La vie n’est pas un (putain de) film

Des fois, dans la vie, t’en as un peu marre. Tu te sens pris dans la vague et pas comme l’élégant surfeur qui joue avec les rouleaux. Non, toi, la vague, elle te secoue dans tous les sens façon machine à laver et tu te retrouves soudain sur la plage à moitié noyé, à cracher de l’eau salée avec 20 kilos de sable dans le maillot et de l’algue dans les cheveux. Sexyness zéro, quoi.

Alors après avoir craché ton eau et tenté de vider ton sable (nous savons tous que tu en retrouveras encore pendant un petit moment), tu t’assois et tu te dis “ok, j’en ai marre, faut que je me casse !”. Si tu es l’héroïne d’un film, ni un ni deux, tu démissionnes de ton taf, tu pètes ton PEL et tu vas voir à l’autre bout du monde si tu y es. Mais dans la vraie vie, c’est un peu plus compliqué que ça parce que… tu as des engagements (tadam!).

Mise en situation. Oui, j’en ai marre de ma vie et des vagues qui n’arrêtent pas de me faire boire la tasse et me met des saletés dans les cheveux (putain au prix du coiffeur, merde quoi !), je veux me casser sur une autre plage. Forte de mon pétage de plomb, je vais voir mon patron “bon, je démissionne, je me casse!” “Oui, ok, bien, tu fais tes 3 mois de préavis et tu pourras partir”. Mais je…euh… mais non quoi ! Tu me pètes toute ma spontanéité chef ! Non parce que si je dois différer mon pétage de plomb à 3 mois, je vais avoir l’air un peu con parce que je serai calmée d’ici là et fondra sur moi cette terrible réalité : “tu as fait n’importe quoi”.

Et puis va péter ton PEL sur un coup de tête, toi. Ta conseillère financière, elle va pas applaudir. Parce que elle, ça lui rapporte les PEL et tout ça alors ça lui ravit pas le coeur que je veuille tout prendre pour financer mon pétage de plombs. “Non mais mademoiselle Bartoldi, c’est dommage de dépenser ainsi les économies de toute une vie, vous voulez pas acheter un appartement plutôt ? On a des supers offres de prêt en ce moment !” Heu mais je… Pardon mais acheter un appart, je trouve pas ça ouf de wilderie, vois-tu. Est-ce qu’on écrirait un film à base de “non mais ma vie pue alors je plaque tout et j’achète un appart ?”. Non ! Alors fais moi signer tes 36 papiers en double exemplaire et donne-moi mes sous. Et non, je veux pas d’assurance vie non plus, ça suffit !

Bon, maintenant qu’on a les sous, allons acheter un billet d’avion, un aller simple pour l’infini et au delà. Sauf que bon, vu que tu te décides au dernier moment, j’espère qu’il est bien garni ton PEL sinon, t’iras pas bien loin. Ton passeport est à jour ? Ben oui, tous les pays ne sont pas hyper accueillants et vous aurez beau leur dresser un portrait larmoyant “ mon fiancé m’a plaqué le jour du mariage, mon patron me battait et j’ai un ongle incarné !”, si t’as pas de passeport, tu passes pas. Et quitte à avoir une vie de merde, gère au moins ton ongle incarné, c’est pas la peine d’aggraver ton cas.

Et je te parle même pas des détails techniques du genre garder ou lâcher son appart (avec donc un préavis un budget déménagement et garde meuble ou loyer…), convaincre ses parents que, si, si, c’est une bonne idée, trouver quelqu’un qui garde le chat… Non, vraiment, cette histoire de “je plaque tout sur un coup de tête et je me casse vivre loin”, je trouve pas ça très crédible. Sinon, pour péter les plombs de façon moins risquée, on peut jouer à faire semblant de partir en feuilletant les catalogues de voyage. Genre comme je fais régulièrement sur le site de l’UCPA et après, je pleure.

Ca me fait penser qu’il faudrait que je joue au loto des fois. Si je gagne, je pourrai péter tous les plombs que je veux, yeah !

Je suis naïve

Par Marine

Annonces préliminaires : désolée de te laisser béton des fois, Nina, j’ai comme qui dirait un peu du pain sur la planche en ce moment. Désolée de pas avoir répondu sur mes précédents posts, promis, je m’y mets prochainement. A l’attention de akrak qui disait que j’aimais pas les hommes et que la pub Kookaï était faite pour moi. Comment dire… Kookaï ne passera pas par moi, d’une (et on voit bien que t’es un mec t’as pas vu le rapport pétasserie/prix de la chose), de deux, trop je te respecte, man.
Bref.

Est-ce que la naïveté est un défaut touchant ou un véritable cadavre dans le placard?

Je demande ça en tant que naïve de première catégorie. Quand j’étais petite ma demie-sœur m’avait fait pleurer en m’expliquant que mon père m’avait trouvée dans une poubelle. Et elle m’a enregistrée sur K7 audio, la salope (à la fois, depuis, elle a pas vraiment changé d’âge mental, Carole, si tu me lis, c’est pour toi). Ce fut le début du drame de ma vie. Depuis, je fais face, comme je peux. Le « comme je peux » signifie que je fais ce que je peux pour sauver la face quand je fais preuve d’une crédulité alarmante.  Mais c’est dur. Des fois, j’ai des profs qui se foutent de moi. Souvent, je fais suivre les mails qui me disent que la vie d’une petite fille atteinte d’une maladie rare en dépend. Mais le pire, c’est avec un mec. C’est-à-dire qu’à ce stade, ou bien je suis une oie blanche, ou bien j’ai une très mauvaise opinion de mon mec. Ou bien je suis conne (option qui recouvre les 2 premières propositions).

 Épisode1, Marine, envoie-moi une photo de toi dénudée. aka les relations à distance, on fait ce qu’on peut.

Génial elle est tellement belle que je l’ai mise sur mon frigo. (screenshot dudit frigo à l’appui)
Bleh?
Première réaction interloquée, dépassée. C’était avant le drame. Que voici. Après un temps de réflexion, et Benoît étant un TSS notoire (cf. rubrique afférente, vous y comprendrez donc que Benoit vit en colocation avec 3 autres étudiants mâles), je panique. OUI, je panique, je me dis pas « vanne trop naze ». Je tremble de rage à l’idée de Mohammed, le coloc iranien s’extasiant sur ma chute de reins, je me vois en Paris Hilton du pauvre qui aurait pas dû faire confiance, qui se retrouve en pâture face au monde entier, mais pas assez connue pour en tirer les bénéfices, je lui raccroche au nez. Il me rappelle. Je laisse sonner. Il me rappelle. Je laisse sonner. Il me rappelle… oui ça a duré longtemps.

Épisode 2, Marine, pourquoi on n’a jamais utilisé de sextoys?
C’est vrai, ça, pourquoi? On devise sur les avantages comparés des menottes, des godes-mais-surtout-pas-réalistes… bref, discussion sans grand intérêt que tout le monde a pu avoir à un moment de sa vie.

Le lendemain : Marine, j’ai pas arrêté de penser à cette histoire de menottes, alors du coup, je suis tout content, j’ai acheté un kit SM en promo sur internet… En promo. En promo. Promo en. EN PROMO.
Je refuse de faire les soldes pour les fringues – c’est vrai, quoi, je fais 38 aux pieds, 36 en haut, 38-40 en bas… bref, les soldes ne sont pas une
option pour moi. Donc pour moi, si j’ai pas de pognon, c’est H&M et Gap, et tant pis pour les marques, ce sera quand je serai riche, mais jamais un truc au rabais. Alors pour un vibral, tu te doutes direct que no way, quoi.
Bref, ma réaction (que je schématise un brin) : Gneeeeuuuhhh???

Ben oui, là aussi j’y ai cru, la promo, le plug en mauvais plastoc, la boule pour mettre dans la bouche façon « Bring out the Gimp », la totale. Effet tue-l’amour garanti. D’un coup, j’ai béni la relation à distance et le bonheur immense que constituait une nuit avec mon Ratatouille en peluche dans mon lit une place en buvant une Verveine Menthe. Chacun son style pour tuer l’amour, me direz-vous.

Une heure après, je suis encore à lui trouver une solution: a/se faire rembourser sur son compte, b/faire opposition sur sa CB et tout brûler, c/créer une annonce sur E-Bay (me disant au passage que merde pendant qu’on y est ce goujat serait capable de m’acheter un rabbit d’occase sur E-Bay, s’il tombe dans la promo)

Épisode 3, Marine, t’es là chez toi demain entre 14 et 17h?
– Naaaan j’y crois pas, tu me fais livrer des fleurs ou bien?
– Euh non, des enceintes pour mon pote Jérome. Je les ai pétées par accident l’autre jour…
– Hé?
– Je les fais livrer chez toi, tu les apporteras la prochaine fois que tu viens (rappel : il vit en Amérique)
– HÉ????
– C’est un peu gros par contre (visionnage de la page Amazon : le bébé fait 1m20 par 80 cm par 50 cm)
– HÉÉÉÉÉÉÉÉ!!!!!!!!!!! (je vis dans 2 mètres cubes)
Ca dure une bonne heure trente, au bout desquelles je fais exprès d’être pas chez moi demain, qu’il a qu’à se carrer au cul ses enceintes (sic), que c’était acheté sur CraigsList depuis 15 jours mais qu’il avait pas jugé nécessaire de m’en parler, qu’il me paie un billet d’avion si j’accepte de réceptionner le colis, mais que globalement, il faut se faire foutre super profond avant tout.
J’en tremble de rage.
– Euh ouais, en fait non, juste, je te fais livrer des fleurs pour la St Valentin… Putain j’ai honte c’était trop facile…
Du coup, dans ces conditions, la Saint-Valentin est plutôt rock n roll voyez-vous : une blagouze débile, un trashage en règle, un pot de fleurs pour finir. Sobre et décalé. Pour la première fois de ma vie où je suis maquée ce jour là, je trouve que c’est plutôt funkos.

Mais la morale de cette histoire selon Benoît est plutôt amère… Un jour, tu sortiras avec un mec qui te trompera et tu verras rien, ma pauvre chérie.

Mis à part que ça permet à mon entourage de se marrer un bon coup à mes dépens régulièrement, et que ça fait de moi un assez bon public, c’est touchant ou bien c’est un putain de cadavre dans le placard?

Un article pour rien

Par Gauthier
Lectrice, lecteur, autre, je m’adresse à toi pour t’informer que je n’ai strictement rien d’intéressant à dire. Alors je vais pondre un article (forcement !). Le but premier de ce blog c’est d’être une sorte de journal intime, t’es d’accord ? Donc c’est parti…
 
Je m’en vais te conter mon escapade toulousaine de ce week end, tu vas voir lecteur c’est folklo !
 
Mercredi 3h02 (du matin pour les deux du fonds qui suivent pas) :
 
Je prends une décision mûrement réfléchie au vue de mes finances catastrophiques : ce week end je rentre à Toulouse. Comment payer un billet d’avion quand on bouffe des pâtes ? « Allo maman, oui je vais pas bien en ce moment, j’accumule les merdes, j’ai besoin de vous voir, que tu me dorlotes, que tu me fasses des madeleines, que tu me dises que je suis ton fils aîné préféré, tu me payes un billet d’avion ? » *Insérer ici le sourire le plus hypocrite de votre répertoire* « Bien sûr mon chéri, tu arrives quand ? » (ndlr : je n’ai pas appelé ma mère à 3h02 mais le lendemain matin, je ne suis qu’un demi-monstre, quand même…)
Et voilà je suis ignoble, je sais, surtout que ma mère sait très bien que je viens pas pour la voir mais pour me biturer avec la bande à neuneu qui me sert de groupe d’amis. De plus Nina sera sur place aussi, tu rajoutes à cela une présentation officielle du Yome à la troupe, je me devais d’en être…
 
Vendredi 8h00 :
 
Mon réveil sonne…
 
Vendredi 9h00 :
 
Mon réveil sonne toujours…
 
Vendredi 10h00 :
 
JE SUIS EN RETARD !!!!! Je me prépare en 2 min, je fais ma valise, j’oublie mes magazines pour l’avion. Je me baisse pour les prendre (ils sont « rangés » sous ma table basse), et là c’est le drame : mon genou gauche m’informe que je devrais passer le week end sans lui (traduction il implose sous mon poids). Là je dois dire que comme je suis un homme et que je suis grand et fort, je me mets immédiatement à pleurer sous la pression (et la douleur surtout).
Résultat : je ne peux donc plus marcher sans ressembler à un GIG/GIC !!!!
Seule solution : prendre un taxi (centre de Paris —> Orly = je n’ose même pas l’imaginer le prix !)
 
Vendredi 11h00 :
 
Oui rapidement pour moi ça veut dire 1h, et alors ???? Je boite jusqu’à la station de taxi la plus proche (impossible de remettre la main sur cette foutue carte de taxi que j’avais « rangé là parce que si un jour j’en ai besoin je la trouverai rapidement »). Là un type est avant moi dans la file, un taxi se profile à l’horizon, le monsieur me lâche un généreux « tu as l’air presser, je t’en prie prend le ! » avec un sourire qui voulait dire quelque chose comme « tu me suces salope ? », mais bon pas le temps… Je demande au chauffeur s’il va à Orly (ben oui j’ai pas l’habitude de sortir de Paris en taxi môa), et le charmant jeune homme me lâche un « tu parles il doit bander pour le coup ! ». Là tu rajoutes le chauffeur de taxi qui me raconte toute sa vie (viiiiiiiiiiiiiite opération iPod, c’est pas poli, mais ça fait du bien !)
Qu’est ce que j’ai fait au bon Dieu pour attirer tous les tarés de la Terre ? 23,80€ plus tard je suis à Orly… avec une heure d’avance !!! J’aurais peut-être dû boiter dans le métro et j’aurais été à l’heure quand même ! Non je souffre trop (limite hélitreuillage pour sortir du taxi).
 
Vendredi 12h30 :
 
« Je vous mets sur un autre vol ? Vous êtes en avance… » « Non, mon billet n’est pas modifiable » « Ah tant pis, il va falloir attendre alors »
Je hais le personnel d’Air France !
 
Vendredi 13h50 :
 
« Votre commandant vous informe que nous survolons actuellement la Creuse » « … »
Je prends l’avion assez souvent, et je dois dire que c’est la première fois qu’on me fait le coup ! Quand je le raconte hilare à mon père, il me dit hilare aussi « mais c’est pour vous dire que si vous vous écrasez vous ne tuerez personne ! ». Je rappelle à l’assistance que j’ai peur de l’avion, heureusement que je n’ai pas penser à ça là haut, sinon je me petit suicidait.
 
Vendredi 16h00 :
 
Je souffre trop, je décide d’aller voir mon kiné, qui me connaît depuis que j’ai 10 ans. C’est pratique ça permet de débarquer sans rendez vous. Là tu rajoutes un merveilleux « je souffre, tu peux regarder vite fait ? ». et ça marche, non sans que je me prenne un merveilleux « alors le parisien, ça va bien sous ta pollution ? ». Mais bon ça c’est autre chose.
Il m’annonce, qu’en fait, je n’ai aucun problème au genou, pas de problème aux ligaments, pas de problèmes aux muscles, alors pour lui ça vient des os. Il ne me manquait plus que ça ! Je promets de consulter un docteur, et je me sauve (à l’heure actuelle je n’ai toujours pas vu un docteur et j’ai encore mal, mais c’est mon côté maso qui ressort). Et puis de toute façon le généraliste va encore me dire « mais Gauthier, tu sais très bien que tu es hypocondriaque… » OUI ET ALORS ?
 
Vendredi 22h00 :
 
Je suis à la bourre à mon rendez-vous avec Emma, Yome, Lucie, Mister Big et Nina.
 
Vendredi 22h30 :
 
J’arrive à mon rendez vous, au passage je greffe une ancienne collègue de promo de l’année passée. On part dans un bar pourrave de notre belle ville. J’avais oublié qu’Océane avait fricoté avec le serveur, ce qui nous fait une tournée à l’œil (parce que lui il m’a reconnu, moi je m’en suis souvenu en moins de 5 min, c’est un record perso).
Et avec Mister Big on se fait engueuler par un Yome qui nous trouve « bien sage ». Eheheheh le coquinou, qu’est ce qu’il a pas dit ! Deux tournées plus tard je me souviens juste que je lui tripotais les oreilles. Mais je vous rassure, on est resté soft !
Bon peut être qu’en fin de soirée je l’ai embrassé sur la bouche au milieu d’une boite bondée, mais comme je suis poli, j’avais demandé la permission, et je l’ai obtenue (tu te démerde comme tu peux Yome maintenant pour sauver ta réputation)
 
Épilogue :
 
Voilà je ne vous raconterai pas la soirée de samedi, elle est totalement inintéressante (j’ai bu, j’ai mangé, j’ai fait l’andouille en boite), ni celle de dimanche (j’ai dormi). Je suis donc rentré à Paris le lundi soir (en taxi = 29€ ; note pour plus tard, le taxi le soir c’est plus cher), et depuis je glande en attendant de reprendre les cours vendredi.
Et je t’informe ami lectrice, lecteur et autre que je viens de taper un article de 1132 caractères pour ne RIEN DIRE ! Et je suis sûr que je t’ai fait sourire au moins trois fois. Ce n’est pas la peine de nier, je t’ai vu.