Adopteunmec, toujours plus loin dans la classe

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai une espèce de fascination répulsion pour la publicité et plus précisément pour les spots télé. Le secteur dans lequel je ne travaille pas, je reste dans le digital et ma santé mentale est sauve. Je crois. Du moins sur ce point. Autant certains spots me charment, autant certains me donnent envie de jeter des objets sur ma télé. Souhaitant ne pas casser ma télé (et l’objet lancé), je décide donc de prendre ma plume la plus acérée pour vous rédiger une critique acerbe des pubs qui m’énervent. Donc cette semaine : la nouvelle campagne d’adopteunmec.

Premier axe de mon énervement, le plus évident : le racisme latent de toutes ces pubs. Dans les pubs que j’ai vues, nous avons eu droit à un argumentaire vantant les mérites des roux, des barbus, des métisses (pas “noir” mais “métisse”, ce doit être plus politiquement correct) et même les petits sous les traits d’un nain. Ca me file vaguement la nausée, je trouve que le côté “la peau de gorgée de soleil” du Noir, pardon du métisse, est assez débectante. Ah oui, pardon, c’est de l’humour. J’attends avec impatience la pub avec le juif dont le prépuce a été ôté pour une bite plus élégante et plus propre…

Deuxième axe qui découle clairement du premier : le côté incroyablement superficiel des critères de choix. Oui, moi, je veux me taper un Noir parce qu’il a la peau riche en vitamine D, de beaux cheveux et une bouche gourmande. Ben oui, la seule chose qui m’attire chez un homme, ce sont ses qualités physiques, c’est bien connu. Je ne suis pas sans savoir que chaque femme a un type physique de prédilection, moi la première. Certaines filles craquent sur les Noirs, les Roux, les grands ou les petits, ce n’est pas un mal en soi. Sauf que j’ai beau adorer les grands bruns un peu sec, j’ai aussi eu dans ma vie des blonds, des petits et des mecs un peu plus en chair. Un homme est un savoureux alliage de qualités physiques et intellectuelles.

En même temps, je trouve la pub très fidèle au site qu’elle représente. J’avoue que j’ai du mal à rester connectée plus de 10 minutes tant je suis blasée par ce site. Les fiches présentation sont ridicules quant à leur contenu (non, savoir qu’un mec a une voiture et un lit deux places n’est pas un critère de sélection), les gens présents ne correspondent pas vraiment à mon style. Je veux dire le style pseudo kaïra qui pose torse nu devant une piscine, casquette sur la tête, dès le départ, ça me glace un peu. Du creux, du creux, du creux. Alors finalement, le taux de mélanine est un critère de sélection comme un autre, hein…

De plus, je trouve que le “féminisme” (je mets qu’un jeu de guillemets pour la lisibilité mais faudrait en mettre une bonne demi douzaine) du site est plus que gerbant. Reprenons rapidement le concept du site “ce sont les femmes qui ont le pouvoir”. C’est vrai, on donne à des hommes le droit de nous parler ou non. Sauf que si les femmes ont le pouvoir, elles doivent appâter le chaland en détaillant leurs préférences et pratiques sexuelles. Ah ben oui, moi, je me sens au max de ma domination féminine quand je dis que ahah, oui, je pratique la fellation, j’ai des menottes et je mets de jolis dessous. Mais bon, c’est assez typique, on confond “donner le pouvoir aux femmes” et penser que la domination féminine serait un copier/coller des pires travers masculins… Qu’on choisit les mecs sur une enveloppe car c’est bien la seule chose qui nous intéresse et ça nous permet de cocher la liste des “mecs avec qui coucher”. Tiens, moi, il me manque le croate, je file sur adopteunmec !

Et je vous passerai le laïus sur la pseudo hypittude de Lucienne, la vieille dame du Petit journal. J’ai rien contre elle mais je ne comprends pas bien à quoi elle sert dans la pub. Mais on n’est pas à ça près.

Catin aux draps de satin, jouvencelle aux draps de flanelle

Tu trouves mon titre pourri ? Moi aussi, à vrai dire. Mais quel sujet se cache derrière cette formule opaque ? Alors, j’aimerais te parler de l’éternelle opposition entre la sainte et la pute qui fait de nous les insupportables schizophrènes des années 2000. Mais cette fois, je ne te parlerai pas des hommes mais bien des femmes et du regard qu’elles ont sur leur
propre sexualité.

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Depuis maintenant 5 mois, je travaille sur des sites féminins avec des forums love and sex très développés. Or j’ai l’impression au fil du temps qu’il y a deux profils types :
l’hypersexuelle limite nympho obligatoirement femme fontaine ou la prude qui dort dans un pyjama en coton fermé jusqu’au cou. Entre, le no man’s land ? Ben, de celles qui s’expriment, globalement, oui. Il y a les garces et les moralisatrices et ça s’affronte. Mais ce qui est intéressant, c’est de voir que finalement, la femme n’est pas très tolérante vis-à-vis de sa propre sexualité.

On dit souvent que l’homme nous prend soit pour une salope et nous attribue donc le rôle de l’amante, soit pour une sainte et nous voici promue mère de ses futurs enfants. Et bien
figure toi que chez les femmes, c’est pas mieux. A les lire, « faire l’amour » (en opposition à baiser qui se fait sans amour) empêche toute fantaisie. A une discussion sur les sextoys,
une a répondu : « pour moi, l’amour, c’est pas ça. Je préfère la tendresse des bras de mon amour des à jouets ». Mais madame, où est-il écrit que l’un empêche l’autre ? En
fait, les femmes sont encore pire que les hommes sur la question. Elles n’aiment pas trop la notion de sexe pour le sexe et ont tendance à vite classer les filles qui pratiquent ce genre de choses dans la catégorie « salope ». Quant à celles qui osent avoir du sexe fantaisiste avec leur mec (genre en pleine lumière) alors là, c’est très simple « tu ne sais pas ce
qu’est l’amour ! Ce n’est pas ça ! ». Ben, moi, j’aime avec des menottes, na.

Des fois, je suis un peu désespérée par cette dichotomie entre sexualité de célibataire et sexualité de couple. On baise ou on fait l’amour mais ce n’est pas juste une question de
vocabulaire ! Avec ton amant, tu as droit de donner libre cours à tes pulsions les plus profondes, à être toi, en somme. Avec ton amour, tu peux exprimer ton amour et ta tendresse mais t’es gentille, tu laisses tes menottes et ton anneau vibrant dans ta boîte à trésors. Mieux, tu la donnes vu que de toute façon, tu ne feras plus l’amour qu’avec ton cher et tendre donc tes menottes, tu ne t’en serviras plus jamais, bien entendu !

Ben, vous voulez que je vous dise ? Je trouve que dans ces conditions, faire l’amour, c’est frustrant. Je ne dis pas qu’à chaque fois, faut jouer les contorsionnistes de l’extrême mais j’ai pas envie d’une sexualité sage parce que tu comprends, on s’aime donc on se respecte donc laisse cet anneau vibrant tranquille. On peut tout à fait s’aimer, se respecter et
jouer à des jeux coquins qui nous excitent tous les deux. Je dirais même que c’est justement ça, le respect, accepter les désirs de l’autre, essayer de réaliser ses fantasmes avec lui (et vice et versa, bien entendu). On aime jouer tous les deux, s’aimer ne doit pas nous empêcher de le faire, bien au contraire. Se révéler tel que nous sommes dans nos pulsions les plus profondes, n’est-ce pas un gage d’amour, un signe d’abandon ? C’est quand même étrange de trouver plus facile de se lâcher dans les bras d’un inconnu que celui de son amoureux.

Peur de gâcher l’image virginale qu’il a de nous ? Mais si cette image est fausse, y a pas comme un problème dès le départ. Franchement, la vie de couple, je ne vois pas ça
comme un immense mensonge. Si j’aime faire l’amour sous les portes cochères, pourquoi je devrais cacher ça alors qu’en plus, y a vraiment pas de quoi rougir, sous prétexte que s’envoyer en l’air sous une porte cochère, c’est pas romantique ? Ah bah d’abord, je peux trouver ça très romantique et d’un (vous n’avez jamais vu le film Fatale ?) et de 2, révélation : être en couple n’interdit pas la jouissance. Hé oui, aujourd’hui, on peut être en couple et « faire l’amour » pour notre plaisir et pas juste pour se reproduire. On peut même adopter des
pratiques qui empêchent toute reproduction… (je laisse à chacun le soin d’imaginer de quoi je parle ici).

Et puis avoir une sainte ET une salope à la maison, c’est un peu un comble de bonheur pour un mec, non ?

Je suis naïve

Par Marine

Annonces préliminaires : désolée de te laisser béton des fois, Nina, j’ai comme qui dirait un peu du pain sur la planche en ce moment. Désolée de pas avoir répondu sur mes précédents posts, promis, je m’y mets prochainement. A l’attention de akrak qui disait que j’aimais pas les hommes et que la pub Kookaï était faite pour moi. Comment dire… Kookaï ne passera pas par moi, d’une (et on voit bien que t’es un mec t’as pas vu le rapport pétasserie/prix de la chose), de deux, trop je te respecte, man.
Bref.

Est-ce que la naïveté est un défaut touchant ou un véritable cadavre dans le placard?

Je demande ça en tant que naïve de première catégorie. Quand j’étais petite ma demie-sœur m’avait fait pleurer en m’expliquant que mon père m’avait trouvée dans une poubelle. Et elle m’a enregistrée sur K7 audio, la salope (à la fois, depuis, elle a pas vraiment changé d’âge mental, Carole, si tu me lis, c’est pour toi). Ce fut le début du drame de ma vie. Depuis, je fais face, comme je peux. Le « comme je peux » signifie que je fais ce que je peux pour sauver la face quand je fais preuve d’une crédulité alarmante.  Mais c’est dur. Des fois, j’ai des profs qui se foutent de moi. Souvent, je fais suivre les mails qui me disent que la vie d’une petite fille atteinte d’une maladie rare en dépend. Mais le pire, c’est avec un mec. C’est-à-dire qu’à ce stade, ou bien je suis une oie blanche, ou bien j’ai une très mauvaise opinion de mon mec. Ou bien je suis conne (option qui recouvre les 2 premières propositions).

 Épisode1, Marine, envoie-moi une photo de toi dénudée. aka les relations à distance, on fait ce qu’on peut.

Génial elle est tellement belle que je l’ai mise sur mon frigo. (screenshot dudit frigo à l’appui)
Bleh?
Première réaction interloquée, dépassée. C’était avant le drame. Que voici. Après un temps de réflexion, et Benoît étant un TSS notoire (cf. rubrique afférente, vous y comprendrez donc que Benoit vit en colocation avec 3 autres étudiants mâles), je panique. OUI, je panique, je me dis pas « vanne trop naze ». Je tremble de rage à l’idée de Mohammed, le coloc iranien s’extasiant sur ma chute de reins, je me vois en Paris Hilton du pauvre qui aurait pas dû faire confiance, qui se retrouve en pâture face au monde entier, mais pas assez connue pour en tirer les bénéfices, je lui raccroche au nez. Il me rappelle. Je laisse sonner. Il me rappelle. Je laisse sonner. Il me rappelle… oui ça a duré longtemps.

Épisode 2, Marine, pourquoi on n’a jamais utilisé de sextoys?
C’est vrai, ça, pourquoi? On devise sur les avantages comparés des menottes, des godes-mais-surtout-pas-réalistes… bref, discussion sans grand intérêt que tout le monde a pu avoir à un moment de sa vie.

Le lendemain : Marine, j’ai pas arrêté de penser à cette histoire de menottes, alors du coup, je suis tout content, j’ai acheté un kit SM en promo sur internet… En promo. En promo. Promo en. EN PROMO.
Je refuse de faire les soldes pour les fringues – c’est vrai, quoi, je fais 38 aux pieds, 36 en haut, 38-40 en bas… bref, les soldes ne sont pas une
option pour moi. Donc pour moi, si j’ai pas de pognon, c’est H&M et Gap, et tant pis pour les marques, ce sera quand je serai riche, mais jamais un truc au rabais. Alors pour un vibral, tu te doutes direct que no way, quoi.
Bref, ma réaction (que je schématise un brin) : Gneeeeuuuhhh???

Ben oui, là aussi j’y ai cru, la promo, le plug en mauvais plastoc, la boule pour mettre dans la bouche façon « Bring out the Gimp », la totale. Effet tue-l’amour garanti. D’un coup, j’ai béni la relation à distance et le bonheur immense que constituait une nuit avec mon Ratatouille en peluche dans mon lit une place en buvant une Verveine Menthe. Chacun son style pour tuer l’amour, me direz-vous.

Une heure après, je suis encore à lui trouver une solution: a/se faire rembourser sur son compte, b/faire opposition sur sa CB et tout brûler, c/créer une annonce sur E-Bay (me disant au passage que merde pendant qu’on y est ce goujat serait capable de m’acheter un rabbit d’occase sur E-Bay, s’il tombe dans la promo)

Épisode 3, Marine, t’es là chez toi demain entre 14 et 17h?
– Naaaan j’y crois pas, tu me fais livrer des fleurs ou bien?
– Euh non, des enceintes pour mon pote Jérome. Je les ai pétées par accident l’autre jour…
– Hé?
– Je les fais livrer chez toi, tu les apporteras la prochaine fois que tu viens (rappel : il vit en Amérique)
– HÉ????
– C’est un peu gros par contre (visionnage de la page Amazon : le bébé fait 1m20 par 80 cm par 50 cm)
– HÉÉÉÉÉÉÉÉ!!!!!!!!!!! (je vis dans 2 mètres cubes)
Ca dure une bonne heure trente, au bout desquelles je fais exprès d’être pas chez moi demain, qu’il a qu’à se carrer au cul ses enceintes (sic), que c’était acheté sur CraigsList depuis 15 jours mais qu’il avait pas jugé nécessaire de m’en parler, qu’il me paie un billet d’avion si j’accepte de réceptionner le colis, mais que globalement, il faut se faire foutre super profond avant tout.
J’en tremble de rage.
– Euh ouais, en fait non, juste, je te fais livrer des fleurs pour la St Valentin… Putain j’ai honte c’était trop facile…
Du coup, dans ces conditions, la Saint-Valentin est plutôt rock n roll voyez-vous : une blagouze débile, un trashage en règle, un pot de fleurs pour finir. Sobre et décalé. Pour la première fois de ma vie où je suis maquée ce jour là, je trouve que c’est plutôt funkos.

Mais la morale de cette histoire selon Benoît est plutôt amère… Un jour, tu sortiras avec un mec qui te trompera et tu verras rien, ma pauvre chérie.

Mis à part que ça permet à mon entourage de se marrer un bon coup à mes dépens régulièrement, et que ça fait de moi un assez bon public, c’est touchant ou bien c’est un putain de cadavre dans le placard?

Un nouveau venu dans vos kiosques

Comme je suis une chercheuse d’emploi appliquée, je passe mes journées sur ce site, très connu des gens dans ma situation vu qu’il répertorie toutes les annonces nous concernant. Ou à peu près. Mais ce site propose aussi des news sur le monde des médias et là, qu’apprends-je ? Un nouveau magazine féminin vient de sortir. Diantre ! Ce n’est pas n’importe quel journal, en plus, c’est un trimestriel sur les sex toys.

 

S Toys, puisque tel est son nom (ils sont allés le chercher loin c’ui-là) parle donc de nos joujoux intimes préférés. Le canard, le rabbit, les menottes… Bien évidemment, en tant que blogueuse d’investigation, je vais acheter cette nouveauté pour pouvoir ensuite vous en parler. Oui, tu vois, lecteur, je pense à toi. Surtout toi, là. Donc je m’arrête à un point presse et j’achète le dit magazine. Ayant une dizaine de minutes avant moi avant que le train n’arrive, je commence à feuilleter le dit titre. Bon, ok, je note que c’est un premier numéro mais la sensation d’avoir un interminable publireportage pour Sexy avenue ou Chambre 69 (qui doit être le sponsor officiel, vu le nombre de pages de pubs qu’il s’est offert) me dérange.

Alors, qu’avons-nous, en gros, dans ce journal. Des potins de star sexuels mais rien de croustillant genre « le couple machin-machine a été vu dans un sex shop », « Lindsay Lohan déclare que la série Sex and the city a fait beaucoup pour la sexualité des femmes ». Je suis transcendée. Déjà, Lindsay Lohan, je comprends pas pourquoi on ne parle que d’elle alors que c’est un peu une inconnue en France mais ça, c’est de l’info. Moi, je rêve d’être une star parce que quand je dirai « Moi, je ne mets mes culottes petits bateaux que pour

rester chez moi », ça sera repris partout. Bref, après nos potin de stars, on a droit à des listings de sextoys, tous disponibles à la Chambre 69, des jeux érotiques… Enfin, bref, vous prenez le catalogue Sexy Avenue, vous délayez un peu le texte et on y est. Certains jouets sont même notés. Il y a aussi un banc d’essai de la rédac sur le canard rose Chantal Thomas, le cône et le rabbit. A côté de ça, on a des articles plus journalistiques, des interviews un peu sex (un petit peu) et un article sur les fantasmes féminins. Bref, vite lu et vite oublié, on retrouve le même contenu dans les journaux féminins plus classiques, sur des sites comme le club des sens ou des forums comme doctissimo ou aufeminin. Bref, rien de bien nouveau sous le soleil. Surtout que vu que le must have en matière de sextoy a déjà été présenté, je vois pas trop de quoi on va parler dans le numéro 2. Parce que, ok, c’est trimestriel, mais de vraies nouveautés en matière de sextoy, c’est pas tous les jours non plus. Quoi que le vibreur de langue m’a particulièrement traumatisée (pas parce que je l’ai testé, c’est juste le principe).

 

Au-delà du contenu, que penser de ce genre de publication. Avoir un sex toy, c’est hype, ça va sans dire. Je ne critiquerai pas du tout les filles qui en ont, puisque moi, j’en ai. Mais je me demande la nécessité d’un tel journal. Un journal orienté sexualité féminine, je pense que c’est carrément indispensable et S Toys essaie d’aller un peu sur ce chemin mais j’avoue que la tentative est plus que timide. Analyser en trois lignes les fantasmes classiques des femmes, c’est bien mais ça va pas assez loin. Oui, ça me rassure de savoir que je suis pas la seule à avoir des fantasmes un peu chelou (enfin, j’étais pas vraiment inquiète à ce sujet, j’avoue). Mais trois lignes, c’est un peu court. Je pense qu’il y a beaucoup de choses à dire sur la sexualité sans tomber dans le graveleux, j’ai modestement essayé de le faire ici (il est vrai que je parle moins sexe ces derniers temps). Je pense que dédramatiser le sexe est un vrai besoin. Je ne dis pas ça dans le sens « baisez avec 3 mecs par semaine sans complexes », on s’en fout de ça mais il y a, chez la femme mais aussi chez l’homme, certains complexes sexuels qu’il serait bon de lever. Comme la masturbation quand on est en couple, par exemple. Oui, il est normal que notre conjoint se masturbe ou que nous le fassions, non, ça veut pas dire forcément qu’on ne le satisfait
pas ou que nous sommes des insatiables du sexe. Le but ne serait pas d’édifier une norme sexuelle, bien sûr, mais permettre à toutes et aussi à tous d’assumer leur sexualité telle qu’elle est. De comprendre qu’on peut aimer la sodomie, le bondage ou l’échangisme sans être déviant. Tant que tout se passe entre adultes consentants, tout va bien.

Bref, j’ai été un peu déçue par ce premier numéro et circonspecte quant à l’avenir de S Toys mais comme ce n’est qu’un premier numéro, laissons-lui le bénéfice du doute. Peut-être que nous aurons droit à plus d’articles de fond par la suite.

Qui est Nina ?

Après un an et des brouettes de blog, il était temps de se poser la question ! En fait, pour moi, la réponse était claire : c’était une certaine partie de moi. Pas forcément la meilleure mais une partie. L’autre jour, je discutais avec un jeune homme qui ne connaissait pas Nina donc, dans la conversation, j’en viens à parler du blog. Il le lit et en substance, il me dit : « autant, toi, je t’adore, autant avec Nina, j’ai du mal. »

Je tombe des nues. Hein ? De quoi ? Mais quelle est la différence ? Donc il m’explique, il détaille et là, je réalise que Nina peut être très éloignée de mon moi profond par moment. Et aussi qu’en un an, j’ai bien changé. Exit l’étudiante insouciante et mangeuse d’hommes. Quoi que déjà, le côté mangeuse d’hommes était très relatif, je suis une petite joueuse comparée à d’autres. Mais bon, je m’en fous, je ne couche pas pour faire du chiffre. Depuis fin octobre, je n’ai partagé mes nuits qu’avec deux hommes pour qui j’ai eu des sentiments. Pendant 4 mois, je fus abstinente, par volonté et pas par obligation. Les brouettes sans lendemain, j’en ai marre. Ce butinage m’a valu quelques claques bien méritées. Je ne regrette rien, ceci dit, mais tout ça est derrière moi. De ce point de vue, j’ai vraiment changé. Le sexe, c’est bien mais c’est encore mieux quand c’est fait avec la bonne personne. C’est comme la nourriture : le McDo, ça nourrit, mais ça vaut pas des pâtes aux truffes. Et moi, j’ai suffisamment mangé de McDo pour n’avoir désormais envie que de pâtes aux truffes. Si je veux du sexe, je décroche mon tel et j’appelle Laurent l’obsédé, toujours prêt à me rendre service en la matière. Sauf que si je l’ai pas rappelé depuis octobre, c’est pas pour rien.

Nina est libérée ? Heu… Ça dépend ce que l’on entend par là. Dans la mesure où je ne considère pas le sexe comme un tabou, pourquoi pas ? Ceci étant, j’ai mes limites, elles ne sont certes pas celles que la morale essaie de nous imposer genre pas coucher le premier soir, pas coucher avant le mariage, certaines pratiques sont saaaaaaaaales. Ma seule limite est, finalement, de pouvoir me lever le matin et de pouvoir me regarder dans une glace sans être dégoûtée par la fille que j’y vois. Si on se réfère à tout ce qu’il faut faire pour être libérée mode Elsa Linux, je suis une sale puritaine. J’ai jamais tenté le lesbianisme, je suis jamais allée dans un club sado maso pour me faire prendre par une foule d’inconnus, je me suis jamais faite prendre en étant accrochée à une porte, me suis jamais faite sodomisée par mon boss, jamais une collègue ne m’a offerte comme cadeau d’anniversaire à son mari qui trouve amusant de mettre sa montre en cockring (j’espère pour lui que c’était pas les montres à bracelet élastique, ça peut faire mal aux poils), je me suis jamais photocopié le sexe… Oui bon, on va arrêter la liste là. Très franchement, je m’en porte très bien merci. Je ne suis pas un objet et je n’ai pas envie de faire pas mal de choses dans cette liste, je vois pas pourquoi je me forcerais. Si être libérée, c’est devoir absolument tout tester, je préfère être puritaine, merci. Parfois, quand je vois certains comportements, je me dis que c’est pathétique. D’un autre côté, je me rends compte que les aventuriers (ou aventurières) du sexe s’en servent souvent pour combler quelque chose. Si l’été dernier, ça a été autant la fête du string de mon côté, c’était pour combler une certaine solitude et aussi tester mon pouvoir de séduction auprès des hommes. Depuis, j’ai compris que n’importe quel thon pouvait se taper des mecs si elle voulait donc mon truc servait à rien. Et, comme par hasard, depuis que Gauthier est sur Paris, je me suis calmée. Coïncidence ?

Nina est trash ? Non, je crois pas. Directe dans ses propos, oui. Autant appeler un chat, un chat, un pénis, ça reste un pénis, quelle que soit la métaphore qu’on utilise. Evidemment, j’évite des mots moches comme bite ou chatte. Ces mots ne me plaisent pas, je vais pas les employer ! De la même façon, j’essaie de ne pas faire dans le vulgaire. Le « putain, il m’a explosé la chatte », ça peut être marrant entre amis dans un certain contexte mais il ne faut point en abuser. D’abord, on n’explose pas ma chatte, on la traite avec délicatesse, non mais ! A quoi ça sert que Rogé Cavailles il se décarcasse, sinon ? J’ai certes un côté gentiment trashouille avec ma cravache et mes menottes mais c’est plus pour rigoler qu’autre chose, je n’ai jamais cravaché personne, sauf sur demande. Et c’était à la gay pride donc ça compte pas. Il est vrai que je peux facilement parler des pornos (ou érotiques) que j’ai vus, raconter ma virée au sex shop ou parler sexe dans la rue mais je ne me considère pas trash pour autant. C’est juste que je ne fais pas une montagne du sexe, c’est un sujet comme un autre. Par contre, j’évite de trop en raconter, surtout à des personnes qui me connaissent peu. D’ailleurs, vous aurez noté que, sur ce blog, j’ai beaucoup parlé de mes plans culs mais très peu de mes mecs, finalement. On sait qu’ils sont là mais ce que l’on fait dans l’intimité de notre chambre, ça reste secret. Honnêtement, j’ai pas envie de le partager. Et puis les gens qui racontent leur vie sexuelle en détail, je trouve ça un peu chiant. T’as fait ça 10 fois pendant le week-end, y compris sur le buffet de grand-mère ? Heu… Tu me passes le sel, s’il te plaît ? Ma liberté de ton vient sans doute de ma culture gay où on se demande sans fioriture des nouvelles de nos vies sexuelles, qu’on parle sexe sans tabous mais de façon assez construite. Les trois quart des articles présentés ici ne sont finalement qu’une synthèse de nos discussions. Mais bon, on parle aussi d’autre chose !

Nina est une femme des années 2000 que rien ne peut atteindre ? Alors, là, c’est archifaux. Je pense avoir pleuré plus ces 7 derniers mois que pendant le reste de ma vie. Non, j’exagère mais qu’est-ce que ça n’allait pas ! Il y eut d’abord mon chômage. Ça, je l’ai salement vécu, faut dire ce qui est. Je crois que pour la première fois de ma vie, j’ai flirté avec la dépression, je me sentais une sombre merde. Je me levais de plus en plus tard, je traînais toute la journée, toujours prête à pleurer pour le moindre truc. Là, ça va mieux, même si je suis pas encore sortie de l’auberge. Ils me prennent en stage jusqu’en octobre puis après, j’ai un gros boulot à faire qui m’amènera quasiment jusqu’au printemps et pour la suite, j’ai une idée sur laquelle je dois travailler. L’optimisme est enfin revenu, il me semble apercevoir le bout du tunnel. J’ai aussi été très malheureuse suite à ma dernière rupture que j’ai à peine évoquée sur ce blog. Pourquoi ? Peut-être parce que ça me touchait trop. Certainement parce que je ne voulais pas qu’on le juge. Déjà, en parler, ça aurait été dévoiler une partie de la vie du jeune homme et, là, je crois que je n’avais pas à faire ça. Ensuite, j’avais peur qu’il se prenne des volées de « connard », « pauvre type » ou autre donc j’ai préféré m’abstenir. Mes ex, y a que moi qui ai le droit de les insulter. Et Gaugau aussi mais lui, c’est pas pareil : vu que c’est toujours lui qui me ramasse en larmes au téléphone, ça lui donne quelque prérogatives. Et puis, de toute façon, l’histoire était suffisamment compliquée pour pas y ajouter d’autres personnes ne connaissant pas la situation.

Mais je ne parle pas non plus de mes petits bonheurs. Des moments partagés en amoureux, des rigolades parce que Kenya fait la nouille (ce qui est très naturel chez elle), nos délires avec Gaugau ou autre, des petits instants de bonheur fugaces qui ne donnent plus rien une fois écrits. Et puis des choses que je n’a même pas envie de partager parce que je peux être égoïste, aussi, et que c’est trop beau pour être écrit.

Enfin, Nina n’est pas une pintade même si, des fois, j’aime bien faire dans le superficiel. Ça m’amuse d’écrire des articles sur les soaps opéras, de faire ma Guy Carlier en critiquant certaines émissions de merde. Même si j’ai pas regardé la Star Ac ou la nouvelle star juste pour critiquer, faut pas déconner non plus. Parce que je ne suis pas toujours sérieuse dans la vie et que j’aime bien me prendre un gros délire. Ça n’empêche pas que, des fois, je réfléchis à la société qui m’entoure, que j’ai des opinions politiques, je suis l’actualité et quand je vois ce qu’il se passe dans le monde, j’ai envie de baisser les bras. Mais je n’en parle pas ici. Juste parce que ça ne correspond pas à la ligne éditoriale et que je n’ai pas forcément envie de débattre de certains sujets ici.

Bref, je me rends compte que, parfois, le blog est un prisme déformant qui peut donner une fausse image de ma personne. Je suis bien plus complexe que Nina, il y a des choses que je ne dis pas, par choix ou pas. Bref, toute ma vie n’est pas ici et ceux qui s’arrêtent à « Nina » ratent bien des choses de ma personne !

A partir de maintenant, je mettrai un peu de musique sur les articles, si j’en ai envie, un peu à la manière de Yojik. Aujourd’hui, la the nana de Léo Ferré, le garçon qui m’a inspiré cet article sait pourquoi.

Les sextoys, le truc des filles branchées ?

Quelques jours avant Noël, dans une parfumerie chut-chut pas de marque. Une Nina cherche désespérément un éventail en plume rose pour être la plus belle au réveillon. Notre pauvre amie ne trouve pas son bonheur mais par contre, elle aurait pu se consoler avec un mignon petit canard rose Chantal Thomas. Un canard rose, me direz-vous ? Mais notre amie Nina a passé l’âge de jouer avec des canards. Mais, lecteur, ce canard-là, il est justement pour adulte.
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Lectrice, si tu veux être hype, il te faut, toi aussi, un canard vibromasseur dans ta salle de bain. En janvier, je retournai dans notre parfumerie, désirant acheter de la poudre de bain pour mon week-end breton… et un canard. Après tout, quitte à avoir un mignon petit canard rose qui me fait grimper aux rideaux, autant y jouer à deux. Damned, il n’y en avait plus. Et voilà comment Nina n’aura jamais de canard vibro rose qui aurait pourtant été parfait pour sa salle de bain. Tant pis, je m’en achèterai un jaune.
 
Aujourd’hui, toutes les filles ont leur sextoy ou presque. Par exemple, Emma et moi avons un petit vibro, du type ladyfinger (ridiculement petit), Jules pour elle, Ernest pour moi. On les aime, on les trimballe partout, même dans le métro un jour d’attentats à Londres. Ceci étant, j’ai fouillé dans mon sac tout à l’heure pour y chercher mon billet de train, j’y ai trouvé du gel lubrifiant et un soutien-gorge (que je cherchais partout, je me demande ce qu’il fout là). Bon, faut dire ce qui est, moi, Ernest, il me sert plus à le prendre en photo sur mon étagère qu’à m’envoyer au septième ciel parce qu’il est vraiment petit. Mais bon, je suis une fille in, j’ai un vibro et quand j’en parlais à mes amants meetic, ça les faisait rêver (alors qu’ils ne s’en sont jamais servis, finalement, bande de petits joueurs). Bon, après, j’ai des menottes et un pistolet à bout rouge mais ce sont pas des jouets sexuels, ça, ce sont des jouets tout court. Franchement, attacher quelqu’un avec ses menottes là ne sert à rien : à peine on tire dessus qu’elles se défont.
 
Ma première expérience avec un sextoy remonte à 1999, à l’époque où j’étais avec Pierre le Pervers, évidemment. Il avait un coffre plein d’objets sexuels dont des boules de geisha qu’il décida de me faire essayer. C’était celle avec des picots, histoire de bien stimuler. Et j’avoue que pour être stimulée, j’ai été stimulée, j’ai passé la journée à soulager ma pauvre vessie qui ne comprenait pas pourquoi elle était soudain aussi sollicitée. Déception totale, donc. J’ai entendu de tout sur les boules de geisha, apparemment, je ne suis vraiment pas la seule à ne pas avoir ressenti grand chose avec mais quelque part, j’aimerais réessayer, pour voir… A propos des boules de geisha, j’ai traumatisé Clara le jour où je lui ai dit que j’avais déjà essayé, à tel point qu’au milieu d’une soirée avec son meilleur ami et les potes de ce dernier, elle s’écria « ouais, toi, tu fais des trucs dégoûtants comme les boules de geishas, là ! ». Bon, je suis passée au rouge et j’ai explosé de rire, tellement je m’attendais pas à ça et un jeune homme m’a plus lâché de la soirée. A retenir comme plan drague.
 
Autre fois où je me suis retrouvée « confrontée » à un objet sexuel, ce fut chez Laurent, qui se révèle être l’équivalent de Pierre, sur certains points, finalement. A un moment, il me montre un truc bizarre, une espèce de gaine en plastique qu’on enfile à la base du pénis avec des picots sensés stimuler le clitoris. Là, j’avoue que j’ai rigolé le truc avait la largeur d’un doigt et même si c’est extensible, Laurent mettait des préservatifs XL et pas pour se vanter donc je ne vois pas comment il aurait pu rentrer là-dedans. Pas testé, pas d’avis.
 
En mars, Emma et moi avons prévu une virée au sexodrome, lieu qui m’interpelle quand même. Comme dirait Axelle Laffont  « J’ai jamais vu autant de bites de ma vie sur une étagère… SUR UNE ETAGERE ! ». Quelque part, les sextoys, c’est amusant mais aussi un peu repoussants. Il y a des trucs vraiment immondes genre les bouches en plastique mou pour les messieurs… J’ai mis mon doigt dedans, j’avais l’impression de m’enfoncer dans du dégueulis gélifié, quelle horreur ! Concernant les godes, certains sont franchement effrayants. Mon Ernest, il est peut-être petit mais il est tout joli, doré et arrondi. C’est pas que je sois une maniaque de l’esthétique mais j’aime bien les choses jolies, surtout si elles doivent visiter mon vagin ou toute autre partie de mon anatomie. Quelque part, je trouve les godes munis d’un excite-clito assez effrayants car l’excite clito tient plus de la queue de
scorpion que d’autre chose. J’ai l’impression que ça gratte plus que ça ne caresse… Il y a aussi les énormes godes tout mous en plastique souple. Dans Six feet under saison 1, à un moment, le
frère de Brenda offre à sa sœur un panier rempli de godes et autres joyeusetés (oui, il est dérangé) et Brenda prend cet espèce d’énorme gode qui me fait penser à de la saucisse toulousaine et là, je me demande comment on peut être excitée par un truc pareil.
 
Je pense que les créateurs de godes et autres vibromasseurs en ont tout de même confiance puisque dans la pléthore de modèles proposés, on en trouve vraiment de très jolis, nacrés, transparents à paillettes (ça me fait rire, ça). Pour tous les goûts et pour toutes les formes. Quitte à s’envoyer en l’air avec un bout de plastique plutôt qu’avec un homme, autant le choisir à notre goût. J’en avais vu un très joli transparent et légèrement rosé, j’en avais parlé à Mister Big et Gauthier, mes 25 ans approchant, mais non… Donc je le dis clairement, pour mes 26 ans, si vous devez m’offrir un jouet sexuel, ce sera la cravache, merci.
 
Avoir un sextoy, est-ce être une femme libérée ? Je suis pas convaincue dans la mesure où ne pas en avoir ne signifie pas ne pas avoir d’auto-sexualité. De temps en temps, rien ne vaut la douceur de mes blanches mains pour m’envoyer toute seule comme une grande au septième ciel. Mais bon, ça permet de varier les plaisirs. Mais malgré la gamme incroyable de choix, je trouve que rien ne vaut un homme, quand même… Parce qu’en plus du plaisir, on a la tendresse. Et puis, ce que j’adore avec un mec, c’est le soudain changement de rythme que j’ai pas forcément senti venir, quand il donne de petits coups rapides et que soudain, il s’enfonce profondément en moi, longuement, brutalement… Enfin, bref, je vais pas m’étaler là-dessus… Donc, voilà, ce que j’aime dans le sexe, c’est un peu la surprise. Avec un gode, c’est moi qui le maîtrise donc a priori point de surprise. Ceci étant, je pense que les sextoys ont un rôle important à jouer dans la découverte de son corps et de ce qui nous plaît, sexuellement parlant. Avec un gode, on peut expérimenter différents angles de pénétration (Seigneur, c’est horrible, j’ai l’impression de faire un cours de science), trouver ce qui nous convient le mieux, localiser son point G, etc. Ce qui n’est pas forcément évident avec un amant.
 
Bref, les sextoys, c’est marrant, faut quand même l’avouer, même si certains sont plus glauques qu’autre chose. Vivement le mois de mars, hein Emma !

Virée au sex shop

Cela fait maintenant une semaine que Gauthier vit sur Paris et, franchement, ça me rend heureuse. Il y aura vraiment une vie parisienne avant et une vie parisienne après son arrivée. Il faut avouer qu’il est arrivé pile au bon moment, pour me remonter le moral après une rupture. Du coup, tous les jours, mon téléphone sonne : « Dis, je sors de cours, je suis en ville dans une heure, tu me rejoins ? ».
 
Gauthier, je l’adore mais il me coûte cher car resto ou verre tous les jours, les sous partent vite… Hier, on se retrouve à notre traditionnel lieu de rendez-vous (hé oui, déjà), on s’installe à la terrasse pour boire un verre, on en profite pour papoter au téléphone avec Lucie. Après un petit tour à la FNAC, nous voilà posés au Bistro Romain en s’explosant le bide à coup de carpaccio. Après le vide intersidéral de notre week-end, nous avons fait fort, nous voilà partis à parler politique internationale, mondialisation… On confronte nos idées sur le Japon, la Chine, les Etats-Unis, l’Europe, l’ONU etc. C’est bon de se sentir intelligent, parfois ! Pendant que je mange mon carpaccio, il me lit un article du Monde, quelle classe.
 
Et si on allait au sex shop ?
Cependant, le naturel revenant au galop, on finit par reparler galipettes, je ne sais même plus comment. Il me dit qu’il aimerait bien aller dans un sex shop à Paris. Oh, ça tombe bien, notre restaurant est situé rue Saint Denis ! Donc après le dîner, virée coquine ! En attendant, il me raconte la fois où Anne et lui sont allés m’acheter Ernest, mon petit gode. A Toulouse, récemment ils ont ouvert un sexy center dans la banlieue industrielle. Les voilà partis en voiture, ils trouvent de suite et ils entrent. Un peu intimidés, ils se dérident au fur et à mesure des gadgets les plus hallucinants et à la fin, ils se promènent sans gêne dans les rayons, mon Ernest à la main. A un moment, la caissière s’avance vers eux et leur donne un sachet noir, opaque : « ce sera plus discret ». Et les deux autres rigolent comme des bossus.
 
Bref, c’est parti pour l’assaut de la Rue Saint-Denis ! Premier sex shop, il est écrit en gros : « grand choix de K7 vidéos ! Palm- Secam- NTSC »… Bon, on a préféré ne pas choisir celui-là, les godes devaient être recouverts de poussière, depuis le temps ! On continue. Le suivant, les annonces nous font rire : « Massage « body to body », jusqu’au plaisir »… Tous les massages sont assurés « jusqu’au plaisir ». Mais le mieux : « tarif préférentiel pour les militaires » ! Bon, on se demande où s’arrête le massage et où commence la prostitution. Déjà, quand Gauthier était venu sur Paris le mois dernier, il s’était cherché un salon de massage pour ses lombaires… Et bien, ce n’est pas du tout ce qu’il a trouvé ! C’est fou tout ces massages « jusqu’au plaisir » disponibles sur Paris !
 
Bon, on continue, on ne croise que des DVD shop puis on tombe devant une petite vitrine pleine d’accessoires, le magasin a l’air particulièrement clean, on voit l’intérieur quand des gens entrent. On se croirait presque au rayon DVD de la FNAC ! Gauthier hésite un peu, je lui dis que je veux y aller et c’est parti !
 
Dans un magasin aux vitres teintées…
C’est un très grand sex shop, il y a un nombre incroyable de DVD, la plupart sont en anglais. Je me demande s’ils sont sous-titrés, ce qui fait rire Gauthier. « Qu’est-ce que tu veux qu’il sous-titrent ? Ah oui, ah oui, ah oui ? » Non mais des fois, y a des dialogues dans les pornos. Bon, à l’étage, il y a un théâtre érotique avec « des couples hétéros et lesbiens en représentation », une pauvre fille qui a l’air de s’ennuyer interpelle les hommes pour leur proposer de faire un tour à ce théâtre. Nous, personne ne nous demande rien, on doit nous prendre pour un couple ou des touristes ou les deux. Bref, il y a aussi des salons vidéos et des salons de massage.
 
On trouve le coin des accessoires et là, forcément, on rigole. Déjà, on arrive, Gauthier fait : « on devrait en acheter un pour Lucie » et là, tous les deux on repère un gode énorme, une statue en fait, hyper réaliste, il y en a un rose et un noir. On se marre mais on se dit qu’on peut pas lui offrir ça.
 
On regarde, on s’extasie, il y a le frère d’Ernest, des godes énormes, des tout petits, des bizarres (y en a un qui ressemble au micro de mon PC). On en trouve un particulièrement joli : « oh, il est beau celui-là ! », il est en silicone avec des fils de couleur dedans. Il y en a un double, c’est pas très joli, un pénis devant se ranger dans le sexe, l’autre exciter le clito j’imagine car vu la configuration, je ne pense pas que ce soit pour une double pénétration. Enfin, il y en a de toutes les tailles, toutes les couleurs et toutes les formes pour votre plus grand plaisir. Certains sont trop sophistiqués, je trouve, ça fait plus Game Boy que gode. Sinon, il y a des trucs amusants comme des vagins où ce qui nous a le plus amusé, une sorte de bouche en matière gélatineuse. Il y avait un endroit où on pouvait toucher donc, forcément, avec Gauthier, on se lance… Beurk, c’était dégoûtant comme contact !
 
Par contre, j’ai été déçue : pas de menotte, pas de boule de geisha et pas de canard en plastique (je voulais en prendre un pour Lucie). Du coup, on va pour partir mais Gauthier s’arrête juste avant la sortie pour voir les tarifs massage. Moi, je me plante en plein milieu de la sortie et, là, je me prends les portes automatiques dans la figure : les gens ne sont pas censés rester en plein milieu, ils se dépêchent de rentrer ou sortir.
 
Bon, on finit par sortir, je reste un peu sur ma faim, tout de même. Je pensais trouver plus d’accessoires funs mais comme m’a fait remarquer mon compagnon d’aventure, c’était plus une DVDthèque qu’un véritable sex shop. En tout cas, une fois, il faudra que je me fasse le théâtre érotique !