
Post-brouettum, animal assoupi

Avant, mon blog de vie, aujourd'hui, le relais de mes articles écrits par ailleurs

A noter que le texte du n°12 est envoyé donc vous avez toutes les cartes en main pour voter pour nos miss.
Sinon, comme une andouille que je suis, j’ai donné les échéances sans regarder sur un calendrier : le 12, c’est dimanche, je vais pas rendre les résultats un dimanche ! Donc j’hésite entre le mercredi 15 (résultats à rendre au plus tard le 14, donc) et le lundi 20 (résultats à rendre le 19), vous préférez quoi?

Je viens d’envoyer le mail pour miss vingtenaire, merci de me prévenir si vous ne l’avez pas reçu.
A noter que j’ai pas encore reçu le texte de la candidate 12, j’avais oublié de le dire dans le mail! 🙂
Edit : Merci de ne pas en trop en dire, la moitié des candidates ont déjà dû se reconnaître…

Naturellement, ma réaction ne passa guère inaperçue, se « taper un fixe » d’une dizaine de secondes alors même que l’on vous est en train de vous parler est loin d’être une relation que l’on pourrait qualifier de discrète.
Néanmoins, une fois le trouble passé, François me présente sa sœur Gwen, et après quelques derniers détails sur l’organisation de la soirée, il me glisse à l’oreille d’un air amusé, alors qu’ils s’apprêtaient à repartir : « Jules, espèce de crevard, c’est ma sister, si t’y touches, t’es mort ».
Avec un sourire de circonstances et la franchise d’un arracheur de dents, je lui assure que l’idée ne m’a même jamais traversée l’esprit, qu’il n’a absolument aucun souci à se faire, et que je suis même prêt à la considérer comme ma propre sœur. Mes déclarations sont accueillies par un sourire un peu sceptique, mais finalement, nous nous séparons, chacun allant faire de son coté les derniers préparatifs et les ultimes achats.
Arrive finalement, le début de soirée. François et moi nous rejoignons sur place, et je note l’absence de sa sœur. Il me dit qu’elle arrivera plus tard dans la soirée et me demande de garder un œil sur elle, afin qu’elle ne fasse pas de bêtises et qu’elle ne boive pas trop. Me regardant, il précise d’un ton insistant « Un œil, Jules … j’ai bien dit, un œil, hein ? ». J’acquiesce encore une fois, et je le laisse repartir vers l’entrée alors que je m’installe nonchalamment au bar.
François, petit, mais vif et teigneux, adepte de divers arts martiaux, aux noms aussi exotiques qu’imprononçable, assurait avec deux autres potes le service d’ordre de la soirée. Peu à peu, petit à petit, la salle se remplit, et la pendule avançant la foule autour du bar s’éclaircit. Je remarque alors Gwen, traînant l’air un peu perdue un verre à la main. Je lui fait signe, et malgré son air un peu éméchée, j’accepte suite à son insistance de la resservir, allant même jusqu’à lui offrir le verre.
Oh oui, je sais, chers lecteurs, j’entends déjà vos cris indignés sur mon manque d’éthique, mais je crois que je n’aurais rien pu refuser à cette fille. *petit sourire triste*
Toujours est il qu’au bout de quelques minutes une discussion un peu hésitante s’engage. Mon cœur s’emballe un peu, j’apprends qu’elle est en première année de droit, que c’est la petite sœur de François (ce dernier était en maîtrise), mais que comme c’est la petite dernière de la famille son grand frère est très protecteur à son égard (Sans blague, j’avais cru remarquer). On papote encore un peu, de tout et de rien, échange un chaste baiser, et finalement quand elle me dit qu’elle est crevée et qu’elle aimerait bien faire un petit break, je lui propose de se reposer dans la cuisine inoccupée, située juste derrière le bar.
Dix minutes après, déposant quelques bières gratuites sur le comptoir, je ferme temporairement le bar, histoire de voir comment elle va. On discute encore un peu plus, on s’embrasse, timidement d’abord, et finalement plus férocement, assise sur une des grandes tables en inox de la cuisine, je la serre très fort contre moi … quand soudainement la porte s’ouvre brutalement, François en furie fait irruption dans la pièce (j’apprendrai quelques mois plus tard qu’il était venu récupérer la caisse), allume toutes les lampes et nous éblouissant par la même occasion. Un flot ininterrompu d’injures et de propos sur la confiance trahie sortait de sa bouche. J’essaye de le calmer, en vain, je reçois dans la foulée un violent coup de poing à l’œil droit, me laissant hébété, rapidement suivi de quelques autres. Au bout d’une éternité on nous sépare enfin, et François quitte la pièce en trombe en traînant sa sœur par le bras, me laissant chancelant, abasourdi et relativement choqué !
La soirée, se finit dans une atmosphère glaciale, digne d’un blizzard sibérien. Le lendemain, tous les organisateurs se réunissent pour faire les comptes. Des commentaires sarcastiques accueillent mon œil au beurre noir, et une muraille humaine se forme pour nous isoler François et moi. Bien que tenaillé par une puissante envie de revanche, je cherche néanmoins à m’expliquer calmement avec lui, à obtenir des excuses … Sans succès.
Au cours de la semaine, je réussis finalement à obtenir le numéro de portable de Gwen, par l’amie d’une amie, je l’appelle, et je me fais répondre sèchement pêle-mêle : qu’elle ne veut plus rien avoir à faire avec moi, que son frère lui à parler de moi et qu’elle se demande comment j’ai pu agresser ainsi ce dernier (sic !), pour finalement finir par constater que « je n’était vraiment qu’un salaud » dans un ton qui aurait pu fournir un bel exemple d’hystérie à des étudiants en psychologie. Inutile de préciser qu’à ce moment seulement j’étais non seulement assez dubitatif, mais que j’ai aussi senti mon cœur voler en éclat.
La situation aurait pu en rester là, mais quelques jours après, j’apprenais auprès de certains de mes « amis » que ma participation n’était plus souhaitée pour l’organisation des prochaines soirées. D’ailleurs, en fait, je me retrouvais tout court « persona non grata » à celles-ci.
Cette situation allait durer jusqu’à la rentrée suivante et fut, bien entendu, particulièrement dure à supporter. Je la relate désormais avec le sourire, mais il m’arrive encore quelques fois d’en rire jaune. »