Les fiançailles de l’extrême

Ce week-end, alors que des amazones apparemment hystériques décidaient de tenir tête à l’équipe des hommes sur une île lointaine, je m’apprêtais à vivre mon propre Koh Lanta. Au menu des épreuves : marche en talons hauts et collants (soit « marche sur une patinoire ambulante toute la journée »), messe d’une heure, repas gargantuesque en tenue de gala, nuitées en camping car. Bref, vendredi soir, quand je suis montée dans le train, nonobstant les baisers et les caresses d’encouragement d’Amant chouchou sur le quai (comme c’est romantique), je n’étais
guère jouasse. Cramer tout un week-end pour des fiançailles, ça fait un poil chier. Des fiançailles aux allures de mariage avec placements à table, obligation d’être chic et même une urne pour
donner des chèques (??). Pour plus de clarté, ne sachant plus si j’en ai parlé ou non dans ce blog, les fiancés, ce sont Yohann mon presque frère et Blanche, sa copine (oui, il se fiance avec sa copine, c’est quand même d’un pratique !)

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Arrivée à la gare, je suis récupérée par Alice et Anthony, on embarque un autre mec au passage, Yohann dont je vous reparlerai car il fait partie de mes fantasmes récurrents. Mais ce sera dans un autre article. Donc ma soeur et son mec viennent nous chercher à la gare et nous annoncent que tout le monde est parti se coucher donc en gros, en arrivant, on va devoir en faire autant. Yohann commence à râler en soulignant qu’il est parti direct du boulot pour prendre le train et qu’il aurait apprécié, outre le fait d’être accueilli, d’avoir genre une petite bière. Ma soeur fera donc la barmaid tandis qu’Anthony me largue devant le camping-car familial où sont installés mes parents et où je vais passer la nuit. Oui, je suis logée dans un camping car, je ne connais absolument pas ces choses, c’est mon dépucelage de camping car. A 30 ans, il était temps. Alors en fait, le camping car, ça ressemble à un bateau jusque dans le tangage. Oui parce qu’une fois couchés, dès qu’il y en avait un qui bougeait, ça faisait bouger le camping car. On se maaaaarre. Ah, j’avais aussi oublié que mes parents avaient tendance à ronfler. A un moment, je crois avoir pensé que j’allais passer une bien courte nuit. Heureusement, mon gêne marmotte fut le plus fort et j’ai fini par m’endormir.

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Jour J des fiançailles, je me lève et me douche en faisant bien attention à l’eau (c’est pas stressant ça aussi, tiens), enfile ma belle robe marron, dans les mêmes tons que celle de ma mère et de ma soeur. On se la joue un peu « drôles de dames » dans la famille Bartoldi, yeah. Je pars à l’église avec la mère de la fiancée très « artiste » comme nana, c’est pas triste. Mais le mieux, c’est la cérémonie qui est assez folklorique. Entrée sur Etienne Daho joué par des amis de Yohann (la fille chante faux) on a eu droit à un K’s Choice et du Paolo Conte, des discours et des prières pas trop cucul, ça va. Ma soeur a réussi l’exploit de terminer une prière sur le couple par une référence au rugby. Elle est grande. A un moment, on a eu aussi eu des chants juifs… Ca fait son effet dans une cérémonie simili-catholique. Les gens applaudissaient en rythme, je me suis un peu demandée où j’étais sur le coup… Bon, finalement, la cérémonie n’est pas trop chiante et on part pour la meilleure partie de la journée, à priori, l’apéro. Bon, je savais qu’à table, j’étais désolidarisée de ma famille et placée à la table des vingtenaires avec Yohann-fantasme. Je discute un peu avec les gens notamment un mec qui était au lycée avec ma soeur devenu bien appétissant qui me raconte des choses intéressantes : « alors, il paraît que tu as été éditée ? ». Ah ? J’étais pas au courant. J’avais effectivement été contactée par une maison d’édition mais je n’ai jamais rien rendu donc non. Quoi qu’en ce moment, j’avance bien sur mon nouveau roman, je dois écrire à peu près 3 lignes par jour, youhou !

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Bref, le déjeuner se passe à merveille, je suis à la meilleure table, on rigole bien, on se promet de se revoir à Paris (j’ai filé mon numéro à personne, ça va être compliqué), on boit beaucoup. Après une baignade des jambes dans la piscine (j’avais pas de maillot et j’ai pas osé me baigner en string), je m’endors comme une merde sur le transat, le vin rouge monte à la tête. Le soir, c’est danse party sur le parquet, ma mère est déchaînée. Et voir sa mère imiter du Gilbert Montagné alors qu’elle est même pas bourrée, c’est un peu une expérience à laquelle on ne s’attend pas. Anthony me sert un punch de sa composition et me fait manger du camembert rôti (c’est boooooon), je colle un peu Yohann-Fantasme mais pas trop car y a mes parents à côté et qu’ils pensent toujours que je suis monogame et en couple, actuellement (même si j’ai laissé mon compagnon à la maison et que je n’ai pas parlé de le ramener à Noël).

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Moralité ? Moi qui traînais des pieds à y aller, finalement, j’ai passé un bon week-end dans une propriété magnifique avec le soleil en prime. Que demander de plus ? Le dimanche matin, en attendant qu’on me ramène à la gare, je suis allée me promener quelques instants dans les vignes. C’est marrant comme la nature me rend toujours sereine, on est bien dans le silence de la campagne. Finalement, moi qui pensais un week-end pénible, j’ai pu passer de bons moments. Par contre, je suis bien claquée…

Réminiscence des désirs passés

L’autre jour, je m’octroyais une petite sieste digestive avant de reprendre le boulot. Oui, il faut bien recharger les batteries pour être efficace et vu la chaleur ambiante, il faut bien. Bref, alors que je somnolais, je laisse mes pensées divaguer, ce qui donne parfois de drôles de résultats. A un moment, mon cerveau en surchauffe me propose un scénario étrange : je recevais un mail d’un mec qui me fit craquer dans le temps (mais avec qui il ne s’est jamais rien passé) qui me parlait d’une soirée qu’on avait passé ensemble, genre : « ces derniers temps, j’ai beaucoup pensé à cette soirée, blablabla ». Je sors de mon demi-sommeil et je fronce les sourcils : pourquoi je pense à ça, tout à coup ?

Dans ma vie, j’en ai croisé des hommes qui m’ont fait craquer sans que je puisse conclure, à l’arrivée. Soit parce que l’un de nous était en couple (voire les deux), soit parce que je ne lui plaisais pas, soit parce que je n’ai jamais osé faire le premier pas. Bref, si j’arrive à oublier et aller de l’avant (Dieu merci), de temps en temps, mon subconscient me fait une petite piqûre de rappel, je sais pas bien pourquoi. C’est souvent dans mes rêves qu’ils reviennent. Des gens à qui j’ai pas pensé depuis longtemps et tout à coup, ils sont là. Est-ce parce que je n’ai de désir pour personne à un moment donné que ma vie que mon cerveau, en manque de tendresse et d’affection (et de sensations fortes, aussi), reprend des hommes qui m’ont attirée tantôt pour exprimer ses envies ? Oui, après tout, c’est pratique et je me sens moins con au réveil que lorsque je rêve d’embrassades sauvages avec Sawyer dans la jungle, ça fait moins midinette.

Ce qui m’étonnes toujours c’est que des sentiments oubliés (même si sentiments est parfois un mot un pour fort pour parler d’un grande attirance) peuvent revenir sans qu’on s’y attende. L’autre nuit, j’ai même rêvé du garçon qui faisait battre mon cœur… au collège ! Bon, à la fin, je lui posais un lapin parce que j’avais une énigme à résoudre dans un château et j’avais pas le temps d’aller au rendez-vous (non, je ne prends aucune drogue). Mais ce sont généralement les mêmes qui reviennent. Parfois, ce sont des exs, aussi, mais rarement tous mes exs, juste ceux que j’ai aimé d’amour. Me souviens, l’autre nuit, j’ai rêvé que j’étais en plein pelotage avec Guillaume the first et à un moment, je me disais : « merde, ça va faire bizarre de recoucher avec lui » parce que ma sexualité de l’époque n’est plus celle de maintenant.

Mais celui qui a la palme du retour dans mes rêves et qui y revient un peu trop régulièrement à mon goût, c’est Fabien, alias le démon tentateur. Je rêve de lui environ tous les deux mois, c’est cyclique. Et c’est souvent le scénario « enfin libres de nous aimer, rattrapons le temps perdu youp la boum ! ». En général, ces rêves interviennent quand je suis en phase de rapprochement avec un beau mâle (donc en fin de célibat), soit quand je suis en phase de tentative d’oubli d’un mec qui a fait bobo à mon cœur. Genre : « oublie celui-là et pense à moi… ». Bon, ça soigne pas les bobos mais c’est curieux quand même. Y a des fois, je me demande si je devrais pas le recontacter mais pour lui dire quoi : « bon, en fait, y a quatre, cinq ans, je fantasmais sur toi comme une malade, si on couchait ensemble, ça m’aiderait à aller de l’avant, tu sais. » Mais bien sûr, tellement fin ! Ca fait trois ans que ce mec n’a pas de nouvelles de moi et je vais lui balancer ça… Et je serai même pas là pour voir sa tête à la lecture de mon mail, en plus ! Non, je crois que je n’ai pas pu saisir ma chance au moment où on se fréquentait, je crois pas que ça puisse le faire maintenant. Puis je sais même plus il vit, il a peut-être quitté la France, il s’est peut-être marié, il est peut-être devenu tout moche… Bref, à moins d’un formidable hasard, il restera qu’un fantôme de mes rêves troubles (ooooooh !). Quoi qu’il n’y a pas que les rêves qui me font penser à lui, il y a aussi une chanson, « Only dreamin’ » de K’s Choice. Dès que je l’entends, c’est son visage qui apparaît. Alors que je ne l’ai jamais entendu en sa présence mais je sais pas, cette chanson, je l’écoutais à l’époque et elle me fait irrésistiblement penser à lui… C’est pour ça que je l’écoute pas souvent, d’ailleurs.

N’empêche que ses rêves me rendent en général nostalgiques. Parce que vu que je le fais en période de manque affectif, forcément, quand je me réveille et que je suis seule, je la sens bien ma solitude. Je voudrais un câlin mais y a personne pour me le faire. A part Kenya mais ça compte pas, c’est un chat… Puis repenser à ces amours ou attirances passées qui n’existent plus aujourd’hui pour la majorité, ça me fait réfléchir. Quand on aime, on croit toujours que c’est pour la vie, qu’on ne verra jamais un autre homme que lui, le beau, le fantastique, le parfait. Et finalement, le temps fait son œuvre et on finit toujours par oublier, même si ça prend du temps des fois (et j’aime pas quand ça prend du temps). Et oui, celui qui faisait battre notre cœur hier nous rend indifférente aujourd’hui. Quoi que si on rêve, il doit rester encore quelques braises tièdes…

J’ai aussi une autre théorie. En fait, certains de ses hommes, je n’ai pu les avoir car ado, j’étais pas jolie, jolie… Et puis super renfermée donc ça aide pas. Or aujourd’hui, je me sens mieux dans ma tête et je suis quand même pas mal mieux. Donc mes rêves, quelque part, ils me vengent : ces hommes que je n’ai pu avoir dans le temps, je pourrais les avoir maintenant. Bon, c’est mon subconscient qui me raconte ça, c’est peut-être même pas vrai mais on s’en fout.

Outre les rêves, ce sont aussi des lieux, des bruits, des odeurs. Des objets, aussi. Des petites choses qui tout à coup vous foutent le cafard sans raison. Mardi, je suis allée faire quelques courses dans mon centre commercial voisin et je suis passée devant le café où Alex et moi avions eu notre dernière entrevue, notre rupture officielle, en somme, et ça m’a foutu le blues. Alors que j’y vais souvent dans ce foutu centre commercial mais là, ça m’a prise, comme ça.

C’est curieux comme des fois, des choses nous reviennent sans raison particulière. Des fois, ça nous plonge dans une douce nostalgie. Mais des fois, ça vous fout une journée en l’air.