Virée au sex shop

Cela fait maintenant une semaine que Gauthier vit sur Paris et, franchement, ça me rend heureuse. Il y aura vraiment une vie parisienne avant et une vie parisienne après son arrivée. Il faut avouer qu’il est arrivé pile au bon moment, pour me remonter le moral après une rupture. Du coup, tous les jours, mon téléphone sonne : « Dis, je sors de cours, je suis en ville dans une heure, tu me rejoins ? ».
 
Gauthier, je l’adore mais il me coûte cher car resto ou verre tous les jours, les sous partent vite… Hier, on se retrouve à notre traditionnel lieu de rendez-vous (hé oui, déjà), on s’installe à la terrasse pour boire un verre, on en profite pour papoter au téléphone avec Lucie. Après un petit tour à la FNAC, nous voilà posés au Bistro Romain en s’explosant le bide à coup de carpaccio. Après le vide intersidéral de notre week-end, nous avons fait fort, nous voilà partis à parler politique internationale, mondialisation… On confronte nos idées sur le Japon, la Chine, les Etats-Unis, l’Europe, l’ONU etc. C’est bon de se sentir intelligent, parfois ! Pendant que je mange mon carpaccio, il me lit un article du Monde, quelle classe.
 
Et si on allait au sex shop ?
Cependant, le naturel revenant au galop, on finit par reparler galipettes, je ne sais même plus comment. Il me dit qu’il aimerait bien aller dans un sex shop à Paris. Oh, ça tombe bien, notre restaurant est situé rue Saint Denis ! Donc après le dîner, virée coquine ! En attendant, il me raconte la fois où Anne et lui sont allés m’acheter Ernest, mon petit gode. A Toulouse, récemment ils ont ouvert un sexy center dans la banlieue industrielle. Les voilà partis en voiture, ils trouvent de suite et ils entrent. Un peu intimidés, ils se dérident au fur et à mesure des gadgets les plus hallucinants et à la fin, ils se promènent sans gêne dans les rayons, mon Ernest à la main. A un moment, la caissière s’avance vers eux et leur donne un sachet noir, opaque : « ce sera plus discret ». Et les deux autres rigolent comme des bossus.
 
Bref, c’est parti pour l’assaut de la Rue Saint-Denis ! Premier sex shop, il est écrit en gros : « grand choix de K7 vidéos ! Palm- Secam- NTSC »… Bon, on a préféré ne pas choisir celui-là, les godes devaient être recouverts de poussière, depuis le temps ! On continue. Le suivant, les annonces nous font rire : « Massage « body to body », jusqu’au plaisir »… Tous les massages sont assurés « jusqu’au plaisir ». Mais le mieux : « tarif préférentiel pour les militaires » ! Bon, on se demande où s’arrête le massage et où commence la prostitution. Déjà, quand Gauthier était venu sur Paris le mois dernier, il s’était cherché un salon de massage pour ses lombaires… Et bien, ce n’est pas du tout ce qu’il a trouvé ! C’est fou tout ces massages « jusqu’au plaisir » disponibles sur Paris !
 
Bon, on continue, on ne croise que des DVD shop puis on tombe devant une petite vitrine pleine d’accessoires, le magasin a l’air particulièrement clean, on voit l’intérieur quand des gens entrent. On se croirait presque au rayon DVD de la FNAC ! Gauthier hésite un peu, je lui dis que je veux y aller et c’est parti !
 
Dans un magasin aux vitres teintées…
C’est un très grand sex shop, il y a un nombre incroyable de DVD, la plupart sont en anglais. Je me demande s’ils sont sous-titrés, ce qui fait rire Gauthier. « Qu’est-ce que tu veux qu’il sous-titrent ? Ah oui, ah oui, ah oui ? » Non mais des fois, y a des dialogues dans les pornos. Bon, à l’étage, il y a un théâtre érotique avec « des couples hétéros et lesbiens en représentation », une pauvre fille qui a l’air de s’ennuyer interpelle les hommes pour leur proposer de faire un tour à ce théâtre. Nous, personne ne nous demande rien, on doit nous prendre pour un couple ou des touristes ou les deux. Bref, il y a aussi des salons vidéos et des salons de massage.
 
On trouve le coin des accessoires et là, forcément, on rigole. Déjà, on arrive, Gauthier fait : « on devrait en acheter un pour Lucie » et là, tous les deux on repère un gode énorme, une statue en fait, hyper réaliste, il y en a un rose et un noir. On se marre mais on se dit qu’on peut pas lui offrir ça.
 
On regarde, on s’extasie, il y a le frère d’Ernest, des godes énormes, des tout petits, des bizarres (y en a un qui ressemble au micro de mon PC). On en trouve un particulièrement joli : « oh, il est beau celui-là ! », il est en silicone avec des fils de couleur dedans. Il y en a un double, c’est pas très joli, un pénis devant se ranger dans le sexe, l’autre exciter le clito j’imagine car vu la configuration, je ne pense pas que ce soit pour une double pénétration. Enfin, il y en a de toutes les tailles, toutes les couleurs et toutes les formes pour votre plus grand plaisir. Certains sont trop sophistiqués, je trouve, ça fait plus Game Boy que gode. Sinon, il y a des trucs amusants comme des vagins où ce qui nous a le plus amusé, une sorte de bouche en matière gélatineuse. Il y avait un endroit où on pouvait toucher donc, forcément, avec Gauthier, on se lance… Beurk, c’était dégoûtant comme contact !
 
Par contre, j’ai été déçue : pas de menotte, pas de boule de geisha et pas de canard en plastique (je voulais en prendre un pour Lucie). Du coup, on va pour partir mais Gauthier s’arrête juste avant la sortie pour voir les tarifs massage. Moi, je me plante en plein milieu de la sortie et, là, je me prends les portes automatiques dans la figure : les gens ne sont pas censés rester en plein milieu, ils se dépêchent de rentrer ou sortir.
 
Bon, on finit par sortir, je reste un peu sur ma faim, tout de même. Je pensais trouver plus d’accessoires funs mais comme m’a fait remarquer mon compagnon d’aventure, c’était plus une DVDthèque qu’un véritable sex shop. En tout cas, une fois, il faudra que je me fasse le théâtre érotique !

Un samedi soir aux Halles

Que se passe-t-il quand quatre filles plus ou moins vingtenaires (une l’est moins, une l’autre l’est un peu plus) sortent ensemble le samedi soir ? Ça donne un festival de plan dragues foireux.
 
Acte 1 : le branleur
Nous sommes donc 4, toutes issues du blog de Nicolin : Agnès, Sab, Tink et votre aimable blogueuse, moi. On se retrouve toutes puis on chemine direction la rue St Denis. En chemin, nous croisons un jeune homme un peu étrange qui nous arrête et nous fait : « et les filles, vous connaissez je-sais-plus-quoi ? ». On se regarde, toutes les quatre et on répond par la négative. Pas dépité, le garçon interpelle directement Sab en lui faisant : « si, toi, obligé, tu connais ! ». Comme nous n’avons jamais su de quoi il s’agissait, nous n’avons pas compris pourquoi Sab était censée connaître et nous, non. S’ensuit un dialogue passionnant à base de « non-si-t’es sûre-je te jure » et le monsieur finit par nous lâcher. Ce qui  est particulièrement intéressant dans ce petit plan drague vraiment raté, c’est que durant cette folle conversation, le jeune homme n’a pas arrêté de se tripoter, ce qui nous a légèrement interpellées mais, surtout, ça nous a fait beaucoup rire !
 
Acte 2 : la terrasse
Après s’être délectées d’un délicieux repas japonais et après que Tink nous ait abandonnées, nous voici à trois à la terrasse d’un café à refaire le monde en fumant et en buvant. J’adore les soirées entre filles… Nous avons fui l’intérieur car il y avait une soirée karaoké et…hum…comment dire ? Imaginez les candidats malheureux de la Star Ac, ceux qui ne savent ni chanter, ni danser, qui ont le charisme d’une huître (et la vie sexuelle d’un organisme monocellulaire), ceux qu’on ne prend pas dans le château alors qu’ils ont payé une fortune pour suivre les cours privées de la sorcière violette qui sévit dans ledit château… Et bien imaginez que pour se venger, ils aient tous décidé de laisser exploser leur talent sur la scène étriquée de ce bar des Halles. Un jour, il faudra leur expliquer que gueuler n’est pas chanter mais passons.
Nous étions donc sur cette terrasse quand un mec passe en faisant : « vous voulez passer une bonne soirée » et Sab, inspirée, lui répond : « Non, ça va, on passe déjà une bonne soirée ! ». Sab, je sais que tu liras cet article. Tu sais que je t’adore mais, pitié, la prochaine fois qu’un homme que tu ne connais pas t’adresse la parole dans la rue, ne réponds pas… Car le monsieur a pris cette réponse comme une invitation et le voilà qui commence à vouloir s’asseoir. Sab lui rappelle que nous passions déjà une bonne soirée sans lui mais il semble avoir une audition super sélective et le voilà qui nous baratine, sous nos regards condescendants : « Bon, moi, je n’aime pas parler à des gens que je ne connais pas donc moi, je m’appelle X (j’avoue ne pas du tout me souvenir de son nom), là, c’est mon pote Y, et vous ? » Par politesse, on donne nos vrais prénoms qu’il met deux heures à retenir. A présent que les présentations sont faites, il semble convaincu qu’il va pouvoir poser ses fesses sur la chaise qui reste inoccupée à notre table.
X : « Bon, alors, je peux m’asseoir ?
Sab : Non.
X : Mais c’est toi la chef ou quoi ? Tes copines, elles disent jamais rien ?
Agnès + Nina : Hihihihi ! C’est elle qui a répondu, elle se démerde ! »
Bon, au bout de cinq minutes de monologue, le monsieur comprend ENFIN que nous n’avons absolument pas besoin de lui et finit par nous lâcher, ouf !
 
Acte 3  : le romantique
Aux petites heures de la nuit, après avoir siroté de délicieux cocktails colorés, nous décidons de rentrer dans nos demeures, Agnès nous proposant gentiment de nous déposer chez moi pour que Sab puisse attendre les premiers trains dans la chaleur de mon foyer (aucun double sens sexuel ici). Alors que nous nous acheminons tranquillement vers sa voiture, nous croisons un jeune homme qui nous fait une merveilleuse proposition : « wouah, les filles, ça vous dirait pas une nuit de tendresse ? » Forcément, nous avons ri mais nous n’avons pas accepté, merci bien ! Vu la façon dont la proposition a été formulée, nous n’étions pas du tout tentée. Une « nuit de tendresse », pour lui, ça doit être du pilonnage intensif…
 
A Paris, sortir entre filles est toujours une source de joie et de rire infinie, tant les hommes sont excités par cette gentille troupe. Encore, nous avons la chance d’éviter le : « vous êtes seules ? » Non, connard, on est trois, tu vois pas ! En tout cas, on recommence quand vous voulez, mesdemoiselles !