Faut-il dire à sa meilleure amie qu’’elle est cocue ?

L’autre soir, j’ai passé la soirée avec, entre autre, larouquine. Durant nos conversations, voilà qu’on lance un grand débat : doit-on dire à sa meilleure amie qu’elle est cocue. Donc avant d’aller plus loin dans mon article, je tiens à préciser à nos meilleures amies respectives si elles lisent cet article qu’on parlait dans l’absolu et non pas rapport à une situation existante. Autrement dit : pas de panique, les filles, zêtes pas cocues.

 

Bon, faisons une petite mise en situation. Oui, je sais que tu aimes ça, lecteur et moi aussi, alors on y va gaiement. Donc voilà, prenons une meilleure amie type que nous appellerons Charlotte. Et notre amie Charlotte sort avec Etienne, qu’elle aime très fort et qu’elle veut même vivre avec lui et lui faire des bébés. Bref, le big love quoi. Un soir, vous allez au bar avec Paolo, votre voisin buonito qui vous a enfin adressé la parole et qui veut visiter votre culotte (oui, quitte à faire des mises en situation, autant se faire plaisir). Et là, qui voyez vous à une table pas
loin en train de lécher la pilule à une fille même pas belle ? Etienne. Et la fille même pas belle, c’est pas Charlotte. Argh que faire ? Que faire ? Dans le moment présent, deux solutions :

– se tirer le plus vite possible.

– aller saluer Etienne histoire de bien lui foutre la honte et si je peux lui balancer son verre à la figure, tant qu’à y être…

Bon, il me paraît plus raisonnable de choisir la solution une. Et même si je choisis la solution deux, le problème reste le même : je rentre avec Paolo et un terrible secret. Bon, quoi qu’il arrive, j’en parlerai à Etienne, histoire qu’il sache que je sais. Mais après, reste la terrible question : dois-je dire ou dois-je me taire ?

Ca pose toute la question de l’amitié, la vraie. Doit-on se mêler des amours de ses amis ? J’aurais tendance à répondre non car les histoires d’Etienne et Charlotte ne me regardent pas. A partir du moment où on ne me demande pas de conseils, je n’ai pas à en donner. Donc si on suit cette logique, je ne dois rien dire à Charlotte. En effet, je ne suis pas la troisième roue du tricycle : ce qui se passe entre eux ne me regarde pas directement donc qu’ils se démerdent. Par ailleurs, tout dire à Charlotte, c’est la faire souffrir. Ce que l’on ne sait pas ne nous fait pas mal. Et puis, s’il le faut, c’était juste un coup comme ça, Etienne a été infidèle une nuit, est-ce que ça vaut la peine de tout déballer ? Après tout, c’est lui qui doit vivre avec cette culpabilité car si elle sait qu’elle est cocue, elle va rentrer dans le cycle du « mais je ne suis pas parfaite, qu’est-il allé chercher ailleurs ? ».

 D’un autre côté, Charlotte aime Etienne et veut faire sa vie avec lui. Or monsieur est du genre cavaleur et il faudrait peut-être tout dire avant qu’ils ne s’engagent trop. Plus on attend, plus ça va faire mal, non ? Par ailleurs, si Charlotte apprend par quelqu’un d’autre qu’Etienne embrasse des filles même pas belles par quelqu’un d’autre et, qu’au passage, elle l’apprend que je sais, elle risque de se sentir doublement trahie. Par l’autre goujat et par moi. Parce que comment lui expliquer que je me suis tue par amitié ? Par ailleurs, si je ne dis rien, va falloir que je prenne des cours de comédie. Quand Charlotte m’annoncera qu’ils vont emménager ensemble, je devrai hypocritement répondre : « ouah, je suis heureuse pour toi » au lieu d’un franc « mais ce type est une enflure ! ». Et moi, je suis pas une comédienne née, il faut le savoir.

Bon, retournons le problème. Je suis avec Sagamore depuis X temps et je l’aime, je veux lui faire des bébés et tout ça. Oui, Paolo, c’est le mec qui me drague, Sagamore, mon namoureux dans mes mises en situation. Bon, bref, Sagamore, c’est trop le mec de ma vie, celui avec qui je veux partager mon patrimoine génétique parce qu’on fera de trop beaux enfants et je veux vieillir avec lui, main dans la main, même pas peur de le voir décrépi. Un soir, Charlotte le voit lécher la pilule d’une nana. Est-ce que je voudrais qu’elle me le dise. Et bien non…et oui.

Non car comme je disais plus haut, si je sais pas, je suis pas malheureuse. Pas mal de personnes sont, un jour, infidèles. Ca n’excuse pas tout mais s’il le faut, ça n’a été qu’une fois et Sagamore m’aime de tout son cœur alors bon… Ceci étant, je suis pas sûre d’apprécier le rôle de la cocue naïve bien longtemps. Parce que, mine de rien, quand je parlais de Sagamore et de nos amours, Charlotte va tirer une sacrée gueule. Alors soit je suis tellement amoureuse que je vois rien, soit la nouvelle froideur de Charlotte vis-à-vis de mon super amour de ma vie va me gonfler.
Elle est jalouse ? Pfffff, pauv’ fille, va ! C’est sûr que son Etienne, il risque pas d’être infidèle y a bien qu’elle pour en vouloir.

Oui parce que j’aime pas être le dindon de la farce. Au moins deux personnes seront au courant de cette infidélité dans mon entourage, trois, si la fille même pas belle est connue de ma personne
(alors, là, elle a intérêt à courir vite, je vais pas la rater). Et ce genre d’infos, ça circule vite, si bien qu’à l’arrivée, tout le monde le saura sauf moi. Donc imaginons que Charlotte me le dise, première réaction : aller sonner les cloches à Sagamore. Elle, je lui en voudrai pas. C’est ma meilleure amie, elle m’a pas dit ça pour me nuire. Deux options : soit Sagamore est un connard et en profite pour filer tout droit dans les bras de l’autre moche. Soit il m’aime, il s’en veut terriblement et après avoir fait la gueule quelques jours, je lui pardonne. Oui, quand
on aime, on peut passer sur beaucoup de choses (hélas ou pas). Et puis si c’était juste un coup d’un soir, je peux pardonner. Bref, du coup, Charlotte peut soit lui pardonner aussi, soit jouer la troisième roue du tricycle et me saouler à coups de « non mais c’est un connard, un mec qui t’a trompée une fois recommencera et tout ça… ». Je ne pourrai décemment pas lui en vouloir. Moi, c’est pareil quand quelqu’un fait du mal à un(e) ami(e), j’ai plus envie de le pendre par les tripes que d’aller boire un verre avec lui en tout amitié, soyons honnête. Mais une amie ne
doit-elle pas respecter mon choix ? Parce que s’il y a un truc que j’aime pas, c’est que mes amis s’insinuent dans mon couple. C’est déjà suffisamment compliqué à deux donc si je demande pas de conseils, c’est que j’en veux pas.

Bon, ben, voilà, on retourne le problème dans tous les sens, aucune réponse ne semble plus évidente qu’une autre. Larouquine m’a dit qu’elle, elle ne dirait rien. Moi, je n’en sais rien, je suppose que ça dépendra du Etienne : si je sens le connard irrécupérable, je le vendrai. Sinon, je me tairai.

Fidélité avant le couple ?

A partir de quand est-on engagé avec une personne ? A partir du premier baiser ou à partir des premières tentatives de drague ? La question peut paraître curieuse mais pourtant, il est bon de se la poser.

 

L’autre jour, je discutais avec Zoé sur MSN et j’essayais tant bien que mal de la conseiller sur sa vie sentimentale. Je me sens pas du tout experte en la matière mais des fois, quand on est pris dans une situation, on ne voit rien donc rien ne vaut un regard extérieur. Donc pour résumer la situation Zoé est en attente : cet homme qui n’est pas (encore) le sien, elle le veut mais monsieur tarde à venir. Le problème c’est que plus elle attend, plus elle est sous pression et ce que je crains, c’est qu’elle lui explose à la figure. Le problème, c’est qu’ils ne sont pas un couple et que monsieur ne lui doit rien. Donc, ne sachant plus comment faire, je lui conseille de vivre sa vie de célibataire : s’il doit venir, il viendra, en attendant… Donc, l’autre soir, je la pousse à sortir avec le charmant Ludovic (son plan M, aussi) et ses,potes car on ne sait jamais. Pour la convaincre, je viens même avec elle, moi qui ne connaît rien au foot, si ce n’est ce que je voyais dans Olive et Tom. Résultat : bah rien mais au moins, Zoé a envisagé la possibilité que, éventuellement on ne sait jamais, il pourrait se passer quelque chose avec Ludovic (qui est un garçon bizarre mais très gentil).

Ceci étant, les filles, quand elles sont amoureuses, elles ne voient plus que l’objet de leur amour, les autres mecs peuvent aller se faire foutre. Zoé, elle verrait même pas Brad Pitt si elle le croisait dans la rue (sauf si elle est avec moi parce que je me jetterais sur lui !). Et le pire, c’est que je la comprends. Ado, j’étais la pro de la fidélité au mec dont j’étais amoureuse alors que lui ne savait même pas que j’existais… Mais j’allais pas sortir avec un autre mec alors que je ne voulais que lui ! Non mais imaginez que monsieur sait que j’existe et qu’il n’ose pas faire le premier pas et là, il me voit me faire lécher la pilule par un autre mec, je vais ruiner toutes mes chances ! Oui, ado, j’étais une extrémiste de l’amour et totalement naïve-idéaliste. Combien de mecs j’ai repoussé à cause du beau mec là-bas ! (enfin, combien, pas tant que ça, mais quand même…).

En grandissant, les choses ont un peu évolué. Prenons ma relation avec Arnaud, surtout la période pré-couple. Je sais que je lui plais, il sait qu’il me plaît, on sortira ensemble quand il reviendra de ses vacances. Mais pendant que monsieur se faisait dorer la face à la
plage, je n’ai pas été des plus sages. Après tout, nous n’étions pas ensemble et je ne lui devais rien (et réciproquement). Pourtant, je n’avais qu’une trouille, c’est qu’il tombe sur le blog et apprenne que sa dulcinée avait partagé sa couche avec d’autres mecs que lui, en attendant… Culpabilité mal placée ? Je ne sais pas.

Récemment, Anne nous a raconté que l’objet de son désir avait fauté avec une autre avant de se tourner vers elle (ils sortent ensemble, je cafte). Peut-elle lui reprocher ? Bon, techniquement, elle peut lui reprocher d’avoir été un second choix, ça oui, mais pour le reste… Après tout, tant qu’on n’est pas un couple, se doit-on fidélité ? A partir du moment où on n’est pas un couple, qui suis-je pour faire une scène à ce mec qui a profité de son statut de célibataire ?

Je pense que tout dépend des sentiments que l’on a avec le monsieur en question. Quand je suis vraiment attirée par un mec, je ne vois pas les autres donc la question ne se pose pas. Avec Arnaud, j’étais dans une phase intense de brouette… Et je ne me sentais pas amoureuse de lui, même s’il m’attirait. Peut-être y avait-il le fait aussi que je savais que c’était du tout-cuit et, du coup, je voulais profiter de mes derniers jours en tant que célibataire. Car quand j’ai des doutes sur la finalité de mon plan drague, je suis beaucoup
moins « volage ». Exemple, avec sieur Julien. Donc voilà, je le rencontre, je le veux, je veux qu’il soit le père de mes enfants (non, là, je déconne). Or les choses n’avancent pas vite et voilà que monsieur Benoît vient frapper à ma porte. Je cède, je cède pas ? Après tout, je suis célibataire, je fais ce que je veux. Finalement, je le laisse venir mais j’ai comme un arrière-goût de culpabilité.

Après tout, engager son cœur, est-ce s’engager, soi ? C’est discutable et je pense que cela dépend de chacun. Quand je suis amoureuse (avec un petit a), je suis tellement obsédée par le mec qui occupe mes pensées qui les occupe même pendant les soirées pleines de charmants célibataires (quoi qu’en ce moment, mes soirées sont certes pleines de célibataires mais pas charmants). Dès que j’ai deux minutes pour rêvasser, je me branche sur le canal « objet de mes désirs » et j’imagine ce que nous pourrions faire si nous étions ensemble, nos deux corps qui se touchent, qui se mélangent, raaaaaaaaaah ! Bon, il dégage ce mec célibataire qui me trouble dans ma rêverie ? Il voit pas que les étoiles dans mes yeux ne lui sont pas destinées ?

Et pourtant, si je conseille à Zoé de vivre sa vie de célibataire en attendant, ce n’est pas pour dévier sa route de celle de M. Zoé (parce que je reste obscurément convaincue qu’ils finiront ensemble, même si je ne peux l’expliquer) que pour la « détendre ». Oui, quand on attend un mec, on devient vite monomaniaque, comme je l’expliquais. Le danger ? La morosité si monsieur ne vient pas. Plus on pense à lui, plus on s’accroche et la chute risque d’être plus dure le jour où on comprendra que monsieur ne viendra jamais. Sortir avec un autre, c’est se préserver. Mais un autre problème est soulevé là : sortir avec un mec « en attendant », c’est risquer de blesser le mec en question le jour où monsieur viendra. Que tout ceci est compliqué, quand même. La solution serait alors d’avoir un petit plan
brouette en attendant mais faut être honnête : un plan brouette n’a jamais occupé mes pensées suffisamment pour oublier « l’objet de mes désirs », bien au contraire. Après, non seulement je culpabilise mais en plus, je me dis que j’aurais préféré dormir dans les bras de chouchou plutôt que dans ceux de ce plan brouette dont je me fous royalement

En fait, j’ai beau dire et beau faire, je suis une fidèle avant l’heure et, quelque part, ça m’énerve. Mais j’ai la trouille de faire fuir chouchou pour une nuit de galipettes qui ne le regarde pas. Certes, je ne lui dois rien et je fais ce que je veux tant qu’on ne sort pas ensemble mais il occupe tellement mes pensées que je me sens infidèle quand j’agis de la sorte. Pourtant, ma propre expérience m’a démontré que sortir avec un mec quelques jours avant de conclure avec un autre n’était pas négatif en soi. En effet, quelques
jours avant de sortir avec Guillaume 1er, j’avais mélangé ma langue toute la soirée avec un mec en boîte (celui qui faisait 2 mètres). Evidemment, le lundi, à peine arrivé à la fac, Gauthier se sent obligé de le lui raconter. Bon, Gaugau, il n’avait pas compris ce qui allait se passer et moi non plus, honnêtement. Ben, Guillaume, il a rigolé de l’anecdote et quelques jours plus tard, on entamait une relation de 4 ans et demi. Comme quoi…

Alors, voilà. « L’infidélité » avant le couple peut être salvatrice dans le sens où ça peut nous permettre de décompresser. Ca nous évite
par exemple d’exploser à la figure de chouchou : « bordel de merde, t’attends le déluge pour sortir avec moi ou quoi ? ». Ceci étant, le pas n’est pas toujours facile à franchir et ça peut faire plus de mal que de bien.