Courrier des cœurs : réponse à So Long

So Long nous a soumis la question suivante :
Un jeune homme de ma connaissance et qui a partagé mon lit quelques fois me poursuit de ses ardeurs « fellationesques » lors même qu’il est heureux et amoureux. Dois-je, au nom de la solidarité féminine (of course), informer la demoiselle qui partage sa vie ?

coeur.gif

La cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie et voici ce que nous pensons de cette histoire :

Diane : OOooohhh que j’ai envie de dire OUI, oui OUI!! Au nom de toutes (les frustrées du monde entier, certes, mais pas que) les pauvres, naïves et larmoyantes jeunes filles trompées, désabusées, déçues, vidées,abusées, bernées et avilies, va la voir, mets donc ce pauvre lâche devant sa bassesse crasse et force le à assumer ses désirs et ses responsabilités!
….Et puis je réfléchis un peu, et je doute.
-si moi à la place de la fille, je voudrais la vérité, qui me dit que, elle, elle préférerait pas rester dans une illusion confortable? Qui me dit que ce serait lui rendre service?
-Et le bougre en question, si tu lui disais « oui », qui me dit qu’il concrétiserait ses désirs? Tous les gens casés du monde ont des désirs cachés avec lesquels il faut composer. En rêver, ou en parler permet parfois de les exorciser, de faire avec plutôt que d’en être complètement frustrés. Par définition, on ne peut pas désirer ce que l’on a déjà (avec des nuances, bien sûr), et demandez à tous les gens casés (du moins depuis un certain temps) autour de vous: leurs rêves érotiques ne concerneront jamais la personne avec laquelle ils sont en couple. Et l’homme (en général, hein, ça inclut Eve aussi) a besoin de désirer ce qu’il n’a pas.
Après, l’important, ce sont les actes. On ne peut contrôler ses désirs, mais on peut contrôler ses actes. Donc si Môsieur en question passe à l’action, là, la question sera toute autre.
Tout en pensant aussi qu’il y a des filles que être trompées ne dérange pas, même si ça court pas les rues.
Donc, malgré mon désir intérieur de super fille curieuse/touche à tout, je réprimerais mon premier réflexe qui aurait été de te dire vas y dis lui la vérité et fait le affronter ses conneries, à ce sopckzpfojkapfj de (———), et te conseillerais davantage de garder cela pour toi, tout en envoyant chier le (——–) en question.

 Jane : Il faut tout d’abord noter que la poursuite et les ardeurs sont excellents pour ton ego. Tu es douée, il en redemande. Tu es en quelque sorte un exemple à suivre pour toutes les femmes et devrais penser à donner des cours. Il est toujours bon de flatter le lecteur (dans le sens du poil)
Concernant ton dilemme, que dire… Tout d’abord, as-tu accepté? parce qu’il y a une différence entre expliquer à une demoiselle « Ton homme voudrait que je le fellationne joyeusement » et « je fellationne ton homme sur une base semi-régulière » Dans le premier cas, il sera un salaud. Dans le second, tu te prendras un pain. Je te déconseille évidemment de le faire. Sauf si tu es masochiste.

Je pense que la solidarité féminine a le dos large sur ce coup-là. Mais si tu n’aimes pas l’officielle et a envie de la faire douter de son potentiel de fellation, dans ce cas, go go go, annonce lui que son homme vient vers toi pour des interludes torrides. Mais j’espère que tu cours vite.

Lucie : NE SURTOUT PAS AVERTIR LA DEMOISELLE !!! Elle pourrait s’offusquer !!! Ben vi, elle se rendrait compte qu’elle assure peut-être pas assez niveau fellation&co…la lose quand même…

Je vous évite le blabla sur la fidélité…

Marine : Ceci n’est pas une pipe.

Chère SoLong,

Première chose, j’ai envie de dire qu’il y a quelque chose de flatteur dans la requête de monsieur, quant à tes qualités « fellationesques » (sic). Mais juste un petit quelque chose, dans la mesure où par ailleurs, merde, on n’est pas des putes, à ou sans frange, d’ailleurs. Bref. Désolée pour cette brève incursion chienne de gardesque, ça ne se reproduira plus, promis.
Deuxième chose, rapport à la solidarité féminine. Perso, j’ai demandé à Benoît l’autre jour de cesser de me dire à quel point une de ses ex était pas belle et qu’il se forçait pour coucher avec.
C’est juste que je frémis d’avance à l’idée qu’un de mes ex dise à sa nouvelle à quel point j’étais lamentable au pieu ou que sais-je encore. D’où le double raisonnement suivant (d’aucunsparleront de syllogisme) : est-ce que tu aimerais être dans la position de la dinde de la farce? Réponse attendue : non. Ce qui nous amène à l’attitude non seulement de refus de la pipe mais aussi de rappel au monsieur qu’il est moyen classe sur ce coup-là.
Mais aussi l’autre partie de mon raisonnement est la suivante : est-ce que tu aimerais apprendre par une pote de ton mec qu’il lui fait des avances? Ça j’y crois moins. C’est un peu humiliant malgré tout et peut-être même la mort de leur couple. En gros : si c’est une bonne copine à toi, tu arriveras peut-être à trouver les mots, ou alors à lui faire comprendre que « he might not be the one« . Si c’est quelqu’un que tu connais assez mal, je te conseille de rester à ta place pour lui éviter à elle d’être dans une position encore plus humiliante, et de rappeler à ton pote que s’il est heureux et amoureux, nom de dieu mais sucer c’est tromper! (j’adorais Tout le monde en parle, et j’assume). En définitif, on est pas des putes, mais le fait d’être d’authentiques connasses égocentriques est une bonne clé pour gérer nos relations avec nos consœurs. Amies connasses, bon week-end!


Nina : Chère So Long,
 
Réponse courte : non

Réponse longue : la demoiselle sort avec un goujat et t’es au courant, ok. Mais à moins qu’elle ne te connaisse depuis trèèèèèèèèèèèès longtemps et qu’elle ait une confiance absolue en toi, laisse tomber. D’abord parce qu’on a tendance à tuer le messager. Ensuite, l’amour rendant souvent aveugle, il se peut que tu te retrouves avec le mauvais rôle dans l’histoire, en gros « nan mais elle est trop une vipère, elle dit ça parce qu’elle est jalouse et qu’elle est amoureuse de mon mec en secret, gna gna gna ». De toute façon, les histoires de couple, vaut mieux pas s’en mêler car n’est pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre, hein !

Tatiana : Hum, effectivement c’est une position délicate à ce que je vois. Enfin, à ce que je lis plutôt. Déjà, est-ce que tu connais la jeune
demoiselle en question ? Car si oui là il faut dire à ce jeune homme d’aller porter ses ardeurs fellationesques ailleurs, sous peine d’une intervention de ta part. Et puis tu peux aussi lui faire remarquer que c’est pas hyper intelligent de faire ça avec une copine de sa nana. T’as de fortes chances d’être démasqué un jour ou l’autre. Maintenant, s’il est heureux et amoureux on est en droit de se poser la question du pourquoi ne pas combler ce manque avec sa chère et tendre plutôt qu’avec toi ? Ca je crois que c’est un trait de l’être humain que j’ai du mal à piger des fois : l’herbe est toujours plus verte dans la prairie d’à côté. Ma supposition de psycho de comptoir du jour serait de dire que certains mecs voient leur copine comme une fille sainte et prude et que donc fellation=péché et que c’est pas possible que ce soit fait par elle. Du coup ils cherchent ailleurs. Autre solution c’est que la copine en question s’y prend très mal
et que du coup il a perdu tout espoir d’exercer cette pratique avec elle.

Donc, en conclusion, soit tu l’emmènes chez un psy pour qu’il arrive à voir sa copine autrement, soit tu donnes des cours à sa copine.

Lucas : Bien sûr que tu dois l’informer ! Le mec est en couple, il n’a aucune légitimité pour aller voir ailleurs ! C’est un manque total de
respect pour SA nana d’aller cherche ailleurs si pipeuse il y a. Le jeu sexuel est une chose mais le fait d’être en couple mets un stop aux dérives. Quand on est en couple, on se tient et on se retient ! Et si on est frustré on en parle à sa copine. Et si elle n’est pas d’accord, on fait des abdos et des étirements pour se faire une autopipe et point barre. Donc moi j’informerais la demoiselle que son mec est un sagouin et j’eunuquerais le damoiseau.

Bastien : Prenons la question par l’autre bout. Admettons que tu dises a la miss que son mec veuille se faire polir le chinois par tes soins. Admettons également qu’elle prenne quelques secondes de réflexion et que donc tu puisse prendre le temps de fuir sa noire colère avant qu’elle ne décide de trucider le premier bipède a croiser sa route. Que penses tu qu’il pourrait arriver ? Et bien moi je vais te le dire ce qui va arriver ! Non seulement dans ta fuite tu tomberas dans les escaliers, mais en plus -et surtout-, prise d’une
folle panique digne d’un mec qui n’a plus d’air dans son scaphandrier elle va se mettre a nous danser la tecktonik version AAAAHH MAIS PPPOOOOOURQUUUOIIIII et autres railleries du genre, le tout dans un concert d’assiettes cassées, d’armoire retournées et de photos de belles mamans jetées par la fenêtre. Voila le point critique. Belle maman. Dans un élan de lucidité elle se dira « mais,
elle n’y est pour rien Gertrude » et dans un ultime effort pour rattraper le cadre encore en vole elle sautera par la fenêtre le sourire au lèvres. Résultat les pompiers concluront au suicide.

Tu ne vois toujours pas le hic ? Attends, je vais te faire un dessin. Qui dit jeune fille suicidait en plein Paris pour cause de quasi adultère dit info d’ouverture du 13h de TF1. Qui dit info d’ouverture du 13h de TF1 dit nouveau décret du gouvernement interdisant les suicides (comme pour les chiens méchants, les jeunes dans les cages d’escalier, tout ça). Qui dit décret du gouvernement dit réaction des opposants. Et comment vont réagir les opposants !? Et bien en se suicidant pardi ! Le geste est fort, médiatique, parfait
pour faire connaître la cause. Imagine un peu le nombre de suicidés dans les semaines qui suivront ta révélation !

Mais ça n’est pas tout. Voyant la France enfin dans une grande crise interne les USA toujours jaloux de nos camemberts et de notre belle tour Eiffel vont décider de but en blanc de nous envahir, pour sur. Réaction en chaîne, jeux des alliances, tu peux être sûre que la Russie chantant le bon vieux temps se dira très proche depuis toujours de la France, l’Afrique verra enfin une bonne occasion de retourner la donne et se liera a l’Amérique, l’Angleterre jouera toujours les toutous atlantistes mais l’Allemagne se rangera de notre coté pour éviter que les jumelages Nancy – Brême ou autre Troyes – Winweiler ne sautent. L’enjeu est énorme ! Qui dit guerre intercontinentale dit donc guerre mondiale, et qui dit guerre mondiale dit bien évidemment bombe H.

Apres on peut spéculer sur la Chine, si les bridés jouent bien le coup ils peuvent rester neutres pendant que chacun s’affaiblit pour ensuite prendre le contrôle du monde a la docteur No. Mais ceci est un autre débat.

C’est quand même cher payé pour une simple imitation de Loana.

Apres moi je dis ça…
 
Les avis sont partagés, quoi. En espérant avoir pu t’aider !
 

Toi aussi, lecteur ou lectrice, tu as une question de cet ordre et tu veux être éclairé(e) par les étranges lumières des vingtenaires, pose ta question ! J’en sélectionnerai une lundi matin pour la soumettre à la cellule love & sex des vingtenaires.

Je suis au chômage et alors ?

A l’époque où j’étais au chômage et que j’en pouvais plus, mon amie Anne me dit : « Ce qui est chiant quand t’es au chômage, c’est qu’on ne te parle plus que de ça alors
que quand tu sors, c’est justement pour te changer les idées ». Le chômage, c’est une maladie sociale, les gens se préoccupent de votre état. Ca part d’une bonne intention mais c’est vite étouffant.

undefined

Quand tu es au chômage, on te demande toujours « alors, tu as trouvé du boulot ? ». Ce à quoi, tu as toujours envie de répondre : « bah, bien sûr, ça fait deux mois que je bosse mais j’avais envie de garder ça pour moi, tu comprends… ». C’est un peu la question du « t’es allé chez le coiffeur » quand t’as coupé 10 cm de cheveux. Surtout que je disais à l’époque que le jour où je trouverais du boulot, la Terre entière serait mise au courant. J’ai d’ailleurs envoyé un texto aussi sec à tout mon répertoire puis j’ai fait trop ma maline sur mon blog.

En général, les gens sont bourrés de conseils parfois assez hallucinants. J’ai parlé du « pourquoi tu crées pas ta boîte ? », des « tu réponds à des annonces ? », les « tu envoies des candidatures spontanées ? ». Des fois, j’avais l’impression d’être une petite fille qui découvre le monde et à qui on apprend l’évidence. Mais j’avais saisi dès le départ qu’un recruteur ne viendra jamais sonner chez moi pour me proposer un boulot. C’est pas comme les agents immobiliers qui garnissent ma boîte aux
lettres de proposition de vente (alors que je suis locataire). Tout le monde y va de son petit conseil, y compris et surtout ceux qui n’ont jamais connu le chômage. Parfois, on a des trucs assez hallucinants du genre : « Ben, tu te pointes au journal et tu montres ton book au rédac chef ! ». Quand je lui ai fait remarquer qu’un journal n’était pas forcément un moulin et que le rédac chef ne passe pas sa journée à attendre dans son bureau de potentiels candidats, le gars m’a expliqué le plus sérieusement du monde que j’avais qu’à me pointer en inventant un prétexte et une fois dans la place, je vais l’air de rien dans le bureau du rédac chef. Mais bien sûr. La plupart des grands groupes de presse sont équipés d’accueil et de portiques et si t’as pas rendez-vous avec une personne précise qu’on appelle pour prévenir de ton arrivée, ben tu rentres pas. Et puis je suis pas sûre que rentrer dans le bureau du rédac chef sans rien demander à personne soit très bon pour mon image…

Vous avez aussi les gens circonspects, ceux qui vous soupçonnent de ne pas chercher vraiment. C’est vrai, le chômage, j’ai adoré, passer la journée chez moi à guetter l’annonce, à envoyer 150 CV partout pour me prendre des refus, c’est tellement bon pour mon ego ! Des fois, j’ai envie de démissionner juste pour revivre cette période magique où je me sentais à peu près aussi estimable qu’une crotte de souris, une mini crotte, quoi. Et ça rend parano, le chômage, la sollicitude des autres semblent devenir des accusations à mots couverts, on part au quart de tour. « Tu réponds à des annonces ? » « Tu sous-entends quoi, que je cherche pas vraiment ? Tu crois que c’est facile de trouver du boulot (ducon) ? Tu les connais les stats ? Tu sais combien y a de chômeurs en France ? ». Oui parce que bon, je suis pas tout à fait la seule dans ce cas là et d’après l’APEC, un jeune diplômé met en moyenne un an et demi à trouver du boulot et passe en moyenne 7 entretiens avant d’être embauché. Le jour où ma sœur m’a parlé des 7 entretiens, dans le but de dire « hé mais tu te rapproches, regarde les entretiens que tu passes, ne panique pas ! », j’ai eu envie de pleurer. Parce que 7 entretiens, ça veut dire que 6 fois, on aura trouvé quelqu’un plus compétent que vous. Alors, c’est vrai que des fois, on passe des entretiens en étant des erreurs de casting. Je me souviens d’un entretien notamment avec un mec que j’avais déjà croisé mais je n’ai pas percuté au moment de l’entretien, légèrement perturbée par le fait qu’il ressemblait à un de mes exs. Le poste n’avait rien de junior et les gars ont surestimé une de mes expériences. Parce que bon, un premier job rémunérée en tant que chef éditorial d’un site web avec gestion de pigistes, ça fait rêver mais soyons un peu réaliste.

Bref, le chômage, c’est pas la joyeuse glande, c’est plus vexation, culpabilité et déprime. Sans parler du fait que vivre avec le RMI ou les assedics pour ceux qui y ont
droit, ce n’est techniquement pas possible, surtout sur Paris. Donc soupçonner quelqu’un de ne pas faire l’effort de se sortir de la situation, c’est vraiment méconnaître la situation. Il y a trois mois, quand Guillaume 1er a décroché un contrat, il m’a dit « tu peux pas savoir comme je suis content de me lever le matin ! ». Et si, je sais, j’ai ressenti la même chose la première fois que mon réveil a sonné pour que j’aille bosser. Bon, depuis, je suis beaucoup moins heureuse sur ce sujet mais c’est fou comme mon amour propre est remonté depuis que je ne suis plus obligée de répondre que je suis au chômage à la question « et toi, tu fais quoi dans la vie ? »

Où trouver l’homme ? Episode 6 : aux urgences

(Je rappelle à mon lectorat chéri que tout ceci est une blague et que je suis toute entière en vrai et que je fais pas de rollers depuis 1989 de toute façon).

Dans ma quête effrénée de l’homme, j’ai chuté. Physiquement, j’entends, c’est pas une figure de style, je suis vraiment tombée. Tout ça parce qu’un gamin s’est dit que se vautrer dans mes jambes pourrait être une bonne idée et depuis, j’ai mal au poignet et je trouve que la douleur, elle met du temps à passer. D’ailleurs, c’est bizarre, quand je bouge le poignet, ça fait automatiquement pleurer mes yeux, je ne trouve pas ça très rassurant. Bon, un t-shirt jaune finit par comprendre que j’ai vraiment mal et me propose de m’emmener aux urgences.

 undefined

Générique : ti-wouuhuut ti-wouuuhuuut- tadadada- tadam-tadam- tatadadadam. Alors je précise que c’est celui d’Urgences car apparemment, personne n’a reconnu quand je l’avais mis dans l’épisode du ski. Alors pour moi, les urgences, c’est George Clooney, Noah Wyle et Goran Visnjic qui ont le bon goût de,culbuter parfois leur patiente dans la salle des radios. En vrai, c’est pas ça du tout. Déjà, à l’accueil, y a même pas Kubiak. Et puis c’est con mais un hôpital, ça sent les médicaments et je
trouve pas ça sex du tout. Le t-shirt jaune, rassuré de me savoir en de si bonnes mains, m’abandonne. Donc me voici posée sur un fauteuil et j’attends qu’on m’appelle. J’ai bien un bouquin dans mon sac mais le problème, c’est que c’est un livre de poche et qu’il me reste une centaine de pages à lire. Bon, ça devrait aller. Constatation première : pour lire un livre, deux poignets valides, c’est quand même beaucoup plus pratique.

Bon, essayons de faire une analyse objective de la situation. J’ai mal mais peut-être que je vais m’habituer. Bon, par contre, personne ne s’occupe de moi et à chaque brancard qui rentre, je comprends que ça va pas être mon tour de suite. Oui, les urgences, c’est pas comme la sécu, y a pas de ticket. Un infarctus, ça passe avant un poignet cassé. Je regarde un peu le personnel soignant et… euh… c’est moi où y a que des femmes ? Non mais comment je suis censée trouver l’homme si je ne vois que des femmes ? C’est juste incompatible.

Bon, mon livre est terminé, je m’ennuie. Tiens, y a des mags people, ça va m’occuper, tiens. Quoi ? Britney est encore enceinte ? Mais de qui ? De Kevin Federline ? De quoi ? Ohlala mais j’ai raté un épisode quand même, comment se fait-ce, alors que je travaille pour la communauté d’un mag people ? Je savais qu’elle avait rompu avec son paparazzo mais en quel temps elle est revenue avec Kevin ? Et surtout, comment peut-elle être enceinte aussi vite de lui ? Y a un truc, là. La date ? Début 2006. C’est de
l’information de première fraîcheur. Mais bon, c’est assez amusant de redécouvrir des people oubliés, des couples qui n’existent plus… Enfin, ça occupe 5 minutes.

« Mademoiselle Bartoldi ? »

Mon Dieu, on m’appelle enfin, je rêêêêêve ! Je jette le magazine et crie que oui, c’est moi, des fois qu’une personne me vole ma place. C’est moi la priorité maintenant, mon
poignet qui fait mal est le cas le plus grave et nananère d’abord ! « Le docteur va vous recevoir, rendez-vous à la salle là-bas ». You-pi. Je récupère mon barda comme je peux parce qu’un poignet de moins, ça fait une main qui ne sert à rien. Même si c’est la gauche qui ne me sert pourtant à rien, à la base.

Et me voici avec mon petit barda jeté un peu partout en travers de mes épaules, je me rends dans le bureau en question et je frappe. Derrière la porte, le docteur. Le, à priori, ça veut dire que c’est un monsieur mais vu que j’ai pas vu la queue d’un docteur mâle depuis que je suis arrivée là (oui, j’assume totalement mon jeu de mot naze, ça compense celui que j’ai pas fait la semaine dernière sur le fait de rouler des patins à une randonnée roller), j’ai quand même un peu des doutes.


J’ouvre la porte…
 
La suite la semaine prochaine !

Macho Macho maaaaaaaaan

Par Tatiana

Parce qu’après tout il n’y a pas que les mecs qui ont besoin ou envie de conseil pour draguer. Aujourd’hui un topo sur comment avoir l’air juste assez futile pour choper un mec macho.
 

Vous partez en Amérique latine cet été ? A vous les mexicains/argentins/ péruviens/colombiens… (rayez la mention inutile). Seulement voilà, avant de vous lancer dans l’aventure dans tous les sens du terme, quelques trucs à savoir pour paraître à leurs yeux encore plus désirables. Primo, si vous êtes du genre peau et yeux clairs, les ¾ du boulot sont déjà faits. C’est le succès à coup sûr avant même d’avoir à ouvrir la bouche (dans un premier temps of course). Vous l’êtes l’exotisme à l’état pur. Un peu comme un Brésilien en Europe. Revers de la médaille : on vous prend pour une américaine (même si vous êtes bien plus couverte que ces dernières). Jackpot ou non, c’est selon l’appréciation de chacune. Pas besoin de vous faire un dessin sur comment ils voient les américaines là-bas, mais vous êtes sûre d’avoir du succès par contre. Vous serez sans cesse obligée de décliner toutes sortes d’invitations (douteuses pour la plupart surtout si elles viennent de la part d’un papi de 70 ans).

Une fois sur place, vous vous retrouvez en soirée et vous avez repéré le petit latino au bar qui vous regarde avec insistance depuis un petit moment. Rejoignez-le en souriant, vous avez 99% de chances qu’il vous propose un verre. Là, arrive le moment critique, l’erreur est facile et peut être fatale. Il vous faut désormais vous transformer en faible femme légèrement décérébrée pour ne pas vexer/irriter/castrer son ego de mâle. Dur challenge pour nous femmes modernes issues du MLF. Mais bon, des fois il faut ce qu’il faut : une nuit torride à la clé ça peut valoir cette peine. Pas besoin de vous expliquer trop en détail comment avoir l’air d’une pintade, il suffit de ne pas dire grand-chose et de rire aux blagues. Aide extérieure fort appréciable : l’alcool et la barrière de la langue (prenez un petit air penaud en faisant mine de pas comprendre).

A ne pas faire :

– Evitez de contredire le mec en question (très très dangereux de faire ça.)

– Ne critiquez pas trop non plus

En gros faites comme si vous n’aviez pas vraiment d’opinion sur les choses.

Les trucs en plus qui marchent bien :

– Etre tactile

– Les yeux qui en disent long

– la tenue à l’américaine (cf ci-dessus)

Si vous appliquez ces règles normalement c’est dans la poche. A vous les histoires croustillantes à raconter aux copines en rentrant de vacances, et le respect du à votre tableau de chasse décoré par une belle proie.

 Macho Macho Machistador macho macho… j’adore (ou pas)
 
Vous avez bien pris note de tous les conseils énumérés auparavant et donc vous avez récupéré un macho en cadeau. Mais voyons voir de plus près ce à quoi vous devez vous attendre plus exactement. Histoire de vos engager en toute connaissance de cause.

Un macho dans une relation ça donne quoi ?

Points positifs :

Les machos par définition aiment les femmes et donc toutes les femmes. Pour celles qui manquent de confiance en elles, y a pas plus rassurant sur son pouvoir de séduction qu’un macho. Regard de braise qui en dit long et geste prévenants. On se sent belle et désirable. La plupart du temps ils dégagent un charisme fou. En tous

cas pour ceux que j’ai rencontrés. Un regard de leur part et c’est limite si vous ne pourriez pas le déshabiller direct. A côté de cette aura plus que présente, les machos les vrais, feront normalement tout pour que vous vous sentiez bien. Prendre soin de leur femme c’est leur rôle. Ainsi, imaginez-vous dans un métro bondé, un papi de 70 ans sera capable de vous laisser sa place parce que vous êtes une femme et que c’est normal qu’il vous laisse sa place. Moi ça me scie des trucs pareils. Pour celles qui aiment se faire entretenir, il faut miser sur les machos. Car qui dit prendre soin, dit subvenir à ses besoins. Vous l’aurez compris le macho possède ses qualités quand même, quoiqu’on en dise. Mais il possède aussi ses défauts.

Points négatifs :
 

Les machos ont on gros point négatifs à leur actif : ben oui ils sont machos ! La femme doit avoir un côté bobonne et maman pour pouvoir rester dans sa vie. En gros faut toujours tout leur faire. Ce qui peut vite devenir très fatigant pour des femmes modernes comme nous. Un mec qui n’est pas capable de se prendre en main tout seul moi je le renvoie chez sa mère illico presto. Autre problème, le macho a parfois du mal avec les filles qui ont trop de caractère. Là où au début il voit le challenge, à la longue
il verra juste une emmerdeuse. Du coup exit l’emmerdeuse pour une fille plus docile. Pareil au niveau des opinions. Il aura tendance à pas trop prendre en compte les vôtres puisqu’elles viennent de vous justement et que forcément tout le monde sait qu’une fille c’est un peu stupide. Ah oui ! Un macho donc ca aime les femmes, donc forcément ça passe son temps à charmer (sans forcément aller plus loin) tout ce qui possède un vagin.

Alors finalement qui d’entre nous est faite pour avoir un mec macho ? Les machos c’est bien pour celles qui aiment bien se sentir ultra protégée et en sécurité en étant un poil soumise. Pour celles qui sont épanouies et qui n’ont pas l’envie de materner je leur déconseille sur le long terme ou ça pourrait finir en bain de sang. Par contre je conseil quand même de se laisser tenter le temps d’une nuit.

Qui se ressemble s’assemble ? Pas si sûr !

Par Summer

Des amis se séparent. Ils s’aiment pourtant mais ils n’envisagent pas l’avenir de la même manière, alors ils se séparent, c’est plus sage, ils souffriront moins, c’est plus raisonnable. Ca me perturbe, drôlement même !

Après tout, même Saint Exupéry disait : aimer c’est regarder dans la même direction. J’ai toujours détesté cette phrase, et Dieu sait si j’aime Saint Exupéry, mais je reste convaincue à grand renfort de contes de fée qu’aimer suffit pour être deux, et que c’est tout ce qui compte.

Manifestement je suis très naïve, (certes !) que d’illusions envolées quand l’Homme, race notoirement cruelle il est vrai (femme comprise n’allait pas essayer de vous disculper les filles d’où le grand H) s’attache à pourrir vos rêves et illusions de bonheur. Mais arrête de rêver ma pauvre fille ! Aimer ne suffit pas, il faut regarder dans la même direction.

En gros, avoir des projets semblables du moins pour les plus importants et ce dès le départ parce que le terme concession n’existe pas dans le lexique amoureux, c’est bien connu ! Si dès le départ ça foire, c’est foutu.

Donc si mon objectif dans la vie est de me marier, d’avoir des enfants, une maison avec un jardin bio et un chien, j’ai plutôt intérêt à me dégoter un mec qui a la même vision et les mêmes objectifs, parce que s’il ne mange pas bio forcément ça marchera beaucoup moins bien !

Un couple ça se travaille ? Ça veut dire quoi ? S’assurer de toujours bien regarder dans la même direction ? Surtout ne pas dérailler d’un poil, attention ça peut
tout remettre en jeu.

Ton mec veut pas t’épouser ? Plaque le voyons ! L’homme que tu épouseras n’aura pas besoin d’être convaincu de t’épouser, il le sera déjà, parce qu’il regardera dans la même direction que toi. Ah, tu l’aimes ? Wai, t’en aimeras d’autres ma vieille ! Et si je veux les 2 moi, qu’il le veuille et qu’en plus il en soit convaincu ? Et qu’il en soit convaincu par moi tant qu’à faire, parce que bon pour une autre ça me ferait quand même mal !

L’effort de la concession n’est il pas plus beau encore que l’évidence ? Le faire pour l’autre, parce qu’on l’aime et que c’est important pour cette personne que l’on aime. Ce n’est pas un sacrifice, c’est juste une façon de montrer qu’on aime l’autre et que cet amour est absolu, malgré les différences de point de vue. Je pense à Charlotte dans Sex and the city qui renonce à sa religion pour épouser l’homme qu’elle aime, sacrifice ? que nenni ! Concession oui, mais pour lui. Et c’est encore plus beau !

L’autre doit il correspondre à des codes prédéfinis, comme les petites cases que l’on coche dans meetic  ou pire : adopteunemec.com? Alors je le veux beau, grand et fort avec une Ferrari et aimant les poneys et les promenades en gondole. Comment tu n’aimes pas les poneys ? Désolé alors ça pourra pas marcher, je ne vois pas ma vie sans mon petit poney !

Oui, c’est vrai, je grossis le trait, quoique quelques fois je me demande, mais si justement les divergences permettaient d’avoir un angle de vue plus élargi ? Un esprit plus ouvert ?

Pourquoi l’on s’aimerait moins que d’autres parce qu’on ne voit pas la vie de la même manière ? Ceux qui voient la vie dans la même direction, ont de la chance, c’est moins fatigant je leur accorde, mais personnellement je préfère travailler un peu plus pour ne pas regarder dans la même direction tant qu’on se regarde mutuellement. J’ai peut être tort, il n’empêche que même si c’est dur quelques fois, pour rien au monde j’ai envie d’abandonner ça pour la facilité.

Bien sur il est évident que deux personnes qui n’ont absolument aucun point commun peuvent difficilement espérer être heureuses ensemble, mais qui sait après tout ?

Alors vraiment, ras le bol d’entendre toujours les mêmes rengaines de pseudo psy qui vous confirment que l’amour ne dure que 3 ans, qu’il faut autre chose que la passion pour que le couple perdure, qu’une fois l’alchimie envolée c’est la complicité qui prend le pas reposant sur des grands projets communs…. Et bla bla bla….

Merde mais rendez nous un peu de magie et par pitié, rendez nous l’innocence de croire qu’on peut s’aimer en toute insouciance !

Ecrit-on mieux en temps de guerre ?

Cette semaine, j’ai entamé la lecture du roman « les deux amis » de Moravia. En fait, il ne s’agit pas tout à fait d’un roman mais de notes que l’écrivain a pris pour un projet de roman qui n’a jamais vu le jour. Là, ces bouts de roman (qui ont fini par dériver pour donner naissance au sublime Le mépris) ont été réunis dans un livre avec une très bonne préface qui parle un peu des tourments de Moravia l’écrivain en temps de guerre qui réfléchit sur la société italienne dans laquelle il évolue. Et là, forcément, ça m’interpelle. Un écrivain se nourrit toujours de son entourage, de ce qu’il voit, observe, pense… Aujourd’hui, quand j’écris, je me nourris donc plus ou moins consciemment de la société du XXIe siècle. Je vis en France donc la guerre, je ne la vois qu’à la télé, je ne la vis pas. Je ne vais certainement pas m’en plaindre, bien entendu. Mais quand je lis les auteurs écrivant an temps de guerre ou juste après, on saisit toute l’incompréhension de l’homme face à cette violence inouïe. Par exemple, Moravia et les deux amis, il y a en fait trois manuscrits, un situant l’action pendant la guerre avec les alertes aériennes, les refuges anti aériens puis ensuite après la guerre, quand le communisme est la nouvelle voie politique. D’ailleurs, Moravia, de gauche, a toujours été assez sceptique face au communisme et n’a jamais osé publier ce roman. Dommage car la deuxième version, la plus aboutie, est un vrai bijou, une histoire des plus machiavélique.

Quand je regarde la littérature actuelle, je me rends compte que le sujet de la guerre fait toujours autant recette. Pas plus tard que l’an dernier, le Goncourt a été attribué à Jonathan Littell et ses Bienveillantes, le récit d’un officier allemand pendant la seconde guerre mondiale. On sent que l’auteur s’est énormément documenté pour rendre ses propos le plus réaliste possible et franchement, on ne peut qu’apprécier ce travail là. Mais force est de constater que, souvent, la haute littérature, si j’ose dire, concerne les guerres (tout comme les films mais je vais pas développer ce point dans cet article sinon, je vais faire une vraie dissert). Pourquoi mais pourquoi ? Outre le côté incompréhension de la violence, la guerre permet de montrer des héros commettre des actes dont ils ne se sentaient pas capables pour leur survie, de mettre en scène des gens ordinaires devenir des héros. Oui parce qu’à vue de nez, je dirais que, globalement, les romans sur les guerres mondiales et particulièrement la Seconde mettent en scène des résistants face à la barbarie plutôt que des collabos. Pourtant, quand je lis le Conformiste de Moravia ou
Les bienveillantes de Littell, je trouve que l’autre côté est tout aussi passionnant. Posture plus dangereuse ? Certains vont dire que parler au nom des « méchants », c’est légitimer un peu leurs actions mais cette posture angélique me gonfle. Si tout le monde avait été résistant, ça se serait su. On retrouve souvent dans la littérature de guerre une espèce d’exaltation de l’héroïsme. Sans doute que la vie quotidienne, celle où il ne se passe rien de notable, n’intéresse plus guère. Pourtant, quand on lit des Zola, Flaubert ou Maupassant, qu’on aime ou pas, ça reste des sources fantastiques en histoire sociale, il y a de quoi dire.

Pour en revenir au sujet de départ, je pense que pour tout scribouillard qui se respecte, vivre en temps de guerre est forcément source de milliers et de milliers d’idées. Témoin de son temps, l’écrivain vit des choses extraordinaires en temps de guerre donc forcément, rien qu’en écrivant le récit de sa vie à ce moment là, il a des milliers d’interrogation, sujets de réflexion ou autre. Pourtant, il me semble que notre époque n’est pas non lus dénuée d’intérêt même si on ne vit pas sous la menace d’attaques aériennes ou autres. Pourquoi les écrivains d’aujourd’hui (mais pas qu’eux, le cinéma aussi et parfois la musique) vont toujours puiser dans notre background historique pour réaliser leurs histoires ? Bien sûr qu’en temps de guerre, le quotidien est transfiguré. Mais quand je lis L’élégance du hérisson ou les yeux jaunes du crocodile, je me dis que notre vie d’aujourd’hui, y compris dans sa routine, est sujet de roman, pour peu qu’on sache la reporter avec talent.

Courrier des cœurs

Oyez Oyez !
 
La semaine dernière, je vous expliquais que la liste, c’était fini (mais pour les nostalgiques, je rappelle que vous pouvez suivre les grands moments de ma vie sur ce blog. Qu’ai-je fait ? Comment je trouve mon nouveau bureau ? Qui est mort ? Une semaine fooooooooolle !). Mais à peine un concept s’éteint qu’un autre s’éveille, en grosse partie grâce à Jane.
 

Voilà, j’avais proposé plusieurs pistes et suite au comm de Jane, voici l’idée retenue : le courrier des cœurs. Alors lecteur, à toi de jouer : pose nous une question love and sex, générale ou particulière et les vingtenaires vont te répondre. Voilà comment le truc marche : tu poses tes questions le week-end. Le lundi, je sélectionne une question et je l’envoie à tous les rédacteurs de ce blog. L’idée est d’avoir 3 ou 4 réponses, pour voir. C’est participatif et ça permet de retrouver les joies d’un blog collectif. Et ça commence la semaine
prochaine. Donc on attend déjà vos questions.

En attendant, je ne désespère pas de finir les travaux, à savoir mon menu dynamique mais ça a l’air super compliqué, quand même puis après, je vais faire un sommaire pour les séries et essayer de créer une bannière générale pour les vingtenaires à mettre sur les influenceurs.

Bon week-end les gens !

Je suis naïve

Par Marine

Annonces préliminaires : désolée de te laisser béton des fois, Nina, j’ai comme qui dirait un peu du pain sur la planche en ce moment. Désolée de pas avoir répondu sur mes précédents posts, promis, je m’y mets prochainement. A l’attention de akrak qui disait que j’aimais pas les hommes et que la pub Kookaï était faite pour moi. Comment dire… Kookaï ne passera pas par moi, d’une (et on voit bien que t’es un mec t’as pas vu le rapport pétasserie/prix de la chose), de deux, trop je te respecte, man.
Bref.

Est-ce que la naïveté est un défaut touchant ou un véritable cadavre dans le placard?

Je demande ça en tant que naïve de première catégorie. Quand j’étais petite ma demie-sœur m’avait fait pleurer en m’expliquant que mon père m’avait trouvée dans une poubelle. Et elle m’a enregistrée sur K7 audio, la salope (à la fois, depuis, elle a pas vraiment changé d’âge mental, Carole, si tu me lis, c’est pour toi). Ce fut le début du drame de ma vie. Depuis, je fais face, comme je peux. Le « comme je peux » signifie que je fais ce que je peux pour sauver la face quand je fais preuve d’une crédulité alarmante.  Mais c’est dur. Des fois, j’ai des profs qui se foutent de moi. Souvent, je fais suivre les mails qui me disent que la vie d’une petite fille atteinte d’une maladie rare en dépend. Mais le pire, c’est avec un mec. C’est-à-dire qu’à ce stade, ou bien je suis une oie blanche, ou bien j’ai une très mauvaise opinion de mon mec. Ou bien je suis conne (option qui recouvre les 2 premières propositions).

 Épisode1, Marine, envoie-moi une photo de toi dénudée. aka les relations à distance, on fait ce qu’on peut.

Génial elle est tellement belle que je l’ai mise sur mon frigo. (screenshot dudit frigo à l’appui)
Bleh?
Première réaction interloquée, dépassée. C’était avant le drame. Que voici. Après un temps de réflexion, et Benoît étant un TSS notoire (cf. rubrique afférente, vous y comprendrez donc que Benoit vit en colocation avec 3 autres étudiants mâles), je panique. OUI, je panique, je me dis pas « vanne trop naze ». Je tremble de rage à l’idée de Mohammed, le coloc iranien s’extasiant sur ma chute de reins, je me vois en Paris Hilton du pauvre qui aurait pas dû faire confiance, qui se retrouve en pâture face au monde entier, mais pas assez connue pour en tirer les bénéfices, je lui raccroche au nez. Il me rappelle. Je laisse sonner. Il me rappelle. Je laisse sonner. Il me rappelle… oui ça a duré longtemps.

Épisode 2, Marine, pourquoi on n’a jamais utilisé de sextoys?
C’est vrai, ça, pourquoi? On devise sur les avantages comparés des menottes, des godes-mais-surtout-pas-réalistes… bref, discussion sans grand intérêt que tout le monde a pu avoir à un moment de sa vie.

Le lendemain : Marine, j’ai pas arrêté de penser à cette histoire de menottes, alors du coup, je suis tout content, j’ai acheté un kit SM en promo sur internet… En promo. En promo. Promo en. EN PROMO.
Je refuse de faire les soldes pour les fringues – c’est vrai, quoi, je fais 38 aux pieds, 36 en haut, 38-40 en bas… bref, les soldes ne sont pas une
option pour moi. Donc pour moi, si j’ai pas de pognon, c’est H&M et Gap, et tant pis pour les marques, ce sera quand je serai riche, mais jamais un truc au rabais. Alors pour un vibral, tu te doutes direct que no way, quoi.
Bref, ma réaction (que je schématise un brin) : Gneeeeuuuhhh???

Ben oui, là aussi j’y ai cru, la promo, le plug en mauvais plastoc, la boule pour mettre dans la bouche façon « Bring out the Gimp », la totale. Effet tue-l’amour garanti. D’un coup, j’ai béni la relation à distance et le bonheur immense que constituait une nuit avec mon Ratatouille en peluche dans mon lit une place en buvant une Verveine Menthe. Chacun son style pour tuer l’amour, me direz-vous.

Une heure après, je suis encore à lui trouver une solution: a/se faire rembourser sur son compte, b/faire opposition sur sa CB et tout brûler, c/créer une annonce sur E-Bay (me disant au passage que merde pendant qu’on y est ce goujat serait capable de m’acheter un rabbit d’occase sur E-Bay, s’il tombe dans la promo)

Épisode 3, Marine, t’es là chez toi demain entre 14 et 17h?
– Naaaan j’y crois pas, tu me fais livrer des fleurs ou bien?
– Euh non, des enceintes pour mon pote Jérome. Je les ai pétées par accident l’autre jour…
– Hé?
– Je les fais livrer chez toi, tu les apporteras la prochaine fois que tu viens (rappel : il vit en Amérique)
– HÉ????
– C’est un peu gros par contre (visionnage de la page Amazon : le bébé fait 1m20 par 80 cm par 50 cm)
– HÉÉÉÉÉÉÉÉ!!!!!!!!!!! (je vis dans 2 mètres cubes)
Ca dure une bonne heure trente, au bout desquelles je fais exprès d’être pas chez moi demain, qu’il a qu’à se carrer au cul ses enceintes (sic), que c’était acheté sur CraigsList depuis 15 jours mais qu’il avait pas jugé nécessaire de m’en parler, qu’il me paie un billet d’avion si j’accepte de réceptionner le colis, mais que globalement, il faut se faire foutre super profond avant tout.
J’en tremble de rage.
– Euh ouais, en fait non, juste, je te fais livrer des fleurs pour la St Valentin… Putain j’ai honte c’était trop facile…
Du coup, dans ces conditions, la Saint-Valentin est plutôt rock n roll voyez-vous : une blagouze débile, un trashage en règle, un pot de fleurs pour finir. Sobre et décalé. Pour la première fois de ma vie où je suis maquée ce jour là, je trouve que c’est plutôt funkos.

Mais la morale de cette histoire selon Benoît est plutôt amère… Un jour, tu sortiras avec un mec qui te trompera et tu verras rien, ma pauvre chérie.

Mis à part que ça permet à mon entourage de se marrer un bon coup à mes dépens régulièrement, et que ça fait de moi un assez bon public, c’est touchant ou bien c’est un putain de cadavre dans le placard?

Mon propre patron

(Article écrit il y a donc un an, il me semble que je parle d’un magazine qui n’existe plus, en fait…)

 Il y a un an, j’étais donc une chômeuse, pour ceux qui seraient pas au courant. Alors ce qui est bien dans ce cas-là, c’est que tout le monde vous regarde d’un air navré, un
peu gêné. Cancéreux en phase terminale ou chômeur, même panier. Mais ce qui est bien, c’est que chômeur, on peut toujours guérir et tout le monde va vous dire comment. Bon, c’est gentil mais oui, des CV, j’en ai envoyés (tu me prends pour une idiote ou quoi ?). Oui, je lis les annonces (tu me prends pour une idiote ou quoi ?). Mais la suggestion qui m’agace le plus, c’est sans nul doute : « et pourquoi tu crées pas ton propre journal ? ». Ah ben oui, et moi qui ne savais pas quoi faire des lingots d’or cachés sous mon lit, ça tombe
bien !


Quand on regarde mon CV, on peut constater que j’étais certes assez expérimentée pour mon âge… Mais assez expérimentée ne veut pas dire que je peux créer mon journal demain. Moi, je sais écrire. Mais je ne sais pas gérer un budget (je suis à découvert presque tous les mois), je bidouille en comm, je peux manager une équipe mais une petite équipe. Je n’y connais rien en matière de publicité ou de distribution, je n’ai aucune idée du prix d’un journal, d’une page de pub, du nombre de salariés à embaucher pour un journal lambda, sans parler des frais d’impression. Et puis j’ai pas les moyens de faire des études de marché vraiment poussées.

Pourtant, des idées de journaux, j’en ai. Mais bon, je suis un peu une usine à idées, ça ne veut pas dire qu’elles soient bonnes. Ma première idée, c’était de faire un journal
d’éditoriaux de droite ET de gauche. Partant du constat que les gens ne lisent qu’un quotidien (de droite ou de gauche, aucun journal n’est apolitique, soyons sérieux !), offrons-leur deux lectures de l’actualité. Parce que là, selon que vous lisez le Figaro ou Libé, vous n’aurez pas les mêmes articles. Cet été, je faisais des revues de presse et c’était marrant la différence de traitement, notamment sur le CPE. Donc mon journal proposerait des analyses de l’actu par des éditorialistes de droite et de gauche, histoire de travailler l’esprit critique !

Sinon, j’avais eu une idée de journal féminin axé culture et actualité. Comme toutes les femmes, je lis la presse féminine, je ne m’en cache absolument pas. Mais des fois, je suis
un peu agacée par le manque d’article d’actualité ou de culture approfondie. Les femmes ne sont pas des idiotes, elles lisent aussi le Nouvel Obs ou L’Express. Pourquoi n’aurait-on pas droit à un deux en un ? Y a des féminins qui tendent vers ça, genre Jasmin. Sauf que Jasmin, il s’adresse aux trentenaires +, moi, je n’y suis pas encore. J’ai envie d’un journal qui me parle de futilités, d’articles psycho-socio à base de « faites votre propre bonheur » ou je ne sais mais qui me parle aussi du Darfour ou de la situation des femmes au Kirghizstan. Déjà, rien que la condition des femmes dans le monde, on pourrait en faire un mag à part entière. Mais bon, c’est vrai que ça peut choquer de lire un article sur les femmes traitées comme des moins que rien et ensuite, un article où on nous présente des sacs à 1500 euros. Peut-être que des études de marché démontreraient que les femmes préfèrent dissocier lecture plaisir et lecture culture, je ne sais pas… Comme quoi, mon idée de génie est peut-être une idée totalement stupide.

Bref, créer un journal, ce n’est pas un jeu ! Alors le prochain qui me sort cet argument, je lui demande de me faire une présentation détaillée d’un journal qu’il créerait, avec concept général, sommaire prévisionnel, public visé, argument ventes, annonceurs potentiellement intéressés… Ca le calmera.