Doctophobe moi ? Heu oui

On dit que les cordonniers sont les plus mal chausses donc je suppose qu’en bonne fille de médecin, il est normal que je déteste aller chez le docteur. Non pas que je déteste le corps médical mais j’ai peur de ce qu’il pourrait me dire.

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Mardi, 11h38, ma mère (qui avait rendez-vous à 10h45) m’abandonne pour suivre sa consultation, moi, je n’ai rendez-vous qu’à 11h30 (soit 12h15). Oui, dans ma famille, on a de super activités mère-fille. Au menu du jour : pose d’un stérilet. Depuis que j’ai un compagnon officiel pour mes parents (qui n’ont aucune idée de la complexité de la situation réelle), ma mère semble heureuse pour moi mais légèrement flippée à l’idée que, tout à coup, je me mette à assurer la descendance. Qu’elle se rassure, je n’envisagerai rien de tel tant que je continuerai à changer de boulot tous les ans… Donc me voici dans la salle d’attente du gynéco, gavée de spasfon en préventif, le sexe sentant le savon, une vieille culotte en cas de saignements. Et je psychote. Non pas sur la pose du stérilet en lui-même mais sur la consultation. Et si on me trouvait un truc ?

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Ça ferait un peu comme dans les téléfilms, je souris à la vie et elle me le rend bien mais un jour, au détour d’une consultation anodine, le drame se noue ! Le gentil docteur m’annonce la terrible nouvelle, genre un cancer, tiens. Je sais que je me fais des films (et que je dois calmer ma merdophagie, je regarde trop de téléfilms pourris) mais ça peut arriver. Par exemple, y a 3 ans, la cousine va chez le dermato faire contrôler ses grains de beauté et là, le docteur panique littéralement et lui programme une intervention en urgence pour un grain de beauté suspect. Nous,
on a imaginé le pire (cancer de la peau, tu meurs en 6 mois max à ce que disait ma mère). A l’arrivée ? Rien de rien, juste une flipette de 15 jours.


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Donc me voici désormais dans le bureau du docteur qui a fait naitre ma sœur. Je lui raconte mes dernières péripéties vaginales, le traitement préventif pour la chlamydiae que j’ai dû prendre car un amant pouvait éventuellement l’avoir attrapée, la mycose suite à la prise d’antibiotiques. Là, il m’annonce que mon dernier frottis datant de 10 ans (quelle honte, je pensais pas…) donc j’ai la combo frottis- stérilet, ouais ! Bon, il faut le faire, c’est important mais dans sa petite boîte de petri, y a peut-être un grand drame.


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Je ne sais pas d’où ça vient, ça, cette terreur de la maladie. Oh enfin si, ça vient de toute cette pression médiatique qui nous sort quotidiennement la liste de plein de saloperies qu’on pourrait avoir et qu’il faut en permanence se vacciner. Je veux bien mais je suis à peu près persuadée que si je fais tous les vaccins qu’on me préconise à la télé, à la
fin, je vais briller dans le noir. Je ne suis pas quelqu’un d’hypocondriaque à la base mais à force d’entendre parler de toutes les maladies du monde, on finit par se poser des questions. J’ai un truc qui gratte, là, n’aurais-je pas contractée une nouvelle forme de peste ? Et cette boule, là, sur mon bras, c’est pas un peu un kyste ? Ah non, c’est une piqûre de moustique.
Hé mais je tousse, j’ai un cancer, ça y est ! Je savais bien que j’aurais dû arrêter de fumer avant même de commencer. A moins que ce ne soit le nutella ou l’aspartame. Mais je 
reviendrai plus longuement sur cette question.

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Bref quoi qu’il en soit, mon psychotage en salle d’attente n’a pas servi à grand-chose. Hop, vas y que je m’allonge sur la table, les pieds dans l’étrier (ça c’est un peu top par contre, j’aime bien avoir les jambes un peu surélevées), hop le spéculum entre en œuvre, mon utérus proteste et je le sens en train de pousser le spéculum vers la sortie (j’ai un utérus protectionniste, apparemment), hop, le frottis, je douille un peu pour la pause du stérilet car « ah, votre utérus résiste un peu ». Non mais utérus, entre nous soit dit, tu m’emmerdes déjà 1 voire 2 jours par mois à me plier par terre et même à me filer des coups (je vous jure que c’est la sensation que ça me fait), tu peux pas te tenir correctement pour une
fois ? Bordel, ai-je envie d’ajouter. Ca piquouille un peu mais délivrance ! Normalement, je suis stérile pour les 3 prochaines années. Bon, j’ai un peu douillé le reste de la journée, j’ai l’impression qu’il va piquer la queue de mon prochain amant (mais non, ça ne risque rien, hein !), qu’il va s’accrocher à mon prochain tampon mais je vais l’occulter, ça va aller. Puis
j’ai pu jouer les princesses avec ma maman qui m’a interdit de faire quoi que ce soit aujourd’hui car je dois me reposer. Bon, à la fin, je suis quand même allée faire ma quasi heure d’aquagym, seul truc qui a calmé la douleur.

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Je referai un article sur le stérilet dans quelques temps pour raconter, là, j’ai juste envie de dire que me taper deux fois des règles douloureuses à une semaine d’intervalle, c’est pas le meilleur…

Je m’en foot plus du tout

Dans la vie, on change, on évolue. Par exemple, depuis que j’ai 30 ans, je prends des couleurs dès que je fais coucou au soleil, révolution. Mais surtout, depuis que j’ai 30 ans… Je regarde le foot. Un peu. Mais quand même, quelle évolution depuis le dernier Mondial.

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Bon, ok, mon soudain intérêt pour le foot est malsain, un besoin glauque de mater l’agonie en direct, celle de pas mal de bouffons surpayés et de leurs compagnons d’infortune. Celle d’un entraîneur qui préfère répondre aux questions sur les mauvaises performances de son équipe par un « ah, vous aimez le sang, vous, les journalistes ! » Ce en quoi il n’a pas tort, Aimé Jacquet est passé de paria à héros national en un Mondial. Domenech restera le sourcilleux qui demande sa fiancée en épousailles pour ne pas parler de la mauvaise performance des Bleus à l’Euro et qui ne serre pas la main de son adversaire parce qu’il a dit du mal de son équipe. Comme tout le monde…

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Alors on s’agite, on titre et surtitre sur les insultes d’Anelka, la taupe, Evra qui s’engueule avec un préparateur physique, la grève des joueurs, le jeu individuel de ce qu’on ne peut plus appeler une équipe. On saupoudre ça de propos limite racistes sur les clans de couleur, on déifie le petit Gourcuff qui est mignon, poli mais esseulé (et blanc). Bref, la France black blanc beur, on a bien zappé. Tout comme la réforme des retraites…

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Et pourtant, j’ai zieuté France Afrique du sud et de mon plein gré en plus. Et là, je me suis éclatée. Non à cause de la débâcle française mais grâce aux commentateurs. J’avais mon amour inconditionnel de ces professionnels de l’emphase, de la dramatisation, du parisianisme mais surtout, surtout, du retournage de veste. Parce que mardi, Larqué aurait mérité la médaille d’or olympique de la discipline. Quand il a vu les performances de son équipe, il a commencé à saluer les performances du goal Joseph et des joueurs dont Tshabalala (oui, j’ai retenu son nom parce que je le trouve magique), Pinard (pourquoi il joue pas en France, lui ?), Kiabi et je sais plus qui. A la fin, son léchage de cul pro-Bafana Bafana en devient limite gênant surtout qu’il fayote auprès d’Arsène Wenger qui aurait acheté un joueur Sud-Africain genre « mais quel bel achat Arsène, huhuhu ». En même temps, il tire à boulets rouges sur l’équipe de France qui est indigne de nous représenter et je ne sais plus quoi. Des fois, je me dis que je devrais enregistrer les commentateurs sportifs pour en faire une analyse de texte. Car Larqué a réagi en la matière comme le Français lambda, déçu de son équipe. Ce qui est à la limite légitime, on a vraiment été ridicule (mais faudrait pas oublier qu’il y a bien plus dramatique dans la vie…) mais quand même, il me semble qu’en temps que professionnel, le commentateur sportif se doit d’être objectif. Je sais, ahahah.

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Bref, je pourrais me désoler de la débâcle, mais en fait, je m’en fous. Il y a des défaites qui font du bien, je pense que si on pouvait dégonfler quelques chevilles (pas pratique pour courir) et quelques salaires, on ne s’en porterait que mieux mais au fond, peu importe. Je ne commenterai pas le racisme latent de toute cette histoire et le plaisir manifeste qu’ont certains à souligner que l’équipe est trop noire et que Gourcuff, il est mis de côté car il est blanc. Notons au passage que le principal anti-Gourcuff serait Ribéry, un mec très noir, donc. Bref, je préfère ne pas aborder ce chapitre là, hautement casse-gueule même si ça ne me laisse pas indifférente. Non moi, je ne garde que ce qui m’intéresse : les commentateurs sportifs. Rien que pour ça, j’ai envie de continuer à regarder, à noter toutes les preuves manifestes de subjectivité, les retournements de veste en triple lutz piqué, la mauvaise foi, tout
ça…

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(c) Guillaume de Trimtab, un gars qu’il est bien

Dans une prochaine vie, faudra que je sois commentateur sportif

Pour rigoler, une vidéo qui m’a bien fait rire.

Football Story (Parodie) – Les Missionnaires TV
envoyé par ltvprod. – Regardez plus de vidéos comiques.

T’as pas d’enfants, tu peux rester tard…

Grande discussion avec Vicky l’autre soir, alors que nous parlions boulot que nous
pourrons résumer ainsi : « on dirait que le fait que l’on n’ait pas d’enfants signifie qu’on n’a pas de vie privée ! ». Autrement dit, il semble que notre nulliparité fasse de nous des candidates idéales aux heures sup’ à outrance. Mais moi aussi, j’ai droit à mon temps libre.

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Mois de mai, gros surplus de travail. Je finis entre 21 et 21h30 quotidiennement parce que faut bien faire le taf. Sans parler du surplus le week-end. Bref au mois de mai, avoir une vie privée a été quelque peu compliqué, heureusement que je retrouve Vicky et Amant Chouchou direct chez eux, il est difficile de filer des rencards dans des bars vu que j’ai du mal à sortir assez tôt ou même
à respecter une heure de départ car si le travail n’est pas fini, il ne me manquera rien le lendemain. Non, je ne fais pas ma Cosette. Et oui, c’est de ma faute, j’ai donné l’habitude de rester tard et voilà…

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Mais voilà, comme nous n’avons pas d’enfants, pas s’excuse pour partir tôt, tu n’es pas prioritaire pour les vacances, on te choisira naturellement si y a du boulot à gerer le week-end. Le droit du travail est-il automatiquement acquis lors de la naissance de notre enfant ? N’ai-je de fait aucune revendication à la vie privée tant que je ne suis pas mère ? Une soirée entre amis ou en tête à tête torride doit-elle passer à la trappe au profit d’un dossier à boucler ? Quand je parle de dossier à boucler, comprenez moi bien, je parle du dossier qui n’a pas été bouclé durant
les 8h et quelques que constituent une journée de travail parce qu’on n’a pas eu le temps. Et quand je dis pas eu le temps, ce n’est pas parce qu’on a glandé sur Twitter ou Facebook, c’est parce qu’on a eu des milliers de choses à faire en même temps. C’est là que je m’auto-flagelle à nouveau : oui, j’ai trop donné l’habitude de faire des journées de 10-12h, comment puis-je expliquer ensuite que j’ai trop de taf vu qu’in fine, il est fait ?

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Mais voilà dans les faits, la réalité est là : puisque je ne suis pas mère, je n’ai pas de réelles raisons de quitter mon taf à heure dite donc je suis priée de rester le finir sinon, gare à la fessée. Et pas la fessée comme j’aime.  Alors entendons-nous bien, je ne reproche en aucun cas aux mères de partir plus tôt pour voir leurs enfants ou de prendre en priorité les vacances rapport aux congés scolaires, je trouve ça on ne peut plus normal. A l’agence, par exemple, Iasmina essaie tant que faire se peut de ne pas partir trop tard le soir pour pouvoir voir son fils avant qu’il ne se couche et arrive parfois un petit peu en retard le matin (15 à 20 mn, pas la mort non plus) car elle a amené son petit à l’école, c’est quelque chose de complètement normal. J’attendrais le même comportement des papas, au passage, j’en parle pas car je n’ai pas vraiment le cas au boulot actuellement même si par le passé, ça a justement
créé des conflits, un employé estimant qu’il ne devait pas rester jusqu’à 22h car il avait une vie de famille. Ce qui est on ne peut plus légitime. Là où le bât blesse, c’est que l’enfant est-il la seule raison légitime pour ne pas se tuer à la tâche. Je ne parle pas de nocturnes ponctuelles pour cause de dossier chaud, hein, je parle d’une habitude qui nous fait partir systématiquement tard.

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Pour ma part, la seule autre excuse qui passe, c’est la plongée. Ben oui, si je rate le début du cours, la piscine ferme et je ne peux plus y aller et j’ai mon
niveau 1 à passer (demain). Un rendez-vous qui n’est pas chez le médecin (à ce qu’on en sait, je n’informe pas ma hiérarchie de mon emploi du temps post travail) ? Là, ça coince plus. Pour preuve, l’autre soir, quand j’ai annoncé que je devais partir à 19h, j’ai eu l’impression d’avoir dit « le soir, quand je m’ennuie, j’aime éviscérer des nouveaux nés ». Alors ok, j’avais un rendez-vous perso mais je suis partie à 19h, ce sont les horaires normales d’une salariée. J’aurais eu un enfant, on ne m’aurait rien demandé…

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Bref, ne pas avoir d’enfants ne fait pas de nous des individus sans vie privée. Libre à nous de décider de se tuer ou non à la tâche. Mais si j’ai envie de sortir à une heure normale de mon bureau, est-ce à ce point criminel ? Non mais, moi aussi, j’ai droit d’avoir une vie en dehors du boulot. Puis j’ai envie de dire, je ne vois pas trop comment je pourrais un jour faire des enfants si j’ai pas le temps d’avoir une vie privée… A moins que ce ne soit un odieux complot du patronat visant à nous empêcher d’avoir une vie de famille et donc de partir à une heure décente du bureau ?

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PS : Au cas où, ma dernière phrase était une blague, merci à vous.

PPS : Pour ceux qui verraient dans mon article un désir sous-jacent de maternité, je me fais poser un stérilet la semaine prochaine donc c’est pas ça non plus.

On va forcer ton outing !

Il y a des moments où les Twitterers m’epuisent. Tout commence par le twitt de je ne sais plus qui declarant que Martine Aubry était lesbienne. Aussi sec, une ultra
militante de la cause gay hurle au scandale : »il faut la forcer au outing puisqu’elle n’a pas les couilles de le faire! » Et la, je découvre l’univers magique des outing forces : gare à toi si tu caches ton homosexualité, on va tout dévoiler !

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Décollons nous du cas particulier Aubry, d’autant que son homosexualité reste à prouver, et examinons le processus d’outing forcé dans son ensemble. Partant du principe que les homos ne devraient pas avoir honte de leur sexualité, il faut forcer ceux qui le cachent à sortir du placard comme ça, on verra qu’il y a plein de gays et lesbiens ! Alors sur le papier, comme ça,  ça a l’air super mais dans les faits, ce n’est ni plus ni moins qu’une chasse aux sorcières et là, je dis non. Oui, c’est mal de mentir à son entourage en se prétendant hétéro alors qu’on est gay et ceux
qui font leur coming out font preuve de courage. Seulement la sexualité relève de la vie privée et ne regarde personne.

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Allons au-delà de cette première constatation. Nos amis pro-outing vont donc enquêter sur vous et malheur à vous si vous fricotez avec un camarade du même sexe. Notons d’ailleurs que la bisexualité ne semble pas exister dans ce cas. Si t’es bi, c’est que tu es homo, point. Donc ces personnes bien intentionnées vont faire ton coming out, t’avais qu’à pas mentir d’abord, faut assumer maintenant !

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Binaire le raisonnement ? J’ai presque envie de dire primaire. Ah, ce serait merveilleux un monde où le fait d’être homo ou hétéro ne pose aucun souci, qu’il n’y aurait pas besoin de sortir du placard vu qu’on n’aurait pas à y entrer, qu’on puisse avoir une maison Barbie avec 2 Barbies ou 2 Ken parce qu’on apprendrait aux enfants qu’une famille n’est pas forcément papa+maman et on pousse le rêve jusqu’à trouver normal que Barbie et Barbie ou Ken et Ken aient des enfants parce qu’ils pourraient adopter. Sauf que la réalité est bien plus complexe que ça. Pourquoi une personne lambda cache son homosexualité ?  Et bien, surprise, ce n’est pas forcément par lâcheté ou honte, il n’y a pas qu’une explication. Du coup, cette irruption dans une vie privée  qui n’est pas notre me choque. C’est un peu facile d’aller punaiser des rainbow flags sur des portes et se laver totalement les mains de ce qu’il va se passer ensuite car « c’est sa faute d’abord, il a menti ». Menti ? Par mentir, tu veux dire ne pas tenir au courant la terre entière de son homosexualité. Ah ok…

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Ici, ce qui m’énerve le plus, c’est la sensation que ces pro-outing jouent contre leur propre camp. Imaginez vous être gay ou lesbienne, ne pas savoir trop comment l’annoncer, vous poser des questions sur la manière de faire, si ça va choquer maman…  Bref, j’en suis à me poser des questions, sans trop savoir vers qui me tourner quand arrive un inconnu ou presque qui va crier sur la place publique que je suis lesbienne. Je n’aborderai même pas la question des « preuves », tiens. Alors c’est sûr que mes questions existentielles sont réglées mais faut pas enlever
le sparadrap sur une plaie purulente, sinon, ça s’infecte. Je ne dis pas que l’homosexualité est une plaie purulente, ma métaphore est boiteuse, je dis par contre qu’une fois qu’on m’a outée, je me retrouve aussi seule qu’avant et je n’aurai peut-être pas forcément envie de me rapprocher d’associations gay & lesbiennes pour me faire aider, au vu de ce qu’il s’est passé. Je ne suis pas naïve, je sais que le militantisme ne fait pas forcément dans la dentelle. Par exemple, le MLF s’est amusé à balancer du sang et de la bidoche crue sur un médecin anti avortement pour
illustrer qu’un fœtus, ce n’est qu’un tas de chair (ou un truc du genre, je ne sais plus bien). C’est pas délicat pour un sou mais la différence, c’est que le MLF défendait un choix, celui de garder ou non un fœtus peu développé. Là, on t’impose quelque chose, on te force à vivre ta sexualité sur la place publique et c’est ça qui m’énerve. Et si une association pro libertine allait annoncer publiquement qui va en club libertin ? Ou une association pro polyamour qui irait révéler que quand vous dites à votre femme que vous êtes en réunion, en vrai, vous sautez l’instit de votre fils ? (la secrétaire, c’est trop cliché). Ok, j’exagère, je l’admets mais l’idée reste la même : la vie privée d’une personne ne regarde personne. Si une personne choisit de ne pas dévoiler publiquement son homosexualité (mais est-ce que ça sous-entend réellement qu’elle est totalement dans le placard ? Ne garde-t-il pas cette information juste pour ceux que ça regarde ?), où est le problème ? Etre homo, c’est forcément s’habiller en tafiole un jour de gay pride ou en semi camionneuse à cheveux courts ? On peut pas sortir du cliché un peu ? Dans mon ancien taf chez TGGP, il y avait plusieurs gays, deux qui l’affichaient ostensiblement et un troisième qui n’en parlait pas particulièrement mais ne le cachait absolument pas.
Juste qu’il n’avaient pas besoin d’hurler qu’il était gay toutes les deux minutes pour se sentir bien et j’ai envie de dire tant mieux parce que je m’en fous. Ca ne me regarde tout simplement pas.

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Bref, de mémoire, la chasse aux sorcières n’a jamais rien donné de bon. Et je pense que ces pro outing sont en train de se tirer une belle balle dans le pied… 

La jouissance est un féminisme

Ouh que je suis en forme en ce moment ! Des truismes en veux-tu en voilà, c’est open bar. Mais ne rigolons pas trop car je veux parler d’un sujet grave ! Oui, mesdames et messieurs, il n’est pas l’heure de rire car dans l’Hémicycle, là où des gens décident de notre législation, la Femme Conservatrice rôde. Et parfois, elle parle. Après « le préservatif ce n’est pas drôle », Christine Boutin présente « on oublie trop souvent la procréation au profit du plaisir dans le sexe ». Oh-mon-Dieu.

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Premier volet : la procréation. Alors tu vois Christine, moi, je trouve que l’État devrait plutôt me remercier de ne pas trop penser à la reproduction. Imaginons que là, je décide de procréer parce qu’en tant que femme, forcément, j’ai envie d’être mère. Déjà, je ne suis pas sûre de trouver plus qu’un géniteur, la paternité est aussi un engagement. Donc me voilà mère célibataire, ça me donne droit à des allocs ça non ? Et encore, Dieu merci, ma fertilité a toujours été sous contrôle car depuis que je suis sexuellement active, j’aurais eu le temps d’en faire une tripotée…

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Autre point important. Imaginons que je sois dans une relation stable et que nous envisagions de faire un mini nous. Hop, je consulte mon petit calendrier de la fertilité que j’ai sur mon Iphone (P tracker pour ceux que ça intéresse). Bon, il me met en fertile quasi tout le temps mais peu importe. Donc chéri et moi baisons pour procréer. Comme c’est mon objectif premier, il se peut que je sois tendue comme un string, que je ne prenne aucun plaisir. Or la psychologie joue énormément dans la conception, c’est un fait, et je ne suis pas sûre que trop penser à cette fameuse conception ne soit pas un frein.

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Mais enfin et surtout : Christine, tu es la honte du féminisme. Oui, du féminisme. Tu vois, en tant que femme des années 2010, j’ai la chance incroyable de maitriser mon corps tant dans sa fertilité que dans mon plaisir et ça, vois-tu, c’est quand même assez récent. Faisons ensemble un rapide cours sur l’histoire de la sexualité féminine. En 1805, on a découvert le mécanisme de l’ovulation et là, c’est le drame : jusqu’à présent, on estimait qu’une femme devait jouir pour tomber enceinte. Avec l’ovulation, on décrète que l’orgasme, c’est mal car ça disperse le sperme. Or comme dans les sphères bourgeoises, le sexe n’était envisagé que sous l’angle procréatif, ces pauvres femmes n’avaient simplement pas droit au plaisir. Du moins avec leurs maris car beaucoup avaient des relations saphiques avec leurs camarades du couvent.

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Forcément, quand on lit le calvaire de ces femmes, condamnées à ne pas jouir pour tomber enceinte alors qu’en plus, l’orgasme, de par les contractions qu’il provoque, favorise le déplacement du sperme, on se sent toute légitimité à prendre notre part du gâteau en terme de plaisir. Et puis surtout, Christine, des femmes se sont battues pour que je dispose de mon corps comme je veux, si j’ai envie de n’en jouir sans assurer ma descendance, qu’est-ce que ça peut te faire ? Et puis tu sais, faut arrêter de croire que le sexe « sans but », si ce n’est celui de la jouissance, est une dépravation. Je peux te dire que certaines de mes galipettes infertiles furent (et, je l’espère, seront) d’une beauté et d’une intensité incroyables, limite j’en pleurerais tellement c’est beau. Et je ne parle de prouesse physique là mais d’un ressenti. Le sexe, c’est aussi un don et un abandon de soi… Excuse-moi, je vais chercher un mouchoir, je m’auto-émeus.

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Je t’épargnerai un paragraphe entier sur les couples infertiles, homosexuels compris. Pour eux, que préconises-tu puisqu’ils n’ont justement que le sexe sans possibilité de procréation ? Mmmm ? Allez Christine, détends-toi du string car comme je le disais récemment, le sexe, c’est pas sale ! Tu devrais essayer plus souvent, tu verrais.

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En attendant, je vais préparer un article sur ta prochaine déclaration, j’hésite entre « être homosexuel, c’est quand même pas très très normal » (gaypride oblige) et « oui, les viols, c’est moche mais faut pas s’habiller aussi provocant, elle le cherche un peu… ». Quoique tu serais capable de pire…

Mais pourquoi tu ne parles plus de sexe sur ton blog ?

Ceux qui me lisent depuis le début ou à peu près l’auront remarqué, ma vie sexuelle n’est plus la star de ce blog et ce depuis un bon moment. Hormis quelques anecdotes et réflexions de ci de là, impossible de connaitre la météo de mes amours et coucheries. Et c’est fait exprès.

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Ce n’est pas parce que je n’ai plus rien à raconter, je dirais même que c’est précisément l’inverse. Première explication et la moins intéressante : certains de mes collègues connaissent ce blog. N’y voyez pas de la fausse pudeur ou autre mais je n’ai pas forcément envie qu’ils connaissent le détail de mes nuits et si je veux raconter un truc, je le fais à la pause. Donc même si je sais qu’à l’arrivée, connaitre ce blog ne signifie pas forcément le lire, la possibilité existe.

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Mais ça, ce n’est qu’une explication mineure, la vérité est ailleurs. En fait, je me suis rendu compte que je n’avais plus tellement envie de partager les histoires de fesses et/ou de cœur. Non, pas envie, le mot exact serait plus besoin. Je n’ai plus besoin de raconter mes folles nuits pour prouver, pour ME prouver que, oui, je plais. Fini le temps du doute et des choses à prouver. Aujourd’hui, je vis ma sexualité pour moi et pas pour raconter sur ce blog.

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Je ne dis pas que des fois, le clavier me démange un peu, j’ai un peu envie de partager certaines expériences. Parce qu’elles sont folles, parce que je découvre certaines choses sur moi, les autres, le sexe, l’amour… Mais en grandissant (je ne vieillis toujours pas), force est de constater que les limites de mon extimité sont de plus en plus étroites. Peut-être aussi parce que Nina est de moins en moins anonyme, j’ai la sensation de parler ici à des potes, certains particulièrement prompts au jugement, et je ne raconte pas les détails de ma vie sexuelle à mes potes. Juste à Vicky que j’ai traumatisée un peu. Et à certains de mes amants mais ils en sont les acteurs donc bon…

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Et puis je ne suis pas qu’un cul ou une paire de seins voire un clitoris… Aujourd’hui, je lis mes jeunes camarades sur Twitter et je suis un peu attristée par les personnes qui passent leur journée à crier leur sexualité débridée. J’attends même le « mon mec vient de me defoncer le cul, je vais me doucher et je reviens, hihi ! ». Principe de la poutre et de la paille : quand on le fait, on trouve ça super drôle, tellement subversif mais quand les autres le font, on sent alors toute la lourdeur du propos. Non parce que parler de sexe sans recul, juste pour rajouter une ligne sur son carnet de conquête et le montrer fièrement, je me rends compte que c’est sans intérêt et qu’en plus, ça finit par devenir suspect. Si tu insistes autant sur le fait que quelqu’un a daigné te sauter la veille, ça donne limite la sensation que c’est exceptionnel. Oh, je sais, Hopital, charité mais force est de constater que plus j’ai confiance en moi et en ma séduction, moins
je la ramène sur le sujet. C’est un fait. Il y a aussi ce sentiment émancipatoire à base de « je bois, je baise, j’emmerde les conventions » mais bon, le sexe et l’ivresse, ce n’est pas vraiment novateur comme concept… On est même drôlement soft par rapport à des temps plus ou moins lointains.


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Pourtant, le sexe en soi peut tout à fait être intéressant pour peu qu’on prenne un peu de recul, il existe de très bon blogs de sexe, de zone zerogene dont je parlais l’autre jour à rue69 en passant par second sexe ou sexactu. Mais le but n’est pas la-bas de se poser en personne sexuée mais bien de replacer la chose dans son contexte. Parce qu’il y a des milliers de choses intéressantes à dire sur le sujet, encore faut-il chercher à décoller un peu le nez de son oreiller. Par ailleurs, je trouve que de façon générale, on perd un peu le côté léger et grivois des conversations sur le sexe, ça devient limite une revendication, un manifeste à la limite de l’agressivité. Mais enfin, mes enfants (j’ai 30 ans, je grandis toujours mais commence à prendre un ton maternaliste, quand même), baiser est un acte
joyeux, agréable, ludique (enfin, j’espère pour vous), pourquoi en faire une sorte d’arme pour… pour quoi d’ailleurs ? J’ai pas encore compris.

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Voilà donc pourquoi ma sexualité n’apparaît plus qu’en filigrane ici. Et si quelques uns (voyeurs ?) le regrettent, je pense pour ma part qu’on y gagne tous au change, finalement. Même si en ce moment, pour reprendre Isadora « ohlala, ta vie, c’est trop Clara Sheller! ». Ouais, à peu près…

Si Adriana n’est pas là, c’est Nina qui s’en occupera

Dans la série « je ne sais pas dire non à une nouvelle expérience (n’impliquant pas un saut à partir d’un pont ou d’avion) », dimanche, j’ai testé pour vous la quête pour la Croix Rouge. Et sociologiquement, c’est passionnant. A noter avant de continuer que cette collecte concerne les antennes locales de la Croix Rouge donc je préfère que les commentaires ne se transforment pas en débat sur la Croix Rouge en général, merci.

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Faire la quête pour la Croix Rouge est une chose relativement aisée puisqu’il s’agit d’une institution connue, les gens ne sont pas dans un rapport de méfiance, surtout que je portais une sublime chasuble orange fluo. Plus sexy tu meurs surtout qu’elle était évidemment trop grande pour moi. Rendez-vous était pris à 15h avec Matthieu, le pote qui allait m’initier à la quête. Avec lui Josseline, la coordinatrice qui m’explique quelques trucs. Sourire, politesse, inciter sans trop insister, le but n’est pas non plus d’énerver les gens. Et c’est parti, on se pose dans l’utilitaire Croix-Rouge, Josseline nous cherche un bon point de chute pour ramasser un max de tune. Premier essai : juste à côté du métro Courcelles. Nous faisons normalement la quête mais ce n’est guère juteux, peu de voitures au feu. Alors on vient nous récupérer et là, on nous jette direct sur les Champs-Elysées. Enfin moi sur la rue de la Boétie et Matthieu sur les Champs vu qu’il est plus expérimenté et surtout qu’il fait 1m95 donc on le voit de plus loin.

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Là, les choses sérieuses commencent, y a beaucoup de voitures. Règle n°1 : on se met côté conducteur, on sourit, on se présente, on demande des sous, on remercie, on sourit, on salue. On ne rentre dans aucune polémique, on n’a pas le temps mais pour ma part, je n’y ai pas eu droit, à peine un jeune homme qui m’a dit qu’il fallait soutenir Israël (je suis pas sûre que la Croix Rouge du 8e se sente particulièrement concernée mais bon…) et un qui m’a dit « Donner à la Croix-Rouge ? Surtout pas ! ». Okayyyy ! Mais à part ça, rien.

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On peut observer de façon très précise les comportements humains. Première constatation : être une jolie fille avenante, ça aide. Et non, je ne me la raconte pas. Ceci étant, j’ai pu noter que Matthieu avait quant à lui son petit succès auprès des femmes et jeunes filles, comme les deux qui lui couraient après en gloussant pour lui donner des pièces. Mais du coup, j’ai pu pas mal récolter, je dirais dans les 300 € même si j’ai pas eu mon résultat final. Et figurez-vous que 300 € en pièces, ça pèse beaucoup. A la fin de la journée, j’avais mal au bras, mal aux jambes (pendant 4h, remonter et descendre les files de voitures, ça fait du kilométrage quand même), je suis sale comme un peigne, j’ai du dépôt sableux sur la peau, je pue. Mais curieusement, malgré ma crasse et ma chasuble orange, certains me font encore du charme, me demandant mon numéro. Y a même un cycliste qui s’est arrêté juste pour me dire que j’étais très jolie
(mais je m’en fiche, il n’a rien donné). Donc la quête de la Croix-Rouge peut être une façon intéressante de rencontrer un homme, notez.

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La quête permet aussi de prendre la mesure de l’effet incitatif. En gros, si la première voiture donne, vous savez que les suivantes vont suivre : effet incitatif. Par contre, si la première et la deuxième ne donnent rien, ce feu s’avèrera peu fructueux. Il y a des comportements humains fascinants. Ceux qui s’excusent sincèrement de ne donner que quelques euros (moi, je trouve ça déjà très bien), ceux qui sont sincèrement désolés de ne pas avoir de monnaie. Il y a aussi ceux qui refusent de donner avec un « non merci » qui m’amuse beaucoup. Je ne veux pas te donner d’argent, mec, je veux que, toi, tu m’en donnes ! Mais le must, ce sont ceux qui nous ignorent avec la grande technique du « je tripote mon téléphone » ou « je parle à mon voisin et je suis très très concentré sur lui/elle ». Sachant que je portais une chasuble orange fluo, j’ai du mal à croire qu’on ne m’ait pas vue… Mais le must de l’indélicatesse reste les fenêtres que l’on voit se fermer au fur et à mesure qu’on s’approche. Je comprends que les gens ne donnent pas, c’est un choix, pas de soucis, je ne juge pas. Par contre, un petit sourire ou même un signe de tête serait plutôt le bienvenu car le plan du « lalala, je ne te vois pas » ou « je refuse même que tu puisses me parler » me gonfle légèrement.

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Enfin, quelques phrases entendues plusieurs fois : « non merci », « bon courage mademoiselle », « tu me donnes ton numéro et je te
donne des sous », « j’ai pas grand-chose (et vlan, une pièce de 2 €) », « il est où l’autocollant ? Ouééééé ! » et j’ai eu droit à peu près 38 fois à la blague « hééééé, elle est où Adriana », ce à quoi je répondais : « j’en suis la version minuscule ». Après tout, je suis presque blonde et presque grande…

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Bref, une expérience intéressante qui m’a légèrement laissée sur le carreau, j’étais littéralement épuisée dimanche soir quand j’ai déboulé chez mon amant chouchou du moment (mais j’ai eu le droit de me reposer pendant qu’il passait la serpillère et même à manger une tarte à la fraise meringuée qui remettrait d’aplomb n’importe quelle quêteuse). Deux jours après, j’ai lamentablement mal au biceps droit, ce qui me fait penser que je dois retourner rapidement à la salle de sport. Mais ça reste un bon moment, un chouette souvenir car au-delà des sous rapportés, ce que je retiens, c’est surtout les sourires, les gentilles attentions des gens. Ca, d’un point de vue égoïste, ça fait un bien fou. Même si j’étais épuisée physiquement (enfin, bon, j’exagère peut-être un peu), moralement, ça m’a bien reboostée.

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L’an prochain, je remets ça !

Quand mes voisins pénètrent mon intimité

Ça fait maintenant un an et demi que j’ai investi cet appart (je crois que pour la crémaillère, c’est mort). Un an et demi que je suis à nouveau la fille au chat qui miaule pour tout le 3e étage. Et je m’amuse parfois à imaginer ce que pensent mes voisins de moi selon les données qu’ils ont. Ou comment je dois passer pour une hétéro refoulée.

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Un dimanche fin de journée, je rentre d’un week-end pro en province et je croise ma voisine, une des seules identifiées (elle et son mari qui savait déjà qui j’étais la première fois que je l’ai identifié ce qui m’a un peu fait flipper). On discute poliment et là, elle me balance l’air de rien : « oui, je vous entends rentrer le soir avec votre petit chat qui miaule et vous qui lui courez après ». Ah…ahah…hum. Il faut savoir que dès que j’ouvre la porte de mon appart, Kenya sort comme une flèche en pioutant comme une débile donc, c’est un fait, mes voisins sont au courant de mes allées et venues.

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Alors je me suis amusée à imaginer ce que pourraient penser mes voisins s’ils observaient les visites chez moi et force est de constater que je sens l’hétéro refoulée à plein nez. Concrètement, pendant ces un an et demie, j’ai très souvent reçu la visite de Vicky qui a même vécu chez moi pendant un mois. Pourtant, pendant cette période de concubinage, si le voisin tend l’oreille, point de bruit de sexe. Contrairement aux fois où j’ai reçu des hommes aux petites heures de la nuit. Mais bon, Vicky est repartie, notre couple lesbien est bel et bien mort et comme elle ne vient plus chez moi, mes voisins doivent imaginer le pire.

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Et dernièrement, il s’est passé un truc. Un matin, le réveil sonne, je retarde au maximum le pénible lever jusqu’au moment où mon retard flirte avec l’indécence. Je finis par m’extirper du lit, attrape Kenya que je trouve bien dissipée pour lui faire un câlin et là, je le trouve face la porte d’entrée ouverte… Alors que je suis nue. Je la claque, éberluée, me demandant comment j’ai pu ne pas la fermer la veille. Je comprends soudain pourquoi durant la séance de « grml grml encore 5 mn », j’entendais aussi distinctement mes voisins. Mais pendant ma douche, j’angoisse. Dans la soirée, je me suis rendue plusieurs fois à la salle de bain, j’aurais vu que la porte était ouverte. Et si je devenais somnambule et que je m’étais baladée à poil une partie de la nuit dans l’immeuble ? Oh mon Dieu ! En fait, j’ai eu la réponse le soir même : j’avais juste mal claqué la porte et un courant d’air l’a ré ouverte.

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Ceci étant, je note que si je dois un jour me faire assassiner chez moi, j’aimerais que ce ne soit pas dans cet appart. Ben oui, mes voisins sont passés devant ma porte ouverte sans rien faire, j’en conclus donc qu’en cas d’assassinat, mon chat aura eu 3 fois le temps de me manger avant qu’ils ne réagissent. Et je rappelle que mon chat a des tendances anorexiques…

La curiosité est un masochisme

J’adore sortir ce genre de truisme, ces phrases qui sortent comme autant de révélations, de sentence de sages. On dirait du Sartre, tiens. Oui, j’ai été largement traumatisée par l’existentialisme est un humanisme. Bref.

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L’autre soir, j’ai donc sorti ce magnifique aphorisme à mlle Sarah qui a pu pénétrer la boite perso de son partenaire mais n’a rien trouvé de suspect, bonne nouvelle pour elle. Car il y a des choses qu’il vaut mieux ne pas savoir. Et je sais de quoi je parle.

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Il y a 4 ans, j’ai eu une liaison avec un blogueur du genre passionnée. Dire que j’étais à fond serait un doux euphémisme. Mais la vie étant mal faite, ça s’est fini et là, j’ai pu expérimenter la curiosité masochiste, guettant la moindre de ses notes, lui faisant une scène dès qu’il parlait d’une autre, quand j’avais la sensation qu’il avait dit à une autre les mêmes mots qu’à moi. Une vraie scarification mentale mais la porte était ouverte, je ne pouvais m’empêcher de regarder alors même que je savais que ça allait me faire souffrir. Stupide et stérile. Ce qui m’a sauvée ? Le jeune homme est parti en vacances. 15 jours sans notes sur son blog, j’ai repris ma respiration.

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Aujourd’hui je suis guérie de cette histoire et de mes envies de scarifications mentales, même s’il reste parfois tentant de regarder ce qu’il se cache derrière les portes, qu’elles soient ouvertes ou non. Mais si la connaissance peut être une arme, elle peut se retourner contre vous. Je n’ai jamais cherché à forcer une boîte mail, jamais même jeté un œil alors que je connaissais les codes de Guillaume 1er, vu que je l’avais créée. D’abord parce que je fais confiance, la méfiance est le cancer du couple. Ensuite, imaginons que je regarde et que je trouve des choses suspectes, je fais quoi ? Une scène monstrueuse avouant par la même mon forfait ? Je me tais, sachant que je suis une piètre menteuse ? Savoir n’est pas une délivrance, c’est parfois de la pure torture. Je me souviens d’une histoire avec ce même Guillaume. Le week-end, il restait parfois chez moi et utilisait mon pc pour aller sur le web. Suite à un week-end, je rentre, on bosse chacun de son côté, moi sur le pc. Il faut savoir que j’ai la sale manie de surfer en tapant les premières lettres de l’url. Et là, en tapant un s, je vois apparaitre un truc genre  sex.com ou je ne sais plus quoi. Sur le coup, je rigole et je vais dessus et là, argh, c’est très sado maso hardcore. Je commence à questionner Guillaume qui était en train de faire son sac pour partir, il bafouille et fuit. Qui se ressemble s’assemble, aussi bon menteur que moi. Je fouille donc le pc en tapant toutes les lettres dans ma barre de navigation pour voir ce qui ressort (il avait effacé l’historique). J’ai donc trouve du bondage sm option pince crocodile sur les seins. Le tout en photos amateur ne mettant pas du tout les protagonistes en valeur. Sachant qu’à l’époque, j’étais assez cruche, considérant par exemple que le fait que mon mec se masturbe (sans moi) était un crime de lèse majesté, je suis tombée de haut. Finalement, il s’est pris une belle scène (méritée) à base de « tu m’as menti ! ». Oui parce qu’à l’arrivée c’était quand même le plus grave. Il m’a expliqué qu’en fait, c’était pour un ami à lui et que pour sa part, il trouvait ces photos glauques. Moralité : je veux bien ne pas faire ma curieuse mais ne mets pas
les preuves de ton forfait sous les yeux !

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Certains m’objecteront que ne pas vouloir savoir est en soi une forme de lâcheté, une fuite en avant. Pas faux mais une fois de plus, forcer le coffre pour voir ce qui se cache à l’intérieur me parait avant tout une preuve de manque de confiance. Or pour ma part, je considère la confiance comme un élément essentiel du couple. Si je suis tentée de fouiller dans les mail de mon mec, non
seulement je trahis sa confiance mais surtout, je montre que je ne suis pas capable de prendre le taureau par les cornes et de déclencher une discussion avec mon mec à base de « je sens un truc bizarre, que se passe-t-il ? ». Bon évidemment, si je prends la liste de mes exs, l’immense majorité était nulle en mensonge donc c’est un peu facile mais quand même… Je crois qu’on a tous à
gagner à péter un coup et ne pas traquer le moindre indice de… de quoi d’ailleurs ? Au pire, il nous prendra pour une idiote, on finira par s’en rendre compte et on ira chasser un nouveau poisson. Après la période réglementaire de « tous des connards, je vais devenir lesbienne », bien sûr.

Que ta volonté soit fête!

Par Diane

Attention mesdames et messieurs dans un instant…..
(normalement, si vous n’êtes pas trop jeune, votre cerveau a du automatiquement répondre: « ça va commencer! »)

Vingtenaires, vingtenairettes, j’ai à vous parler aujourd’hui d’un sujet j’oserais dire sérieux, si je ne craignais l’antithèse. La fête. La teuf. La chouille. La nouba et tutti quanti.


Nous vivons une époque étrange, chers lecteurs. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a quelques jours se tenait un peu partout dans nos immeubles une « fête des voisins » (qui soit dit en passant fêtait ses 10 ans, c’est pas formidable ça?).


Dans l’idée: mettons des tables, faisons à bouffer, mangeons, discutons, faisons faire à nos moutards des dessins pour qu’ils en foutent partout dans les couloirs de l’immeuble. Bref, a priori, pas une mauvaise idée en soi. 


Cependant, je n’ai pas eu la moindre demi velléité de m’y rendre et j’ai préféré je l’avoue la compagnie de mon canapé et d’un bouquin. Peut-être n’étais je pas frétillante d’envie de rencontrer les sales mômes qui hurlent et m’empêchent de dormir tous les matins à 6h du mat, ou les atrophiés du bulbe qui prennent les couloirs et l’ascenseur de mon immeuble pour une décharge publique, certes.


Mais il est aussi possible après réflexion que mon manque d’enthousiasme soit dû à autre chose. I’m full.


Je crois que je suis en overdose de festivités.


Sérieusement, posez votre verre de champagne, enlevez le chapeau fluo de votre tête et pensez y deux minutes. Partout où l’on pose les yeux: panneaux urbains, télé, journaux, pubs….. elle est là. Love parade, techno parade,Mickey parade, fête de la seine, fête des voisins, fête du slip, fête de la musique, du théâtre, du cinéma, des philatélistes lapons et numismates auvergnats, les
journées du patrimoine, le centenaire de l’aéro club de Juvisy, l’anniversaire de la naissance du frère de  Rock Voisine, les 40 ans de Voici (dl’a merde), les 50 de Voila (du vent), festival des arts de la rue, de la danse portoricaine ou fête à neu-neu, la foire au vin et à la merguez… Le monde est en train de se transformer en orgie géante. Il fut un temps où l’ordinaire de l’homme était le travail ponctué de quelques fêtes ici et là, et j’ai l’impression que cette tendance est en train de se retourner, et fait de la fête l’ordinaire de l’homme du XXIème siècle. 


Le champagne, tiens. J’ai souvenir que dans ma prime enfance, c’était la boisson « fête », et qu’on buvait du champagne une ou deux fois par an, dans les jolies flutes pour rendre ça officiel. Eh bien étant à la moitié de l’année, j’ai déjà dû voir circuler une soixantaine de bouteilles devant mes yeux depuis janvier! Dès que je dine quelque part, « champagne! » 


Et je vois arriver avec une angoisse certaine cet événement qu’on ne se lasse pas de qualifier de « pluriculturel, intergénérationnel, fédérateur et unificateur » et qui personnellement me file la gerbe: cette orgie festive qu’est la coupe du monde de football. Rien ne plus éloquent comme exemple. Souvenez vous la folie furieuse, l’extase absolue qui s’est emparée de toute la france en 98
(date tellement évocatrice qu’il n’est même pas nécessaire de préciser à quoi l’on fait référence…). ça gueulait dans tous les sens, le pays entier s’était peinturluré les joues en tricolore et arborait le drapeau « travail famille football » aux fenêtres en clamant sa fierté d’être français, au point que la date du 12 juillet a littéralement pulvérisé dans les esprits celle du 14 juillet, la bastille ne faisant pas le poids face au stade de saint-Denis.


Les journalistes sportifs s’étaient alors gargarisés en évoquant le triomphe de l’esprit sportif, de l’universalité du football, alors qu’il est plus que certain qu’ils devaient être au plus 2 % à s’intéresser au sport. La fête, ça fête la fête, et puis basta, qu’importe le support. Nombres de femmes se sont en 98 tout d’un coup passionnées pour le football le temps d’une coupe du monde
pour bien vite revenir sur la terre ferme une fois l’extase retombée.

Et pourquoi alors cette superposition, ce gavage de festivités à n’en plus finir? Est ce que ça nous tiendrait pas occupés pendant que les gens sérieux nous pondent des grosses conneries de réformes qu’on est trop fatigués option gueule de bois pour aller gueuler contre après? (syntaxiquement sublime, cette phrase, non?) Est ce que ça nous ferait pas regarder ailleurs? La fête est
une belle façon de détourner le regard, d’endormir sous l’ivresse et d’empêcher de réfléchir ceux qui pourraient s’opposer, elle est l’aboutissement concret et digéré de la non-pensée, du laisser aller des neurones. Il n’y a qu’à se baisser pour en ramasser, la rue dégueule de cotillons et de ballons de baudruche qui nous attirent le nez en l’air pour ne pas voir qu’on marche dans la
merde.

Tiens, une petite citation de Bernanos, ça fait jamais de mal: « L’affreux instrument d’abêtissement égalitaire, d’universel nivellement de l’esprit que sont les propagandes, multiplie les idées simplistes aux dépens des idées simples, les deux termes n’étant pas plus synonymes que ceux d’infantile et d’enfantin. Hélas! tout le diabolisme du monde moderne est infantile et simpliste à faire crever de rire les Mauvais Anges. La civilisation Mécanique finira par promener autour de la terre, dans un fauteuil roulant, une humanité gâteuse et baveuse, retombée en enfance et torchée par des robots. »

Bref, c’est bien joli les ballons, mais j’ai l’impression qu’on s’enfonce sérieusement et de plus en plus dans quelque chose qui sent vraiment pas bon.

p.s: Sources> un bouquin d’un monsieur qu’il s’appelle Philippe Muray et qui décrit tout cela en verve et en couleurs.