Les jingles bêlent

Vendredi 23 décembre, 17h30, je pose le nœud-nœud frisé sur un paquet cadeau : ouais, j’ai enfin fini ! Ah non, il manque le super cadeau de mon papa que j’ai oublié d’acheter : un peigne. Oui parce que mon père, quand on lui demande ce qu’il veut pour Noël, il nous répond : « ah je voudrais bien un peigne de poche parce que j’aime bien me recoiffer de temps en temps »… C’est du beau cadeau, ça !
 
 
En général, j’adore le jour de Noël mais qu’est-ce que je déteste la prise de tête pré-fête ! Première étape : trouvons l’idée du cadeau. Bonjour le brainstorming ! Pour mes parents, je suis secondée de ma sœur et de mon presque frère mais lui, ça dépend des fois. Donc début décembre, Alice et moi nous nous mettons en mode : « on offre quoi à papa et maman ? ». Alors, pour ma mère, en général, ce n’est pas très difficile : une statue africaine (quoi que plus maintenant), un CD de musique lounge ou de n’importe quoi (sauf rap, là, je la tuerais ou pire, du raï), des beaux vêtements, des bijoux, de la déco… Enfin tout, tant que ça n’a pas de rapport avec la technologie. Mais pour mon père, quelle galère ! Il ne fume pas, il ne boit pas, il ne lit que peu (surtout des magazines d’actu), ne va jamais au ciné, regarde peu la télé… Ses passions : son métier, sa famille, le rugby. Mais il aime pas les livres sur le rugby et on va pas lui offrir une nouvelle blouse ou un nouveau stéthoscope… J’essaie de convaincre Alice de lui offrir un petit enfant mais non.
 
Une idée?
Cette année, c’est la cata : dès qu’on a une idée, on se rend compte que ça va pas. Commençons par ma maman : des places pour le concert de Julien Clerc. En effet, on pensait que son dernier album était un best of mais non… Du coup, on renonce (et on a bien fait, ma maman n’aime pas son nouvel album). J’erre, solitaire, dans les rayons, je ne trouve rien, mais alors rien, pas l’ombre d’une idée. Finalement, ma sœur découvre que Laurent Gerra fait un nouveau spectacle, et deux billets pour M. Gerra, emballé, c’est pesé. Sinon, elle veut un pantalon d’intérieur en « velours ». Ma sœur : « t’inquiète, je vais à H&M ce week-end ! ». Finalement, elle trouve pas, la mission m’échoit. Jeudi matin, je pars donc amener ma maman à l’hôpital (elle y travaille) puis Kenya au véto puis direction la Halle aux vêtements : il est 8h45, ça ouvre à 9h30, tout va bien. J’y retourne donc une heure plus tard, je trouve pas. Je vais au Leclerc, je trouve pas. Y a un joli pantalon d’intérieur Dim mais pas en velours. Je vais à LMV, je trouve pas. Je vais à Etam : du pantalon en velours, y a, mais
du rose barbie, du vert fluo ou du rouge orangé pas beau… J’atterris à Monoprix et là, en appelant Alice, elle me fait : « bon ben tant pis pour le velours ! ». Arghhhh, elle m’aurait dit ça plus tôt, j’aurais pris celui du Leclerc ! Donc quelle est la cruche qui se retrouve à aller au Leclerc un vendredi 23 décembre à 14h30 ? Moi ! Naturellement, j’aurais pu y aller ce matin mais ma mère ayant pris la voiture… Ben non, je pouvais pas ! Sinon, mercredi, je lui avais déjà acheté un ouvrage fort intéressant : « Internet pour les nuls ». Sauf qu’au centre culturel du Leclerc (oui, je sais, j’y vais tout le temps), ils donnent pas de poche et qui c’est qui se retrouve avec un livre pour sa maman à la main alors que celle-ci vient me chercher car j’ai pas de voiture ? Donc je le fourre dans mon sac. Sauf que le lendemain, en revenant donc au Leclerc, en sortant, j’ai fait bip… Oui, il faudra un jour qu’on m’explique pourquoi ils démagnétisent jamais correctement ce qu’on achète ! Bon, pour ma maman, c’est fait !
 
Pour mon papa… Naturellement, un peigne, c’est nul comme cadeau. Donc on se creuse la tête, que lui offrir ? Surtout qu’un mois avant, c’est son anniversaire, youpi ! Un DVD Trivial Poursuit ? Super, il ne s’en servira jamais ! Des vêtements, c’était son cadeau d’anniversaire alors quoi ? Bon, finalement, on se décide pour une webcam. En fait, l’idée c’est d’acheter quatre webcam : une pour mes parents, une pour Yohann mon presque frère, une pour Alice et une pour moi. Comme ça, on sera tous les quatre à pouvoir se voir. Bon, naturellement, je bloquerai tout le temps mes parents sur MSN, le temps de changer de pseudo au besoin. Je suis pas sûre qu’ils captent un truc du genre : « Quelle brouette de feu cette nuit » mais un « Aïe, j’ai bobo la tête, l’alcool cé pas bo, l’alcool cé pas bien », si…Donc, c’est parti pour la webcam, Alice me dit qu’il y en a des pas chères au Leclerc. Donc mercredi, j’y vais. Je regarde : premier prix avec microphone intégré : 35 euros, à peu près. J’en prends 4 et le vendeur me fait : « ah non, vous m’avez détruit tout mon beau rayon », en déconnant. Je continue mon chemin et appelle ma sœur pour lui demander des infos pour un cadeau pour son tendre Anthony et là, en lui parlant des webcams, elle râle : « non mais attends, 35 euros, c’est super cher, je comprends pas…Attends, je te rappelle ». Bip ! Bip ! « J’en ai trouvé à 20 euros à côté de chez moi, je m’en charge. » Ok ! Je sors de là et retrouve ma mère qui fait la gueule : non mais elle va pas se trimballer avec 4 webcams (ma mère ne sait absolument pas à quoi ça peut ressembler, au passage) dans le train ! Je lui ai dit : « certes, ça m’emmerde aussi mais ça fait quand même 60 euros d’économie ! ». Mais bon, mercredi, ma mère était d’une humeur massacrante, de toute façon.
 
Après, il y a le cadeau pour les hommes de la famille, à savoir Anthony et Yohann. Pour le premier, en désespoir de cause, je lui ai offert un livre sur la pêche, sa passion (chacun son truc…). Ma mère avait pensé à une boite à outils mais le gentil vendeur de castorama (rien à en tirer, ma mère m’a cassé le coup direct en disant : « bonjour, je cherche un cadeau pour le copain de ma fille »…avec moi à côté !) lui a fait remarquer qu’offrir une boîte à outils à un mec, c’est comme offrir un fer à repasser à une femme… Du coup, elle lui a payé une montre de course qui mesure les battements de cœur et je sais pas quoi car il s’entraîne dur pour devenir pompier de Paris (et c’est pas facile !). Pour Yohann, grosse panne d’idée, Alice est avec moi sur le coup. Le problème étant que Yohann était au fond du trou début décembre, en pleine dépression donc que lui offrir ? Il ne faut surtout pas se planter. Au début, j’avais pensé à deux passeports pour Disney, histoire qu’il se détende un peu mais il y a peu, il voulait tout plaquer pour aller vivre dans une ferme, donc non. Des vêtements, trop classique. Des livres ou des CD, mais lesquels ? Des lampes, on lui en a déjà offerte une pour son anniversaire, un beau stylo, il écrit pas… Bon, finalement, ce sera un immense bougeoir (plus grand que moi), le livre de Yann Arthus Bertrand et une petite sacoche pour sortir (on y met un paquet de clopes et un portable, c’est tout).
 
Pour ma sœur, là, c’est facile. J’aime bien faire des cadeaux à ma sœur : c’est l’occasion de lui montrer que je l’aime bien quand même, même si on est pas proche. Après un Palm trouvé à moindre prix sur ebay, j’ai eu une idée : des savons en forme de carrés de chocolat dont parle Cosmo. Vu que ma sœur est perpétuellement au régime, voilà du chocolat qu’elle peut consommer à volonté ! Je me rends donc chez Sephora mais y en a plus, pas plus que du sublime éventail rose de chez Chantal Thomas. Je fais tous les Sephora qui se dressent sur mon passage, rien, rien, rien. Donc à la place, je lui achète des « sucres effervescents » pour le bain, des berlingots pour le bain aussi et des trucs du genre et je mets ça dans une jolie boîte ! Bon, en emballant la boîte tout à l’heure, je l’ai ouvert : eurk, ça pue le magasin de parfum, là dedans ! Ben oui, toutes ces odeurs délicieuses qui se mélangent, c’est un peu trop fort…
 
Je vais commettre un meurtre!
Mais le plus chiant dans ces périodes, c’est pas de trouver les cadeaux, c’est de les acheter. Je suis profondément misanthrope et agoraphobe : je déteste l’homme quand il se déplace en troupeau. Parce que, déjà, en temps normal, y a toujours un lourdingue qui marche à deux à l’heure devant vous et qui ne marche même pas droit, ce qui fait que chaque dépassement se termine en collision : « non mais vous pouvez pas faire attention ! » Et toi, tu peux pas passer la seconde et tenir ta droite ? Mais à Noël, ils sont tous dehors ! Par exemple, j’ai eu droit à la bonne femme qui téléphone devant un rayon, pile devant ce que je voulais donc je me pose poliment à côté : « excusez-moi…excusez-moi… » Bon, ben tant pis, je bouscule, elle avait qu’à appeler ailleurs. Non mais ça m’horripile cet égoïsme ! J’ai beau exprimer le fait qu’elle me dérange de façon polie, elle feint de ne me voir ni ne m’entendre… Et ils sont tous comme ça ! Donc faire mes courses de Noël, ça me rend généralement de mauvaise humeur parce que non seulement je ne trouve pas ce que je veux mais en plus, je peux mesurer la connerie de l’individu en société. Moi, je ne demande qu’une chose : en finir au plus vite.
 
Outre ces courses horripilantes (d’autant que quoi qu’on fasse, on a toujours un cadeau de dernière minute à faire, genre un peigne…), ce que je déteste, c’est l’emballage cadeau. Je suis nulle pour faire les paquets, c’est désespérant. Chaque année, on se moque de moi : « ahahah, il est trop bizarre ce paquet, il y a du scotch partout, c’est de Nina, ça ! » Oui ben l’an prochain, je les cacherai dans la maison comme ça, y aura quand même la surprise mais pas de paquet. Faut dire aussi que les papiers cadeaux sont de plus en plus merdiques, l’an prochain, j’achète du papier kraft ! Donc, cet après-midi, atelier emballage, je perds trois fois le ciseau par minute, j’ai pas coupé assez de papier donc je rajoute une chute pour pas que ça se voit, je frise le ruban (ça, ça m’amuse), je coupe, je scotche, je soupire. Le livre de Yohann, y a le prix inscrit sur la couverture. Mais qu’ils sont chiants les éditeurs à faire ça ! Surtout ce livre là, c’est clairement pour un cadeau ! Donc un coup de marqueur pour cacher le prix. On emballe, on écrit les initiales sur le paquet, on met sur
le côté… Ai-je bien enlevé le prix ? Merde, au moment où j’écris cette phrase, j’ai un doute sur le cadeau d’Alice, je crois que j’ai laissé le prix sur la boîte. L’an dernier, ma mère, très en forme, avait laissé le prix sur tous mes cadeaux ou presque… Hum ! A un moment, j’ai une idée : et si j’utilisais les chutes de papier cadeau pour faire des faux bonbons pour mettre dans la boîte d’Alice pour accentuer le côté « gourmandises » ? Je vais chercher des boules dans le jardin, j’en fais un…deux… Non, c’est une mauvaise idée.
 
Voilà, ce soir, j’ai presque fini, sauf mon peigne, et c’est tant mieux. J’ai passé la semaine à faire ces foutus courses. En plus, en général, cette période pré-fête est particulièrement tendue chez moi, tout le monde ayant un cadeau de dernière minute à faire, etc. Heureusement, on se réconcilie tous devant le sapin quand on ouvre les cadeaux… Mais ça, j’en parlerai dimanche.

Célibataire en fin d’’année

Les rues fleurissent de guirlandes fantaisistes qui nous renvoient ce persistant message : c’est Noël, réjouissons-nous ! Autour de nous, les couples se promènent main dans la main, partagent quelques marrons chauds… Et nous, nous sommes seules. A Noël comme à la St Valentin, le célibat nous paraît pesant… Et pourtant, il y a de quoi se réjouir.
 quelle-celibataire-etes-vous
Regardez autour de vous et prenez un couple de votre choix. Par exemple, Cécile et Charles, le couple parfait par excellence qui file le parfait amour depuis trois ans. Le couple siamois incapable de se séparer plus de deux heures sans risquer une asphyxie, deux êtres qui ne peuvent plus s’appeler que par de ridicules sobriquets « chéri », « amour », « mamour »… A croire qu’ils ont oublié le prénom de l’autre. Mettez vous à la place de Cécile quelques instants. Décembre, le mois fatidique pour notre porte-monnaie et pour nos nerfs : la course au cadeaux. Alors que vous vous contenterez d’acheter des babioles pour vos parents, votre sœur, vos cousins… Cécile, en plus, doit trouver un cadeau pour Charles. Et un cadeau pour un petit ami, il n’y a vraiment rien de plus pénible à trouver.
 
Course aux cadeaux
Déjà, en temps normal, c’est compliqué de faire un cadeau pour un homme. Mais alors pour son petit ami, c’est limite mission impossible. Il faut que le cadeau soit tout de même à la hauteur de notre amour donc exit les babioles à moins de 10 euros. Au minimum, on doit taper dans les belles chemises et beaux pulls. Or je ne sais pas si vous avez remarqué mais trouver des vêtements masculins à moins de trente euros, c’est mission impossible. Donc pour les petits budgets, avoir un petit ami n’est pas vraiment une bonne opération à cette période de l’année. Par ailleurs, il y a cette pression incroyable : « mon cadeau sera-t-il à la hauteur du sien ? » Car même dans les couples à petit budget, il faut se remuer les méninges pour surprendre l’autre.
 
A l’époque où j’étais avec Guillaume, chaque année, c’était la prise de tête pour son anniversaire et Noël : je voulais un cadeau qui marque. Je ne lui ai jamais offert de fringues, c’était définitivement pas son truc. Il a fallu attendre notre séparation pour qu’il se décide enfin à abandonner ses vieilles frusques pour de belles chemises et des pulls zippés que je trouve so sexy. Dieu merci, c’est un accro à la lecture donc je trouvais généralement mon bonheur dans les librairies. Sauf qu’on n’offre pas un livre de poche à son petit ami pour Noël, ça ne le fait pas trop. Donc on offre un beau livre et c’est un peu cher. Je me souviens, pour notre dernier Noël commun, j’ai eu la bonne idée d’acheter un livre de Terry Goodkin, chaudement recommandé par ma copine Douschka, amatrice de littérature héroïc fantasy, comme mon cher et tendre. Donc je vais à la fnac, je donne des coups de coude, je me dépêche d’aller à la caisse où je retrouve Michalak qu’est trop beau avec sa copine super canon. Je rentre chez moi et au moment d’emballer le cadeau, je me rends compte que, comme une conne, j’ai pris le volume 2… Or mon chéri n’avait pas le volume 1 et il était hors de question de lui offrir le 2 en l’invitant à se payer le 1er. Donc deux livres grand formats, ça vous fait un petit trou dans le budget… Mais quand on aime…
 
Chez toi ou chinois ?
Une fois passé l’épreuve du cadeau et les migraines qui en découlent, voici que se profile un nouveau problème : comment s’organiser pour les fêtes ? Plus le couple dure, plus il devient soudé : hors de question de ne pas passer Noël ensemble. Entre alors en jeu les deux familles. Bon, pour faire simple, on passe le réveillon du 24 dans la première famille, le repas du 25 dans l’autre. Cependant, la famille de Charles tient absolument à aller à la messe de minuit avec son rejeton, celle de Cécile veut que la petite voit sa tante Hortense qui ne vient visiter la famille qu’une fois l’an, pour le repas du réveillon de Noël. Faire des concessions à deux, c’est jouable, mais quand la famille s’en mêle, ça tient du drame cornélien. Imaginez les conversations épicées de notre couple qui essaie de convaincre l’autre que le réveillon dans sa famille sera plus amusant… Ainsi, cette année, ma sœur Alice arrive le vendredi soir, est kidnappée par ses beaux parents pour le réveillon et passe le jour de Noël avec nous. Son chéri en fait autant, il faut d’ailleurs que je lui offre un cadeau mais quoi ? Déjà que c’est pas facile de trouver un cadeau pour son copain alors pour celui des autres…
 
Une fois la question de ces repas de famille réglées, les soucis ne sont pas terminés. Où passe-t-on le réveillon ? Chez les amis de monsieur ou ceux de madame ? Dans le meilleur des cas, notre couple fréquente EXACTEMENT les mêmes personnes mais il faut avouer que c’est plutôt rare. Bien sûr, le plus simple est d’alterner : une année avec ses amis, une autre avec les nôtres. Mais passer le réveillon avec une bande de mâles passionnés de tuning ou de foot, ce n’est pas vraiment l’idéal pour débuter l’année, il faut l’avouer. J’ai passé quatre réveillons avec Guillaume, nous avons appliqué ce système d’alternance et pas toujours pour le meilleur, de mon côté en tout cas. Le premier réveillon avec ses amis, pour marquer le passage en 2002, nous étions allés chez des voisins de ses parents, moyenne d’âge : 40 ans. A minuit, je me demandais comment j’allais tenir jusqu’à 4 ou 5 h du mat… De notre âge, nous étions quatre, un couple très proche de Guillaume et nous deux. Sauf que je ne supportais que difficilement le gars en question. Au réveillon 2003-2004, on part chez un couple d’amis à lui que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam et je frémissais : tous les mecs jouaient au jeu de rôle, je sentais LE sujet de conversation : les jeux de rôle. Sauf que je n’y connais rien (hé oui, 4 ans et demi avec un rôliste et je n’y ai joué que deux fois). Mais finalement, personne n’en a parlé et la soirée a été très bonne. Comme quoi, il ne faut jurer de rien.
 
Donc rien de mieux que d’être célibataire en cette fin d’année ! Et puis comment mieux commencer l’année que de se trouver une moitié pile le soir du réveillon ? Après tout, quel meilleur moment qu’une fête pour lier contact…et plus si affinités ?