On se retrouve à l’autre bout du monde ?

Sous titre : brunch à Brooklyn. Paris – quelques jours avant mon départ à New York.

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Entre deux dossiers, j’erre sur Facebook à balayer du regard les derniers updates quand je vois Yohann poster un statut interpellant sa belle-mère. Yohann ? Ah oui, pardon, remettons en contexte. Yohann est le meilleur ami de ma soeur, il a vécu quelques temps chez mes parents suite à un drame familial et il est un peu ce fils que mes parents n’ont jamais eu. Un fils un peu prodigue, qui se rapproche et s’éloigne mais c’est pas juste un pote, quoi. Yohann, je le connais depuis toujours, magie d’une petite école privée de province où on rentre en petite maternelle et on ressort avec le bac. Début 2013, Yohann et son épouse Blanche s’envolaient donc pour un tour du monde de 2 ans, retour prévu en cette fin d’année, sans doute pour Noël.

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Je lis donc distraitement les commentaires liés au statut quand je vois Yohann expliquer à sa belle mère qu’il materait le match France Irlande de New York. Mais… vérification sur Google : on sera à New York EN MEME TEMPS. 3 messages Facebook plus tard, rendez-vous est pris le dimanche à Brooklyn pour un brunch. Le truc légèrement improbable. Et mon Dieu, je n’aime rien de plus dans la vie que ce genre d’histoires.

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Le dimanche, après une charmante balade sur le pont de Brooklyn sous un soleil radieux (et donc une foule compacte), nous voici, Zeno et moi, à se balader tranquillement à Brooklyn Heights. Je lui explique la situation et conclue par “je suis sûre qu’elle est enceinte, ils ont arrêté leurs périples y a quelques temps pour s’installer au Québec et ça fait un moment qu’ils n’ont pas posté de photos!”. L’heure des retrouvailles est arrivée, la très mince Blanche m’embrasse. Ah non, pas enceinte. On se raconte nos vies, j’annonce à Yohann que j’ai trouvé un super compagnon (ah oui, Yohann a toujours été fasciné par mon célibat mais avait toujours clamé “Nina, le jour où elle trouve le bon, elle s’installe avec lui en moins de 6 mois!”. On a dépassé les 6 mois mais c’est pas si faux) et là, il me sort “Blanche est enceinte !” “Hiiiiiii, je le savais ! De combien ?” “5 mois et demi !”. Ah… oui, maintenant que tu le dis, je semble remarquer un léger renflement au niveau du ventre. Mais je m’en fiche, j’avais raison.

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Pour le reste, je vous la fais courte : on a marché 1h30 dans Brooklyn pour rejoindre Williamsburg, censé être à 30 mn à pied max (non, non). Marcher en soi est plutôt une activité agréable mais on est un peu passé dans un no man’s land pas hyper fascinant et il se faisait super soif à l’arrivée. On finit par se poser dans un resto avec brunch et alcool à volonté. Oui pour le brunch, tu pouvais choisir la formule “plat+ un verre” ou “plat+file moi cette carafe de cocktail, ça ira plus vite !”. Je vous rassure, le Mimosa (champagne+orange) contenait bien plus d’orange que de champagne, ça m’a pas grisée du tout.

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Mon avis sur Brooklyn ? Le Pont est magnifique, ça a l’air super cool mais j’ai pas trop vu.

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Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Durant le brunch, nous avons mis un plan au point : le couple rentrait sur Paris 2 semaines plus tard donc il fallait que j’arrive à organiser une visite chez mes parents… à un moment où je n’y étais pas. Voici donc le plan : ils me donnaient une date et je devais demander à ma tante d’appeler ma mère pour dire qu’elle souhaitait passer à la maison voir mes parents, ma soeur et les petits. Ce fut bien la merde vu que les emplois du temps ne coïncidaient pas : ils ne pouvaient passer que pendant l’absence de ma soeur, ma tante ne savait plus quoi dire, le bordeeeeeeeel. Finalement, Anthony, le mari de ma soeur, circulant dans un train avec 2h de retard (j’avais eu 1h30 le week-end précédent sur le même train), elle était finalement bien à la maison… mais pas mes parents arrivés plus tard. Et quelle surprise !

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Quelle double surprise car j’avais bien pris soin de brouiller les cartes. Le week-end précédent, j’étais descendue quelques jours et j’avais glissé quelques éléments les empêchant de penser à une grossesse : j’avais prétendu que Blanche avait bu un Bloody Mary (oui, il était virgin, j’ai oublié un mot) et quand Anthony a supposé que Blanche pouvait être enceinte, je me suis joint à l’avis de mes parents et de ma soeur qui trouvaient ça inenvisageable.

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Du coup, vu que j’ai aidé à organiser la surprise, ça me dispense de trouver des cadeaux de Noël surprenants ?

La ceinture masculine, ta pire ennemie

(article léger pour les 3 du fond qui traîneraient ici en ce long week-end)

La première fois avec un homme, toujours une grande aventure. Les doigts caressent, fébriles, le corps de l’autre, découvrant ses coins et recoins. Dans les magazines féminins, on vous explique que la femme craint que l’homme n’apprécie guère son corps sans emballage (non mais faudra un jour m’expliquer comment des vêtements pourraient m’enlever 10 kilos qui réapparaîtraient dès que je suis nue !). Moi, c’est pas d’être nue qui m’angoisse… C’est la ceinture.

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Dans la version féminine des ceintures, y a une boucle, un trou, une languette et fin de l’histoire. Une ceinture masculine, y a toujours une boucle à la con. Je vous jure, je sais plus lequel de mes ex avait une ceinture que je n’arrivais jamais à détacher, ça devenait limite un running gag ! Du coup, à l’heure de l’effeuillage, je stresse. Mes doigts commencent à tâter la bête, caresser la boucle, soulever l’air de rien un coin ou l’autre pour essayer de déclencher quelque chose. Surtout que je ne suis pas censée regarder car je fais ça tout en faisant autre chose (genre mélanger ma langue avec mon partenaire. Allez regarder discrètement une ceinture quand on vous roule une pelle… Surtout quand on est myope !). Multitâche, oui, mais encore faut-il que je maîtrise les dites tâches.

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Mais pourquoi sont-elles si compliquées, ces ceintures ? Pour vous démarquer des weshs avec les pantalons aux genoux ? Parce que vous avez bien remarqué que dans le Da Vinci Code et toute la série des bouquins de Dan Brown, le Professeur dont j’ai oublié le nom arrive à choper facile avec des histoires d’énigmes et de casse-têtes ? Mais messieurs, si je suis en train d’essayer de vous enlever la ceinture, c’est certainement que je suis déjà conquise, inutile d’en rajouter, hein… Et puis à la limite, filez-moi un Rubik’s cube pendant la levrette…

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Ou alors, c’est pour jouer avec ma patience, en mode cadeau de Noël avec tout un tas de scotch. Oui, je déchire pas le papier, moi, je décachète. Et je fais pareil avec les hommes, imaginez leur tête si je déchirais leur pantalon ! Surtout si nous sommes chez moi… Quoi qu’il en soit, il y a des moments plus indiqués pour jouer avec ma patience, surtout que j’en ai pas des masses.

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Et là, les hommes s’insurgent. Eux aussi, ils doivent se battre. Non pas avec notre ceinture mais avec nos pantalons. C’est vrai quoi, pourquoi les pantalons féminins ont toujours des boutons à l’intérieur, des agrafes, des fermetures éclairs un coup sur le côté, un coup sur le devant. Pareil pour les robes, les fermetures éclairs sont toujours cachées. Alors oui, il est possible de passer dessous mais avouons-le, le peau contre peau, ça reste le must. Et puis les soutien-gorges impossibles à défaire, les collants qu’il ne faut pas déchirer… Vous, femmes, osez vous indigner d’une ceinture un peu taquine à enlever. Mais il faut bien que vous gagniez votre Graal, vous aussi, pas de raison qu’on soit les seuls à galérer !

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Oui, oui… Mais nous, on n’est pas responsable de la galère du collant ou du soutif, y en a pas de plus simple (quoi que jeune ado, j’avais un ravissant petit soutien gorge qui se fermait devant avec un bouton pression). Alors que vous, pourquoi vous ne prenez pas une ceinture toute simple à base d’une boucle, une languette, un trou dans lequel on glisse la languette (cette phrase me paraît terriblement ambiguë). Promis, personne ne vous volera le pantalon dans la rue !

ANECDOTE de M. Bidet

Par Diane

Cher petit lecteur, aujourd’hui j’ai une petite anecdote à te raconter. Une petite anecdote anodine comme ça arrive tous les jours, mais que, quand on y réflechit vraiment, pour un être humain est beaucoup plus déprimante que toutes ces soi-disant catastrophes rrrrhhhaaaaaabanquespouvoird’achatchomage qu’on nous sert tellement à tous les rateliers que ça en devient presque banal.

Bref, cet après midi, j’étais à la défense où une quantité impressionnante  de gens sans pouvoir d’achat se ruaient les uns sur/sous/dans les autres et les magasins en pleine folie de soldes.

[c’est quand même fou ce phénomène de société moderne et pourtant fichtrement néaderthalien que sont les soldes. On se croirait dans un documentaire animalier sur planète:  » la femelle, en période de rut soldesque, a tous ses sens en alerte. Elle développe un instinct particulier et aiguise finement son mode d’action. Quand elle a repéré sa proie, elle observe, les narines à l’affut du moindre chanel n° 5 alentour, son périmètre d’action. Elle guette soigneusement les autres femelles potentiellement rivales avant de fondre en un éclair sur sa proie, non sans écharper à coup de talons aiguilles dans le tibia tout danger potentiel qui s’approcherai un peu trop près de la cible repérée ». Bref j’ai l’impression que toute ton éducation, les dures années de labeur des parents, des professeurs, des nounous et de pratique intensive du bouddhisme tout d’un coup ça compte plus, on fait pouce, et c’est retour à la jungle. Fin de la parenthèse]

Bref, moi j’y étais pour aller m’acheter le dernier Thorgal que tout le monde il a oublié de me l’offrir à noel, donc je le fais moi même, non mais.

Mais là n’est pas l’intérêt principal, j’y viens, un peu de patience. Faut bien vous faire mariner un peu, hein, sinon c’est pas drôle, et puis c’est tellement déprimant que rien qu’à l’écrire, je tire une tronche de quatre mètres de long.

Donc, je suis sur le chemin de retour chez moi, quand dans le RER je croise un jeune homme de ma connaissance, camarade de fac, qu’il se trouve qu’on prépare le même concours.

Et le jeune homme en question me raconte qu’il y a quelques mois, il était à la BU (= bibliothèque universitaire pour les intimes) dans la salle de prêt et que deux jeunes hommes à l’air préoccupé sont venus lui demander un service.

En gros: « rrhhaaa on a un partiel demain, et on a absolument besoin de codes civils mais on peut pas emprunter de bouquins, est ce que tu peux silteplait les emprunter pour nous c »‘est super important »
Alors lui, méfiant, leur demande l’assurance qu’ils rendront les bouquins, ils promettent, et alors il leur fait confiance, et emprunte les bouquins sous son nom.

Et voilà, quelques temps après, il reçoit un courrier de la BU lui demandant de rembourser le Code civil qu’il n’a pas rendu…
Et là je me demande: mais comment est ce qu’on peut faire ça? En plus cette raclure de bidet est censé être étudiant en DROIT! Il étudie le droit, qui est tout de même fondé sur l’idée de JUSTICE,
et il se permet un truc pareil…

Ces temps ci, je suis entourée autant que vous tous par un cortège médiatique d’infos toutes plus joyeuses les unes que les autres, entre  le mot à 5 lettres qui fait peur à tout le monde, (et ne pas le citer est le meilleur moyen de se rendre compte à quel point on nous l’a bien fourré dans le crâne: vous l’aurez tous reconnu…), le chômage  les déboires de nos chers ministres…..eh bien je crois que c’est la chose la plus déprimante que j’ai pu entendre.

Et après, on se met à la place de mon camarade de promo: la prochaine fois, qu’est ce que je fais? Est ce que j’ai eu tort de vouloir faire confiance gratuitement à un autre être humain? Est ce que je préfère devenir super méfiant, me fermer comme une huître et dire non à tout ce qu’un inconnu me demandera, ou alors est ce que je préfère me faire avoir de temps en temps, et garder confiance en l’autre?

Bref, quoi qu’il en soit, si par un grand hasard le petit con qui n’a pas rendu ce livre échouait sur ce blog et lisait ces quelques lignes, je tiens, du fin fond de mon être vers l’espèce de bouillie putride et inconsistante qui te sert de conscience, à t’exprimer l’expression de mon plus profond mépris.

Des idées à développer

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un truc que j’adore : avoir une idée. Vous savez, ce petit embryon qui se développe dans votre tête, qui prend forme peu à peu et que vous
avez envie de coucher vite sur du papier pour ne pas l’oublier.

Moi, des idées, j’en ai tout le temps. Des très bonnes et des franchement à la con. J’ai des idées pour le boulot, pour de futurs romans ou nouvelles, pour réaménager mon appart,
pour les cadeaux de Noël (pour moi ou pour les autres), pour mon futur anniversaire (celle-là, elle déchire tout !), pour des articles du blog, pour mon one woman show qui n’existe pour l’heure que dans ma tête, pour trouver un mec… Ce qui ne veut pas dire que je les mets forcément en application. Surtout que certaines ne passent pas les cinq minutes de réflexion. Genre : « putain, j’ai une trop bonne idée… ah non, en fait, c’est pourri ». Par exemple joindre à mon CV une photo de moi à poil… Non, je déconne, j’ai jamais eu cette idée là ! Mais bon, des fois, mes idées se heurtent au réalisme et au bon sens. Par exemple, à une époque, j’avais eu l’idée de faire du roller pour aller plus vite dans mes déplacements, muscler mes gambettes et faire les rando rollers où y a que des beaux gosses. Mais la dernière fois que j’ai fait du roller, c’était en 91, j’en ai fait 5 minutes avant que mon fessier ne rencontre trop violemment le goudron du parking devant l’immeuble où nous vivions à l’époque et que mon coccyx me signale douloureusement qu’il n’apprécie pas du tout ce genre d’aventures. J’ai pleuré pendant deux heures. Le lendemain, on allait échanger ces foutus rollers contre des playmobils, moins dangereux. Et puis, je vis à Paris et déjà, rien qu’avec mes petons, j’ai du mal à me frayer un passage dans la foule. Avec des rollers, c’est carrément suicidaire. Donc on abandonne l’idée.

 

Il y a quelques mois, je suis allée boire un verre avec le scénariste de Modo pour qu’on voit un peu ce qu’on pouvait faire. A un moment, je lui demande de me faire l’histoire de Mitchoum Prod afin que je l’intègre dans mon dossier de presse. Là, il me raconte un peu comment il a eu les idées de ses scénarii, genre « je prenais ma douche un matin quand tout à coup, j’ai eu l’idée ! ». J’avoue que cette conversation m’a un peu exaltée parce que ça m’a rappelé mon propre processus créatif. Moi aussi, l’eau chaude et la vapeur d’eau, ça me stimule. C’est dingue comme sous la douche, j’ai des idées. Parfois, j’ai une idée qui arrive, je commence à la développer et je l’abandonne, je la mets dans un coin de la tête. Puis quelque temps plus tard, j’en récupère des bouts pour les intégrer ailleurs. Par exemple Technopolis, au départ, je voulais en faire une espèce de série policière du futur, l’héroïne s’appelait Heidi, on trouvait la même ville futuriste avec le maire et tout mais y avait une histoire de clone en plus que j’ai virée. J’ai récupéré le décor, le principe politique, la guerre bactériologique… Je stoque tout dans ma petite tête et quand je trouve un fil conducteur pour une histoire qui me plaît et je récupère un peu les idées que j’ai de côté pour voir si je peux en faire quelque chose. En gros, mes romans sont des espèces de patchworks d’idées.

 

De la même façon, dans la vie, des fois, j’ai des idées. Genre le truc qui m’arrive comme ça, bam ! et qui m’enthousiaste totalement. Le pire, c’est que j’ai souvent ces idées
soit dans le métro, soit dans mon lit quand c’est l’heure de dormir, soit sous la douche… soit à des moments où je peux pas m’y atteler de suite. Mais c’est toujours exaltant, ces idées ! Ca obnubile un peu, ça motive, tout ça, tout ça. D’ailleurs, en ce moment, ma machine à idées est hyper (trop) productive. Bon, bien sûr, pas mal d’entre elles ne durent pas cinq minutes, tant elles sont irréalisables. Le pire étant les idées au réveil. Genre je fais un rêve, je me réveille et là : « waaaaaaaaaah, mon rêve, c’est une super idée de roman… ». Puis au bout d’une demi heure, quand mon cerveau est remis à l’endroit, je me rends compte que l’idée est profondément débile. Mais ça m’aura mise de bonne humeur dès le réveil, ce qui est plutôt un exploit.

 
Bon, je vous laisse, j’ai une idée à exploiter, là !

Les jingles bêlent

Vendredi 23 décembre, 17h30, je pose le nœud-nœud frisé sur un paquet cadeau : ouais, j’ai enfin fini ! Ah non, il manque le super cadeau de mon papa que j’ai oublié d’acheter : un peigne. Oui parce que mon père, quand on lui demande ce qu’il veut pour Noël, il nous répond : « ah je voudrais bien un peigne de poche parce que j’aime bien me recoiffer de temps en temps »… C’est du beau cadeau, ça !
 
 
En général, j’adore le jour de Noël mais qu’est-ce que je déteste la prise de tête pré-fête ! Première étape : trouvons l’idée du cadeau. Bonjour le brainstorming ! Pour mes parents, je suis secondée de ma sœur et de mon presque frère mais lui, ça dépend des fois. Donc début décembre, Alice et moi nous nous mettons en mode : « on offre quoi à papa et maman ? ». Alors, pour ma mère, en général, ce n’est pas très difficile : une statue africaine (quoi que plus maintenant), un CD de musique lounge ou de n’importe quoi (sauf rap, là, je la tuerais ou pire, du raï), des beaux vêtements, des bijoux, de la déco… Enfin tout, tant que ça n’a pas de rapport avec la technologie. Mais pour mon père, quelle galère ! Il ne fume pas, il ne boit pas, il ne lit que peu (surtout des magazines d’actu), ne va jamais au ciné, regarde peu la télé… Ses passions : son métier, sa famille, le rugby. Mais il aime pas les livres sur le rugby et on va pas lui offrir une nouvelle blouse ou un nouveau stéthoscope… J’essaie de convaincre Alice de lui offrir un petit enfant mais non.
 
Une idée?
Cette année, c’est la cata : dès qu’on a une idée, on se rend compte que ça va pas. Commençons par ma maman : des places pour le concert de Julien Clerc. En effet, on pensait que son dernier album était un best of mais non… Du coup, on renonce (et on a bien fait, ma maman n’aime pas son nouvel album). J’erre, solitaire, dans les rayons, je ne trouve rien, mais alors rien, pas l’ombre d’une idée. Finalement, ma sœur découvre que Laurent Gerra fait un nouveau spectacle, et deux billets pour M. Gerra, emballé, c’est pesé. Sinon, elle veut un pantalon d’intérieur en « velours ». Ma sœur : « t’inquiète, je vais à H&M ce week-end ! ». Finalement, elle trouve pas, la mission m’échoit. Jeudi matin, je pars donc amener ma maman à l’hôpital (elle y travaille) puis Kenya au véto puis direction la Halle aux vêtements : il est 8h45, ça ouvre à 9h30, tout va bien. J’y retourne donc une heure plus tard, je trouve pas. Je vais au Leclerc, je trouve pas. Y a un joli pantalon d’intérieur Dim mais pas en velours. Je vais à LMV, je trouve pas. Je vais à Etam : du pantalon en velours, y a, mais
du rose barbie, du vert fluo ou du rouge orangé pas beau… J’atterris à Monoprix et là, en appelant Alice, elle me fait : « bon ben tant pis pour le velours ! ». Arghhhh, elle m’aurait dit ça plus tôt, j’aurais pris celui du Leclerc ! Donc quelle est la cruche qui se retrouve à aller au Leclerc un vendredi 23 décembre à 14h30 ? Moi ! Naturellement, j’aurais pu y aller ce matin mais ma mère ayant pris la voiture… Ben non, je pouvais pas ! Sinon, mercredi, je lui avais déjà acheté un ouvrage fort intéressant : « Internet pour les nuls ». Sauf qu’au centre culturel du Leclerc (oui, je sais, j’y vais tout le temps), ils donnent pas de poche et qui c’est qui se retrouve avec un livre pour sa maman à la main alors que celle-ci vient me chercher car j’ai pas de voiture ? Donc je le fourre dans mon sac. Sauf que le lendemain, en revenant donc au Leclerc, en sortant, j’ai fait bip… Oui, il faudra un jour qu’on m’explique pourquoi ils démagnétisent jamais correctement ce qu’on achète ! Bon, pour ma maman, c’est fait !
 
Pour mon papa… Naturellement, un peigne, c’est nul comme cadeau. Donc on se creuse la tête, que lui offrir ? Surtout qu’un mois avant, c’est son anniversaire, youpi ! Un DVD Trivial Poursuit ? Super, il ne s’en servira jamais ! Des vêtements, c’était son cadeau d’anniversaire alors quoi ? Bon, finalement, on se décide pour une webcam. En fait, l’idée c’est d’acheter quatre webcam : une pour mes parents, une pour Yohann mon presque frère, une pour Alice et une pour moi. Comme ça, on sera tous les quatre à pouvoir se voir. Bon, naturellement, je bloquerai tout le temps mes parents sur MSN, le temps de changer de pseudo au besoin. Je suis pas sûre qu’ils captent un truc du genre : « Quelle brouette de feu cette nuit » mais un « Aïe, j’ai bobo la tête, l’alcool cé pas bo, l’alcool cé pas bien », si…Donc, c’est parti pour la webcam, Alice me dit qu’il y en a des pas chères au Leclerc. Donc mercredi, j’y vais. Je regarde : premier prix avec microphone intégré : 35 euros, à peu près. J’en prends 4 et le vendeur me fait : « ah non, vous m’avez détruit tout mon beau rayon », en déconnant. Je continue mon chemin et appelle ma sœur pour lui demander des infos pour un cadeau pour son tendre Anthony et là, en lui parlant des webcams, elle râle : « non mais attends, 35 euros, c’est super cher, je comprends pas…Attends, je te rappelle ». Bip ! Bip ! « J’en ai trouvé à 20 euros à côté de chez moi, je m’en charge. » Ok ! Je sors de là et retrouve ma mère qui fait la gueule : non mais elle va pas se trimballer avec 4 webcams (ma mère ne sait absolument pas à quoi ça peut ressembler, au passage) dans le train ! Je lui ai dit : « certes, ça m’emmerde aussi mais ça fait quand même 60 euros d’économie ! ». Mais bon, mercredi, ma mère était d’une humeur massacrante, de toute façon.
 
Après, il y a le cadeau pour les hommes de la famille, à savoir Anthony et Yohann. Pour le premier, en désespoir de cause, je lui ai offert un livre sur la pêche, sa passion (chacun son truc…). Ma mère avait pensé à une boite à outils mais le gentil vendeur de castorama (rien à en tirer, ma mère m’a cassé le coup direct en disant : « bonjour, je cherche un cadeau pour le copain de ma fille »…avec moi à côté !) lui a fait remarquer qu’offrir une boîte à outils à un mec, c’est comme offrir un fer à repasser à une femme… Du coup, elle lui a payé une montre de course qui mesure les battements de cœur et je sais pas quoi car il s’entraîne dur pour devenir pompier de Paris (et c’est pas facile !). Pour Yohann, grosse panne d’idée, Alice est avec moi sur le coup. Le problème étant que Yohann était au fond du trou début décembre, en pleine dépression donc que lui offrir ? Il ne faut surtout pas se planter. Au début, j’avais pensé à deux passeports pour Disney, histoire qu’il se détende un peu mais il y a peu, il voulait tout plaquer pour aller vivre dans une ferme, donc non. Des vêtements, trop classique. Des livres ou des CD, mais lesquels ? Des lampes, on lui en a déjà offerte une pour son anniversaire, un beau stylo, il écrit pas… Bon, finalement, ce sera un immense bougeoir (plus grand que moi), le livre de Yann Arthus Bertrand et une petite sacoche pour sortir (on y met un paquet de clopes et un portable, c’est tout).
 
Pour ma sœur, là, c’est facile. J’aime bien faire des cadeaux à ma sœur : c’est l’occasion de lui montrer que je l’aime bien quand même, même si on est pas proche. Après un Palm trouvé à moindre prix sur ebay, j’ai eu une idée : des savons en forme de carrés de chocolat dont parle Cosmo. Vu que ma sœur est perpétuellement au régime, voilà du chocolat qu’elle peut consommer à volonté ! Je me rends donc chez Sephora mais y en a plus, pas plus que du sublime éventail rose de chez Chantal Thomas. Je fais tous les Sephora qui se dressent sur mon passage, rien, rien, rien. Donc à la place, je lui achète des « sucres effervescents » pour le bain, des berlingots pour le bain aussi et des trucs du genre et je mets ça dans une jolie boîte ! Bon, en emballant la boîte tout à l’heure, je l’ai ouvert : eurk, ça pue le magasin de parfum, là dedans ! Ben oui, toutes ces odeurs délicieuses qui se mélangent, c’est un peu trop fort…
 
Je vais commettre un meurtre!
Mais le plus chiant dans ces périodes, c’est pas de trouver les cadeaux, c’est de les acheter. Je suis profondément misanthrope et agoraphobe : je déteste l’homme quand il se déplace en troupeau. Parce que, déjà, en temps normal, y a toujours un lourdingue qui marche à deux à l’heure devant vous et qui ne marche même pas droit, ce qui fait que chaque dépassement se termine en collision : « non mais vous pouvez pas faire attention ! » Et toi, tu peux pas passer la seconde et tenir ta droite ? Mais à Noël, ils sont tous dehors ! Par exemple, j’ai eu droit à la bonne femme qui téléphone devant un rayon, pile devant ce que je voulais donc je me pose poliment à côté : « excusez-moi…excusez-moi… » Bon, ben tant pis, je bouscule, elle avait qu’à appeler ailleurs. Non mais ça m’horripile cet égoïsme ! J’ai beau exprimer le fait qu’elle me dérange de façon polie, elle feint de ne me voir ni ne m’entendre… Et ils sont tous comme ça ! Donc faire mes courses de Noël, ça me rend généralement de mauvaise humeur parce que non seulement je ne trouve pas ce que je veux mais en plus, je peux mesurer la connerie de l’individu en société. Moi, je ne demande qu’une chose : en finir au plus vite.
 
Outre ces courses horripilantes (d’autant que quoi qu’on fasse, on a toujours un cadeau de dernière minute à faire, genre un peigne…), ce que je déteste, c’est l’emballage cadeau. Je suis nulle pour faire les paquets, c’est désespérant. Chaque année, on se moque de moi : « ahahah, il est trop bizarre ce paquet, il y a du scotch partout, c’est de Nina, ça ! » Oui ben l’an prochain, je les cacherai dans la maison comme ça, y aura quand même la surprise mais pas de paquet. Faut dire aussi que les papiers cadeaux sont de plus en plus merdiques, l’an prochain, j’achète du papier kraft ! Donc, cet après-midi, atelier emballage, je perds trois fois le ciseau par minute, j’ai pas coupé assez de papier donc je rajoute une chute pour pas que ça se voit, je frise le ruban (ça, ça m’amuse), je coupe, je scotche, je soupire. Le livre de Yohann, y a le prix inscrit sur la couverture. Mais qu’ils sont chiants les éditeurs à faire ça ! Surtout ce livre là, c’est clairement pour un cadeau ! Donc un coup de marqueur pour cacher le prix. On emballe, on écrit les initiales sur le paquet, on met sur
le côté… Ai-je bien enlevé le prix ? Merde, au moment où j’écris cette phrase, j’ai un doute sur le cadeau d’Alice, je crois que j’ai laissé le prix sur la boîte. L’an dernier, ma mère, très en forme, avait laissé le prix sur tous mes cadeaux ou presque… Hum ! A un moment, j’ai une idée : et si j’utilisais les chutes de papier cadeau pour faire des faux bonbons pour mettre dans la boîte d’Alice pour accentuer le côté « gourmandises » ? Je vais chercher des boules dans le jardin, j’en fais un…deux… Non, c’est une mauvaise idée.
 
Voilà, ce soir, j’ai presque fini, sauf mon peigne, et c’est tant mieux. J’ai passé la semaine à faire ces foutus courses. En plus, en général, cette période pré-fête est particulièrement tendue chez moi, tout le monde ayant un cadeau de dernière minute à faire, etc. Heureusement, on se réconcilie tous devant le sapin quand on ouvre les cadeaux… Mais ça, j’en parlerai dimanche.

Le démon tentateur

Lors de mon article sur la fidélité, j’ai parlé de Fabien, le gars qui m’a rendue folle de désir pendant une bonne année. Trois ans après, j’avoue que s’il apparaissait sur le pas de ma porte, je lui sauterais dessus sans attendre. J’ai hésité à écrire cet article car peu de mes amis sont au courant de cette histoire, j’en ai parlé à personne pendant longtemps.

Tout a commencé mi-octobre 2001. Je rappelle au non-Toulousains que quelques jours plus tôt, l’usine AZF avait explosé, rasant au passage la fac du Mirail. Du coup, mon directeur de maîtrise organise une réunion avec ses étudiants à l’IEP, dans une salle minuscule mais là n’est pas l’important. Je monte les escaliers et je vois une petite rousse me regarder et faire : « ah, en voilà une de plus ! ». Bien, je suppose que cette fille est en maîtrise avec moi, je ne vois pas du tout qui c’est. Bon, on discute de nos sujets, je reconnais quelques élèves qui étaient en cours avec moi en licence. A la fin, mon prof, M. Gris, nous parle du bulletin d’information du groupe de recherche, demandant s’il y a des élèves qui veulent y participer. C’est une première expérience de journalisme intéressante. Je m’empresse de me proposer, persuadée que ça allait être la cohue mais seule la rouquine et moi postulons. Un grand gaillard à la voix grave magnifique en profite pour prendre la parole et parler d’une émission de radio parrainée par le groupe de recherche, s’il y a des volontaires… Je le connais, ce gars : il était en cours de contemporaine avec moi l’année précédente et c’est l’une des personnes les plus cultivées qu’il m’ait été donné de rencontrer. Il me semble un peu prétentieux mais il va participer au journal aussi donc je garde mes préjugés pour moi. Il présente son voisin, Rachid, que je savais intéressée par le journalisme car on en avait parlé l’année précédente. Nous voici quatre sur le journal : Elodie la rouquine, Julien à la voix suave, Rachid et moi. Il y a un cinquième dans le coup, un thésard. Soit.

 
Premier contact

Et là, le thésard rentre et…rien. Il se la pète un peu et il m’énerve. M. Gris le prend en exemple : « demandez à M. Colbert, demandez à M. Colbert » et l’autre, il a l’air d’exulter. Mais bon, il veut travailler sur le journal aussi donc pareil que pour Julien, j’attends avant de le condamner. On part tous les cinq discuter dans une salle voisine et je constate que le thésard a des auréoles sous les bras, il est en T-shirt, je suis en pull et je pars sur des considérations débiles sur le fait que j’ai froid et que lui, il a chaud. Oui, je sais, des fois, je pense vraiment n’importe quoi. On parle d’abord du journal et une fois les sujets arrêtés, le thésard, qui s’appelle Fabien, se tourne vers Elodie et moi, le regard brillant : « Bon, les filles, ça vous tente, la radio ? ». Oh oui, je suis tentée mais réfléchissons : j’ai une maîtrise à faire, je bosse de temps à temps à la Poste, me voilà engagée dans un journal, puis-je assumer une émission de radio hebdomadaire ? « Ok ! ». Après tout, mon idéal professionnel, c’est le journalisme, pas prof ou guichetière à la Poste.

Enthousiasmée, je repars avec Elodie qui vit près de chez moi, on discute, on est très motivées, malgré le temps que ça nous prendra. Semaine suivante, rendez-vous à la radio, installée dans un ancien magasin de lingerie… En fait, au départ, rien n’était aménagé : les vitres décanillées par AZF, un lourd rideau de fer qui clôt la vitrine, une salle d’enregistrement en sous-sol avec la peinture qui s’écaille, on se croirait à Radio résistance. Bon, ok, ça ne paie pas de mine mais on s’en fiche, l’important, c’est d’avoir le matériel pour travailler correctement. Tous les cinq, on s’installe dans la salle principale, vide, on discute des sujets qu’on veut traiter. Mon regard croise régulièrement celui de Fabien et… mince, je suis troublée. Brun, des yeux magnifiques (noisettes avec des éclats dorés) qui pétillent, un beau sourire… Mais je suis une patate mariée, calme-toi, ma fille. A un moment, on parle de nos provenances géographiques et là, il me révèle qu’il est de Perpignan. Là, je me prends une vague de nostalgie de plein fouet : Perpignan, la ville où vivaient mes grands-parents quand mon grand-père que j’adorais était en vie. On descend au studio d’enregistrement et je m’arrange pour me retrouver toujours à côté de Fabien. La semaine suivante, rendez-vous chez moi, j’espère qu’il arrivera le premier. Raté, il arrive en dernier, il avait oublié la réunion . Zut.

Première prise

Première émission, on invite M. Gris comme intervenant. On lui pose nos questions, on est tout crispés, une horreur. A un moment, déclic ! Une contradiction dans ses propos et je le lui fais remarquer. Il rie et me répond avant de conclure : « maintenant, je serais vous, je m’inquiéterais pour votre maîtrise ! ». On finit l’enregistrement, M. Gris s’en va et on écoute quelques sons de l’enregistrement, Fabien me complimente sur ma voix et sur ma super question piège. Je fonds ! A partir de là, j’omets de plus en plus de parler de Guillaume, étrange… Chaque fois qu’il me frôle, j’ai des frissons. Je rêve de lui à chaque fois qu’on se voit, mes rêves se font de plus en plus torrides : d’abord de simples bises appuyées à des baisers passionnés avant d’arriver aux brouettes intensives. Je me souviens d’une nuit où j’ai rêvé qu’on faisait l’amour la nuit sur la terre, je crois que c’était la guerre mais je ne suis plus très sûre. Le matin, je me réveille, excitée par mon rêve de la nuit et me voilà à côté de Guillaume. Dieu merci, je ne parle pas en dormant. Autre rêve hautement révélateur : on sort ensemble clandestinement. A un moment, on se retrouve sur un matelas posé sur un vieux sommier à ressorts sous une fenêtre dans une pièce style chambre de bonne, on commence à s’exciter et il me dit : « non, ce n’est pas bien, on peut pas faire ça ! ». J’acquiesce, on sort de la pièce, il y a une histoire de vidéoclub mais on ne peut pas s’empêcher de s’embrasser. Merveilleuse métaphore de mes sentiments : non, je ne dois pas craquer sur Fabien, ce n’est pas bien. Mais je ne peux m’en empêcher.

L’avantage, c’est que les occasions de se voir sont nombreuses : préparation des émissions, réunions pour le journal, enregistrement des micro-trottoirs… On se voit à peu près toutes les semaines, parfois plusieurs fois. Un soir, la réunion a lieu chez lui. Je récupère Elodie et on se rend chez lui, on le retrouve sur une place en compagnie de Julien. On discute en attendant Rachid mais après une demi-heure d’attente dans le froid, on renonce : il nous appellera. Il nous guide jusqu’à son appart, on rentre et là, c’est l’explosion : à l’intérieur, une splendide brune aux yeux bleus, Sandra. Mince, il avait une copine ! Bon, je me fais une raison : c’est mieux ainsi. Pourtant, Fabien est bizarre avec elle : pas la moindre attention. A un moment, je reçois un coup de fil de Lucie qui m’annonce que Gauthier veut abandonner ses études. On s’énerve joyeusement toutes les deux et quand je rejoins l’équipe, je fais une gueule pas possible, Fabien me lance un regard de connivence. Il me veut quoi, lui ? Sa copine est tellement plus belle que moi…

La rivale

On dîne, ça se passe bien, Sandra est plutôt sympa et je suis fière de moi : finalement, j’ai tiré un trait toute seule comme une grande, c’est bien ! Par contre, je trouve Fabien pas du tout affectueux avec elle, ça me déçoit un peu : il n’a rien du petit ami idéal. A la fin de la soirée, on se fait la bise, il pose sa main sur mon épaule, comme d’ordinaire et là, encore ce foutu frisson. C’est pas vrai ! Je me couche, un peu triste. Mais c’est mieux comme ça. C’est mieux comme ça. Ouais, l’autopersuasion, ce n’est pas terrible. Le lendemain, je rejoins Elodie à la cafétéria pour bosser sur une émission de Noël. Guillaume est là, je lui fais un bisou et rejoint ma nouvelle grande amie. On discute, on travaille puis, à un moment, on revient sur la soirée précédente. A un moment, je parle de Sandra, disant quelque chose comme : « elle est sympa la copine de Fabien. » « Mais c’est pas sa copine ! » Mon cœur explose de joie : c’est vrai ? Elle n’a pas de preuve mais elle trouve qu’ils n’avaient rien d’un couple, ce que j’avais remarqué aussi. Mais qui est-elle donc ? Peu importe, peu à peu, je l’efface de l’équation.

Peu de temps après, un nouvel arrivant rejoint l’équipe. En fait, Rachid n’est pas venu le soir où on l’a attendu. En fait, il avait abandonné sa maîtrise pour faire une maîtrise science politique et il n’avait plus le temps. Bon, honnêtement, j’ai fait la même maîtrise l’année suivante, c’est surtout qu’il n’avait plus la motivation. Lors de la seconde émission, il avait refait l’introduction 10 fois car il n’y arrivait pas… En cours de M. Gris, on doit faire un exposé sur une maîtrise déjà réalisée (histoire qu’on lise AU MOINS un mémoire avant de rédiger le nôtre). Tout le monde se disputant pour l’analyse de presse, je me rabats sur l’étude multidimensionnelle d’un événement : la mort de Lady Di (véridique). A la fin du cours, un jeune homme blond aux yeux verts vient me voir et me dit qu’il a pris l’exposé avec moi. Ah, ok. Quelques jours plus tard, on enregistre une émission à la con pour Noël, un quizz débile concocté par Elodie et votre dévouée. Julien ramène deux potes à lui dont mon collègue d’exposé, Maxime, de son prénom.

Lors de cette soirée, mon auréole se cabosse un peu. A un moment, le deuxième pote de Julien râle car il a eu une grosse boule comme cadeau de Noël. Un peu saoule, je lui fais : « vaut mieux une grosse que deux petites ! » (du grand n’importe quoi, en somme). A partir de là, je suis la cochonne de service et j’en joue, je me fais chatte, surtout quand je parle avec Fabien qui me le rend bien. Mais rien, il ne se passe rien que ce jeu gentil de flirt, peut-être l’ai-je même imaginé, je ne sais pas. Ma relation avec Guillaume s’en ressent un peu : un matin, je l’appelle en larmes car « je me pose des questions sur notre couple ». Je dors beaucoup : dans mes rêves, je retrouve Fabien. Pourtant, je sais qu’on ne s’entendrait pas en tant que couple, il est trop lunatique, un peu colérique : on s’engueulerait au bout de deux jours. Mais j’ai envie de lui comme une folle. De plus, au même moment, Elodie qui était avec son mec depuis 4 ou 5 ans se sépare de lui pour sortir avec un… Fabien ! Quel modèle troublant…

 
Désir brûlant

Le temps passe, je supporte pas de pas le voir. Quand il part quinze jours en Egypte, ça me paraît une éternité. Un jour, le « drame » arrive : Guillaume et Fabien se rencontrent sans que j’y sois préparée. En fait, Fabien ne venait jamais à la fac mais ce jour-là, je le vois devant l’UFR d’histoire en grande conversation avec mes collègues de radio et M. Gris. Guillaume à ma gauche, Fabien devant, je manque d’air. N’ayons l’air de rien, je rejoins mes amis alors que Guillaume reste en arrière. Fabien me demande discrètement si ça va. Enlève les étoiles que tu as dans les yeux, me dis-je. Mais Guillaume ne voit rien. Il ne voit tellement rien qu’une fois, on parlait de Fabien, je lui disais que je ne savais pas s’il avait une copine ou non et il me fait : « Non, ce mec a une allure de célibataire ». Précisément ce qu’il ne fallait pas dire !

Il ne se passe toujours rien, on plaisante, il me cherche un peu. Mais Julien aussi (alors que lui est fiancé, il s’est marié depuis d’ailleurs), il me gratifie une fois d’un joyeux : « t’es bonne ! ». Merci chéri, j’adore ! Et Fabien acquiesce. Non, pourquoi tu me tortures comme ça ? Dis-moi que je suis moche, ne me regarde plus avec ce petit sourire. Arrête de planter tes yeux dans les miens, révèle-moi l’existence d’une petite amie dont tu es fou amoureux… Arrête de poser ta main sur moi quand tu me fais la bise ou sur ma taille, un soir de beuverie. Arrête, arrête… Non, n’arrête pas… Bon, voilà, je suis toute perdue.

L’année avance. Un jour, Julien m’appelle, on discute et il me dit : « je vais aller à un cours de M. Gris pour trouver nos successeurs ». Quelle douche froide ! Mon cœur se déchire : non, ça ne peut pas se finir maintenant. Alors, ce sera l’été et on ne se verra plus ? Ce n’est pas possible, je vais en mourir. La structure de l’équipe a un peu changé, Elodie a pris des distances pour terminer sa maîtrise (ce sera la seule à l’avoir, cette année-là : j’ai pris une année de plus, Julien et Maxime ont abandonné mais ça n’a aucun rapport avec notre activité radiophonique). Je me retrouve la seule fille au milieu de trois mâles et Maxime semble très intéressé par ma personne. En fait, j’ai de très bonnes relations avec Maxime : on a travaillé souvent seuls pour notre exposé, il a vécu un an au Canada, mon pays préféré, celui sur lequel je fais ma maîtrise… Forcément, ça rapproche. Un jour, on se met à la technique, tous les deux (en gros, il faisait tout, j’ai appuyé sur deux boutons). Je glisse un CD dans le lecteur, il envoie la musique et là, il me regarde bizarrement et me sort un langoureux : « Merci ! », des étoiles plein les yeux. Je rougis et je bégaie un : « mais de quoi ? ». « D’avoir mis le CD… ». Seigneur, il me fait quoi, lui ? L’été suivant, on se verra plusieurs fois seuls pour boire un verre, il est dégoûté d’avoir été pris à l’école de journalisme et pas moi (« je ne connais pas de personne plus motivée que toi pour faire ce métier, c’est dégueulasse ! »). Il me parle d’une fille avec qui il était sorti en fin d’année scolaire et me fait : « je ne ressentais pas la même chose pour elle que pour toi… ». J’ai jamais trop su ce qu’il avait ressenti pour moi mais j’étais un peu gênée. Que tout ceci est compliqué !

A suivre…