La liste de la fille qui boarfffff

Ma vie est d’un monotone en ce moment…

– Salle de sport : Anaïs sur un rameur, moi sur un autre, on papote, on papote quand une faille dans le système apparaît. “J’ai faim” “Moi aussi””On va au McDo après ?” “Oh ouais !”. Mais bon, 5 mn plus tard, on s’est dit que c’était un peu débile d’aller au McDo griller en un hamburger l’heure et demi de sport qu’on vient de s’offrir.

– Des fois, je me demande si open space a la même signification partout. Du genre tu papotes tranquille sur skype avec un mec en journée, tu lui expliques que tu es au boulot en open space et donc là, il se dit que mettre sa bite en avatar était une bonne idée. Maintenant, je sais masquer les avatars de mes contacts.

– Ces derniers temps, je cours (au sens métaphorique du terme, il est évident que je ne mettrai jamais en pratique ma résolution du jogging parce que j’aime pas ça, le jogging) donc je commence à être un peu fatiguée. Tellement qu’en rentrant du salon de la plongée il y a 15 jours, je me suis écroulée sur mon lit et j’ai même pas eu le courage d’aller me faire couler un bain.

– Anniversaire d’Anaïs mi janvier, Anna et moi sommes chargées du cadeau. En semaine pas le temps donc on ira l’après-midi du jour J. Sauf que le matin, y avait fosse donc on rentre chez elle à 14h, on mange puis après le déjeuner, elle commence à regarder les boutiques où on pourrait aller “ouais alors on pourrait aller là ou là… Nina, tu dors!” Gneeeeeeeee ? “Bon, on fait la sieste ?”. On a donc dormi jusqu’à 17h15. Puis on a traîné. Résultat, on a décollé de chez elle à 18h50. Mais on a rempli la mission cadeau quand même !

– Pourquoi je ne vais jamais au cinéma : dimanche dernier, petite séance avec Anna, on va voir J Edgar. Moyenne d’âge dans la salle : 60 ans, facile. A côté de moi arrive une dame d’un certain âge qui sent fort la poudre mais pas comme j’aime, un peu la poudre de dame, un peu sucrée. Bon bref. La salle s’éteint, le film commence et la dame commence à salement s’agiter avant de me parler “j’ai fait tomber mon sac dans le trou de devant, hihi !”. Oui et ? Ah, elle veut qu’on l’éclaire pour le retrouver. Du coup, j’ai raté les premières minutes du film. Voilà pourquoi je ne vais jamais au cinéma.

– Mail sur viadeo : “Bonjour, nous cherchons un stagiaire pour notre site pour le community management, êtes-vous intéressée ?”. Heu ben vu que je suis en CDI et un peu senior quand même, non, pas vraiment, non…

– Pas mal de pots de départ en ce moment dans la boîte. Et à chaque fois, je fais la même “non mais je prends juste un verre et je rentre pas tard”. Et je finis par rentrer chez moi en titubant à 1h du matin. Et le lendemain, je suis incapable de bosser. Mais c’est pas ma faute si les gens partent aussi (pour une fois que je suis pas la démissionnaire de service…).


– Mauvaise humeur en ce moment, je suis en phase grognon. Et ça m’énerve. Cercle vicieux.

Voilà, rien de fascinant, il ne se passe rien dans ma vie. Ceci étant, si je compare à 2011, à cette heure-ci, j’avais déjà subi une rupture, un abcès dentaire et je me faisais agresser par mail par un sale type. Alors le calme de 2012, il me fait du bien.

La lucarne magique

D’ordinaire, je critique la télé mais pour une fois, je vais en faire l’éloge. Pas de la télé en général mais d’un documentaire que j’ai vu mardi et qui m’a presque fait pleurer d’émotion. Oui, il faut savoir qu’en ce moment, je baigne dans une étrange soupe émotionnelle et je trouve tout mignon, émouvant… Allez savoir pourquoi.
 
Mardi, donc, au lieu de jouer aux Sims, je décide de regarder le documentaire « l’odyssée de la vie » sur France 2, ne sachant trop si je
resterai jusqu’au bout ou pas. Pour ceux qui ne l’ont pas vu, j’explique : c’est l’histoire d’une grossesse, de la conception à l’accouchement. On suit donc un couple, une italienne et un gars qui s’appelle Manu. Elle nage avec les dauphins (quelle chance, mon rêve !), elle les dresse, c’est son métier donc elle passe beaucoup de temps dans l’eau. Elle écrit un cahier pour son bébé, elle le lit avec son accent. Je dois avouer que la langue française me plaît particulièrement quand elle est parlée avec un accent, j’adorais celui de ma prof de violoncelle qui était russe ou quelque chose comme ça (même quand elle m’engueulait parce que je m’entraînais pas trop voire pas du tout à la maison). Bref, la maman parle, elle se parle parfois à elle, parfois à son bébé. Vous savez qu’en général, je grogne contre cet espèce d’exhibitionnisme qui pousse les gens à dévoiler leur vie privée mais là, c’est juste beau. On sent les questions de la future maman, on voit le fœtus se développer (images de synthèse). Un fœtus, au début, c’est franchement moche, ça a une queue et de gros yeux noirs, dire qu’on a tous ressemblé à ça !
 
Donc petit fœtus grandit, se transforme petit à petit en humain. On le voit réagir en fonction de ce que fait sa maman. Donc, je préviens de suite : quand je serai enceinte, pas de clope dans la même pièce que moi, c’est pas bon pour le bébé. C’est vrai qu’en tant de femme n’ayant jamais été enceinte, je considère limite la grossesse comme une maladie qui empêche de faire plein de trucs, de peur de blesser petit fœtus qui grandit en moi. Mine de rien, ce documentaire m’a montré qu’une future maman peut faire plein de choses sans que ça traumatise fœtus. Sa maman continue à travailler jusqu’à six mois de grossesse, elle nage, elle joue avec les dauphins mais pas avec tous : certains sont mal à l’aise avec elle à cause de sa grossesse, d’autres, au contraire, cherchent sa présence. Quand ma cousine fut enceinte (ce qui fut le cas trois ans d’affilée, non pas qu’elle ait eu une grossesse particulièrement longue, juste qu’elle en a fait trois à la file), elle en profitait pour ne rien foutre. Surtout pas le ménage, ça la fatigue et ça la fait vomir. Ma mère pestait : « non mais la grossesse, c’est pas une maladie, j’ai bossé jusqu’au bout, moi ! ». Enfin, pour ma sœur parce que moi, à six mois de grossesse, je voulais déjà sortir. Oui, autant j’étais un bébé calme, autant je fus un fœtus chiant.
 
Une femme enceinte, ça peut donc travailler, jouer au flipper, nager et brouetter (ouais !). Même que ce dernier point est plutôt une bonne chose car maman contente, fœtus content. Donc, je note, quand je serai enceinte, je ne fumerai plus et n’irai plus au McDo mais qu’est-ce que je brouetterai ! Il y avait des scènes très amusantes où le papa pose sa main sur le ventre tout rond de sa compagne pour sentir fœtus bouger. Ma mère m’a expliqué que quand le bébé bouge, ça fait un peu comme une sensation de gaz dans le ventre, ça doit être bizarre quand même. Mais quelque part, quand je pense à ma future grossesse (et même mes futures grossesses, si on en croit M. le voyant), c’est le truc qui me paraît le plus agréable, de sentir le bébé bouger, ça doit être bizarre car ce doit être à ce moment-là qu’on prend pleinement conscience qu’on a un individu qui grandit en soi. Par contre, ça me fait un peu flipper de penser que je vais voir mon ventre se déformer selon les coups que va me filer fœtus.
 
Au bout d’un moment, on sait enfin si fœtus est pénissalement (© Gauthier) ou vaginalement équipé. Ben, moi, je le sentais, ce sera une fille, et j’avais raison ! Fœtus devient donc Julia, joli prénom. Au bout du 7e mois, les choses se gâtent un peu, la maman commence à avoir des contractions, direction l’hôpital : le bébé ne peut pas naître encore, il n’est pas tout à fait formé.
 
Finalement, la maman arrive à garder Julia un mois de plus et là, arrive l’accouchement. Ce petit souci a empêché papa et maman de se marier, ils avaient prévu de le faire un mois avant la naissance de la petite mais finalement, non. Bon, alors, je sais pas si c’est le documentaire qui a éclipsé les douleurs de l’accouchement ou si c’est passé comme une lettre à la poste mais là, pas de sang, pas de larmes, c’est super rassurant. En fait, c’est intéressant, c’est un nouvelle technique d’accouchement (il y en a beaucoup, j’ai
l’impression) où la maman est assise et tire elle-même le bébé hors de son corps, une fois la tête sortie (bon, y a toute l’équipe médicale, quand même, faut pas déconner). Je dois avouer qu’avec mon instinct maternel surdéveloppé, ça me foutrait une trouille pas possible de sortir moi-même mon bébé de là, j’aurais peur de le blesser. Bref, la petite Julia, toute pleine de placenta pousse
son premier cri et sa maman la prend dans ses bras… Et là, j’ai comme un envie de pleurer. Ben, mince, je pensais pas que voir à la télé la naissance d’une petite fille que je ne connais pas m’émouvrai à ce point.
 
Hé oui, parfois, au milieu du gerbis télévisuel se cache une pépite. Et je suis heureuse de l’avoir trouvée.