I’m singin in the list, just singin in the list

MétéoFrance de mes fesses, il devait faire beau aujourd’hui, tu m’expliques !

– Je suis la voisine idéale du genre « ah, oui, j’ai des voisins mais je les vois jamais ». Ainsi, la semaine dernière, je croise le couple qui partage l’appart mitoyen au mien. Et découvre qu’ils ont un bébé. Je savais même pas qu’elle avait été enceinte, moi ! Du coup, je comprends mieux les cris de bébés que je peux entendre parfois, je trouvais que la gamine de 2 ans des voisins devait être vraiment attardée pour chialer comme ça.

singing-in-the-rain

– Je suis une maîtresse étalon. Non, je parle pas (trop) de sexe. Vendredi dernier, soirée forum. A un moment un des convives que l’on remarque par sa grande taille explique que sa copine est petite et que du coup, quand ils prennent une douche, son engin se retrouve pile entre ses seins. Vicky estime que ça mérite vérification donc elle m’appelle (j’avais pas entendu la conversation) et me positionne, debout, à côté du jeune homme. Pas convainquant. « Ah mais attends, j’ai mes talons ». Je descends de mon perchoir et là, tout le monde explose de rire. Merci les gars, je vous en veux pas du tout… (grml grml)

 – Nina le dico vivant est de retour. « Ninaaaaaaaaaaa ! » « Ouiiiiiiiiii ? » Rémi arrive à mon bureau. « Tu peux venir s’il te plaît ? Y a Benjamin, il me croit pas quand je dis que les accents aigus, ce sont ceux qui montent et les accents graves ceux qui descendent ». Et me voici donc dans l’ancien bureau de Gonzague devenu celui de Benjamin à expliquer que oui, Rémi a raison et que y a un petit Robert juste là.
 

– Ca faisait longtemps que j’avais pas eu un boulet accroché à mes basques. Hier soir, je rentre après une soirée un peu arrosée (en fait, c’est surtout le Daïquiri quasi cul sec qui m’a tuée), je me pose tout au bout du quai de mon train pour fumer sans déranger personne et là, un mec commence à me rôder autour et finit par m’adresser la parole. « Pardon, y a pas un autre train pour Plume sur Berges avant celui-ci ? ». Hé merde. Je lui réponds gentiment que non, c’est le dernier et qu’en plus, il est omnibus puis je vais m’asseoir. J’ouvre mon
bouquin, je commence à lire et le voilà qui s’assoit en face de moi « rebonsoir », « rebonsoir ». « Ah mais il est vraiment tard ce train, blablablabla ». Bon, ok,
je sens que je suis pas prête de finir mon livre. Et voilà que le mec me raconte sa vie, qu’il est en instance de divorce de sa 2e femme, 4 enfants (mmm, tu me fais rêver là), qu’il a
bossé à Montpellier, passé par Toulouse, blablablablablablabla. Je peux pas en placer une mais je peux pas non plus me replonger dans mon bouquin (j’ai essayé). Arrivée à Plume sur Berges, je suis bien obligée de descendre. Heureusement, arrivée devant ma rue, je lâche un « moi, je vais par là » « ah ben ok, j’espère qu’on se recroisera et qu’on aura le temps de faire plus ample connaissance… ». Ben pas moi.

– A la question « Gabriel et Nina sont-ils en couple ?», je déclare officiellement que c’est non. Ou alors, il a de drôles de mœurs mais ça fait une semaine qu’il est rentré de vacances et qu’il vient pas me parler quand on est sur MSN donc voilà. Donc maintenant s’annonce un match fantastique « orgueil contre hormones ». Qui va l’emporter ?

– Lundi, chaussures fermées à talon, temps gris. Mardi, baskets avec chaussettes (beuuuuuh), temps gris. Mercredi, chaussures d’été ouvertes qui montrent mes ongles vernis : pluie. Je veux pas dire mais je pense qu’il y a une conspiration divine quelque part, là.

– Samedi : soirée chez So Long, dimanche et lundi : soirées chez Vicky (mais super softs), mercredi : verre avec un charmant jeune homme. Oui, verre au singulier car véritablement infect. Je pense que le mec m’a servi un truc de bain de bouche, sans même un glaçon ni rondelle d’orange. Vendredi : soirée forum again. Cette semaine, j’ai donc réussi à rester deux soirs chez moi, youhou !

 – Sans doute plein d’autres choses mais en ce moment, j’ai pas le temps de l’écrire en temps réel ma liste donc j’oublie ! 

C’’était mieux avant

Lundi, je lis le Figaro pour le boulot. Oui, je précise car j’avoue qu’avec le Figaro, j’ai du mal, je suis pas (encore ?) assez réac pour partager le point de vue d’un empaffé qui hurle au scandale car on utilise le mot « défenseure », une femme qui défend, donc, car c’est pas dans le dico. D’ailleurs dans le dico, il est aussi spécifié que le « mariage », c’était un contrat entre un homme et une femme donc le mariage homo est un non sens linguistique. Je sens que ce pauvre monsieur a bien dû pleurer quand il a appris que le Petit Robert avait intégré le mot « kiffer » dans ses colonnes. Mais là, n’est pas le sujet.
becassine-scoutisme

Au milieu des articles réac qui donnent une image poussiéreuse de notre société, voilà une pépite. Un article sur Harry Roselmack rédigé par deux maîtres de conf’ de Sciences Po qui, au lieu de souligner la couleur de sa peau, soulignent son âge : 33 ans ! Bref, un petit jeunot. Et là, ils se demandent pourquoi les vieux ne laissent pas la place, donnant des
chiffres assez hallucinants : Chirac est entré dans un gouvernement la première fois en 67, PPDA a présenté son premier journal télé en 76 (même pas j’étais née…). Parce que les Français, ils aiment bien le bon vieux temps, la nostalgie et tout ça, ils ne sont pas super favorables au changement car on ne change pas une équipe qui gagne.

Vendredi soir, je discutais avec un charmant jeune homme sur MSN, on se remémorait la dépravation des années 80. Des seins partout, des bonnes femmes qui font des strip tease dans des émissions tout public… Benny Hills, le Collaroshow, les Nuls et tout, séquence nostalgie ! C’est fou comme on a toujours l’impression que c’était mieux avant. Avant, quand y avait pas le sida, où le sexe était facile et sans danger. L’époque où on pouvait dire « bite » à la télé, montrer un mec sauter à poil sur son lit. Tout ça, aujourd’hui, c’est fini. Ah, que c’était bien quand on était petits, la vie n’était pas si dure et tout ça.

Pourtant, quand on regarde en arrière, chaque période a ses crises. Quand je faisais ma maîtrise sur le Québec, en 2002, je travaillais sur des journaux de 1992 et qu’est-ce qui faisait les gros titres ? La guerre en Irak ! Aujourd’hui, on se désespère en lisant qu’une nouvelle guerre a éclaté au Liban mais ce n’est, hélas pas, un évènement inédit : en 75,
il y en avait déjà une, là-bas. Quand j’étais petite, je voulais vivre dans les années 70 parce que je croyais qu’à l’époque, y avait pas de guerre. Oui, quand on est petit, l’histoire, on la connaît pas sur le bout des doigts. Maintenant, quand je regarde en arrière, je me dis qu’aucune époque n’est mieux ou pire qu’une autre. Alors pourquoi on a toujours la nostalgie de cet « avant » ?

Lecteur, t’est-il déjà arrivé de retrouver un amour de jeunesse ou de retourner dans un lieu que tu aimais particulièrement ? Si oui, tu auras remarqué à quel point les souvenirs lissent les défauts et les rend toujours plus beaux. Par exemple, si je prends mon enfance, je peux dire aujourd’hui que c’était une période très heureuse de ma vie. Pourtant, tout ne fut pas toujours rose. Il est vrai qu’aujourd’hui, quand je repense à mes soucis de petite fille, je me dis que c’était le bon vieux temps et que tu étais simple mais à l’époque, ça me paraissait dramatique. Genre quand je me retrouvais les doigts plein d’encre parce que mon stylo encre coulait ou ce genre de petites choses. Ou comment dire au garçon qui me plaisait que je l’aimais, comme on peut aimer à 8 ans ? Avec le recul, aujourd’hui, tout me paraît simple, c’était le bon vieux temps. Même l’adolescence, qui ne fut pas précisément la meilleure partie de ma vie, ça me paraît une douce période avec le recul. C’est vrai, mon avenir était tracé : après la 6e, la 5e puis la 4e. De « grandes » décisions à
prendre : quelle langue étrangère choisir ? Dois-je partir en littéraire ou scientifique ? Oui bon vu mes notes, forcément, je pars en littéraire, c’est évident. Finalement, à l’époque, tout était si simple, j’avais tellement pas de problèmes.

C’est marrant comme en grandissant, on lisse notre passé, on oublie nos petits tracas, ce qui n’allait pas et nous rendait malheureux. A croire qu’on ne garde que le meilleur.

La société marche comme ça aussi. On a souvent tendance à chercher un Eldorado dans le passé, au moment où « tout allait bien ». Mais bon, si on regarde objectivement les données du passé, l’histoire, l’économie, les chiffres du chômage, le taux de suicide ou autre, il n’y a pas de période bénie, finalement ou alors, si, en comparaison de périodes plus sombres. Il est intéressant de constater qu’on a de la nostalgie pour le passé, de l’espoir pour des lendemains qui chantent mais comme on déteste toujours notre présent. Le présent, c’est toujours la partie
sombre de notre vie. Et la société, c’est pareil. Quand on regarde la télé ou qu’on lit le journal, il y a toujours une espèce de nostalgie, de ce « mieux avant ». La télé nous ressort de vieilles émissions ou nous fait de nouveaux programmes en recyclant de vieux concepts. A la radio, c’est pareil : vieux tubes ou chanteurs d’aujourd’hui reprenant de vieux standards. Au cinéma, on fait des remakes… Et en même temps, tout ce qui est prévisions aux infos, romans ou films d’anticipation, on adore. Mais la nouveauté, le truc qui arrive aujourd’hui, ça fout toujours
la trouille. Si on reste dans le domaine de la culture, qui prend aujourd’hui des risques ? Personne. Oui, on veut du changement mais on ne fait rien pour amorcer la pompe.

Aujourd’hui, on nous met un jeune homme noir à la tête du JT le plus populaire de France. Ok, c’est démago au possible mais au moins, pour une fois que quelqu’un prend un risque, autant applaudir, non ?