On se retrouve à l’autre bout du monde ?

Sous titre : brunch à Brooklyn. Paris – quelques jours avant mon départ à New York.

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Entre deux dossiers, j’erre sur Facebook à balayer du regard les derniers updates quand je vois Yohann poster un statut interpellant sa belle-mère. Yohann ? Ah oui, pardon, remettons en contexte. Yohann est le meilleur ami de ma soeur, il a vécu quelques temps chez mes parents suite à un drame familial et il est un peu ce fils que mes parents n’ont jamais eu. Un fils un peu prodigue, qui se rapproche et s’éloigne mais c’est pas juste un pote, quoi. Yohann, je le connais depuis toujours, magie d’une petite école privée de province où on rentre en petite maternelle et on ressort avec le bac. Début 2013, Yohann et son épouse Blanche s’envolaient donc pour un tour du monde de 2 ans, retour prévu en cette fin d’année, sans doute pour Noël.

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Je lis donc distraitement les commentaires liés au statut quand je vois Yohann expliquer à sa belle mère qu’il materait le match France Irlande de New York. Mais… vérification sur Google : on sera à New York EN MEME TEMPS. 3 messages Facebook plus tard, rendez-vous est pris le dimanche à Brooklyn pour un brunch. Le truc légèrement improbable. Et mon Dieu, je n’aime rien de plus dans la vie que ce genre d’histoires.

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Le dimanche, après une charmante balade sur le pont de Brooklyn sous un soleil radieux (et donc une foule compacte), nous voici, Zeno et moi, à se balader tranquillement à Brooklyn Heights. Je lui explique la situation et conclue par “je suis sûre qu’elle est enceinte, ils ont arrêté leurs périples y a quelques temps pour s’installer au Québec et ça fait un moment qu’ils n’ont pas posté de photos!”. L’heure des retrouvailles est arrivée, la très mince Blanche m’embrasse. Ah non, pas enceinte. On se raconte nos vies, j’annonce à Yohann que j’ai trouvé un super compagnon (ah oui, Yohann a toujours été fasciné par mon célibat mais avait toujours clamé “Nina, le jour où elle trouve le bon, elle s’installe avec lui en moins de 6 mois!”. On a dépassé les 6 mois mais c’est pas si faux) et là, il me sort “Blanche est enceinte !” “Hiiiiiii, je le savais ! De combien ?” “5 mois et demi !”. Ah… oui, maintenant que tu le dis, je semble remarquer un léger renflement au niveau du ventre. Mais je m’en fiche, j’avais raison.

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Pour le reste, je vous la fais courte : on a marché 1h30 dans Brooklyn pour rejoindre Williamsburg, censé être à 30 mn à pied max (non, non). Marcher en soi est plutôt une activité agréable mais on est un peu passé dans un no man’s land pas hyper fascinant et il se faisait super soif à l’arrivée. On finit par se poser dans un resto avec brunch et alcool à volonté. Oui pour le brunch, tu pouvais choisir la formule “plat+ un verre” ou “plat+file moi cette carafe de cocktail, ça ira plus vite !”. Je vous rassure, le Mimosa (champagne+orange) contenait bien plus d’orange que de champagne, ça m’a pas grisée du tout.

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Mon avis sur Brooklyn ? Le Pont est magnifique, ça a l’air super cool mais j’ai pas trop vu.

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Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Durant le brunch, nous avons mis un plan au point : le couple rentrait sur Paris 2 semaines plus tard donc il fallait que j’arrive à organiser une visite chez mes parents… à un moment où je n’y étais pas. Voici donc le plan : ils me donnaient une date et je devais demander à ma tante d’appeler ma mère pour dire qu’elle souhaitait passer à la maison voir mes parents, ma soeur et les petits. Ce fut bien la merde vu que les emplois du temps ne coïncidaient pas : ils ne pouvaient passer que pendant l’absence de ma soeur, ma tante ne savait plus quoi dire, le bordeeeeeeeel. Finalement, Anthony, le mari de ma soeur, circulant dans un train avec 2h de retard (j’avais eu 1h30 le week-end précédent sur le même train), elle était finalement bien à la maison… mais pas mes parents arrivés plus tard. Et quelle surprise !

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Quelle double surprise car j’avais bien pris soin de brouiller les cartes. Le week-end précédent, j’étais descendue quelques jours et j’avais glissé quelques éléments les empêchant de penser à une grossesse : j’avais prétendu que Blanche avait bu un Bloody Mary (oui, il était virgin, j’ai oublié un mot) et quand Anthony a supposé que Blanche pouvait être enceinte, je me suis joint à l’avis de mes parents et de ma soeur qui trouvaient ça inenvisageable.

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Du coup, vu que j’ai aidé à organiser la surprise, ça me dispense de trouver des cadeaux de Noël surprenants ?

Je pige rien à la mode !

En tant que jeune femme, je suis relativement coquette.J’aime bien être jolie même si y a des jours, je suis bien qu’en jeans baskets et que je vomis le concept même de talons. J’en reparlerai (sans doute un jour). Mais si y a bien un truc que je comprends pas, c’est la mode. Celle des magazines, je veux dire.

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Il y a quelques temps, c’était la Fashion Week, un show de 15 mn où des mannequins dépressives et (car ?) anorexiques marchent vite en faisant la gueule, portant sur le dos des fringues équivalant à notre salaire annuel. Peu d’intérêt en soi. Par contre, autour des défilés rôdent d’étranges créatures qui ont soit disant le gêne de la mode, ont un style. Mieux, ont LEUR style et excitent les photographes de mode. Shootons donc les streetlooks à la sortie du défilé. Et là, les mots me manquent. Le choc des photos :

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Heu ? J’ai la sensation de voir des daltoniens qui se seraient habillés dans le noir. Et je me pose la question : c’est quoi le style ? S’habiller de façon farfelue et assumer. En un sens, j’admire, hein… Mais c’est au delà de ma compréhension.

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Cette vieille dame s’appelle Tavi Gevinson, c’est une blogueuse mode, 13 ans au moment de la photo

Depuis que je suis en âge de m’habiller seule, j’ai retenu quelques petites leçons : le noir et le bleu marine ne vont pas ensemble, on ne marie pas rayures et pois et de grosses baskets ne vont pas avec une jolie jupe. Ok. Bon, j’ai pas compris pour le noir et le bleu marine et certaines osent le mélange d’imprimés sans qu’on leur dise rien, voire même qu’on applaudisse des deux mains mais bon… Au-delà de ça, je suis larguée en deux secondes chrono.

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Je ne comprends pas qu’on puisse crier au génie face à ces looks « j’ai mis le premier truc chopé dans mon placard et je l’ai marié avec le 2e truc chopé dans mon placard aussi et on s’en fout si ça se marie pas. Non, non, je dis non ! Longtemps, je me suis sentie mal sapée et finalement, je me rends compte que je n’étais pas mal habillée mais juste en avance d’une mode ou deux (ou en retard d’un ou deux ans, c’est très cyclique tout ça). Ce qui m’amuse surtout dans la mode, ce sont les paroles de fashionistas, qui vont cracher sur les vieux looks un jour (type années 80) et ressortir les épaulettes dès que celles-ci seront remises au goût du jour par Chanel, Dior ou YSL. Et sans complexes, merci. Les modeuses aiment tout, tout le temps, elles ne vomissent jamais sur une fringue, même les immondes sweats cartes postales ont eu leur heure de gloire, pour dire… J’aime imaginer les créateurs en mode vicieux qui sortent des trucs importables et se frottent les mains quand la caisse enregistreuse sonne parce que oui, leur nom sur une étiquette marchera toujours.

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Bref, faudra m’expliquer comment on peut dire que les gens habillés comme un carnaval sous acide sont des pointures en matière de mode. Parce qu’à part leur incroyable culot de porter des trucs pareils, je vois pas…