Je pige rien à la mode !

En tant que jeune femme, je suis relativement coquette.J’aime bien être jolie même si y a des jours, je suis bien qu’en jeans baskets et que je vomis le concept même de talons. J’en reparlerai (sans doute un jour). Mais si y a bien un truc que je comprends pas, c’est la mode. Celle des magazines, je veux dire.

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Il y a quelques temps, c’était la Fashion Week, un show de 15 mn où des mannequins dépressives et (car ?) anorexiques marchent vite en faisant la gueule, portant sur le dos des fringues équivalant à notre salaire annuel. Peu d’intérêt en soi. Par contre, autour des défilés rôdent d’étranges créatures qui ont soit disant le gêne de la mode, ont un style. Mieux, ont LEUR style et excitent les photographes de mode. Shootons donc les streetlooks à la sortie du défilé. Et là, les mots me manquent. Le choc des photos :

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Heu ? J’ai la sensation de voir des daltoniens qui se seraient habillés dans le noir. Et je me pose la question : c’est quoi le style ? S’habiller de façon farfelue et assumer. En un sens, j’admire, hein… Mais c’est au delà de ma compréhension.

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Cette vieille dame s’appelle Tavi Gevinson, c’est une blogueuse mode, 13 ans au moment de la photo

Depuis que je suis en âge de m’habiller seule, j’ai retenu quelques petites leçons : le noir et le bleu marine ne vont pas ensemble, on ne marie pas rayures et pois et de grosses baskets ne vont pas avec une jolie jupe. Ok. Bon, j’ai pas compris pour le noir et le bleu marine et certaines osent le mélange d’imprimés sans qu’on leur dise rien, voire même qu’on applaudisse des deux mains mais bon… Au-delà de ça, je suis larguée en deux secondes chrono.

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Je ne comprends pas qu’on puisse crier au génie face à ces looks « j’ai mis le premier truc chopé dans mon placard et je l’ai marié avec le 2e truc chopé dans mon placard aussi et on s’en fout si ça se marie pas. Non, non, je dis non ! Longtemps, je me suis sentie mal sapée et finalement, je me rends compte que je n’étais pas mal habillée mais juste en avance d’une mode ou deux (ou en retard d’un ou deux ans, c’est très cyclique tout ça). Ce qui m’amuse surtout dans la mode, ce sont les paroles de fashionistas, qui vont cracher sur les vieux looks un jour (type années 80) et ressortir les épaulettes dès que celles-ci seront remises au goût du jour par Chanel, Dior ou YSL. Et sans complexes, merci. Les modeuses aiment tout, tout le temps, elles ne vomissent jamais sur une fringue, même les immondes sweats cartes postales ont eu leur heure de gloire, pour dire… J’aime imaginer les créateurs en mode vicieux qui sortent des trucs importables et se frottent les mains quand la caisse enregistreuse sonne parce que oui, leur nom sur une étiquette marchera toujours.

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Bref, faudra m’expliquer comment on peut dire que les gens habillés comme un carnaval sous acide sont des pointures en matière de mode. Parce qu’à part leur incroyable culot de porter des trucs pareils, je vois pas…

C’’était mieux avant

Lundi, je lis le Figaro pour le boulot. Oui, je précise car j’avoue qu’avec le Figaro, j’ai du mal, je suis pas (encore ?) assez réac pour partager le point de vue d’un empaffé qui hurle au scandale car on utilise le mot « défenseure », une femme qui défend, donc, car c’est pas dans le dico. D’ailleurs dans le dico, il est aussi spécifié que le « mariage », c’était un contrat entre un homme et une femme donc le mariage homo est un non sens linguistique. Je sens que ce pauvre monsieur a bien dû pleurer quand il a appris que le Petit Robert avait intégré le mot « kiffer » dans ses colonnes. Mais là, n’est pas le sujet.
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Au milieu des articles réac qui donnent une image poussiéreuse de notre société, voilà une pépite. Un article sur Harry Roselmack rédigé par deux maîtres de conf’ de Sciences Po qui, au lieu de souligner la couleur de sa peau, soulignent son âge : 33 ans ! Bref, un petit jeunot. Et là, ils se demandent pourquoi les vieux ne laissent pas la place, donnant des
chiffres assez hallucinants : Chirac est entré dans un gouvernement la première fois en 67, PPDA a présenté son premier journal télé en 76 (même pas j’étais née…). Parce que les Français, ils aiment bien le bon vieux temps, la nostalgie et tout ça, ils ne sont pas super favorables au changement car on ne change pas une équipe qui gagne.

Vendredi soir, je discutais avec un charmant jeune homme sur MSN, on se remémorait la dépravation des années 80. Des seins partout, des bonnes femmes qui font des strip tease dans des émissions tout public… Benny Hills, le Collaroshow, les Nuls et tout, séquence nostalgie ! C’est fou comme on a toujours l’impression que c’était mieux avant. Avant, quand y avait pas le sida, où le sexe était facile et sans danger. L’époque où on pouvait dire « bite » à la télé, montrer un mec sauter à poil sur son lit. Tout ça, aujourd’hui, c’est fini. Ah, que c’était bien quand on était petits, la vie n’était pas si dure et tout ça.

Pourtant, quand on regarde en arrière, chaque période a ses crises. Quand je faisais ma maîtrise sur le Québec, en 2002, je travaillais sur des journaux de 1992 et qu’est-ce qui faisait les gros titres ? La guerre en Irak ! Aujourd’hui, on se désespère en lisant qu’une nouvelle guerre a éclaté au Liban mais ce n’est, hélas pas, un évènement inédit : en 75,
il y en avait déjà une, là-bas. Quand j’étais petite, je voulais vivre dans les années 70 parce que je croyais qu’à l’époque, y avait pas de guerre. Oui, quand on est petit, l’histoire, on la connaît pas sur le bout des doigts. Maintenant, quand je regarde en arrière, je me dis qu’aucune époque n’est mieux ou pire qu’une autre. Alors pourquoi on a toujours la nostalgie de cet « avant » ?

Lecteur, t’est-il déjà arrivé de retrouver un amour de jeunesse ou de retourner dans un lieu que tu aimais particulièrement ? Si oui, tu auras remarqué à quel point les souvenirs lissent les défauts et les rend toujours plus beaux. Par exemple, si je prends mon enfance, je peux dire aujourd’hui que c’était une période très heureuse de ma vie. Pourtant, tout ne fut pas toujours rose. Il est vrai qu’aujourd’hui, quand je repense à mes soucis de petite fille, je me dis que c’était le bon vieux temps et que tu étais simple mais à l’époque, ça me paraissait dramatique. Genre quand je me retrouvais les doigts plein d’encre parce que mon stylo encre coulait ou ce genre de petites choses. Ou comment dire au garçon qui me plaisait que je l’aimais, comme on peut aimer à 8 ans ? Avec le recul, aujourd’hui, tout me paraît simple, c’était le bon vieux temps. Même l’adolescence, qui ne fut pas précisément la meilleure partie de ma vie, ça me paraît une douce période avec le recul. C’est vrai, mon avenir était tracé : après la 6e, la 5e puis la 4e. De « grandes » décisions à
prendre : quelle langue étrangère choisir ? Dois-je partir en littéraire ou scientifique ? Oui bon vu mes notes, forcément, je pars en littéraire, c’est évident. Finalement, à l’époque, tout était si simple, j’avais tellement pas de problèmes.

C’est marrant comme en grandissant, on lisse notre passé, on oublie nos petits tracas, ce qui n’allait pas et nous rendait malheureux. A croire qu’on ne garde que le meilleur.

La société marche comme ça aussi. On a souvent tendance à chercher un Eldorado dans le passé, au moment où « tout allait bien ». Mais bon, si on regarde objectivement les données du passé, l’histoire, l’économie, les chiffres du chômage, le taux de suicide ou autre, il n’y a pas de période bénie, finalement ou alors, si, en comparaison de périodes plus sombres. Il est intéressant de constater qu’on a de la nostalgie pour le passé, de l’espoir pour des lendemains qui chantent mais comme on déteste toujours notre présent. Le présent, c’est toujours la partie
sombre de notre vie. Et la société, c’est pareil. Quand on regarde la télé ou qu’on lit le journal, il y a toujours une espèce de nostalgie, de ce « mieux avant ». La télé nous ressort de vieilles émissions ou nous fait de nouveaux programmes en recyclant de vieux concepts. A la radio, c’est pareil : vieux tubes ou chanteurs d’aujourd’hui reprenant de vieux standards. Au cinéma, on fait des remakes… Et en même temps, tout ce qui est prévisions aux infos, romans ou films d’anticipation, on adore. Mais la nouveauté, le truc qui arrive aujourd’hui, ça fout toujours
la trouille. Si on reste dans le domaine de la culture, qui prend aujourd’hui des risques ? Personne. Oui, on veut du changement mais on ne fait rien pour amorcer la pompe.

Aujourd’hui, on nous met un jeune homme noir à la tête du JT le plus populaire de France. Ok, c’est démago au possible mais au moins, pour une fois que quelqu’un prend un risque, autant applaudir, non ?