve que si.
– Je vais trouver une solution, je n’ai pas le choix. En attendant, surveille-la de près, je veux tout savoir.
– Je ferai mon possible mais si elle ne se sert pas de son PC, c’est impossible.
– Débrouille-toi, c’est tout. »
Elle quitta la pièce, énervée. Mais pourquoi tenait-elle tant à éliminer Oceany, ça n’avait aucun sens. Bien sûr, elle souhaitait étouffer tous signes de résistance, c’était tout à fait
compréhensible. Mais rien ne pouvait permettre d’accuser Oceany et cet acharnement le dérangeait. Il était bien décidé à savoir ce qu’il se cachait derrière tout ça.

—–

Mark se retourna et fut surpris de découvrir sa belle-mère juste derrière lui. Comment était-elle arrivée ici sans se faire remarquer ? De toute façon, elle n’avait rien à
faire à la mairie, il n’aimait pas la voir traîner par-là. Elle semblait cacher des choses et il ne serait pas surpris d’apprendre qu’elle faisait partie des rebelles et que c’était elle qui avait
aidé Kirstie à s’enfuir.
Elle s’avança vers lui et sourit :
« Bonjour, Mark, bien dormi ?
– Pas vraiment : je me suis fâché avec Oceany.
– Quoi ?
– Elle n’a pas du tout apprécié le spectacle, elle a trouvé ça atroce et elle est partie avant la fin de la soirée. J’avais vraiment l’air idiot, après.
– C’est une jeune fille très étrange, tu ne trouves pas ? Je me demande si elle ne cache pas quelque chose.
– Bien sûr que si, et je sais très bien de quoi il s’agit, il faudrait être aveugle pour ne pas s’en apercevoir.
– Je n’ai rien remarqué, moi.
– Enfin, c’est évident : elle a une liaison avec Wadeker.
– Hein ?
– Ils ne se sont pas quittés de la soirée ou presque et c’est avec lui qu’elle est partie, c’est à lui qu’elle a confié son frère, c’est lui qu’elle regardait tout le temps…mais qu’est ce qu’il a
de plus que moi ? C’est un nul, un moins que rien ! Je suis supérieur à lui, je ne comprends vraiment pas.
– Tu te fais peut-être des idées.
– Arrête, je suis pas idiot, je sais ce que je dis. Mais c’est pas grave : c’est moi qu’elle va épouser et je te jure qu’elle va l’oublier, ce minable.
– Je n’en doute pas.
– Bon, je dois aller voir papa, il veut me dire un truc et tu sais qu’il n’aime pas le retard.
– Bien, de mon côté, je vais rentrer. »
Le jeune homme repartit en la laissant seule. Il lui avait donné une information très intéressante, elle pourrait peut-être s’en servir pour neutraliser Oceany.

—– 

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Réminiscence des désirs passés

L’autre jour, je m’octroyais une petite sieste digestive avant de reprendre le boulot. Oui, il faut bien recharger les batteries pour être efficace et vu la chaleur ambiante, il faut bien. Bref, alors que je somnolais, je laisse mes pensées divaguer, ce qui donne parfois de drôles de résultats. A un moment, mon cerveau en surchauffe me propose un scénario étrange : je recevais un mail d’un mec qui me fit craquer dans le temps (mais avec qui il ne s’est jamais rien passé) qui me parlait d’une soirée qu’on avait passé ensemble, genre : « ces derniers temps, j’ai beaucoup pensé à cette soirée, blablabla ». Je sors de mon demi-sommeil et je fronce les sourcils : pourquoi je pense à ça, tout à coup ?

Dans ma vie, j’en ai croisé des hommes qui m’ont fait craquer sans que je puisse conclure, à l’arrivée. Soit parce que l’un de nous était en couple (voire les deux), soit parce que je ne lui plaisais pas, soit parce que je n’ai jamais osé faire le premier pas. Bref, si j’arrive à oublier et aller de l’avant (Dieu merci), de temps en temps, mon subconscient me fait une petite piqûre de rappel, je sais pas bien pourquoi. C’est souvent dans mes rêves qu’ils reviennent. Des gens à qui j’ai pas pensé depuis longtemps et tout à coup, ils sont là. Est-ce parce que je n’ai de désir pour personne à un moment donné que ma vie que mon cerveau, en manque de tendresse et d’affection (et de sensations fortes, aussi), reprend des hommes qui m’ont attirée tantôt pour exprimer ses envies ? Oui, après tout, c’est pratique et je me sens moins con au réveil que lorsque je rêve d’embrassades sauvages avec Sawyer dans la jungle, ça fait moins midinette.

Ce qui m’étonnes toujours c’est que des sentiments oubliés (même si sentiments est parfois un mot un pour fort pour parler d’un grande attirance) peuvent revenir sans qu’on s’y attende. L’autre nuit, j’ai même rêvé du garçon qui faisait battre mon cœur… au collège ! Bon, à la fin, je lui posais un lapin parce que j’avais une énigme à résoudre dans un château et j’avais pas le temps d’aller au rendez-vous (non, je ne prends aucune drogue). Mais ce sont généralement les mêmes qui reviennent. Parfois, ce sont des exs, aussi, mais rarement tous mes exs, juste ceux que j’ai aimé d’amour. Me souviens, l’autre nuit, j’ai rêvé que j’étais en plein pelotage avec Guillaume the first et à un moment, je me disais : « merde, ça va faire bizarre de recoucher avec lui » parce que ma sexualité de l’époque n’est plus celle de maintenant.

Mais celui qui a la palme du retour dans mes rêves et qui y revient un peu trop régulièrement à mon goût, c’est Fabien, alias le démon tentateur. Je rêve de lui environ tous les deux mois, c’est cyclique. Et c’est souvent le scénario « enfin libres de nous aimer, rattrapons le temps perdu youp la boum ! ». En général, ces rêves interviennent quand je suis en phase de rapprochement avec un beau mâle (donc en fin de célibat), soit quand je suis en phase de tentative d’oubli d’un mec qui a fait bobo à mon cœur. Genre : « oublie celui-là et pense à moi… ». Bon, ça soigne pas les bobos mais c’est curieux quand même. Y a des fois, je me demande si je devrais pas le recontacter mais pour lui dire quoi : « bon, en fait, y a quatre, cinq ans, je fantasmais sur toi comme une malade, si on couchait ensemble, ça m’aiderait à aller de l’avant, tu sais. » Mais bien sûr, tellement fin ! Ca fait trois ans que ce mec n’a pas de nouvelles de moi et je vais lui balancer ça… Et je serai même pas là pour voir sa tête à la lecture de mon mail, en plus ! Non, je crois que je n’ai pas pu saisir ma chance au moment où on se fréquentait, je crois pas que ça puisse le faire maintenant. Puis je sais même plus il vit, il a peut-être quitté la France, il s’est peut-être marié, il est peut-être devenu tout moche… Bref, à moins d’un formidable hasard, il restera qu’un fantôme de mes rêves troubles (ooooooh !). Quoi qu’il n’y a pas que les rêves qui me font penser à lui, il y a aussi une chanson, « Only dreamin’ » de K’s Choice. Dès que je l’entends, c’est son visage qui apparaît. Alors que je ne l’ai jamais entendu en sa présence mais je sais pas, cette chanson, je l’écoutais à l’époque et elle me fait irrésistiblement penser à lui… C’est pour ça que je l’écoute pas souvent, d’ailleurs.

N’empêche que ses rêves me rendent en général nostalgiques. Parce que vu que je le fais en période de manque affectif, forcément, quand je me réveille et que je suis seule, je la sens bien ma solitude. Je voudrais un câlin mais y a personne pour me le faire. A part Kenya mais ça compte pas, c’est un chat… Puis repenser à ces amours ou attirances passées qui n’existent plus aujourd’hui pour la majorité, ça me fait réfléchir. Quand on aime, on croit toujours que c’est pour la vie, qu’on ne verra jamais un autre homme que lui, le beau, le fantastique, le parfait. Et finalement, le temps fait son œuvre et on finit toujours par oublier, même si ça prend du temps des fois (et j’aime pas quand ça prend du temps). Et oui, celui qui faisait battre notre cœur hier nous rend indifférente aujourd’hui. Quoi que si on rêve, il doit rester encore quelques braises tièdes…

J’ai aussi une autre théorie. En fait, certains de ses hommes, je n’ai pu les avoir car ado, j’étais pas jolie, jolie… Et puis super renfermée donc ça aide pas. Or aujourd’hui, je me sens mieux dans ma tête et je suis quand même pas mal mieux. Donc mes rêves, quelque part, ils me vengent : ces hommes que je n’ai pu avoir dans le temps, je pourrais les avoir maintenant. Bon, c’est mon subconscient qui me raconte ça, c’est peut-être même pas vrai mais on s’en fout.

Outre les rêves, ce sont aussi des lieux, des bruits, des odeurs. Des objets, aussi. Des petites choses qui tout à coup vous foutent le cafard sans raison. Mardi, je suis allée faire quelques courses dans mon centre commercial voisin et je suis passée devant le café où Alex et moi avions eu notre dernière entrevue, notre rupture officielle, en somme, et ça m’a foutu le blues. Alors que j’y vais souvent dans ce foutu centre commercial mais là, ça m’a prise, comme ça.

C’est curieux comme des fois, des choses nous reviennent sans raison particulière. Des fois, ça nous plonge dans une douce nostalgie. Mais des fois, ça vous fout une journée en l’air.

J’’ai honte

Hier soir, j’ai pris une petite leçon de vie qui m’a bien refoutue à ma place. J’appelle ma mère pour discuter un peu et la rassurer sur mon état de santé et tout ça (et lui faire savoir que non, chuis pas morte). Après m’avoir donné un bulletin de santé de ma brave Kenya qui a élu domicile chez le voisin trentenaire (celle-là, dès qu’il y a un mec dans le coin, faut qu’elle aille le coller !), elle me raconte un peu la vie de certaines personnes, et c’est pas gai.

Première histoire : l’ex de Yohann, mon presque-frère, qu’elle a croisé avant-hier. Jeune fille belle comme le jour et adorable, intelligente et tout ça mais qui a vraiment une vie de merde. Son père est mort il y a deux ans d’un cancer, sa mère est décédée six mois plus tard d’un accident de la route puis son mec vient de perdre son père à son tour donc il a quitté la demoiselle. Du coup, elle a décidé de partir, de quitter la France et elle a un gros sentiment d’injustice, on comprend pourquoi…

Deuxième histoire : un couple, fraîchement trentenaire, s’apprête à avoir son premier enfant. Lors de l’accouchement, la mère fait une grave attaque cérébrale. Depuis, elle est tétraplégique, elle ne bouge plus que la tête mais comprend parfaitement ce qu’il se passe puisqu’elle reconnaît son bébé et fait de graves crises de nerfs. Quant au bébé, il est lourdement handicapé.

 

Quand vous entendez ça (et c’est véridique !), deux pensées vous traversent l’esprit :

– pourquoi le sort s’acharne comme ça sur les mêmes personnes ? Et accessoirement comment on arrive à continuer à vivre malgré tout ?

– je devrais avoir honte de chouiner sur mes petits soucis.
 

Analysons rapidement ma vie pour voir où on en est. Boulot : ok, un stage, c’est pas un CDI mais c’est ach’ment mieux que le chômage et puis ça me plaît donc pas de soucis majeurs. Evidemment, je pourrais râler sur le salaire (oui, en stage, on gagne pas le smic), sur le fait que je bosse chez moi et qu’il y a des jours, j’aimerais avoir une vraie vie sociale mais vraiment, c’est de l’anecdotique. Vie amicale : Lucie vient de partir mais elle n’est pas morte et grâce aux moyens à notre disposition, je mettrai pas 11 mois à avoir de ses nouvelles. Vie familiale : R.A.S. Vie amoureuse : oui ben j’ai souffert ces derniers mois, beaucoup pleuré mais il n’est pas mort et moi non plus. Et si je me sens pas prête à retomber amoureuse pour le moment, ça n’empêche pas la tendresse et l’affection avec de beaux jeunes hommes. Bref, globalement, ma vie n’est pas parfaite mais quelle vie l’est, de toute façon ? Ma période de lose n’est plus qu’un mauvais souvenir, mine de rien, j’ai arrêté de guetter la prochaine catastrophe. Et c’est très reposant.

Bref, quand on voit comment c’est ailleurs, nos propres problèmes sont relativisés. On a tous nos petits soucis, c’est humain. Des fois, on se noie dans un verre d’eau, on considère un petit souci comme un énorme problème alors que si on le regarde posément, il n’y a rien d’ingérable. Le chômage, c’est chiant mais ça ne durera pas toute la vie, j’ai bien réussi à m’en sortir, pour le moment. Et sans que je force les portes des rédactions en plus. L’amour, ça reviendra quand ce sera le moment. A écouter mes exs et mes futurs, je suis un fille fantastique. Hé oui, même mes exs, ils disent du bien de moi, c’est que je dois vraiment être terrible. Je n’ai jamais eu de soucis de santé majeurs, j’ai une famille solide… Ben, voilà, je regarde les cartes que j’ai en main et finalement, j’ai un bon jeu (ça change, j’ai jamais de chance au jeu, je ramasse toujours les pires cartes !). Mais plutôt que de me focaliser sur ces pécatilles, je devrais savourer ma chance, mon immense chance d’être celle que je suis avec ce que je possède (matériellement ou spirituellement), ceux qui m’entourent…

Hier soir, en raccrochant, j’avais le moral à la baisse, tout comme ma mère qui doit soigner cette maman tétraplégique. Puis j’ai eu honte, j’ai eu vraiment honte. Comment puis-je oser me plaindre ? J’avais tellement de peine pour ces gens-là qui souffrent réellement, qui sont brisées à 20 ou 30 ans… Moi, à 26 ans, je n’ai finalement rien vécu de réellement dramatique. Evidemment, j’ai perdu des êtres chers mais j’ai encore mes deux parents et ma sœur, je n’ai jamais perdu un ami. Je n’ai jamais eu de graves maladies ni d’immenses pépins.

Bref, hier soir, j’ai compris que ma vie était belle. Maintenant, quand je baisserai les bras face à une petite colline, je penserai à la montagne que d’autres doivent gravir. Et je suis sûre que ça ira de suite mieux.

Faut-il dire à sa meilleure amie qu’’elle est cocue ?

L’autre soir, j’ai passé la soirée avec, entre autre, larouquine. Durant nos conversations, voilà qu’on lance un grand débat : doit-on dire à sa meilleure amie qu’elle est cocue. Donc avant d’aller plus loin dans mon article, je tiens à préciser à nos meilleures amies respectives si elles lisent cet article qu’on parlait dans l’absolu et non pas rapport à une situation existante. Autrement dit : pas de panique, les filles, zêtes pas cocues.

 

Bon, faisons une petite mise en situation. Oui, je sais que tu aimes ça, lecteur et moi aussi, alors on y va gaiement. Donc voilà, prenons une meilleure amie type que nous appellerons Charlotte. Et notre amie Charlotte sort avec Etienne, qu’elle aime très fort et qu’elle veut même vivre avec lui et lui faire des bébés. Bref, le big love quoi. Un soir, vous allez au bar avec Paolo, votre voisin buonito qui vous a enfin adressé la parole et qui veut visiter votre culotte (oui, quitte à faire des mises en situation, autant se faire plaisir). Et là, qui voyez vous à une table pas
loin en train de lécher la pilule à une fille même pas belle ? Etienne. Et la fille même pas belle, c’est pas Charlotte. Argh que faire ? Que faire ? Dans le moment présent, deux solutions :

– se tirer le plus vite possible.

– aller saluer Etienne histoire de bien lui foutre la honte et si je peux lui balancer son verre à la figure, tant qu’à y être…

Bon, il me paraît plus raisonnable de choisir la solution une. Et même si je choisis la solution deux, le problème reste le même : je rentre avec Paolo et un terrible secret. Bon, quoi qu’il arrive, j’en parlerai à Etienne, histoire qu’il sache que je sais. Mais après, reste la terrible question : dois-je dire ou dois-je me taire ?

Ca pose toute la question de l’amitié, la vraie. Doit-on se mêler des amours de ses amis ? J’aurais tendance à répondre non car les histoires d’Etienne et Charlotte ne me regardent pas. A partir du moment où on ne me demande pas de conseils, je n’ai pas à en donner. Donc si on suit cette logique, je ne dois rien dire à Charlotte. En effet, je ne suis pas la troisième roue du tricycle : ce qui se passe entre eux ne me regarde pas directement donc qu’ils se démerdent. Par ailleurs, tout dire à Charlotte, c’est la faire souffrir. Ce que l’on ne sait pas ne nous fait pas mal. Et puis, s’il le faut, c’était juste un coup comme ça, Etienne a été infidèle une nuit, est-ce que ça vaut la peine de tout déballer ? Après tout, c’est lui qui doit vivre avec cette culpabilité car si elle sait qu’elle est cocue, elle va rentrer dans le cycle du « mais je ne suis pas parfaite, qu’est-il allé chercher ailleurs ? ».

 D’un autre côté, Charlotte aime Etienne et veut faire sa vie avec lui. Or monsieur est du genre cavaleur et il faudrait peut-être tout dire avant qu’ils ne s’engagent trop. Plus on attend, plus ça va faire mal, non ? Par ailleurs, si Charlotte apprend par quelqu’un d’autre qu’Etienne embrasse des filles même pas belles par quelqu’un d’autre et, qu’au passage, elle l’apprend que je sais, elle risque de se sentir doublement trahie. Par l’autre goujat et par moi. Parce que comment lui expliquer que je me suis tue par amitié ? Par ailleurs, si je ne dis rien, va falloir que je prenne des cours de comédie. Quand Charlotte m’annoncera qu’ils vont emménager ensemble, je devrai hypocritement répondre : « ouah, je suis heureuse pour toi » au lieu d’un franc « mais ce type est une enflure ! ». Et moi, je suis pas une comédienne née, il faut le savoir.

Bon, retournons le problème. Je suis avec Sagamore depuis X temps et je l’aime, je veux lui faire des bébés et tout ça. Oui, Paolo, c’est le mec qui me drague, Sagamore, mon namoureux dans mes mises en situation. Bon, bref, Sagamore, c’est trop le mec de ma vie, celui avec qui je veux partager mon patrimoine génétique parce qu’on fera de trop beaux enfants et je veux vieillir avec lui, main dans la main, même pas peur de le voir décrépi. Un soir, Charlotte le voit lécher la pilule d’une nana. Est-ce que je voudrais qu’elle me le dise. Et bien non…et oui.

Non car comme je disais plus haut, si je sais pas, je suis pas malheureuse. Pas mal de personnes sont, un jour, infidèles. Ca n’excuse pas tout mais s’il le faut, ça n’a été qu’une fois et Sagamore m’aime de tout son cœur alors bon… Ceci étant, je suis pas sûre d’apprécier le rôle de la cocue naïve bien longtemps. Parce que, mine de rien, quand je parlais de Sagamore et de nos amours, Charlotte va tirer une sacrée gueule. Alors soit je suis tellement amoureuse que je vois rien, soit la nouvelle froideur de Charlotte vis-à-vis de mon super amour de ma vie va me gonfler.
Elle est jalouse ? Pfffff, pauv’ fille, va ! C’est sûr que son Etienne, il risque pas d’être infidèle y a bien qu’elle pour en vouloir.

Oui parce que j’aime pas être le dindon de la farce. Au moins deux personnes seront au courant de cette infidélité dans mon entourage, trois, si la fille même pas belle est connue de ma personne
(alors, là, elle a intérêt à courir vite, je vais pas la rater). Et ce genre d’infos, ça circule vite, si bien qu’à l’arrivée, tout le monde le saura sauf moi. Donc imaginons que Charlotte me le dise, première réaction : aller sonner les cloches à Sagamore. Elle, je lui en voudrai pas. C’est ma meilleure amie, elle m’a pas dit ça pour me nuire. Deux options : soit Sagamore est un connard et en profite pour filer tout droit dans les bras de l’autre moche. Soit il m’aime, il s’en veut terriblement et après avoir fait la gueule quelques jours, je lui pardonne. Oui, quand
on aime, on peut passer sur beaucoup de choses (hélas ou pas). Et puis si c’était juste un coup d’un soir, je peux pardonner. Bref, du coup, Charlotte peut soit lui pardonner aussi, soit jouer la troisième roue du tricycle et me saouler à coups de « non mais c’est un connard, un mec qui t’a trompée une fois recommencera et tout ça… ». Je ne pourrai décemment pas lui en vouloir. Moi, c’est pareil quand quelqu’un fait du mal à un(e) ami(e), j’ai plus envie de le pendre par les tripes que d’aller boire un verre avec lui en tout amitié, soyons honnête. Mais une amie ne
doit-elle pas respecter mon choix ? Parce que s’il y a un truc que j’aime pas, c’est que mes amis s’insinuent dans mon couple. C’est déjà suffisamment compliqué à deux donc si je demande pas de conseils, c’est que j’en veux pas.

Bon, ben, voilà, on retourne le problème dans tous les sens, aucune réponse ne semble plus évidente qu’une autre. Larouquine m’a dit qu’elle, elle ne dirait rien. Moi, je n’en sais rien, je suppose que ça dépendra du Etienne : si je sens le connard irrécupérable, je le vendrai. Sinon, je me tairai.

Et hop, un autre chapitre!

Par Tatiana25 avril

Ou la la il fait faim ! Ce matin on a pris le car pour aller à Veracruz et on est tombées sur une compagnie de bus qui donne pas à manger. Seulement le voyage dure quand même six heures. Hier on a passé une journée de folie, on a couru dans tous les sens : immigration, courses, déposer nos affaires chez les parents de notre pote…Sa mère super gentille nous a filé des barres de céréales. On avait sûrement l’air affamées et épuisées. Son frère nous a sorties (ils sont du genre assistance sociale dans la famille), enfin que du bonheur quoi. Et ce matin on a fini par quitter le DF : ville pourrie ! Vivement la plage !

1er mai


Allez : re-bus. 8h dans l’inconfort le plus total, à côté d’un vieux qui pue (ben oui c’est toujours pour ma pomme ces trucs là). Bon alors, Veracruz on y est restées deux jours seulement et je vais vous dire pourquoi. Quand on est arrivée là-bas, on descend du bus à -15C° et là, grosse grosse vague de chaleur. Oh lala mais que se passe t’il ? C’est sûrement parce qu’on est entre deux bus et qu’il y a la chaleur des moteurs. Ah… euh non c’est la chaleur de la ville oups ! Dommage. Au secours la chaleur tropicale, on se serait cru dans un sauna, mais véridique hein sans aucune exagération. Même allongée sur un lit tu transpires tout ce que tu peux sans t’arrêter jamais. Moi j’ai pas super apprécié la ville, vu que Mr Ex est passé par la avec sa p… (oui aujourd’hui j’ai envie d’être un peu vulgaire, vous ne m’en voulez pas j’espère). Donc vu que j’ai plutôt de l’imagination, j’ai eu le loisir de bien me les représenter main dans main, écouter de la musique et tout, et tout. Parce qu’en fait il faut savoir qu’il y a des musicos partout dans cette ville. C’est en quelque sorte la fête de la musique tous les soirs. Veracruz est quand même joli comme ville, tu trouve encore des bâtiments style coloniaux. C’est un peu sale mais comme pas mal de villes au Mexique.


Ensuite, direction Catemaco, petit tout petit village au bord d’une espèce de lagune. Ce village est plein de grigris et talismans car c’est en ce lieu que se déroule le congrès des sorciers chaque année. Franchement, trop mignon le bled, on aurait dit que le temps c’était arrêté là-bas. Les gens fonctionnaient au ralenti mais pire qu’ailleurs dans le pays. Le côté négatif c’est que ben forcément y avait rien à faire, alors on est pas restées. J’ai hésitée à me faire désenvoûter mais finalement j’y ai renoncé par manque de confiance. Ca m’aurait déplu de ne pas savoir ce qu’il me fait le sorcier. Le lendemain c’était une nouvelle fois journée bus ! Oui, au Mexique le bus aimer tu dois.

Atterrissage à Villahermosa qui n’est pas hermosa du tout. C’est très très crado comme ville et il fait encore plus moite qu’à Veracruz. Mais c’est une étape obligée pour aller à Palenque. Et donc à P on a visité les ruines bien sûr qui sont dans la forêt : oh la belle verte !! Non mais c’est vraiment beau et c’est marrant je trouve ça encore plus beau en photo. Vous avez le meilleur bande de veinards ! Le meilleur à Palenque c’était Agua Azul : les eaux azur et elles portent très bien leur nom. C’est une super longue cascade d’eau avec des bassins naturels. Avec la pression ça fait des jacuzzis naturels, autant dire le pied total. De l’eau cristalline qu’on a envie de boire. Rien que d’en parler ça me fait rêver… Comme Disney quoi (comprenez le slogan « rien que d’en parler ça fait rêver »). La particularité de Palenque c’est qu’ici les pharmacies sont comme en France, on y trouve ni clopes, ni bouffe, ni autres trucs chelous, mais… des médocs !! L’explication c’est que les pharmacies ne faisaient pas assez de bénéfices en vendant seulement des médicaments. Alors elles ont diversifié leur offre. C’est ainsi qu’on a toujours acheté nos clopes en pharmacie. On se rapproche tout doucement de la plage avec en dernière étape : Merida.


Le 4 mai

Finalement, on a pas vu grand-chose de Merida. On est arrivées de nuit et on est parties tôt le lendemain pour le site de Chichen Itza. Les ruines de ce site sont magnifiques (enfin moi j’ai adoré) mais la chaleur très rude. Surtout entre midi et deux. Le seul hic c’est que c’est tellement touristique, qu’ils ont aménagé ça à la Disneyland Paris. Arrivée sur Cancun de nuit. Mais quelle nuit ! On a atterri dans un hôtel miteux dans les quartiers pauvres de la ville vu que nous on avait pas assez d’argent pour jouer nos gringas. Tout est écrit en Anglais, ça fait très succursales des USA. Tout est hors de prix par rapport au reste du pays. Petit exemple : une course de taxi à 30 pesos coute ici 150. Forcément on y est restée qu’une nuit et on est parties direct à Isla Mujeles tôt le lendemain. Mais attention on y est allées sur le ferry des pauvres ! Mais c’est quoi vous allez me dire ? Ben en gros c’est une plate forme flottante ou y a pas un seul touriste à part nous trois et que des Mexicains qui nous regardent bizarrement. Accessoirement y avait aussi plein de marins, ça c’était rigolo.

La prochaine fois vous aurez le droit à la partie Caraïbes de mon voyage.

Du sexe avec une célébrité : un fantasme à réaliser ?

L’autre jour, j’ai écrit un article dans lequel je parlais de « Sagamore », en référence à Sagamore Stévenin. Oui, c’est pas parce que j’ai pas de moitié en vrai que je ne peux pas parler amour ou autre. Mon fiancé virtuel, avant, c’était Brad mais comme j’ai eu un vrai copain pas virtuel du tout depuis, le nouveau, c’est Sagamore parce que je fais pas dans le réchauffé. Bref, voyant cela, une lectrice me proposa gentiment de me filer les coordonnées de ce monsieur mais je refuse, ne sachant qu’en faire. Car après tout, autant c’est rigolo de fantasmer
sur une célébrité, autant le concrétiser, non.

Bon, imaginons, imaginons. Nina est seule dans son lit, elle imagine de belles histoires de princes charmants et de princesses. Dans le rôle de la princesse, moi, forcément. Dans le rôle du prince… Bon, comme je n’ai aucun plan M pour le moment, prenons un choupinou célèbre, ça fera l’affaire. Donc au hasard, notre ami Sagamore. Voilà un prince doux, prévenant aux attributs royaux conséquents. Oui, comment vous croyez, vous, que prince et princesse « eurent beaucoup d’enfants », par insémination artificielle ? Bon, bref, vous saisissez
l’idée. Bon, comme j’ai beaucoup d’imagination et que j’ai du mal à m’endormir, j’ai le temps de fantasmer, avec plein de scénarii différents et tout.

Un jour, voilà que je me promène dans la rue. « Lalalalala ». Soudain, qui vois-je ? Sagamore himself ! Bon, cette scène est totalement fictive puisque je pourrais croiser mon père dans la rue que je ne percuterais même pas. Mais bon, on continue ! Donc, je croise M. Sagamore et lui, il me remarque aussi, il me propose de boire un verre. Bon, on discute, blabla, puis il me propose un dernier verre chez lui. Bon, comme j’ai plus 15 ans, j’ai pas la naïveté de croire qu’un mec m’invite à un dernier verre juste pour me parler de la pensée philosophie de Kierkegaard. Donc, toute émoustillée, j’accepte. Oui parce que quitte à être dans la supposition, il est acquis que pour l’occasion, je serai épilée, j’aurai mes plus beaux dessous et j’aurai même pas mes règles.

Bref, lui et moi, moi et lui sur un canapé à quand même boire ce dernier verre et ce qui devait arriver arriva, nous nous embrassâmes passionnément avant de finir en brouette. Bon alors, déjà, vous aurez noté que jusqu’à la brouette, M. a un comportement irréprochable. C’est déjà de l’ordre du fantasme. M. étant un peu connu, il pourrait me croiser dans la rue et faire : « hé poulette, ça te dirait de baiser avec une célébrité ? ». Heu… Ben non, là, j’ai pas le temps, j’ai ma casserole de lait en double file ! Bon et même s’il est gentleman, il pourrait être très mauvais amant ou me sortir un « alors, ça te fait quoi d’avoir couché avec une star ?» à peine a-t-il fini de jouir. Heu… Ah, il faut que j’y aille, mon
chat a l’appendicite, là. Bref, entre la réalité, pas toujours glamour, et le fantasme, toujours délicatement sensuel, il peut y avoir une sacrée différence. Non parce qu’on sait jamais, Sagamore, il peut être goujat, SM hard, podophile (non, y a pas de fautes, c’est un amateur des pieds !), petite bistouquette, bande mou, éjaculateur précoce…

Bref le mythe serait brisé. Tu vas me dire, et alors ? Au moins, le fantasme sera réalisé. Ouais mais finalement, j’aurais préféré que ça reste un fantasme car même si la liste de mes fantasmes sur des célébrités sont longues, ça fait chier quoi. En plus, j’ai rien d’une midinette et côté « fan qui couche avec sa star » (à dire avec une voix de pétasse), ça me fait pas triper, il faut être honnête. Déjà quand j’ai reçu le mail de la demoiselle, je me suis demandée ce que je pourrais en faire. Fureter dans son quartier en espérant le croiser ? Je le fais plus depuis mes 16 ans. Et puis j’ai pas le temps. Et puis avec le bol que j’ai, il habitera forcément à l’autre bout de Paris. L’appeler alors ? Ah, j’imagine ça d’ici :

« Allo Sagamore ?
– Heu… Oui, c’est qui ?

– Je m’appelle Nina et j’ai 26 ans et je te trouve trop trop beau.

– Merci. Et ?
– Ca te dirait qu’on aille boire un verre un de ses 4 ?

– Ah…euh…Je peux pas, je dois m’épiler les genoux. Et puis je suis marié et en plus, je suis podophile. »

Toutes mes répliques sont à dire avec ma voix de pétasse option suraiguë hystérique. Bref, ça pourrait être très rigolo mais la dernière fois que j’ai appelé un mec pour lui déclarer ma flamme (j’avais 16 ans), je me suis pris un vent donc curieusement, la drague téléphonique, je le sens plus trop.

Et puis d’abord, si mon destin est de me taper un jour Sagamore, c’est que nous nous serons trouvés par hasard et pas parce que j’ai joué ma fan hystérique et collante parce que, ça, curieusement, je sens que ça lui plaira pas.

Nous fantasmons tous sur des célébrités, c’est normal. Mais je suis pas la seule à trouver Sagamore (ou Brad ou d’autres) choupinou donc c’est plus marrant de se faire ses films que de tenter quoi que ce soit. Parce que Sagamore, il doit en avoir marre des nanas qui le désirent corps et âme, qui lui écrivent de longues lettres avec des cœurs sur les i et puis tout ça.


Non, c’est définitif : Sagamore, si tu me veux, c’est à toi de te bouger !

 

PS : Sagamore, si tu me lis, sache que je ne pense pas que tu sois équipé petite bistouquette impuissante. Sache cependant aussi que je suis comme St Thomas, je ne crois que
ce que je vois…

Episode 24

Chapitre 16


    Oceany donna son carton d’invitation au robot qui l’autorisa à entrer en allumant une petite lampe verte et en bippant. Elle ne put s’empêcher de sourire : la sécurité était
réduite au minimum, c’était parfait. Ses amis pourraient rentrer sans difficulté. Elle avança et découvrit le théâtre municipal où elle n’avait encore jamais mis les pieds, vu qu’il n’y avait
jamais eu de spectacles. Il avait été bâti  «à l’italienne », avec des balcons richement décorés de frises dorés et de masques souriants et grimaçants, évoquant ainsi la commedia dell’arte.
Mais elle n’eut pas le temps de détailler plus la salle, Mark venait d’arriver à ses côtés et lui prit la main pour l’embrasser.
«  Vous êtes ravissante, ce soir, Oceany ! »
Elle sourit poliment et regarda son costume, une jolie tenue de marin. Il était, certes, très séduisant ainsi, mais elle ne put s’empêcher de penser à Ethan : en quoi allait-il être déguisé ?
«  Merci, répondit-elle enfin. Vous êtes très séduisant, dans cette tenue.
– Merci, j’ai réussi mon but. Charmer la seule femme qui en soit digne d’intérêt : vous.
– Oh, je… merci. J’ai hâte de voir ce ballet.
– Oui, sans doute…si nous allions nous installer ? Nous sommes placés là-haut, au balcon, à la meilleure place, avec mon père et vos parents.
– Oh ! C’est fantastique, mais allez vous installer sans moi. Je dois voir quelqu’un, avant.
– Comme il vous plaira. »
Il sourit et partit en direction du balcon. Il était vraiment charmant et elle avait vraiment du mal à croire qu’il ait pu faire du mal à Kirstie ou à qui que ce soit, d’ailleurs. Elle le suivit un
instant du regard et soupira. Elle n’avait aucune envie de se fiancer avec lui et ce n’était pas très honnête de prétendre publiquement le contraire, mais elle n’avait pas le choix. Elle sentit
soudain une présence derrière elle et sut instantanément que c’était Ethan, elle avait reconnu son parfum.
«  Vous êtes ravissante, ce soir, Mlle Antelwort Geller. »
Elle se retourna et détailla le jeune homme de la tête aux pieds : il portait un smoking noir par dessus lequel il avait mis une cape rouge, le tout accompagné d’un chapeau haut de forme noir et
d’un masque blanc qui ne lui masquait que les yeux et la naissance du nez.
« Vous n’êtes pas mal non plus, M Wadeker, mais en quoi êtes-vous déguisé ?
– Arsène Lupin, gentleman cambrioleur. C’était un héros d’avant, je ne l’ai même pas connu, mais j’ai trouvé le costume très joli.
– En effet. Qu’est ce que tu as fait de ta chère et tendre ?
– Je l’ai semée : elle est déguisée en fée.
– Et ?
– Je préfère ne rien te dire, je te laisse la surprise. C’est pas génial, l’intimité, ici, on va pas pouvoir trouver un coin tranquille pour tous les deux.
– Surtout que je suis la fiancée, je risque de ne pas avoir une minute à moi.
– Et moi qui avais très envie de t’embrasser, je vais être horriblement frustré. A la limite, je peux venir faire un tour chez toi, après, non ?
– Il vaut mieux l’inverse. Je vis encore chez mes parents et ça ne va pas être facile de te faire entrer. Je passerai te faire un petit coucou.
– C’est pas d’un petit coucou que j’ai envie, mais d’un gros câlin !
– Chut ! Ne dis pas ça en public, il ne faut pas qu’on nous entende. On… »
Elle fut interrompue par une arrivée de rubans et de froufrous rose fuchsia au milieu desquels apparaissait Neve, qui aimait bien se ridiculiser en public. Sa robe qui avait la forme meringue que
détestait Oceany était d’un goût douteux et les grandes ailes en plastique irisé menaçaient d’éborgner tout son entourage. Quant à son masque, on aurait cru qu’il avait été peint par une petite
fille de cinq ans ayant une adoration pour le rose.
« Oceany ! s’écria-t-elle d’une vois suraiguë. Je suis ravie de vous revoir ! Félicitations, vous allez faire un beau mariage avec Mark, j’espère que vous aurez vite beaucoup d’enfants.
– Pardon ?
– Je crois qu’il est temps d’aller s’installer, intervint Ethan. A plus tard, Oceany, nous nous croiserons certainement pendant le bal.
– Oui, certainement. »
Elle lui sourit puis partit rejoindre Mark qui était en compagnie de son père, sa belle-mère et Bryan, ainsi que la famille de sa fiancée qui venaient de s’installer. Elle s’assit à sa place, entre
Mark et sa mère et ne put s’empêcher d’admirer le confort de ses fauteuils qui étaient si moelleux. Son futur fiancé se pencha vers elle.
« Ils sont confortables, n’est ce pas ?
– Oui, en effet !
– J’ai tout fait pour que ce soit confortable, ici, intervint Bill, pour inciter les gens à aller au théâtre.
– C’est une bonne idée, mais il faudrait songer à donner des représentations, dans ce cas.
– Ca ne saurait tarder, c’est juste que j’avais d’autres priorités, avant. »
Oceany crut sentir une certaine hostilité dans sa voix, mais elle l’avait un peu cherché. Elle n’avait pas été très aimable avec lui, elle ferait mieux de se rattraper si elle voulait  être
dans ses petits papiers. Elle jeta un œil sur la salle pour constater que toutes les places, ou presque, étaient occupées, puis elle étudia un peu mieux le balcon, admirant les décorations finement
ciselées. Soudain, son regard croisa celui de Kelly et elle frissonna : elle semblait si haineuse ! Elle portait une toge blanche qui semblait d’inspiration grecque, accompagné d’une épée en fer
blanc et d’une balance dorée, assortie à son masque doré joliment décoré. Elle devait être déguisée en justice, quelle drôle d’idée ! Oceany lui sourit et la jeune femme lui rendit son amabilité,
mais elle sentait une menace dans ce sourire, ce qui était ridicule. Elle ne connaissait pas Kelly et n’avait aucune raison de se sentir menacée par elle, après tout, pourquoi lui en voudrait-elle
?
Oceany préféra cependant détourner son attention sur la salle et chercha Ethan, qu’elle n’eut aucun mal à repérer. Il suffisait de rechercher un gros point rose, il était à côté. Ils étaient tous
les deux dans le même cas : obligés de se fiancer à quelqu’un qu’ils n’aimaient pas, pour satisfaire les codes de cette foutue ville. Quelle société pouvait affirmer s’approcher de la perfection si
elle ne respectait pas le sentiment des hommes ? C’était d’une prétention inouïe. Elle aurait tout donné pour passer la soirée seule avec lui, plutôt que de faire des ronds de jambes à ces
personnes dont elle se moquait éperdument. Depuis qu’ils étaient ensembles, ils n’avaient pas eu beaucoup de temps seuls, tous les deux, et elle se sentait horriblement frustrée. Elle avait envie
de passer toute sa vie auprès de lui et de l’aimer jusqu’au bout de la nuit, mais il y avait trop de gens autour d’eux, et pas assez de temps. Elle n’avait à présent qu’une hâte : en finir avec
Technopolis et vivre à fond cet amour naissant et encore fragile.
Une jolie mélodie retentit pour avertir le public que le spectacle allait commencer, puis quelques instants plus tard, la lumière s’éteignit et le lourd rideau en velours rouge se leva. Oceany
ressentit une certaine excitation puérile l’envahir. Elle qui n’avait connu que la guerre ou presque n’avait jamais vu le moindre ballet et elle se demandait ce que ça allait donner. Sa mère lui
avait dit que le Lac des cygnes était très bien, elle l’avait vu étant plus jeune, et elle avait compté les minutes avant le lever de rideaux.
Les danseurs entrèrent sur scène et racontèrent l’histoire de la  jolie princesse transformée en cygne et qui reprenait sa forme humaine la nuit. Elle avait toujours aimé les contes et se
souvenait des froides nuits dans les camps de survivants, quand sa mère leur racontait Cendrillon, la Belle a Bois Dormant ou d’autres histoires de princes et de princesses. Mais là, c’était encore
mieux, la musique était si belle, jouée avec tant de finesse, on aurait dit une musique divine. Quant aux danseurs, des cyborgs, ils étaient d’une grâce étonnante, compte tenu de leur nature, et
semblaient flotter dans les airs. C’était tout simplement magnifique, si fort, si émouvant, elle fut totalement incapable de détacher ses yeux de la scène et pendant toute la représentation, elle
oublia Mark, Oxford, Technopolis et même Ethan, il n’y avait plus que ces robots mimant cette histoire avec de si beaux gestes.
Quand la lumière se ralluma et que le rideau tomba, elle bondit sur ses pieds et applaudit avec chaleur, accompagnant ainsi le public enthousiaste. C’était vraiment une réussite et quand elle
regarda Oxford, il semblait au bord de l’orgasme, tellement il était fier de son œuvre. Elle eut presque honte d’avoir été charmée aussi facilement, mais il ferait mieux de ne pas trop se réjouir,
il n’allait pas tarder à pleurer.
Il sourit à sa future belle-fille, ne se doutant pas de ce qu’elle pensait, puis s’éclipsa pour rejoindre la scène où les cyborgs saluaient encore et prit le micro.
« Merci beaucoup, merci, je suis touché par votre enthousiasme, et je dois avouer que c’était un spectacle magnifique. Bien, à présent, il est temps d’ouvrir le bal, mais pour ça, nous devons faire
de la place, je demanderai donc aux personnes assises en bas de bien vouloir se lever et se mettre sur le côté, merci. »
Il y eut un grand mouvement et chacun se leva pour se pousser, mais la plupart des élitaires étant assez âgés, l’opération prit plusieurs minutes, ce qui amusa Oceany. Technopolis se vantait d’être
la cité parfaite et minutieusement organisée, mais il fallait attendre cinq minutes pour voir tous ces pauvres vieux quitter leur siège. Quand ils furent tous debout, Oxford leva le bras pour faire
un signe et les fauteuils se tassèrent les uns sur les autres pour rentrer dans le mur sous leur balcon, libérant ainsi toute le rez-de-chaussée pour le bal ; il fallait avouer que c’était
ingénieux.
« Bien, à présent, que le bal commence ! Pour ouvrir ce bal, je vais demander à mon fils Mark et à sa nouvelle fiancée, Oceany de venir sur la piste pour lancer la première danse. Bonne soirée à
tous. »
Oceany fut assez gênée à l’idée de danser devant tout le monde avec Mark, mais elle n’avait pas le choix et fit semblant d’accepter avec joie. Ils descendirent au rez-de-chaussée et commencèrent à
valser, peu à peu rejoints par d’autres couples, dont Ethan et Neve. Pendant toute la danse, ils ne cessèrent de se chercher, croisant fugitivement leurs regards et, à la danse suivante, ils
valsèrent ensemble. Elle rapprocha le plus possible son visage de lui et lui chuchota à l’oreille :
« Je sais pas si je vais résister toute la soirée.
– Résister à quoi ?
– A l’envie de t’embrasser.
– Et bien, ne te gêne pas, ça me fera plaisir.
– Je suis la fiancée, je peux pas me lâcher comme ça. Tu as vu les autres ?
– Je les aperçois de temps en temps mais ils bougent tout le temps, c’est pas facile de les repérer.
– C’est plutôt une bonne chose. La sécurité est vraiment minimale, ici, c’est étonnant. N’importe qui peut rentrer.
– S’il est muni d’une invitation, ce qui n’est pas le cas des exclus, sauf exceptions. Je ne vois pas l’utilité de renforcer la sécurité.
– Oxford sait que les exclus peuvent monter ici, il l’a appris à ses dépends, et tu ne trouves pas ça curieux qu’il n’y ait aucun dispositif de sécurité renforcée ? Toute l’élite est ici, ce soir.
Une bombe et tout est fini.
– Tu penses à Maria ?
– En effet. Elle avait un passe pour accéder aux derniers étages et elle est très douée pour les explosifs. Je ne suis pas rassurée du tout.
– Il doit y avoir un truc, Oxford n’est pas un suicidaire. Il a dû prévoir une parade pour éviter tout risque d’attentat.
– Je ne vois pas…attends une minute, ça me fait penser à quelque chose. Mai pensait que la soirée avait lieu à la salle de réception, c’est ce qui avait été annoncé dans les médias.
– Tu crois que c’était fait exprès ?
– Peut-être. Si j’étais Maria et que je voulais faire sauter tout le monde, j’irais donc à la salle de réception et pas ici, c’est logique, mais…
– Mais quoi ?
– Maria savait qu’il fallait détruire les quatre piliers pour anéantir la ville, j’ai peur qu’elle ait fait une bêtise.
– Elle n’est pas suicidaire, quand même.
– Non, elle est extrémiste, c’est pire. »
Il ne répondit pas et l’enlaça plus fort pour tenter de la rassurer, mais elle avait semé le doute dans son esprit. Il ne connaissait pas vraiment Maria, mais il en avait beaucoup entendu parler et
ce qu’il avait appris semblait corroborer les suppositions d’Oceany. Elle était tout à fait capable de tout faire sauter pour tuer Oxford, quitte à éliminer en même temps des milliers
d’innocents.
Le bal continua normalement sans signe d’explosions et ils durent se séparer pour ne pas trop attirer l’attention. Oceany se retrouva donc dans les bras de son fiancé, avant de passer à Nicholas et
de finir dans les bras d’Oxford. Elle fit mine d’apprécier de danser avec lui mais elle était plutôt mal à l’aise. Ce n’était pas courant de valser ainsi avec son pire ennemi.
« Vous êtes très courtisée.
– Pardon ?
– Il me semble que le jeune Wadeker n’a d’yeux que pour vous.
– Ethan ? Oh non, c’est un très bon ami, c’est pour ça. De toute façon, il est fiancé avec Neve Woodart, maintenant.
– Oui, c’est vrai. Vous avez l’air de vous amuser.
– Oui, la soirée est très réussie.
– Et ce n’est pas fini ! Que pensez-vous des rebelles ?
– Quoi ?
– Les rebelles : ces exclus qui sèment la zizanie dans les bas étages en espérant renverser le pouvoir.
– Oui, je sais. Je n’en pense pas grand chose, c’est surtout un mythe, pour moi. On ne risque absolument rien, ici. Quoique…Mark m’a parlé de votre esclave et je me demandais si nous étions en
sécurité, ici. C’est très facile de rentrer ici et je crains un attentat.
– Ne vous en faites pas, j’ai tout prévu. J’avais donné un mauvais lieu de réception, pour éviter tout risque et j’ai bien fait.
– Pourquoi dites-vous ça ?
– Certains petits oiseaux imprudents se sont retrouvés enfermés dans la cage.
– Qu’est ce que vous voulez dire par-là ?
– Vous n’allez pas tarder à le savoir. D’ailleurs, je dois m’éclipser, excusez-moi, charmante enfant. »
Il lui baisa la main et partit en direction de la scène, la laissant seule. Qu’est ce qu’il avait bien pu vouloir dire ? Elle regarda autour d’elle, aperçut deux des rebelles mais ne put savoir
lesquels et aperçut enfin Ethan en compagnie de sa fiancée. Elle se précipita vers lui et demanda à Neve de les laisser, ce qu’elle fit avec plaisir. Les bonnes relations entre Oceany et son fiancé
allaient l’aider à accomplir ses desseins.
« Qu’est ce qu’il se passe ? demanda-t-il à voix basse. Tu es toute pâle.
– Je crois qu’Oxford a attrapé l’un d’entre nous, mais je ne sais pas qui, je les ai cherchés mais j’en ai vu que deux, il y a trop de monde.
– Qu’est ce qu’il te fait dire ça ?
– Il m’a expliqué qu’il avait donné une mauvaise information sur le lieu, puis il a ajouté : j’ai bien fait, des oiseaux sont rentrés dans la cage ou un truc comme ça.
– Ca ne peut pas être l’un d’entre nous, puisque personne n’est allé là-bas.
– Oui, c’est vrai, mais il vaut mieux qu’ils disparaissent immédiatement, allons les prévenir.
– OK. »
Ils se séparèrent mais Oceany n’eut pas le temps d’aller bien loin, elle fut stoppée par Kelly qui se posa devant elle.
« Vous ne dansez pas ?
– Non, je cherche…mon petit frère, pour savoir comment il va.
– Bien, il est juste là, en train de jouer avec des enfants de son âge. Il est très mignon, habillé comme ça.
– Je trouve aussi. Excusez-moi, je dois partir.
– Pourquoi êtes-vous si pressée, nous avons toute la soirée.
– Oui, mais…
– Restez ici, c’est la meilleure place.
– La meilleure place pour quoi ?
– Chut, ça va commencer. »
Oceany cligna des yeux et regarda son interlocutrice, d’un air curieux : de quoi parlait-elle donc ? Ca ne lui plaisait pas du tout, cette histoire, elle sentait que ça allait mal tourner. Les
lumières s’éteignirent sauf deux spots qui se braquèrent sur la scène où Oxford apparut, le sourire aux lèvres.
« Mes chers amis, mes chers citoyens, je vous ai préparé une surprise pour ce soir, un spectacle digne des plus grands Rois ! Comme vous le savez, cette ville  compte parmi ces citoyens
quelques…hum…brebis galeuses, dirons-nous, qui ont décidé de semer la panique. Mais je ne vais pas les laisser faire, ils n’ont pas le droit de menacer votre bien-être et votre bonheur. Alors, ce
soir, devant vous, je vais leur donner une leçon. Cette soirée restera dans les mémoires comme celle qui a marqué le début de la paix totale dans cette ville. Rideaux ! »
L’étoffe se leva lentement pour laisser apparaître un drôle d’accessoire lourdement décoré de torsades dorées et d’ornements grotesques, si bien qu’elle ne sut dire ce que c’était. Puis une
demi-douzaine de robots accompagnés de Bryan entrèrent sur scène en tirant une cage dans laquelle se trouvait une femme, qu’elle reconnut immédiatement : Maria. Elle cessa de respirer un instant,
mais reprit vite ses esprits. Kelly était juste à côté d’elle et elle ne devait pas se trahir, mais il fallait agir vite : elle devait retrouver Juan et le faire sortir immédiatement. S’il voyait
sa sœur souffrir, il allait perdre la tête et pourrait agir dangereusement. Elle fit un pas en arrière, mais Kelly la retint par le bras.
« Où allez-vous donc ? C’est la meilleure place, ici.
– Qu’est ce que vous allez lui faire ?
– La guillotiner.
– Quoi, mais c’est atroce !
– C’est le sort réservé à tous les rebelles, même pour ceux qui font partie de l’élite.
– Excusez-moi, je ne veux pas que mon frère voit ce massacre. »
Apparemment, Kelly savait qui elle était exactement et c’était très dangereux. C’était elle qui  tenait les rênes et non pas son mari. Il fallait donc agir comme si elle n’avait pas saisi le
sous-entendu ou, mieux encore, si elle ne s’était pas sentie visée. Elle fendit la foule et retrouva Ethan qui regardait la scène, médusé.
« Trouve les autres et neutralise Juan, il doit partir immédiatement.
– Qu’est ce que c’est ?
– Une guillotine.
– Oh mon Dieu, on doit faire quelque chose.
– On ne peut rien faire, Kelly m’a à l’œil. Elle sait que je fais partie des rebelles, mais j’ignore comment. De toute façon, si on tente quoi que ce soit, on y passera aussi, on est dans
l’impasse.
– Alors, on va la laisser mourir.
– On n’a pas le choix, malheureusement. Bon, dépêche-toi.
– Et toi, qu’est ce que tu vas faire ?
– Je vais empêcher Oliver de voir ça. »
Elle repartit en direction de son frère et le trouva enfin. Apparemment, il n’avait pas compris ce qui allait se passer et ce n’était pas plus mal. Il était trop jeune pour être confronté à la
mort, c’était déjà miraculeux qu’il ne soit pas souvenu des atrocités de la guerre qui avait émaillées ses premières années.
« Hé, Oceany, c’est quoi, ce spectacle ?
– Quel spectacle ?
– Le truc, là, sur la scène.
– Ce n’est pas un spectacle, ce n’est pas pour les enfants.

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Le bonheur n’’est pas une fatalité

Y a des fois où je m’exaspère toute seule. Pourquoi ? Tout simplement parce que je me rends compte que j’ai une phobie du bonheur. Ca peut paraître curieux dis comme ça mais je vais vous expliquer.

 peur-du-bonheur

Mois de mai. Le soleil revient dans ma vie : en plus d’avoir trouvé du boulot, je me trouve un compagnon charmant et le tout sans avoir cherché (enfin le boulot, si, quand même, mais j’avais pas postulé chez eux). Donc forcément, ça va couiller dans le potage. En plus, j’ai à peine fini mon contrat que paf, on me propose un stage et que je suis prise. Va forcément y avoir une merde. Et hop, alors que ma vie professionnelle s’envole, je subis une rupture amoureuse. Bon, ça n’avait rien à voir avec mon état d’esprit de « va y avoir une merde », je vous rassure, je ne suis pas le genre de filles à dire à mon mec : « non mais de toute façon, tu vas me quitter parce que j’ai trouvé du boulot ». Parce que là, je pourrais comprendre que le mec se barre en courant !

Par moment, je me désespère quand je pense à mon mode de pensée : mais pourquoi ce fatalisme ? Bon, ça vient sans doute de ma mère, on sait très bien que quand tout va bien, ça va mal aller quelque part. La semaine où j’ai appris que j’avais mon boulot, qu’Anthony était pris aux pompiers de Paris et que ma sœur avait une prime, on a limite sabré le champagne quand quelqu’un a essayé de piquer la voiture de ma sœur. Bon, super, la cata a eu lieu, on peut desserrer les fesses. Optimisme, quand tu nous tiens.

En ce moment, dans ma vie, tout va insolemment bien : après mon stage qui finit en septembre, je devrais direct enchaîner sur un nouveau contrat qui va me tenir au moins jusqu’en janvier, un vrai boulot, cette fois-ci mais je n’en dirai pas plus. Mon avenir professionnel a soudain un horizon tellement éclairci que je me dis que c’est même pas la peine que j’envisage une vie privée épanouie. Et je me dis que ce genre de raisonnement est stupide. Quand je regarde en arrière, il y a bien des périodes dans ma vie où tout me réussissait. Pendant mes quatre ans et demi avec Guillaume 1er, j’ai validé trois diplômes (presque quatre), j’ai réussi pas mal de choses. Mais je ne parviens pas à croire que la vie peut être parfaitement rose.

J’en parlais l’autre jour sur MSN avec un gars qui a attribué ma façon de penser à mon éducation catho. L’idée est que, en gros, pour mériter le bonheur, il faut subir des épreuves. Que le bonheur, ça se partage, une personne ne peut pas tout focaliser sur elle. Si je regarde ma vie ces six derniers mois, je dirais qu’il y a eu vraiment une sale période entre janvier et mars, à peu près, puis tout à coup, un formidable mieux : un boulot puis un stage et c’est pas fini ! Dois-je en conclure que ma période de chômage m’a servi à apprécier ma nouvelle vie active ? En gros, l’ivresse des sommets ne vaut-elle qu’après une ascension pénible et périlleuse ? C’est vrai que jusqu’à présent, j’avais eu une chance insolente dans ma vie étudiante et professionnelle. Je voulais un stage ? J’envoyais deux lettres et je l’avais. Je voulais un mec ? Ah ben non, j’étais avec Guillaume donc pas de soucis de ce côté. La santé ? Aucun souci ! Un partiel mal révisé ? Pas grave, je savais toujours sur quoi ça allait tomber, toujours sur ce que je savais le mieux. Une dose de chance, une dose de démarches au bon endroit au bon moment et tout allait pour le mieux. Jamais peur de rien, tout finissait toujours par me sourire.

Aujourd’hui, après une période de galère, ma vie professionnelle s’arrange au-delà de toutes mes espérances. Donc si, demain, je trouvais un mec tout parfait et tout (ce qui m’étonnerait, vu ce que je peux m’occuper de ma vie privée en ce moment), je vais serrer les fesses en attendant la cata. Rupture de contrat ? Rupture amoureuse ? Décès ? Accident ? Limite, je vais aller faire du roller pour me casser un bras toute seule comme une grande.

Donc je parlais de ça au gars sur MSN et il me fait une remarque extrêmement judicieuse. Je ne prends pas le problème dans le bon sens. Quand je suis en période de lose, je vois tout en noir et je me demande quelle catastrophe il va encore m’arriver car la lose attire la lose. Donc, réciproquement, le bonheur doit attirer le bonheur. C’est tellement logique en plus. En ce moment, je suis très heureuse de ce qu’il m’arrive niveau professionnel donc je suis épanouie, donc je suis jolie donc je pourrais même trouver une moitié (même si en fait, j’ai pas du tout envie de tomber amoureuse pour le moment). Dans l’autre sens : quand on est amoureuse, on se sent indestructible donc on va se défoncer au boulot et réussir. On sera de bonne humeur et nos amis nous trouveront de bonne compagnie, notre famille nous trouvera bonne mine… Le bonheur attire le bonheur, c’est mathématique.

En plus, encore une bonne nouvelle hier : les résultats sanguins de ma mère sont très bons. Donc on ne sait toujours pas si elle a un lupus ou pas mais il semblerait que la menace s’écarte, même si le médecin lui a expliqué qu’elle avait un terrain favorable. C’est génétique. Et j’ai appris que, du coup, je pouvais l’avoir aussi vu que je souffre aussi d’une allergie au soleil. Me demandez pas le rapport, j’ai rien compris non plus. Mais bon, les nuages se dissipent aussi de ce côté-là.

Donc j’ai tout pour être heureuse en ce moment, alors pourquoi guetter le nuage qui pourrait pointer le bout de son nez ? Forcément, à un moment, il m’arrivera une tuile, comme à tout le monde, c’est inévitable. Mais pour le moment, tout va bien alors pourquoi s’en faire ? Je dois profiter de ma bonne période. Après tout, moi aussi, j’ai droit au bonheur, je dirais même que j’ai pas mal d’atouts dans ma manche pour y arriver. Tout le monde me dit que je suis une fille bien et talentueuse et en plus, paraît que je suis miaou miaou (c’est pas moi qui le dit, hein !). Alors pourquoi faut-il toujours que je doute, que je pense que les choses biens m’arrivent en prémisse d’une grosse claque ?

Allez, on se détend, et on profite. Demain, je joue au loto